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Full text of "Dictionnaire des inventions et découvertes anciennes et modernes; publ. par l'abbé Migne"

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NOUVELLE 



ENCYCLOPEDIE 

THËOLOGIQUE , 

OU NOUVELLE 

8tRII DI DICnOHNAIRES SUR TOUTKS LES PARTOS DE LA SGIEHGE RBUeiEUSB , 

ornuivTy mu raAiiçjiis st 9a% omoma jllfhabétiqihi, 

LA PLUS CLAIRl!:, LA PLUS FACILE, LA PLUS COMMODE, LA PLUS VARIÉE 

ET L\ PLUS COMPLÈTE DES THÉOLOGIES. 

CES DICTI0NMA1IIC8 &ONT CEUX : 

DE5LIVRE8 APOCRYPHES, — DES DÉCRETS DES CO!«GRÉGATIO«'«S ROMAINES, 
— DE DISCIPLINE ECCLÉSIASTIQUE, — DE LÉGISLATION MIXTE, THÉORIQUE ET PRATIQUE, — DE PATROLOGIE, 
» DE BMGRAPHIE CHRÉTIENNE ET ANTI-CHRÉTIENNE , — DES CONFRÉRIES , — D*HISTOIRB ECCLÉS1A8TIQUB , 
— DBS CROISADES, — DES MISSIONS, — DES LÉGENDES, — P*ANECDOTES CHRÉTIENNES, — 
d'ascétisme, des INVOCATIONS A LA VIERGE, ET DES INDULGENCES, 
— DBS PROPHÉTIES ET DES MIRACLES , — DE BIBLIOGRAPHIE CATHOLIQUE , 
— DE STATISTIQUE CHRÉTIENNE, — D'ÉCONOMIE dHARITABLE , 
— DES PERSÉCUTIONS, — DBS ERREURS SOCIALISTES, 
— BB PHILOSOPHIE CATHOLIQUE, — DB PHTSIOLoblE SPIRITUALISTE, — D^ANTIPHILOSOPUISME, — - 

DBS APOLOGISTES INVOLONTAIRES, — 
DB LA CHAIRE CHRÉTIENNE, — D'ÉLOQUENCE, îd., — DB LITTÉRATURE, t(/., — d'aRCHÉOLOGIE , îd., 
— d'architecture, de PEINTURE ET DB SCULPTURE, fd., — DB NUMISMATIQUE, iV., — d'HÉRALDIQUE , id,, 
— DB MUSIQUE, fd., — DE PALÉONTOLOGIE, td., — DE BOTANIQUE, td., — DE ZOOLOGIE, /d., 
— DB MÉDECINE-PRATIQUE, — DES SCIENCES, DES ARTS ET DES MÉTIERS, ETC. 

PUBLIÉE 

PAR M. L'ABBÉ MIGNB, 

ADlVBUm DB LA BIBLIOVHÉÇIVB UVlVBmftBftftB DU CLS 



CE, 



OU 
SUR CHAQUE BRANCHE DB LA SCIENCE ECCLÉSIASTIQUE. 



PRII : 6 FB. LE VOL. POUR LB SOUSCRIPTEUR A LA COLLECTION ENTIÈRE, 7 FR., 8 FR., ET MÊME 10 »R. pôUR LE 

SOUSCRIPTEUR A TEL OU TEL DICTIONNAIRE PARTICULIER. 



TOME TRENTE-DEUXIÈME. 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 

TOUR URIQDB. 



Mix ; 8 rRAHC».. 




S'IMPRIME ET SE TEND CHEZ J.-P. MIGNB , ÉDITEUR, 

ADX ATELIERS CATHOLIQUES, RUE D'AMBOISE, AU PETIT-MONT ROUGE» 



BiRRIÈRB d'BNFBR DE PARIS. 



91 



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DICTIONNAIRE 

DE NUMISMATIQUE 

ET DE SIGlIUlfiMPlIE RELIfilEUSES , 

contcBaot 

DK8 NOTIONS GÉNÉRALES ET DES DESCRIPTIONS PARTICULIÈRES DES MONNAIES, IDÉDAILLES, 

SCEAUX, JETONS ET MEREAUX DES PAPES, DES CONCILES, 

DES CARDINAUX, DES LÉGATS APOSTOLIQUES, DES ÉVÉQUES, DES ABBÉS, DES CHAPITRES, 

DES ORDRES MILITAIRES ET RELIGIEUX, DU JUBILÉ, DES YACANGES DU SAINT-SIÈGE ; 

DS8 NOTIONS PARTICULIÈRES SUR LES MONNAIES ANCIENNES ET MODERNES DE LA FRANCE BT 

DBS PRINCIPAUX ÉTATS DE l'eUROPB; 

LA DESCRIPTION DES PRINCIPALES MONNAIES BATTUES PAR LES PRINCES CROISÉS 

EN TERRE SAINTE, EN CHYPRE ET EN MORÉE; 

DBS NOTIONS SUR LES PROCÉDÉS ANCIENS ET MODERNES DU MONNAYAGE, SUR LA VALEUR COMPARÉS 

DES DIFFÉRENTES MONNAIES DU GLOBE, 
SUR LES PRINCIPALES QUESTIONS HISTORIQUES DU DROIT, DE LA FABRICATION, DU COMMERCE 

ET DU CHANGE DES MONNAIES, 
D*APRÈS LES TRAITÉS OU RECUEILS d'aBOT DE BAZINGHBM, 
DE TOBIÉSEN DUBY, SAYERIO SCILLA, VIGNOLI, FLOUAVANTI, YENUTI, BONANNl, 
SÉBASTIEN PAOLI, LA REYUE DE NUMISMA! IQUE, LE TRÉSOR DE GLYPTIQUE ET DE NUMISMATIQUE, 

ET AUTRES OUVRAGES MODERNES. 



i*¥¥- 



Membre de plusieurs sociélés savantes. 

PUBLIÉ PAR M. L'ABBÉ MIGNE , 

tolTBUB DB &A BIBLIOVHÉQUB UBIVBBSBLLB BB OLBBOÉ 

00 
DES COVaS COaPLBTB SUR CHAQUE BRANCHE DE LA SCIENCE ECCLÉSIASTIQUE. 



TOME UNIQUE. 



paix : 8 FRANCS. 




S'IMPRIME ET SE VEND CHEZ J.-P. MIGNE, EDlTEUft, 

AUX ATELIERS CATHOLIQUES, RUE D'AMBOISE, AU PETIT-HONTROUGB, 

BARRIÉRB d'ENPKR DR PARIS. 
1^2 



— j - -V 



Tnprimerto Mioiib.m Petit-MontroQge. 



AVIS PRELiniI N AIRE 



S*n nous eût fallu rechercher, étudier et discuter tous les monuments et toutes les 
questions qui se rattachent au titre de Dictionnaire de Numismatique et de Sigillographie 
religieuses^ nous n'eussions entrepris ce travail qu'en ayant assurée devant nous une lon- 
gue série d*années de calme et de loisir. Pour remplir complètement le cadre de ce li?re, 
^lans toutes les conditions que nous indiquions, c'est 5 peine si une vie entière suffirait. 

Sans songer à un aussi immense travail, nous avons cru qu'il serait utile de réunir 
sous la forme de dictionnaire, des extraits des principaux auteurs anciens et modernes ren- 
fermant des notions des renseignements et des descriptions propres à donner une idée 
suffisante des principaux monuments de la Numismatique chrétienne, et les indications 
nécessaires pour mettre les lecteurs à même de pousser plus loin eux-mêmes cette étude 
s'ils le désiraient. Tel a été notre but, tel est l'objet de ce Dictionnaire. 

Aux descriptions des monnaies pontiOcales données par les numismatistes romains, 
Scilla, Vignoli, Garampi, Bonnani, etc. ; aux notions générales d'AbotdeBazingtiem, au4eur 
d'un Dictionnaire des Monnaies anciennes et modernes; aux notices plus précises de Dubv 
sur les monnaies ecclésiastiques de France, nous avons joint des extraits des savants tra- 
vaux de Lelewel, de M. Ch. Lenormant, de M. de Saulcy, des éditeurs de la Revue de Numis- 
viatique^ MM. Cartier et de La Saussaye; de MM. Barthélémy, Carpentin, de Crazannes, 
Deloyc, Duchalais, Levrault, Longpéricr, Promis, etc., qui, soit par leur coUaboratton à co 
dernier recueil, soit par leurs publications séparées, ont tant contribué aux progrès de la 
Numismatique du moyen Age. Nous devons des remerdments particuliers è M. Lenor- 
mant, éditeur et propriétaire du Trésor de Glyptique et de Numismatique^ qui a bien voulu 
nous permettre d'extraire àe ce beau recueil la description d'un grand nombre do mon- 
naies papales. 

Nous avons divisé les notions relatives \ la Numismatique pontificale, «n huit para- 
graphes que nous rappellerons ici : 

1. Observations générales. 

2. Noms et valeur des anciennes monnaies des papes. 

9. Etat géographique et chronologique des lieux où les Papes ont battu monnaie. Effigies, 
patrons, S3'mboles, images, représentés sur ces monnaies. 

4. Villes situées hors des États du Salnt-Siége dans lesquelles on a battu monnaie au 
nom des papes. 

5. Monnaies papales du jubilé. 

G. Légats du Saint-Siège, vice-légats ou gouverneurs, cardinaux ou évêques qui ont fait 
battre monnaie à leur nom ou à leurs armes. 

7. Cardinaux-Camerlingues qui ont fait battre monnaie pendant la vacance du Saint- 
Siège. 

8. Ouvrages h consulter sur la numismatique pontificale. 

Indépendamment de ces notions générales, nous avons décrit séparément, et au nom de 
chaque pape, les monnaies et les médailles principales que l'on a frappées sous son pon- 
tificat, ou qui lui sont attribuées. Voyez les noms des papes : Adrien^ Agapei^ Anc$- 
ia$€^ etc. 

Autant que possible, nous avons recherché et inséré dans notre Dictionnaire les notions 
qui se rapportaient immédiatement aux monuments religieux anciens et modernes; cepen« 
dant nous avons cru ne pas devoir négliger la numismatique générale de France, dans un 
livre destiné surtout aux ecclésiastiques français qui cultivent aujourd*hui toutes les bran* 
ches des sciences. 

Nous avons donc emprunté à Abot sa description des moniaies royales des difi'érents 
/ DicTi05!<. DK Numismatique. 1 



U AVIS PRELIMiNÂmS \t 

règaes de la mODarchie jusqu'au xviii* siècle, descriptioD que nous arons fait précéder et 
suivre d'observations et de tableaux, ainsi répartis sous le mot France: 

1. Observations préliminaires. De quelques erreurs générales è propos des monnaies, 
Aperçu sur les monnaies françaises depuis Tépoque gauloise jusqu'à nos- jours* 

2. Notions et remarques particulières sur les monnaies royales do chacun des règnes de 
la 3Vrace. 

3» Tables des espèces royales fabriquéos en France depuis 1238 jusqu'au xviii* siècle, du 
prix de la monnaie et du prix du marc d'or et d'argent. 

k. Du rapport des légendes des monnaies de France avec l'esprit religieux. 

5. Notions générales sur les monnaies des prélats et des barons de France. 

6. Monnaies actuelles de la France. 

Le complément indispensable de la 5' de ces divisions, extraite du traité de Lelewel, se 
trouve dans les notices de Tobiesen Duby, disséminées dans notre Dictionnaire aux noms 
particuliers des archevêques, des évoques, des abbés et des chapitres qui ont eu le droit de 
frapper monnaie, comme: Albi, Amiens^ Apt^ Arlesy Autun^ Avignon, etc., etc. Nous avons 
complété, autant que possible, ces notices par les travaux des savants modernes. 

Nous avons cru devoir reproduire aussi quelques articles du Dictionnaire d'Abot, qui 
expliquent les procédés de monnayage anciens ou nouveaux et que Ton trouvera sous les 
mots : Affinage^ Alliage, Baiancier, Echars, Eslaisser , Fabrication, Fin, Flaon, Lames^ 
principalement au mot Monnayage ancien et moderne; Pigne, Taille, Jrtrc. Nous avons 
môme conservé, en partie, quelques dissertations d'Abot sur des questions historiques ou 
• d'économie pohtiqiie relatives aux monnaies et aux métaux précieux. Telles sont celles 
que l'on trouvera aux mots : Affaiblir la monnaie, Argent, Directeur, Fermier ou Trésorier 
^es monnaies. Départ, Espèces, Fausse monnaie, Métaux, Matières, Monnaies, Or, Propor^ 
tion, Rendage, Seigneuriage, etc. 

La Numismatique des Etats fondés en Orient h la suite des guerres saintes se rattachait 
étroitement à notre sujet. Nous n'avons eu, pour compléter Abot à cet égard, qu'à rappeler 
quelques-unes dos riches notions réunies par M. de Saulcy dans son beau livre de la Nu- 
mismatique des croisades. Voyez dans notre Dictionnaire les mots: Antioche, Achaie^ 
Beyrouth, 'Chypre, Constantinople , Croisades, Edesse, Jérusalem, etc. Il faut voir en 
outre les mots : Ordre de VHôpital de Saint -Jean, Ordre du Temple, Ordre Teuto^ 
nique, 

fiien que la sigillographie ait été traitée dans le Dictionnaire de diplomatique, il nous a 
paru nécessaire de revenir ici sur ce qui concerne plus particulièrement les sceaux ecclé- 
siastiques. On trouvera aux mots Sceaux et Contre-sceaux des extraits des savants travaux 
des Bénédictins et de M. de Wailly sur ce sujet. 

Notre but sera atteint, si les notions réunies dans ce Dictionnaire donnent à quelques- 
uns des jeunes prêtres sortant de nos séminaires la pensée de vouer leurs loisirs à l'étude 
de la Numismatique religieuse, et si notre recueil peut faciliter leurs premiers travaux. 

Paris, noveuibre 1831. 

Au moment où nous achevions de mettre en ordre les matériaux de ce Dictionnaire, nous avons reçn îet 
premières publications de la Société deSphragistique, récemment fondée à Paris pour s'occuper spécialement 
de rétude des sceaux. Nous nous empressons de faire connaître cette association savante et utile dont nous 
appelons de tous nos vœux le développement. Nou^ ferons connaître à cet effet quelques extraits de ses sta- 
tuts et de ses premiers travaux. Nous y joindrons la lettre que monseigneur Tévéque de Luçon a adressée k 
(a Société, en acceptant le tiire de membre fondaieur. On y verra combien le cierge comprend sa missiODi 
•n i*empreMant d'entrer dans toutes les voies que ta science moderne a ouvertes ou développées. 



Il AYI> PRJIU^llNAtKjL il 

DU BUT DE LA SOCIÉTÉ DE SPHRAGISTIQUB 

ET DE L'OBJET DU RECUEIL MENSUEL (1), 

S'il existe de grandes richesses en monuments paléographiques et de spbragistique dans 
les bibliothèques publiques et les musées, ainsi que dans certains cabinets d'amateurs, ca 
n*est réellement que pour ce petit nombre d'hommes privilégiés, entièrement libres de 
consacrer tout leur temps à des études favorites, tandis que l'exigence des occupations 
Journalières rend ces précieux avantages presque nuls pour une classe d'individus beau- 
coup plus nombreuse, classe également avide d'apprendre, également apte aux progrès 
scientiUqucs. Inutile de dire aussi combien souvent l'accès du cabinet d'un amateur est 
diflicile. 

Si des types métalliques, remarquables sous les rapports historique et artistique, mais 
assez rares, sont, avec une grande quantité de cires originales, conservés dans nos Archi- 
ves, on est obligé de déplorer que l'examen n'en soit accordé que par permission expresse 
et avec réserve. 

Si, enfin, des milliers d'empreintes en cire ou toute autre matière subsistent aiyourd^hui 
dans ces dépôts, on doit craindre à chaque instant de voir leur existence conpromise par 
mille accidents que leur nature fragile ne peut guère éviter tôt ou tard. 

Il serait donc important que ces richesses archéologiques, qui sont disséminées, fassent 
Tulgarisées dans un livre, moins qu'un livre, un simple album qui vint chercher le Icc- 
teur è jour fixe, provoquer des observations , des recherches sur de nouvelles ques- 
tions. 

C'est dans le but de remédier à tous les inconvénients signalés ci-dessus, et d*apportor 
une véritable amélioration à un tel état de choses, que la Société de Sphragislique 
s'est formée, et voici quels seront ses moyens pour arriver à la fin qu'elle s'est pro- 
|K)sée : 

1* La Société enregistrera dans un recueil spécial les notes bibliographiques, légende^;, 
observations relatives à Télude et à la connaissance des sceaux; 2^ elle donnera, selon 
l'importance des types en creux que l'on voudrait conserver, môme la reproduction 
identique, en métal, de ces types ou de simples empreintes qui lui seraient commu- 
niquées. 

La Société fait appel aux sympathies généreuses des savants et au concours des amateurs 
]iour vulgariser ces sujets d'étude. Elle espère trouver ainsi un lien d'association et for- 
mer comme une exfiosition permanente, avec cet avantage que les objets exposés acquer- 
raient d'autant plus de prix qu'ils seraient plus connus. En un mot, ce serait dans Tespècd 
la réalisation du problème de la plus grande circulation de la richesse dans le monde do la 
science. 

Qu'il nous soit permis maintenant de justifier le choix quia été fait par nous de cette 
monographie du sceau, en d'autres termes, d'expliquer pourquoi, entre lés différentes 
branches des connaissances paléographiques, nous avons donné la préférence à la sigillo- 
graphie plutôt qu'à la diplomatique, è la numismatique, ou à d'autres parties de la science 
rritique des monuments écrits. 

Pourquoi? — C'est que l'étude des sceaux se rattache à toutes les autres, les suppose et 
les complète. On arrive au même but par différents moyens; ainsi, dans l'étude des 
sceaux, il s'agit, conme dans la paléographie, d'interpréter méthodiquement les symboles 
et les écritures sous toutes les formes. Parmi tous les monuments è consulter, le sceau est 
celui qu il est plus facile d'interroger; enfin, notre préférence pour celui-là est déterminée 
par la place importante qu'ont donnée de nos jours à la sigillographie des savants tels que 

(1) Le recueil de h Société de Sphra^itique paratl raeniuellcmênl chez M. Forgeai», fëraivl el »«oilr<i 



MM. Lenormant et N. de Waill/ qui ont, pour ainsi dire, codiflé les lois de la critique 
des sceaux dans lo Trésor de Numismatique et dans les Eléments de Paléographie. 
• On sait d'ailleurs la belle collection d'empreintes moulées commencée d*abord aux Ar- 
chives nationales, par Daunou et Letronne, et continuée par H. de Chabrier. On sait 
aussi qahxn artiste de talent et de cœur, H. de Paulis, a été autorisé à former une collec- 
tion au palais des Beaux-^Arts. 

Enfin, nous dirons que nous avons choisi celte partie de la science archéologique k 
cause de son caractère propre^ comme source d*arguments historiques et sa haute signifi- 
cation philosophique. 

En effet, indépendamment des caractères extrinsèques, comme la forme, tes -couleurs, 
la matière, les légendes, les dessins, les emblèmes, etc., il y a encore autre chose h con- 
sidérer dans lo sceau, c'est non-seulement ce qu'il dit, ce qu'il exprime, mais ce qu'il 
sous-entend^ei ce qu*il suppose; c'est comme un témoignage de la cause par l'effet, ou l'in- 
dication plus ou moins mystérieuse des mœurs et des évolutions sociales des peu^ 
pies» quand même elles ne seraient pas toujours accusées explicitement par Fhis- 
toîre. 

S'il était permis de comparer des choses d'une nature différente, nous dirions que les 
sceaux sont, comme monuments paléographiques, ce que sont en arithmétique les expo^ 
sants^ ces signes qui indiquent des degrés de puissance, on combien do fois un nombre 
est multiplié par lui-même ; ainsi, les sceaux peuvent être envisagés comme exposants ou té- 
moignagesdes usages^etdes institutions qu'ils supposent, et devenir en quelque sorte ur> objet 
secondaire à l'aide duquel nous tâcberons^de nous élever ii la considération des temps, des cir- 
constances et de la manière dont on s'en est servi, en un mot, à la raison d'être du sceau, 
dans les relations de la vie civile, du progrès qu'il accuse, des institutions qu'il suppose. 

Haseheroni a fait un beau livre sur ce qu'il appelle la philosophie du compas; o*est-à- 
dire que^ partant de cet instrument comme base d'observation, il démontre toute la géo- 
métrie par une série d'inductions prises des différentes lignes tracées dans un cercle; do 
même, pourquoi ne reconstruirait-on pas l'édifice social à l'aide de la philosophie 4\x sceau? 

Si Joseph de Maistre a pu dire qu'un voyageur, abordant pour la première fois dans une 
11g, serait fondé à croire quelle est habitée -par des hommes civilisés, quand même il n'y 
aurait encore vu qu'une prison ou qu'une potence, h plus forte raison faudra-t-il con- 
clure que, là où l'on a rencontré l'empreinte d'un sceau, on a dû reconnaître que, dès 
ce moment, les hommes avaient renoncé à la force pour se soumettre h des conventions 
h l'empire des lois, de la raison, de la justice; enfin, qu'il y avait là signe. positif ^e ci- 
vilisation; tel est l'état social supposé par l'usage du sceau. 

•Le v^rbe, dit Aristote dans sa Poétique^ est le discours en abrégé, c'est pourquoi on 
l'appelle le verfre, ou parole par excellence, parce qu'il contient implicitement les autres 
parties du discours; en effet, il exprime non-seulement l'être, l'état ou l'action, comme 
on dit communément» mais encore il désigne la personne et le temps avec affirmation; i| 
en est absolument de même pour le sceau, il a les mêmes caractères, c'est toute une 
4angue9 c'est l'histoire en abrégé, car il implique avant tout la personnalité et la responsabi- 
lité, par conséquent, de celui .qui s'en sert ; enfin, c'est une affirmation permanente qui con- 
trôle et qui peut être toujours contrôlée; c'est l'acte do la volonté pris sur le fait, immo- 
i)ilisé, stéréotypé» éternisé; c'est Texpression de la vérité et un gage de la sincérité et do 
l'équité du contrat. 

Ce moyen graphique de certifier, d'authentiquer une chose, un fait» une obligation, qui 
lient la place du serment» suppose donc évidemment l'empire do la raison substitué à celui 
du plus fort» en un mot» la civilisation. 

On pourrait reconnaître que, d'un autre côté» malgré cet appareil de vérité affecté dans 
les actes privés et même publics par toutes les formes de la diplomatique et de la gb ptique» 
il s'en faut bien que la vérité se trouve toujours sous les sceaux, ou plutôt qu'il soit facile 
do la saisir; en effet, on sait que chez les Grecs et chez les Romains il y avait deux doç^ 



17 AYIS PRELIMINAIAB. t^ 

In'nef : Tuno pour le vulgaiic, Poutre pour les initiés, ce qu on peut roir au long dans liaê 
sa vantes dissertations des Mémoires de V Académie des Sciences sur les mystères d'Eleusis^ ett« 

Dans d'autres cas, il y avait des signes convenus pour se reconnaître, des moyens do 
ralliement, c'était la langue des symboles, comme pour les chrétiens en particulier, Tem- 
bième phonétique d*an poisson signiQait le Christ, h laide de toutes les initiales ou s\gl$$^ 
qui forment le mot grec ixerz, Jésus, Christ, Dieu, Fils, Sauveur. 

Pour celui qui sait les interroger, que de choses peuvent dire le chaton dune bague 
antique, l'empreinte d'un sceau et récusson des armoiries 1 Que de secrets, qui sont en- 
core ensevelis pour nous dans les limbes de l'allégorie et sous les voiles des emblèmes, 
dont nous n'avons pas encore la clef. Malgré les déttouvertes précieuses des ruines de NU 
nive, de Mitla et Palanque, et les trésors paléographiques de Champollion et de ses suc- 
cesseurs, nous connaissons bien peu les doctrines des anciens. ( Yoyex saint Thomas, 
Adversus gentes; Muzzarelli, du Salut des Gentils; Devignato, Dissertations : Mémoires de 
VAcadémie^ de ignoto Deo ; Anselme, Fraguier, etc., etc.) 

Si un savant laborieux a pu tenter de refaire l'histoire avec les seuls fragments des lé- 
gislations des peuples anciens et du moyen Age, d plus forte raison^ on pourrait reconsti- 
tuer les législations elles-mêmes avec une collection de sceaux et de monuments paléo- 
graphiques. 

Scaliger, en interrogant quelques médailles antiques, a composé son docte livre d$ Asse; 
de même, à l'occasion d'une simple médaille, d'une empreinte, d'une pièce de monnaici 
que de questions doivent se présenter 7 L'historique de l'itinéraire de l'écu dans la circu- 
lation résoudrait les plus hautes questions d'économie politique. 

Voilà l'indication sommaire des principaux éléments de la sigiltographie philosophique; 
c*est là un vaste champ à exploiter, et c'est précisément celui de la science nouvelle de Vico, 
liv. 2 de la Sagesse poétique ^ où il traite en particulier: « de l'origine des hiéroglyphes, des 
€ lois, des noms, des insignes nobiliaires, des médailles, des monnaies, et, par conséqueut, 
« de la première langue, de la littérature, du droit naturel et des gens» 

Nous finirons par cette seule réflexion : comment se fait-il que la glyptique soit si an- 
cienne, que l'usage des sceaux remonte à une haule antiquité, et pourtant, que les an- 
ciens aient passé si près de l'invention de la typographie sans la rencontrer? car la diilé- 
rence n*était que du plus au moins, à savoir : se servir simultanément de plusieurs- sceaux 
ou de caractères mobiles, au lieu d'un seul (l'imprimerie n'^st autre chose). De mémo, 
puisqu'on a senti depuis si longtemps l'importance d'authentiquer les conventions, de ga- 
rantir la responsabilité, de concentrer une valeur surune empreinte, un sceau, comment 
concevoir qu'on ait passé si près, sans les avoir trouvés plus tôt, de la lettre de change, du 
billet à ordre^ du billet de banque, de tous ces instrument» de crédit qui sont et qui peu- 
vent être bien plus encore les leviers du monde.- 

Les causes 1 les causes I il fallait se demander en tout les raisons d'être des choses; 
c'est le commencement et la fin de toute philosophie ; c'est en se demandant la cause des 
plus petits phénomènes de la nature, du balancement d'une lampe dans une église, de la. 
chute du fruit d'un arbre, que Galilée et Newton ont trouvé4es lois de l'univers. 

SOCIETE DE SPHRAGISTIOUE. 

A une époque où le goût et l'étude des diverses branches qui composent Tarchéologle 
paraissent se répandre davantage, nous croyons ôtre utiles aux amateursde Sphragistiqua 
en leur signalant l'existence de notre Société^ dont le but- spécial est d'assurer d'une 
manière durable la conservation des documents relatifs aux sceaux du moyen âge, et aussi 
d'en rechercher l'intelligence souvent si abstraite. 

Comme les cires originales sont assez rares, souvent en mauvais état, et, de plus, sust 
GPptibles parleur nature fragile de s'altérer, que, d'un autre côté, les empreintes on plâtre 



i9 AVIS PBELIMI.NAIRK. » 

. que l'on peut relcTcr sur ces mêmes cires par Topiiration du moulage, sont destructibles» 
et que, môme en reDOuvelant celle opération, il arriverai! qu'à la longue on ne pourrait 
jilus se procurer que des épreuves inGnimenl au-dessous des cires originales, notre So- 
ciété a songé à remédier h ces inconvénienls par la reproduction en cuivre la plus exact» 
(on peut s'en convaincre par l'inspection du spécimen ci-joint) des types originaux eux- 
mêmes en creux, h l'aide desquels on obtient et on remplAce ainsi les empreintes ^ui 
Tiendraient k se briser. 




Ce sceau d'un docteur en droit a été dessiné et gravé d'après une cire sortant du typ» 
PI) cuivre fondu h l'aide de l'empreinte moulée dans le sceau original. Il nous a été com- 
muniqué par M. le vicomte E. de l'Espine. 

Notre réunion d'amateurs, qui compte à peine trois ans d'existence, a déjà reçu de nom- 
breux encouragements par plusieurs membres de sociétés d'antiquaires de France. Elle 
possède dès à présent près d'une centaine de types heureusement reproduits par les soins 
de H. Arthur Forgeai^ l'un des membres fondateurs de l'association, cl avec le concours 
et l'aide des principaux sociétaires. 

M. Forgeais est dépositaire de documents d'un haut intérêt , ce sont les types ou repro- 
ductions des sceaux originaux recueillis à Paris , en 18V8 , 18^9, 1850 et 1851, par les ou- 
vriers employés au curage de la Seine. Les originaux sont la propriété commune de la So- 
ciété. 

Quel que soil le résultat de l'entreprise que nous formons , nous n'hésitons pas à récla- 
mer avec instance l'Htloiition des archéologues, en leur faisant observer que notre projet 
n'est pas une œuvre d'industrie mercaulile k laquelle nous nous sommes associés, mais 
qu'il s été conçu dans la vue d'un intérêt purement scientifique. 

Félix BeRTHAND, 
Mfinbrr fondateur de la Société dt SphragittiqiM . 

SCEAU DE HUGUES, 

rai>oi>e ML sti>T-cuttiSTOpnB du siennk, 
Tniiivê Mt rcmplacemcnl de l'ancienne chapelle de Sainl-Miclier. 

Avant d'entrer en matière surlos sceaux, nous avons à répondre 6 certains bruits pou 
fondés qui circulent dans le monde archéologique , depuis l'insertion dans celte Rerue de 
l'article qui annon<;ait l'existence de notre Société ; nous nous empressons de déclarer 
({ne l'intention des amateurs qui se sont réunis sous le titre de Société de Sphragittiqut 
n'est point de songer à aucune espèce de concurrence scientifique avec les sociétés qui ont 
jiublié sur la matière dont nous nous occupons exclusivement, mais d'ajouter, autant qu'il 
5)>rB en notre pouvoir , aux éléments d'une science encore dans l'enfance, et aussi de sup- 
jiléer, en quelque sorte , à l'absence des gravures , qui se remarque quelquefois dans les 
(lublicalions de sigillographie. Nous serions même heureux si quelques-uns des hommes 
furmés par des éludes spéciales aux connaissances historiques du moyen âge , voulaienl 
bien nous prêter parfois leur bienveillant concours. 

Nous ouvrirons en même lemps nos- publications aux simples curieux qui , sans vouloir 
entamer des recherches profondes , désireraient faire connaître des sceaux qu'ils poss*- 
i^nwDl, et appeler ïur vei oionumenls raltcnlion des hommes d'étude. 



« AVIS PREUMlXtins. li 

Nous BTODs rencontré des pcrsounes qui , cooime dous , ne le préoccupent paa d'une 
tris(e indifTérunce, et comprennent rimportauce de celle branche si féconde de l'art ; des 
personnes qui nous ont encouragé:* h persévérer dans l'élude d'une science dont un seul 
bomme en France nous a ouvert les premières voies, M. de Wailly , par son précieux ou- 
trage de paléographie. 

Qu'il nous soit permis de témoigner notre reconnaissance ë M. le docteur de Varenues , 
qui vient de faire don à la Société d'un type original en cuivre d'un caractère remarqua- 
Ûâ ; à M. L.-J. Guénebault, qui a enrichi noire fonds commun d'itn nouveau sceau ; et en- 
fii, à M. Jules Courtet, sous-préfet, lequel nous a fait parvenir une empreinte emblémati- 
qtie qui présente vraiment de l'intérêt. 

Nous n'entamerons pas dans cette notice la description d(s sceaux recueillis pendant ces 
dernières années par les ouvriers employés au curage de la Seine (elle aura lieu dans nos 
prochaines publications), nous devons satisfaire d'abord à la demande qui nous a été 
adressée depuis longtemps de mettre au jour deux documents qui ont également été dé- 
rouverts à Paris : 

En 18i8, MM. Duc et Dommey, architectes , chargés des travaux d'isolement et d'agran- 
dissement du Palais-dc-Justice , faisant pratiquer des fouilles dans la cour de la Sainte- 
Chapelle, à peu près au milieu de la nef de l'ancienne chapelle de Saint-Michel (dont 1* 
clicvel existait encore i cette époque sur la rue de la Barillerie), ont trouvé , à une profon- 
deur d'environ deux mètres du sol actuel de la rue, un sceau ancien , de forme ovals cur- 
viligne, dont nous donnons ici la figure. . 




Ce sceau, d'un dessin ogival, du diamètre de 15 millimètres sur SS do largeur, est en 
cuivre jaune recouvert d'une belle patine, et porte sur le dos un petit anneau en saillie qui 
était destiné i recevoir, comme on sait, la chaîne ou le cordonnet par lesquels il pendait au 
cou de son propriétaire. 

L'examen de la sigillaire en cire sortie de ce type original , qui parait remonter vers la 
fîo du XIII' siècle , nous apprend d'abord , par la lecture do la légende , qu'il a appartenu h 
un chanoine d'une église sous le vocable de Saint-Christophe de Sienne. On lit distincte- 
iTient l'inscription suivante, car l'oxyde n'a que très-légèrement altéré cette partie du 
sceau ; S, HvgonU ; câh Ici : Crislofori : Sentit, pour Sigillum Uugonis, canonici sancti Chri- 
ilophori ou Crislofori Smeniis (sceau de Hugues, chanoine de baint-Christophe de Sienne}. 

Nous voyons ensuite dans le champ du sceau un emblème religieux (comme il conve- 
nait alors à un ecclésiastique d'en avoir) , et que l'on rencontre assez souvent sur les ea-, 
chels de cette époque, c'est un agncfiu crucifère, dit pascal ou triomphateur. 

Au-dessous de la croix, dont lextréioité inférieure repose dans un des pieds de l'agneau, 
est un pcnnon orné de trois banderollcs et attaché au milieu du bâton. EnQn , au-dessus 
de la tète de l'agneau, parait une étoile. 

Quelques ossements humains , mais en très-petite quantité, ont également été recueillis 
avec le sceau dont il s'agit ; cette dernière circonstance nous autorise à penser que , sui- 
vant un usage i peu près général b cette époque, lors des décès, le sceau aurait été déposé 
dans la tombe, au lieu de le détruire, comme cela se pratiquait aussi quelquefois , sans le 
renfermer dans le cercueil, le lout, pour prévenir l'abus que Von aurait pu faire du tetl rfii 
étfunff. 



95 ATIS PRELUnXAIRe. 94 

On n^gnorepas non plus que» dans un certain cas, on ne ie contentait pas dlnbumcr la 
mort avec son sceau entier, mais on le brisait et on en conGait les débris au tombeau. 
Voici du reste une nouvelle preuve de celte coutume : 

Dans la mAme fouille opérée sous la direction de MM. Duc et Dommey, comme nous 
]*avoD$ dit plus haut, on a trouvé non loin des objets décrits ci-dessus et parmi des osse- 
ments humains, le fragment d*un sceau équestre du xni* siècle, que nous n'avons pas cru 
devoir faire dessiner à cause du peu d'intérêt qu*il nous semble offrir. D*après le débris 
en cuivre jaune qui nous en reste, le sceau entier de forme ronde devait être d'une cir- 
conférence de 6 centimètres. On ne peut y distinguer (quant au sujet) que tes jambes 
très-maigres d*un cheval caparaçonné et lancé au galop, et, quant à la légende, on lit ces 

seuls mots : um : Hervti : Do Cette dernière lettre que nous supposons être un o 

n'existe même qu*à moitié; la barre perpendiculaire qui le traverse indique l'endroit où 
existe le bris du sceau. 

Pour en revenir au sujet principal de cette première notice (le sceau du chanoine Hu- 
gues), nous avouerons que nos recherches ont été infructueuses en ce qui peut concerner 
particulièrement ce personnage, et nous saurions gré aux savants de Toscane de nous 
mettre à même de compléter les renseignements nécessaires pour achever l'explication 
de ce sceau, en indiquant comment le chanoine Hugues sera venu à Paris et y est mort. 
Était-ce une dignité purement honorifique qui lui aurait été conférée, et étudiait-il à Pa- 
ris, comme le faisaient les jeunes ecclésiastiques de ce temps 7 ou enfin aurait-il reçu une 
mission pour la capitale ? c'est ce que nous ignorons. 

Nous n'avons pu découvrir rien de remarquable sur l'église Saint-Christophe, car aucun 
éds nombreux auteurs qui ont écrit sur la ville de Sienne et sur ses monuments, et que 
nous avons consultés avec soin, ne font mention avec quelques détails d'une église ou 
collégiale de Saint-Christophe. Reppetti seul, dans son Dictionnaire géographique et histo^ 
rique de ta Toscane^ indique une église du nom de Saint -Christophe (Christophano)^ 
comme Rettoria^ et dépendant encore aujourd'hui, en qualité d'annexé, de l'église do 
Saint-Jean de Sienne, dont plusieurs voyageurs ont décrit la jolie façade gothique. Il ré- 
sulte aussi de plusieurs documents topographiques que possède un bibliophile de Paris,, 
qu'il existait à Sienne, dès l'an 1210, une église sous l'invocation de Saint-Christophe. 

En résumé, nous pensons que l'église de Saint-Christophe, réduite maintenant à l'état 
d'annexé de la paroisse Saint-Jean, devait être, probablement dans l'origine, la collégiale 
de Saint-Christophe dont Hugues était chanoine. Quant aux éclaircissements que nous au- 
rions pu tirer du fait de l'inhumation du chanoine Hugues dans la chapelle Saint-Michel 
peur arriver à pouvoir constater son identité, les auteurs qui ont écrit sur les anciennes 
églises de Paris, et que nous avons compulsés, ne nous ont rien appris à ce sujet. 

Félix Bertrand, 
Membre fondateur de la Société de Sphragistiquo. 



t% AVIS PflELIMLNAiRC. %^ 

ÉVÊGUÉ DE LLÇ05. 

i Salot-HUaire-du-Bois, en visites pastorales, le 17 nOTetubre 188L 

A Moniteur le président de la Société de Sphragluique. 
MoKSiEUE LE Préside:<t, 

L*Eglise catholique, sûre de posséder la vérité, a toujours et partout invité ses enfants aux investigations 
et aux recherches les plus étendues et les plus minutieuses. Cette héritière des dogmes célestes, celle dépo- 
sitaire des traditions divines dit à tous les siècles : i Fouillez jusqu*aux enirailles de la terre , feuilletés 
tous les dépôts scientifiques, consultez tous tes monuments littéraires, déchiffrez tous les litres originaux, 
toutes les chartes primordiales, pénétrez le langage seeret de ces empreintes sphragistiques qui remontent 
jufiqu*aa berceau du monde (Genèse xxxviii, i8), et partout vous recueillerez des preuves manifestes d'une 
divine et impérissable destinée. 

Jamais, en effet. Ton ne parviendra à rien découvrir qui puisse compromettre le privilège de FEglise, rui- 
ner ses prérogatives : et toutes les fois que la science aura pu composer une nouvelle page de riiisioire 
véridique des temps antiques, elle aura, par là même, ajouté un nouvel éclat aux gloires incomparables 
dont brille cette épouse de Tagiieau. , 

Ce serait peu, du reste, pour TEglise, d*enconrager les recherches scientifiques si elle ne remplissait en 
même temps ses enfants de cet esprit de sagesse et de droiture qui les rend profitables. Car, s^il a été 
donné aux sciences humaines de soulever une faible part du voile dont le péché a recouvert le monde, ce 
n^stqo^au lion de la tribu deJuda, qu'il a été permis d^ouvrir successivement tous le% sceaux qui ferment 
le Ime mystérieux, qui ferme en dedans et en dehors (ApocaK). L'esprit humain recueille quelques lam- 
beaux de connaissances bornées, incohérentes, imparfaites et dangereuses ; Pcsprit de Dieu sonde toutes 
ies fffofondeurs, même celte de Dieu : c'est-à-dire qu^avec le secours de notre religion sainte, nous parve- 
nons à des connaissances solides, complètes, parfaites, infiniment utiles à la société, autant du moins quo 
peut le comporter notre triste et court pèlermage loin de la patrie. 

Voilà, Monsieur, pourquoi l'Eglise fut toujours éminemment conservatrice de tous ses actes, parce quo 
tous sont marqués au coin de la vérité, de la justice et de la charité. Le paganisme, plongé dans ses œuvres 
de ténèbres, de confusion et de honte, eut intérêt, en bien des rencontres, à détruire jusqu'aux dernières 
traces de ses actes qui eussent perpétué le souvenir de ses injustices et de sa dégradation. Toujours prêt 
d^ailleurs à reconnaître le triomphe de la force brutale, cl à proclamer la fatale justice du succès, il savait 
que ses conquêtes éphémères passaient vite, et que les empires se niant sur les empires, détruisirent d'abord 
tout ce qui était marqué à l'empreinte du maître qui avait précédé. Ses pactes, ses traités, ses alliances, 
ses promesses, qui ne reposaient ni sur la justice, si sur la conscience, n'eurent jamais d*autres garanties 
que l'intérêt du moment, et la force matérielle fut toujours disposée à déchirer ces pages solennelles dés 
que régoïsme trouvait son avantage à les faire disparaître. 

Les hérésies qui, selon la belle remarque de saint Augustin, succédèrent au paganisme dès que la vérité 
catholique eut été procbraée dans le monde, les hérésies, dis-je, furent toujours appliquées à détruire les 
monuments des siècles antérieurs, parce que sur chacun de ses monuments, le catholicisme avait gravé 
l'impérissable cachet qu*il imprime sur toutes ses œuvres, et dès lors, la condamnation de l'hérésie. Voilà 
pourquoi chaque erreur dogmatique nouvelle devint bientôt un foyer de perturbation et de discordes, une 
source de dévastation et de revers. Ce fut donc une époque où le fil des sciences historiques.se trouva vio- 
lemment tranché, où la suite des traditions est plus ou moins interrompue. L'association de sphragistique 
pourra souvent par la suite constater ces tristes résultats. 

Vous avsz découvert, Messieurs, dans le champ des investigations scientifiques, une place non encore oc- 
cupée, et vous avez voulu, ouvriers infatigables, venir perpétuer, par le ciseau des graveurs , l'empreinte, 
apposée sur les lettres comme un sûr garant de leur authenticité. Vous avez entrepris d'éditer, non plus de 
fragiles et faibles représentations des sceaux de l'antiquité, mais des reproductions identiques de ces mêmes 
sceaux. Vainement ceux qui étaient préposés à leur garde dans les chancelleries, se hâtèrent de les anéantir 
lorsque la mort eut brisé l'existence de celui qui les faisail apposer. Vous avez trouvé le secret, par le bien- 
fait de l'association, de les rappeler à la vie: bien plus, partout où se trouveront vos types, l'amateur des 
antiquités, moins favorisé des biens de la fortune, pourra se procurer toujours de nouvelles empreintes 
pnr le moyen de ces types qui se prêteront à ces reproductions multipliées. 

Venus les derniers, vous occupez néanmoins, Messieurs, l'une des premières places et des plus impor- 
tantes. Vous vous êtes attachée à ce que la science des antiquités a de plus fondamental, puisque nos titres., 
nos diplômes, nos chartes tirent leur principale force du sceau qui les confirme, et qui proclame leur au- 
thenticité. Mais votre association a quelque chose de plus capital que nous ne devons pas omettre ici : à 
mesure que vous ferez revivre les sceaux de l'antiquité, vous découvrirez que le temps, qui détruit tout, 
est en quelque sorte impuissant contre les monuments ecclésiasliques, ou que ceux-ci, du moins, tiennent 
Mieux contre ses incessantes attaques. Parmi ces actes innombrables de rois, de comtes, de barons, de 



97 ATIS PRÉUMINAIEE. 9S 

ftel^2^^^«, ùtmiri^ sortooi ooi éié conser? éi qui eorenl pour objet le bieo-élre de la tociëté caiholkiae par 
ées dijpc<::i«4fS qui CMicenièreni les églises, les diocèses, les chapitres, les osonaslères. Cest dans les ar- 
cLlTes sî Liea ccordoonéps de ces commanaulés religîeoses, que les infaligabies enfants de saint Benoit 
a. t'<:z^ pjîser o^ prei.ieoi dixomenls à Taide desquels ils créèrent Tbisloire de nos anciennes provinces 
^ FrA;.ce. L o j**3r Tînt où Sa colore de Dîea s appesantit sur notre trop coupable patrie, la vengeance di- 
liae pa«âa sar nos létes coauBC no orage époavantaLle; elle ne laissa après elle que des ruines. Alors nos 
arcJuves ecx.>sik>tjqse» forent pillées, spoliées, bouleversées, enlevées et transportées ailleurs sans aucun 
•oX iri-xi péie-fli^ dans les réduits les plus infîmes des districts, des communes, ou abandonnées, peo* 
lia^ po^ d'un demi-Siècle, à rincurie, à rignorance et à de trop fréquentes déprédations. La pourriture et 
ie* vers cassofest des perles irréparables. L'esprit catholique, si éminemment conservateur, parce qu*il 
eA inr>-<oai<tefKieax, nVtait plus là pour veiller sur ces dépdls vénérables, pour les mettre à Tabrides 
T-'^ '.jrrn?s 4Vrr:ré4la lions, pour les classer, les compulser, les feuilleter, les inlerroger sans cesse, et 
lear arracSt^r rtii>i')rique réel des siècles passés. Accablé sous le poids du saint minislére, le clergé ne 
p 11 ^^i sxxui^T d^aliord de ces éludes bisU>riques,et s*il Teùt pu dans de rares roomen's de loisir, il n^avail 
(-^ ^>'-^ ^ nuin ces rit.-b^ses monumentales. 11 eâl fallu s'adresser à des hommes parfois très-hostiles, 
ftorreai cr:x'^^^lt&, qoi, dépositaires de ces trésors de littérature, presque exclusivement religieuse, n'en 
aTs'e:.! pocot riitellî^eaco, et la laissaient gisant dans une espèce de chaos. S'il eût élé réglé qu'on rendrait 
à Ls rnjzion,en les déposant dans les évéchés, ou ailleurs, ces anciens titres, ces diplôioes, ces.chartes, ces 
se aai, on eût certainement trouvé pour les éludier des hommes érudits, oniés de l'en semble des connais- 
saix/s qise req-iiert rinierpréiation de ces monumcnls de la science ecclésiastique. Votre œuvre. Messieurs, 
va iL«tire le d-rgé en posàe^^ion des mines de sceaux que vous reproduisez avec autant de fidélité que de 
x..le. Ltî prô-^cuses notices dont vous accompagnez vos publications lui seront très>uliles. Le gouvernement 
êeziin pfni-fArt q'j'ilest lrèsK»nvenable, pour ne rien dire de plus, de remettre à chaque évéché l'un d< 
v>s t}i>^> de sc&tux ecclésiastiques ; c'est un moyen aussi sûr que facile de parvenir à de nouvelles décou- 
vert». To'iS ces mfAiîs» m'inspirent. Messieurs, pour votre honorable entreprise, de vives syropalbles. Jo 
ferai Leureax de vo^is venir en aide, mais âi la suite de Monseigneur l'archevêque de Paris, qui doit, le pre- 
Dîer, appeler leé bénédictions du ciel sur vos nobles et généreux efforts. Priez-le d'accepter un titre qai 
%r,]i en rapport avec les fonctions augustes qu'il remplit auprès de vous, et les autres évéqucs que vous ap- 
pellerez, comoie moi, â rbonneur d être les protecteurs de votre association, pourront accepter plus promp- 
tetuent le litre qne vous leur délivrerez. 

Recevez, Messieurs, avec mes remerciements, l'assurance de ma considération très-distinguée. 

t JACQl-ES, Eréqui dt Luçon. 



I 
I 

I 



m 



£ 



IBi 



DICTIONNAIRE 



D£ 



NUMISMATIQUE 



ET IX 



SIfilllOfiRAPHIE REII6IEDSES. 



A 



A. Cette lettre, suivie de Tn grec, est sou- 
Tcnt employée dans les anciens monuments, 
et quelc|ueu>is sur les monnaies pour dési- 
gner Dieu^ c'est-à-dire, rÊtre qui est le com- 
mencement et la fin de toutes choses. Ainsi 
Constantin, après sa conversion au christia- 
nisme, fit graver sur son casque, sur son 
bouclier, sur ses étendards et probablement 
sur quelques-unes de ses monnaies un A et 
un A, aux deux côtés de la croix et du mo- 
nogramme du motXPISTOS. Plusieurs tiers 
de sol d'or de la première race de nos rois, 
portant d*un côté la tète du roi ceinte du 
diadème, ont au revers la première et la der- 
nière lettre de ral|)habet grec avec la croii. 

ABAISSEMENT, ou AFFAIBLISSEMENT 
des monnaies. Yoy» les mots Affaiblir et 
Espèces. 

ABASSY, monnaie d'argent frappée en 
Perse et nommée ainsi du nom de Schah- 
Abbas III, roi de Perse, à qui on en attri- 
bue la première fabrication. Cette monnaie 
est de la figure et de la grandeur environ 
nu'étaient autrefois les pièces de auinze sous 
de France ; elle a pour légende a'un côté la 
profession de foi des Mahométans, et de 
l'autre le nom d'Abbas avec celui de la ville 
où l'abassy a été frappé. Cette monnaie a 
grand cours en Perse, où elle vaut deux 
luamoudis, ou quatre chayés; le cha3ré es* 
timé un peu plus que quatre sous six de- 
niers, ce qui revient à environ dix-huit sous, 
quatre à cinq deniers de France. II y a des 
p èces de cinq abassys, et des pièces de deux 
abassys qui en valent la moitié; il s'en fa- 
brique peu, elles n'ont point de cours dans 



le commerce, et ne sont pour l'ordinaire que 
ce qu'on appelle, en terme de monnaie, ptic$ 
de plaisir. La pièce de cinq abassys est ronde, 
un peu plus épaisse et plus grande que l'écu 
de France, la demie h proportion ; elle revient 
h environ Quatre livres aouze à treize sous 
de France (A.) (1). 

ABBAYES ou ABBÉS (Mon:«aies des). Voy. 
l'article général France, v* partie : Notions 
générales sur les monnaies des prélats. Voyez 
aussi 1" les noms particuliers des différentes 
abbayes qui ont eu le droit de battre mon- 
naie et dont on connaît des espèces comme 
Corfrie, Cluny, Jumiéges^ Montfaucon^ Tour- 
nu«,etc.; et 2* la liste des saints dont les noms 
se trouvent sur les monnaies du moyen 
Age (2). 

Sceaux des abbayes. — Voy. l'article géné- 
ral des Sceaux, n° 15 et suivants. 

ABRA , monnaie d'argent de l'ancien 
royaume de Pologne, valant environ 3 sous 
6 deniers de France, ou 17 centimes. L'abra 
avait cours à Constantinople et dans tous les 
Etats d\\ Grand Turc, pour le quart de l'as- 
lani ou Daller de HoFlandc. 

ABUKESB. Les Arabes et les Turcs, domi- 
ciliés au Caire, appellent Abukesb, le Daller 
ou écu de Hollande, la même monnaie qu*à 

(1) Les arliclés signés de la leure A, sont extraits 
du Dictionnaire des Monnaies d'Aboi de Bazingheiii. 
2 vol. in 4«; Paris, 17... 

(2) On trouvera dans le Dictionnatre de Statistique 
religieuse déjà publié, une liste alphabciiquc des aa-* 
cicnoes abbayes de la France, avec rindicalion de 
leurs patrons, de la date de leur Tondation et d« Tor- 
dre anqiH'l elles appartenaient. 



z\ 



ACII 



DICTIONINAIRK DK NIMISMATIQUC. 



ACH 



S3 



Sinyme, à Constnritino{;]e et dans les autres 
Echelles du Levant on nomme aslani. Ces 
différents noms viennent de Tempreinto du 
lion , qui est fraf)pé de chaaue côté de ces 

f)ièces d'argent appelées en Turc aslani, que 
es Arabes prennent pour un chien nommé 
en leur langue aùukesb, Vabukesbj ou dal- 
ler, vaut au Caire trente-trois meidins en 
change, et trente-huit, quelquefois plus en 
espèces , à raison de dix-huit deniers de 
France le raeidin, ou de trois aspres, mon- 
naie de Turquie : on le reçoit à peu près 
sur le môme pied à Constaniinople et dans 
le reste de Terapire turc. L'abukesb est au 
titre de huit deniers vingt grains, et vaut 
argent de France 3 livres 4- sous 2 de- 
niers. (A.) 

ABUNDIUS (saint). Son nom se trouve sur 
les monnaies de la ville de Como, en Italie. 
Voy. Saints. . 

ACHAIË (Monnaies des princes francs 
D*). L'intérêt qui s'attache à la numismati- 
que des croisades, sujet que nous ne pou- 
vions négliger en nous occupani de la nu- 
mismatique religieuse, nous engage à faire 
précéder les descriptions des pièces frappées 
en Morée par les successeurs des croisés, de 
quelques eitraits d'un mémoire du regret- 
table Buchon sur la géographie politique do 
la principauté française d'Achaie. Cette des- 
cription géographique de la Grèce du moyen 
âge aidera d'ailleurs beaucoup à expliquer 
et à classer les monnaies nouvelles qui vien- 
dront enrichir la série encore peu riche des 
monnaies gallo-grecques. Le mémoire dont 
nous allons extraire quelques fragments a 
été publié dans le premier volume de la Chro^ 
nique de Morée une des plus importantes dé« 
couvertes de Buchon (Ij. 

La principauté française d'Achaïe établie 
h la suite de la quatrième croisade dans les 
provinces méridionales de l'empire byzantin 
en Europe, ne se composait pas seulement 
du Péloponnèse , qu'on appelait autrefois 
aussi Achaie, du nom de l'une de ses pro- 
vinces, mais elle embrassait aussi : la Grèce 
continentale, en remontant du détroit de 
l^Iégare aux Thermopyles, la Grèce insulaire, 
comprenant l'Fubée, les Cyclades, connues 
alors'sousle nom de Dodécannèse ou douze 
ilos, quelques autres îles de la mer £gée et 
toutes les iles de la mer Ionienne, moins 
Corfou. J'examinerai successivement ces 
trois divisions de notre principauté : le Pé- 
loponnèse, la Grèce continentale et la Grèce 
insulaire. 

|. LE PéLOPONNÈSB. 

Le Péloponnèse ancien était réparti entre 
sept grandes divisions : l"* l'Acnaïe, qui a 
donné son nom h tout le pays; 2** rÉIide; 
3* la Messénie ; 4* la Laconie ; 5" TArca- 
die; 6* l'Argolide; T la Corinthie. 

Les noms de ces antiques divisions terri- 
toriales disparurent peu à peu d'abord sous 

(!) Nouvelles recherches sur la principauté de Mo- 
rée, S vol. in 8* iSio, chez Julo» Renouard, rue de 
T(»umon, a- 6. 



l'unité delà vigoureuse domination romaine* 
puis sous celle de l'empire d'Orient. Le Pé- 
loponnèse fut alors placé sous le comman- 
dement d'un seul stratège, et forma le sixiè- 
me thème d'Europe (2). C'est ainsi qu'il était 
administré au moment de la conquête fran- 
que. 

Les Français débarquèrent d'abord à Mo- 
don en 1205, puis à Kalo-Achaia, près de 
Patras, en 1206. De Môdon il s'étaient avan- 
cés, en remontant vers les plaines décou- 
vertes de l'ancienne Élide, qui ne commença 
que vers cette époque à porter le nom de 
Morée. De Kato-Achaia ils se dirigèrent sur 
le littoral du golfe de Lépanle, qui était connu 
sous le nom û' Achaie, et ces deux noms d'A- 
chaïe et de Morée devinrent par la suite, 
comme indifféremment, la désignation du 
titre de la nouvelle principauté. 

Toutefois, dans les commencements de la 
conquête, et môme longtemps après, le mol 
Achaïe était pris dans une acception plus 
générale et désignait l'ensemble de toutes 
les possessions continentales et insulaires» 
tandis que le mot de Morée ne s'appliquait 
tout au plus qu'à la Péninsule seule. Tout 
prouve môme que, dans l'origine, ce nom 
n'appartenait qu'à la seule province d'Élide 
à l'exclusion des provinces limitrophes, l'A- 
chave, l'Arcadie et la Messénie. Le Livre de 
la Conqueste fournit plusieurs exemples de 
cette distinction entre la Morée et les autres 
provinces de la presqu'île. 

« Lors print ou lui (3) deux chevaliers et 
douze escuiers, et «ara* de la Morée et vint 
à Mathe-Griphon (Akova en Arcadie). » 

Si parti de la Morée (4) et vint demorer 
en la chasteltenie de Calamate (en Mes- 
sénie). » 

a Si partirent (5) de l'IUe (Nisi en Messé- 
nie) et vindrent en la Morée, » 

« Et li princes revint (de Vostilza) en ïa 
Morée, à Andrcville (6). 

<x Si print le remenant de sa gent et «'en 
revint (du pays de Scorla en Arcadie) en /a 
Morée (7). » 

La Morée était encore formellement dis- 
tinguée de la Messénie ou province de Cala- 
mata jusque dans les actes de la fin du xiv* 
siècle. Dans un acte de l'an 1358, par lequel 
Robert, prince d'Achaïe, exempte certaines 
terres de Nicolas Acciaiuoli de tout service 
féodal (8), on trouve celte distinction r 
a Pro terris et bonis omnibus quas et que m 
dicta prorincia Calamate et provincia Amor" 
ree ex prcfato principatu nostro Achaye pos- 
sidet. a Dans un autre acte de 1391, le tes- 
tament d'Ange Acciaiuoli, palatin de Corin- 
the,ladistinction n'est pas moinsformelle(9): 



(â) CoDSi. Porphyr. Des Thèmes impériaux, 1. ii , 



p. b 



(5) P. 466 de celte édition. 
(A) P. 586. 

5) P. 559. 

6) P. 405. 

7) P. 455. 

8) Nouv, Rech., t. II, Diitlàmeê, p. 100. 
(9) Id. ibid., p. 31». 



t% 



ACM 



DfCTIOMNÂiRE DE iNLMlSMA TIQUE. 



ACH 



M 



« In partibus Romanio ubi dicitur la Morca 
acin Sairita et Calamata. » 

Les autres dénominations antiques sem- 
blent, comme celle d'Élide, avoir complè- 
tement disparu des habitudes du langage 
Tulgaire, et on ne les trouve plus employées 
que dans les protocoles de (a chancellerie 
byzantine. 

Ainsi la Mcssénie n'était plus connue 
que sous le nom de pays de Calamata, dé- 
signation tirée de sa ville la plus impor- 
tante. 

A Fépoque de l'incursion des peuples 
barbares du viii* siècle, deux tribus de 
Slaves ou Esclavons, les Mélinges et les 
Ezérites étaient venus se jeter dans le Pé- 
loponnèse et avaient fini par sV implanter 
tlans les passages les plus diiïiciles de la 
chaîne du Taygète, et cette partie de la 
Laconie avait pris d'eux le nom de pays des 
Mélinges ou des Esclavons. 

A côté d'eux s'étaient maintenues deux 
autres peuplades de montagnards de race 
grecque, aux deux extrémités de la même 
chaîne à laquelle ilsavaientdonnéleurnom : 

Les Tzacons ou Chacons, qui ont donné 
leur nom à la Tzaconie, (dont une petite 

£artie seulement est encore occupée par les 
lélinges») et qui, par leur langue comme 
par l€urs mœurs, paraissent remonter aux 
plus antiques habitants de la Grèce (1); 

Les Malnotes i dont l'origine remonte 
aussi , suivant les croyances locales , aux 
antiques Hellènes (2), et qui habitaient au 
delà du campement des Èzérites, jusqu'au 
fort de Maïna et à l'extrémité du cap Té- 
nare. 

Une autre tribu montagnarde, qui était 
probablement mélangée de Grecs et dé 
Slaves, et qui semble avoir tiré son nom de 
l'antique pays de Gortys, dans lequel elle 
était établie; la tribu des Scortins, avait à 
son tour imposé son nom à la partie mon- 
tueuse de l'antique Arcadie , qui s'appelait 
pays d^ Escorta ou des Escortins ou Scortins, 
et qui avait pris aussi de sa situation mé- 
diterranéenne le nom particulier de Mé- 
sarée. 

A ces territoires il faut ajouter, pour com- 
pléter la géographie du Péloponnèse, ceux 
qui ne parvinrent que successivement, et 

(1) Voyez Thiersch, Mémoire sur la langue des 
Tutcoms^ dans les Actes de l'Académie de Munich 
pour Tannée 1835, p. 575. 

(2) Gonst. Porphyr., Sur V administration de Vem* 
pire^ c 50, p. 2».) — Les iradilions modernes du 
pays sont souvent aussi toutes mythologiques. Le 
Pentedaciyle, un des sommets du Taygète, est le su- 
jet d*un conte tout à fait mythologique. Le peuple 
suppose que dans ce même lieu, fréquenté autrefois 
par les Ménaitcs, on aperçoit souvent trois fiUes sé- 
duisantes, mais à pied de bouc, qui forment conti- 
nuellement des danses au dessus de Kardamyli. Per- 
sonne ne saurait en approcher imj^unément, et celui 
qui, cédant à leurs invitations insidieuses, oserait pc- 
sétrer dans l'intérieur du. 'cercle magique formé par 
«eurs danses, serait à Tinstant précipité du haut des 
rochers ou déchire comme le furent autrefois Orphée 
et Penibée. Ces trois fées sont connues sous le nom 
ét$ trois Néréides 



quelque temps après le premier établisse • 
ment entre les mains des Français : 

Corinthe et sa châtellenie, avec le pays 
de THagion-Oros ; 

Le pavs d'Argos et do Nauplie; 

La belle vallée de l'Alphée, entre les deux 
grandes villes de Nicli (près de Tantiquo 
Tégée) et de Veligosti (près de l'antique 
Mégalopolis), et le pays de Monembasio 
et de Vatika jusqu'au cap Malée. 

Lorsque les Français eurent triomphé des 
premières résistances des Grecs découragés 
par l'aspect du déchirement entier de l'em- 
pire, et qu'ils se furent réparti entre eux les 
terres impériales du Péloponnèse, ils s'occu- 

itèrent sans délai des moyens de donner une 
èrme assiette à leur domination et d'en ga- 
rantir la permanence. Ils avaient h satisfairo 
à la fois l'ambition des chefs do Tarmée con- 

auérante et les nécessités de la protection 
e la conquête, lis échelonnèrent donc les 
diverses seigneuries à répartir entre eux, 
de manière à compléter et à maintenir leur 
établissement. Douze hautes baronnies fu- 
rent instituées, depuis la côte septentrionale 
d'Achaïe jusqu'aux caps les plus méridio- 
naux de la Messénie et de la Laconie. Les 
possesseurs de ces hautes baronnies, qua- 
lifiés dans notre anèien droit féodal du titre 
de bers de ierre^ jouissaient de droits tout h 
fait exceptionnels, et ils étaient égaux entro 
eux. L'objet principal qu'on dut avoir en 
vue dans la répartition de ces hautes baron- 
nies était évidemment la meilleure sécurité 
possible à donner aux conquérants , dont la 
race, la religion, la langue, les lois, diffé- 
raient complètement de la race, de la reli- 
gion, de la langue, des lois du pays con- 
quis. Les royaumes homériques s*étaient 
conformés, pour leurs divisions, à la con- 
figuration naturelle du pays en grands bas- 
sins et grandes vallées. Les hautes baron- 
nies franques, qui vinrent à leur tour s'im- 
planter sur ce sol antique, se conformèrent 
également aux inflexions du terrain , et 
leurs propriétaires se distribuèrent la dé- 
fense des grandes chaînes et des défilés qui 
ouvrent sur les plaines et les vallées. Voici 
comment furent échelonnés ces douze grands 
fiefs de conquête : 

i. Baronnie de Poira*. Ce grand feuda- 
taire avait à protéger le littoral contre tout 
débarquement ennemi venant des côtes 
d'Epire, d'Acarnanio et d'Etolie. 

2. Baronnie de Chalandritza, Ce fief, ap- 
puyé sBr la montagne, était comme un 
poste avancé de la baronnie de Patras, et 
était disposé de manière à assurer les pas- 
sages de l'intérieur. 

3. Baronnie de Vostitza, Ce haut baron 
était préposé à la garde du golfe de Lépanto 
et du littoral d'Achaïe. 

k. Baronnie de Calavryta. Ce fief, appuyé 
sur la montagne, était disposé, comme celui 
de Chalandritza, pour servir d'appui à la 
baronnie littorale do Vostitza et à assurer 
les passages dans l'intérieur du pays. 

5. Baronnie A'Akova ou Mate-Griphon, Ce 
haut foudataire était diargé do tenir en rcs- 



35 



kCl\ 



DICTIONNAIHE de iMjMISMATIQUE. 



ACR 



se 



pect les Grecs des montagnes de Tinlérieur 
ou de la Mésarée, nora qui avait succédé à 
celui d'Arcadie, et d'assurer les passages 
jusqu'à la vallée de TAIphée, nomraé Char- 
Don par les Francs, à cause des nombreuses 
charbonnières alimentées par les montagnes 
du pays de Gortys dont sortait ce fleuve. Le 
nom de Mate-Griphon (1), donné par les 
Français à Akova, indique à lui seul la des- 
tination de celte forteresse. 

6. Baronnie de Caritena. Ce haut feuda- 
laire était placé au débouché des montagnes 
de Scorta, pour contenir ses» ÎJidociles ha- 
bitants et protéger l'ouverture de la vallée 
de l'AIpliée. 

7. Baronnie de Veligosti. Danscette grande 
vile, située à l'extrémité de la vallée de 
Mégalopolis, et presqu*à l'ouverture de la 
route de Laconie en Messénie par le détroit 
do Makry-Plagi (21, résidait un hnutfeuda- 
taire qui avait à maintenir la liberté de ces 
passages. 

8. Baronnie de Nicli. Dans cette grande 
ville, située dans la plaine actuelle de Tri- 
politza, résidait un autre grand feudatairo 
qui avait à protéger le passage de TArgolide 
en Laconie. 

9. BaronniedeGeraAi,ranliqueGeronthrœ. 
Ce haut feudataire, placée l'entrée méridio- 
nale de la chaîne des monts de Tzaconie, 
était cf)argé de tenir en bride les Mélinges 
et les ïzacons, et d'empêcher leur réunion 
ûveclesEsclavonsdu TaygèteellesMaïnotes. 

10. Baronnie de GrUzena, Le feudataire 

£lacé ici pouvait surveiller la belle vallée de 
acos et de Calami et protéger la sortie du 
Makry-Plagi en Alessénie. 

11. Baronnie de Passavant ou Passava. 
C'était là le poste avancé de l'armée conqué- 
rante. Placé au centre du Magne, ce haut 
feudataire pouvait mieux contenir l'esprit 
turbulent et inquiet des montagnards. Aussi 
le seisneur de Passava était-n pourvu du 
maréchalat héréditaire, aQn de pouvoir réu- 
nir plus aisément toute l'armée. 

12. Baronnie de Calamata. Ce haut Gef, 
apanage de la famille princière des Ville- 
hardouin, éta t placé de manière à protéger 
contre les incursions des montagnards toute 
la riche vallée du Pamisus. 

Chacun des hauts barons mis en possession 
de ces seigneuries tit bâtir, sans délai, d'abord 
une bonne forteresse dans le lieu le plus 
avantageux de sa seigneurie, afin de s'y tenir 
en parfaite sécurité contre les habitants du 
pays conquis, puis de petits forts ' sur les 
limites de leurs seigneuries respectives, 
pour se tenir en garde contre les usurpations 
du baron français le plus voisin; car ces 
douze puissants feudalaires s'étaient réservé 
le droit de guerre privée entre eux, elle 
prince lui-môme, dans sa propre seigneurie 
de famille, ne possédait qne les droits attri- 
bués aux autres barons ses égaux, 

(I) Griphon signiûe Grec. 

(i) J'ai à grururpeiiic retrouvé i*empincemcnt de 
jselle graiide ville du moyen Age el j'en ai dclerinind 
rettiplacenieuL 'Voy. mon Voyage en Moré^.) 



Des douze places fortes qui existaient dans 
le Péloponnèse au moment de l'entrée des 
Français, Patras, Ponticos^ Arcadia et Modon 
sur la côte occidentale. Coron et Calamata 
sur le golfe de Messénie, Lakedemonia^ Nicli 
et Argos dans l'intérieur desterres, Corinthe^ 
Anapii et Monembasia sur la côte orientale, 
trois, Patras, Nicli et Calamata, avaient été 
concédées comme partie intégrante de trois 
baronnies de famille, et le reste avait été 
attribué h la cour du prince, sauf Coron, 
cédée aux Vénitiens en 1248 pour prix de 
leur assistance dans la prise d'Anapli et de 
Monembasie, et qui resta entre leurs mains 
jusqu'en l'année 1498, où elle fut prise par 
les Turcs (3). Argos ne fut donnée par les 
princes de Morée au duc d'Athènes que 
comme seigneurie simple et sous hommage, 
et non comme seigneurie de famille. 

Les hauts barons dotés des trois places 
fortes de Patras, Nicli et Calamata, n'eurent 
qu'à les munir et à les mettre en état. Les 
autres furent obligés de construire les plac- 
ées fortes dans lesquelles ils devaient se 
renfermer avec leurs soldats francs. Ainsi 
furent construites Vo^titza, Chalandritza, 
Calavryta, Akova ou Matlie-Griphon, Cari- 
tcna, Veligosti, Geraki, Gritzena, Passavant 
ou Passava, et on retrouve encore dans ces 
mÊmes lieux les vastes ruines de ces gran- 
des forteresses baronniales, qui couvrent en 
général le sommet des hautes collines. Pour 
les petits forts placés sur les limites des di- 
verses baronnies, les Francs n'eurent lo 
plus souvent qu'à compléter ou relever les 
tours helléniques, construites dans les temps 
héroïques pour séparer les royaumes ou hau- 
tes baronnies des rois vassaux d'Agamem* 
non et de leurs descendants ; et ces tours, 
dont les murailles se composent d'immenses 
pierres quadrilatères et sont reliées à des 
murailles franques pétries de ciment, sh 
conservent aussi dans les passages les plus 
importants des grandes chaînes de monta- 
gnes. 

Le prince qui avait, de plus que les sei- 
gneurs particuliers et les douze bers do 
terre, à pourvoira la sécurité de l'ensemble 
des provinces conquises, dut distribuer, soit 
les anciennes forteresses mises en bon état 

• 

(3) Les Véniliens la reprirent sur les Turcs le 25 
juin 1685, sous François Morosini, ainsi que le resta 
de la Morée qu'il poâsédérenl iusqu^en Tan 1715. 
Pendant la première époque de 1 occupalion turque» 
Coron avait été prise, en 1552, par la Aotte de Char- 
les-Quint, commandée par André Doria ; mais Char* 
les V ne la conserva que jusqu'en 1533. Musioxidi, 
dans son ilelllnomnimon (mars 1843, p. 143), a dé- 
crit cette expédition. 

Charles V fut obligé d'abandonner Coron aux 
Turcs, à la fin de cette même année 1533. Tous les 
habitants s'emba rouèrent et se réfugièrent dans la 
Calabre et autres lieux du royaume de Naples. Par 
un acte du 18 juillet 1534 des Archives, on voit qu'il 
leur assigna des secours (p. 157). Mustoxidi rapporte 
d'après nodola (hioria dei rito greco in haiia) deux 
inscriptions latines consacrées à des réfugiés de Co^ 
ron, el existantes dans le royaume de Naples. L^uns 
el l'autre sont dans Teglise de Sainl-Pierre et 3aial<- 
Paul à N;)pJM. 



87 



ACH 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQCB. 



Acn 



ss 



de réparation, soit de nouvelles forteresses, 
de manière à satisfaire aux nécessités géné- 
rales du pays et à répondre parfois aux cir- 
constances passagères de la guerre. Ainsi 
Pontico-Castro fut reforlifié et prit le noua 
de Beau-Voir. Arcadia, Modon^ Lakedemo^ 
ma, Corinthe, Anapli, Monembasie Itn furent 
également, et Argos^ confiée à la garde du 
duc d'Athènes, vit s'élever la forteresse qui 
a succédé à l'ancienne Larisse et a été pos- 
sédée par nos compatriotes de la maison 
d'Enghien. D'autres anciennes forteresses 
ioiportantes, telles que Moukhli (1), sur un 
des versants du mont Malevo qui co.umando 
la route d'Akhlado-Kambos à Tripolitza; 
Gardikit près du mont Hellenitza, sur le 
haut d'une montagne qui domine le Makry- 
Plaçi {'I) ; Kgria-Helena ou Sainle-Hélène, 
peti e forteresse moins considérable, mais 
d'origine hellénique, en face du mont Ly- 
cée, au-dessus de Lavda, furent sur-le- 
champ mises en réparation. Ou s'occupa 
aussitôt du choix de l'emplacement conve- 
nable pour les nouvelles forteresses à cons- 
truire, et on en commeng ( immédiatement 
la construction. Mais avant de terminer cetle 

f grande affaire de la fortification du pays, il 
al. ait d'abord se fixer un premier élaulibse- 
luent d où on pût aisément correspondre 
avec tout le pays. 

On s'occupa d'abord du choix de l'empla- 
cement, ou de la ville, propre à devenir le 
siège habituel du nouveau gouvernement. 
La forteresse de Corintlic étant restée entre 
les mains des Grecs [rendant les premières 
années qui suivirent la conquête, on ne 
pouvait songer à en faire une capitale ; et 
d'ailleurs, si dans les temps antiques les cô- 
tes orientales du Péloponnèse avaient été le 
grand centre du mouvement, c'est que c'é- 
tait vers l'Orient et vers les côtes d'Asie que 
devait se tourner toute l'attention des Pélo- 
ponnésiens. Des considérations d'une sem- 
blable nature devaient prescrire aux Fran- 
çais de faire des côtes occidentales le centre 
du mouvement de leur nouvel état ; car c'é- 
tait de l'Occident qu'ils sortaient, c'était de 
rOccident qu'ils devaient attendre des se- 
cours. C'est en effet l'Élide qu'ils choisirent 
comme leur première résidence ; c'est dans 
l'Élide qu'ils continuèrent à vivre ; et c'est 
là que j ai retrouvé dans les habitudes du 
pays et jusque dans la^angue parlée par les 
Grecs d'aujourd'hui les souvenirs tout vi- 
vants de la conquête française. 

Fatras en Aciiaie était trop exposée aux in- 
cursions des pirates (3j. il convenait de choi- 
sir une ville assez rapprochée de la mer pour 

(1) CeUe forteresse se conservait encore, ainsi 
qu*Akova, au moment où elle fut dévastée par l'in- 
cursion clés Turcs dans rintérlcur du Péloponnèse. 

(2) J*ai retrouvé les ruines de celte forteresse ( Voj^. 
rooti Voyage en Morée)^ dont parle aussi G. Phranlzi 
(1. IV, p. 403 et 406), comme ayant été prise par 
Mahomet il, cfui égorgea tous ses habitants. 

(3) Cum igiiur Ëcciesia Patracensis, in maris lit- 
tore conslîtuta, incursibus pateat piratanim. (Lettre 
irinnocent Ul à Geoffroi, prince d'Acbaie, 1. 13 Coll. 
4% Balu9«, I. H, p. 4SS.) 



pouvoir recevoir proraptement des secours» 
et à quoique distance des montacnes, pour 
ne pouvoir pas être surprise sans défeise. 

Andravida en Elide, appelée par, les chro- 
niqueurs latins Andravilla et Andreville, pa- 
rut placée dans la meilleure situation pour 
répondre au but qu'on se proposait. Elle est 
dans une plaine fertile et arrosée de plu- 
sieurs cours d'i-au. Elh esta quelque milles 
de la mer et peut être ais ment secourue de 
ce côté. Elle n'est qu'à quelques milles du 
Pénée, qui est une sorte de rempart vers le 
midi, et de là on peut se porter avec aisance 
vers l'Achaïe, la Messénie et l'Arcadie. On 
transporta dans cette ville le siège de Tévé- 
ché, situé auparavant à Oléna, village au- 
jourd'hui ruiné h quelques lieues au nord- 
est de Pyrgos, et dans Jecjiiel se rencontrent 
encore quelques restes d église. Oléna avait 
été dans les temps précétierus un des qua- 
tre évôchés suffragants du métropolitain de 
Patras, qui, dès le xr siècle, étaient 1* La- 
kedemonia ou Amvclée;2° Methon ou Mo- 
don ; 3" Coron ; k' Oléna, qiTon trouve par- 
fois appelée Bolena. Linocent 111 reconsti- 
tua Tarchevèché de Patras, en ordonnant 
qu'on lui rendît l'église de Saint-Théodore, 
OLi les archevôqties de Pairas étaient autrefois 
sacrés et ensevelis, et il lui donna autoraé sur 
les quatre mêmes suffragants ; seulement il 
transporta dans le nouveau siège delà prin- 
cipauté, à Antiravida, Tévèché qui avait été 
fixé à Oléna et qui, adirés la ruine d'Andia- 
vida, fut transporté à Pyrgos, où réside au- 
jourd'hui l'évèque avec le titre d'évôquo 
d'Olène et d'Éiide. Plus tard, lorsque Co- 
rinthe fut tombée en la possession des Fran- 
çais, le siège métropolitain y fut également 
rétabli, et Innocent 111 lui rendit ses sept 
évôchés suffragants de : 1* Céphalonie ; 2* 
Zante ; S** Damaia ; W'Monembaise ; h'Argos ; 6* 
UéloM^ appelée par corruption Gelas dans les 
lettres d Innocent 111 ; et 7' Temenium^ en 
Laconie, dans le pays deVatica, dont le nom 
est défiguré dans les lettres d'Innocent 111 
en celui de Gimenès et Zemenès (4). 

Les princes de la famille Villehardouin, 
qui avaient tixé leur résidence à Andravida » 
y firent bâtir quelques grands édilices ci- 
vils et religieux. De ce nombre était l'église 
épiscopale dédiée à sainte Sophie, et dont il 
existe encore auiourd'hui de grands restes 
dont j'ai donné une exacte reproduction 

(4) Dans la bulle dinslilullon de rarclievéque de 
Corinthe, datée du onze des calendes de juin, indlc« 
tien XV, année 1212, année 15 de son pontifical. In- 
nocent 111 désigne ainsi les biens de Karcbevéché : Ca- 
sale quod dicitur£nori/?,casale quod dicilur Patricia, 
casale quod dicilur Palagia, casale quod dicilur 
Catesmata , casale quod dicilur CyriUa , casale 
quod dicilur Sycchyna, casale quod dicilur Sorados^ 
casale quod dicilur Lavenicia, casale quod dicilur 
Sarman, casale quod dicilur Crala,casale quod di- 
cilur Qiiarraia, et casale quod dicilur Sandyca ; et 
les noms des sept évécbés suffragants y sont ainsi 
détigurés : Ëpiscopattis quoque inferius annolandos, 
ecciesie lue inetropolico jure subjectos, tibi luis- 
que succcssoribus confirmamus, videlicel : Cepba* 
hnenscm, Jacinl, Damelant^ Maleveita, ArgoSf CHa*, 
Himêneê, (Id. p. 63â.) 



ACH 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



Acn 



dans mon Atlas (pi. x et xi). Les frères Mi- 
neurs firent aussi bâtir alors, mais à Cla-> 
rentza, une église dédiée à saint François 
et un grand couvent. On lit dans le Livre de 
la Conqueste que, dans plusieurs occasions, 
les princes d'Achaie tinrent leur parlement 
dans Tune et Tautre de ces deux églises et 
que la haute cour s'y réunissait quelquefois. 
Les Templiers avaient aussi des possessions 
de ce côle, et à leur couvent était réunie 1 é- 
glise de Saint-Jacques, bAtie par les Ville^ 
nardouin, et où Geoffroi I" et ses deux fils, 
Geolîroi 11 et Guillaume 1", eurent leur sé- 
pulture. 

L'air d'Andravida n'étant pas toujours 
fortsalubre pendant les grandes chaleurs 
des derniers mois de Tété et des premiers 
mois de l'automne, Jes princes se firent bâtir 
ailleurs des résidences plus agréables : 

A la Castagne^ appelée aujourd'hui Gas- 
louni, à cause de la ressemblance de sa 
plaine avec nos gastines ; 

A la Riole^ au nord d'Andravida, au pied 
du mont Movri et sur les bords du Larissus, 
situation charmante pour la chaude saison, 
et dont le nom est conservé aujourd'hui dans 
Rhiolo ; 

A laGlisiire, désignation toute française 
de la ville grecque de Vlisiri, aujourd'hui Vé- 
siri, au pied du haut monastère d'Hagia 
Paraskevi et près de la source de la rivière 
Pourleska ; 

A la Roviate^ mot conservé dans Tappella- 
tion actuelle Ilhoviata, sur les rives de cette 
môme rivière Pourleska, et près de la mer, 
un peu au midi de Gastouni ; 

kDrugeSj en Messénie, l'Androusa actuel, 
au pied du mont Itliome, et où ils fixèrent la 
résidence d'une des deux grandes capitaine- 
ries de Morde, qui, conformément à l'article 
177 des Assises de Remanie, étaient placées 
l'une h Corinthe, l'autre à Androuso; 

A Ville eiifin, dont le nom répond à son 
appellation grecque actuelle, Nisi^ lieu char- 
mant, situé un peu au-dessous de la forte- 
resse franque,du Petit Magne ou Mikro-Mani, 
sur la rive do Pamisus, et à quelques milles 
seulement d'une plage où la mer offre en 
été les bains les plus agréables. 

Ce n'étaient là, en quelque sorte, que les 
villes de plaisance des princes d'Achaïe; 
mais en même temps que les anciennes for- 
teresses étaient mises en état, les nouvelles 
forteresses se construisaient et s'échelon- 
naient dans tous les lieux importants, dans 
tous les passages difficiles. 

En avant d'Andravida, qui avait été choi- 
sie pour capitale, et afin de faciliter les com- 
munications de la principauté avec l'Occi- 
dent, on fit construire, sur l'emplacement bù 
était le petit port de Suint-iSacharie, une 
ville forte nommée Clarence, la Clarenlza 
d'aujourd'hui. Ce port fut longtemps fl'jris- 
sant. 11 s'y faisait un grand commerce au 
XIV' siècle, et ses poids et mesures étaient 
en commua usage dans tout l'Orient. Les 
ducs anglais de Clarcnce 0!>t pris de là leur 
nom, légué par Mathilde de Hainaut à sa 
parente Philippino de Baiiaut, niè>«2 da 



Lionel, premier duc de Clarence. C'est au-- 
jourd'hui un petit port qui est en relations 
habituelles de commerce avec Zante et Cé- 
phalonie. 

Au-dessus de la montagne qui domine la 

J^lage de Clarentza et Tarrivée de Zante, Geof- 
roi 11 de Villehardouin fit bâtir, dès 1217, 
une forteresse importante qu'il appela Clair* 
Jtfon/.Cette forteresse est encore debout et le 
nom s'en retrouve un peu altéré dans le nom 
deKhIemoutzi, qu'elle porte aujourd'hui. 

J'ai déjà dit qu'en descendant au midi 
près du cap Rataicoio, ils avaient réédifié le 
château de Pondico- Castro et lui avaient 
donné le nom français de Beau^Voir^ traduit 
quelquefois par les Grecs en Kaloscopi^ par 
les Catalans en BeUVezer^ et par les italiens 
en Bel'Veder et Bel-Ver. Des noms tout fran- 
çais : Junchy Beau-Fort^ Porte-de-Fer, Bel^ 
Regard dont les Grecs ont fait Perigardi^ 
Chaslel-Neufy Saint-Georges ^ Crève-Cœur^ 
Bosselety Passavant, Mathe-uriphony la Combe ^ 
la Bicoque, Saint-Omery Porcelet^ le Château 
des Portes, eic,^ furent donnés aux nouvelles 
forteresses. 

Saint-Omer fut élevée en 1310 par Nicolas 
de Saint-Omer le jeune, maréchal hérédi- 
taire de la principauté de Morée, et seigneur 
de la moitié de Thèbes, lorsque les Catalans 
eurent détruit le beau château de Sainl-Omcr 
dans la ville de Thèbes, et il fit de Saint- 
Omer de Morée une forteresse importante. 
Elle est bâtie sur un des hauts contreforts 
du mont Movri, entre le Larisse et le Pénéo, 
et domine le passage qui conduit de la plaino 
de Gastouni dans les montagnes. Ses ruines 
franques sont fort considérables. Elle a donné 
son nom à la montagne sur laquelle elle nst 
bâtie, qui s'appelle encore aujourd'hui mont 
de Santameri, de même que les ruines s'ap- 
lent ruines de Santameri. 

Portes, aujourd'hui Portais, était bâtie sur 
l'extrémité méridionale du môme contrefort, 
du côté de l'Elide. 

Le pays de montagnes était surtout diffi- 
cile à bien garder; aussi y multiplia-t-on les 
forteresses. Indépendamment des grandes 
forteresses baronniales de Corinthe et de 
Mathe-Griphon ou Acova, on fit construire 
d'autres forteresses princières dans le pays 
d'Acova, comme : 

Beau fort; 

Saint - Georges , dans les montagnes de 
Scorta ; 

Boisselet ou Oréoclovon; 

Un autre Saint -Georges, pour commander 
la sortie de ces défilés, et que je crois être 
le Castro - tis-Oraias, au-dessus de Xero- 
Campi ; 

Chastel-Neuf; 

Crève-Cœur y près de Lavda ; 

Sainte-nélènej ou Kyria-Uelena^ tout près 
aussi de Lavda; 

Château de Fer ou Sidero - Castro , entrt 
Arcadia et Pavlitza. 

Quelmoy dans le mont Chelmos, près do 
Veligosti. 

La Dimatreou Dimatra, bâtia par le vieux 



41 



ACH 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



ACII 



4Î 



Nicolas de Saiut-Omer, bail de Moréei en 
1288. 

Le même Nicolas de Saint-Omer» pendant 
son baillage, Qt bAtir au-dessus des marais 
qui s'étendent devant l'Ile de Sphacterie, et 

?ui ont fait donner à cette plage par les 
rancs Je nom de Junch^ terre des joncs, au 
bas du monticule sur lequel était construit 
l'antique Avarinos, ou Paiœo-Avarinos, une 
nouvelle forteresse c^u'on nomma le Nouvel^ 
Avarinos^ Neo-Avarinos , devenue Navarin. 
Plus tard, lorsque les Vénitiens prirent pos- 
session de cette ville, nommée aussi par 
eux ZonehiOj ils firent construire leur forte- 
resse sur la rive opposée à l'île de Sphacte- 
rie, et cette nouvelle ville prit le nom de 
Neo-Caslro. Cette ville fut prise sur les Vé- 
nitiens parles Turcs en 1500. François Mo- 
rosini la reprit le 2 juin 1686, et les Véni- 
tiens la reperdirent de nouveau en 1718. 

Dans la Laconie et le Magne, les princes 
de la Horée firent également élever de nom- 
breuses forteresses, dont quelques-unes 
subsistent encore ; telles que Misitra^ bâtie 
par Guillaume de Villehardouin en 12tô, et 
cédée par lui en 1263 à Michel Paléologue, 
pour prix de sa rançon. 

Après avoir bAti la grande forteresse de 
Misitra, le prince pensa que )es deux forte- 
resses baronniales de Geraki en Tzaconie , 
et de Passavant 9 ou Passa va, dans le Magne, 
ne suffiraient pas pour contenir les habi- 
tants, et il fit construire : 

Le Grand-Magn€y qui est, soit le fort ruiné 
qu'on trouve au-dessus de Port-au-Cailles, 
soit celui qui se trouve à la pointe de la 
presqu'île Tigani ; 

Beath-Fort ou Loutron ; 

KisleméSf près du cap de ce nom ; 

Un autre lort, nommé aujourd'hui Castro 
tis OraiaSf le Château de la Belle^ sur le cap 
Grosso; 

Coutif)harit à l'entrée du Magne, du côté 
septentrional , avant même d'arriver à Pas- 
sa va. 

Plusieurs de ces forts offrent encore des 
ruines imposantes, et assuraient alors la do- 
mination de toute la presqu'île du Magne. 

Monembasie et la presqu'île de Vatica 
avant été cédées dès 1263 par les princes 
dAchaïe aux empereurs grecs, ils n eurent 
pas le temps d'y faire constniire des forte- 
resses franques. 

Bn Tzaconie, et dans le pays des Melinges 
ou Escla?ons, outre Geraki, qui est à l'entrée 
des montagnes du côté du midi, je trouve un 
château franc connu sous le nom de ChAteau 
de la Belle, Castro tis Oraias^ près de Meli- 
gou, entre Saint-Jean et Saint-Pierre, et il 
me semble que sa situation répond assez à 
celle donnée dans le Livre de la Conques te 
k un des forts Saint-Georges ; car il y en 
avait deux de ce nom ; l'un dans le pays des 
Scortins dont il est Question dans la donation 
de Charles-Quint à Hagi-Apostoli (p. 33) sous 
le nom d'Ay-Jorgi-Scorta, et l'autre qui est 
peut-être celui près de Xero-Campo. 

En remontant vers Nauplie, je trouve le 
chAteau franc d'Argos. 

DlGTIO:^N. DE NtMISMATlQUEt 



En remontant au-dessus d*Epidaure ie 
trouve encore debout le château franc Je 
Ptada, réparé par le grand sénéchal Nicolas 
Acciaiuoli, puis celui d'Angelo^astro. 

Plusieurs de ces noms aujourd'hui perdus 
se retrouvent dans un dénombrement de l'an- 
née 1391 (1), et qui contient les indications 
suivantes : 



feax, 

LaVou8lice(Vostilza) 200 

LaBegucbe 40 

La Oreole (Rbiolo) . . 120 
Chaslel^Neur. .... 300 

LeFlaclo ...... 208 

Le chastel de les Por- 
tes (Portais). . . . iOO 

La Tour de la Gasto- 
gne (Gastouni) . . 30 

SaiDt-Elie 40 

La Tour de Godence. 50 
La Tour de la Ghris^ 

tianie 80 

La Mandrice ( Man- 

dritza) iOO 

La Combe 100 

L^Escala 40 

La Bicoque 40 

La Glace 25 

La Fenare (Pbanari). 150 
Saint-Archange! . . . 100 

Le Gravenil 200 

La Turlada 100 

Les Molioes 40 



feui. 

lAeux dtt propre domains 

en ladite prineée. 
Glairence (Glarenlza) 300 
GlermoDt (Kblemoul- 

zi) c 

fielveder ( Pontico 

Castro) 50 

SaÎDt-Uoiuer (SaoU- 

meri) 500 

Porcellet (Arachova). 100 

(Si estren TEscorie 

(Scoru) 

Gastel-de-fer (Sidero 

Castro) 100 

(Si est-en TEscorte 

(Scorta) 

LaPraye 200 

(Si est-en TEscorte 
(Scorta) .... 
Dmfie (Aodrousa) . . 200 
Port-Jlonc (Navarin). » 
Calemate (CaiaroaU) 300 
Le' Magne (MaîDa) . . 40 
Beau* Regard ( Péri- 
*gardi) 3^ 

H^niuJe» ûtm prince» d*Achàie(2). 

GUILLAUME II DE TlLLEfiARDOUlN, 
de iSia à 1277. 

N** Billon. + 6. P. AGHAiB, entre deux 
grenetis. Au centre une croix pattée. 

i^. GORiNT.... entre deux grenetis. Dans le 
champ un édifice ressemblant à la porte qui 
sert de type aux monnaies de Gènes, et 
qu'on a appelé très-improprement autrefois 
machine à couper les têtes (3). 

N*" 2. Billon. + &• p. achaie. Entre deux 
grenetis. Dans le champ, une croix recoupant 
le grenetis et la légende. 

i). + GORiNTVM. Dans le champ, un édifice 
crénelé. 

N* 3. Billon. -4- g. pbihgbps. Entre deux 
grenetis. Tête de face. 

4. + ÀGHAiB. Entre deux grenetis. Dans 
le champ une croix pattée, cantonnée de 
besants. 

N" k. Billon. -h TVROHvs. civi. Entre deux 
grenetis. Au centre une croix pattée. 

i^. D. GLARBNTiA. Daiis Ic champ, le chAtel. 
Denier tournois frappé è Clarentza en Morée. 

N** 5. Billon + gv. princeps (Wc). Dans le 
champ une croix. 

^. d'glarbngia. Dans le champ, le chAtel. 

N" 6. Cuivre. + g : princeps. Croix. 

1^. : THEBB : Givis : le chAtel au centre. 

{{) GuichenoD, Preuves de Phist, de Savoie» 

(2) Publiées par M. de Saolcy, Numismatique des 

Croisades, pag. 141 et suivantes, Paris, in foL 1847. 
(5) Voyez noire Dictionnaire de Numismatique au 

mot France, Observations préliminaires. De quelques 

erreurs en Numiimaiique, figure, n» 7. 



45 



àClI 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE, 



ACH 



41 



CHARLES I" D'ANJOU , 

BOl DB VAPLES, PRmCB d'àCHAU1« 

de 1278 à 1285. 

Bilion. + K. R. PRiwG. icH. Dans le champ 
une croix. 
i), clàrentia. Le châteU 

CHARLES II D*ANJOU, 
de 1285 ^ 1291. 

Bilion. + K. R. PRiNG. ACH. La croix. 
i). : DB : GLÀRENTiA. Le chAtel. 

FLORENT DE HAINAUT, 
de mi \à 1297. 

N* 1. +Bi]Ioo. FLORBNS. p : ACH. Croix. 

1^. DE GLARENCIA. Gbàtel. 

N*" 2. Bilion. + *: florens. p. ach : Croix. 
^. + DEN....1IGIE. {Denarius clarencie.) Dans 
champ le ch&tel. 

ISABELLE DE VILLEHARDOUIN , 
de 1297 à 1301. 

Bilion. +YSABELLA. P. ACH. (Dcux anelcts). 
Dans le champ une croix. (Une fleur de lis.) 

^. JDE. GLARENGIA. Ch&tcl. 

PHILIPPE DE SAVOIE, 
de 1501 k 1504. 

Bilion. +PHS. D. SAB. p. AGHE. La croix. 
1^. DE GLARENGIA. Le châtel, au-dessous une 
éloile. 

PHILIPPE DE TARENTE. 
de 1508 k 1532. 

N** 1. Bilion. + PHs : p. ach : tar. d. r. 

Croix. 

1$. D, GLAREMCIA. Châtcl. 

N' 2. Bilion. 4- phs : p. tar. desp. {Phi- 
lippus Princeps TarerUi Despota.) La croix. 

4- MEPANTi. Givis. (Frappé dans la ville de 
Lépante.) Le chAtel. 

N"* 3. Bilion. + phs. p. agh. tar. d. r. 
[Philippus Princeps Achaiœ [et) Tarenii^ Des- 
pota komaniœ.) Croix. 

H). NEPANTi ciYis. ChAtel au-dessous duquel 
est une fleur de lis. 

LOUIS DE BOURGOGNE et HAHAUT DE HAINAUT , 

de 1315 k 1516. 

Bilion. 4- L0D0..1ID. d'b. p. ach. {Lodovi- 
eus {et) Mathildis {ou McJiaut) de Burgundia^ 
princeps Achaiœ,) Croix portant un point 
triangulaire à Textrémité du bras gauche. 

i^. DE. GLARENGIA. Ghfltel, surmouté d'une 
croix accostée de deux anelets. 

FERNAND DE MAJORQUE, 
de 1515 k 1316. 

Bilion. + FN ANS. p. D. MAioRiG. {Fcmans 
Princeps de Majorica.) Croix. 

i). DE. GLARENGIA. Cflàtel. 

MAHAULT DB HAINAUT 
de 1316 k 1317. 

Bilion. + MAHAv. p. ACH. Croix. 
4 DE. GLARENGIA. ChAtel. Au-dcssous un 
feu de flèches entre deux points. 

JEAN DE GRAVINA 
de 1317 k 1342. 

Bilion. + lOANS. p. AGHE. Croix. 

4. DE. GLARENGIA. ChAlel. 



ROBERT D'ANJOU, 
de 1333 k 136i. 

MARIE DE BOURBON, 
de 156i k 1587. 

N* 1. Bilion. + ROBT. p. AGH. {Robertus 
Princeps Achaiœ.) Croix. 

^. DE GLARENCIA. Châtel. 

N^ 2. Bilion. 4- godr. sagtens. (Légende 
nexpliquée.) Croix. 
^. GGLARENTiA. Dans le champ, le chAteU 

IL GRÈGE CONTINENTALE. 

Dans le partage qui suivit la prise de 
Constantinople en 126&, le marquis boniface 
de Mont-Ferrat avait obtenu, en échange des 
provinces d'Asie, les provinces européennes 
de Tempire grec au midi de THémus, à titre 
do royaume. Ses limites au midi étaient 
Athènes et le déûlé de Mégare (1). Les. Véni- 
tiens avaient en partage divers lots au nord 
et au midi de ce royaume, tels gue Arcadio- 
polis, Héraclée, Rhodosto, Panidos, Andri- 
nople, Anchiale, Ganos, Hexamili, Gallipoli 
au nord, et l'Ëubée, Ésine, Salamine, la 
Morée presgue toute entière, l'Etoile, l'Acar- 
nanie , l'Epire , Zante , Céphalonie , Leucade 
et Corfou, au midi et à l'occident. Ils échan- 
gèrent d'abord les terres au nord , qu'ils ne 
pouvaient conserver sans grands frais , les 
unes avec Boniface moyennant l'Ile de Can- 
die (2), les autres avec Baudouin, moyennant 
quelques privilèges. Quant aux provinces et 
îles du midi et de l'ouest, ils ne purent 
jamais en prendre possession, leur marine et 
les ressources de leur population étant insuf- 
fisantes pour conserver tant de pays; aussi 
abandonnèrent-ils l'Eubée, la Morée, Egine, 
Salamine , aux entreprises des conquérants 
français, l'Etolie, l'Acarnanie .et l'Epire, aux 
conquêtes de Michel Comnène, les îles voi- 
sines de l'Eubée, telles que Skyros, Skia- 
thos, Skopelos, à ceux de leurs concitoyens 
qui voudraient en entreprendre la conquête 
à leurs risques et périls, et les îles Ioniennes 
au conquérant français qui les soumit. Ils 
cherchèrent d'abord à conserver Corfou; 
mais, sentant bien que leurs ressources 
étaient insuffisantes à tant de conquêtes, ils 
abandonnèrent bientôt cette île à Michel 
Comnène, déjà mattre d'Arta, et ils se con- 
tentèrent de réunir leurs forces pour conser- 
ver Candie. 

Boniface de Mont-Ferrat, de son côté, 
voyant qu'il aurait un assez beau royaume 
en s'étendant de l'Hémus aux Thermopyles, 
et qu'il avait sur toute sa frontière deux voi- 
sins assez difficiles à contenir, le roi des 
Bulgares débordant par le nord, et le despote 
d'Epire débordant par le midi , concéda au 
conquérant de la Morée toutes les provinces 
de la Grèce continentale qui s'étendaient au 
midi des Thermopyles , depuis ce passage 
jusqu'à l'isthme de Mégare , y compris la 
seigneurie de l'Eubée, cession ratifiée en- 



j 



(i) Portum Alheneum emu pertioentia Megaron. 
Voy. cet acte dans la Chroii. d^André Dandolo, coll. 
eMuratori.) 

(2) Y. Fiaminio Gonielio, Creta sacra. 



4!S 



ACIl 



DICTION.NAIUE DE NUMISMATIQUE. 



ÀCII 



M 



suite par rempereur Henri au congrès de 
Ravennique, en 1210. 

La nouvelle principauté d'Achaïe eut donc 
pour Etats limitrophes, du côté des Tlienno- 
pyles au nord, le royaume de Salonique, et 
h Toccident le despotat d'Etolie, d'Arta ou 
d*Epire, qui s'étendait jusqu*au Pinde. 

Bientôt disparut le rovaume de Salonique. 
Les provinces de Macédoinei conquises d'a- 
bord par les Comnène, qui avaient aspiré à 
l'empire, furent reprises par les empereurs 
girecs, et les Comnène durent se borner à la 
possession de la Thessalie, depuis l'Olympe 

Jusqu'aux ïhermopyles , qu'ils ajoutèrent à 
eur premier despotat d'Epire. Afin de mieux 
se défendre dans ces limites, et de s*étendre 
même au delà, Michel Comnène s'allia avec 
les princes d'Occident, et maria une de ses 
filles, Anne Comnène, avec Guillaume de 
Viliehardouin, prince d'Achaïe, et une autre, 
Bélène Comnène , avec Mainfroi « roi de 
Sicile, qui reçut en dot Corfou et une partie 
de la côte d'Épire, comprenant Subuto, Bu* 
thrinte, Avlona et Canina. Michel Comnène 
partagea à sa mort ses possessions d'Epire 
et de Thessalie entre deux de ses enfants » 
Njcépbore et le bâtard Jean. Nicéphore eut 
l'ancien ^espotat d'Etolie et d'Epire, dont la 
capitale était Arta; Jean eut la Thessalie 
jusqu'à la chaîne de Pinde, et fixa sa rési- 
dence à Néo-Patras, qui ne fut prise que 
plus tard parles Catalans. Lorsque plus tard 
une fille de Nicéphore, Thamar, épousa Phi- 
lippe de Tarente, fils de Charles II, elle lui 
apporta en dot Lépànte, Saint-Donat, etc., 
et toiite la côte d'Etolie et d'Acarnanie ; et 
comme la dot d'Hélène» femme de Mainfroi, 
avait à la mort de celui-ci passé dans les 
mains de Charles d'Anjou et de son fils 
Charles II, qui en avait cédé la possession à 
son fils Philippe , il s'ensuivit que de ce 
côté la principauté d'Achaïe eut pour Etat 
limitrophe le despotat nouveau de Philippe 
de Tarente. D'autre part le bâtard Jean, vou- 
lant aussi s*allier avec les Occidentaux, de- 
vint le beau-frère du duc d'Athènes, et lui 
céda, à Toccasion de ce mariage, les forte- 
resses de Gardiki et de Zeitouni ou Lamia, 
que le Livre de ia Conqueste appelle Giton 
ou Gipton et qu*il dit avoir été cédée à cette 
époque au duc d'Athènes; mais cette cession 
ne fut faite qu'à titre d'hommage, et âans 
démembrement du domaine supérieur. Ainsi, 
même après cette mutation, la principauté 
de Morée restait bornée , vers le nord aux 
Thermopyles parle despotat de Thessalie» 
qui s'étendait jusqu'au Pinde, et à l'ouest 
par la chaîne du Piude et le despotat d'E- 
tolie. 

Cette frontière était absolument conforme 
à celle fixée dans la seconde ligne de délimi^ 
tation continentale indiquée par la confé- 
rence de Londres. 

Les frontières septentrionales et occiden-» 
taies de la principauté française d'Achaïe 
étant reconnues conformes à celles qui ont 
été récemment proposées dans le second pro- 
jet de la conférence de Londres, examinons 



la distribution des seigneuries échelonnées 
en dedans de ces limit( s. 

Et d'abord, la marche et frontière des 
Thermopyles étant un poste avancé d'une 
grande importance , la garde en avait été 
confiée à un haut feudafaire, qui, de sa situa- 
tion limitrof^ie ou sur la marche, prit le litre 
de marquis, selon l'usage français et alle- 
mand (1), et bâtit une forteresse a Bodonitza. 
Le lieu était très-bien choisi. La forteresse 
franque de Bodonitza est bâtie sur un tertre 
au-dessus d'une vallée bien arrosée entre le 
golfe Malliaque ou de Lamia et le défilé ou 
Clisoura (la Clôsure de nos vieux chroni- 
queurs) qui, le long des flancs du Calli* 
drome, conduit de li Locride dans la vallée 
inlùrieure de la Doride.Co haut fief compre- 
nait toute la Locride et s'étendait, le long du 
rivage opposé à l'Eubée, jusqu'au delà de 
l'afntique Opus ou Cardinitza et aux limites 
des seigneuries de Thèbes et d'Athènes. Le 
marquis de Bodonitza était ainsi préposé à 
la garde des deux passages par lesquels tous 
les envahisseurs successifs ont pénétré en 
Grèce : le passage des Thermopyles et le 
passage du Callidromeou Sauromala. 

Lorsqu'après avoir franchi le Callidrome 
on descendait dans l'étroite vallée de la Do- 
ride > resserrée entre le Callidrome et la 
chaîne du Parnasse , on retrouvait plusieurs 
sous-fiefs qui dépendaient du haut baron de 
Thèbes. On lit dans le Livre de la Conqueste 
que le maréchal héréditaire d'Achaïe, Nict)* 
las de Saint-Omer Je jeune , seigneur de la 
moitié de Thèbes , possédait l'hommage do 
plusieurs des seigneurs de cette vallée, et 
entre autres du seigneur de Gravia, à l'en- 
trée du défilé de Gravia, qui| a travers cette 
partie de la chaîne du Parnasse, conduit 
dans les plaines de la Phocide. La seigneu- 
rie de Gravia n'est pas seulement désignée 
dans le Livre de la Conqueste, mais dans 
les lettres d'Innocent IIL J'ai retrouvé sur 
les versants du Sauromata et sur ceux du 
Parnasse, qui forment celle vallée, les res- 
tes de plusieurs châteaux francs de celte 
époque. 

En suivant le défilé de Gravia , on parve- 
nait dans les domaines du haut baron au- 
quel avait été donnée la seigneurie de l'an- 
tique Phocide. Sous le tilre de comte de la 
Sole ou Soula, il résidait à Salona, Solona 
ou Soula , l'antique Amphysse. On voit en* 
core, au-dessus de la ville de Salona, les 
restes de l'ancienne forteresse des comtes de 
la Sole. Ce seigneur faisait partie des hauts 
feudataires de Ta principauté d'Achaïe, qui, 
dans toute l'étendue de la principauté, jouis- 
saient des droits réservés en Morée aux 
douze bers de terre de la presqu'île. Les 
douze hauts feudataires de toute te princi^ 
paulé étaient, d'après un acte de 1301 (2) : 

1. Le duc d'Athènes. 

2. Le duc de l'Archipelage (Dodécannèse 
ou Naxie ). 

(1) Marquis en France, Margrave en Allemagne, 
(i) Guichenon. Preuves de ia maison de Savoie, p 
127 ei 128. 



47 



AGU 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



AGH 



4S 



3. Le duc de Leucade (branche des comtes 
de Céphalonie).. 
k. Le marquis de la Bondenice (Bodooitza). 

5. Le comte de Céphalonie. 

6. La comtesse de la Sole (Salona). 

7. Le seigneur de l'Arcadie ( Arcadia en 
Morée). 

8. 9. iO. La illa (l'île) de Négrenont. 

11. Le sire de la Calandrice (Chalandritza). 

12. La baronnie de Fatras (1). 

La seigneurie de Thëbes n était point une 
des hautes seigneuries de la principauté , 
parce qu'elle n'était qu'un démembrement 
de la haute seigneurie, depuis duché d'Athè- 
nes, fait en faveur d'une sœur du haut baron 
d'Athènes, à l'occasion de son mariage avec 
un membre de la famille de Saint-Omer. 

La haute baronnie , depuis duché d'Athè- 
nes, comprenait toute la Béotie, toute l'At- 
tique et toute la Hégaride , et formait la 
plus puissante des hautes seigneuries situées 
au delà du déGlé ou pas de Mégare , dont 
l'hommage avait été concédé par les empe- 
reurs français aux princes d'Achaie. La rési- 
dence habituelle des ducs d'Athènes était à 
Thèbes, dont la seigneurie était partagée 

8ar moitié entre eux et les Saint-Omer. 
utre ces domaines qu'ils tenaient de pre- 
mier hommage et qu on appelait domaines 
de conquête et de famille , les ducs d'Athè- 
nes possédaient plusieurs autres seigneuries 
de concession, telles que : Nauplie et Argos, 

3ui leur furent données parles Yillehar- 
ouin ; Calamata en Morée, cédé à Guy II de 
la ttociie comme dot de sa femme, Mathilde 
de Hainaut ; et au delà des Thermopyles, la 
ville de Zeitouni ou Lamia, appelée par le 
' Livre de ta Conquesle Gipton et Giton, et 
celle de Gardiki,qui toutes deux avaient été 
concédées aux ducs d'Athènes à charge 
d'hommage par les despotes de Thessalie à 
l'occasion d'une alliance de famille. Sur tout 
ce territoire étaient répandus un grand nom- 
bre de sous-Gefs relevant du duché d'Athè- 
nes, tels que le fief de Karditza, l'antique 
Akrephia, possédé par la famille de cet An- 
toine-le-Flamand qui y fit bâtir (une petite 
église de Saint-Georjges encore conservée 
avec l'inscription qui porte son nom. Un 
grand nombre de restes de châteaux francs 
qu'on retrouve encore à Livadia , sur tous 
les bords du lac Copaïs , et le long des ver- 
sants de l'Hélicon, attestent la puissance de 
ce haut feudataire. 

H^iinaies dc« meigMÈeurm et doc» iraii- 
çato d*AtbèiiCHi (2). 

GUY I** DE LA nOGHE, 
de li2i à li6i. 

N<* 1. fiillon. +DNS. ÀTBEN. [Domifius 
Athenarum), Dans le champ un édifice sur- 
monté de trois tours et presque semblable 

(I) A ces hommages il (wi ajouter ceux des trois 
évéques de Modon, Coron et Olène, et ceux des deux 
commandeurs de Tordre des Allemands (Teutonîque) 
et de Tordre de Rhodes. 

. (2) Publiées par M. de Saulcy. Numismatique dei 
CrQiiaéetf p. 159 et suivantes. 



au portail de Gènes. IVoy.f ci-dessus. Mon- 
naies de Guillaume 11, prince d'Achaïe.) 

^. H- TH ....' civi • {Thebe Civitas.) La croix. 

N» 2. Billon. 4- gvi. dns.... Croix con- 
tournée de deux croisettes et de deux points. 

^. 4- THEBE . civis . Edifice à trois tours. 

N** 3. Billon. -f gvivt . dvx ... Croix, con- 
tournée de trèfles. 

1^. + THEBE . CIVIS . Edifice à trois tours. 

N° 4. Billon. gvi . dvx . athenes . Croix. 

1^. THEBANI . CIVES. 

GUILLAUME DE LA ROCHE, 
de i976*à 1285. 

N*" 1. Billon. + G . DVX . atenes . Croix. 

1^. tebani . Givis . ChAtel. 

N" 2. Billon. + g . dvx' atenis. Croix. 

J^. THEBE . GIVIS . Ch&tel. 

GUY DE LA ROCHE, 
de 1285 k 1508. 

N* 1. Billon. 4- GVI. dvx. atenes. Croix. 
^. THEBANi. GIVIS. Ch&tel, au-dessous 
une étoile à six rais, évidée au centre. 
N° 2. Billon. + gvi dvx athenes . Croix. 

^. DE GLARENCIA. Chfttél. 

GAUTIER DEBRIENNE, 
de 1508 k 1510. 

N*" 1. Billon. + VALTER ...[de] b . Dans le 
champ, un S. 

j^. -h TEBA . civis . Croix. 

N* 2. Billon. +dvx . agtenar. Croix. 

1^. + TEBAR. GIVIS. Dans le champ, un G. 
IGalterus.) 

ANGE DE NÉOPATRAS. 

N* 1. Billon. -f- ANGELvs . S4B . G , [Ange- 
lus Sabaudie Cornes? lecture très-douteuse 
et inexpliquée encore, comme l'observe 
M. de Saulcj.) Dans le champ, une croix 

^. NEOPATijB. ChAtel. 

N' 2. Billon. + angelvs. sab. g . Croix. 

^. DELL4. PATRA. Châtél. Patra et Néo^ 
patras, 

MAINFROY, roi de Sicile, seigneur de 
Remanie , fils naturel de l'empereur Frédé- 
ric II. 

Cuivre. •+• vatnfridvs r . sigiue. Dans le 
champ nu aigle éployée. 

^. ET DOMiMvs ROMANiE. Croix pattéc, or- 
née de trois globules à chaque extrémité et 
contournée de quatre étoiles. 

III. GRÈGE INSULAIRE. 

Les limites de la principauté d'Achaïe sur 
le continent grec et la distribulion des hauts 
fiefs de la Grèce continentale et de la Morée 
étant bien fixées, passons aux possessions 
insulaires de la principauté , qui sont : 
V TEubée et les îles qui l'avoisinenl; 2* les 
îles Ioniennes ; 3» les Cyclades. 

1* LEubée, Dès la première organisation 
de la principauté d'Achaïe., l'île d'Eubée fut 
placée par Boniface de Mont-Ferral , et par 
l'empereur Henri au congrès de Ravennic^ue 
en 1210, sous la haute seigneurie des prin- 
ces d'Achaïe , auxquels ses barons étaient 
tenus de faire hommage. Celte île était 
répartie entre trois seigneurs, qui tous trois 
jouissaient des privilèges de bers de terre 
ou de seigneurs de conquête, et qui étaient 



49 



ÂCB 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



ACH 



SO 



les seigneurs tierciers d*OréoS| de Chalkis et 
de*Caristos. 

La aeigDeurie d*Oréos s'étendait depuis le 
bnsaz ou canal de Trikeri jusqu'au défilé de 
Hakry-Plagi d*£ubée. 

La seigneurie de Chalkis s'étendait depuis 
le défilé de Makrj-Plagi jusqu'à Aliveri aans 
toute la laideur de l'Eubée. 

.La seigneurie de Caristos s'étendait depuis 
la baie d'Aliveri jusqu'à la pointe la plus 
méridionale de l'Eubée. 

Sur toute rétendue de ces trois hautes sei- 
gneuries franqueSy on trouve encore les 
restes imposants des forteresses et chAteaux- 
forts qu'ils avaient fait construire, tantôt 
pour leur habitation et tantôt pour la défense 
du pays. 

Les seisneuries de Skyros, Skopelos, Skia- 
thos, Chelidonia, n*étajent que aes démem- 
brements d'une de ces trois seigneuries. 

2" Les Ue$ Ioniennes. Les Ûes Ioniennes, 
moins Corfou, réunie audespotat d'Arta d'a- 
bord et cédée comme dot par Michel Com- 
nène à son gendre le roi Mainfroi, avaient 
d'abord formé une seule haute seigneurie, 
avec le titre de comté palatin de Cépnalonie, 
qui comprenait alors : Céphalonie, Ithaque, 
Leucade ou Sainte Maure , Paxos , Zante et 
Cerigo. Sur la fin du uv siècle, Tlie de Leu- 
cade fut démembrée avec le titre de duché 
de Leucade, et conférée à un membre de la 
famille des comtes de Céphalonie. Le voisi- 
nage de Leucade du continent grec tenta 
l'ambition de cette famille, qui finit par 
s'emparer aussi du despotat d'Aria, partagé 
ensuite avec un descendant des Acciaiuoli , 
Esaû Buondelmonle. 

SrCyclades. LesCycladesou Dodécannèse, 
réunies en une seule haute seigneurie, 
étaient échues à la famille vénitienne des 
Sanudo. Marc Sanudo, le premier conqué- 
rant, obtint de l'empereur Henri, au con- 
grès de Ravennique en 1210, le titre de duc, 
et fut placé sous la haute seigneurie des 
princes d'Achaïe, auxquels les ducs des Cj- 
clades ou de Naxie furent tenus de prêter 
hommage. Les douze lies ou groupes d'Iles 
qui composaient ce duché étaient : 

i. Naxie, qui donna son nom au duché. 
2. Paros ou Anti-Paros. 3. Amorgos, Asty- 

Salea, Nicaria. k. Santorin et Anapni. S. Nios, 
ikinos, Polycandros. 6. Milos, Anti-Milos 
et Kimolos. 7. Siphnos et Serphos. 8. Ther- 
mia (la Fermène et Formane des chroni- 
queurs occidentaux). 9. Céa. 10. Sjra, Dé- 
16s et Myconi. 11. Tinos. 12. Andros. 

Tant que le duché de Naxie resta entre 
les mains de la famille Sanudo, il se con- 
serva dans son intégrité; mais lorsque les 
Crispo leur eurent succédé dans ce duché, 
ils firent quelques démembrements en fa- 
veur de leur famille, et plusieurs des pos- 
sesseurs de ces seigneuries démembrées 
parvinrent à se créer une sorte d'indépen- 
dance envers le chef de leur famille. Ainsi 
les Sommariva furent établis à Paros, les 
Pisani à Nios, les Coruna à Siphnos, les 
Zeno à Andros; mais tous n'en restèrent pas 
moins placés jusqu*à la fin sous la haute 



seigneurie des princes d'Achaïe, ainsi que 
le prouvent les actes et diplômes du temps. 

POSSESSIONS DE LA ILâlSON d'àNJOC-TAREHTB. 

J'ai indiqué plus haut comment Corfou, 
cédée aux Vénitiens par l'acte de partage 
de 1204, n'avait pu être occupée par eux. 
Michel Comnène, qui s'était créé une sou- 
veraineté particulière de l'Etolie, de l'Acar- 
nanie et de l'Ëpire, réunit cette île à son 
domaine. Son petit-fils, ayant senti en 1258 
la nécessité d*une alliance avec les princes 
d'Occident pour résister plus efficacement 
aux empereurs grecs, céda cette île et le 
territoire d'Epire , comprenant Buthrinte , 
Subuto, Aviona et Canina, comme dot de sa 
fille Hélène, lorsqu'il la maria au roi Main- 
froi. A la mort de Mainfroi,' son amiral £s- 
chinard chercha à conserver à la reine veuve 
Hélène la propriété de ses terres dotales ; 
mais il fut obligé de céder à l'ascendant 
vainqueur de Charles V% et Corfou, avec le. 
reste des terres dotales d'Hélène en Epire, 
fut annexé pour la première fois à la cou- 
ronne de Naples vers 1270. Charles H conti- 
nua à les posséder comme l'avait fait son 
père ; mais Nicéphore Comnène, fils de Mi- 
chel, qui voulait, à l'exemple de son père, 
se fortifier contre les empereurs grecs par 
une alliance avec les princes d'Occident, 
ayant offert à Charies II la main de sa fille 
Thamar pour son fils Philippe, prince de 
Tarente, et lui donnant eu dot quelques 
villes et forteresses en Arcananie, telles que 
Saint-Donat, Lépante, Argyro-Castron et au- 
tres, Charles II crut le moment venu de 
fonder en Grèce une souveraineté puissante 
pour sa famille. Il céda donc, sous réserve 
d'hommaçe seulement, à son fils Philippe de 
Tarente^ Tes terres dotales d'Hélène pour 
les réunir aux terres dotales de Thamar. 
Ainsi Philippe de Tarente se créa un despo- 
tat nouveau, composé : 

!• De Corfou et des territoires voisins 
d'Epire, comprenant Buthrinte, Sabuto, 
Aviona et Canina ; 

2* Du territoire d'Acamanie, avec les vil- 
les de Saint-Donat, Argiro-Castron, Vra- 
chori, Vonitza, Vagenelia et Lépante. 

Il fixa son séjour à Lépante, prit- le titre 
de despote et fit battre monnaie dans cotte 
ville sous son nouveau titre. 

Sa femme Thamar étant morte, Philippe 
de Tarente n'en devint que plus ardent dans 
son ambition. Il s'était fait réserver des 
droits éventuels au despotat d'Epire et vou- 
lait même déposséder son beau-frère Tho- 
mas. Ne pouvant y parvenir, il chercha ail- 
leurs ses moyens de succès. Son père Char- 
les II lui avait cédé, en même temps que la 
seigneurie réelle de Corfou, la seigneurie 
supérieure de la principauté d'AcIiaïe, dé- 
volue aux rois de Naples depuis le traité de 
1267. Philippe aspira à transformer la sei- 
gneurie d'honneur en seigneurie réelle. En 
1310, il épousa Catherine de Valois, impé- 
ratrice de Constantinople, et réunit ainsi 
sur sa tète les titres d'empereur de Constan- 
tinople, de prince direct d'Achaïe, de prince 



SI 



ADR 



UCTIONNAinE DE NUMISMATIQUE. 



réol lie Turente et de despole en Acarnanie, 
on Epire dit Corfoii; mais il ne put jamais 
faire un corps compacte de ces diverses sei- 
gneuries, ni transformée en possession réelle 
sa possession titulaire de l'empire de Con- 
slnntinople. J'ai dû toutefois mentionner cel 
état franc transitoire, parce qu'après la pos- 
session de Lépante il devint limitrophe de la 
principauté d Achaie. 

HoDnaics de la Grèce ItMoliUre , 
publiées par H. de Saulcy. 
SEIGNEURIE DE COOFUU. 
N' 1. Billon. p... vs. dei. aBACU. (i*Ai7ip- 
ptu Dei gratta ; Pliilippe tils.du roi Chartes 1] 
d'Anjou.) Dans le champ une croii. La lé- 
gende est terminée par une fleur de lis. 
H. cuHFoi. Doutsvs. le châlel. 
N*2. ■}- lOHs. DESPOTES. [Johatines Despo- 
tes, Jean de Gravina, dont on a vu des mon- 
naies comme prince d'Achaïe.) Dans le champ 
la croix. 

ri|. co. OTORioi (plutôt coRPHov , fomie 
dans laquelle on a positivement écrit le nom 
de Corfon au moyen âge.) Dans le champ, lo 
chAlcI. 

SEIGNEURIE D'JTItAQUE ET DE CËPHALOSIE. 

^ c TnoR. PL. s. le. Légende indéchif 

frée. Dans le champ, la croix. 

^. DB. iTAc... ET. CE. Dans )e champ, \<* 
cbâiol. 

ADALBERT (saint). Son nom inscrit sur 
les anciennes monnaies de Pologne. Voy. 
Saikts. 

ADARKONou Darkémon, monnaie juive. 
Voy. Ivivs. 

ADKlENr\ pape de l'an T72 à l'an 795 
(Mannaiet d'). 

N* 1. Argent, d'un côté: hadhunvs [papa] 
partagé par une croix allongée. 

^. -f (sancti) pétri. 

Celte monnaie est décrite par Vignoli, édi- 
tion Fioravanti, Antiquiores Denarii, Rome, 
17âi, p. 1. Voi/. notre article général Mon- 
5AIES des ^apes, % 1. 

N° 2. Argent. ^ADR|AN0S papa; au milieu 

l'elligie du pape h mi-corps; des deux cOtés 

1rs lettres I, D, qui paraissent marquer les 

M années du pontifient d'Adrien, ou l'an 

,789, à la manière grecque. 

i\. VICTORIA D. N. T(. CON. OB. (VICTORIA Do- 

tni'nî Nostri. cojtstanUnopoH aasignatum) (1), 
Au milieu la croix sur un piédestal. Des 
deux côtés les lettres r. m., peut-être Aoma, 
ou Romaaa moneta. Style barbare. Monnaie 
décrite par Vignoli, pag. 1, 6. Une monnaie 
semblable est décrite par (ïerampi : De nummo 
argmteo Benedicti lll; Kome, 17V9,pag. 152. 

Sceau d'Adrien I". Voy. l'article général : 
ScKADX des pape», u*l. 

ADRIEN 11, pape de l'sD 867 à l'an 872 
{Monnaies d']. 

î*' 1. Argent. Au centre le mol roma en 

(1) CoK. 0%. On sait qiK ces abn^vîaiions, non ex- 
pliquées par Vignoli, signillent ComtaniimpoU ob- 
ûgintsm, el se mcitsieni, pour accréditer les mon- 
paies, sur des pièces frapppps loin de Consuinliiinplc. 



croix; autour la légende + ludovticus ihp. 
i^. Le monogramme d'Uadrianus; aulour 

+ SCS. FBTBUS. 

Deux monnaies semblables décrites par 
Garampi, pag. 115 et- 156, dans l'appendice 
à sa dissertation De nummo argenteo Bene- 
dicti m. Rome 1749. Voy. aussi Vianou, 
Anliqui Denarii, éd. Floravanli, pas, 42. 

ADRIEN m, pape de l'an 881 l î'an 885, 
{Monnaie d'). 

Vignoli a publié, pag. 48, une pièce d'ar- 
gent attribuée b ce pape qui porte au droit, 
au centre, le monogramme d'Hadrianui ; au- 
tour: -j- SCS. >eTRus. Au revers, au centre, 
ROUA ; autour, en légende: casolvs. ihp. 

ADRIEN VI. Adrien Boyers, hollandais, 
paiie en 1522, {Monnaies et médailles d'). 

ADRIANVS VI , PONTiFEx haxihcib. 
Adrien VI, souverain pontife. Buste à gau- 
che d'Adrien VI, coiffé de la calotte et velu 
du camaîl. 

«. SAMCTVS PETRVS. 8ANCTV8 PAVLVS. 
Soin* Pierre, saint Paul. Saint Pierre et 
saint Paul, debout sur le seuil de la Basili-» 
que qui leur est consacrée. 

Très, de numism., p. 7. M. des P, 




AFFAIBLIR la monnaie, c'est la rendre 
de moimlre valeur. Il y a plusieurs moyens 
d'affaiblir la monnaie: l'en diminuant le 
poids ou la bonté de la matière; 2* en aug- 
mentant le prix de l'espèce ; 3° en changeant 
la proportion des métaux; 4° en chargeant 
les espèces d'une forte traite, laquelle n» 
devrait être que suffisante pour payer les 
frais de fabricalion; 5° en, augmentant les 
remèdes de poids et de loi ; 6° en faisant fa- 
briquer une si grande quantité de bas biN 
ion et de cuivre, hors de la proportion ob- 
servée entre l'or et l'argent, que ces espèces, 
qui ne sont faites que pour payer les me- 
nues denrées, entrent aaiis le grand com-> 
merce, et soient reçues en nombre au lieu 
des bonnes espèces d'or el d'argent. 

L'affaiblissement des monnaies fut très- 
fréquent, particulièrement sous les rois de 
la troisième race: dès que ces rois man- 
quaient d'argent, ils allaiblissaicht leurs 
monnaies pour subvenir à leurs besoins et 
à ceuxderEtat. Il n'y avait alors ni aides, 
ni tailles. 

Charles VI, dans une de ses ordonnances, 
déclare qu'il est obligé d'affaiblir ses mon- 
naies pour résistera notre adversaire d'An^ 
gletcrre, et obnier à sa damaable entreprise... 
attendu qu'à prêtent nous n'avons aucun ait- 



» 



ÀFF 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



AFF 



S4 



ire revenu de noire domaine dont nous nous 
puissions aider. 

On lit dans Fabrégé de l'histoire de Char- 
les YI, ensuite de celle de Juvénaldes Ur- 
sins, un portrait très-fidèle des maux que 
causa Tanaiblissenient des monnaies sous 
Charles YI : nous le rapporterons ici mot à 
mot pour donner une idée de ces maui tou-* 
jours inséparables de Taffaiblissement des 
monnaies. 

« Depuis Tan IfclS, que la bataille â*A- 
zincourt se donna, il y eut en France de 
grandes tribulations et pertes pour le sujet 
des monnaies et couronnes^ qui ayant au 
commencement été forgées pour uix-huit 
sois seulement, commencèrent insensible- 
ment à monter à dix-neuf et vingt sols, de- 
puis toujours à montant petit à petit jus- 
ques à neuf francs, avant que cette exces- 
sive valeur fût réglée. Pareillement toute 
autre monnaie monta au prorata^ chacune 
à sa quantité. Il courait lors une mon- 
naie qu*on nommait fleurettes ou flourettesj 
qui valait dix-huit deniers: mais enfin elles 
furent remises à deux deniers, puis on les 
défendit tout à fait, tellement qu'elles n'eu- 
rent plus de cours. Pour ce, il y eut plu- 
sieurs riches marchands qui y perdirent 
grandement. Aussi, du temps qu'icelles 
monnaies avaient cours pour si grand prix, 
cela était fort au préjudice des seigneurs, 
car les censiers qui leur devaient argent, 
vendaient un septier de blé dix ou douze 
francs, et pouvaient ainsi payer une grande 
censé par ie moyen et la vente de huit ou dix 
septiers de blé seulement: de quoi plusieurs 
seigneurs et pauvres gentilshommes reçu- 
rent de grands dommages et pertes. Cette 
tribulation dura depuis l'an H15 jusqu'à 
l'an 1421, que les choses se remirent à un 
plus haut point, touchant les monnaies, car 
un écu fut remis à vingt-quatre sols: puis 
on fit des blancs doubles de la valeur de 
huit deniers, et toute autre monnaie fut à 
réquipolent remise chacune à sa juste va- 
leur et quantité. Or, on icelle année que les 
monnaies furent de la sorte remises à leur 
règle et légitime valeur, cela fit naître quan- 
tité de procès et de grandes dissensions en- 
tre plusieurs habitants du royaume, à cause 
des marchés qui auraient été faits dès le 
temps de la susdite faible monnaie, qui 
pour ce temps courait: c'est à savoir Tecu 
a vingt-quatre sols , et des blancs pour 
huit deniers, comme il vient d'être dit: en 
quoi il y avait grande décevance, tromperie 
et cogfusion pour les acheteurs. » 

Charles Yll (l),dans le grand besoin d'ar- 
gent où la longueur des guerres qu'il eut à 
soutenir l'avait réduit, poussa raffaiblisse- 
menl des monnaies si loin, et leva sur elles 
un si gros droit, qu'il retenait les trois 
quarts d'un marc d'argent pour son droit de 
seiçneuriage, et pour les frais de la fabri- 
cation: il prenait encore une plus grosse 
traite sur le marc d'or. Ce prince ayant 
chassé les Anglais du royaume, commença h 

il) Le Hlunc, pgc 259. 



y rétablir l'ordre par le règlement des mon- 
naies: on lit dans un ancien manuscrit, en- 
viron de ce temps-là, que le peuple, se res- 
souvenant de l'incommodité et des domma- 
ges infinis qu'il avait reçus de l'affaiblis- 
sement des monnaies, et du fréquent chan- 
gement du prix du marc d'or et d'argent, 
pria le roi d'abandonner ce droit, consen- 
tant qu'iHmposAt les tailles et les aides, ce 
qui leur fut accordé. Le roi se réserva seu- 
lement un droit de seigneuriage fort petit, 
qui fut destiné au payement des officiers de 
la monnaie, et aux frais de la fabrication. 

Un ancien registre des monnaies, qui pa- 
rait avoir été fait sous le règne de Char- 
les YII, dit que, oncques, puis que le roi meit 
les tailles des possessions^ des Monnaies ne. 
lui chalut plus (2). 

Ces affaiblissements devinrent si grands, 
qu'au mois de mars 1359, on fit monnaie 
cinq centième: le marc d'argent valut cent 
deux livres, et Fécu d'or onze livres. Foy. 
au mot Monnaie, celles de Charles YI et VII, 
où est expliqué ce que c'est que Monnaie 
cinq centième. 

Les grands affaiblissements qui ont été 
faits aux monnaies, n'ont jamais duré long- 
temps ; le roi Jean, qui avait fait fabriquer 
de la monnaie centième, revint à la mon- 
naie quarante-huitième en neuf jours. Char- 
les YII, qui avait fait forger de la monnaie 
quatorze cent quarantième, revint à la mon- 
naie quarantième en un mois. 

En 1313 Philippe le Bel ordonna que nul 
des prélats ou barons ne puissent allier, ni 
empirer leurs monnaies de poids, de loi, du 
point, et de l'état ancien, « et s'ils font le 
contraire (dit l'ordonnance du mois de juin) 
auront dorénavant leurs monnaies forfaites 
à toujours. » 

Suivant l'état donné aux prélats et barons 
en 1315, leurs monnaies n'étaient pour la 
plus grande partie qu'à trois ou quatre de- 
niers de loi, argent le roi : celle du Mans 
était la seule qui fût à six deniers, argent 
le roi. 

Les grands inconvénients qui naissent et 
qui sont inséparables des affaiblissements 
des monnaies, font que les rois perdent plus 
que les peuples, qu'ils occasionnent les 
guerres en appauvrissant leurs royaumes, 
donnent lieu à la fonte des bonnes espèces, 
et à renchérissement des marchandises: les 
étrangers ne commercent plus et n'appor- 
tent plus leur argent; c'est une taille que le 
roi lève sur ses sujets (3). 

Par les affaiblissements des monnaies, qui 
se font par un excès de traite, le prince in- 
vite Tétranger et le faux monnayeur à con- 
trefaire les espèces. 

Quant aux affaiblissements qui se font 
ar la différence de proportion^ le régnicole, 
e billonneur et l'étranger transportent im- 
punément celles des espèces d'or et d'argent 
qui sont ie moins prisées dans leur Etat. 

A ceux qui se font par la diminution da 

B) Le Blanc, page 9i. 
\5) Poulain, page 3?* 



f, 



55 



AFF 



INCTIONNAIRE DE NUMISMATIOUE- 



AFF 



B6 



poids de la bonté iotérieure, et par le sur- 
naussement du prix des espèces, le prince 
en donne le profit à ceux de ses sujets qui 
ont le plus de ces espèces, et lequel ils re- 
çoivent lors de Texposition d*icelles. 

Le prince ne doit jamais affaiblir ses mon- 
naies pendant la guerre, les troubles, ou 
mouvements civils qui se font dans son Etat, 

J>arce que pendant ce temps, le prince laisse 
a liberté de frabriquer de semblables espè- 
ces, et par ce moyen de retirer le profit qu*il 
croit recevoir seul par cet affaiblissement (1). 
Affaiblir les espèces d*or, sans affaiblir les 
espèces d*argent, et vice versa ^ c*est de 
même que si le prince affaiblissait les es- 

Sèces d or et d'argent, puisqu'il est au choix 
u débiteur ou du payeur, de payer en es- 
{>èces d*or ou d'argent. Quand le prince a af- 
àibli les monnaies, dès qu'il peut.revenir à la 
bonne et première monnaie, il y profite plus 
qu'aucun de ses sujets. 

AFFINAGE. L'affinage des métaux est le 
procédé qui les dégage des parties hétéro- 
gènes, et les rend par conséquent plus purs, 
plus fins, et de plus haut prix. On affine l'or, 
l'argent, le cuivre, l'étaio, le fer et le plomb. 
Affinigb de l'or. L'affinage de l'or peut 
se faire de trois manières, avec l'antimoine, 
avec le sublimé, ou avec l'eau forte : comme 
cette dernière fagon d'affiner est appelée 
départ d'or, nous n'en traiterons qu'à l'article 
du départ. Voy. Départ. Pour affiner avec 
l'antimoine on se sert d'un fourneau à vent, 
et d'un creuset ordinaire, de la grandeur à 
proportion de la quantité de l'or que l'on 
veut affiner; en sorte, néanmoins, auel'oret 
l'antimoine qu'on y veut mettre ne l'emplis- 
sentau plus qu'à demi. L'or, dont on a chargé 
le creusef, étant fondu, on y jette de l'anti-' 
moine en poudre, en y mettant en une fois 
la quantité nécessaire : la proportion du mé- 
tal et du minéral est d*uue livred'antimoine 
par marc d'or, si l'or est au-dessousde vingt- 
deux carats, jusqu'à seize: et decinq quarte- 
rons ou environ, si l'or est au-dessous de 
seize carats ; plus l'or est bas, plus il est 
nécessaire de lui donner d'antimoine pour 
le pousser au fin. Lorsque l'antimoine a été 
mis dans le creuset, on le couvre, et après 
avoir chargé le fourneau de charbon» on lui 
ajoute sa chape qu'on lui laisse jusqu'à ce 
que le creusetparaisseà découvert ; la chape 
alors ayant été levée, et le creuset s'étant 
refroidi dans le fourneau même jusqu'à ce 
que l'on puisse l'en retirer avec la main, on 
le casse pour enôter ce qu'on appelle le cu- 
lot, qui est une masse d'or qui se trouve au 
fond, au-dessus duquel sont les crasses de 
l'antimoine avec l'argent et le cuivre d'al- 
liage, et quelquefois de petites parties d'or. 
Cette opération doit^ recommencer jusqu'à 
deux et trois fois, dans les proportions ci- 
dessus, pour amener l'or au plus fin. Quoi- 
que l'or du culot, après ces différentes opé- 
rations, soit très-fin , l'antimoine lui com- 
munique iréanmoins une c|ualité si aigre et 
si cassante, que, pour ainsi dire, il n'est 

(1J H. Poulain, maxime 51. 



plus docile, et qu'il faut ladoucir au feu 
avec le salpêtre et le borax. Pour cette opé- 
ration, on prépare ce gu'on appelle unecou- 
pelle sèche, c est-à-dire, gui est faite avec 
de la terre de creuset, qui ne s'imbibe pas 
comme les coupelles de cendres. Après que 
la coupelle a été recuite sur le fourneau de 
l'affinage, on la charge du culot qu'on cou- 
vre de charbon ; et lorsque l'or est en bain, 
ce qui arrive bientôt à cause de l'antimoine 
qui y est resté, on l'éventé avec le soufQet 
pour en chasser entièrement ce minéral qui 
s'évapore en fumée: oh y ajoute, quand les 
fumées ont cessé, un peu de salpêtre et 
de borax en poudre, qui ramassent et dé- 
tachent les crasses qui sont restées sur le 
bain, et qui fixent l'ôr dans la coupelle en 
forme de plaque. Enfin l'or, au sortir de la 
coupelle, ayant été de nouveau fondu dans 
un creuset où l'on met deux onces de sal- 
pêtre et autant de borax en poudre par cha- 
que marc d'or ; on le jette en lingot lorsqu'il 
ne fume plus, et on le trouve au titre de 
vingt- trois carats Jf. A l'égard des parties de 
l'or qui ont pu rester avec l'alliage dans les 
crasses de l'antimoine, on les retire par le 
moyen de la coupelle sèche, et des mêmes 
fontes et ingrédients qui ont servi à adoucir 
l'or du culot : et quand on est assuré par 
l'essai de ce que cette matière tient d'or, on 
l'affine pour en séparer le cuivre, après quoi 
on en fait le départ. On retire par leslavures 
l'or qui pourrait être resté attaché aux cou- 
pelles sèches. 

L'affinage de l'or avec le sublimé se fait 
d'abord comme celui avec l'antimoine, c'est- 
à-dire, au même fourneau, avec même char- 
bon, même feu et dans de semblables creu- 
sets. Quand l'or est en bain dans le creuset, 
on y jette le sublimé, non en poudre, mais 
seulement concassé et en morceaux. La 
quantité proportionnelle de ce minéral, avec 
1 or qu'on veut affiner, est d'une once et de- 
mie, ou deux onces pour l'or à vingt-deux 
carats ; de trois onces s'il n'est à vingt ca- 
rats, et de cinqà six onces s'il est depuis 
dix-huit carats jusqu'à douze, qui est ce 
qu'on appelle de l'or bas. En ce dernier cas, 
on partage le sublimé en deux, on en met 
une moitié à plusieurs fois avec l'or dans un 
creuset neuf, ce qui, quand l'opération est 
achevée, rend l'or à dix-huit ou vingt ca- 
rats, suivant le Utre où il était ; après quoi 
on le pousse au feu, ainsi qu'il suit. Le su- 
blimé concassé ayant été mis dans le creuset 
avec l'or en bain, on couvre le creuset aussi- 
tôt pour étouffer le minéral, après quoi 
on le charge de charbon, et la chape 
se met au fourneau. Un quart d'heure après 
on lève la chape, on découvre le creuset et 
on évente l'or, c'est-à-dire, qu'on écarte 
toute la crasse et la poussière qui peuvent 
être sur le bain, en le soufflant avec un 
soufflet dont le tuyau est courbé, ce qu'on 
réitère autant de fois qu'il est nécessaire, 
et jusqu'à ce que toute l'impureté de l'or 
étant chassée par la vertu du sublimé,il pa- 
raisse d'une couleur claire et * éclatante : 
alors on relire le creuset et l'on jette l'or en 



57 



AFV 



DICTIONNAIRE DE NOMiSMATlQUE. 



AFF 



58 



lingot. L'affinage par le sublimé est plus 
beau et de moindre dépense que raffinage à 
l'antimoine; mais tous deux sont presque 
également dangereux à cause de leurs va- 
peurs sulfureuses et arsenicales: la seule 
différence qui se trouve dans leur malignité 
consistant en ce que le poison de l'anti- 
moine est plus lenty et celui du sublimé plus 
prompt. (A.) 

Affinage de l'argent. On affine les ma- 
tières d'argent dans une grande coupelle que 
Ton met dans un fourneau cou vert d'un cha- 
piteau de carreaux ou de briaues pour dé- 
terminer la flamme è réverbérer sur les ma- 
tières, ce qu'on appelle feu de réverbère : 
on chauffe ce fourneau par un grand feu de 
bois, et on met du plomb dans la coupelle 
à proportion de la quantité et de la qualité 
des matières à affiner. On emploie plus ou 
moins de plomb, selon que l'argent que l'on 
veut coupeller est soupçonné d'avoir*plus ou 
moins d'alliage. Pour savoir la quantité de 
plomb qu'on doit employer, ou met une 
petite partie d'argent avec deux parties 
de plomb dans la coupelle, et si le bouton 
d'argent n'est pas bien net, on y ajoute peu 
à peu du plomb jusqu'à ce qu'on en ait mis 
suffisamment ; ensuite on suppute la quan- 
tité de plomb qu'on y a employé, et on sait 
combien il en faut pour aifiner l'argent. On 
laisse fondre le plomb avant de mettre l'ar- 
gent, il faut même que la litharge qui se 
forme sur le plomb fondu soit aussi fondue : 
c'est ce qu'on appelle, en termes d'art, le 
plomb découvert ou en nappe. Si on y met- 
tait l'arsent plus tôt, on risquerait de faire 
sauter de la matière : si au contraire on tar- 
dait plus qu'il ne faut pour que le plomb 
soit découvert, on gâterait l'opération, par- 
ce que le plomb serait trop diminué par la 
calcination. Le plomb étant découvert, on y 
met l'argent qu'on enveloppe plus volon- 
tiers dans une lame de plomb que dans une 
feuille de papier, pouvant arriver que le pa- 
pier s'arrête à la coupelle. L'argent, dans la 
coupelle, se fond et tourne de bas en haut et 
de naut en bas, formant des globules qui 
grossissent de plus en plus à mesure que la 
masse diminue; et enfm ces globules, que 
quelques-uns nomment fleurs, diminuent en 
nombre, et deviennent si gros qu'ils se ré- 
duisent à un seul qui couvre toute la matière, 
en faisant une corruscation ou éclair, et 
reste immobile. Lorsque l'argent est dans 
cet état, on dit qu'il fait l'opale, et pendant 
ce temps il parait tourner ; enfin on ne le 
voit plus remuer, il parait rouge, il blanchit 
peu a peu, et on a de la peine à le distin- 
guerde la coupelle. Dans cet état il ne tourne 
plus : si on le tire trop vite pendant qu'il 
tourne encore, l'air le saisissant le fait vé^ 
géteTf ce qu'on appelait autrefois vetsir^ et 
il se met en spirale, ou en masse hérissée, 
et quelquefois il en sort de la coupelle. 11 y 
a quelque différence entre la façon de coupeller 
en petit, et celle de coupeller en grand : lors- 
qu on coupelle en grand, on souffle sur la 
coupell6«pendant que l'argent tourne: pour 
le dégager de la litharge, ou présente è la 



lithai^e un écoulement, en pratiquant une 
échancrure au bord de la coupelle, et on 
retire la litharge avec un râteau: ce qui fait 
que lorsque l'ouvrier ne travaille pas bien, 
on trouve du plomb dans la litharge, et 
quelquefois de l'argent ; ce qui n'arrive pas, 
et ce qu'on ne fait pas lorsqu'on coupelle 
en petit; il faut dans cette opération comp- 
ter sur seize parties de plomb pour chaque 
partie d'alliage en argent bas. L'affinage au 
salpêtre se fait dans un fourneau à vent. 
L'argent qu'on veut afQner ayant été réduit 
en grenailles, c'est-à-dire, en grains de la 
grosseur d'un petit ppis, en le versant lors- 
qu'il est en bain et bien brassé dans un vase 
rempli d'eau commune, on le fait recuire 
dans un bouilloir: ensuite on en charge un 
creuset en y mettant autant de deux onces 
de salpêtre qu'il y a de marc d'argent à affi- 
ner, Si l'argent n'est au-dessous de dix de- 
niers, vingt grains, en augmentant d'une 
once de salpêtre par chaque marc qui se 
trouverait d'un denier plus bas, et ainsi à 
proportion: après quoi le creuset se couvre 
d'un couvercle de terre en forme de dôme 
qu'on lute exactement; ce couvercle néan- 
moins doit avoir une petite ouverture dans 
le milieu, et plus on est obligé de mettre de 
salpêtre, moins il faut emplir le creuset, à 
cause de la détonation du salpêtre qui 
pourrait faire sauter le couvercle et empor- 
ter de l'argent. Le creuset ayant été mis au 
fourneau, et chargé de charbon qu'on n'al- 
lume que par degrés afin que le creuset se 
recuise doucement, on lui donne enfin le feu 
assez vif pour mettre le métal en parfaite 
fusion, ce qu'on renouvelle trois fois de 
suite de quart d'heure en quart d'heure, ce 
qui s'appelle donner trois feux. Quand le 
troisième feu est passé on découvre le four- 
neau, et Ton y laisse refroidir le creuset 
qu'on casse pour en retirer l'argent qui s'y 
trouve rassemblé en un culot dont le 
fond est d'argent très-fin, et le dessus est 
mêlé des crasses du salpêtre, de l'alliage de 
l'argent, et même de quelque portion d'ar- 
gent fin. Lorsque le culot est dégagé des 
crasses, on le remet fondre dans un nouveau 
creuset, où quand il est en bain on jette du 
charbon noirréduiten poudre, qu'on brasse 
fortement avec le métal : le creuset ayant élié 
recouvert et le fourneau chargé de cnarbon, 
on lui donne un second feu, après lequel on 
évente l'argent, c'est-à-dire, on en chasse, 
avec un soufflet, la poussière et la crasse 
qui sont sur le bain, jusiju'à cequ'il paraisse 
aussi clair qu'une glace de miroir, et alors 
on y jette une once de salpêtre ou du borax 
en morceaux, on peut même les mêler moi- 
tié par moitié. Enfin le creuset ayant été re- 
couvert, on lui donne un dernier feu, après 
quoi on le jette en lingot, qui se trouve au 
moins au titre de onze deniers dix-huit 
grains. Pour retirer l'argent qui peut être 
resté dans les crasses, on les pile et on en 
fait les laviires. (A.) 

Affinage du cuivre. Cet affinage se fait 
par plusieurs lotions que l'bn donne à la 
matière minérale avant de la fondre» et en- 



59 



AFF 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



AGD 



60 



suite par plusieurs autres fontes réitérées. 

Affinigb de l'étain. L'affinage de l'étain 
se fait à peu près comme celui du cuivre ; 
cependant on peut distinguer deux sortes de 
fin dans ce métal : le premier est celui qui 
Tient de sa fusion, Télain que Ton tire le 
premier des chaudières où les. étamiers le 
fondent, étant toujours le meilleur, et beau- 
coup plus purifié que celuiqui reste au fond; 
râutre degré de fin est celui qu'on lui donne en 
y ajoutant quelque autre métal, ou quelque 
minéral pour le rendre plus sonnant et plus 
brillant, comme l'on fait à l'étain d'anti- 
moine, à l'étain planné, et è l'étain son- 
nant. 

Affinage du fer. L'affinage du fer com- 
mence aussi par la fonte. Plus la mine est 
en fusion, plus le fer est épuré. Mais cette 

«crémière fonte ne suffit pas. Pour que le 
ér soit malléable et qu'il souffre la lime, 
il faut le remettre une seconde fois à la fon- 
derie, et après l'avoir longtemps battu avec 
un gros marteau que l'eau fait mouvoir, il 
faut le passer à la chaufferie, et ensuite le ré- 
duire sur l'enclume en barres de diverses 
grosseurs. Plus le fer se met au feu et plus 
on le bat, soit à chaud, soit à froid, plus il 
prend le degré de finesse. 

Affinage du plomb. L'afflnage du plomb 
se fait comme celui de la plupart des autres 
métaux les moins parfaits, en le mettantsou- 
yent en fusion, en l'écumant avant qu'il soit 
refroidi, et en y jetant du suif, ou autres 
matières grasses. On fait aussi un essai de 
plomb, non pour l'affiner, mais pour savoir 
s'il est pur et sans mélange d'autre métal. 

Affiner l'oe ou l'argent, c'est purifier 
ces métaux des autres métaux qui. peuvent 
leur être unis, en les séparant entièrement 
de leurs alliages, et par cette opération les 
rendent plus purs. 

Affineur est l'artiste qui affine, L'affinage 
des matières d'or et d'argent, avant la créa- 
tion des aifineurs en titre (1) était un art 
exercé par des maîtres qui étaient reçus par 
lettres et chef-d'œuvre. Cet art a toujours 
é|é considéré comme une dépendance immé- 
diate des monnaies. Les rois ont pourvu par 
leurs ordonnances à ce qu'il ne se pût faire 
que dans les hôtels des monnaies, à la vue et 
sous l'inspection des officiers des monnaies : 
ils ont même limité le nombre de personnes 
qui pourraient exercer cet art, et n'ont rien 
omis de tout ce qui pouvait le maintenir dans 
la pureté; mais le luxe augmentant de jour en 
jour, la consommation des matières d'or et 
d'argent augmenta de môme le prix des lin- 
gots affinés, de sorte que les ouvriers qui 
emploient ces matières à la fabrication des 
étoffes d'or et d'argent et autres ouvrages, se 
^ont vus à la discrétion des affineurs, au grand 
préjudice et dépérissement des manufactures 
du royaume ; ce qui a donné lieu à plusieurs 
autres abus, à quoi Louis XV, ayant voulu 

(pourvoir, résolut, pour maintenir la pureté, 
'exactitude et la règle dans les affinages , 

(i) Cette création a été faite en lG9i pour la ville 
de Lyon, en 1693 pour celle de Paris. 



de fixer le nombre des affineurs et dépar- 
teurs d'or et d'argent, qui pourraient exer- 
cer cet art dans le royaume, de régler la 
manière en laquelle ils pourraient travailler 
aux affinages et départs, et le prix des lin- 
gots affinés. C'est ce que prescrit la déclara- 
tion du 25 octobre 1689. (A.) 

Affineurs de Lyon. Au mois de décem- 
bre 1760, Louis XY supprima, par édit de 
ce mois, les offices d'affineurs a'or et d'ar- 
gent, créés pour la ville de Lyon par édit du 
mois d'août 1757, et attribua les fonctions 
de ces offices à la communauté des maîtres 
et marchands tireurs d'or de cette ville, aux 
conditions énoncées dans les édits et décla- 
rations pour l'affinage des matières d'or et 
d'argent, et en payant aux propriétaires de 
ces offices une rente du même produit, con- 
formément à la faculté que Sa Majesté s'est 
réservée de rentrer daias la jouissance du 
privilège. (A.) 

AGAPET II , pape de l'an 9hê à l'an 955 

{Monnaies d'). 

N* 1. Argent. Au centre Teffigie du pape 
tenant une clef et une croix. Autour, en lé- 
gende, -|- AGiprrus. PA. 

4. Au centre le monogramme de Albe* 
ficus, Albéric, fils d'Adalbert et de Harozie. 
Autour : -f- ses. petrus. 

N** 2. Argent. Au centre le monogramme 
d^AgapUus ? ; autour -f alberigus. 

i). L'effigie du pape, ou de saint Pierre ; 
autour : ses. petrus. 

Décrits par Vignoli, Antiquiores Denarii^ 
pag. 71, 

AGD£ (Du droit de battre monnaie des 
évéques d'). Notice par Duby, Monnaies des 
barons. et des prélats j t. II, p. 226. 

AoDE, Agatha^ ville de France dans le 
Languedoc , autrefois colonie des Marseil- 
lais avec un évèché suffragant de Narbonne. 
On croit que son premier évêque fut saint 
Yenasle, qui mourut en M5. 

Cette ville est située sur la rivière d'Hé- 
rault, à sept lieues nord de Narbonne, et à 
cent cinquante-neuf sud-est de Paris. 

Le pape Clément IV écrivit , en 1266, à 
l'évoque de Maguelone, pour se plaindre de 
ce qu'il avait fait frapper une monnaie 
étrangère avec le nom ae Mahomet. 

Ce pontife lui marauait dans sa lettre, aue 
s'il s'était informé a son vénérable frère 
l'évoque d'Agde (ce devait être alors Pierre 
Raymond Fabri), il aurait su de lui qu'ayant 
été engagé d'en faire autant, Sa Sainteté, qui 
n'était point encore élevée sur la chaire 
pontificale, l'en avait détourné. 

L*évêque d'Agde, en marquant ainsi sa 
monnaie, avait sans doute pour motif, ainsi 
que l'évoque de Maguelone d'en faciliter le 
cours dans les pays occupés par les Maures. 
Quoi qu'il en soit, on peut avec Hautesêrre 
(Duc. et comit. Pr.^ cap. 5, pag. 141), in- 
rérer de cette anecdote , que les évoques 
d'Agde avaient droit de battre de la monnaie 
de billon, en conservant le titre et le poi^s 
prescrits par les ordonnances. 

Toy. aussi le Trésor des anecdotes A^VLax^ 



61 



ÂIG 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



AJU 



62 



tène, tom. II, col. 40&, et le Glossaire de 
Ducange, 9^60 Moneta. 

AGEN (Du droit de battre monnaie des 
évéques d'). Notice par Duby, Monnaie des 
barons et des prélats t. H, p. ^7 (1). 

Agbn, AgennOf Aginnum, Àgennum Nitio- 
brigum, ville de France, capitale de l'Age- 
nais dans la Guyenne, arec un évôché suf- 
fragant de Bordeaux, située sur la Garonne, 
à sept lieues nord- est de«Condom et à cent 
trente-six sud-ouest de Paris. 

Saint Gapraix, son premier évéque, fut 
martyrisé vers Tan 287. 

Gombaud de Gascogne, fils de Sanche- 
Garcie, comte ou duc de Gascogne succes- 
sivement abbé de Saint-Pierre de Gondom, 
évoque d^Agen, puis archevêque de Bor- 
deaux en 992, est le premier évéque d'Agen 
qui ait pris la qualité de comte de cette ville ; 
et l'on croit qu*il annexa à la disnité d*é- 
vèque ]« comté oui lui était écnu de la 
succession de Sancne-Garcie son père. 

C'est de ce prélat que les évoques d'Agen 
tiennent le droit de battre monnaie. 

Arnaud de Rovinian, évèque d'Agen for- 
ma le 18 avril 1217, un accord avec Simon 
de Montfort, duc de Narbonne et comte de 
Toulouse, et s'engagea de tenir de«lui eu 
ûef sa monnaie, à la charge par ce comte de 
défendre son église. 

Celte convention fut renouvelée entre le 
même prélat et le comte Raymond VU, en 
122i, sans doute peu de tem[)s après l'aban- 
don qu'Âmaury de Montfort tit vers la même 
année de ses prétentions héréditaires sur le 
comté de Toulouse. 

Raoul de Pinis ou de Peyrinis, évéque 
d^Agen, se trouva à une assemblée tenue 
à la maison de ville en 1333, à la requête 
des barons et du reste de la noblesse, et il 
y.promit de ne rien innover dans la mon- 
naie frappée par Arnaud, et nomra'^e vul- 
gairement Arnaudenque. Yoy. le Glossaire 
de Ducange, et le Gallia Christiana, 

AIGNEL, ou denier d'or à Taignel, monnaie 
d'or fabriquée sous le règne de Louis VU, 
au titre de vingt-trois carats, du poids de 
trois gros et demi. Saint Louis en fit aussi 
fabriquer qui était d'or fin, du poids de trois 
deniers cinq grains trébuchants, et valait 
douze sols six deniers tournois; ces sols 
étaient d'argent fin, et pesaient environ 
autant que Taignel : de sorte que i'aignel 
valait de notre monnaie courante dix livres 
dix sols cinq deniers. Cette espèce prit son 
non) de son empreinte, qui représentait un 
mouton ou aignei, comme on parlait en ce 
tompsy qui était marqué sur l'un de ses 
côtés. 

Philippe le Bel, Louis le Uutin, Philippe 
le Long et Charles le Bel, firent fabriquer 
des aigncls d'or de même poids et au même 
titre que ceux de saint Louis; ceux que le 
roi Jean fit faire étaient, de même, d'or fin, 
mais ils étaient plus pesants environ de dix à 

(1) Voyez quelques autres détails sur les monnaies 
d^Agen dans les additions à Duby, tome I" du pro> 
pre traité de Duby 0. lxv, S Corrections ei Additions, 



douze grains que ceux de ses prédécesseurs, 

Imisqu ils pesaient trois deniers seize grains 
a pièce. 

Charles VI et Charles VII en firent aussi 
fabriauer qui ne pesaient que deux deniers, 
et n'étaient pas a'or fin. 

Voy. au mot Monnaie, les différents titres 
de ces espèces sous les règnes de ces rois. 

On voit, par ce que nous venons de dire, 
que les aignels a'or, qu'on nomma aussi 
moutons d'or à la grande laine, et quelque* 
fois moutons d*or à la petite laine, ont eu 
cours en France pendant près de deux cents 
ans. Cette espèce a été non-seulementjort 
célèbre en France, mais même dans les au- 
tres Etats; et les princes voisins de la France, 
à l'imitation de nos rois, firent faire des 
espèces auxquelles ils donnèrent le nom de 
mouton d'or. Le poids et le titre de cette 
monnaie ayant été fixés jusqu'à Charles VI, 
les Français et les étrangers aimaient fort 
à contracter à cette monnaie; on trouve à 
tous moments dans les titres et dans les 
contrats de ces teinps éloignés, mutones 
aurei, (A.) 

AJUSTER les flaons, c'est les couper, les 
limer pour leur donner le juste poids qu'ils 
doivent avoir quand ils sont trop pesants, 
et les rejeter quand ils sont trop légers. Le 
prévôt des sgusteurs leur distribue les flaons 
ae même qu'aux tailleresses pour les ajuster 
au poids que doivent avoir les espèces : ils 
se servent à cet effet de certains poids, ap- 
pelés dénéraux, pour les peser, et de limes 
en manière de râpe, formées de cannelures 
par angles entrants et sortants, appelées es- 
couennes, pour limer les plus pesants jus- 
qu'à ce qu'ils soient coniormes aux déné- 
raux, c'est ce qu'on appelle, ajuster la 
brève. (A.) 

Ajuster carreaux, termes dont on se 
servait quand le monnayage au marteaux 
étaitenusage; c'était couper avec des cisoires, 
ou cisailles, les angles des* carreaux, ou 
pièces de métal carrées dont on devait fabri- 
quer les espèces. Celui (2) çiui faisait cet 
ajustement ou approche, était assis sur un 
siège plus haut q^ue les sièges ordinaires; 
il avait devant lui une petite table carrée 
sur laquelle était posée une lanterne, dans 
cette lanterne étaient suspendues en l'air à 
une guindole de petites balances fines, gar- 
nies de leurs bassins : dans le bassin qui 
répondait à sa main droite , et soutenu de 
la planchette de la guindole, était un dénéral 
juste, du poids du carreau qu'il voulail 
ajuster; le bassin qui répondait à sa main 
gauche était vide ; de celte main il prenait 
un des carreaux taillés, duquel il essavait 
le poids : s'il le trouvait plus pesant, il- en 
était sur les pointes et sur les cornes, et 
cela s'appelait approcher le carreau, S'H en 
fallait ôter moins, il l'utait pareillement avec 
les cisoires, et ce moins s'appelait rebaisser,, 
répétant tant de fois cet approcher et ce^ 
rebaisser aue le carreau revenait au poida 
juste du aénéral. Cette façon d'ajuster oit 

(i) H. Poulain, p. 522. 



ALB 



MCnOXtAIRE DE MUISMATIQUE. 



ALE 



64 



d*approdier carreaax, était une fonction 
partieuJière des filles des ourriers et mon- 
oajers, que Ton nomme taiiieresses. (A.) 

AJUSTEUR, est celui qui ajuste les 
flaons et les met au juste poids que doivent 
avoir les espèces/ en limant ceux qui sont 
trop pesants et rejetant ceux qui sont trop 
légers. Les flaons sont mis entre les mains 
des ajusteurs pour les faire ajuster, après 
quoi lis sont remis par leur prév6t au direc- 
teur de la monnaie avec ceux qui ont été 
rebutés comme faibles, ou trop forts, avec les 
limailles : le tout poids pour poids comme 
il s'en était charge, ce qui s'appelle rendre 
la brève. Le directeur paye dans la suite à 
ce prévôt deux sols par marc d*or, et un sol 
par marc d*dr]gent, pour être distribué à 
ceux qui ont ajusté la brève. (A.} 

AJUSTOIR. Espèce de petite balance dont 
on SK sert pour peser et ajuster les monnaies 
avant que de les frapper : c'est avec Tajus- 
toir que l'on juge si les flaons ont trop ou 
trop peu de poids, ou en terme de mon- 
na jeur, s'ils sont trop forts ou trop faibles : 
Voy. Monnayage, 

ALBERTUS, monnaie d'or frappée en Flan- 
dre pendant le gouvernement a'Alberi^ ar- 
chiduc d'Autriche. L'Albertus est du poids de 
quatre deniers, au titre de vingt-un carats, 
vingt -quatre trente -deuxièmes, sa valeur 
est de quatorze livres onze sols sept deniers 
de France, où néanmoins il n'est reçu qu'au 
marc dans les Hôtels des Monnaies, sur le 
pied de quatre cent quatre-vingt-deux livres 
quatre sols trois deniers, pour j être fondu 
et converti en espèces aux coms et armes 
de Sa Majesté. (A.) 

ALBI {Des monnaies des évêques d'). Notice 

i>ar Duby, Monnaies des barons et des pré" 
ats, t. Il, p. 228. 

Albi, Âlhia^ Albiga^ ville de France dans 
le haut Languedoc, capitale de l'Albigeois, 
située sur le Tarn, à quinze lieues nord-est 
de Toulouse, et à cent quarante sud de 
Paris. Saint Clair, son premier évêque, vivait 
au nv ou IV* siècle. 

L'évèché d'AIbi fut érigé en archevêché 
en 1676, par Innocent XI, à l'instance de 
Louis XI y, qui y nomma Hyacinthe Serroni, 
gentilhomme romain. 

Pons, (ils aîné de Guillaume Taillefer, 
comte de Toulouse, épousa en 1637 Majore, 
de la maison des comtes de Carcassonne ou 
de Foix ; il lui assigna pour douaire l'évéché 
(c'est-à-dire le droit d'y nommer), et la 
ville d'AIbi avec la monnaie (c^est-ànlire, 
ainsi que l'explique Ducange, le droit d'y 
battre monnaie, ou les émoluments de la 
monnaie qui s'y fabriquait) et le marché. 

Raymond VU, comte de Toulouse, Duran 
ou Durand, évéque d*Albi, et Sicard d'Ala- 
man, transigèrent ensemble au mois de juin 
1248, sur le droit de battre monnaie; ils 
convinrent que la monnaie serait fabriquée 
au château neuf de Bonafos, qu'elle aurait 
cours dans les diocèses d'AIbi; de Rodez et 



de Castres, et que chacun d'eux aurait un tiers 
du profit. 

Le roi permit en 1278, au maître de la 
monnaie oe Tévèque d'AIbi, alors Reroard 
de Castanet, de uJre des petits tournois 
et des oboles toumoises, à la charge par 
lui de payer trente livres à Sa Majesté, et 
pareille somme à l'évèque sur chaque 
gros millier dont le poids serait de 1125 
marcs. 

La même année, ce prélat vendit au roi 
son droit de battre monnaie ; mais vraisem- 
blablement il le recouvra, ou il ne le vendit 
qu'en partie, puisque vers 1305 il fut du 
nombre des prélats et des t>arons jouissant 
du droit de battre monnaie, que le roi Phi- 
lippe IV voulut consulter pour la réforma- 
tion des abus de la monnaie. 

La monnaie des évëques d*Albi était ap- 
pelée raimondine. J'ignore Torigine de cette 
dénomination; on ne connaît point d'évéque 
d'AIbi du nom de Raimond; peut-être cette 
monnaie fut-elle appelée ainsi en vertu d'une 
convention entre les comtes de Toulouse et 
les évoques d'AIbi. 

Les derniers raimondins d'AIbi étaient, en 
1278, au titre de quatre deniers moins une 
pite,à la taille de 18 sous 8 deniers au marc. 
Ils vaudraient, de notre monnaie actuelle, 
1 sou 6 deniers et demi. 

Yoy. Ducange; le GalliaChristiana; Y His- 
toire de Languedoc de Doms de Vie et Vais- 
sette; le Mémoire Ae Saint- Vincent, et le 
Manuscrit de Bét hune, à la Ribliothèque na- 
tionale, côté 9421, page 496. 

ALEXANDRE II [Sceau du pape). Voy. Tar- 
ticle général Scbau, n* 5. 

ALEXANDRE VI ( Rodhigub Rohgia de 
Lb!izoli), pape en 1492 (Monnaies et médail- 
les d'). 

I. MÉDAILLES. 

N* 1. ALESSANDRO VI PONTeficb MAX- 
IMO, Alexandre 71^ souverain pontife. Buste à 
gauche d'Alexandre VI, tête nue, et vêtu 
• comme les précédents. 

il.RODERICO LENZVOLA detto-BOR- 
GlA soMMO PO!«TEFiCB M. CD. XCil. Rodri^ 
gue Lenzuola, dit Borgia, souverain pontife^ 
1492. Un écusson aux armes de la maison 
Borgia, surmonté des clefs et do la tiare. 

Trésor denumism.j p. 5. 

N*. 2. ALEXANDER VI PONTifbx MAX- 
mus, Alexandre VI, souverain pontife. 

H. Ce revers représente la cérémonie du 
couronnement du pape Alexandre VI. Le per- 
sonnage qui pose la tiare sur la tête du nou- 
veau Pontife est François Piceolomini de 
Sienne, archidiacre du saint-siége. Exergue : 
CORON AT : // couronne. 

Trésor de numism.^ p. 5. 

II. Monnaies. 

Voyez les observations que nous avons 
faites à l'article Paul II, et a l'article géné- 
ral Monnaies des papes. Les premiers dou- 
bles de l'écu d'or ont été frappes sous ce pon- 
tife. 



il£ UCTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. ALE 

ALEXANDRE VU {Fabio Chici), papo de 16M h 16fi7. fMédailles de) 




N* 1. ALEXANDER VU, Pontifex Maxi- 
«TS PIVS IVSTVS OPTiMvs SENENsi PATRi- 
TU GENTE CHISiVS, 1659. 

Alexandre ¥11, touverain ponlifr, pieux, 
juste, tris'bon, de la famille patricienne Chigi 
de Sienne. Buste à gauche d'Alexandre Vil, 
barbu, )a tête couverte de la calotte, porlaut 
le camail at par-dessus l'étole. 

1^. JtfVNIFICO PRINCIPI DOMINICVS JA- 
COBATIVS. Dominique Giacobazzi, au ma- 

fiifique prince. Au bas et dont un rouleau : 
T FERA UEMOR BENEFICll. La béu sau- 
tage elle-même se souvient du bienfait. Un 
gladiateur (l'esclave AodroclèsUlans l'arène, 
aqui UD Uod lèche les pieds. Dans le fond, 
le peuple témoigne son admiration. (Médaille 
frappée en l'honneur d'Alexandre Vil par 
un particulier, Dominique Giacobazzi, qu'il 
avait comblé de bienfaits.) 

Très, de \umism., p. 32, Jtf. des P. 
N* 2. ALEXiBDEB VII PONTiFEX MAXi- 
■TS An!»o IV. Alexandre YII, souverain pon- 
tife. Van ï' de son rfgne. Buste à gauche 
d Alexandre VII, barbu, en calotte, couvert 
du camail, et par-dessus portant l'étole. 

■;. DIVO NICOLAS MVR^ EPISCopo. -4 
âaint Nicolas, évtque delHyre. Vue de l'église 
Saint-Nicolas, b£tie par Alexandre VU. A 
l'exergue : CASTRl GAUDvlphi MDCLIX. 
A Castel-Gaudoifo, 1659. 

Très, de Ifumism., p. 32, M. des P. 
ALEXiKDER VII PONTiFBX M AXjmvs Anno 
V. Alexandre ¥11, souverain pontife, l'an 5* 
de son règne. Buste à droite d'Alexandre Vil, 
barbu, coilTé de la calotte, portant le camail 
et l'étole. 

H. THOM^ ARCHiEPiscopo VALENTi* 
INTER SANCtos RELATO. A Thomas, arche- 
vêque de Yalence, mis au nombre des saints. 
Vue de l'église de Saint-Thomas du cdté de 
Castel-Gaudoifo. A l'exergue : MDCLIX, 
1659. 

Trét. de Numism., p. 32, M. des P. 
N*(. AlexandbrVII pontifexhaxiuvs anho 
XII. Alexandre VII, souverain pontife, l'an 
13* de son règne. Buste à gauche d'Alexan- 
dre VII, t>arbu, couvert de la tiare et des ha- 
bits pontiûcaui. 

H. VIRGINIS jEDE et PAVLI HOSPITIO 
EXORNATIS. Décoration de l'église Sainte- 
Marie et de 1 hôpital Saint-Paul- Vue de l'é- 



glise Sainte-Marie, in Via Lala. A l'exergue : 

Trii. de Numism., p. 33, Sf. det P. 

N* 5. Même droit que le précédent. 

à. IMMACVLAT^E VIHOÏNI VOtom. Fau 
d la Vierge imnaculée. Façade de 1 église de 
Santa Maria inporlico m Camptlellt. A le- 
xerttUB : ROM*. ,^ „ , 

(Eu 1656 Alexandre VU Gt replacer i Santa- 
Maria in Portico l'image miraculeuse que 
Paul II avait fait transporter dans la chapelle 
de Saint-Marc.) «« « -» d 

Très, de Numism., p. 33, M. des P. 

N- 6. Même droit encore. 

a. PROCIDAMVS ET ADOREMVS IN SPI- 
RITV et VERITATE. Protternons-noui et 
adorons en esprit et en vérité. Le Saint-Père, 
en chape, et agenouillé devant un pne- 
Dieu tenant dans ses mains le corps de Jésus- 
Christ, est portée en procession, sous un 
dais, entouré des cardinaux milrés et de 
tout son clergé ; à droite et h gauche, deux 
grands éventails en plumes de paon, portés 
par des clercs. (Frappée à I occasion de la 
téte-Dieu 1655). ^ „ . „ 

Très. deNumtsnt., p. 33. 

" ^DIBVS OECONOMIA ET DISCIPLINA 
RïSTITVTlS. Restaurés par l'économie et 
l'ordre. Vue de l'hôpital du Saint-Esprit, sur 
lequel on voit planer le Saint-Espnl, sous la 
forme d'une colombe entourée de nuages et 
de rayons lumineux. 

Très, de Numtsm., p. 33. 
N°8. Môme droit encore. 
A PRIMA SEDES FlDEl REGVLA ECCLE- 
SIJE FVNDAMENTVM. Premier siège, règle 
de la foi, fondement de l'Eglise. Vue de la 
chaire de Saint-Pierre, soutenue par quatre 
docteurs de l'Eglise ; deux anges, tenant cha- 
cun une clef, le couronnement de la tiare, 
d(tux autres eu adoration devant le Saint- 
Esprit qui domine, entouré de rayons lumi- 
neux. 

{ Alexandre VU, 0t enfermer dans une 

chaire de bronze, la chaire où saint Pierre 

avait prêché et qui est conservée derrière le 

arand autel, à la basilique de Saint-Pierre. 

Très, de Numism., p. 33, M. des P. 

ti' 9. Même droit encore. ,„,^ 

i^FVNDAMENTA EIVS IN M0NTIDV9 



61 



ALE 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



ALE 



68 



SANCTIS. Ses fondations sont sur les saintes 
montagyies. *Vue de Saint-Pierre et de la 
double colonnade. A l'exergue : VAÏlCANI 
TEMPLI AREA PORTICIBVS ORNATA. 
Place de la basilique de Saint-Pierre ornée de 

portiques. 

(C*esl Alexandre VII, qui a fait construire 
le fameux portique de Saint-Pierre.) 

Très, derfumism.., p. 33. 

N* 10. Môme droit qu'aux n*« précédents, 
mais avec la date de anno vu, Tan 7' 

1^ FVNDAMENTA EIVS IN MONTIBVS 
SANCTIS. Ses fondations sont sur les monta^ 
mes saintes. Vue latérale de la colonnade de 
Saint-Pierre. Au-dessus, sur un volume dé- 
ployé, le plan de cette basilique et de sa co- 
lonnade. 

Très, de Numism.^ p. 33. 

N* 11. VATICANl TEMPLI AREA PORTI- 
CIBVS ORNATA. ALEXandro VII Ponti- 
Fici Maximo. Basilique de Saint-Pierre ornée 
de portiques : Alexandre VII, étant souverain 
pontife. Buste à droite d'Alexandre VII, 
barbu, portant la calotte et revêtu du camail. 
Sous les vêtements : 1661. 

i^ Suget semblable à celui du n^ 9, mais d'un 
plus grand module. La légende se trouve 
placée à l'exergue, sur un rouleau. 

Très, de Numism,, p. 33. M. des P. 

N« 12. ALEXANDER VII Pontifex Maxi- 
MV8 PIVS IVSTVS OPtimvs SENENsis PA- 
TRItia GENTE CHISIVS MDCLIX. Alexan- 
dre Yllf souverain pontife, pieux, juste, très- 
bon, delà famille patricienne Chigi, deSiennCy 
1659. Buste à gauche d'Alexandre VII, barbu, 
en calotte, portant le camail, et par-dessus 
rétole. 

NAVALE CENTVMCELLarvm. Port de 
Civita-'Vecchia. Vuô d'une partie de la ville, 
des fortiQcations et du port de Civita-Vec- 
chia, dans lequel on apergoit plusieurs ga- 
lères. 

Très, de Numism.y p. 33. 

N° 13. Même droit qu'au n^ h et aux sui- 
vantes, mais d'un plus petit module. 

ALEXANder VII PONtifex MAXimvs 
FAMIli js PONTiFiciiB COMMODo ET PAL A- 
TII QVIRINALIS ORNAMento ANno SALv- 
Tis MDCLIX. Alexandre VU, pour la com- 
modité de la maison pontificale, et pour V or- 
nement du palais Quirinalf Van de grâce 1639. 
Vue latérale du Quirinal. A l'exergue : 
ROMAî. 

Très, de Numism., p. 33. 

N° ik. Droit comme au n** 13. 

OMNIS SAPIENTIA A DOMINO. Toute sa- 

Îesse vient de Dieu. Vue intérieure du collège 
6 la Sapienza ou Gvmnase romain. A 
l'exergue : MDCLX, 1660. 

(Alexandre VU ajouta une église au col- 
lège de la Sapienza et enrichit sa bibliothèque.) 

Très, de Numism.^ p. 33. 

N** 15. Droit comme au n"" 13. 

REGIA AB AVLA AD DOMVMDEI. De la 
demeure du prince à celle de Dieu. Vue de la 
Scala Regia au Vatican, qui conduit du Va- 
tican à Saint-Pierre, élevée, sur les dessins 
du Bernin, par Alexandre VIL 

Très, de Numism,, p. 34. 



N' 16. ALEXANDER VII, Pontifex Mam- 
Mvs PIVS IVSTVS OPriMvs SENENsis PA- 
TRlTivs GENTE CHISIVS. MDCLXJII. 
Alexandre VJI, souverain pontife, pieux, 
juste, très-bon, de la famille praticienne Chigi 
de Sienne. 1663. Buste à droite d'Alexan- 
dre Vil, barbu, en habits pontiGcaux, cou- 
vert de la tiare et levant la main pour don- 
ner la bénédiction. La légende est terminée 
par une étoile. 

^ NOBILIVS PER TE SITVS FLVAM IN- 
EXHAVSTVS. Plus magnifiquement placée 
par toi, je coulerai inépuisable. Vue du châ- 
teau-d'eau de Sainte-Marie m Trastevere^ 
restauré par Alexandre VU. 

Très, de Numism., p. 3^. M. des P. 

N- 17. ALEXANder VII, PONtifex MA- 
xiMYS Aï«NO IV. Alexandre VU, souverain 
pontife, Van k' de son règne. Buste à droite 
d'Alexandre VII, barbu, couvert de la calotte 
et en camail. Sous le bras : G. M. Gaspard 
Malo. 

1^ DA PACEM DOMINE IN DIEBVS NOS- 
TRIS. Seigneur, accordez-nous la paix en 
cette vie. Vue de l'église délia Pace^ restau- 
réepar Alexandre VIL 

Tirés, de Numism.^ p. 3i^. 

N- 18. ALEXANder Vil PONtifex MAxi- 
MVS Anno III. Alexandre YII, souverain pon- 
tife, Van 3* de son règne. Buste à gauche d'A« 
lexandre VII^ barbu, coiffé de la calotte, por- 
tant le camail, et par-dessus l'étolc. 

Cette médaille est sans revers. 

Très, de Numism., p. Sh. 

N* 19. Môme droit qu'au n* 20 suivant. 

1^ Sancto ANDREiE APOSTOLO. A saint 
André, apôtre. Façade de l'église Saint-An- 
dré de Rome. A l'exergue : ROM£. 

Très, de Numism.^ p. 3V, M. des P, 

N' 20. ALEXANder VII PONtifex MAxi- 
MVS Anno XL Alexandre VIF, souverain pon-^ 
tife. Van 11* de son règne. Buste à gauche 
d Alexandre VII, barbu, couvert de la calotte, 
en camail, et par-dessus l'élole. Sous les 
vêtements : MDCLXV. 

1^ BEATO FRANCISCO EPISCOPO INT.ER 
SANCTOS RELATO. Le bienheureux Fran- 
çois, évéque, mis au nombre des Saints. Le 
pape, assis sur son trône, revêtu des habits 
pontificaux et entouré des cardinaux mitres 
et de tous les grands dignitaires de l'Eglise, 
lit le décret de canonisation de saint Fran- 
çois de Sales. 

Très, de Numism., p. 34. 

N-21. ALEXANder VII PONtifex MAxi- 
MVs Anno III. Alexandre VII, souverain pon- 
tife. Van 3' de son règne. Buste à droite d'A- 
lexandre VII, barbu, la tète couverte de la 
calotte, et en habits pontificaux. Sous le 
bras : G. M. Gaspard malo. 

1^ VT VMBRA ILLIVS LIBERARENTVR. 
Afin que par son ombre ils en fussent délivrés. 
Un ange tenant d'une main un glaive et de 
l'autre une tète de mort, s'enfuit devant la 
basilique du Vatican, à l'ombre de laquelle 
gisent quelques pestiférés.; en l'air, saint 
Pierre étendant les mains sur eux. (Allusion 
à la peste qui ravageait Rome en 1656. ) 

Très, de Numism.^ p. 3i. 



«9 ALE 

N" 22. ALEXandkb V'II PONtifbx OPri- 
Mvs MAxiHvs. Alexandre VII, souverain pon- 
tife, trii-bon. Busle 6 eaucho d'Alexan- 
dre VH, barbu, coiffé de la calotte, portant 
le camail, et par-dessus l'étole. Sous les vê- 
tements : Anho VI, ('an 6' de son règne. 

^ NAVALE CENTVMCELLARVM. Port 
de CivUa-Vecehia. Vue d'une partie du port 
de Civita-Vecchia. 

Trit. de Numiim., M. des P. 

H" 23. ALEXiSDER Vil PONjrFEX MAxi- 
Mvs Anno VllI. Alexandre VU, souverain 
pontife. Van 8* de son règne. Busle à gauche 
d'Alexandre VII, couvert desliabits pontiû- 
caui et de la tiare. Sous les vètemeats : 
1662. 

i^ SAPIENTIA IN PLATEIS DAT VOCEM 
SVAM. La sagesse retentit dans les places pu- 
bliques. Vue de la place du Peuple et de l'o- 
bélisque Siite-Quînt ; à droite el à gauche, 
!es églises de Santa-Maria de' Miracolî et de 
Sanla-Maria di Monte-Santo. On aperçoit 
une grande quantité do promeneurs, A l'e- 
xergue : MDCLXII. ( Frappée à l'occasion 
de la construction des deux églises de S. 
Maria de' Miracoli et de Santa Maria di Mon- 
te Sanlo sur la place du Peuple. ) 

Tris, de Numism., p. 3k. 

N* 24. ALEXANDER VII PONtifkx MA- 
xiMvs ANso MDCLXII. Alexandre ¥11, sou- 
verain pontife, l'an 1662. Buste à gauche 
d'Alexandre Vu, barbu couvert des habits 

gontifieaui et de la tiare. Sous les vêtements. 
. F. T. 

ii QVJE VOVI REDDAM PRO SALVTE DO- 
tlViO. J'accomplirai le vau que j'ai (ait au 
Seigneur pour mon salul. Vue de l'église de 
Notre-Dame- de-la-Paii. Ronanni donne 
cette médaille, maisl'eiplication s'en trouve 
seulement dans l*" Trésor de Numismatique. 
Lorsque Alexandre eut dédié à Dieu l'église 
de Notre-Dame-de-la-Paix, la médaille en 
fut frappée sur le dessin de l'architecte; 
mais ces dessins ayant été changés, il n'y a 
plus aujourd'hui ressemblance entre la mé- 
daille et le monument. 

Trésor de Numiêmalique, p. 35. 
N* 25. Même droit qu'au n" 23. 
^ OSTENDIT DOMINVSMISERICORDIAM 
IN DOMOMATRIS èVM. Le Seigneur a mon- 
tré sa miséricorde dans la maison de sa mère. 
Vue de l'église de Notre-Dame-des Grâces, 
sur la place de Laricia. A l'exergue el dans 
un rouleau : ARICI^. A Laricia. ( Frappée 
en 1662, à l'occasion des embellissements 
dont Alexandre Vil enrichit Notre-Dame- 
des-Grâces. } 

Très, de ffamiim., p. 35, M. des P. 
N* 26. Môtne droit qu'au n° 23. 
i^ DILEXI DOMINE DECOREM DOMVS 
TVjE. {Psaume 25, v. 8.) Je me suis plu. Sei- 
gneur, à orner ta maison. Vue de l'église de 
Saint -Nicolas, in Castel Gaudolfo. A l'exer- 
gue : S : NICOLAO. A Saint-Nicolas. 
Très, de Numism., p. 35 
N- 27. ALEXANdeh VIIPONtifbx MAXi- 
Mvs AiïKO II. Alexandre V//, souverain pon- 
tife, ran 2' de son règne. Busle à droite d'A- 
lexandre VII, barbu, coiffé de la cololle et 



raCTIONNAntE'DE NUMSHATIQUE. 



ALE 



76 



Borlant le camail. Sous les vêtements : 
iDCLVI, GtSPARDvs. MoLo. ( Signature du 
graveur. ) 

H FELici FAVSxoQtE INGRESsTi. En mé- 
moire de l'entrée brillante el d'un heureux an- 
oure. La reine Christine entrante Rome par 
la porte du Peuple (eu 1656 ) : on distingue 
l'église de Sainle-Marie-du-PeupIc. 

Très, de ?fumism.,p. 35. 

N" 28. ALE\ANDER Vil PONtifex MAxi- 
MVs Anno VII. Alexandre VII, souverain 
pontife, l'an T de son règne. Buste à gauche 
d'Alexandre VII, barbu, la tiare en tète, re- 
vêtu des habits pontificaux sur les broderies 
desquels on voit Jésus portant sa croix. 
Sous les vêtements : 1662. 

i^ BENE FVNDATA DOMVS DOMINI. La 
maison du Seigneur est bien assise. Plus bas 
dans un rouleau : Beat* VIRGINI ARICI- 
HORVM PATBON.E. A la bienheureuse Marie 
patrone de Laricia. Vue deNolre-Dame-Ma- 
jeure, à Laricia, donl Alexandre VU posa la 
première pierre en 1662. 

Très, de Numism., p. 35, M. des P. 

ALEXANDRE VIII (Pierre OrrOBONi), 
né à Venise, pane de 1689 è 1691. ( JUé- 
daitte d' ), 




N'I. aLEXANdehVIII PONtifex Maxi- 

Hvs Aiïtco I. Alexandre VIII, souverain pon- 
tife, l'an I" de tonrègne. Buste adroite d'A- 
lexandre VllI, barbu, coiffé de la calotte et 
portant le camail et l'étole. Sous les vôte- 
"ments iHAMEBANVS. 

lï DOMINI EST ASSVMPTIO NOSTBA. 
L'exaltation du Seigneur est la nôtre. La 
chaire de saint Pierre; au-dessus, le Saint- 
Esprit radieux. 

Très, de Numism., p. 39. M. des P. 
N* 2. ALEXANder VIII PONtifex MAxi 
MVB. Alexandre VIII, souverainponlife. Buste 
à droite d'Alexandre VUl, barbu, couvert de 
la tiare el des hflbits pontificaux. Sous le 
bras : HAMERANVS. Fecit. 

4 MVNIT ET VNIT. Il unit et fortifie. Va 
globe moitié céleste, moitié terrestre, tra- 
versé par la bande zodiacale ( allusion à la 
bande qui se trouve dans le blason d'Alexan- 
dre VIII. Oitoboni, ) dont les armes sont: 
d'azur à la bande d'argent, au chef dor, 
chargé d'un aigle éployéde sable. 
Très, de Numism.. p. 39. M. de» P. 
N" 3. ALEXANDER VllI PONtifex MA- 
xiMVs CBEAtvsAnno MDCLXXXIX, Die VI 
OCToBRis. Alexandre VIII, souverain pon- 
tife, élu leGoctobre 1689. Buste ë droite d'A- 
lexandre VIII, barbu, coiffé de la calotte et 
porlani le camail par-dessus l'étole. Sous le 
bras : P. H. M. [Initiales du graveur P. Ha- 
nierani). 



71 



MC 



ncïwssjimE k scwÊSMknrjoL 



à tmmiÂi/m : 50in5E DEPOSITO PE- 
T»%'» IVJMT E»*E hEDESIHK OTTOBO- 

Mi:^T VKSnt». VMIKTIS lAM PROSPE- 
RA Of;.«VLS ID f^ATli» lF»EK£i:£5S PAPA 
LAllMt PROSAS. 

i^s éép^uÊtU êém n&m H en m&niami §ur U 
$Û^j€ j^/fiiifUai^ il c^nnmenee à être Pierre, Il 
§€ n^/mme éHlob^muê^ quif ioU danc ban de 
i&ul eetmr UÀfp fjoriu^ \ allusion au Dom de 
la Umu^H (%Uf\ifyïi\ ^ ». toul réu$$il â la ré- 
fmbluftÊf fm$ujmle de Veniêe. Le bref^ écrit 
en laUn^ du p^pe récemment élu^ le proute 
Êuffkuimmeni, En haut, Téeu des armoiries 
de la maiM>fi OUol^orii, surmonté de la tiare 
H d«f% C'Urf% fKintf(K;ales. A partir du mot ère- 
nitffi/ les lettres numérales sont plus gran- 
Iles et forment en eiironograpne la date 

TrA, df, Sumi§m.^ p. 39'U>. 
X* fc. ALKXANDER VIII OTTHOBONTS 
VKNKTVS PONtifex MAXjmvs. il/exuis- 
dre Vlllf Ottoboni^ Vénitien^ iouverain pon^ 
tife, Bu%te a gauche d'Alexandre VIII, barbu, 
c^ifffé de la calotte et portant lecamail etTé- 
toie. 

^ PETRVS CARDi!iiLis. OTTHOBONVS. 
Skncfm. l^o%k%jR. FxcLEêiJE. VICECANCEl- 
L4iii¥s. FATR VO. HAGxo. BENE-MERENTl. 
PfiSVIT. MDCC. /'terre, cardina/ Ottobani, 
piee^ehancelier de la iainte Egliit romaine^ a 
fait élever ce tombeau en Inonneur de son 
arand-oncUf qui Va bien mérité^ en ITfiO. 
Vue du tombeau d'Alexandre VllI, à Saint- 
Pierre de Rome. 

Tréê. de Numi$m.f p. M. M. des P. 
AUfER {Àncienne$monnaie$ d'),\oy. Far- 
ticle de Mokmaies. 

ALLEMAGNE. (Monnaiei d') Voy. l'article 
gén<!'rfll Mo:«?iaies. 

ALLIAGE, mélange de divers métaux ou 
de plusieurs portions d'un même métal qui 
se trouvent à différents titres. Plusieurs rai- 
sons ont donné lieu à ralliase dans les mon- 
naies et dans les ouvrages d or et d argent : 
1* porco que les métaux que Ton tire des mi- 
nes n'étant pas, lorsqu'ils en sortent, dans 
leur entière pureté, se trouvent au contraire 
de titres et de qualités très-différentes; 
2* parce que les monnaies et les ouvrages 
d*or et (Targent ayant un titre fixe et cer- 
tain, auquel ils doivent être travaillés, le 
mélange de ces différents métaux est néces^ 
sairo pour les réduire et les ramener à ce 
titre prescrit, auquel ils doivent se trouver. 
Les directeurs dos monnaies, qu'on ap- 
pelait anciennement maîtres des monnaies, 
ne fabriquent point d'espèces d'or et d'ar- 
gent sans alliage, et mêlent toujours du cui- 
vre avec ces deux métaux dans la propor- 
tion nécessaire, alln que les espèces se trou- 
vent au titre prescrit par les édits qui en 
ordonnent la fabrication. Les monnaies de 
bUlon se font ovec du cuivre que Ton allie 
avec une certaine quantité d'argent (in, pres- 
crit de môme par les ordonnances. 

Deux sortes d*ollinges se font dans les 
monnaies : l'un cpiand on emploie des ma- 
tières d*or cl d'argent qui n'ont point encore 



sir 



été travairiéef , ce ^*od apf^Qe matines 
oetiTes , et qaî 9>ot ao même titre ; raatrei 

2uaDd on em;.! .rie, oa (foe Ton Ibod cnsem- 
ie diverse» sortes d'espèces oo de matières à 
différents titres pojr les oooTertir en espèces 
courantes. Dans le premier cas, révaluation^ 
ou plutôt la prof<Frtîon deTailiageà j met- 
tre, est facile, puisque sachant par Tessai le 
titre de ces matières neuves, u n j a qu*à 
ajouter la quantité d*aliiage ou de cuivre 
nécessaire pour ramener ces matières au 
titre prescrit pour les espèces. Dans Fautre 
cas, Topération est on pea frios longue et 
plus difficile. 

Avant de laire celte sorte d'alliage, ou Té- 
valuation de lalliage , il lant savoir pre- 
mièrement que le calcul pour Talliage de 
For se lait par les trente-deuxièmes qui 
manquent au titre, ou qui Texcèdent dans 
les matières qu'on veut employer, et que 
pour l'argent on compte par grain de un ; 
ensuite, il fout dresser un bordereau des 
matières qu'on a à fondre, contenant leur 
qualité, leur poids et leur titre. Ce borde- 
reau se partage en deux autres dont Tun 
comprend toutes les matières qui sont an- 
dessus du titre auquel se doit faire la fonte, 
et l'autre toutes celles qui sont au-dessous. 
Chaque bordereau étant calculé séparément, 
on voit par le calcul du premier ce gue les 
matières fines ont au-dessus du titre or- 
donné ; et par le calcul du second, ce que 
les matières basses ont au-dessous ; en sorte 
que les deux produits étant comparés, on 
sait précisément, par la soustraction, com- 
bien il faut ajouter de fin, ou d'alliage, pour 
réduire toutes les matières au titre réglé 
pour la nouvelle fonte. Exemple : 

Le titre des louis d'or, dont la fonte est 
ordonnée, doit être de 21 -carats |. 

Pour faire celte fonte, j'ai plusieurs lin- 
gots à différents titres ; j en dresse d'abord 
mon premier bordereau. 



N* 


Mâfcs. 


Ooces. 


i 


1 


i 


S 


9 


6 


S 


1 


4 


4 


3 


6 


5 


1 


4 


6 


i 


4 




12 


4 



lingots 



Carau. 

âi 31 

20 
18 



50132 
3|4 



23 tfi 
25 5;4 
SI irt 



J*ai donc douze niarcs quatre onces d'or 
de différents titres qu'il faut que je rende 
au titre de 21 carats •^. 

Dans les six articles qui composent le 
premier bordereau, les premiers 4 et 5 se 
trouvent au-dessus du titre ordonné, et les 
2, 3 et 6 au-dessous : je les sépare, et j*en 
fais deux bordereaux. 



Or haut. 

N*. Marcs. Ooces. 

114 

4 3 6 

5 14 



Cesld*ezcédantdeaii. 32". 

k 21 car. !S0/32 9 

âi 23 car. 2/3 2.)0 

à 23 car. 3/1 i« 



Total de rexcédaat du fin de ces trois arUc.es. 335 



» ÀLL DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. ALL 74 

4k bu. .trouve sur les deux onces à 32 carats f, 

jn: Hua. Onces. miiM|QenL 32e». étant certain que deux lois 77 donnent le ca- 

% S 6 à 90 car. 10 110 rat et demi qui manquait. 

J î î î î? **'' Si ^ti ^^ alliages d*argent se font de même que 

,• *. * axicir. ifi " ceux d'or, avec cette seule différence q\ïm 

ToUldeeeqiiiiiuuiqne. 966 lieu de compter par trente-deuxièmes, on 

■ ■ doit compter par grains de fin. On fait un 

Comptraiioo des deux prodalts: calcul exact des grains de fin qui manquent 

Bon • 35S sur les matières d'argent qu'on veut em- 

Msnqne 986 ployer à certain titre, et des grains de fin 

Comparaison des produits. qui sont au-dessus de ce titre sur d'autres 

Reste soixante-neuf 32*"*" d'excédent de matières d'argent, afin de connaître au juste 

fin : et pour en profiter il faut que je les al- auelle quantité d'argent de moindre titre on 

lie <aYec du cuivre ; mais pour savoir ce doit alher avec Tar&ent qui est à plus haut 

qull iaut de cuivre pour ces- soixante-neuf titre : en sorte que le plus et le moins mêlés 

39**'» il faut faire la supputation suivante : ensemble rendent l'argent au titre juste au- 

Sapposé que six cent quatre-vin^seize quel on veut travailler. 

32"*' valent un marc de cuivre, ou huit onces . Exemple : J'ai un marc d'argent à dix de- 

de cuivre » niers dix-huit grains. Je veux travailler à 

SI»**. Tstat Onees. Gros. onze deniers , et j'ai de l'argent à onze de* 

548 4 » niers six grains. Pour réduire tout cet ar- 

174 9 • gent à onze deniers, j'allie un marc d'argent 

2 .^ * ? a onze deniers six grains avec le marc qui 

^ S4 ' ^ ^^^ ^ ^^^ deniers dix-huit grains, parce 

10 % • 1 qu'on trouve les six grains de fin qui man- 

5 7|i6 > 9 ifl gros ou 36 quent au marc à dix deniers dix-huit grains 

gninsde^tAds. gy^ ^^juj q^j ggj ^ Qjj2e deniers six grains, 

Bariant, je dois mettre en cette fonte qua- pour employer les ouvrages à onze deniers. 

tre gros et demi de cuivre pour équivaloir Autre exemple : J'ai un marc d'argent à 

les soixante-neuf 32"*" d'excédent de fin que 10 deniers 17 grains. Je veux travailler à It 

j'avais trouvés, et par ce moyen celte fonte deniers, et j'ai de l'argent à 11 deniers 3 

se trouvera au titre prescrit, et augmentera grains -J. J'allie deux marcs de l'argent à 11 

en poids des quatre gros et demi de cuivre deniers 3 grains |.avec le marc qui est à 10 

qui auront été ajoutés aux douze marcs deniers 17 grains, parce que je trouve les 

quatre onces d'or. Si une fonte, par une sup- 7 grains qui manquent au marc à 10 deniers 

putation semblable à celle ci-dessus, se 17 grains, sur les deux marcs à 11 deniers 

trouvait à un titre trop bas, pour lors il 3 grains f, étant constantque deux fois trois 

faudrait ajouter de l'or plus fin dans la mô- grains et demi de plus, font les 7 grains qui 

me proportion, c'est-à-dire autant de trente- manquent ; et ainsi on a trois marcs à onze 

deuxièmes de fin que l'on en trouverait de deniers pour employer aux ouvrages dont 

manque. On voit par là que les alliages d'or on a besoin. 

se font par un calcul exact de trente- C'est ainsi que les directeurs des mon- 

deuxièmes qui manquent sur les matiè- naies font les alliages des matières d'or et 

Tes d'or que Von veut employer à certain d'argent apportées au change de leur mon- 

titre , et des trente-deuxièmes qui sont naie. Pour n'être pas obligé d'aifioer les ma- 

au-dessus de ce titre sur d'autres ma- tières au-dessous du titre des espèces à fa- 

tières d'or , afin de connaître au juste quelle briquer, on pèse celles qui sont au-dessous, 

quantité d'or de moindre titre on doit al- et celles qui sont au-dessus du titre deses- 

lier avec d'autre qui est à plus haut titre: pèces à fabriquer, et on en fait un calcul exact. 

en sorte que le plus et le moins môles en- Exemple : Pour faire des louis d'or à 21 

semble rendent l'or au titre juste auquel carats |f, on pèse des matières d'or qui sont 

on veut travailler. au-dessus de ce titre , ainsi qu'il suit : 

Quelques exemples rendront ceci plus Quatre marcs à 21 carats ff sur lesquels il 

sensible. J'ai une once d'or à 21 carats { manque -A, et ainsi K sur les k marcs. Six 

ou-||-aueje yeux mettre à 22 carats. Et marcs à 21 carats H» sur lesquels il manque 

j'ai de l'or à 22 carats | ou îf . Pour y par- ^ par marc, qui font en tout J} pour les six 

venir j*allie une once de l'or qui est a 22 marcs. Et k marcs à 21 carats H, sur les- 

carats |avec l'once de celui qui esta 21 ca- quels il manque 7^ par marc, qui font ^pour 

rats i, parce que les H qui manquent sur les k marcs. Or, suivant ce calcul il manque 

ronce à 21 carats i se trouvent sur l'once à soixante 32'"'', sur cesl^ marcs d'or, pour en 

S2 carats ^, et par ce mo^en j'ai deux onces faire des louis d'or à 21 carats {{. Mais pour 

d'or à 22 carats pour employer en ouvrages trouver ce qui manque de fin sur ces 14 

à ce titre. marcs, on pèse d'autres matières d'or qui 

Autre exemple : J'ai une once d'or à 20 sont au-dessus de ce titre, ainsi qu'il suit. 

carats ^ ou ^. Je veux travaillera 22 carats, Exemple : Huit marcs à 21 carats •{-}, qui 

et j'ai de Tor à Sa carats 1 ou }}• En ce cas, font ^ de plus par marc , et H sur ks 8 

î'ailie deux onces de l'or à 22 carats | avec marcs. Six marcs à 21 carats |!, qui l'ont |^ de 

l'once à 20 carats |, parce que le carat et plus par nJarc, et sur les 6 marcs j\. Enfin 

demi qui manque sur l'once a 20 earats 7 se h marcs à 21 carats fj-, qui font ,V de plus 

DlCTlONN. DE NUMISMATIQUE. 3 



7S 



tUs 



mCIKHINÂmE DE NUMISMATIQUE. 



ALL 



76 



par nMfCt el sur les h marcs |f . On trouve 
ainsi sor ces dcL-4iuil marcs (for soixante 
3S*** au-dessns du titre des louis d'or, et 
par Taliiage que Ton en fait avec les 14 
mares sur lesquels il manquait pareil nom- 
bre de ^ on a Si marcs d'or pour en fabri- 
quer des louis à il carats l^ . On procède de 
même pour les alliages d'ai^nt, quand on 
reul fabriquer des écus à 10 deniers iS 
grains : on pèse les matières d'argent qui 
sont au-dessous de ce titre, et celles qui sont 
au-dessus, et on en feit Talliage ainsi qu'il 
suit : Huit mares h dit deniers 21 grains, 
oili il manque 2 grains par marc qui font 16 
grains sur les huit marcs. Six marcs à 10 
deniers 20 grains, où il manque 3 deniers 
]^r marc, et 18 grains sur les marcs. Et 
7 marcs à 10 deniers 17 grains, où il manque 
6 grains par maix^, et 42 sur les 7 marcs. 
Or, suivant ce calcul, il manque en tout 76 
grains de On sur les 21 marcs pour en faire 
des espèces d'argent à 10 deniers 23 grains. 
Mais pour trouver ce qui mangue de fin sur 
ces 21 marcs, on pèse des matières d'argent 
au-dessus de ce titre , ainsi qu'il suit : 
Douze marcs à 11 deniers 12 grains, qui 
font 3 grains de plus par marc, et sur les 12 
marcs, 96 grains. Seize marcs à 11 deniers, 
qui font un grain de plus par marc, et sur 
les 16 marcs , 16 grains. Et 8 marcs à 
11 deniers 2 grains, gui font 3 grains de 
plus par marc, 2^ grams sur les 8 marcs. 
On trouve ainsi les 76 grains de fln sur les 
36 marcs, oui manquaient sur les 21 marcs, 
et en les alliant ensemble, on a 57 marcs 
d'argent à 10 deniers 23 grains, pour en 
fabriquer des espèces d'argent à ce titre. 

Sur quoi il est a remarquer que quand les 
directeurs des monnaies n'ont que ae l'or ou 
de l'argent au-dessus du titre des espèces à 
labriguer, ils en font l'alliage avec du cui- 
Tre, a proportion de ce que les matières 
tiennent de fin au^essus du titre des es- 
I^èces, afin d'arolr des matières alliées au 
titre qu'ils Teulent ftbriquer. 

L'alliage au cuirre se pratique en faisant 
le calcul des trente-deuxièmes ou des grains 
àe fin, qui sont au-dessus du titre des es- 
pèces à ftbriqper ; en divisant les trente- 
deuxièmes ou les grains de fin par le titre 
même des espèces, le produit de la division 
marquera la quantité de cuivre qu'il faudra 
a.Jier sur le tout. Cela supposé , quand on 
▼eut fnpjfer des louis aor à 21 carats 
#f « et qu on a de lor plus fin que ce titre, 
U but réduire €» trente-deuxièmes les 21 
earats f|, et pour cet effet multiplier les 21 
etrals pour les trente-deiiuèmes dont le ca- 
rat e^ ffymiJOté. Oit trouve par cette multi- 
pr-i^ation qtifc les 21 carats font 672 32"«* 
auiqu^i ^p^Azùi les \\ qui sont déplus 
qne J*î*21 c^ralf , on trcruve en tout 69832P"*», 
par k«g»jeU divisajjt le% trente-deuxièmes de 
fin qui sont au-dessui^ du titre des espèces, 
on trouver qu'a^iiaxit d^ Wis qu'il j a de 698, il 
faut *jJj*-r *at<r'it ce x;*<îrc^ de cuivre avec 
r^yf^Oi et-t y ^k *-fj i/.h Je litre 'les e*>pff*.es. 

txeiîjî ,♦: : i <- b^/ i:jii**.^ or à 23 oârals 
.fc*e-i i .Ki a»;', da cuivre f*our 



^-r 



en faire des louis d'or à 21 carats fj. Je 
trouve 54 32»*« par marc au-dessus'de ce ti- 
tre, qui font en tout U20 32"«' nour les 80 
marcs, lesquels étant divisés nar les 598 aui 
font le titre des espèces, il laut que j'allie 
6 marcs 1 once k gros 7 crains de cuivre^ 
avecies 80 marcs d'or fin, pour en faire des 
louis à 21 carats ^. Il en est de même de 
tout autre nombre à proi)ortion. 

Quant à iSrgent on fait le calcul de tous 
les grains de fin qui sont au-dessus du titre 
des espèces à fabriquer , et on divise ces 
grains de fin par le titre même des espèces, 
après quoi le produit de la division mar- 
quera la quantité de cuivre qu'il faudra al~ 
lier sur le tout. Cela supposé , quand on 
▼eut fabriquer des espèces d'argent à 10 de- 
niers 23 grains, et que l'on n'a que de l'ar- 
gent plus fin que ce titre, il faut compter 2fr 
Srains pour diaque denier, et sur^ce pied les 
ix deniers font 246 crains, auxquels ajou- 
tant les 23 grains qui sont de plus que les 
dix deniers , on trouve en tou| 263 crains; 
par lesquels divisant les grains de tm qui 
sont au-dessus du titre des espèces, on 
trouvera qu'autant de fois qu'il y aura 263, 
il faudra allier autant de marcs de cuivre avec 
l'argent cjui est au-dess us du litre des espèces. 
Exemple : J'ai 100 marcs d'argent à 11 de- 
niers 18 grains que je veux allier avec du 
cuivre pour faire des espèces d'argent à 10 
deniers 23 graius : je trouve 19 grains par 
marc au-dessus de ce titre, qui font 1,900 
grains de fin pour les 100 marcs : lesquels 
étant divisés par 263, je trouverai qu'il faut 
allier 7 marcs 1 once 6 gros 25 grains de 
cuivre avec les 100 marcs d'argent fin, pour 
en faire des espèces d'argent au titre dfe 10 
deniers 23 grains : et ainsi de tout autre 
nombre à proportion. On doit pratiquer les 
mêmes opérations pour tous les autres dif- 
férents titres auxquels on veut travailler, en 
réduisant toujours les carats de fin en trente- 
deuxièmes, et les denier de fin en grains pour 
servir de diviseurs, comme il a été dit. 

II est à remarquer que ce qui est resté de 
la division des marcs , tant d'or que d'ar» 

S;ent, doit être multiplié par buit pour en 
aire des onces; que ce qui est resté de 
cette seconde division, doit être aussi mul- 
tiplié par huit, pour en faire des £ros, et 
enfin ce qui est resté des gros par soixante 
et douze nour en faire Jes grains; (A,) 

ALLIER ou ALLÉER, plus ordioûrement 
allier^ c'est fendre plusieurs métaux en- 
semble pour les mêler ou les joindre Tun 
avec l'autre, en telle sorte qu'ils ne foraient 
plus qu'une seule et même matière : i'or et 
le fer ne peuvent s'allier par la fonte, non 
pas même se souder sans Te secours du cui- 
vre : l'étain fondu avec Tor s'allie d'uoe telle 
manière qu'il est impossible de les séparer, 
étant même capable de gâter une fonte. 

Les Indiens mêlent avec l'or de l'émm d'£s* 
pagne pour eoaugmenterle poids. Gemélange 
empêche qu'on ne puisse connaître, d'une 
manière certaine, le titre de lor. Lqs Eu- 
ropéens allient le cuivre avec la pierre ca- 
lamine. 



Tl 



AMA 



PKTIONN&IRE DE NUMISMATIQUE. 



AMI 



78 



Poor déterminer le degré de l'alliage 
ou de la pureté de l'argent, on le suppose 
divisé en douze deniers , et lorsqu'il est 
allié avec un douzième de cuivre » c'est un 
argent à onze deniers : lorsqu'il contient 
un sixième d'alliage^ ou deux douxièmes, 
l'argent est à dix deniers. 

On met environ deux gros de cuivre pour 
l'alliage sur chaque marcd'argent. L'argent de 
monnaieestalUee avec une plus grandequan- 
tité de cuivre que ne l'est l'argent de vais- 
selle, au lieu que l'or de monnaie a moins 
d'alliage c^^ue 1 or des byoux. (A.) 

ALOI, titre ou bonté intérieure que doi- 
vent avoir les monnaies ou les ouvrages d'or 
et d'argenty conformément aux lois ou or- 
donnances. L'aloi de Tor s'estime par ca- 
rats, et celui de l'argent par deniers. On se 
serl plus ordinairement dans les monnaies 
des termes de titre, de fin et de loi. Ce mot 
vient de loi, comme si l'on disait ad /e- 
gem^ parce que la bonne monnaie est faite 
selon la loi. 

ALTÉRATION DES MONNAIES. Voy. Em- 

FUJJICS. 

Ahérer la monnaie, c'est la fabriquer à un 
titre et à un poids autre que ceux portés par 
Jes ordonnances, ou bien, quand elle a été 
fabriquée de bonne qualité, la diminuer de 
son poids en la rognant ou en enlevant quel- 




mois de mai 17 18, et celui du mois de février 
1726, était puni de mort. L'édit porte : a que 
toutes personnes qui contreferont ou altére- 
ront nos espèces, contribueront à l'exposition 
de cibles contrefaites, ou à leur introduction 
dans le royaume, soient punies de mort. » (A.) 
Aigourd'hui la nouvelle législation punit la 
contrefaçon et, en certains cas, l'altération 
des monnaies de la peine des travaux forcés. 

ALTIN, monnaie de compte de Russie, 
qui vaut environ quatre sous huit deniers de 
^ance, ou 23 centimes. 

AMALGAMATION, AMALGAME, opéra- 
tioii chimique par laquelle on réduit l'or ou 
l'argent en {)àte, en l'incorporant avec le 
mercure ou vif-argent, suivant une certaine 
proportion de poids ou de quantité. 

AMALGAMER, c'est rassembler les par- 
ties impalpables de quelque métal par le 
moyen du vif-argent. Tous les métaux, ex- 
cepté le fer, s'unissent et s'amalgament plus 
ou moins facilement avec le mercure ; mais 
l'or est le métal qui s'allie le plus facilement; 
après l'or, c'est l'argent, puis le plomb et 
rétain; le cuivre assez difficilement; le fer 
ne a'allie point au mercure; il est du moins 
très-difficile à amalgamer. 

AuÂiAàMBK DB L OR , c'cst, commc nous 
avons dit, le réduire en p&te, l'unir et l'in- 
corporer avec le mercure. L'or amalgamé 
ne se dit pas seulement de l'or réduit en 
p&te, mais aussi de l'or moulu ou réduit en 
chaux, mêlé avec le vif-argent pour dorer 
les métaux, et particulièrement l'argent, et 
en faire ce qu'on appelle vermeil doré : la 
proportion du vif-ergent et de l*or moulu 



qu'emploient les doreurs sur métal, est d'une 
onc>e de vif-argent sur un gros d'or L'amal- 
gamation de l'or se fait en mettant dans un 
creuset des lames de ce métal, les plus dé- 
liées qu'il est possible, avec du mercure, et 
lorsqu'on les a poussés l'un et l'autre forte- 
ment au feu , l'or se dissout en parties menues 
comme de la farine, que le mercure, qui est 
humide, réduit en pAte. Quand le creuset est 
retiré du fourneau, et suffisamment refi*oidi, 
an verse l'or et le mercure dans un vaisseau 
d'eau commune, d'où on le retire en pâte 
blanche; c'est de cette pâte que les orfèvres 
font leur vermeil-doré, et que les doreurs 
sur métal dorent leurs ouvrages au feu. L'or 
ne retire du mercure, dans I amalgamation, 
que trois fois autant qu'il pèse. Les direc- 
teurs des monnaies et les orfèvres se ser- 
vent également des termes amalgamer et 
gmalûttmation : ils entendent par ces mots 
roperation qui se fait, dans le moulin, des 
lavures, lorsqu'on en broie bien les terres, 
aûn que le vif-argent qu'on a jeté dans le 
tonneau ou tourniquet, étant ainsi agité, at- 
tire et empâte les parties d'argent impercep- 
tibles qui sont engagées avec ces terres. 
L'amalgame est un moyen dont on se sert 
dans plusieurs pays pour tiCer l'or et l'argent 
de leurs mines ; on broie les terres de ces 
mines avec du mercure, qui se charge de ce 
qu'elles ont de précieux, c'est-à-dire des 
matières d'or et d'argent qu'elles contien- 
nent, lequel ne se môle point avec la terre 
ni avec la pierre qui se trouvent dans les 
mines ; de sorte que le mercure étant retiré 
de la terre ou sable de la mine par son pro- 
pre poids, et par la lotion qu'on en fait, et 
jpressé pour en retirer ce qui reste de fluide 

f[ui n'est point chargé d'or et d'argent, on 
e retire par la cornue, dans laquelle reste 
la matière d'or ou d'argent, qu'on appelle 
^aput mortuum. (A.) 

AMÉRIQUE {Monnaies des différents États 
(T). Voyez larlicle général Monnaies. 
AMIENS (Monnaies des évéaues d'). Notice 

{mr Duby, Monnaies des prélats et barons, 
. I, p. 1. 

Amiens, Ambianum, capitale de l'Ammien- 
nois, dans la Picardie, est située entre l'Ar- 
tois, le Santerre, et le Ponthieu. Saint Fir- 
min est regardé comme fondateur de Tévê- 
ctié d'Amiens, et le premier évoque de cette 
ville dans le vi* siècle. 

Guibert, qui fut abbé de Nogent-sous- 
Coucy, au diocèse de Laon, depuis l'an 1105 
jusqu'à sa mort, arrivée en iVik, nous ap- 
prend, dans l'histoire de sa vie, quel'évêque 
de Laon avait donné cours dans sa ville aux 
oboles d'Amiens pour quelque temps, ce qui 
y avait fait un grand tort; qu'il avait en vain 
cherché les moyens d'empêcher cet abus, etc. 

La Morlière, dans sqs Antiquités de la 
ville d'Amiens, parle, pages 4o et 74, dçs 
monnaies qui j ont été frappées [)ar des 
princes de la première et de la Seconde 
race. Voy. Monnaies des rois dons Ducange, 
col.. 982; il en donne une d'argent tirée 
du cabinet de Nicolas Dumout, doyen du 
conseil d'Amiens. Elle porte d'un cùtê uu 



» 



ANC 



DICTIONNAIRE Itf: NUIDSIUTIQDE. 



AMG 



M 



sautoir cantODoé en chef d'un croissant ayec 
cette légende : imbianbhsis, de Tautre côté, 
dans le champ, pail, et autour ciTisys tvis. 

Les fonctions pacifiques du ministère des 
éTèques font présumer que cette monnaie 
doit être attribuée à celui d'Amiens plutôt 
qu'aux comtes ou à la ville. 

ANASTASEIU» {Monnaies (T) pape de l'an 
911 à l'an 913. 

Denicy d'argent. Au centre le monogram- 
me (ÏAnaêtasiuê; autour, en légende, entre 
deux grenetis, -f aoma. 

H. I/efBgie du pape ou de saint Pierre, 
portant les vêtements pontificaux. A côté, 
l'inscription ses. petbus. 

Yignoli, antiquiorei denarii^ édit. Flora* 
vanti, pag. 6k. Yoy. notre article général 
Mohnaibs des papbs. 

ANGELOTS. Pendant le règne de Char- 
les yi, qui monta sur le trône en 1380, le 
dauphin et la reine partageaient le royaume 
en deux factions : Henri V, roi d'Angleterre, 
descendit en France, et se rendit maître de 
la meilleure partie de la Normandie, en lfcl9. 
Charles VI, uans une ordpnnance du 9 mars 
liâO pour les monnaies, marquant ce qui 
l'obliçeait à les affaiblir, parle ainsi de cette 
invasion du roi d'Angleterre : « pour résis- 
ter à notre adversaire d'Angleterre, et ob- 
vier à sa damnable entreprise, lequel par 
force et grande hostilité s'était bouté en no- 
tre royaume, où il avait conquis et mis en 
sa sujétion plusieurs villes et forteresses, 
et presque tout le pays de la Normandie, et 
dernièrement notre bonne ville de Rouen, 
en intention de venir devant Paris pour 
icelle mettre en sujétion, et attendu que de 

S résent nous n'avons aucun autre revenu 
e notre domaine, et autrement de ({uoi nous 
nous puissions aider, etc. » La reme et le 
duc de Bourgogne, ennemis mortels du dau- 
phin, fldbusant de l'esprit du roi, lui persua- 
dèrent de donner Catherine de France, sa 
fille, en mariage à Henri, roi d'Angleterre, 
qui l'avait fait demander. Ce mariage fut 
fait à Troyes, le 22 mai lfc20. Chartes YI, en 
considération de cette alliance, déclara son 
gendre régent du royaume de France, et 
son successeur à la couronne ; on revint en- 
suite à Paris, où le roi d'Angleterre fut re- 
connu régent. Charles VI, dans une de ses 
ordonnances pour les monnaies, appelle 
Henri Y, notre fils le roi d'Angleterre^ néri- 
tier et régent de France, 

Henri V, roi d'Angleterre, mourut au bois 
de Yincennes le 29 août 1422, et Charles YI, 
roi de France, le 21 octobre de la même an- 
née. Henri V laissa de Catherine de France, 
sa femme, Henri VI, A^é seulement de deux 
ans, qui lui succéda : il fut proclamé, à Pa- 
ris, roi de France et d'Angleterre le 12 no- 
vembre 1^22. Le même jour le duc de Bet- 
fort, son oncle, qui avait pris la qualité de 
régent, du consentement de CBarles VI, d'a- 
bord après le décès de Henri Y, ordonna 
8ue les arrêts seraient rendus au nom de 
[cnri VI, qu'on scellerait avec son sceau, et 
que les monnaies seraient fubriquées h ses 
^oins et è ses armes. Gela dura pendant 



l'espace de quatorze ans, que les Anglais fu- 
rent mattres de Paris, dont ils ne sortirent 
que le 3 avril 1436. Ils firent battre plusieurs 
monnaies d*or, d'argent et de billon, ((ui 
avaient cours dans les villes qui leur obéis- 
saient. Ces monnaies étaient celles que l'on 
appela salulSj frottes d'or^ nobleSf angelots* 
amsi appelés de ce qu'un ange, sur le revers 
de cette monnaie, tient lesécussons de France 
et d'Angleterre. On lit dans un ancien ma- 
nuscrit, que le roi d'Angleterre fit faire cette 
monnaie, qui était d'or fin, à plus haut 
titre qu'aucun de ses voisins, espérant par 
ce moyen aliéner des Français de Char- 
les Vil, qui en même temps avait été con* 
traint d'empirer considérablement sa mon- 
naie : ce que Henri VI ne fit point pendant 
qu'il fut maître de Paris. 

Le marc d'argent, vers la fin du règne de 
Charles YI, valait sept livres, et le marc d'or 
soixante-seize livres cinq sous. Le roi d'An- 
gleterre ne s'écarta pas de ce poids pen- 
dant qu'il fit battre monnaie en France. 

Les angelots d'Angleterre, représentant 
d'un côté Saint Michel terrassant le dragon, 
avec la légende, Henricus Dei ^ai. RexAngL 
et FranCf et de l'autre un vaisseau avec les 
armes de France et d'Angleterre, surmon- 
tées d'une croix, et autour Per cruçem tuam 
salva nos JTpe, sont, dans l'ordonnance de 
1540, du poids de quatre deniers pièce, et au 
titre de 23 carats \-. 

Les anciens angelots, suivant Goldast (1), 
étaient au titre de vingt-trois carats, et de 
quarante-six au marc de Cologne. 

Les angelots d'Angleterre (2) avec TO sur 
la barque, ou avec un O dans le flanc de la 
nef, suivant l'ordonnance de 1549, pesaient 
aussi quatre deniers. Dans l'instruction don- 
née aux changeurs en 1633, ils sont du titre 
de vingt-deux carats neuf grains, et pèsent 
trois esterlins dix as, qui font quatre-vingt- 
quinze grains deux cinquièmes, poids de 
marc. La légende est, d'un côté, Henricus Dei 

Îrat. Angl. Franc, et Hib. Rex^ et de l'autre : 
'er Crucem tuam salva nos Xpe Redem. 
L'angelot avec un O, suivant Malines, 
était du titre de vinçt-lrois carats et de 
soixante-douze à la livre de Troyes, qui 
font quarante-huit à notre marc : ainsi 
l'once anglaise est parfaitement égale à la 
notre. (A.) 

ANGES, monnaie d'or fabriquée sous le 
règne de Philippe de Valois, qui régna de 
1328 à 1350. Dans l'édit qui ordonne la fa- 
brication de cette monnaie, les anges sont 
nommés angelots; on discontinua de les fa- 
briquer ranl3i^2. Ils furent toujours d'or fin, 
mais ils ne furent pas toujours de même 
poids. Les premiers pesaient cing deniers 
seize grains : on les appela premiers anges. 
On en fit dans la suite qui ne pesaient que 
cinq deniers, on les nomma seconds anges. 
Les derniers pesaient seulement quatre de- 
niers treize grains, et c'étaient les troisièmes 
anges. 

(1) Page 15. 

(2) Fontanon, t. Il, p. 152. 



81 



ANT 



MCTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



' Nous remarquons que l'écusson que l'ange 
tient de la maiD droite, sur cette monnaie, 
n'est remplie que de trois fleurs de lis ; nous 
en inférons que l'usage de n'employer fiue 
trois fleurs de lis était déjà fort ancien. 
Dans un sceau du roi Jean, à une charte don- 
née pour les orfèvres, le 26 mai 18M, il n'y 
8 de même que trois fleurs de lis, et Char- 
les V, dans son contre-scel, n'en avait pasda- 
Tantage. (A.) 

ANGLETERBE {JlfoiHiaiM d« l']. foy. l'ar- 
ticle général Honkairs. 

ANNEAU DU PÉCHEUR. Voy. l'article 
&CE10X OBS PAPES, n* 6, et, dans le Diction- 
naire de ttalistique religieuse, la col. 117. 

ANTIOCHE (Sceau des patriarches lalim 
(f } pendant les croisades. 

-f AWALRICtB PATHURCBA llfTlOCBIlCS. AU 

centre le buste du patriarche mitre, tenant 
la croix et bénissanl. 

^. -f SlGILLIiH SAKCTI PBTKl ÀPOSTOLI. Au 

centre le buste de saint Pierre nimbé et te- 
nant les clefs apostoliques. Sceau de plomb 
d'Amauri, suspendu s une charte de llTi. 
Paoli, Codiee diplomat., t. 1, p. 56, n' 31. 
Voyez un sceau analogue au n° 55. 

AxTiocHE {Uonnaiei des princes craitét d'). 
L'article suivant est extrait du compte rendu 

Sie H. Duchalais a publié dans la Biblio- 
ique de FEcole des Charles (troisième série, 
tom. ni du savant ouvrage de M, de Saulcy, 
intitule : Numismatigw des croisades. 
M. de Saulcy établit d'une manière fort 

Slausible que Harc Boëmond, premier prince 
'Antioche, a pu et a dû même frapper mon- 
naie. Un homme de son caractère, un en- 
nemi juré et héréditaire des Comnène, de- 
Tsil, en effet, saisir toutes les occasions pos- 
sibles de faire acte d'indépeodauce envers 
les empereurs de Constantinople, qu'il bais- 
sait el méprisait i la fois. Hais, maibeureu- 
sement nous croyons qu'il faut attendre du 
hasard la constatation de ce fait impor- 
tant. 

M. de Saulcy, d'après MiJnter, reproduit, 
comme pouvant appartenir à Boemond 1", 
la monnaie de cuivre qu'il n'a, il est vrai, 
pas vue en nature, et dont voici la descrip- 
tion : 
T 

(sic) pour a Ayw ottpoe. Buste nimbé de 
face et a mi-corps de saint ^ 
Pierre, tenant d'une main une croix, et de 
l'autre bénissant. 

■;. Croix latine tréflée, et du pied de la- 
quelle s'élèvent deux rinceaux, chacun d'un 
cdté. Cette croix est cantonnée ( selon 
Mtinter ) des quatre lettres B H 
' HT. 

Après avoir consciencieusement étudié ce 
cuivre, M. de Saulcy, dont nous ne pouvons 
reproduire ici les raisonnements, hesile s'il 
faut le donner à Boémond I" ou à Tancrède, 
puis il en appelle aux découvertes posté- 
rieures. Nous- serons plus hardis, el, à l'aide 
des monnaies qu'il a lui-même figurées , 
noua croyons pouvoir, avec toute certitude, 
restituer notre pièce k Boémond II (Ull- 



1131). Pour cela, il suffira dd comparer cet 
exemplaire, qui appartient à H. Thomson 
de Copentiasue, k ceux du cabinet de France, 
de Furstemnei^ et d'autres, qui se trouvent 
gravés dans son ouvrage, PI. UI, n"' 6, 7, 
8 et 9, sur lesquels on Ht : 
BAl HM 

«N 1 AOY 

La médaille de H. Thomson est évidemment 
fruste; elle est identique au n* 9, et Hiinter ' 
n'aura vu aux quatre cantons que les lettres 
B au premier, h au deuxième, N au troisiè- 
me,fqu'il aura pris pour un h, et, enfin, t au 
quatrième, qu il aura pris pour un t. 

Cousioery, dans sa Numismatique des prin- 
ces croisés, avait donné ces monnaies i Boé- 
mond 1". Mais M. de Saulcy a victorieuse- 
ment démontré qu'elles appartenaient au 
deuxième prince (f Antioche du môme nom. 
Une heureuse circonstance, dont il a déjll 
tiré un grand parti dans un ouvrage préc^ 
dent, son Eiiat de classification des mon- 
naies bj/xantinei, l'a merveilleusement aidé 
il établir ce fait, qui aujourd'hui doit Être 
regardé comme incontestable : nous voulous 
parler de l'élude des surfrappes. En effet * 
comme le cuivre n* 8 nous offre les trace» 
d'une empreinte antérieure, où l'on retrouv* 
les restes du nom de Roger, tuteur de Boé- 
mond H, il s'ensuit nécessairement qua 
Harc Boémond ne peut avoir aucune préten- 
tion à revendiquer ces pièces, 6 moins que^ 
par respect pour son prédécesseur, il u'ait 
imité servilement les espèces qu'il avait pa 
émettre de prime abord. M. de Saulcy, en 
effet, nous montre que les habitants d'An- 
ttoche semblent avoir préféré , au moins 
dans la première partie de leur histoire mo- 
nétaire, les types archaïques. Les bronzes 
de Tancrède et de Boémond II nous en of- 
frent une preuve. 

Toutes les pièces de Tancrède sont de 
cuivre; les premières portent letrpede saint 
Pierre au droit, et au revers la fegende sui- 
vante, qui tient tout le champ : 




+ 

KE.BOl 
eHTO&T 
AOCOTT 
ANKPI 
-+- 
KuptEBOieU TOATAO (stc) COT TAKKPIAI. 

Plus tard, il substitue sa propre efSgl* 
h celle du patron d'Antioche ; et ce type , 
nous pouvons l'afiirmer avec certitude, a 
succédé au précédent, puisque M. de Saulcy 
l'a retrouvé sur des monnaies du méms 
prince è l'elTigie de saint Piecre. 



DICTIONNAIRE DE 




Au droit, du côté de la fleure de Taacrâder 
on lit KE. BO. TA^NKPi. [Setoneur, ayez pitié 
deTancridé] . Au revers IC. [Jésus) XL {Christ.} 
JHIKA {Triomphe). 

Tancrède est un héros que la France et 
fltalie réclament comme une de leurs illus- 
trations Il'S plus grandes. Cette précieuse 
médaille d'Antioche, outre le mérite do sa 
rareté, a donc encore celui de nous retra- 
cer, d'une manière bien imparfaite, il est 
Trai, les traits do ce grand homme. 11 s'est 
fiiit représenter de face i mi-corps, couvert 
de son armure, l'épée à la main; sa coiffure 
est singulière : on dirait un turban surmonté 
d'une croix. C'est à cette idée que s'est ar- 
rêté M. de Saulcy, et il en a conclu que 
l'héritier des Hauteville s'était empressé de 
fcire des concessions nombreuses a ses su- 
jets sarrasins. Et il faut en convenir, nous 
croyons qu'il arencontréjustc. Nos barons 
français, témoin Baimond de Saint-Gilles, en 
Brenant la croix, ambitionnaient autant le 
bonheur àegaagner, comme on disait alors, 
c'est-à-dire de se créer, aui dépens des 
mécréants ou des Grecs schismatiques, une 
rîche principauté, que de délivrer le Saint- 
iMpulcre des mains des infidèles. Le grand 
ToDcrède lui-même, M. de Saiilcy l'atteste, 
d'après les documents contemporains, ne 
déJoigna pas, pour servir son ambition, d'ap- 
pieler k son secours les ennemis du Christ, 
qui mirent un instant en péril, en acceptant 
son alliance, le comté cnrétien d'Edesse. 
Comibten de temps dura cette empreinte, on 
l'ignore, et on l'ignorera probablement tou- 

f' mrs ; mais il est un fait, c'est que Tancrède 
atbandonna pour revenir aux types purement 
byzantins. La figure de Jésus-Christ remplaça 
sa propre effigie ; le type général du revers, 
la croix fleuronnée par en bas, fut seule 
conservée. 

Jusqu'ici toutes les monnaies que nous 
avons eues à étudier sont purement grec- 
ques, et par le système, et par l'empreinte 
et par la légende. En voici d'autres (pi. Il 
n"* S, 6, 7 et 8), qui, byzantines par la forme 
et )a frappe, sont latines par leurs légendes. 
D'un câte parait J.-C. debout, bénissant ; il 
est désigne clairement par les sigles bien 
connus fC XC; de l'autre cAté, on voit la 
croix cantonnée des lettres majuscules ro- 
maines 

BNE I SÀL D I _ 




NUMISIUTIQUE. ANT 84 

Domine, lalvtm fat Taneredwn, ou plut6t , 
comme le veut M. de Saulcy, famulum /unn^ 
d'autant plus que c'est la traduction littérals 
de Ki^K pdT» tù 3ouX<^ troQ. Quelquefois l'i- 
mage de saint Pierre remplace ceUe du Sau* 
veur, 

Tancrède n'était pas seulement balle d'An- 
tioche, il possédait aussi la principauté do 
Galilée; c^st pourquoi M. de Saulcy se de- 
mande s'il ne faudrait pas regarder ces der» 
niéres espèces comme appartenant aux do- 
maines particuliers du baron normand. Nous 
n'avons qu'une réponse à faire à celte ques- 
tion : c'est que Roger, qui lui succéda dans 
le gouvernement d'Antioche pendant la mi- 
norité de Roémond II, et qui ne posséda ja- 
mais la Galilée, commença par copier ce 
'ype: ___ 

E^|!iNpl.ni.n-2et4). 
faIro 

.Cette circonstance aplanit certainement toute 
espèce de diâiculté. 

ÎPar une bizarrerie que nous ne saurions 
expliquer, Roger revient bientôt aux types et 
aux légendes byzantines : il place sur ses 
cuivres l'image en pied de la mère de Dieu, 
avec son nom abrégé à la manière des Grecs : 
■H. eT, puis U imite l'inscriptlOQ : 
+ 

KEBO 

leElTu 

GuAOTAO 

POTSa 

Pl<u 

que Tancrède mettait au revers de ses es- 
pèces. 

Non content de gouverner Antiocfae avec 
le titre de tuteur du jeune Boémond il, Ro- 
ger trouva plus simple de s'adjuger ^ lui- 
même la propriété de cette ville, et se St re- 
connaître comme prince souverain. Dès lors, 
il jugea à propos de changer le type de ses 
monnaies. Saint Georges à cheval, saint 
Georges, le patron des chevaliers, remplaça 
l'image dn Christ et de ta Vierge. Au revers 
on lit dans le champ, en lettres qui l'occu- 
pent en entier, comme du temps de Tan- 
crède et pendant la période qui précéda son 
usurpation : 

POTSEP 

npiFKn 

«CANT 
laX 

Nous omettons les variantes. nPlKHsc ou 
nPinnoc est curieux, puisque c'est du latin 
barbare transcrit en lettres grecques. C'est 
sur une de ces dernières médailles qu'a été 
enrfrappée une de celles de Boémond II. 

Le n* 10, pi. m, représente d'un côté saint 
Pierre à mi-oorps,donl le nom est exprimé par 
des sigles latins S. P.; de l'autre, le buste 
de face d'un prince, accompagné des lettres 
R. P. M.; de Saulcy attribue avec raison cette 
jolie monnaie k Renaud do Châtillon, baile 
de Boémond III (1152-1163). Nous nous ran- 
geons toat à fait à son avis. 



K 



ÂNT 



DICTIONNAIRE DE NUHISIIATIQUE. 



APT 



S6 



Ici se placent tout naturellement trois 
monnaies de bronze fort barbares, qui, par 
leur style monétaire, appartiennent à l'an* 
cien système byzantin, et oui cependant 
portent pour légendes les lettres latines 
AMTO pour Antiochia; la troisième mémo 
oflre en toute» lettres le nom de cette ville : 

AN 
TIOC 
HIE 

Les deux premières représenteni saint 
Georges et au revers une croix ; la légende, 
citée ci-dessus, occupe le champ tout entier 
de la dernière, d'un c6té; de l'autre, on re- 
marque une sorte de tiskèle cantonnée de 
quelques caractères que M. de Saulcy ne 
s'est pas chargé d'expliquer. Nous imite- 
rons sa réserve. {Voy. pi. IV, n*»» 1, 2 et 9.) 

Les monnaies que nous avons à examiner 
maintenant sont toutes monnayées d'après 
le système franc. Ce ne sont plus des pièces 
de bronze, mais bien des deniers de billon. 
A quoi attribuer ce changement, sinon à la 
réunion de la principauté de Tripoli à celle 
d'Antioehe, qui s'opéra vers cette époque ? 
A Tripoli, en effet, comme nous aurons oc- 
casion de le constater plus tard, on se servit 
toujours du système européen. Les princes 
d'Antioehe et de Tripoli voulurent , sans au- 
cun doute, que leurs sujets se servissent de 
monnaies analogues ; il est à noter pourtant 
que jamais à Antioche on n'employa l'em- 
preinte usitée à Tripoli, ni réciproquement. 

Tous les princes qui occupèrent dès lors 
ces deux seigneuries, à l'exception de Rai- 
mondRupiB,se nommèrent Boemond. M. de 
Saulcy se contente de cataloguer et de figu- 
rer les monuments numismatiques qu'ils 
nous ont laissés, sans essayer de les attri- 
buer à l'un plutôt qu'à l'autre. C'était, en 
effet, une tflcne fort difficile, et pour se dé* 
cider en faveur des uns ou des autres, il 
faudrait de longues dissertations que nous 
ne pouvons hasarder ici. Nous dirons cepen- 
dant que le n* 10 de la pi. IV nous parait le 
Eremier essai tenté pour abandonner les ha- 
itudes byzantines. En effet, d'un côté l'on 
y rencontre la légende k-ilinéaire 

AN 

fïoc 

HIA 

... 

et de l'autre, le château à trois tours que 
l'on trouve sur les monnaies des princes 
d'Achaïe, frappées à Glarenza, Clarenciay en 
Morée. Il est a noter encore que cette pièce 
est de bronze, comme les espèces précé- 
dentes et comme celles que nous connais- 
sons de Guillaume de Villehardoin. Le n" T, 
qui est de bronze également, porte pour 
type un S, signe qui se voit sur les deniers 




et en Lorraine, saas qu'on ait pu jusqu'ici 
déterminer le sens qu il représente. Certes, 
en copiant 1^ iiièaes émises par les princes 



d'Achaïe et les seigneurs d'Athènes, les sou- 
verains d'Antioehe voulaient faire circuler 
leurs monnaies daps toutes les possessions 
d'Orient occupées pair les croises. Le mon- 
navage latin a Antioohe est donc postérieur 
à 1 occupation de la Slorée. 

A la suite des deux médailles aue nous 
venons de citer, nous placerons celles où le 
prince d'Antioehe parait en buste, la! poi- 
trine revêtue d'une eotte de maille, et la tète 
couverte d'un casciue à nasal accosté d'un 
soleil et d'un croissant. (PI. III, n""" 11 et 
12.) Le croissant et le soleil sont un type 
particulier à Tripoli , oii il forme sur les 
espèces courantes l'empreinte principale; 
sans doute il l'a pris de là, La croix qui orne 
son heaume indiaue probablement qu'il se 
regardait comme le défenseur du Christ, sU 
non comme croisé. 

Parmi tous les deniers que les princes 
d'Antioehe ont émis, nous en remarquons 
quelques-uns qui portent pour type une 
ueur de lis à pied nourri; la forme et l'as- 
pect de ce symbole sont un des arguments 
les plus concluants en faveur de ceux qui 
prétendent que la fleur de lis est bien véri- 
tablement un emblème chrétien , symbole de 
la Vierge, et non le lotus égyptien ou fleur 
du hom persan. {Yoy. pi. IV, n"*" 4, 5 et 6.) 

Le n"" 8 de la pi. IV, qui porte pour toute 
légende + PRINGEPS, autour d'une croix 
cantonnée de quatre besants, et -f ANTIO- 
GHIE, autour d un temple déformé, est sur- 
tout remarquable, parce que c'est la copie 
en bronze d'un denier européen, que per-^ 
sonne n'a pu encore classer, et qui est une 
dégénérescence des monnaies frappées par 
Louis le Débonnaire ; car au movea Age on 
aimait à copier les types monétaires qui 
avaient créait auprès au peuple, et, sans 
s'inquiéter de leur signification primitive , 
on les calquait machinalement : peu impor- 
tait en effet au peuple ce qu'ils pouvaient 
représenter^ 

APPROCHER CARREAUX. Termede mon- 
nayage au marteau : après avoir eoupé les 
quatre ^ands ansles des carrés du métal 
qui devaient être Tabriqués en espèces , on 
en rognait tout autour les autres petits an- 
gles qui restaient, jusqu'à ce qu'ils appro- 
chassent du poids et de la rondeur des es- 
pèces. (A.) 

APT {Du droit de battre monnaie des M^ 

Îmes d'}. Notice par Duby, Monnaies des pré" 
ats et des barons, tom. II, p. 229. 

Apt, Apta Julia Vulgiensium, ville de 
France en Provence, située sur la rivière de 
Caleron, avec un évèché suffragant d'Aix , 
dont saint Auspice, qui vivait sur la fin du 
II* siècle, est regardé comme le plus ancien 
évêquo. 

L évêque d'Apt était autrefois seigneur de 
la ville par moitié avec le comte de Forcal- 

Suier; mais cette moitié fut donnée en fief à 
es seigneurs de Simiane, qui en faisaient 
hommage à l'évoque. C'est d'eux et en par- 
tie d'une dame nommée Mabile de Simiane, 
que le roi Robert, comte de Provence , ac- 
quit celte portion de la ville d'Apt en 1819. 



87 



ÂRG 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



ARG 



8g 



La reine Jeanne, petite fille et héritière de 
Robert, donna, en 1355, à Tévêque Bertrand 
de Haissenier une récompense pour ses 
droits féodaux. Elle acquiesça aussi à la pa- 
teate que Tempereur Charles IV avait don- 
née à ce prélat pour la confirmation des 
droits de son Eglise et pour le titre de prince 

Ïu'il pouvait prendre alors. (Voyez Tabbé de 
onguerue, Description de la France^ part, ii, 
pag. 374.) 

Les auteurs du Gallia Christiana assurent 
qu'il existe encore des pièces de billon mar- 
quées de la croix et de la mttre, qui attes- 
tent que les anciens évoques d'Apt jouis- 
saient du droit de battre monnaie. 

APURER L OR MOULU, terme de doreur 
sur métal ; c'est après que l'or en chaux a été 
amalgamé au feu avec le vif-argent, le laver 
dans plusieurs eaux pour en ûter la crasse 
et les scories. (A.) 

ARANEA, minerai dlargent qui ne se 
trouve que dans les mines de Potosi, et en- 
core dans la seule mine de Catemito. Son 
nom lui vient de quelque ressemblance au'il 
a avec la toile d'araignée, étant compose de 
fils d'argent pur, qui paraissent à la vue 
comme un galon d'argent qu'on aurait 
brûlé pour en ôter la soie : c'est le plus ri- 
che de tous les minerais. (A.) 

ARBRE, en terme de monnayage, signifie, 
dans la machine, qu'on appelle une jument, 
qui contient tout ensemble le dégrossi- 
ment et le laminoir, une grosse pièce de 
bois posée perpendiculairement, sur le haut 
de laquelle est la graiide roue à dents qui 
donne le mouvement aux lanternes et aux 
hérissons : on appelle encore dans cette ma- 
chine les arbres au hérisson et de la lantemef 
les axes ou essieux de fer qui en traversent 
6 diamètre par le centre, et qui ont, au 
bout, des pignons qui s'engrainent dans les 
roues du dégrossiment et du laminoir, 
On appelle pareillement, parmi les ouvriers 
des monnaies, Varbre du coupoirf une pièce 
de fer posée perpendiculairement, dont le 
bout d^n haut qui est à vis, se tourne 
avec une manivelle pour la faire baisser ou 
lever, et qui, è son autre bout, porte lecou- 
poir , c'est-à-dire un emporte-pièce d'acier 
Bien acéré pour débiter les lames d'or, d'ar- 
gent, ou d'autre métal, en flaons convena- 
bles aux espèces que l'on veut fabriquer. (A). 

Arbre , chez les tireurs d'or, est une es- 
pèce de cabestan dont le treuil est posé per- 
pendiculairement à huit ou dix pieds de 
haut ; deux barres ou leviers de vingt-quatre 
pieds de long le traversent en croix, et ser- 
vent à le tourner. C'est sur cet arbre que se 
roule le cable. (A.) 

ARCHEVÊQUES et EVÊQUES {monnaies 
des). Voy. la y partie de l'article France et 
les noms propres dans le Dictionnaire. 

AREB , monnaie de compte dont on se sert 
dans les Etats du grand Mogol, particulière- 
ment à Amadabath. Il faut quatre arebs pour 
un couron y lequel vaut cent lackes, et un 
lacke vaut cent mille roupies. (A.) 

ARGENT, métal blanc qui tient le second 
rang entre les métaux, et qui. aorÊs l'or, est 



le plus beau, le plus ductile et le plus pré- 
cieux. Il se trouve des mines d'argent dans 
les quatre parties du monde; l'Europe en a 
quantité , et la France même en a quelques- 
unes, mais qui ne sont ni riches, ni abon* 
dantes^ et dont la dépense pourrait excéder 
de beaucoup le produit. L'argent en Europe 
se sépaFe de la mine de la même manière que 
l'or, c'est-à-dire avec le vif-argent, à la ré- 
serve qu'il faut ajouter un quintal de sel en 
roche, ou d'autres sels naturels, pour chaque 
cinquante quintaux de matière qu'on veut 
travailler. Pour séparer ensuite le vif-ar- 
gent d'avec l'argent avec lequel il est amaU 
gamé, on «dresse un fourneau semblable à 
celui des fondeurs de cuivre, hors qu'il doit 
être couvert par en haut, et qu'on y met le 
feu par en bas : sur l'ouverture du haut om 
forme un comble d'argile de figure cylindri- 
que, mais qu'on n'engage point dans la con- 
struction du fourneau, afin qu'il puisse s'ôter 
et se remettre à volonté. La masse d'argent 
et de vif-argent ayant été mise ensuite au 
dedans du jToumeau, le comble se met au- 
dessus, et le feu s'allume au-dessous; ea 
sorte que le vif-argent, chassé par la chaleur,, 
s'élève en fumée dans le comble d'argile d'o£^ 
on le tire par un second travail, et l'argent 
reste seul pour être fondu et purifié. Le titre, 
de l'argent fin est à douze deniers, et chaque 
denier contient vingt-quatre grains de nn r 
pour le pousser à ce titre, quand il se trouve 
au-dessous, on le fait affiner, et cet aflinage 
se fait ordinairement par le moyen du plomb. 
On prépare pour cela une terrine de gréa 
qu'on appelle casse d'affinage, casse à affiner», 
ou coupelle d'affinage, et qu'on remplit de- 
cendrée composée de charrie de lessive (1)». 
et de cendres d'os de bœufs et autres os». 
Cette casse est ensuite mise sur le feu où on 
la fait rougir. Alors on y met l'aident et le 
plomb ensemble, par proportion d une livre 
de plomb par marc d'argent, et même d'un: 
peu plus de plomb si l'argent est de bas aloi^ 
et à mesure que ces métaux se fondent k 
grand feu, le cuivre, qui peut être mêlé avee 
l'argent, se dissipe en fumée, ou s'en va avea 
les crasses.; ce que fait aussi le plomb lui- 
même, l'argent restant seul dans la casse au 
titre et au degré de fin. On peut affiner jusqu'à 
deux mille marcs d'argent, et plus, suivant 
la grandeur de la coupelle. L'on retire ce ma» 
tal des coupelles de deux manières ; l'une, en 

f plongeant dans la matière purifiée, et encore 
iquide, une barre ou grosse canne de fer au- 
tour de laquelle l'argent s'attache en forme 
de coquille, ce qu'on fait à plusieurs fois^. 
l'autre, en faisaat refroidir la coupelle au: 
fond de laqpelle l'argent se fige en forme de 

{)ain. La première manière s^ppelie retirer 
'argent en coquille : la seconde, retirer l'ar- 
gent en plaque. Outre l'affinage de l'argent 
au plomb, il y a encore l'affinage au salpêtre 
dont il a été narlé à l'article de l'affinage. La 
coupelle est l'essai que l'on fait de l'argent 
sur une partie du métal ; elle s'opère, comme 

(1) Les charrées sont les cendres ^ui restent sur 
le cuvier, après qu'on a coulé la iefsrre. 



89 



ARG 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



ARG 



90 



raflinage» par le moyen du plomb : si l'ar- 
gent, après cette épreuve, conserve son 
poids, il est au titre de tin; s'il diminue on 
compte les grains, ou même les deniers de 
sa diminution, et par comparaison de la par- 
tie au tout, on juge de sa bonté et de son 
prix. (A.) 

. Argent le roi. On appelle argeni te roi 
'celui qui est à onze deniers douze grains, 

Sarce que nos rois n'ayant aucunes mines 
*or, Di d'amnt en France, ont accordé 
quelques pronts aux étrangers qui en appor- 
teraient, en leur payant l'argent qui était 
à onze deniers douze grains, comme s'il eût 
été à douze deniers (i). Suivant Poulain, 
on appelle argeni te roi celui qui est de 
même à onze deniers douze grains, c'est-à- 
dire qui tient une vingt-quatrième partie 
d'alliage ; il est appelé argent le roi, parce 
que DOS rois, de temps immémorial et avant 
le règne de Philippe le Bel , se sont servis de 
cet argent pour le pied et fabrication de leurs 
espèces d'argent, ann de compenser les traites 
qui sont toujours plus grandes, proportion* 
nellement sur la quantité des marcs d'argent 
en œuvre, que sur un marc d'or mis aussi en 
œuvre. D'autres prétendent que ce mot d'ar- 
geni le roi vient de ce qu'anciennement les 
barons et les prélats du royaume de France, 
qui avaient pouvoir de faire battre monnaie, 
étaient obligés de fabriquer leurs espèces 
d'argent à douze deniers de fin, le roi ne fai* 
sant ouvrer les siennes qu'à onze deniers 
douze grains fin seulement, et qui avaient 
cours néanmoins entre le peuple iK>ur le 
même prix que celle des prélats et barons. 
Nous lisons oans le registre Nosier^ folio 205, 




obole, ou à onxe deniers douze grains. Toutes 
les monnaies se travaillaient, jusque vers la 
moitié du xvii* siècle, en argent le roi, qui se 
compte comme Tarsent fin. Pour réduire l'ar- 
gent fin en argent le roi, il faut ajouter une 
maille à chaque sol que le marc d'argent 
vaut, parce qu'une maille est la vingt-qua- 
trième partie d'un sol. Si le mare d'ai^ent 
fin valait dix sols, le marc argent le roi de- 
Tait Taloir dix sols dix mailles, ou dix sols 
cinq deniers. On convertit l'argent fin en ar- 

Seat le roi, en ajoutant un grain sur chaque 
eaier de fin, et la vingt-quatrième partie 
d'un grain sur chaque grain; comme pour 
convertir de l'argent le roi en argent fin, il 
en faut retrancher la vingt-cinquième partie, 
e'est-è-dire rabattre un srain sur vingt-cinq 
grtfiiis : ce qui reste est la quantité d argent 
par fin. (A.) 

ARdEi«T MORiiÂTÉ est de l'argent mis en 
iBorceaux ronds et plats, qu'on nomme 
flaons, oui sont ensuite frappés sous le ba- 
lancier dans les lieux destinés à cet effet, et 
marqués de l'image ou des armes des princes 
ou Etats qui, comme souverains, ont oiroit de 
faire battre monnaie. La valeur n'en est point ^ 
fixe : elle hausse ou baisse suivant que les 

(!) Registre Noêter de la Chambre des Comptes. 



souverains le jugent nécessaire pour le bien 
de leurs Etats, ou l'avantage de leurs peu- 
I)les. Le pouvoir de battre monnaie appar- 
tient de droit aux rois, aux princes souve- 
rains et aux républiques. Une invention si 
nécessaire et si utile eût été facilement cor- 
rompue si chaque particulier eût eu la liberté 
de s'en servir. Il est vraisemblable qu'au 
commencement ce pouvoir fut déféré aux 
anciens et aux chefs des familles qui avaient 
les autres prérogatives; que les familles 
étant accrues, et les communautés qui en 
étaient composées se soumettant à la con- 
duite d'un chef, lui attribuèrent aussi ce 
droit, joignant le pouvoir de battre et de ré- 
gler la monnaie, à celui de commander, étant 
très-juste que ce qui était la base du com- 
merce et le prix de toute chose, reçût sa va* 
leur et son autorité de celui qui devait être 
le dépositaire et le protecteur de l'intérêt 
public; c'est pourquoi ce droit est estimé de 
sa nature incommunicable. D'autres cepen- 
dant en ont joui sans être souverains, mais 
. ils avaient quelque dignité attachée à leur 

Eersonne, tels que les prélats, ducs, comtes, 
arons, les communautés et les villes, soit 
par usurpation, usage, possession immémo- 
riale, ou par concession des souverains, qui 
ont toujours conservé, en l'accordant, des 
marques de dépendance, soit en donnant le 
titre, le poids et la forme des espèces, soit en 
se réservant le jugement de leur bonté, ou 
obligeant d'y faire graver leurs effigies, leurs 
armes , ou d'autres preuves de concession 

Îui n'a jamais été générale pour toute sorte 
e métaux. L'or a presque toujours été 
excepté comme le plus précieux : la permis- 
sion de l'employer n'a été accordée que très- 
rarement, et l'on punit rigoureusement ceux 
Ïui le font sans autorité. L'ordonnance de 
ouis XII , du mois de novembre 1506, ar- 
ticle 7; l'édit de François V\ du SI septem- 
bre 1543, article 19; les lettres patentes de 
Henri II, du 14 janvier 1549, et l'édit de ce 
même prince du mois de mars 1554, ar- 
ticle 18, défendent très-exbressément à toute 
sorte de personnes d'acheter de l'argent 
monnayé, soit du coin de France ou autre» 
pour le fondre, difformfer, ressouder, ou re- 
charger, sous peine de confiscation et d'a- 
mende, même de punition corporelle. (Â.) 

Argbiit trait, autrement fil d'argent, est 
l'argent qu'on a tiré au travers des trous de 
différentes filières successivement, et qu'on 
a réduit par ce moyen à n'être pas plus gros 
qu'un cheveu. Il y a de l'argent trait fin et de 
1 argent trait faux : ce dernier provient de 
lingots de cuivre argenté, que l'on a pareille- 
ment tirés et fait passer par les différents 
trous de ces différentes filières. (A.) 

Argent bu lave est de l'argent trait fin ou 
faux que l'on a applati entre deux rouleaux 
d'acier poli nour le disposer à être filé sur la 
soie ou sur le fil, ou pour être employé tout 
iplat dans la composition de certains ouvrages* 
comme boutonSj broderies, dentelles, étof- 
fes, etc. , pour les rendre plus brillantes et 
plus riches. L'argent en lame se nommo 
aussi aro'ent battu* (A.) 



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ABfi 



DICTIONNAIRE Ml NUMISMATIQUE. 



ARG 



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3 



ÀBGBNTPiLé, que Ton appelle ordinaire- 
ment du ûlé d'argent, est de Targent en lame 
dont on a couvert un long brin de soie, en 
le tortillant dessus par le moyen d'une roue. 
Il j a de l'argent fûé fin qui ne doit l'être que 
sur la soie, et de l'argent filé faux qui ne 
doit l'âtre que sur fil. (A.) 

Argent en fbuille , ou argent battu. Cet 
argent est celui que les batteurs d'or ont ré- 
duit en feuilles très-minces et très-déliées, 
à l'usage des doreurs en bois, en fc^r, etc. (A.) 

Argent en goqcille, est fait des rognures 
des feuilles, ou des feuilles même d'argent 
battu : on s'en sert à argenter quelques ou- 
vrages. L'argent en coquille se prépare de 
même que l'or en coquille. (A.) 

Argent fin, est de l'argent a douze deniers, 
qui est le plus haut degré de bonté où Ton 
le puisse pousser. (A.) 

Argent fumé; c'est de l'argent, soit trait» 
soit filé, soit battu, et écaché, qu'on expose 
longtemps à la fumée pour lui faire prendre 
couleur et le vendre ensuite pour de l'argent 
doré. Il est très-expressément défendu, par 
les arrêts et règlements, notamment par les 
arrêts du conseil des 33 novembre 1680, 
10 novembre 1691, par les arrêts de la cour 
des monoaies du 7 avril 1693, et par celui en 
forme de règlement du 8 avril 1750, à tous 
maîtres tireurs d'or, passementiers, tissu- 
tiers, rubaniers, boutonniers, frangers, et 
autres ouvriers, et à toutes personnes de 
uelque condition et qualité qu'elles soient, 
'employer aucun parfum ou fumage, en 
quelque sorte et manière que ce soit, tant 
sur les lames que sur les traits, ou filés d*or 
et d'argent, et d'emplover dans les galons, 
dentelles, passements , boutons, et autres ou- 
vrages d'or et d'argent, aucunes lames, traits 
ou filés tjni aient été fumés ou parfumés : et 
à tous marchands de vendre ou débiter aucun 
de ces ouvrages qui aient été fumés ou fa- 
briqués avec des traits, lames ou filés fu- 
més, le tout sous les peines portées par les 
règlements, etc. (A.) 

Argent favx, est un lingot de cuivre rou^e 
couvert de feuilles d'argent à plusieurs fois 
par le moyen du feu, à l'usage des tireurs 
d'or. (A.) 

^ Argent ras ou Bas argent, est de l'argent 
au-dessonS du titre des espèces, jusqu'à six 
deniers : quand il est plus bas que six de- 
niers, on le nomme billon d'argent. {A.) 

Argent tenant or. Quand l'or est au-des« 
sous de dix-sôpt carats, et qu'il est allié sur 
le blanc, il pera son nom et sa qualité d'or^ 
et n'est plus qu'argent tenMt or. (A.) 

Argent de cendrée. C'est une poudre 
d*argent qui se trouve attachée aux plaques 
de cuivre qu'on a mise dans l'eau-forte qui a 
servi h l'amnage de l'or, après qu'elle a été 
mêlée d'une certaine portion d eau de fou'- 
taine. L'argent de cendrée est estimé à douze 
deniers, qui est le titre de l'argent le plus 
fin. (A.) 

Argent en pâte. C'est de l'argent prêt à 
être mis en fonte dans le creuset. 

Argent de coupelle, est de l'argent à onze 
ileniors vingt-trois gcaius. 



Argent appelé lune par les chimistes. Cet 
argent reçoit plusieurs préparations; on tire, 
une teinture d'argent ou de lune lorsqu'on 
le fait dissoudre en petites lames, ou gre- 
nailles dans de l'esprit de nitre, et qu'on 
verse cette dissolution dans un autre vase 
rempli d'eau salée : par ce moyen l'arsent se 
précipite aussitôt en poudre fort blanche 
qu'on lave plusieurs fois dans de l'eau de 
mntaine. On met cette poudre dans un ma- 
tras; on verse dessus de l'esprit de vin rec- 
tifié, et du sel volatil d'urine; on laisse digé- 
rer cettejnatière à quelque chaleur tempérée 
pendant quinze jours, aurant lesquels Tes- 

E rit-de-vin se colore d'un bleu céleste très- 
eau, et on le fait entrer dans la composition 
de divers remèdes : on le nomme aussi lune 
potable. On transforme encore l'argent en 
cristaux par le moyen du même esprit de 
nitre, et c est ce qu'on appelle vitriol de lune, 
La lune caustique, que l'on nomme plus 
communément pierre infernale, n'est autre 
chose que de 1 argent dissous dans de l'eau 
forte qu'on laisse cristalliser. (A.) 

Argent en bain , est celui qui est en fu* 
sion actuelle. L'argent est, après Tor, le mé^ 
tal le plus fixe.Kunckel ayant laissé pendant 
un mois de l'aigent bien pur en fonte dans 
un feu de verrerie, trouva après ce temps 
qu'il n'avait diminué que d'une soixante- 
quatrième partie. Hâston de Claves exposa de 
même de 1 argent dans un fourneau de ver- 
rerie, et l'ayant laissé deux mois dans cet 
état, il le trouva diminué d'un deuxième, et 
couvert d'un vert couleur de citron. On ue 
peut douter que celte diminution ne provint 
de la matière qui s'était séparée et vitrifiée 
à la surface de l'argent, et on peut assurer 
que ce vert n'est jpoint un argent dont les 
principes aient été détruits par le feu; c'est 
plutôt ua composé de cuivre» de plomb et 
d'autres matières étrangères qui se trouvent 
presque toujours dans l'argent. L'argent est 
moins ductile que l'or, il l'est plus qu'au- 
cun des autres métaux. Le pouce cube d'ar- 
gent pèse six onces cinq gros et vingt-six 
grains. (A<) 

Argent, est dans notre langue un terme 
générique, sous lequel sont comprises toutes 
les espèces de signes de la richesse» courants 
dans le commerce, or, argent, monnaies, 
billets de toute nature, etc. , pourvu que ces 
signes soient autorisés par les lois de l'Etat. 
L'argent, comme métal, a une valeur comme 
toutes les autres marchandises, mais il en a 
encore une autre, comme signe de oes mar- 
ehandises. Considéré comme signe, le prince 
peut fixer sa valeur dans quelques rapports 
et non dans d'autres ; il peut établir une pro- 
portion entre une quantité de ce métal, 
comme métal, et la même quantité comme 
signe (i) : fixer celle qui est entre divers mé- 
taux employés à la monnaie : établir le poids 
et le titre ue chaque pièce, et donner à la 

Eièce de monnaie la valeur idéale, qu'il faut 
ien distinguer de la valeur réelle, parce que 
l'une est intrinsèque, l'autre d'institution: 

{i) EiprU àei Un^ toui* IL 



tM 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



ARG 



94 



Tune de la naturey l'autre de la loi. Une 
Kraiide quantité d'or et d'argent est toujours 
uiTorable, lorsqu'on regarde ces métaux 
comme marchandise ; mais il n'en est pas de 
nièmd lorsqu'on les regarde comme signe» 
parce que leur abondance nuit à leur qualité 
de signe, qui est fondée sur la rareté. 
( L'argent est une richesse de fiction ; plus 
oeUe opulence fictive se multiplie, plus elle 
perd de son prix, parce qu'eue représente 
moins : c'est ce que les Ëspagaols ne com- 
prirent pas lors de la conquête du Mexique 
etduPérou. L'or et l'argent étaient alors très- 
rares en Europe. L'Espagne, maîtresse tout 
d'un coup d'une très-grande quantité de ces 
métaux, conçut des espérances qu'elle n'a- 
vait jamais eues. Les richesses représenta- 
tiTOS doublèrent bientôt en Europe, ce aui 
parut en ce que le prix de tout ce qui s a- 
efac^ fut environ du double : mais Targcnt 
ne put doubler en Europe, que le profit de 
l'exploitation des mines , considéré en lui- 
mAme , et sans égard aux pertes que cotte 
exploitation entraîne, ne diminuât du double 
pour les Espagnols, qui n'avaient chaque 
année que la même quantité d'un métal qui 
était devenu la moitié moins précieux. Dans 
le double de temps, l'argent doubla encore, 
et le profit diminua encore de la moitié ; il 
diminua même dans une progression plus 
Ibrte. En voici la preuve qu'en donne l au- 
teur de VEsprit des lois ( tom. Il, pag. ^8 ) ; 
Pour tirer l'or des mines, pour lui donner 
les préparations requises et le transporter 
en Europe, il fallait une dépense quelconque. 
Soit cette dépense, comme un est à soixante- 
quatre; quand l'argent fut une fois doublé, 
et par conséquent la moitié moins précieux, 
la dépense fut comme deux à soixante-quatre. 
Cela est évident. Ainsi , les flottes qui ap- 
posèrent en Espagne la même quantité d'or, 
apportèrent une chose qui réellement valait 
la moitié moins et coûtait la moitié plus. 
Si on suit la même proportion, on aura celle 
de la cause de l'impuissance des richesses de 
l'Espagne. 

D 7 a environ deux cents ans que l'on tra- 
Taille les mines des Indes. Soit la quantité 
d'argent qui est à présent dans le monde qui 
commerce, à la quantité d'argent qui y était 
avant la découverte , comme trente-deux est 
è un, c'est-à-dire qu'elle ait doublé cinq fois; 
dans deux cents ans encore, la même quan- 
tité sera à celle qui était avant la décou- 
rerte, comme soixante-quatre est à un, c'est- 
à^lire qu'elle doublera encore. Or, à présent, 
cinquante quintaux de minerai, pour l'or, 
donnent quatre, cinq et six onces d'or; et 
quand il n yen aquecieux,lemineurne retire 
que aes frais. Bans deux cents ans, lorsqu'il 
n'y en aura que quatre, le mineur ne tirera 
aussi qae ses frais ; il aura donc peu de pro- 
fit à tirer sur l'or. Môme raisonnement sur 
l'argent, excepté que le travail des mines 
d'argent est un peu plus avantageux que ce- 
lui des mines d or. 

Si Ton découvre des mines si abondantes 
qu'elles donnent plus de profit , plus elles 
aeroiit d)ondante9y plus t6t le proht finira. 



Si les Portugais ont en effet trouvé dans 
le Brésil des mines d'or et d'argent très- 
riches, il faudra nécessairement que le pro- 
fit des Espagnols diminue considérablement, 
et le leur aussi. 

J'ai ouï déplorer plusieurs fois , dit l'aur 
teur qu'on vient de citer, l'aveuglement, du 
conseil de François I", qui rebuta Christo- 
phe Colomb, qui lui proposait les Indes : ea 
vérité, on fit peut-être, par imprudence, une 
chose bien sage. En suivant le calcul qui 
précède, sur la multiplication de l'argent en 
Europe, il est facile de trouver le temps où 
cette richesse représentative sera si com- 
mune qu'elle ne servira plus de rien. Hais 
quand cette valeur sera réduite à rien, qu'ar- 
rivera-t-ilî Précisément ce qui est arrivé 
chez les Lacédémoniens , lorsque l'argent, 
ayant été précipité dans la mer, et le fer 
substitué à sa piace , il en fallait une char- 
retée pour conclure un très-petit marché. 
Ce malheur sera-t-il donc si grand? Et croit- 
on que quand ce signe métallique sera de- 
venu, par son volume, très-incommode pour 
le commerce , le^ hommes n'aient pas l'in- 
dustrie d'en imaginer un autre? Cet incon- 
vénient est , de tous ceux qui peuvent arri-* 
ver, un des plus faciles à réparer. 

Si l'argent est également commun partout, 
dans tous les royaumes; «si tous les peuples 
se trouvent à la fois obligés de renoncer au 
signe,iln'yapointdemal;ilyam6mettnbien, 
en ce que les particuliers les moins opulents 
pourront se procurer des vaisselles propres, 
saines et solides. C'est apparemment d'après 
ces principes, bons ou mauvais, que les Es- 
pagnols ont raisonné, lorsqu'ils ont défendu 
d'employer l'or et l'argent en dorures et 
autres superfluités. On dirait qu'ils ont craint 
que ces signes delà richesse ne tardassent trop 
longtemps à s'anéantir, à force de devenir 
communs. 

Il suit, de tout ce qui précède, que Tor et 
l'argent se détruisant peu par eux-mêmes, 
étant des signes très-durables, il n'est pres- 
que d'aucune importance que leur quantité 
absolue n'augmente pas, et que cette au- 
gmentation peut à la longue les réduire à 
l'état des choses communes , qui n'ont de 
prix qu'autant qu'eiïes sont utiles aux usages 
de la vie, et par conséquent les dépouiller de 
leur qualité représentative, ce qui ne serait 
peut-être pas un grand malheur pour les 
petites républiques. Il n*en est pas de même 
pour les grands Etats , car on conçoit bien 
que ce qu'on a dit plus haut n'est que 
pour faire sentir, d'une manière frappante, 
Tabsurdité de l'ordonnance des Eispagnofs 
sur l'emploi de l'or et de l'argent en meubles 
et étoffes de luxe. Mais si l'ordonnance des 
Espagnols est mal raisonnée, c'est qu'étant 
possesseurs des mines, on conçoit combien 
il était de leur intérêt que'la matière qu'ila 
en tiraient s'anéantît et devînt peu commune» 
afin qu'elle en tût d'autant plus préoieuscj 
et non précisément par le danger qu'il y 
avait que ce signe de la richesse fût jamais 
réduit à rieU; à force de se multiplier^ c'est 



95 



ÀRG 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



ARG 



ce dont on se convaincra facilement par le 
calcul qui suit. 

Si rétat de l'Europe restait encore, durant 
deux mille ans , exactement le même qu'il 
est aujourd'hui, sans aucune vicissitude sen- 
sible ; que les mines du Pérou ne s'épuisas- 
sent point et pussent toujours se travailler, 
et que par leur produit l'augmentation de 
l'argent en Europe suivît la proportion des 
deux cents premières années, celle de trente- 
deux à un; il est évident que, dans dix-sei)t 
ou dix-huit cents ans d'ici, l'argent ne serait 
pas encore assez commun pour ne pouvoir 
être employé à représenter la richesse. Car 
si l'argent était -deux cent quatre-vinat-huit 
fois plus commun, un signe équivalent à 
notre pièce de vingt-quatre sous devrait être 
deux cent quatre-vingt-huit fois plus grand, 
ou notre pièce de vingt-quatre sous n équi- 
vaudrait alors qu'à un signe deux cent qua- 
tre-vingt-huit fois plus petit. Mais il y a cfeux 
cent auatre-vingt-huit deniers dans notre 
pièce ae vingt-quatre sous ; donc notre pièce 
de vingt-quatre sous ne représenterait ators 
que le denier : représentation qui serait, à la 
vérité, fort incommode, maiS'qui n'anéanti- 
rait pas encore tout à fait, dans ce métal, la 
qualité représentative. Or, dans combien de 
temps pense-t-on que Tardent devienne deux 
cent quatre-vingt-huit fois plus commun, en 
suivant le rapport d'accroissement de trente- 
deux à un par deux cents ans? Bans dix- 
huit cents ans, à compter depuis le moment 
où l'on a commencé a travailler les mines, 
ou dans seize cents ans, à compter d'aujour- 
d'hui ; car trente-deux est neuf fois dans 
deux cent quatre-vingt-huit, c'est-à-dire que 
dans neuf fois deux cents ans, la quantité 
d'argent, en Europe, sera à celle qui y était 
quand on a commencé à travailler la mine, 
comme deux cent quatre-vingt-^huit à un. 
Mais on a supposé que dans ce long inter- 
valle de temps , les mines donneraient tou- 
jours également; qu'on pourrait toujours les 
travailler , que l'argent ne souffrirait aucun 
déchet par 1 usage, et que l'état de l'Europe 
durerait sans aucune vicissitude : supposi- 
(ions dont quelques-unes sont fausses, et 
dont les autres ne sont pas vraisemblables. 
Les mines s'épuisent, ou deviennent impos- 
sibles à exploiter par leur profondeur; l'ar- 
gent déchoit par l'usage. Ce déchet est beau- 
coup plus considérable qu'on ne pense, et il 
surviendra nécessairement , dans un inter- 
valle de deux mille ans, à compter d'aujour- 
d'hui , quelques-unes de ces grandes révo- 
lutions dans lesquelles toutes les richesses 
d'une nation disparaissent presque entière- 
ment, sans qu'on sache bien ce qu'elles de- 
viennent. Elles sont où fondues dans les em- 
brasements, ou enfoncées dans le sein de la 
terre. En un mot, qu'avons-nous aujourd'hui 
des trésors des peuples anciens? Presque 
rien. Il ne faut pas remonter bien haut dans 
notre histoire pour y trouver l'argent entiè- 
rement rare, et les plus grands édifices bâtis 
pour des sommes si modiques, que nous en 
sommes aujourd'hui tout étonnés. Tout ce 
qui subsiste d'anciennes monnaies, disoer- 



sées dans les cabinets des antiquaires, rem- 
plirait à peine quelques urnes; qu'est de- 
venu le reste? 11 est anéanti ou répandu dans 
les entrailles de la terre , d'où les socs de 
nos charrues font sortir de temps en temps 
un Antonin, un Othon, ou l'effigie précieuse 
que autre empereur. 

Les rois ont toiy ours défendu, sous des puni- 
tions corporelles et confiscations, à quelque 
personne que ce fût, d'acheterde l'argent mon- 
nayé, soit au coin de France ou autre, pour 
le déformer, altérer, refondre ou recharger. 
L'argent monnayé ne paye point de droits 
d'entrée; mais on ne peut le laire sortir sans 
permission. (A.) Yoy. Or. 

Argent blanc , se dit de toute monnaie 
fabriquée de ce métal. Notre argent blanc, 
aujourd'hui, consiste en écus de six livres, 
en demi-écus valant trois livres, cinquièmes 
d'écus valant vingt-quatre sols, dixièmes 
d'écus valant douze sols, et vingtièmes d'é- 
cus valant six sols. (A.) 

Argent de permission. On nomme ainsi» 
dans la plupart des villes des Pays-Bas fran- 
çais ou autrichiens, ce qu'on nomme ailleurs 
argent de change. Cet argent est différent de 
l'argent courant, les cent florins de permis- 
sion valant cent huit florins et un tiers cou- 
rant. Il en est de même des livres de 
gros. (A.) 

Argentée , c'est appliquer et fixer des 
feuilles d'argent sur des ouvrages en fer, en 
cuivre ou autres métaux ; en bois, en pierres, 
en écailles ; sur la toile, sur le papier^ etc.» 
pour faire paraître ces ouvrages, en tout oa 
en partie, comme s'ils étaient d'argent. L'ar- 
genture sur les métaux diffère totalement de 
l'argenture sur les autres matières. On fait 
usage du feu pour argenter les métaux, et 
pour les autres manières d'argenter, on se 
sert seulement de quelques matières gluti- 
neuses, qui prennent sur les feuilles d'argent 
et sur les pièces qu'on veut argenter. 

Pour^argenter sur fer ou sur cuivre, il y a 
plusieurs opérations : la première, c'est d'^ 
morfiler. On entend par ce terme enlever le 
morfil ou les vives-arrêtes d'un ouvrage qui 
a été fait au tour, ce qui s'exécute avec aes 
pierres à polir, et par les apprentis. La se- 
conde, cest de recuire. Quand les pièces 
sont bien émorfilées, les recuire, c'est les 
faire rougir dans le feu, pour les plonger, 
après qu'elles sont un peu refroidies, dans de 
l'eau seconde, où on les laisse séjourner un 
peu de temps. La troisième, c'est de les pat^ 
cer : les poncer, c'est, après qu'elles ont été 
recuites , les éclaircir en les irottant à l'eau 
avec une pierre de ponce. La quatrième con- 
siste à faire réchauffer médiocrement la pièce 
éclaircie, et la replonger dans l'eau seconde. 
Elle sera chaude au degré suffisant pour être 
plongée, si rébullitlon qu'elle causera dans 
l'eau, en y entrant, est accompagnée d'un 
peu de bruit. Le but de cette quatrième opé- 
ration est de disposer la pièce, en lui don- 
nant de petites inégalités insensibles, à pren- 
dre plus fermement les feuilles d'argent qui 
doivent la C(»uvrir. 

Lorsqu'on veut que l'argenterie soit solida 



97 



ARG 



DIGTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



ARG 



et 9urable, on fait une cinquième opération, 
qui est de hacher les pièces, c'est-a-dire d'y 
pratiquer un nombre prodigieux de traits en 
tous sens. Ces traits s'appellent des hachu-- 
resy et donnent à l'ouvrage le nom d'argent 
liâcbé; ils se font avec le tranchant d'un 
couteau d'acier, dont la forme et la grandeur 
sont proportionnées aux différentes parties 
de Touvrage à hacher. La sixième opération 
consiste è bleuir les pièces hachées. Pour 
cet effet, on les fait réchauffer pour ne plus 
les laisser refroidir qu'elles ne soient ache- 
vées. Cette opération s'appelle bleuir, parce 
Sue le degré de chaleur qu'il convient de 
onner est celui qui change en bleu la sur- 
face de la pièce qui était auparavant d'une 
belle couleur jaune, si c'était au cuivre. Mais 
comme les pièces doivent être chaudes dans 
tout le reste du travail, on est obligé de les 
monter sur des tiges ou sur des châssis de 
fer qu'on appelle tnafidrim. Il y a des man- 
drins d'une infinité de formes et de gran- 
deurs différentes, selon le besoin et les dif- 
férentes sortes d'ouvrages qu'il faut argen- 
ter. S'il s'agit, par exemple, d'argenter une 
pièce plate , telle qu'une assiette , on la 
monte sur un mandrin fait en châssis ou à 
coulisse ; si c'est, au contraire, un pied de 
chandelier, ou autre pièce sembable percée 
d'un trou , on y fait passer une broche de 
fer terminée par une vis, sur laquelle broche 
on fixe l'ouvrage par le moyen d'un écrou. 
Cette broche, qui se peut mettre dans un étau 
quand il en est besoin , s'appelle aussi un 
mandrin. Il n'y a guère de ressemblance 
entre la forme de ce mandrin et celle du 
mandrin précédent; mais l'usage étant abso- 
lument le même, on n'a pas fait deux noms, 
et l'on a eu raison ; on distingue seulement 
ces outils par ceux des pièces auxquels 
ils doivent servir : ainsi on dit mandrin 
è aiguière, mandrin à assiette, mandrin 
à plat, mandrin à chandelier. 

h%s feuilles d'argent, dont on se sert ici 
pour argenter, ont cinq pouces en carré : 

auarante-cinq de ces feuilles pèsent un gros. 
^n commence par en appliquer deux à la 
fois sur les pièces chaudes que l'on veut 
argenter. Cette opération est la septième ; 
elle consiste proprement à argenter , mais 
elle s'appelle charger. On prend les feuilles 
d'argent de la main gauche, avec des pinces 
qu'on appelle bruxeïles; on tient de l'autre 
main un brunissoir d'acier qu'on appelle 
bruniêsoir à ravaler. L'action de ravaler con- 
siste à presser, avec cet instrument, les 
I feuilles anpliquées contre la pièce, en les 
frottant. On a des brunissoirs à ravaler de 
différentes formes et grandeurs, pour servir 
aux différentes parties des ouvrages. Les 
uns sont droits , les autres courbes , mais 
tous d'un bon acier bien trempé, Irès-polis, 
et parfaitement arrondis par leurs angles, 
de manière qu'ils puissent aller et venir sur 
Touvrage sans y faire des raies. Ils sont aussi 
eounancbés de bois : ce manche de bois est 
un bAton cylindrique, de longueur et gros- 
seur convenables, garni d'une frette de cui* 
vre par le bout, et oercé, dans toute sa lon- 



gueur, d'un trou dans lequel est cimentée la 
tige du brunissoir. La frette empêche le 
manche de fendre, ou en contient les parties 
quand il est fendu. S'il arrivait que la pièce 
eût été trop frappée de feu dans quelques 
endroits, on la grattebosserait. Gratteboaser 
une pièce , c'est en emporter, avec un in- 
strument de léton appelé grattebosse^ une 
poussière noire qui s'est formée à sa surface. 
Cela fait, on continue d'appliquer des feuilles 
ou de charger comme auparavant. On tra- 
vaille deux pièces à la fois , et tandis que 
l'une chauffe, on opère sur l'autre, soit 
quand on charge, soit quand on brunit. On 
entend, comme on voit, par charger, la 
même chose que par appliquer. Après que la 
pièce est chargée de deux feuilles d'argent, 
on la fait récnauffer à peu près au même 
deçré de chaleur qu'elle avait auparavant, 
puis on la reprend^ et on lui applique qua- 
tre feuilles d'argent à la fois. Ces quatre 
feuilles deviennent adhérentes entre elles et 
aux deux premières, et pour égaUser partout 
cette adhérence, on passe sur cette seconde 
application ou charge, un brunissoir à bru- 
nir. Les brunissoirs à brunir sont d'acier ; 
il y en a de différentes grandeurs et figures : 
ils ne diffèrent de ceux à ravaler que par la 
longueur de leur manche. Cette première 
brunissure ne se donne point A fond, comme 
celle qui doit terminer l'ouvrage et qui sera 
expliquée plus bas; on continue de charger 
quatre à quatre feuilles, ou six à six, jus- 
qu'à ce qu'on en ait mis , les unes sur les 
autres, jusqu'à vingt, trente. Quarante, cin- 
quante, soixante, selon que Ton veut don- 
ner à la pièce une argenture plus durable et 
plus belle. 

Lorsque les pièces sont autant chargées 
qu'on le veut, oh ies brunit à fond avec les 
brunissoirs cités ci-dessus, et c'est la der- 
nière opération. Pour cela, l'ouvrier tient le 
brunissoir de la main droite, par le manche, 
et de la main gauche , près du fer; avec la 
droite on élève le mancne, avec la gauche on 
baisse le fer, ce qui fait que la gauche fait 
point d'appui , et que l'autre extrémité du 
brunissoir est fortement appuyée contre la 
pièce. L'ouvrier fait aller et venir cette ex- 
trémité sur toute l'argenture , et l'ouvrage 
est achevé. 

On désargente en faisant chauffer la pièce 
argentée, et la trempant dans l'eau seconde, 
la faisant chauffer et la trempant de rechef, 
jusqu'à ce que l'eau ait pris toute l'argenture. 
Ou pratique cette opération quand il s'agit 
de fondre des pièces ou de les réargenter. 
Il ne faut pas laisser longtemps séjourner la 
pièce dans l'eau seconde , sur la fin surtout 
de l'opération ; cette eau prendrait infailli- 
blement sur le corps de la pièce, et y forme- 
rait des inégalités quand on la réargente- 
rait, ce qui donnerait à sa surface un air 
raboteux et désagréable. (A.) 

ARGENTURE, se prend en deux sens dif- 
férents, ou pour l'art d'appliquer des feuilles 
d'argent sur quelques corps, ou pour les 
feuilles mêmes appliquées. Quant à l'argen- 
ture prise dans le second sens, il faut qu'elle 



M 



ARL 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



ARL 



100 



soit forte , fortement appliquée , égale par- 
tout, bien unie. Le but de cette façon est de 
donner l'apparence de l'argent à ce qui n'en 
est pas. Si dona on apercevait à Tœil, dans 
la pièce arçentée, quelque différence d'avec 
\ine pareÙTe pièce qui serait d'argent, l'ar- 
genture est mal faite. Elle est mauvaise, si 
elle est inégale , non adhérente , légère et 
raboteuse, et si l'argent est mauvais. (A.) 

ARGUE, mot tiré du grec, à cause que 
l'invention et la machine ont été apportées 
de Grèce; sorte de machine dont les tireurs 
d'or se servent pour dégrossir et rendre plus 
menus leurs lingots d'or et d'argent, ou de 
cuivre , en les feisant passer de force à tra- 
vers certaines grosses filières dont les per- 
tuis ou trous ronds vont toujours en dimi- 
nuant de grosseur. (A.) 

II y a aussi de grosses tenailles courtes, 
dont les mords sont crénelés en dedans, et 
les branches crochues paries extrémités. Les 
mords servent à serrer le bout du lingot, et 
les crochets pour accrocherles tenailles à l'un 
des bouts des cables ; l'autre extrémité est 
attachée au corps de l'arbre que huit hom- 
mes font tourner, par le moyen des barres, de 
tnanière que le cable , venant à se tortiller 
Sur l'arbre, se raidit de telle sorte, et avec 
tant de force, qu'il attire avec lui la tenaille 
et le lingot, qui s'allonge et s'amenuise à 
mesure qu'il passe à travers le pertuis de la 
filière. On frotte le lingot de cire neuve, pour 
qu'il puisse passer avec plus de facilité. (A.) 
. ARGUE ROYALE, est le lieu où le bureau 
public, établi à Paris pour la conservation 
des droits de marque sur les ouvrages d'or 
et d'argent, où les tireurs d'or sont tenus de 
porter leurs lingots d'or et d'argent pour y 
être tirés et dégrossis, et les droits de mar- 
que payés aux commis préposés à cet effet, 
n'étant pas permis aul orfèvres, tireurs d'or, 
et aulres, aavoir, en leurs maisons et bou- 
tiques, aucunes argues ni machines propres 
à tirer et dégrossir les lingots d'or et a'ar- 
gent. {K^ 

ARGUER, en terme de monnaie, c'est pas^ 
ser les métaux par les filières de l'argue pour 
les dégrossir, avant de les passer en fil. On 
dit plutôt tirer à l'argue. 

ARLES, {Monnaie des archevêques d'). No- 
tice par Duby, Monnaie des prélats et barons 
de France t.I, p. 1 (1). 

AitiBS, Arelatum, Arelatœf Arelate^ etc., 
est une grande et ancienne ville, dans le 
gouvernement de Provence, avec un arche- 
vêché. Saint Trophime, qui vivait vers le 
milieu du iii* siècle, en est le premier ôvè- 

3ue. Elle était autrefois capitale du royaume 
e ce nom. Constantin aimait beaucoup 
cette ville, il y fit des embellissements con- 
sidérables, et la nomma Constantine;nom 
(qu'elle conservait encore du temps d'Hono- 
rius : son heureuse situation la rendit une 
des villes les plus commerçantes des Gaules, 
et après Trêves elle y tenait le premier 
rang. 
L empereur Louis l'Aveugle, fils doBoson 

(1) Voyez aussi Duby, t. I, pag. xu. 



roi d'Arles, confirma à l'élise d'Arles le 
droit de battre monnaie qui lui avait été 
accordé par Boson; cette confirmation fut 
faite la vingtième année du règne de Louis- 
c'est à-dire l'an 921 (2). 

En llihS, l'empereur Conrad Ht confirma 
h l'archevêque Raimond de Hontrond le 
droit de battre monnaie (3), et cette confir- 
mation fut renouvelée en 116i par Frédéric 
Barberousse, successeur de Conrad III, en 
faveur de Raimond de Bolène. Le pape 
Urbain III, confirma, en 1186, à l'archevêque 
Pierre Ainard, le privilège de faire battre 
monnaie. Ce prélat chargea Pierre du Tour, 
de fabriquer de la monnaie à Arles, au 
nom de l'église de . Saint-Trophime et au 
sien, à condition qu'il donnerait à cette 
église et à l'archevêque, douze deniers pour 
chaque livre de monnaie uu'il fabriquerait. 
L*archevêque Michel de Morèse, avait le 
même droit au château de Beaueaire, en 
1212; peu après il le céda à Simon, comte do 
Montfort, ainsi que le château, à conditioa 
de lui donner un denier par livre. 

Les archevêques d'Arles se sont mainte- 
nus jusq.u*au milieu du xvi* siècle dans le 
droit de battre monnaie ; ils l'exerçaient dans 
Montdragon, oii ils avaient des oiiiciers des 
monnaies. Aucun évêque (lu royaume n'a 
joui aussi longtemps de ce glorieux privi- 
lège, accordé et confirmé aux archevêques 
d'Arles, par une foule d'actes successifs, 
cités par les historiens, entre autres Bu- 
cauge, le Gallia Chris tianaf Duport, Alteserre, 
Pierre Saxius, etc. 

On trouvera aussi dans le savant mémoire 
de M. de Saint-Vincent, sur les monnaies 
de Provence, un extrait satisfaisant d'une 

Î;rande partie de ces actes si honorables à 
'église d'Arles. 

Cependant on ne trouve aucun pavement 
stipulé en monnaie d'Arles, et il n en est 
jamais fait mention, dans les conventions 
des particuliers. On peut présumer, avec 
M. de Saint- Vincent que la monnaie des ar- 
chevêques d'Arles était au même taux que 
celle cfu prince, et que conséquemment elle 
était comprise sous la dénomination de 
monnaie courante. 

^ Les neuf premières pièces que je donne 
ci-dessous ne peuvent pas être attribuées 
à un archevêque certam, plusieurs mèoie 
d'entre elles appartiennent au cbapiire de 
Saint-Trophime \J^}. 

N** 1 . AAcuiEPisGOPiis. Dans le cbampf une 

crosse. 

(â) Duporl, Histoire <U Nglise d'Arles, dit qpe ce 
fui le roi Boson qui domia le droit de battre mon- 
naie à Uaoassés, archevêque d'Aries et son parent, 

par des lettres pateutes, daiées de la 20* année de 
son règne : cet auleur s'est cTldeiuinent trompé^puis- 
que Boson mourul en 887, n'ayant réuné que i8 an^ 
et que Manassès ne fut mis qu'en 91?, sur le siège 
d'Arles; le fils de Boson avait reçu la couronne im- 
périale à Rome, au mois de lévrier 90i. 

(3) Raimond, eu vertu de ce privilège, fit fibriqaer 
à Arles, des sous, qu'on appelait Raimondins, et qui 
valaient six lournois. Duport, page 179. 

(4) Planche {'• dos Monnaien des prélais et barons 
de Duby. 



m âRL DICnONNAIRE D| NUMISHATIQUE. 

Reyers : arelateitsis, obole d'argent ti* 
rée du cabinet de M. de fioullongoe. 

N* 2. AacHiEPisGOPts,dan$ le champ an- 
dessous d'une mitre les quatre lettres p a n c, 
qui signifient Princeps. 

Revers : irelatensis. 

Cette pièce est d'ar^nt ; elle est dans le 
eoûX de quelques deniers de Robert, comte 



ABU 



IM 



plutdt s'attribuer à Saumate, qui en a cer- 
tainement frappé. 

II se plaignit même, en 1322, au roi Robert, 
de ce que ce prince ne permettait pas que 
la monnaie qu'il avait droit de frapper à 
Montdragon eût cours dans le commerce à 
Avignon. 

Les deux suivantes sont d'Etienne de la 



de Provence, et paraît être du même tem^s; • Garde, archevêque d'Arles depuis 1350 ius-, 
elle se trouve dans le recueil des monnaies qu'en 1359. Etienne Aldebrand, à quiilsuo-' 
desbaronsdeM.deBoze, etdans^ le traité céda, ne siégea que depuis 13W, et il ne 

^ ' ^ paraît pas qu'il ait frappé monnaie; mais 

Etienne de la Garde fut maintenu en 1354 



des monnaies de Provence, de M. le pré- 
sident de Saint-Vincent. 

N"* 3. Arghiepisgopvs , Arblatensis, dans 
le champ, quatre lettres du mot princeps, 
distribuées en carré. 

]^. Sanctus Trophimus, denier d'argent 
Uré de M. de Boze. 

N^ k. Arghiepisgopvs, arelatensis; le 
champ est h même qu'au n*" 3. 

4. Sanctus, Trophivvs, denier de billon, 
cabinet de M. de BouUongne, M. de Saint- 
Vinoent l'a publié dans sou traité, avec quel- 
ques différences. 

N* 5. Arghibpiscopus. Dans le champ, une 
mitre, et au-dessous une aigle, entre les 
lettres D et P, qui ne paraissent être autre 
chose que la marque où le monogramme du 
monétaire. 

^. Sahgtvs Trophijiivs, autour d'une croix 
cantonnée de deux mitres et de deux aigles ; 
cette monnaie est d'argent et se trouve dans 
les traités de lUf . de Boze et de Saint- Vin- 
cent. 

N^ 6. Arghiepisgopvs. Dans le champ une 
croix cantonnée de deux mitres et de deux 
aigles. 

il. Sargtvs Trvphemvs. Dans le champ, 
on voit saint Trophime, tenant de la gaucho 
une croix, et donnant la bénédiction de la 
droite, denier de bilion. (Cabinet de M. de 
BouUongne.) 

W" 7. Arghiepisgopvs. 
â^. Saj«ctvs Trophisivs. Cette pièce, presque 
semblable à la précédente, est d'argent et 
se trouve dans le traité de M. de Saiut-Vin- 
eent. 

N*" 8. Arghiepisgopvs. 
9^. Sargtos Trophimus, episgopus arelaten- 
8IB, denier d'argent pesant trente grains, et 
tiré du même ouvrage. 

I^* 9. Argbibpisgopvs arelatbnsis. 
i;. Sangtvs Trophimvs, denier d'argent. 
(Traité deM.de Boze.) 

N*" 10. GaLHARDUS, ARBLATBlfSlS, ARGHIB- 
PtBGOPUS. 

H, 8. JoHANNES Baptiste. Florin d'or de 
MM. de Boze et de Saint-Vincent. 

N*" 11. Arghiepisgopvs. Dans le champ, au- 
dessous d'une mitre, se voient cinq lettres 
du mot GMardus. 

1). Dbi, GRAinA ARELATEMsis, dooicr d'ar- 
gent. (M. de Saint- Vincent.) 

Ces deux dernières pièces sont de Gaillard 
Saumate, qui occupa le siège d'Arles depuis 
1317 jusque vers idf^k. 

Son prédécesseur s'appelait aussi Gaillard, 
mais il ne siégea qu'un an, et les monnaies 
qui portent l'initiale de Galhardus doivent 



dans le droit d'en frapper h Montdragon, par 
l'empereur Charles Iv, qui passait alors par 
Arles, pour aller prendre k Rome la couronne 
impériale. 

N°12. Stephanus arghiepisgopus. 

i^. £t princeps arelatensis, denier d*ar 
gent. (Cabinet de M. de BouUongne.) 

N** 13. Stephanus arelatensis arghiepisgo^ 

PUS. 

^ ^. Sanctus Johannes Baptista (1), florin 
d'or. MM. de Boze et da Saint- Vincent. 

(Joachimij dus neuerofneie munx. Cabinet^ 
tom. V\ pag. 5T.) 

Une pièce de billon, au cabinet de 
M. Boullongne, dont les caractères sont en- 
tièrement elTacés, se trouve dans le goût du 
n" 5. On voit d'un côté une aigle entre les 
lettres S P, et surmontée d'une mitre; de 
l'autre, une croix cantonnée de deux mitres 
et de deux aigles. 

N*" ik. JoaNNES FERRERIUS ARGHIEPISCOPUS ET 
DVX ARELATIS MONTIS - DRAGONIS. DSUS lo 

champ les armes de l'archevêque» surmon- 
tées d'un bonnet ou couronne. 

i^. Servire soli Deo regnare est (2) : (C'est 
régner que de servir Dieu seul.) 

Cette i)ièce est un écu d*or de Jean Fer- 
rier. Elle est chez M. de Boullongne et se 
trouve dans JoachimU tome III, page 180. 
MM de Boze et de Saint- Vincent la rappor- 
tent aussi, mais avec cette différence qu'il y 
d^ princeps au lieu de dux. 

Jean Ferrier, espagnol, siégea depuis 14-99 
jusqu'en 1521. Louis XII et François I" 
lui confirmèrent le droit de battre monnaie. 
(Fin de la Notice de Dubj.) 

H. Barthélémy a fait connaître un denier 
de Nicolas Cybo, archevêque d'Arl«Sjûn 1489» 
dont voici la description. 

PR 

Au droit : nicolavs, . . . Dans le champ es 
^. -H Arel. episgopvs. . . Dans le champ 
une croix traversant la légende; au second 
canton une mitre ; au troisième une aigle. 
{Revue de Numismatique^ 1847, p. 193.^ 
- ARMÉNIE. (Monnaie des rois ehréttens de 
la petite ), en Cilicie. Un intéressant mé*- 
moire sur ce sujet a été publié par M^ V. 
Langlois. Nous regrettons que les usages du 
recueil dans lequel il a paru (La Revue archio* 
logique^ année 1850) sopposentàcequenous 
le fassions connaître par quelques e^xtraits. 
ARMOIRIES DANS les sceaux et les gor« 



(1) Planche Us w* I 

(2) Planche II 



n» 3. 



i05 



AUT 



DIGTIOMNAIHE DE NUMISMATIQUE. 



AUX 



iM 



TRE-sGEAux (des). Yoy. Contre-sceaux, N« 5 
et suivants. 

AS, monnaie des Romains. 

ASLANI. Yoy. Daller de Hollande. 

ASPIRER, terme de doreur ; on dit que 
Tor couleur aspire Tor, pour dire qu'il le 
retient ; il se mt aussi de ce qu'on appelle 
l'assiette, dans la dorure en détrempe. 

ASPRË. On appelle ainsi, en Turquie, une 
petite monnaie qui valait autrefois huit de- 
niers monnaie de France : lorsqu'elle était 
de bon argent, il en fallait quatre-vingts pour 
un écu ; a présent il y en a quantité de faus- 
ses, et de bas aloi» ce qui fait qu'on en 
donne jusqu'à cent vingt. Ainsi Taspre vaut 
aujourd'hui environ cinq deniers de France : 
sur ce pied un sequin de Venise et de Tur- 
quie vaut quatre cents quatorze aspres, ou 
10 livres 10 sols de France. Les piastres du 
Pérou et du Mexique, du poids de cinq cent 
six grains en France, passent pour deux 
cent huit à deux cent dix aspres ; la réale 
ou rixdaler de l'Empire, cent trente aspres 
ou environ; le rixdaler d'Hollande deux 
cents aspres. (A.) 
AspRB, menue monnaie d'argent de Tur- 

?[uie, d'Alger, etc., qui pouvait valoir autre- 
ois huit deniers de France. On en donnait 
quatre-vingts pour notre écu de soixante 
sols mais comme on rencontre beaucoup 
d'aspres fausses et de bas aloi, on ne les re- 
çoit plus aujourd'hui que sur le pied de six 
deniers de France; il en faut cent vingt pour 
l'écu. (A.) 

ASSIETTE, en terme de doreur, signifie 
Tespèce de couleur dont on se sert pour 
fixerror quand on dore en détrempe. 

ATCHE. C'est la plus petite monnaie d'ar- 
gent billon, et celle de moindre valeur entre 
toutes le^ espèces qui aient cours dans les 
Etats du grand seigneur ; elle vaut 4 de- 
niers l argent de France, et a pour em- 
preinte une légende arabe. (A.) 

ATHENES, foy. Achaïe. 

AUTRICHE. (Monnaie d'). Yoy. l'article 
général Monnaies. 

ADTUN (Monnaie des évéques d'). Notice 

Er ;Duby, Monnaie des Barons ei des pré^ 
\s. 1 1, p. 36 (1). 

Cette ville était autrefois capitale des 
Eduens ; On changea son nom d'Edua en 
celui d'Augustodunum^ en honneur d'Au- 
guste. 

Elle a eu des comtes particuliers. Leut- 
garde, fille de Giselbert, apporta ce comté en 
mariage à Eudes ou Othon, duc de Bourgo- 
gne, en 956, et depuis le comté d'Autun de- 
meura uni au duché de Bourgogne. 

On ignore en quel siècle vivait saint Ama- 
teur, premier évoque d'Autun. 

Les évoques d'Autun jouissaient longtemps 
avant Charles le Simple du droit de battre 
monnaie, qu'ils avaient laissé aliéner et usur- 
per sur eux par les comtes, puisque ce prince 
y rétablit 1 évéque Valon en 900, qu'Uer- 
vé| successeur ae ce prélat, ratitia en 919 

(t) Voyez en outre sur les monnaies des évéques 
d^Âulun ci-après, article France, p. 76. 



le rétablissement de ce droit, et que le jour 
de son sacre il confirma à son chapitre 
le droit de battre monnaie, obtenu par son 
oncle. 

La cathédrale, connue aujourd'hui sous 
le nom de Saint-Lazare, portait autrefois 
celui de Saint-Nazaire ; et c'est sous cette 
dernière dénomination que les monnaies 
fabriquées à Autun étaient frappées , comme 
on le voit sur plusieurs pièces du xu* siè- 
cle. Yoy. Harduini, Not. ad Plin.^ lib. iv, 
Sage âifô ; V Histoire de Yergy^ par Duchesne ; 
^ucange, et le Gallia Chrtstiana. 
N** 1. La première pièce que je connaisse 
des évéques (on peut dire du chapitre) d'Au- 
tun porte HEDVA xpi (Chrisii) givitis (Au- 
tun, ville du Christ). 

^. MONETA SANGTI NAZARII (HOUnaiO dO 

Saint Nazaire) (2).. Elle est d'ai^ent, et se 
trouve dans le cabinet de M. de BouUongnei 
et dans le recueil de M. de Boze. 

N*" 2. LODOiGvs (Louis). 

i^. SANCTi NA8ARII, dcuier de billon. (M. de 
Boze.) 

Autun (Droit de monnaie du chapitre de la 
cathédrale d'). On lit dans Buby, Monnaies 
des barons f t. II, p. 260 : « Le chapitre d'Au- 
tun est composé d'un doyen, d'un chantre, 
de deui prévôts, de quatre archidiacres, de 
deux abbés, de cinquante chanoines, de 
quatre sous-chantres, et de cinquante cha- 
pelains. (Dictionn. d'Expilly.) 

ff Hervé de Châlon, élu évéque d'Autun 
en 920, confirma le jour môme de son ordi- 
nation, au chapitre de Saint-Nazaire, le droit 
de battre monnaie, qui lui avait été commu- 
niqué par Walon de Vergi, son oncle et son 
firedécesseur. Yoy. Chifflet, Hist. deToumus^ 
nstr. p. 255; et le Gallia ChrisHana, t. IV, 
col. 371. 

ÂUXERKE (Monnaies des évéques d). 
Notice par Dubv, Monnaies des barons et des 
prélats, 1. 1, p. §5. 

AuxEREE, Altissiodorumf Antissiodomm 
et Autissiodorunif capitale de l'Auxerrois 
au duché de Boui^ogne, avec un évécbé 
dont saint Peregrin fut le premier évoque 
l'an 258. 

Les évoques et les comtes d'Auxerre 
avaient également le droit de frapper mon- 
naie. Le pape Innocent III, dans une de ses 
lettres de 1 année 1210, fait mention de la 
monnaie d'Auxerre. 

Le comte d'Auxerre est au nombre des 
barons auxquels le roi Philippe le Bel écri- 
vit pour la réformation des monnaies, et les 
registresdu parlement prouvent qu'en l'année 
1315, l'évoque n'avait droit de foirer que 
des monnaies blanches; mais il irest pas 
possible de décider si les monnaies qui nous 
restent sont de l'évoque ou du comte. 

Les monnaies de l'évoque d'Auxerre, 
savoir les deniers, étaient à trois deniers six 
grains de loi argent le rot, de dix-neuf grains 
de poids au feur de deux cent vingt-quatre 
pièces de taille au marc; la livre dudit ou- 
vrage valait six sous tournois moins que 

(3) Planche X, n« I. 



«os 



AOT 



MCTIONMAlftE DE MUMlSMATiQUE. 



AYI 



106 



celle du roi; de sorte que les seize deniers 
du susdit ouvrage n'en valaient que douze 
du coin dudit roi. (Table alphabétiqt$e des 
wîatiires des registres du parlemenL) 

Je ne connais d*Auxerre que les trois 
monnaies suivantes : 

N* !• La première est un denier d'argeni 

Krtant cette Iteende: altismodorum. (Du 
nge et M. de Bozé.) 

N* S. La seconde est une maille de billon. 
ArnasioDERi. civrrAs (ville d'Auxerre). Ca- 
binet de M. de'Boullongne. 

N* 3. La dernière porte avtissiodbri. cm* 
TAS. C'est un denier d*argen( qui pèse trente- 
deux grains, et qui se trouve dans les cabi- 
nets de MM. de Boullongne et Haumont. 

Yoy, le Gallia ChristiantJL 

M. A. Barthélémy» ancien élève pension- 
naire deFEcole des chartes, dont nous avons k 
citer souvent les travaux dans ce Dictionnaire, 
a publié une dissertation spéciale sur les 
monnaies d'Auxerre intitulée: Recherches 
«Vf les monnaies fabriquées au moyen âge par 
Us conUes et les évéques dAuxerre^ in-&°, 
Dijon, 18^3. Voici ie jugement et l'analyse 
que M. Cartier porte de cet intéressant tra- 
vail dans la Jtetnie de Numismatique de 1843, 

p. 71 ! 

« M. A. Barthélémy, a cherché dans cette 
dissertation, insérée dans un recueil scienti- 
fique de Dqon, à éclaircir une difficulté rela- 
tiveauxmoonaies émises concurremment par 
les évéques et par les comtes d'Auxerre. On 
connaît celle aes premiers : on n'en a re- 
trouvé aucune qui puisse être positivement 
attribuée aux seconds. Cependant, dès l'an 
1118 et presque continuellement jusqu'au 
milieu du xiii* siècle, la monnaie d Auxerre 
fut un sujet de dispute entre le comte et 
i'évéque. Quelle était la monnaie du comte ? 
M. A. Barthélémy regarde comme très-pro- 
bable que c'était celle qu'il faisait frapper 
comme comte dé Nevers, car ces deux 
comtés furent presoue toi^ours réunis de- 
puis 1015 jusqu'à 1^. A Nevers, le comte 
était maître exclusif de sa monnaie, et il dut 
se contenter de la faire circuler dans tous ses 
domaines, princi^lement dans le comté 
d'Auxerre ; il fallait pour cela qu'elle ne fût 
ni plus mauvaise ni meilleure q[ue celle de 
l'évéoue, afin de conserver les intérêts du 
peuple et du prélat ; ce fut une source perpé- 
tuelle de contestations. L'auteur nous lesiait 
connaître d'après des documents historiques 
dont on n'avait pas encore tiré parti pour 1 his- 
toire mooétaired'Auxerre ; il est conduite en 
conclure que la monnaie du comte à Au- 
xerre n'était que celle de Nevers, frappée 
quelquefois dans les deux comtés, sans que 
nous puissions apprécier les différences de 
coin qui, sans doute, caractérisaient les fa- 
brications de chaque atelier monétaire. 

« M. Barthélémy dit qu*en 1315, dans la 
liste des seigneurs qui ont le droit de battre 
monnaie, l'évèque seul est nommé pour 
Auxerre. Nous croyons qu'il a été induit en 
erreur par Duby, qui, en effet, donne cela 
comme positif, et cite le titre et le poids alors 
prescrits pour cette monnaie. Nous ignorons 

Diction N. de Numismatique. 



où Duby a pris ce renseignement ; tontes les 
copies que nous avons vues de l'ordonnance 
de 1315, ou de ses principales dispositions 
ne font pas mention de l'évèque ni du comte 
d'Auxerre. 

« Ce dernier est bien inscrit au nombre 
des seigneurs qui, en 1305, auraient été 
convoqués par Philippe-le-Bel, pour aviser 
aux moyens de régler les monnaies. ( Rev. 
ISi^l, p. 383 et suiv. ) Mais il y a vraisem- 
blablement erreur dans ce document, ex- 
trait de Du Gange : on y nomme le comte 
d'Auxerre et le comte de Tonnerre, et en 1305, 
ces deux comtés étaient possédés par le même 
comte, Jeanllde ChÂlons, qui avait à peine 13 
ans. Son aïeul, Jean I", qui était son tuteur, 
auraitpuètreconsulléparleroi, sansque cela 
prouvât rien pour le monnayage d'Auxerre. 

«Quoi qu'il en*soit, il nous paraît ainsi 
qu'à M. Barthélémy, que les comtes d'Au- 
xerre de la maison de ChAlons n'exercèrent 
pas le droit de frapper monnaie, qui resta 
aux comtes de Nevers, Robert de Dampiecre 
et Louis de Crécjr ; nous pensons même que 
ce monnayage épiscopal ne se prolongea pas 
dans le xiv siècle, et qu'il n'existait pas 
en 1315; les monnaies auxerroises qui nous 
restent sont trop rares et trop peu variées 
de type et de valeur intrinsèque pour qu'el- 
les aient été fabriquées aussi tara. » 

AVIGNON {Sceaux de la ville (f). Yoy. 
Tarticle général Sceaux, N"*" 6 et 90. 

Avignon ou du Comtat Yenaissin {Mon- 
naies dy Nous allons donner une analyse 
sommaire dumémoire que M. Cartier a 
donné sur ce sujet dans la Retme de iVu- 
mismatique de 1839, page 257, en ren- 
voyant aux différents articles du Dictionnaire 
où l'on trouvera les indications supplémen- 
taires. < 

Lesmonnaiesavignonnaises,dit H. Cartier, 
peuvent se partager en plusieurs catégories 
suivant le temps de leur fabrication. Ap^ 
partenant toutes à l'autorit'é papale, elles 
sont d'un classement facile, puisque les 
souverains pontifes ont toujours inscrit sur 
la monnaie leurs numéros d'ordre dans la 
suite des papes du même nom. Il n'en est 

Ï>as de môme en ce qui concerne le lieu de 
a fabrication. Quelques monnaies proba- 
blement frappées à Avignon peuvent être 
Italiennes. 

Grégoire IX fut le premier pape qui en 
1229 posséda la partie du marquisat de Pro- 
vence connue depuis sous le nom de comtat 
Yenaissin. Cette possession ne fut que mo- 
mentanée ; il y renonça en 123^. Sous Gré- 
goire X, Philippe-le-Bel remit définitivement 
en 127^ cette province aux papes, qui pour- 
tant ne devinrent propriétaires de la ville 
d'Avignon qu'en 13&8, bien que Clément V 
eût fixé sa résidence en cette ville dès Vm 
1309. En 1367, Urbain V quitta Avignon pour 
rentrer à Rome, mais revint mourir en 
France en 1370. Grégoire XI rétablit le Saint- 
Siège à Rome en 1376 et y mourut. A sa 
mort éclate le schisme qui divise TEglise 
et donne deux papes l'un siégeant à Roine^ 



»T 



ArVI 



mCTiOMNÂmE DE nuidshauqvk. 



ATI 



108 



l'autre à Âyignon, jusqu'en 1&09 où Tauto- 
rite de Benott XIII, Pierre de Luna, mort 
seulement eu ikOk^ cessa d'être reconnue à 
Avignon. 

Pendant le schisme^ plusieurs papes ro- 
mains se succédèrent gui ne purent faire 
frapper monnaie à Avignon ; mais lorsque 
Tunité t\xt rétablie, les souverains pontifes 
firent d*abord en France les monnaies sem- 
blables è celles de leurs Etats italiens, puis 
ils chargèrent leurs légats et vice-légals 
du soin de la monnaie avignonnaise. Les 
prélats continuèrent à frapper des pièces aux 
types de celles de Rome ; mais aussi, pour la 
commodité du pays, ils imitèrent les mon- 
naies usuelles des rois de France; outre le 
nom du pape régnant, il y mirent leurs 
propres noms et leurs armoiries. 

Ainsi on trouve d'abord les monnaies des 
papes, comme maîtres du comtat Venaissin, 
on en connaît ainsi au nom de Boniface VIII, 
Clément V, Jean XXIi et Clément VI; il est 
hors de doute que les papes avant acquis 
la ville d'Avignon, c'est-à-dire Clément VI à 
la fin de son règne, Urbain, V et Grégoire XI, 
y ont fait battre monnaie; on leur attribue 
avec assez de vraisemblance des pièces sem- 
blables à celles qu'y frappèrent nécessaire- 
ment Clément Vil et Benoît XIII. Il en existe 
des papes postérieurs à Benoît XIII et à ses 
types qui peuvent être également avignon- 
naisea. Mais qpiand on considère qu'Ur- 
bain VI, Innocent VII, Grégoire XII et autres 
Sapes romains, opposés aux anti-papes 
'Avignon, frappèrent des monnaies entiè- 
rement semblables, on est fondé à ne pas 
faire entrer dans la numismatique particu- 
lière d'Avignon ces pièf^es qui peuvent avoir 
été frappées également en Italie comme qu 
France. 

Il paraît que ce fut précisément depuis 
la prise de possession de la capitale du com- 
tat Venaissin par Qément VI, que ce pape 
et ses successeurs y firent frapper des mon- 
naies, sans V mettre rien de local, soit pour 
ne pas semoler circonscrire leur autorité au 
territoire venaissin, soit afin que ces mon- 
naies puissent circuler en Italie, oii leur 
Jouissance était balancée par celle des fac- 
tieux et des rêveurs qui voulaient rétablir 
à leur profit une espèce de république ro- 
maine. Clément VII et Benoît XIII, papes 
d'Avignon, durent surtout éviter de donner 
è leurs monnaies un caractère trop particu- 
Her à la ville d'Avignon, caractère qui eût 
rappelé qu'ils étaient méconnus en Italie. 
Mais il n'y a pas de doutes sur leurs mon- 
naies ; aussi, Jbien que privées de la marque 
originelle de leur origine, doivent -elles 
entrer dans une monographie des monnaies 
d'Avignon. 



U-. 



avignon/naiêes imtérieurts au 
schisme. 



N" 1. -H AviNio. Clef dans le champ, dans 
un cercle en grenetis. 

i). + : NENsis, dans un cercle en grenetis, 
grande croix coupant la légende. Cette mon- 
naie a été attribuée aux évèques d'Avignon ; 



mais elle est bien antérieure à Tépoque où 
les évèques d'Avignon reçurent le pnvilége, 

S[u'ils n ont pas exercé, à ce qu'il paraît, de 
rapper monnaie. Suivant Duby (i), ce pri- 
vilège est de 1365 seulement, et la monnaie 
décrite plus haut paraît remonter au xiii* siè- . 
cle. Bile a dû être frappée de 1239 à lâTi*, 1 
par les premiers papes maîtres du comtat f 
d'Avignon. 

N*" 2. Bo. PAPB. DOMiN. (Bofiifàcu papœ 
Domini). Dans le champ, le pape en buste, 
tenant une clef. 

1^. GOiTAT. VENASiN ^Comitotus Venasmt). 
Dans le champ une croix cantonnée d'un B. 
On peut lire aussi les légendes de cette 
pièce ainsi : DonUni Bonifàeii papœ; et au 
revers : Comitatus vmasinus. 

M. Cartier avait cru pouvoir attribuer 
d'abord une monnaie semblable à Boni- 
lace IX (Revue de Numismatiquej 1896, 
page 13). Mais un nouvel examen a convaincu 
ce savant numismatiste que ces monnaies 
étaient bien ptas anciennes que le règne 
de Boniface IX, et qu'elles avaient dû être 
frappées à Avignon dès le pontificat de 
Boniface VIII, de 1294 à 1903. [Revue, 1838, 
p. 214; 1839, p. 960.) Voy. dans le Diction- 
naire Boniface VIII et Boniface IX. 

N» S. Clément V, pape, de 1305 à 1314. 
Yoy. les deux monnaies de ce pontife 
décrites au mot Clément Y, dans le Diction- 
naire. Clément V fut le premier pape qui 
résida à Avignon. 

N' 4. Jean XXII, pape, de 1316 à 1334. 
Nous ne répéterons pas ici la description 
des monnaies de ce pape, que nous faisons 
connaître plus loin dans le Dictionnaire 
sous son nom. 

N« 5. Benoît Xlf , pape, de 1334 à 1349. On 
ne connaît pas de monnaie de ce pape frappée 
à Avignon. Nous décrirons plus loin (voy. 
Benoit XII) celles qu'on a frappées en son 
nom dans le patrimoine de saint Pierre. 

N« 6. Clément VI, pape, de 1342 à 1352. 
Yotf. les N'» 1, 2 et 4 des monnaies décriles 
à 1 article de Clément VI. 

N" 7. Innocent VI, pape, de 1352 à 1362. 
Voy. les monnaies décriles sous son nom. 

N- 8. Urbain V, pape, de 1362 à 1370. 
Voy. Urbain V. Sauerio Silla a publié la 
rare monnaie suivante qu'il croit avoir été 
ft'appée durant la courte vacance du Saint- 
Siège (10 jours) qui sépara les pontificats 
d'Urbain V et de Grégoire XI. 

Au droit : sbde. vacante. Dans le champ 
la tiare, au-dessous un annelet. 

^. SAN... PETRus. Dans le champ, une croix 
cantonnée de deux mitres et de deux dou- 
bles croix en sautoir. 

Cette pièce paraît être la première qui 
ait été frappée pendant la vacance' du Sainl- 
Siége; c'est du moins la première de ce genre 

3ue Ton connaisse. Quelques savants sont 
isposés à reculer la date de cette pièce 
à la vacance qui suivit la mort de Gré- 



Ci) Voyez rarticle suivant : Du droH de monnaie 
des évêqua d'Avignon. 



«M 



tm 



DICTIONNAIRE DE MUMISIIATIQUE. 



AVO 



110 



goire XI. Voy, Revue de Numismatique, 1839, 
p. 264^. 

< 

§11. Monnaies frappées pendant le schismeé 

1. Clément VU, pape, de 1378 à 13%. 
Foy. les mooDaies oécrites sous sod nom^ 
dans notre Dictionnaire. 

2. Benoit XU(, pape, de 139i à 1&08. Voy. 

BSNOIX Xlll. 

3. Jeaa XXIU, pape, en 1^10. Voy. son 
Bom. 

k. Martin V, pape, de 1417 h U31. 

5. Eugène IV, pape, de 1431 à 1447. 

6. Nicolas V, pape, de 1447 à 1455. L'abdi- 
cation de Félix V ou Amédée de Savoie, 
en 1449, termina définitivement, sous Ni- 
colas V, le long schisme qui avait déchiré 
l'Eglise. 

Voy. dans le Dictionnaire les monnaies 
décrites sous le nom des papes précédents. 

I m. Monnaies frappées par les légats et vice- 

légats d'Avignon. 

Pendant près de trois siècles, les prélats 

chargés de 1 administration du comtat Venais- 

sin firent frapper des monnaies de toute 

espèce dont plusieurs se perpétuèrent avec 

les mêmes types sous plusieurs règnes. 

Il parait que, dans les premiers temps, 
les représentants de l'autorité papale à 
Avignon ne mirent pas leurs noms sur les 
monnaies qu'ils firent frapper en cette 
Tille. Silla a décrit des pièces marquées de 
la légende Ducatus Frovtneiœ qu'on ne peut 
attribuer qu*au comtat Venaissin enclavé 
dans la Provence. Sous les règnes de Pie II, 
Paul II, Jules II et Léon X, on trouve égale- 
ment dés monnaies frappées par les légats 
du Saint-Siège à Spolète, et h Urbin avec 
les légendes : Ducatus Spoletani^ Ducatus 
Urbinif abrégées quelquefois ainsi D. S. et 
D. V. Cet usage fut abandonné lorsque les 
légats mirent leurs noms et leurs armoiries 
$ur les monnaies concurremment avec les 
noms et les insignes du pape régnant. Voy. 
2i l'article Monnaies des papes, de 'notre 
actionnaire le § 6, relatif aux légats et vice^ 
légats qui ont fait battre monnaie en leur 
nom. 

AVIGNON (Du droit de battre monnaie des 
évéques d'). Notice par Duby, Monnaies des 
barons^ t. II, p. 230. 

Avignon, Âvenio^ capitale de l'État de 
même nom dans la dépendance du pape, 
enclave dans la France; elle est avantageu- 
sement située sur le Rhdne, à cinq lieues 
sud'd*Orange, et à cent quarante-sept sud- 
est de Paris. On croit que saint Ruf a été le 
premier évêque de cette ville, dans le iif sien 
cle. L'évêché d'Avignon fut d'abord sulfra- 
gant de Téglise de Vienne, ensuite de celle 
d'Arles; U ne fût érigé en archevêché qu'en 
1475. 

L'eippereur Charles IV permit, en 1365, 
à revéque d^Avignon, alors Anglicus Gri- 
moardjU-ère du pane Urbain V, et k ses succes- 
seurs, de frapper des monnaies d'or, d'argent 
et de cuivre, a Nove$ et è Barbantane ; ipais 



il ne parait pas qu'ils aient fait usage de ce 
droit. Voy. le Gallia Christiana^ et le mé- 
moire de M. de Saint-Vincent. 

AVIGNON [Méreaux du chapitre de Notre-* 
Dame d'). Notice par Duby, Monnaies des 6a- 
tons et des prélats^ t. II, p. 259. 

Ce chapitre est composé d'un prévôt, do 
deux archidiacres, d'un trésorier, d'un ca- 
piscol ou chantre, de quinze chanoines ca- 

Silulaires, de quatre chanoines hebdoma- 
aires, de douze bénéficiées, de deux diacres 
et de deux sous-diacres. 

M. le président de Sainte-Vincent a lait 
graver parmi ses monnaies de Provence, 
une pièce d'or du cabinet de M. le marquis 
de Caumont, à Avignon, et deux autres de 
cuivre oui présentent d'un côté une tour à 

3[uatre étages, ou bien la Vierge et l'enfant 
ésus, avec cette légende : cAPiTulum Eccle- 
siœ AVENiONenm, et de l'aulca: salve sancta 
eaux, autour d'une croix cantonnée d'une 
étoile. M. de Saint-Vincent regarde avec 
raison ces pièces de cuivre comme de sim- 
ples jetons, ou plutôt comme des méreaux, 
de l'espèce de ceux gué j'ai donnés des 
chapitres de Cambrai, de Besançon, de 
Saint-Omer, etc. Quanta celle qui est eu 
or, et que M. de Saint-Vincent regarde 
également comme un jeton tvàppé par quel- 
que riche bénéficier, je serais porté à 
croire que c'est une monnaie réelle, frappée 
par te cnapitre d'Avignon, en vertu du droit 
accordé à cette église en 1365, et sur la- 

Suelle auront été modelés les deux méreaux 
e cuivre. C'est ainsi que parmi les pièces 
que j'ai données du chapitre de Cambrai, 
on a vu des méreaux et de vraies monnaies 
entièpement semblables entre eux par le 
type, et qui ne diffèrent que par le métal. 
Les unes sont d'argent ou de billon, les 
autres sont de cuivre. 

Voy. dans ce Dictionnaire Tarticle Savi- 

ONY. 

" AVOCATS-GÉNÉRADX de la cour des 
çionnaies. La création de la charge d'avocat 
du roi en la chambre des monnaies ne fut 
pas sitôt faite que celle de procureur du roi. 
On lit dans les vieux registres de la cham- 
bre, qu'en l'année 1406, M* Pierre du Bo, 
avocat en parlement, étaft avocat du roi par 
commission en la chambré des monnaies, 
et Qxerça jusqu'au 17 décembre 143«,que M* 
Philippe Braque fut reçu en cet o/Rce. C'est 
lia première réception qui se trouve avoir été 
faite de favocat du roi en la chambre des 
monnaies, qui prit le titre d'avocat-général 
lors de l'érection de cette chambre en cour 
souveraine. 

Avocats du roi ès-hotbls des monnaies , 
créés en titre d'office formé par édit du 
mois d'octobce 170S. 

' AVOIR DU' POID» ou Avbh m f om, 

terme dont on se sert en Angleterre - pour 
dééi^er une livre de seize onces. La prOr 
pt^ttion d'une livre ater du poids à la nvre 
troy, est de dix-sept à quatorze. Voy. Poins 
et Livre*. 



ni 



BAL 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



BAL 



IIS! 



B 



BAAT, monnaie d'argent de Siam» qui sert 
en même temps de poids. Elle est de forme 
carrée , et porte dans l'empreinte des ca- 
ractères assez ressemblants à ceux des Chi- 
nois, mais fort mal frappés. Comme cette 
monnaie, ou ce poids , est sujet à être altéré 
par ses angles , il faut en faire l'épreuve 
avant de le prendre comme monnaie, ou 
comme poids. Le baat pèse trois gros deux 
deniers et vingt grains, poids de marc de 
France ; il est au titre de neuf deniers douze 
grains ; et est appelé tical en Chine, où il 
a cours. (A.) 

BAIN, en terme de monnayeur, s'en- 
tend des métaux qui sont en fusion complète. 
Quand l'or, l'argent ou le cuivre sont en 
pleine foute, on dit de VoVy de Vargent^ du 
euipre en bain. 

BAIOQUE, sou romain, monnaie de cui- 
vre qui a cours à Rome et dans l'état ecclé- 
siastique. Uy adesdemi-baïoques, ou pièces 
de quatre deniers et demi. Le baïoque vaut, 
artjent de France, un sou trois cinquièmes, 
aujourd'hui 6 centimes. Foy. Monnaies des 
Papes. 

BAJOIRE. On appelle ainsi une pièce de 
monnaie, ou une médaille qui a pour em- 
preinte deux tètes en proGl, dont l'une 
avance sur l'autre. On en voit des rois 
Louis I, de C£|rlomjin , de Henri IV et de Ma- 
rie de Médicis7 de/ rois Louis XYIy Louis 
XVIII et Charles X. 

BALANCES, autrement trébucbets, peti- 
tes balances dont on se sert pour peser les 
monnaies d'or et d'argent, et les matières 
précieuses, en petite quantité. 

Balance sodrde , dont on se sert dans 
les monnaies. Les deux bouts en sont plus 
bas que le clou , et la chÂpe est soutenue en 
Tair par le moyen d'une guindole, que les 
ouvriers appellent guinole. 

Balance d'essai, est une balance de la 
plus grande justesse et delà plus parfaite 
précision , qui est suspendue dans une 
lanterne dont les trois côtés sont fermés 
chacun d'un carreau de verre , afin que l'air 
n'y puisse causer aucune agitation : il y en 
a de si justes et si sensibles qu'elles trébu- 
chent pour la millième partie d'un grain. 
Une balance, après un long travail', devient 
dure ou sourde, si l'on n'a pas eu la précau- 
tion de proportionner le fléau au poids 
que l'on veut peser : par exemple, si un 
poids sémele, ou poids d'essai, est de demi- 
gros poids de marc, il faut que les bras du 
fléau aient un tiers de li^ne de diamètre 
dans la petite main qui tient les cordons 
portant les bassins, en augmentant à propor- 
tion jus<{u'au milieu du fléau où est placé le 
pivot qui doit balancer ou rouler dfans les 

Îreux de la chAsse ou porte-fléau. Il faut que 
es pommettes du pivot aient le tranchant 
médiocrement aflilé, que les bassins soient 
susf)endus d'une longueur proportionnée au 
fléau, et qu'ils ne soient pas trop matériels. 



Une balance de cette espèce peut servir [pour 
un poids sémele de dix-huit grains et au- 
dessous. 

Les Romains se servaient des mots itatera, 
trutina^ et libra, pour exprimer ce que nous 
entendons par balance ; il y avait cependant 
quelques différences dans ce que signifiaient 
ces mots. 

Libra était une balance semblable aux 
nôtres, composée de deux bassins, d'un 
fléau, languette et châsse, au haut de laquelle 
il y avait un anneau *pour la suspendre; mais 
ils ne pesaient pas comme nous ; les bras 
du fléau étaient marqués de points ou li- 
gnes comme notre peson ; ils mettaient d'un 
côté dans un bassin ce qu'ils voulaient pe- 
ser, et de l'autre un petit poids ; et quand 
il fallait l'augmenter, ils attachaient avec un 
crochet d'autres poids sur le bras du fléau, 
et ne les mettaient pas dans le bassin. 

M. Pétau (1) a donné la figure d'une de 
ces balances antiques, et le sieur Duval, au- 
trefois interprète des lances orientales, dans 
quelques remarques qu'il a faites sur ce li- 
vre, ait que simuem huiç, Romœ in Capilolio 
sacram servatamque vidimus^ et ad eam jV 
dicalosnon legitimi ponderis panes^ fiscoque 
poniificio addictos, non absque œris mukta. 

Trutina est proprement la languette de la 
balance, qui marque l'égalité du poids, ou 
plutôt, foramantn^ra quodestlingua biîancU^ 
ad quoa est examinatto : quod ύuilibrium^ 
œquameniumy alii Hbramentum vocant. 

Statera était semblable à notre peson que 
l'on appelle une romaine; mais, au lieu de 
crochet qui porte le fardeau, il v avait un 
bassin. Statera unam tantum haoet lanctm^ 
non duos sieut libra (2). Cette loi s'entend du 
pesement fait avec la romaine, ou êtatefa, 
comme il est nettement expliqué par ces 
termes œqua lance, qui ne oesignent qu'un 
bassin. Et même encore à présent les Chi- 
nois, pour peser l'or qu'ils donnent en pou- 
dre dans le commerce, ne se servent que de 
petits pesons ou statères d'ivoire, qui sont 
plus justes que toutes sortes de balan- 
ces. (A.) 

BALANCIER, ouvrier qui fait les divers 
instruments qui servent à peser toutes sor- 
tes de marchandises, denrées, métaux, et 
autres choses qui s'achètent ou se vendent 
au poids, ou dont on veut connaître la pe- 
santeur. Les mêmes ouvriers font et vendent 
les divers poids de cuivre, de fer, ou de 

f)lomb dont on se sert pour peser. Les ba- 
anciers font une communauté établie k 
Paris en corps de jurande ; elle y est très- 
ancienne, et sous la juridiction privative 
des officiers de la cour des monnaies; cette 

t'uridiction a été d'abord attribuée à là cham- 
bre des monnaies par ordonnance de Fran- 
çois 1", du mois de mars 15M> , par la décla- 

(1) Antiquité, Sapplénaent, Pofttuiic., fol. iO. 

(2) Gujac. teg, i, cap, de Fonderator, 



i\Z 



BAL 



DICTIONNAIRE DE MUMISMATIQUE. 



BAL 



M 



ration du 18 septembre suivant, et confirmée 
à la cour par l'edit de souveraineté du mois 
de janvier 1551 « lettres patentes du 3 mars 
1514, i)ar édit du mois ae septembre 1570 , 

Br ordonnances de Henri III, du ik juin 
75, données pour le règlement des poids 
et mesures ; par lettres patentes , du même 
roi , données à Compiégne au mois de sep- 
tembre 1567, concernant les trébuchets et 
poids de Limoges ; par édits des mois de 
Juin 1635, décembre 1638, et mars 16V5. Les 
statuts de cette communauté sont enregis- 
trés à la cour des monnaies : c*est à cette cour 
qu'ils doivent être reçus à la maîtrise ; ils y 
prêtent serment, ils y font vérifier et étalon- 
ner tous les poids de marc qu'ils fabriquent, 
et ils y prennent les petits poids matrices sur 
lesquels ils coupent ces légères feuilles de 
Jeton dont on se sert dans les trébuchets et 
les petites balances des joailliers pour peser 
les grains et autres semblables petites parties 
et diminutions du marc. Chaque maître ba- 
lancier est tenu d'avoir im poinçon particu- 
lier , dont l'empreinte se conserve sur une ta- 
ble de cuivre au greffe do la cour des mon- 
naies, et au bureau de la communauté, pour 
y avoir recours guand le cas y échet , et pouf 
y faire le rengrainement ou vérification des- 
dils poinçons. Ce poinçon, sur lequel il n'y 
a ordinairement que la première lettre du 
nom de chaque maître, avec une couronne 
fleurdelisée au-dessus, sert à marquer leurs 
ouvrages, afin que chaque maître puisse en 
répondre s'il se trouvait quelque altération 
aux poids et aux balances. 

L'étalonnage de la cour des monnaies se 
fait avec un poinçon, où seulement est gravée 
en creux une fleur de lis ; l'on ajoute av je d'au- 
tres poinçons des chiffres romains ou des 
points qui marquent la pesanteur du poids. 
Les maîtres ne sont point obligés de faire 
étalonner les petites diminutions; mais ils 
les dressent sur la matrice étalonnée qu'ils 
ont chez eux, ils les marquent ensuite de 
leur propre poinçon avec les chiffres et les 
poids convenables à leur pesanteur. On ap- 
pelle chez les balanciers remède de poids de 
mare, ce qu'ils doivent donner à tous les 
l>oids qu'ifs fabriquent au delà de leur iuste 
pesanteur, à la réserve néanmoins des dimi- 
nutions depuis quatre onces jusqu'au demi 
félin auquel on ne donne aucun remède. (A.) 

Bj^lancibr {!), machine qui sert à frap- 
per les monnaies, les médailles, les jetons, 
les pièces de plaisir, les pieds-forts, etc. 
Cette machine a été inventée vers la fin du 
XVI* siècle, mais l'usage n'en a été entière- 
ment établi dans les hôtels des monnaies de 
France, que depuis l'entière suppression du 

(l) Noos reproduisons cet article d'Aboi, qui dé- 
crit le sysiéme employé pour frapper les monnaies 
el les médailles jusqu'à l introduction des machmes 
à vapeur. Les nouveaux procéflés n'ont pas eu seu- 
lement pour résultat d'accélérer prodigieusement le 
travail, ils ont augmenté dans la même mesure la 
puissance des balanciers qui donnent aiyourd'hni, 
nar une seule chute, les reliefs qui nécessitaient 
àmirefois plusieurs percussions successives. Vay 
'article Monihàiage Ancien et Moderne. 



monnayage au marteau, et l'établissement 
de celui au moulin 

Les principales parties du balancier sont 
la barre ou fléau , la vis, Técrou , la platine 
et les bottes d'en haut et d'en bas : toutes 
ces parties, à la réserve de la barre, sont 
contenues dans le corps* du balancier qui est 

Juelquefôis de ter, mais plus ordinairement 
e fonte ou de bronze ;*ce corps, qui est 
très*massif pour soutenir l'effort du travail^ 
est porté par un fort billot ou bloc de bois, 
de marbre, ou de fer fondu, tels que sont 
ceux de la monnaie des médailles ; la barro 

aui est placée horizontalement au-dessus 
u corps du balancier, est de fer carré, à six 
on à huit pans, garnie à chaque bout d'uno 
boule de plomb plus ou moins forte, suivant 
la longueur et la grosseur de la barre et da 
corps du balancier. Les plus grosses sont du 
poids de trois cents livres les deux, et les 
plus faibles d'environ cent livres. C'est dans 
ces boules que consiste la principale force 
du coup qui marque les monnaies. Ces bou- 
les sont garnies d'anneaux où sont attachés, 
les cordons avec lesquels on lui donne le» 
mouvement. Dans le milieu de la barre est 
enclavée la vis ; elle s'engrène dans l'é- 
crou qui est placé dans le milieu du corps 
du balancier, et presse la boite coulante, ou 
d'en haut ; par le moyen d'un collier g^rni 
de deux jumelles et d'un bouloQ , lequel 
collier embrassant le bout de la vis et le 
boulon traversant ladite boite coulante oui 
d'en haut, enlève le tout ensemble et lui fait 
faire son effet. Cette botte ciblante ou d'en 
haut, qui est un gros marteau de fer carré 
ou massif, traverse le milieu de la platine, 

aui est un autre morceau de fonte retenu 
ans le balancier par des tenons et coulisses, 
et sert à empêcher ladite botte d'en haut 
d'avoir aucune variation. A un des bouts^de^ 
ladite boite est une ouverture carrée dan^ 
laquelle s'introduit l'un des deux carrés ser- 
vant à frapper les monnaies, qui est retenu 
par le moyen de quatre vis. Enfin, la botte 
d'en bas plus petite que la boite d'en haut, 
est introduite dans le bas du corps du balan- 
cier auquel elle est retenue par un bout do 
fer d'environ trois pouces carrés : elle est 
aussi percée d'un trou carré dans lequel se* 
place le second carré à frapper lesdites mon- 
naies qui y est pareillement retenu par qua- 
tre vis. A cette seconde botte est ajoutées 
une espèce de porte*ressort dans lequel s'in- 
troduit une petite lame mince en lornve det 
croissant par le bout, et qui s'ajuste sur lo 
bord du carré pour retenir l'espèce^ ce qui 
s'appelle ressort; ce ressort retient l'espèceî, 
et sert, par la force du coup, à la détacher 
et à la chasser de dessus le carré- qui \m a 
donné l'empreinte. Ce ressort n'est point 
d'un usage général dans toutes les monnaies ;. 
il en est dans lesquelles on* se- sert d'un ja- 
quemart, qui est une branche de fer coudée» 
armée au bout d'une boule de plomb oui lui 
sert de contre-poids , et terminée à J'autreir 
bout par une fourche qui embrasse la boite 
d'en naut, et sert à l'enlever au lieu et place- 
du collier, jumelle et boulon ci-dessus dé?* 



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BàL 



MCnONNAlRE K NUmSMATIQDE. 



BAR 



lis 



enU. Au bas du balaocier placé à fleur de 
terre, et garai d'une forte oiaçonnerie , est 
une profondeur qui s'appelle la fosse où se 
tieot assis le monaajeur qui doit mettre 
les flaoDS entre les carrés , ou les retirer 
quand ils sont marqués. 

Lorsqu on veut marquer un flaon, ou frap- 
per une médaille, on les met sur le carré 
d^eHigie, et à Tinstant des hommes, tirant 
chacun de leur côté un des cordons de la 
barre ou fléau, font tourner la vis qui est 
enclavée, qui, par ce mouvement, fait lever 
et baisser la boite d*»i haut où tient Tun 
les carrés, en sorte que le flaon qui se 
trouve au milieu prend en même temps la 
double empreinte des deux carrés. Ce qui 
fait la différence entre le monnayage des es^ 
pèces et celui des médailles au balancier, 
c*est quo les espèces n^ayant pas un grand 
relief se marquent d'un seul coup, et que 
pour les médailli^s, il faut les renouer plu- 
sieurs fois et tirer plusieurs fois la barre, 
avant qu'elles aient pris toute l'empreinte, 
outre que les médailles dont le relief est 
trop fort se moulent toujours en sable, et ne 
font que se rengrener au balancier, et quel- 
quefois si difficilement qu'il faut donner jus- 
qu'à douze ou quinze coups de la barre pour 
les achever. La presse est une espèce de petit 
balancier qui a toutes les parties essentielles 
du grand, avec cette différence que la vis 
n'étant qu'à un filet, n'est que foulante et 
point as[nrante, et que la barre est, pour 
ainsi dire, partagée en deux et ne se tire que 
d'un côté. 

On a inventé , dans le xviii* siècle, une 
nouvelle machine pour frapper la monnaie, 
qui serait d'une grande utilité si le projet et 
le modèle, qui en furent présentés à l'Aca- 
déraie des sciences en 1717, pouvaient aussi 
facilement s'exécuter qu'ils paraissent ingé- 
meuseroent imaginés. Cette machine est une 
espèce de moulin à qui les forces ordinaires, 
telles que sont le vent, l'eau, ou les ani- 
maux, peuvent donner le mouvement, com- 
me aux autres moulins. Une trémie (1), assez 
semblable à celle gui reçoit les grains qu'on 
' veut moudre, contient les flaons, et les porte 
successivement entre les coins qui les doi- 
vent marquer, et que les roues du même 
mouvement approchent et éloignent autant 
qu'il le faut, et avec l'effort nécessaire pour 
que l'empreinte soit parfaite. C'est encore 
par un autre rouage que les flaons frappés 
sortent comme d'eux-mêmes d'entre les coins 

f>our faire place à d'autres, en sorte que quand 
a machine est une fois en mouvement, un 
seul ouvrier suffit, soit pour remplir la tré- 
mie des flaons, soit pour les ramasser quand 
ils sont devenus monnaie. 

Balancier se dit aussi quelquefois du lieu 
où sont établis les presses et balanciers pour 
les médailles et jetons, dans lequel exclusi- 
vement à tout autre ils doivent être fabri- 
qués et frappés. En ce sens, on dit porter au 
balancier, aller au balancier ; c'est ce lieu 

s 

(1) Trémie, vaisseau de bois large par en haat et 
dtfou par en bas. 



que l'un appelle aujourd*bai la monnaie des 
médailles, aui fut établie sous Louis XIII 
dans les galeries du Louvre. Plusieurs let- 
tres patentes, arrêts du conseil et de la cour 
des monnaies, notamment celui da conseil 
du 15 janvier 16S5 ; ceux de cette eour des 18 
janvier et 10 mars 1672, 11^ iuiUet 16fô; et 
redit du mois de juin 1696, déiendent à tons 
ouvriers, graveurs et monnayeurs, et à tou- 
tes autres personnes, à l'exception des com- 
mis et gardes balanciers du roi, établis aux 
galeries du Louvre à Paris et des hôtels des 
monnaies , d'avoir ni tenir aucun moulin, 
coupoir, laminoir, presse, balancier, et au- 
tres semblables machines, à peine d'être 
Eunis comme faux-monnayeurs, ni iaire &• 
riquer ailleurs qu'au balancier des ^leries 
du Louvre, et des hôtels des monnaies, des 
médailles et pièces de plaisir, d'or, d'argent, 
ou d'autres métaux, à peine, contre les ou- 
vriers et fabricateurs, de confiscation des 
outils et machines, de mille livres d'amende 
contre chacun des contrevenants, et de plus 
grande peine s'il y échet. Les mêmes défen- 
ses sous les mêmes peines sont renouvelées 
f»ar l'édit du mois de juin 1696, registre en 
a cour des monnaies le 30 des mêmes mois 
et an. A ce balancier du Louvre, le roi, par 
le même édit du mois de juin 1696, créa un 
directeur sous le titre de directeur du ba- 
lancier du Louvre, et un contrôleur et garde 
de la fabrication des médailles. 

Par arrêt du conseil du 3 novembre sui- 
vant, le roi a uni l'office de contrôleur de 
la fabrication des médailles et ietons à celui 
de directeur du balancier, créé par l'édit du 
mois de juin. (A.) 

RALLUCA , xt^wuftoÇj aurum quod nuper 
effossum est e terra. Ce sont, suivant Pline (2), 
les grains d'or qui se trouvent dans ies puits 
des mines, ou l'or qui est tiré de la mine 
avant qu'il soit préparé et séparé de son im- 
pureté, dont la livre pesait quatorze onces ; 
cujus libra tmctû comtat qwUemis dénis, (A.) 

BARBARKîS, ancienne monnaie, de Limo- 
ges. Voy. Martial (saint) et Evéques de Li^ 
moges. * 

BARRES. Quand l'argent a été tiré des 
toines, qu'il a été purifié et affiné, on le jette 
en barres, on y marque le titre, après quoi 
il devient en état d'être négocié, et ce né- 
goce se fait principalement aux Indes et en 
Espagne. Il y a ordinairement ouatre mar- 
ques sur chaque barre, savoir : celle du poids, 
celle du titre, celle du millésime, et celle de 
la douane où les droits ont été acquittés. En 
Espagne, le poids est différent de celui de 
France de six et demi pour cent , en sorte 
que cent marcs d'Espagne se réduisent à 
quatre-vingt-treize marcs quatre onces do 
"France, et sur ce pied le poids d'Espagne est 
plus faible d'une demi-once par marc que 
celui de France. Quant au titre, les degrés 
de bonté de l'argent y sont partagés en douze 
deniers 9 et chaque denier en vingt-quatre 
grains comme en France. On remarque que 
' le poids des barres d'argent est à proportion 

(2) Lib. 33, cap. 4. 



117 



BAR 



DICTIONNAIRE UE NUMlSHÂTiQUE. 



BAT 



lis 



de leur litre, par exemple, celles c[ui sont à 
onze deniers dix-neuf à vingt grains, appe* 
lées de toute loi, sont de deux cents marcs 
et plus ; et celles de moindre titre qui ne son! 
numérotées que deux mille deux cents, jus-* 
qu*à deux nulle trois cents, ne sont que de 
cent à cent cinquante marcs. Le titre est 
marqué sur ces barres par des numéros qui 
représentent autant de maravédis : ces ma- 
ravédis font le compte numéraire en Espa- 
gne, où chaque ^maravédis vaut trois deniers 
monnaie de France. Les barres de toute 
loi sont numérotées deux mille trois cent 
soixante-seize ou deux miHe trois cent qua- 
tre-vingts, et ces numéros représentent au-* 
tant de maravédis; quand elles sont de 
moindre titre, comme à onze deniers dix^ 
sept grains, elles ne sont numérotées qoe 
deux mille trois cdnt cinquante-cinq, parce 

a ne les vingt-cinq qui sont de moins que les 
eux mille trois cent quatre-vingts, repré- 
sentent autant de maravédis , qui font six 
sous trois deniers. Le marc des barres de 
toute loi est évalué à soixante-dix réanx de 
plate aux Indes. Quand les barres que Ton 
négocie aux Indes ou en Espagne ne sont pas 
de toute loi, on en fait le compte sur le pied 
du titre qui y est marqué ; mais comme ce 
titre n'y est pas toujours fidèle, on ne doit 
les recevoir en France que sur le pied de 
l'essai qui en est fait. L'arrêt du conseil du 
20 avril 1726, concernant le commerce des 
matières d*or et d'argent, registre en la cour 
des monnaies le 3 oiai suivant, ordonne, 
article 1*% « qu'il ne pourra être vendu, ni 
acheté, aucunes matières d'or et d'argent 
fondues sans être travaillée, qu'elles ne 
soient en barres, barretons, lingots ou cu- 
lots, si ce n'est l'or et l'argent en chaux prO' 
venant des affinages établis dans les hôtels 
des monnaies, à peine de confiscation des- 
dites matières, et de trois mille livres d*a- 
mende. j» 

L'arrêt du conseil du 30 avril 17&1 porte : 
« c[ue toutes personnes ayant droit ou per- 
mission de fondre des matières d'or et 
d*argent, et qui ferorit des barres, barre- 
tons, lingots et culots, seront tenues, dans 
l'instant même et aussitôt la fonte d'iceux, 
de les marquer de leur poinçon, à peine 
de confiscation desdites barres , barretons, 
lingots et culots, qui seront trouvés en leur 
possession sans être poinçonorés. Fait Sa 
Majesté, défenses à toutes personnes de 
vendre et exposer, ou acheter a l'avenir, au- 
cunes barres, j^arretons, lingots et culots 
d'or et d'argent qu'ils ne soient marqués du 
poinçon de ceux qui les auront fondus, sous 
peine de confiscation^ et de trois mille livres 
d'amende pour 4;bacuna contravention.^ Dé- 
fend pardllement aux essayeurs de ses mon- 
naies de vérifier le titre et marquer de leur 
poinçon lesdites barres, barretons, lingots 
et culots, que préalablement il ne leur soit 
apparu sur iceux du poinçon de eeux qui 
les auront fondus. Permet néanmoins Sa 
Majesté, conformément à l'article 8 de l'arr^* 
du 20 avril 1726, aux propriétaires desdites 
barres, barretons^ iiogots et culots, qui ne 



sont point actuellement marqués, de les 

I>orter aux hôtels des monnaies, où la valeur 
eur en sera payée comptant sur le pied du 
tarif, suivant leurs poids et titre ; enjoint 
Sa Majesté, aux officiers de ses cours des 
monnaies, de tenir la main à l'exécution du 
présent arrêt, et leur défend très-expressé- 
ment, ainsi qu'aux autres juges ressortissant 
èsdites cours, de remettre, ni modérer au- 
cunes des amendes et confiscations ordon- 
nées par ledit arrêt, qui sera lu, etc. Fait au 
conseil d'Etat du roi. Sa Majesté y étant, 
tenu pour les finances, le trentième jour d'a- 
vril 1751. » (A.) 

BATTEURS d'or et d'argent, ouvriers 
qui, à force de battre l'or et l'argent sur le 
marbre avec un marteau, dans des moules 
de vélin et de boyaux de bœuf, les rédui- 
sent en feuilles très-légères et très-minces 
{propres à dorer, ou argenter le cuivre, le 
ér, l'acier, le bois, etc. Les batteurs d'or et 
d'argent font à Paris une communauté sou- 
mise à la juridiction privative de la cour des 
monnaies, telle et ainsi qu'elle Tétait aux 
généraux et à la chambre des monnaies. 
Cette juridiction privative a été confirmée à 
cette cour par les édits de 1551, 155i, 1570, 
1635, 1636, notamment par un arrêt du con- 
seil du 12 octobre 1610, et par les édits et 
arrêts subséquents. Les rois Henri II, en 
1554, Henri 111, en 1584 et on 1586, ont 
donné plusieurs ofdonnances et règlements 
pour la régie, la police et l'administration 
de cette communauté. La cour des monnaies 
a réuni les dispositifs de ces ordonnances 
en forme de rè^ement et de statuts, et en a 
prescrit l'exécution à cette communauté par 
arrêt du 24 juillet 1695, qui en fixe le nom- 
bre à vingt maîtres. (Abot.) 

BATTRJB L-OR, l'aroent, le guitre, etc. 
C'est l'action de réduire ces métaux en 
feuilles extrêmement minces, maifi plus ou 
moins, selon le prix gu'on se propose de 
les vendre. Les opérations principales sont, 
lafonte, la forge, le tirage au moulin et la 
batte. L'or qu'on emploie est au plus haut 
titre ; il est difiicile (f en employer d'autre : 
l'alliage aigrit l'or, et le rend moins ductile ; 
et l'ouvrier qui l'allierait, s'exposerait à 
perdre plus par Tinutilité de son travail, 
qu'il ne gagnerait par le bas aloi de la 
matière. 

Les batteurs donnent en général le nom 
d'outil aux assemblages, soit de vélin, soit 
de baudruche ; et quand ces assemblages ont 
beaucoup travaillé, ils disent qu'ils sont las : 
alors ils cessent de s'en servir. Us ont de 
grandes feuilles de papier bkinc, qu'ils hu~ 
mectent, les uns de vinaigre, les autres de 
vin blanc ; ils prennent les feuillets de bau- 
druche las ; ils les mettent feuillet à feuil- 
let, entre les feuilles de papier blanc pré- 
parées, ils les y laissent pendant trois à 
quatre heures ; quand ils s'aperçoivent 
qu'ils ont assez pris l'humidité des papiers 
blancs, ils les en retirent, et les distribuent 
dans un outil de parchemin, dont chaque 
feuille est un .carné dont le càCé a douze 
pouaes. Ils «ppelleut eet outil ipfcmv. Pour 



119 



BAT 



DICTIONNAIRE DE MUMISMATIQUE. 



BEA 



120 



faire sécher les feuillets de baudruche en- 
fermés entre ceux de la plane, ils battent 
avec le marteau la plane pendant un jour, 
puis ils les brunissent ou donnent le brun, 
c'est-à-dire qu'ils prennent du gvpse ou de 
ce fossile qu'on appelle miroir a âne, qu'on 
tire des carrières de plâtre, qu'ils le font 
calciner, qu'ils le broient bien mince ; ils en 
répandent sur les feuillets de baudruche 
d'un et d'autre côté. 

. 11 parait que les Romains ont possédé l'art 
d'étendre l'or ; mais il n'est pas aussi cer- 
tain qu'ils l'aient poussé Jusqu'au point où 
nous le possédons. Pline rapporte aue, dans 
Rome, on ne commença à dorer les plan- 
chers des maisons qu'après la ruine de Car- 
thage, lorsque Lucius Mummius était cen- 
seur ; que les lambris du capitole furent les 
premiers que l'on dora, mais que dans la 
suite, le luxe prit de si grands accroisse- 
ments, que les particuliers firent dorer les 
plafonds et les murs de leurs appartements. 
Le même auteur nous apprend qu'ils ne 
tiraient d'une once d'or que cinq à six cent 
feuilles de quatre doigts en carré, que les 
plus épaisses s'appelaient bracteœ Prenestinœ^ 

Ï>arce qu'il y avait à Preneste une statue de 
a Fortune,' qui était dorée de ces feuilles 
épaisses, et que les feuilles de moindre 
épaisseur se nommaient bracteœ quesioriœ ; 
il ajoute qu'on pouvait tirer un plus grand 
nombre de feuilles que celui qu'il a désigné. 
Il était difficile d assujettir les batteurs 
d'or à la marque, la nature de leur ouvrage 




tromper 

de beaucoup d'alliage : mais heureusement 
l'art même y a pourvu ; car l'or se travail- 
lant avec d'autant plus de facilité, qu'il est 
plus pur, ils perdent, du côté du temps et 
de la quantité d*ouvrage, ce qu'ils peuvent 
gagner sur la matière, et peut-être même 
perdent-ils davantage. Leurs ouvrages sont 
sujets au payement du droit de marque et 
de contrôle, ainsi que les autres ouvrages 
d'or et d'argent. 

Quoiqu'il ne s'agisse que de battre, cette 
opération n'est pas aussi facile qu'elle le 
parait ; et il y a peu d'art où le savoir-faire 
soit aussi sensible : tel habile ouvrier fait 
plus d'ouvrage» et plus de bon ouvrage en 
un jour, qu'un autre ouvrier n'en fait de 
mauvais en un jour et demi. Cependant, le 
meilleur ouvrier peut avoir contre lui la 
température de l'air dans les temps pluvieux, 
humides ; pendant les hivers nébuleux, les 
vélins et les baudruches s'humectent, de- 
viennent mous, et rendent le travail très- 
pénible, et leurs outils se sèchent plus ou 
moins par proportion à la température de 
l'air. (Abot.; 

Battre la chaude, terme d'ancien mon- 
nayage. Avant la découverte du laminoir, on 
battait les lingots d'or, d'argent, etc., sur 
l'enclume à grands coups de marteau, après 
avoir été retirés du moule. On les donnait 
ensuite aux ouvriers afin de recevoir les 
opérations nécessaires pour être frappés. 



fiATZ, petite monnaie d'Allemagne qui 
vaut quatre creuzers ; il y en a en Suisse 

Îui ont différents cours, suivant leur degré 
'alliage. Ceux de Bflle, Schaffouse, Con- 
stance et Saint-Gai, sont les meilleurs ; ceux 
de Fribourg, Lucerne et Berne, les moins 
bons : neuf des premiers Talent dix des 
autres, et font une livre. 

BATZEN, monnaie d'Allemagne qui avait 
cours sur les bords du Rhin et en Souabe. 
Un batzen valait un peu plus que trois sous 
de notre monnaie ; les vingt-deux et demi 
valaient un florin et demi d'Empire, ce qui 
revient environ à trois livres quinze sous 
de France. 

BAUDEQUIN, petite monnaie de la valeur 
de six deniers, en usage au commencement 
du XIV* siècle 

BAUDRUCHE, pellicule d'un boyau de 
bœuf, apprêtée, dont les Batteurs d'or et 
d'argent, font les feuillets de leurs ouiih. 
Voyez l'article Battre l'or. 

BAVIÈRE (Monnaies de la). Voyez l'article 
général Monnaies. 

BAVOIS, ancien terme de monnaie. C'était 
la feuille de compte où Ton marquait l'éva- 
luation des droits de seigneuriage, de bras- 
sage, de faiblage, etc., selon le prix courant, 
Erescrit par le prince, pour l'or, l'argent, le 
illon en œuvre ou hors-d'œuvre. 

BAVEUX [Monnaies du chapitre de). No- 
tice par Duby, Monnaies des barons ei pré- 
lats, T. I, p. 67. 

Batbux, ArageniM ou Bajocas, ville de 
France dans la Basse-Normandie , capitale 
du Bessin, avec un évêché suffraeant de 
Rouen, et dont saint Exupère M Je pre- 
mier évêque sur la fin du iv* siècle. Elle est 
située sur la rivière d'Aure, à sept lieues 
nord-ouest de Caen, trente ouest de Rouen, 
et à cinquante-huit lieues nord-ouest de Paris. 

Le chapitre de la cathédrale de Bayeux est 
composé d'un doyen, d'un chantre, d'un 
chancelier, d'un trésorier, de quatre archi- 
diacres, d'un sous-doyen, d'un sous-chantre, 
d'un scolastique,d'un pénitencier et de qua- 
rante-neuf chanoines. 

Il avait droit de frapper monnaie comme 
beaucoup d'autres chapitres et églises du 
rovaume. 

Mon ETA GAPITVLI. 

^. Baiocensis. Dans le champ, le chiffre I. 
Cette pièce est de cuivre ; et, malgré sa lé- 
gende, je la crois plutôt un îuéreau qu'une 
monnaie en nature (l)i 

On voit dans les rfàuvelles recherches sur 
la France, tome II , pages W8 et suivantes, 
qu'il y avait aussi des monnaies de ce cha- 
pitre, marquées de H et de V, c'est-à-dire 
des doubles, et des pièces de cinq deniers. 

BAZZO, ancienne monnaie de billon d'Al- 
lemagne. Elle avait différentes empreintes 
suivant les Etats où elle était frappée, et va- 
lait environ un sou 6 deniers 4;5* de France. 

BEAUUEU (Du droit de monnaie des ab- 
bés de). Notice par Duby, Monnaies des bor- 
rons et des prélats, T. Il, p. 238. 

(1) Voy. Planche XY, dans Jhibj. 



121 



BEL 



ACTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



BEN 



4îi 



Bbaulibu ou Bellec, Belluê locus , abbaye 
de l'Ordre de Saint-Benoit, au diocèse de 
Limoges, à cinq lieues de Turenne, fondi^e 
vers fan 8M) par un prêtre nommé Raoul. 
Gairulfe, moine de Solignac, en fut le pre- 
mier abbé. 

Raimond II de Combom^ vicomte de Tu- 
renne, étant sur le point de partir pour la 
terre sainte en 1190, octroya a Tabbe Hum- 
bert et à sa communauté, que lorsqu'il ferait 
battre monnaie en sa vicomte, ce serait dans 
la ville de Beaulieu, et que ledit abbé au- 
rait la dixme du droit vicomtal, c'est-à-dire, 
du droit de seigneuriage de cette monnaie. 
En 1197, il accorda au même abbé vingt 
sous par an sur la monnaie fabriquée par 
les vicomtes, quelque part que cette fabri- 
cation eût lieu. 

Ravmond III, fils et successeur de Ray- 
mond n , confirma ces différentes conces- 
sions en 1209 et en 121b : On croit qu'à ces 
deux époques Gansbert était abbé de Beau- 
lieu. Voy. Justel, Histoire de la maison de 
Turenne^ Preuves, pa^es 37 et 38. 

BEAUVAIS (Monnaies des évéques de). No- 
tice par Duby, Monnaies des barons et des 
prélats^ 1. 1, p. 37. 

BsAUVAis, Bellowicum^ capitale du Beau- 
vaisis, dans le gouvernement de File de 
France; avec un évêché et comté-pairie. 
Cette ville s'est appelée d*abord Bratus pa-- 
riiium ensuite CœsaromaguSf et enfin Bello^ 
vœum. L'évècbé de Beau vais a eu saint 
Lucien pour premier évéque, vers le milieu 
du ni* siècle. Le comte de Beauvais fut 
uni à révéché en 996, par Roger, fils du 
comte de Blois, et évéque de Beauvais. 

Le chapitre de la cathédrale est composé 
de six dignités. 

Je ne connais ou'une pièce de Tévèché de 
Beauvais, tirée du traité de M. de Boze et 
qui porte : 

HB!«RICVS BPS (eptSCOpUS). 

i|. BBLVACBNGis (de Beauvais), denier de 
billon frappé par Henri de France, évéque 
de Beauvais depuis IIM iusau*en 1162, qu'il 
fut transféré à l'archevêché de Reims, il 
était frère de Louis VU, roi de France ; c'est 
sans doute le monogramme de ce prince 
qui se voit sur le revers dé notre pièce. 

BEISTY ou BisTT, ancienne et petite mon- 
naie de billon qui valait environ un sou 
cinq deniers 2)9* en argent de France. 

BELGIQUE (Monnaies de la). Yoy. l'article 
général Honnaibs. 

BELLEY (Monnaies des évéques de). Notice 
par Duby, 1. 1, pag. 21. 

Bbllet, Belicay Belliga^ et Bellicum^ capi- 
tale du Bugey, environ à deux mille pas du 
Rhône; révèquea de tout temps reconnu 
Besançon pour sa métropole. Les empereurs 
Allemands laissèrent celle ville sous la do- 
mination de ses évoques et Frédéric Barbe- 
rousse, fut si touche du mérite d'Anselme, 
pour lors évéque de Belley, qu'il lui donna, 
et à son église tous les droits de régale, et 
nommément celui de battre monnaie, et la 
seigneurie absolue de la ville, ne se réser- 
vant que la souveraineté. 



Longuerue Audax, son premier évéque, 
vivait en 412. 

Les évoques et les habitants de Belley, 
passèrent pour savoyards jusqu'à l'an 1601, 

Ïu'ils furent cédés à la France, par le duc 
harles-Emmanuel. 

Le chapitre de la cathédrale est composé 
de sept dignités et de dix-huit chanoines. 
Voici des monnaies, ou plutôt des méreaux 
de réglise de Belley. 

N* 1. ECCLESIA. BBIXIGBNSIS (1), (l'EgUsC de 

Belley). 

i). SANCTOS. JOHANIIBS. B1PTI8TA; daUS IC { 

champ, l'agneau de Dieu. (Recueil de H. de 
Boze.| 

N** 2. BGGLBSU. BELLIGENSIS (2). 

4. SANCTU8. JOANNBS. BAPTISTA, UnC tële. 

(Cabinet de M. l'Abbé de Tersan.) Toutes les 
deux sont de cuivre. 

BENGALE (Monnaies du). Yoy. l'article 
général Monnaies. 

BENOIT III, pape, de l'an 855 à Tan 858. 
[Monnaies de). 

N* 1, Argent. + bbnbdigt. p. {Benedictus 
papa). Au centre, le buste du pape à mi 
corps; à côté les lettres s. p. SanctusPetrus. 

Au revers, la main bénissante, entre les 
lettres bo. Roma; autour la légende + lo- 
dowigus. imp. Ludowicus imperator. 

N* 2. Argent. Au centre, le nom du pape : 
BENED. pa. ; autour la légende +scs. petbus. 

v^. Une étoile, au lieu de la croix au com- 
mencement de la légende: ludovvigus. imp. 
au centre: pivs. Ces deux monnaies ont été 
publiées et expliquées par Vignoli et Flo- 
ravanti, Antiquiores denarii vontificum ro* 
manorumf pae. 37. Voy. aussi la dissertation 
suivante de Garampi aux pages 113 et sui- 
vantes. 

N* 3. Argent. Au centre, en monogramme, 
be. pa. Benedictus papa. Autour la légende: 
H- SCS. PETBUS. Au revers, une étoile ou un 
soleil au lieu de la croix, au commencement 
de la légende : hloth abius. imp. ; au centre 

PIVS. 

Garampi a publié cette monnaie et en a 
fait l'objet d'une savante dissertation où il 
réfute la plaisanterie, imasinée parles savants 
protestants du xvi* siècle, pour introduire 
une papesse sur le siège de saint Pierre entre 
Benoit m et son prédécesseur Léon IV. La 
dissertation de Garampi a pour titre: De 
Nummo argenteo Benedtcti lit dissertation in 
qua plura ad ^pontificiam illustrandam et 
Joannœ papissœ fabulam refellendam profe^ 
runtur. Accedunt nummi aliquot romanorum 
pontificum hactenus ineditt; in-4'', Rome, 
17W. Yoy. encore sur cette ingénieuse malice 
de Spanheim, le Dictionnaire de Statistique 
religieuse^ première partie, pag. kk. 

BENOIT IV, pape, de l'an 900 à l'an 903 
(Monnaies de). 

N* 1, argent. Au centre, le monogramme 
de Benedictus ; autour, en légende : -H ses. 

PETBUS. 

H. Au centre le mot boma, disposé en croix; 



ï 



1) Planche VU. n» 1. 

2) PiiBche VU, D- 2. 



125 



BEN 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



BEN 



m 



autour, la légende + CLyyDoicvs. imp. Louis» 
fils do BosoD.roi d*ArIes. 

N* 2» semblable au nM. 

N* 3, argent. Au centre, le monogramme 
de Benedictus; autour: + ses. petrus. 

4. Au centre rohi; autour ses. paulus. 

Monnaies décrites par Vignoli, Antiquiores 
Denarii, pag. 58. 

BENOIT V, pape, de l'an 964 h Tan 965. 

Vignoli attribue à ce pape un denier d*ar- 

f[ent très-altéré, sur lequel on lit h côté de 
'effigie du pape ou de saint Pierre les lettres 
BEN. (Benedictus) ; au revers roma. ses. petrxjs. 
et où parait manquer le nom de Tempereur. 
Antiquiores DerCùrii pontificum, pag. 79. 

BENOIT VI, pape, de Tan 972 à 97fc. 
(Monnaies dé), 

N" 1, argent. Au centre : d. b. -f- e. p. 
(Domnus Benedictus papa). Autour, en lé- 
gende : oiTO. iMPE. ROH.(0/^o imperator Ro- 
manorum). 

É^. Effigie de saint Pierre ou du pape, en-* 
tre les lettres s. p. b. 

N* 2, argent. Au centre l'effigie, entre 
les lettres + bene. (Benedictus )f pap. 
(papa). 

^. Au centre, roma. Légende : ses. petr. 
OTTO (sanctus Petrus, Otto). 

Décrites par Vignoli, p. 83. 

BENOIT VU, pape, de Tan 974 ou 975 à 
Tan 983. 

Vignoli publie et décrit, page 85, une mon* 
naie de ce pape. Elle porte au centre du droit 
lé monogramme de Benedictus; autour, la 
légende, ses. pbtrus. ap. (Sanctus Petrus 
apostolus). 

Au cevers, un temple surmonté d'une 
étoile. Légende : otto. imp. rom. (Othon II). 

BENOIT XI, pape, de l'an 1303 à l'an 
130& (Monnaies de). 

Pièce de bronze. Au centre une croix. 
Autour la légende + pp. bbnedigt. yn. (un- 
decimus), 

4. Les deux clefs perpendiculaires. Au- 
tour la légende. 4- s. petr, patrimonvm. 

Publiée ipar FloraYantî, Antiqui Denarii, 
p. i!^5. 

BENOIT XII, pape, de l'an 133& à l'an 
1342 (Monnaies de). 

M" 1, argent. Une croix dans le champ. 
Autour la légende : + vw. bbnedit. xii. 

^. Les deux clefs pendantes. Légende : 
patriu. b. pbxbi, patrimonium sancti Pe^ 
tri. 

N** 2, argent. Le pape assis portant la 
tiare bénissaikt. Légende : bbnbditvs. 

i). La croix. pi^ ^yodeqhk^. 

Décrites par Floravanti, Antiqui Denarii^ 
p. 60. On ne Renaît pas encore de monnaies 
de Benoit XII frappées positivement à Avi-* 
gnon. Yoy^ He^w de Numismatique^ 1839, 
p. 262. 

BENOIT XHI, pape à Avignon en 139&, 
déposé en 14081, meurt en 1424. (Voy. le 
Dictionnaire de Statistique religieuse, pre- 
mière partie, p. 80^ 

Floravanti a publié deux pièces en argent 
de ce pape assez semblables Tune à l'autre 
{Antiqui Denarii, page' 89).«£Uas:pofftent^u 



droit : benedet. pp. trdgm. (Benedictui 
papa tertius decimus). Dans le champ, le 
pape assis sur un pliant à têtes de lion, por- 
tant la tiare ou la mitre, bénissant de la' 
main droite, et tenant de la gauche la lon- 
gue croix dont le sommet tombe au com- 
mencement de la légende. Au revers : + 
santvs. petbvs. et. PAVLys. Dans le champ, 
les clefs en sautoir. 

M. Cartier a décrit les monnaies suivantes 
de Benoît XIII dans la Revue de Numisma- 
tiqucj 1839, p. 266. 

. beneditvs. pp. tedecihts. Dans le champ, 
l'écusson de Pierre de Lune surmonté delà 
tiare. 

^. sANCTvs, PETRvs. ET. PAVLvs. Dans le 
champ, deux clefs en sautoir réunies par un 
lien. • 

Beneditvs. pp. xui. Un croissant entre les 
lettres P.P., sous la tiare. 

1^. SANCTVS PETRVS. Croix cantOHuée de 2 
mitres et de 2 doubles clefs en sautoir. 

BENOIT XIII, Pierre - François -Orsini, . 
pape de 1724 à 1730 (Médailles de). 

N- 1. BENEDICTvs. XIII. Pontifex. MAXi- 
Mvs. Anno I. Benoit XIII^ souverain pontife^ 
Van 1" de son pontificat. Buste à gauche de 
Benoît XIII, coiffé de la calotte et revêtu du 
camail par-dessus lequel il porte rétole. 
Exergue : H (sans doute Tinitiale d'Hame- 
rani). 

i). DE. RORE. COELI. (Nie) de la rosit du 
ciel. Au milieu, une rose faisant allusioD ï 
celle qui figure dans les armes des Or- 
sini. 

Trésor deNumism., p. 43, Mon. des Papes. 

N° 2. BENEDICTVS. XIII. PONTifex. 
MAXmvs. Benoît Xllly souverain pontife. 
Buste à droite de Benoît XIII, coiflfô de la 
calotte et portant l'étole par-dessus le ca- 
mail. Exergue : HAMERANI. (Sur cet exem- 
plaire la signature du graveur est presque 
entièrement eifacée.) 

^. CAROLO. MAGNO. ROMANj;. KC- 
CLESIiE. VINDICI. A Charlemagne, vengeur 
de VEglise romaine. Statue ^uestre de 
Charlemagne, lauré, vêtu en empereur fo- 
main. Sur le piédestal, un bas-relief oui pa- 
raît représenter le couronnement de Charle- 
magne, par le pape Léon III. Exergue : ANNO. 
IVBlLEl. MDCCXXV. Van du Jubilé 1725. 
hà statue de Charlemagne qui est située 
sous le portique de St-Pierre fut exécutée 
en 1725. Elle porte sur le piédestal Tin- 
*scription qui forme la légende de cette 
pièce. 

Très, de Numism.^ p. 43, M. des Papes. 

N' 3. BENEDiGTvs. XIII. Pontipex, Maxi- 
UYS.Ay^oAY. Benoît XII I^ souverain pontife, 
Fan 4" de son règne. Buste à gaucho de Be-^ 
noit XIII, donnant la bénédiction papale; 
il est coitfé de la calotte et revêtu du camail 
par-dessus lequel il porte Télole. Dans le 
champ, près de la main du pontife, une U (ini* 
tiale du graveur). 

i^. COR. NOSTRVM. DILATATVM, EST. 
Notre cœur se dilate de joie. Vue de Thôpital 
Santo-GallieaDO. Sur la place, des passants. 
Exergue : Sancti. MAR1£. £T, Sancti. 



I«E ma DICnONNAIRE DE 

GALUGANl. NOSOCOMIVU. MDCCXXVIl. 

Bûpitai de Santa-Maria et de Simto-Galti- 
cano. 1727. Benott Xlll augmenta les revenus 
de l'hâpital de Sanla-Maria et le consacra 
aux malheureux atteints de la gale. 

Tr^t. de Numism., p. U, Mon. du Papei. 

BENOIT XIV , Prosper Lambertini , de 
Bologne , pèpe> de ilW à HSS {Médaillu 
de). 



NUMISMATIQUE. 



BE» 



Itt 




N" l.KENEDicTVS. XIV.PONTipbx. Maxi- 
HTS. Benotl XIV, louneram pontife. Buste îL 
droite de Benoît XIV, coiffé de la calotte et 
rerétu d'un camail par-dessus lequel il porte 
rétole. 

iS. IVDICABIT. IN. ^QVITATE. /( ju- 
gera avec t'éqxtité. Une femme debout, la 
tiare en tftte, revêtue d'une toge, et tenant 
de ta main droite des balances et de la gau- 
che la croix patriarcale ornée du mono- 
{gramme du Christ, dont elle terrasse un 
dragon. Eiei^ue : MDCCXL. Au-dessous, 
la louve, marque d'OlhonHnmerani. — Al- 
lusion à l'équité de Benott XIV. 

Trù. de iVuminN., p. ^k. Mon. des Pape$. 

N- 2. BENEDicTvs. XIV. PONTifei. Mi- 
xiHvs. A;«NO 1. Benott XIV, souverain pon- 
tife, l'an l'\ Buste à droite de Benoit XFV, 
coiffé de la calotte, et revêtu du camail par- 
dessus lequel il porte l'étole. 

H. VT. MECVM . SIT. ET. HECVH. LA- 
BORET. Pour qu'elle toit avec moi et qu'elle 
travaille avec moi. Femme debout, personni- 
fiant la science du gouvememaat, tenant de 
la main ^uche un gouvernail, et montrant 
de la droite le globe du monde; sur sa tête, 
UD ceil radieux. Exergue : MDCCLX. Mé- 
daille frappée !i l'occasion du couroonament 
de BenoU XIV. 

Trét. de ffumUm., p. U, M. de» Pape$. 

N" 3. BENEDiGTTS. XJV. PONTifbx. MA- 
XiHvs. Arho I. Benoit XIV, touverain pon- 
tif€, ran J". Buste à droite de Benoit XIV, 
coiffé de la calotte et revêtu du camail par- 
dessDE lequel il porte l'étole. 

4. BASlLicf. LlBEKiAHx. PCmTlCo. 
REiSTiTTTo. [Le portail de la batHique Li- 
bérienne reelauré). Vue du portail de Sainte- 
ftlsrie-Hajeufe. Exergue : La Louve, mar- 
que d'OtboQ Hameraui. 

Irét. de Numiem., p. M. 

N" 4. BENEDICTVS. XIV. PONTIpbx. 
MAXiMus. Benoit XIV, louverain pontife. . 
Buste adroite de Benoit XIV, coilTé de la ca- / 
lotte et xevêlu du camail par-dessus lequel 
U porta l'étole. BzergueiHAUËRANl. 



^. Inscription : TBMPTLVM. CORROBORA- 
VIT. ET. ATRIVM. EREXIT. BENEDictvb. 
PP. (ptam) XIV. ANno- MDCCXLI. PONTIH- 
CA'T VS. I. Le Pape BenoU XIV a consolidé l'é- 

Îïiie et construit le portait (de Sainte Uarie- 
Iqeure) en Tannée 1741, de ion pontificat la 
première. 

Trét. de Numism., p. 4* et 45, M. éei P. 
N" 5, Même tête qu'au d' 0, mais d'uD 
moindre module. 

i^.VEGTIGALlBVa. REMISSIS. {Les taxti 
remitei). Femme debout, tenant de la main 

§auche une corne d'abondance et montrant 
ela droite une proue de vaisseau; h ses 
pieds des marchandises. Exergue : AD. CEN- 
TVM. CELus. MDCCXLH. A Civita-YeccMa 
en 1742. Benoit XIV douoa un port franc à 
Civita-Vecchia. 

Trét. de Tiumitm., p. 45, M. det P. 

N°6. BENEDicTvs. XIV. PONTifei.MA- 
XiHvs. Anno. III.£«io({ XIV touverainpon- 
tife l'an 8'. Busfr h droite de Benott îtlV, 
coifTé de la calotte et revêtu du camail 
par-dessus lequel il porte l'étole. 

il. HEM0HI^.Mar1£. CLEMENTINE. BRIT- 
ABNi*. REGl^M [A la mémoire deMarie-Clé- 
mentive, reine de la Grande-Bretagne), ho 
tombeau de Marie-Clémentine Sobieska» à 
Saint-Pierre de Rome. 

Trét. de Ifumism., p. 45, M. de» P. 

N" 7. Même tête qu'au c* 9, mais «reo 
la date Auno IV, et d'un moindre module. 

«Ç. TRICLINII. LEONIANI. PARIET1NI8. 
REST1TVT16 (Let ruines du triolinium db 
SAINT LÉON restaurées). Vue de la niche éle- 
vée dans l'éçlise du Saint-Sauveur, pour les 
mosaïques Je l'ancienne salle à manger du 
palais de Latran. Snr le fronton, l'écu des ar- 
mes de Benoit XIV, surmonté de la tian 
pontificale et posé sur les clefe de ^iot- 
Pierre. 

Trét, de ffumism. p. 45, M. det P, 

H" 8. BENEDICTVS. XIV. PONtipex. ÎI*- 
XTHVS. AnNa V. Benott XIV, aouveratk pon- 
tife, l'an 6: Buste iulrofte -de Benoît XIV, 
coitlé de la tiare et revêtu d'une chape ri- 
chement brodée. Exergue :'HAlMERAM. 

H. VIRTVn. TROPH^l^. NOVA, NON. 
DEtiENER. ADDAM. Pottrne'pat dégénérer, 
■j'ajouterai de nouveaux trophées pour le ta- 
Unt. Pallas debout, tenant la liasté de la 
main droite, et de la gauche une équerre; a 
ses pieds, un buste et des fragments de sta- 
tues antiques .Exergue : ADDITO. !N. CAPI- 
TOLIO. SAPIENTl^. PABVLO. MDCCSLV. 
Une nouvelle école (de dessin) fondée dont le 
Capitole. 174S. 

Trét. de Numism., p. 45, j(f. $m P. 

N-g. BENEDiCTv^XlV. PÔNtifbx. Ma- 
xiHvs. Anro. Vil. Benoit XIV, souverain 
pontife. Tan 7. Buâte à droite de BenoK XIV, 
coiffé de la calotte et revêtu d'un camail 
par-dessus lequel il porte l'étole. 

(j. CVRA. HBRVM. PVBLICARVM. (Fïffi- 
Xance pour ta chose publique.) Le pape voj'a- 
geant, assis sur un trdne posé sur une li- 
tière portée par deux mules; il donne la bé ■ 
nédictiou et est accompagné de gard^ à pied 
et à cheval. Un êcu^er tient la bride de I4 



197 



mCTIONNAmE ME nihosmatiqije. 



Itt 



■mie de deTant. Sans les airs, la Renom- 
mée volant; la litière porte Técosson des 
armes du Pape; la maison Lambertini, 
dont était issu le pontife , porte : pallé 
d*or et de gueules. Eiergue : AB. CEN- 
T^'M. CELLAS. PROFECTIO, Départ pawr 
Cirita-Vecehia. 

Très, de iYiunijfl»., p. U, Jf. des P. 

N- iO. Même droit qu*au n* 9. 

m. AHPUORI. BONAaTM. ARTIVH. IN- 
CREMENTO. (Pour favoriser encore plus les 
ioamT-aris). Le génie des arts, tenant de 
la main droite une figure d- la Renommée, 
et de la gauche une corne d'abondance, 
marchant au milieu de la galerie de tableaux, 
bâtie par le pape Benoit XIV, an Capitole. 
Eierçue : CAPITOLIO. PICTVRIS. DECO- 
RATO. Le Capiiole orné de tableaux. 

Très, de aVmjrîsm., p. (5, Jf. des P. 

>* I i. Même droit qu'au n* 9, mais arec 
la dale A!i5o XI. 

H^ Le pape, coiffé de la calotte, assis sur 
son tr6ne, entouré de ses camériers ; un 
franciscain agenouillé présente au Saint 
Père des papiers sur une patène. Exergue : 
Anso. MBCCL. FRAKCIScanortv. COMI- 
Tim. PR^SiDET. Lan 1750, (le pape) pr/- 
side le chapitre des Franciscains. 

Très, de Numism.j p. I»5, M. des P. 

S* «. BENEDicnrs. XIV. PONTIFEX. 
MAXiMTS. A!i!io.XIV.(£ffiofl UV, souverain 
poniife^ fan li). Buste à droite de Benoit XIV, 
coiffe de la calotte et revêtu du camail par- 
dessus lequd il porte Tétole. Exergue : Oiro 
HAMERAM. 

4. NOVO. ECCLESIARMI. FOEDERE. 
{Noutdle aiUmnce des églises.) Deux ar- 
cfaeréquas, tenant chacun de la main gauche 
one croix patriarcale, se donnent la droite. 
Exergoe : TRANQ>TLUTAS. RESTITVTA. 
(La tnmqmllité rétablie). Des discussions 
s'étaient éleTées à Foccasion du patriarcat 
d*A<pdlée; elles furent terminées sous Be- 
noît XIV par la sap|H«ssion du patriarcat 
el la création des deux archevêchés d'Cdine 
et de €ioritz. 

Tris, de Nmmism.^ p. (5, Jf. des P. 

ft 13. Même droit qu'au n* 9, mais avec 
la date, Ano XV. 

Â. TOTA-rvmjCA (Frax pfublics). Le pape, 
assis sur son trAne, la mitre en tête; sur 
les d<r^rés du trône, une femme tenant une 
cnjix la Religion}. Au pied du trône, un 
guerrier, le àsqoe en tète, la lance à la 
main, portant une petite croix suspendue 
i son COQ. A droite, un vaisseau. A gauche, 
lii. cL^val. Exergue : REUGIONE. AVSPICB. 
Asso. MDCCLV. [Sous les amfices de laJte- 
fifiM, Fm 1755;. 

Très. deSmmum.. p. U, Jf. det P. 

5* \%. IKsEke droit encore qu'au n* 9, mais 
ayftc la dite A^!io. IX- 

Â. AVCTO. TERRA. MAR1QVE.COMMER- 
QO. Le coÊÊÊÊkeree de terre H de mer amg- 
■Msle. 5eî*.u.Le sur son char dans le fond 
de» vaibseaux. Sur Ir premier plan, Tabon- 
^cufjt T*TS*nl les tr^rs c^ sa c«>me sur 
le 6v'. Exer^iufr : A« v». MDCCL^X l'an 1756. 

Tra.àt Xmeùm^y.%i€ik6, M. des P. 



N* 15. Même droit qu'au n* 9, mais avec la 
date Ahho. XVil. 

4. PANTHEI. DECORE. RESTITVTO. ET. 
AVCTO. {L'éclat du Panthéon rétabli et aug- 
menté). Vue intérieure du Panthéon. Eier« 
gue : AN!fo. MDCCLVII {Van 1757). 

Trésor de Numismatique^ p. U, Jf. de$P. 

BERGAME. Voy. Tarticle général Mos- 

HAIES. 

BERUN. Voy. l'article général Mohhaies. 

BERNARD (5c€Ott de Saint). Voy. Tarticle 
général Sceaux des abbés, n* 15. 

BESANÇON (Jfofifiatef des évéques et arche- 
vêques de). Notice par Duby, t. I, p. 10 (i;. 

Besançoh , Vesontio^ Visantium et Besantio; 
quelques historiens Font appelé Chrysopo- 
liSf ville d'or, à cause que l'on avait irappé 
dans cette ville, une monnaie d'or nommée 
Besan {Voy. Hehri de Valois). Celle ville, 
capitale de la FrancheComté, est située sur 
le Doubs qui la partage en deux ; elle était 
libre et impériale jusqu'à la paix de Muns- 
ter, qu'elle fut cédée à l'Espagne par rem* 
Sreur en échange de Franckendal : Louis 
iV s'en rendit maître en 1674; elle est i 
dix-neuf lieues est de Dijon, à dix-neuf sud- 
est de Langres et à soixante-treize sud-est 
de Paris. 

L'archevêque est prince de l'empire ; ses 
suffragants sont les évéques de Lausanne, 
Bâie et Belley. Méget qui siégeait en 665, 
reçut le pallium du pape Vitalien ; et il est 
le premier évèque de Besançon, auquel les 
historiens de ce diocèse donnent le litre 
d'archevêque. 

Le chapitre de l'église métropolitaine est 
exempt oe la juridiction de l'archevêque : 
il est composé de quatre dignités et de qua- 
tre personnats. 

Le roi Charies-le-Chauve, donna à l'arche- 
▼êque Arduic le droit de battre monnaie ; ce 
droit fut confirmé, en 1230, par Guillaume, 
roi des Romains. 

L'empereur Charles IV, par lettres patentes 
du 97 décembre 1337, acootda de nouveau 
aux archevêques de Besançon, le droit de 
firapper la monnaie d'or et d'argent , pour 
avoir cours dans la ville et le diocèse de Be- 
sançon. L'empereur Sigismond oonfinna ce 
droit en 1423, et Rodolphe leur permit, en 
1586, de battre toutes sortes de monnaies 
d'or, d'argent et de cuivre, aux nom et 
armes de l'archevêque, àoondition qu'elle se- 
rait de même aloi que celle des autres pria- 
ces de l'empire. 

La monnaie des archerêques de Besançon 
fut nommée Estevemams , du nom de saiot 
Etienne, patron de l'une des cathédrales, a 
IaqneileArduic,ouquelquunde ses succes- 
seurs, avait fait part du droit accordé paf 
Charles-le-Chauve. La livre estevenans va- 
lait quatone sous dix deniers tournois. Cette 
monnaie a eu un grand cours daos 10 
royaume de Bourgogne ; mais ce n'est pas 
de ses comtes qu'elle tire son nom, comino 
le croit Du Cange, qui n'a pas connu le droit 

(I) T09. En.oulre des addilions à IM^f ^ ^ 
de son prwnier voliiBie« pig. un. 



139 



MIS 



DICTIONNAIRE DE NUMISllATlQUE. 



BEZ 



130 



de battre monnaie dont a joui TEglise de 
Besançon. 

Ces archevêques prétendant que ce droit 
était exclusif, empêchèrent, par les cen- 
sures ecclésiastiques et même par la voie des 
armes, que les hauts barons du comté de 
Bourgogne y fissent battre monnaie à leur 
coin , nommément Guillaume , comte de 
Vienne et de Mftcon, Philippe de Vienne et 
Jean de ChAlons, qui avaient établi des mon- 
naies à Lons-le-oaulnier, Pimout auprès de 
Lons-le-Saulnier, Seure, et Château-Belin 
sur Salins. Ils contestèrent aussi ce droit 
aux comtes de Bourgogne, mais sans suc* 
ces. (Voy. VHUtoire de Besançon^ par Dunod 
de Cnarnage.) 

N* 1. Monnaie ou plutôt méreau du cha- 
pitre de Besançon. Au droit : une main bé- 
nissante, une colombe portant une bande- 
rolle ou légende. Pas d inscription (1}« 

H. I, cuivre. 

N* 3. Au droit comme au n^ 1. 

î^. II, cuivre. 

1i* 3. Au droit, comme ci-dessus. 

î^. m, cuivre. 

Les méreaux appartiennent au chaoitre ; 
les monnaies suivantes sont des arcnevé- 
ques. 

N* h. Beati. Stephini. Une main ayant 
trois doigts levés, qu'on nomme le bras de 
saint Etienne. 

^. PoBTi. ifiGRA, c*est une porte noire (^ui 
conduit à la cathédrale, <a pièce est de bii- 
lon. (Cabinet de M. de Boullongne.) 
* N* 5. Denier de billon Bisvntivm (Besan- 
çon). 

^. Protho. Habtir. (M. de Boze.) 

N* 6. Autre d'un coin différent , même 
matière. (M. de Boze.) 

N* 7. Autre un peu différent, billon. (Ca- 
binet de M. de Boullongne.) 

N* 8. Autre aussi de billon , avec quelque 
différence dans le type. (Même cabinet.) 

N* 9. VBSOimyM (Besançon). 

i^. BfiiTi. Stephani (du bienheureux 
Etienne), billon (Cabinet de M. de Boul* 
•^ngne). 

M* lO. CusopoLis. VRBS (la ville de^esan- 
xon). 

. ^. Sargtus. Stbphahus (saint Etienne) , 
denier de billon. (M. de Boze.) Voy. GoUut, 
SuCange, GaUia Chrisiiana, et Chifflet. 

Besançon (du droit du chapitre méiro" 
potiiain de Sainte Jean de). On lit dans Duby, 
t. II, p. 261 : 

Le chapitre de Saint-lean de Besançon est 
exempt ae la juridiction de l'archevêque. Il 
est composé d'un grand doyen, d'un grand 
archidiacre , d'un grand chantre , d'un tré- 
sorier, de quatre archidiacres et de quarante- 
trois chanoines. 

Humbert (2), archevê(}uede Besancon, en- 
gagea en 11^7 au chapitre de Saint-Jean la 
part qu'il avait dans la montiaie de Besançon , 

Îour 3,000 sous d'or qu'il avait été obligé 
'emprunter pour l'aider à soutenir les trais 

(1) Duby, planche 111, n* I. 

(2) Saivanl M. Tabbédu Tenus, ce prélat était de 
la Hiaisoo de Saint-QuentiB,- 



de la guerre que Renaud et Guillaume, com- 
tes de Bourgogne, lui avaient déclarée. 
Cette part dans la monnaie consistait dans 
un tiers, comme on le voit par une bulle 
d'Eugène III, de l'an 1146. Dunod , Hist. ec 
clésiast, de Besançon^ tome I, p. 153; dom 
Grappin, Recherches $ur les anciennes mon^ 
naies du comté de Bourgogne^ page 45 ; et 
l'abbé Hugues du Tems , Clergé de France^ 
tome II, page 64. 

BESORCH. Monnaie d'étain allié quia 
cours à Ormuz. On l'évaluait autrefois à 
3 deniers de France. 

BEZANT, Besant ou Btzintui , espèce de 
monnaie d'or frappée à Bysance dans le 
temps des empereurs grecs chrétiens et qui 
a eu cours en France sous la 3* race (3). 

Le besant était d'or pur et fin à vingt- 
quatre carats ; on n'est point d'accord sur 
sa valeur : de là vient que, sans spécifier la 
somme, on donne le nom de nezantou 
bvsant aux pièces d'or que le roi d'An- 
gleterre offre à l'autel le jour des fêtes. 

Louis-le-Jeune apporta en France ces es- 
pèces prises sur les Arabes (4) et autres in- 
ndèles qu'il avait vaincus, et en présenta 
treize à l'offrande le jour de son sacre et 
couronnement ; on le ht ainsi dans le céré- 
monial du sacre de nos rois-, dressé par l'or* 
dre de ce roi, d V offrande soit porté un 

Îatti, un barril t argent pleindevin^ et treize 
ezants d'or. 

Cette coutume s'observa dans la suite; 
Henri II tit faire treize pièces d'or pour son 
sacre, qui furent nommées byzantines, et 

3ui pesaient environ un double ducat. Le 
ouble ducat était alors ce que nous appe- 
lons un louis. 

Les besants ont eu longtemps cours en 
France ; Louis VU en fit fabriquer en 1148. 
Rex prœeepitabbati.... 500 bytantios auri sibi 
prœparandos fore (5). 

Sous Philippe-Auguste, entre l'an 1187 et 
l'an 1205, il est fait mention de besants en 
plusieurs articles d'un registre du trésor des 
Chartres : Anno domini 1205, mense Februor- 
rio, etc., Odo debuitkSâ byzantiosj etc. (6). 
Par lettres datées de l'an 1215, au mois 
de novembre , la trente-septième année du 
rèçnede Philippe-Augusle, Guillaume Vi- 

fpTo devait donner au roi tous les ans, à la 
ète de Saint-Denis, wmm byxantium de 
servitio. 

11 est fait mention dans l'histoire de France 
de huit cent mille besants d'or, payés aux 
Sarrasins pour la rançon de saint Louis et 
des seigneurs faits prisonniers avec lui. 

En 1282, sous Philippe-le-Hardi, le besant 
Ait évalué à huit sous tournois (le denier 
tournois était alors à un denier six grains 
de loi, à la taille de deux cents au marc); et 
sous Philippe-leBel, en 1297, le besant l'ut 
évalué à neuf sous (7). 

(3) Du Peyral. Le Blanc, p. 157. 



(4) Du Peyrat. 
(5)^ 



Duchés, t. 4, Iblio 224 et 495. 
(6) Le Blanc, pag. 157. 



(7) Supplément de Moréry par TAbbé Goujei,— 
Le BI 



(lanc, pag. 158. 



i^ 



m 



BiCTIONNAiRE DK ïnJlHSMÂTIQUE. 



BU 



L'auteur du Roman de la Rose (1), qui 
écrivait sous le règne de Philippe-le-Bel, 
parle du besant en plusieurs endroits 

Qui Ty donna quatre besans, 
Se faut semblant ne kit pris ans. 
Mais une grande bourse pesant, 
Toute farcie de besans. 

Dans le môme roman, Cupidon parlant de 
Vénus : 

Ma mère est de moult grand prouesse, 
Elle a pris mainte, forteresse, 
Qui coûiaît plus de mîHe bezans^ 
Où je ne fusse pas ja présens (2). 

On jugerait, de cetle façon d'écrire, que 
les besants étaient alors la monnaie la plus 
usitée en France; cependant il n'en est 
fait aucune mention dans aucune des or- 
donnances de Pbiiippe-le-Bel , où il est sou- 
tent parlé des monnaies qui avaient cours, 
et de celles que ce prince décriait. (A.) 

Voy. au mot France , les monnaies de 
Philippe-le-Bel. Voy, g^ussi Chypre. 

BEYROUTH [Sceau de Févéque de), pendant 
les croisades. 

^. -f- SiGiLiuM. Balduini. Au ccntrc, Té- 
▼éque nu-tête, tenant la croix et la crosse. 

1^. -h Beritensis ; au centre : episcopi. 

Sceau rond de Baudouin, évêque de Bey- 
routh, suspendu à une charte de 1133. Paoli, 
Codite dipiom\j t. I, p. 15, planche I, n° 9. 

Betrouth {Monnaies des seigneurs de). 
On ne connaît qu'une pièce de cette série. 
C'est un denier de l'illustre Jean dlbelin, 
oncle de Jean d'Ibelin, comte de Jaffa, rédac- 
teur du livre des assises de Jérusalem. Ce 
denier, assez semblable à ceux que d'autres 
princes croisés frappèrent à Sidon, à Tripoli 
et aux deniers royaux de Jérusalem, porte 
d'un côté une croix pattée avec la légende : 
-f- loHA'^kEs, au revers, un édifice crénelé, 
le château de Beyrouth, avec la légende : 
d'rerito] [Johannes de Beritho), Voy, l'ar- 
ticle Croisades. 

BIBLE (Numismatique de là). Voy. Juifs. 

BILLOInNEDRS. Autrefois les bîllonneurs 
étaient en France des gens préposés de la part 
du roi pour recueillir et rassembler les es- 

Sèces aécHéeS pour être mises au billon. 
ous le règne de Charles VI, vers l'an 1385, 
ces billonneurs avaient leurs boutiques dans' 
la rue aux Fers, du côté du cimetière des 
Innocents : cet endroit se nommait le Billon. 
On nomme à présent billonneur celui qui 
fait un négoce d'or et d'argent, en profitant 
sur la valeur des espèces ou monnaies, etc. 
Les ordonnances prononcent des peines très- 
rigoureuses contre les billonneurs ; celles 
de 1557 et de 1579 portent la peine de mort ; 
celles de 15t4, 1578 et"ie29, la confiscation 
du corps et dés biens. 

La déclaration du 17 novembre 1699, re- 
gistrée le 26, porte peine de mort contre les 
officiers et commis des monnaies, qui se- 
ront convaincus d'avoir diverti les deniers 
du roi, jusqu'à trois mille livres et au- 
dessus. 



SI 



Pag. 567, pag. 244. 
2) Page, 514, Roman de la Rose, 



L'arrêt de la cour des monnaies, du 
janvier 1702, ordonne l'exécution de la dé- 
claration citée ci*dessus, porte qu'il sera in- 
formé contre ceux qui exposent et reçoivent 
les anciennes es{)èces au même prix qu'aux 
hôtels des Monnaies, changes et recettes pur 
bliques. 

Les déclarations des i6 octobre 1703 et 
1706. renouvellent les défenses du billon- 
nage à peine de oon&scation des espèces, et 
d'amende du double au moins poar la pre- 
mière fois, dont moitié au dénonciateur, et de 
punition corporelle en cas de récidive. 

La déclaration du 8 février 1716, régis- 
trée en la cour des monnaies le lit février 
suivant, « défend h tous ses sujets et étran- 
gers étant dans le royaume^ même à ceux 
3ui jouissent des privilèges des régnicoles, 
e faire aucune négociation d'espècest com- 
merce ou trafic de matières d or el d'ar- 
gent, de les vendre, acheter, ou marchander 
à plus haut prix que celui porté par les édits, 
déclarations et arrêts, et de faire aucune 
sorte de billonnage desdites espèces et ma- 
tières, à peine pour la première fois du car- 
can, de cooûscatioa desdites espèces et ma- 
tières, d'amende, qui ne pourra être moin- 
dre du double de la valeur des espèces ou 
matières négociées, billonnées;, ou marchan- 
dées, applicable un quart au profit du roi, 
et les trois' quarts au dénonciateur ; el en 
cas de récidive, à peine de galères à perpé- 
tuité. Lesquelles peines ne pourront être 
modérées, et auront lieu tant contre ceux 
qui auront donné, que contre ceux qui au- 
ron reçu lesdites espèces, à plus haut prix 
que celui pour lequel elles auront cours. » 
*- Art. 11. « Veut néanmoins Sa Majesté 
que celui des billonneurs ou négociateurs 
qui aura déclaré ses complices à son procu- 
reur général en la cour des monnaies, ou 
aux juges des lieux, soit exampt des peines, 
et reçoive la part desdites ocuç^catioDS et 
amendes qui doit appartenu au dënoncia- 
t^ir. » (A.) 

BLAFFÉRT ou Plaffert, monnaie qui a 
cours dans l'électorat de Cologne, où elle 
vaut qbatre albus el 3 sous {f deniers» ar- 
gent de France. (A.) 

BLAMUYSEIà ou Auh-^escàlir, monnaie 
dont on se servait autrefois dans les Pays- 
Bas, et qui valait eniriron 6 sous 6 deniers^ 
argent de France. 

BLANC. Monnaie de billon fabriquée dV 
bord sous Philippe-de-Valois. Les blancs 
valurent communément dix deniers tournois 
quelquefois plus, quelquefois moins. On 
appelait grands blancs ou gros deniers blancs, 
ceux qui valaient dix deniers touniois, et 
petits blanca ou <leini*4)lancs, ceux qui n'en 
valaient que cinq. 

Les blancs, dans leur origine, c'est4-dire 
sous Philippe de Valois et au commencement 
du règne du roi Jean, étaient quelquefois 
appelés gros tournois, parce qu'ils tenaient 
la place des gros tournois, qu'on ne fabri- 
quait plus à cause de la disette d'argent. On 
leur substitua ces espèces de billon qui 
étaient souvent de si basse loi, qu'elles ne te- 



155 



BLà 



Dl€TH>iNNAIR£ I^ NUMlSMATiQUB. 



BAH 



m 



liaient pas deux deniers d'argent. Cependant, 
pour cacher en quelque laçon ce défaut 
au peuple, on blanchissait ce3 espèces, atin 
qu'elles parussent être d'argent, et pour les 
distinguer des doubles et des deniers, qu'on 
appelait communément monnaie noire. 

Philippe de Valois, manquant de matière 
pour faire faire de gros tournois d'argent 
iiii, et d*ailleurs voulant affaiblir la monnaie» 
en diminua le titre de telle sorte qu'en 1348 
il Qt faire de gros tournois d'argent, appelés 
aussi blancs, oui n'étaient qu'à six deniers, 
de loi, et qu'il faisait cependant valoir quinze 
deniers tournois. 

Le roi Jean ût faire, au commencement 
de son règne, en 1350, 1351, des gros tour-» 
nois» qu'on nomma blancs^ lesauels u'étaient 
qu*à environ quatre deniers ae loi, et qui 
avaient cours pour huit deniers tournois. 
£n 1354, il lit faire les blancs à la couronne» 
qui valurent cinq deniers tournois, et depuis 
ce temps, ces espèces, qui n'étaient aue de 
bas billon, furent appelés simplement 6/aiic«. 
On ne fit presque point d'autre monnaie 
pendant le règne du roi Jean. 

Sous Charles Y, règne sous leauel ^s mon- 
naies furent mieux réglées, les blancs étaient 
fort distingués des gros tournois d'argent fin 
dont il est parlé ailleurs. Pendant tout son 
règne» ils furent à quatre deniers de loi, de 
quatre-vingt-seize au marc, valant cinq de- 
niers tournois la nièce. 

Sous Charles Vi et sous Charles Vil» on 
fit presque toujours des blancs valant dix de- 
niers la pièce, et des demi-blancs qui n'en 
valaient que cinq. 

Sous Charles VI, commencèrent, au même 
temps que les écus d*or, les blancs et les 
demi-blancs à Técu » si célèbres pendant 
ces règnes. 

Charles VII fit faire une sorte de grands 
blancs, qu'on appela Karolu^^ à cause de la 
lettre K qui était gravée sur cette monnaie ; 
ces blancs valaient dix deniers tournois» 
comme les autres. 

Suf la fin du règne de Louis XI, pendant 
ceux de Cliarles VIII, de Louis XII et de 
François I", les grands blanûs valurent douze 
deniers. On fit à leur place une espèce de 
môme valeur, quon appela douzains, de ce 
qu'ils valaient (louze deniers. (A.) Yoy. Mon- 

KAISS DES PaPKS. 

BLANCHIMENT, en terme de monnaie; 
est une préparation que l'on donne aux 
flaons» afin qu'ils aient de l'éclat et du bril« 
lant en sortant du balancier. 

Cette préparation se fait, en mettant re- 
cuire les flaons d'argent» ou pièces d'orfé^ 
vrerie» dans une espèce de poêle carrée, sans 
manche» faite de tôle^ en manière de réver- 
bère» c'est-àr<iire en sorte que la flamme 
passe par-dessus la poêle. Les pièces suffi* 
samment recuites, et ensuite refroidies, se 
mettent successivement bouillir dans deux 
autres podles semblables, qui sont de cui- 
vre» qu on nomme bouilloirs, dans lesquels 
il j a de l'eau, du sel commua» et du tartre 
de Montpellier; enfin, quand les pièces ont 
été essorées de celte première eau, dans un 



crible de cuivre, on ietle dessus du sabloa et 
de l'eau fraîche, après auoiofi les e^usuieavec 
des torchons quand elles sont bien sèches. 
Une autre façon de donner des blanchi- 
ments consiste à mettre les flaons» après 
qu'ils ont été recuits dans un grand vais- 
seau rempli d'eau commue et de quelques 
onces d'eau-forte, mais avec cLLOTérentes pro- 
portions pour l'or et pour l'argent; pour l'or 
il faut huit onces d eau-forle, et pour l'ar* 

5ent seulement six onces» par cl^ue seau 
'eau On ne se sert presque plu^de oeblan* 
chiment , parce que les frais en sont plus 
grands, et que l'eau-fortQ diminue, quelque 
chose de l'argent. Les ouvriers rappellent 
tire-poil, à cause qu'il semble tirer au dehors 
ce que les métaux ont de plus vif. 

On donne de même le blanchiment aux 
ouvrages d'orfèvrerie qu'on veut avoir mats 
ou dont on ne veut seulement brunir que 
certains endroits. 

Blanchiment se dit aussi de l'atelier où se 
blanchissent les flaons dans les hôtels des 
monnaies » et l'orfèvrerie che4 les orfè- 
vres. (A.) 

BLANCHIR, en terme d'orfèvre eo. gros* 
série, c'est mettre uu morceau d'orfévreri« 
dans de l'eau seconde» pour le délivrer des 
ordures qui empêcheraient de le polir, et de 
recevoir tout Téclat dont la matière est sus^ 
ceptiple. On blanchit encore en Allemagne, 
avec de l'alun bouilli dans de l'eau ou môme 
de la gravelle et du sel mesuré par portion 
égale ; mais ce blanchiment ne peut servir 
en France, où l'argent est monté à un titre 
beaucoup plus haut qu'en Allemagne. (A.) 

Blanghia l'absent, c'est le faite bouillir 
dans de l'eau-forte mêlée avec de i'eau com- 
mune, ou seulement de l'eau dans laquelle 
on a feit dissoudre de l'alun. Los ouvriers 
en médailles et en monnaie sabloonent tous 
les flaons, et les frotlent dans un crible de 
fer, pour en ôter les barbes. (AO 

BLANK, monnaie fictive» qui est d'usage 
pour les comptes en Hollande» où elle vaut 
six duytes, un sou et demi» aroent de l^rance. 

BLANKIL, petite monnaie d'argent de bil* 
Ion qui a cours dans les royaumes de Fez et 
de Maroc, et qui vaut enviMMi IS ceati* 
mes, argent de France. 

BLARE, ancienne monoaie ée Berne en 
Suisse, évaluée à deux sona un dtsier» arr 
gent de France. 

BLEUIR uif MéTAL, L'échauffer jusou'à ce 
qu'il prenne une êouleur bleue. Les cforeurs 
bleuissent leurs ouvrages d'acier, avant d'y 
appliquer les feuilles d or ou d'argent 
' BOKSSë, est un instrument de plusieurs 
tils de léton joints ensemble en forme de 
hrosse ronde, avec lesquels on ébarbe, dans 
les hôtels des monnaies» les lamas d'or» 
d'argent et de cuivre, au sertir des «moules» 
-pour les mettre en état d'être» passées au dé- 
grossi et au laminoir. (A.) 

BOESSER, nettoyer les lames de. métal» 
au sortir de la fonte, avec la bocsse ou la 
gratte-boesse. 

BOHÊME {MMnaiei d$ la). Voy. l'article 
général MomiAiBs, 



158 



BON 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



BON 



iS$ 



BOITE, en terme de .monnaie, se dit du 
petit coffre où Ton enferme les diverses es- 
pèces de monnaies qui ont été essayées, pe- 
sées et emboîtées à chaque délivrance, pour 
être envoyées par les directeurs des mon- 
naies, à la Gn de chaque année, aux greffes 
des cours des monnaies, pour leur travail 
être jugé, tant sur ces deniers emboîtés que 
sur les deniers courants, conformément aux 
ordonnances. (A.) 

BOLOGNE {Monnaies de). Yoy, Tarlicle gé- 
néral HoififAiRS, et Tarticle général Mon- 
HAiBS DBS Papes.' 

BOLOGNINI, monnaie de cuivre, sou de 
Bologne, valant quatre quatrini. L*écu de 
Bologne raut 85 bolognini ou baïoques de Bo- 
logne. Voy. Monnaies des Papes. Six bolo- 
Ënini font une bolognina; douze font un 
iana. 

BONIFACE VIII, pape, de 129fc è 1303 
{Monnaies de), 

M. Cartier a publié une monnaie dont 
nous avons déjà parlé dans le Dictionnaire 
(article Avignon, § 1"), qu'il attribue à Boni- 
uice VIII. Cette pièce porte au droit bo. pape. 
DOMiN. et au revers coitat. yenasin {De Bo^ 
ni face pape^ seigneur du comtat Venaissin). 
M. Cartier avait pensé d'abord que les mon- 
naies semblables devaient être attribuées à 
Boniface IX et à l'époque du schisme ; bien 

Îu'aujourd'bui l'inspection plus attentive de 
I pièce et de l'ensemble du style monétaire 
des papes aient modifié l'opinion de M. Car- 
tier, nous reproduirons à l'article de Boni* 
FACE IX, la dissertation qu'il avait rédigée 
sur ce sujet. Dans tous les travaux du savant 
directeur de la Revue de Numismatique on 
trouve, en effet, des considérations et des 
lumières précieuses à recueillir. 

BONIFACE IX, pape, de l'an 1389 à l'an 
ikOk (Monnaies dé). 

N* 1, argent. H- bonifat. pp. nonvs. {Boni-- 
fatius papa nonus). Dans le champ, le pape 
assis, coiffé de la tiare, bénissant de la main 
droite, et de la gauche tenant la croix. 

1^. 4- (une rose) sangtvs. Les clefs en sau- 
toir. FETEVS. T. (une rose). Dans le champ, 
les clefs en sautoir. Le T qui suit le mot Pe* 
Crus est probablement un signe du moné- 
taire. 

N* 2, argent. Demi-grandeur du n"* 1. (une 
rose) bonifat. pp. n. Dans le champ, le buste 
du pape coiffé de la tiare. 

it. + (une rose) in. eoma. (une rose). 

N* 3, argent, pp. b. nonts {Papa Bonifacius 
nonus). Dans le champ, le buste du pape te- 
nant la croix. 

4. + db macbbata. Dans le champ, un A 
gothique. La ville de Macerata dans le Picé- 
Dum reçut le droit de battre monnaie de Bo- 
niface IX en 1392. 

N* 4, cuivre, -h. b. pp. nonvs. {Bonifacius 
papa nonus). Dans le champ, la tiare au tri- 
règne. 

4. wi. FiBMO. (Frappée à Fermo. Dans le 
champ, une croix. 

Floravanti, pag. 85. 

Voici la dissertation de M. Cartier, sur la 
monnaie d'abord atlribu^e à Boniface IX| 



dont nous parlons h l'article précédent, et 
que nous reproduisons à cause des notioDs 
historiques qu'elle rappelle (1). 

La pièce qui fait I objet de cette notice , 
dit M. Cartier, est un exemple frappant de la 
liaison indispensable entre les^ recherches 
historigues et monétaires. Quel que soit son 
peu d'importance réelle , U n'est pas sans 
mtérèt oe rechercher à quelle époque et 
dans quelles circonstances elle a pu être 
frappée. 

Cette monnaie d'argent, à bas titre, est un 
double denier provençal. Son poids actuel 
est de 19 grains ; elle est un peu fruste, mais 
entière et bien lisible. Elle appartient à 
M. RoUin, de Paris. 

Elle 'représente de face : le. buste du pape 
coiffé d'une tiare en forme de bonnet pointu. 
Le pape tient une clef de la main droite: à 
gauche dans le champ quelque chose est 
effacé. Légende +dohini bo. pape. 

Au 4. Croix cantonnée de la lettre B. 
Légende : goitit : vbnassini. 

A l'aspect de cette monnaie, on Toit qu'elle 
est faite au nom d'un pape désicné par les 
initiales bo, ce qui ne peut s'appliquer qu'à 
celui de Boniface^ et aucun pape de ce nom 
n'a régné directement à Avignon. Depuis 
l'élection de Clément V, jusqu'au départ des 
souverains pontifes d'Avignon , de 1305 à 
IblO, on ne trouve que Boniface IX, et ce 
fut un pape de Rome^ opposé à Clément VU 
et à Benoit XIII, papes ^Avignon. 

Pour expliquer cette monnaie , il faudrait 
donc supposer que Boniface, afin de protester 
contre 1 occupation d'Avignon par son com* 

(étiteur , aurait fait frapper ces pièces en 
talie, ce qui est peu probable, vu que dans 
certaines circonstances , on aurait placé son 
nom sur les monnaies frappées pour le coni' 
tat d'Avignon en opposition avec Benoit XllI. 

Cette dernière hypothèse me paratt rai' 
sonnable, et je vais rechercher sur quoi elle 
peut s'appuyer. U faut pour cela jeter un 
coup d'œil sur l'origine de l'autorité des 
papes sur le comtat et sur la ville d'Avignon , 
et noter ceux qui ont pu y faire battra 
monnaie. Si nous n'y trouvons pas le pape 
Boniface, nous essayerons de découvrir 
comment son nom se rencontre sur notre 
pièce. 

Raymond VU, comte de Toulouse et mar- 
quis de Provence ( ce marquisat comprenait 
le comtat Venaissin), pour faire la paix avec 
Louis IX, abandonna à la France et au pape 
une partie de ses domaines, en lâS9. Gré* 

Soire IX eut tout ce qui était au delà du 
ihône. Mais en 133/^, ce pontife ne voulant 
pas s'enrichir aux dépens du comte, lui ren- 
dit le marquisat de Prorence, que d'ailleurs 
Raymond avait cédé à l'Eglise romaine sans ■ 
la participation de l'empereur Frédéric U f [ 
suzerain de ce pays, comme successeur des 
rois d'Arles. 

Quarante ans après , Grégoire X demanda 
à Philippe-le-Hardi le eomtat Venaissin, se 
fondant sur la cession de 1239. Malgré le 

(i) Bmme de Numismatique^ 4836, p. it. 



157 



BON 



DICTIONNAIRE DE NUAnSMATIQUE. 



Bors 



158 



peu de fondement de cette réclamation » le 
roi ayant intérêt de ménager le souverain 
pontife, lui accorda sa demande, en se 
réservant toutefois la moitié de la ville d*A- 
vignon , dont Tautre moitié appartenait à 
Charles V\ comte de Provence. En 1290, 
Philippe le Bel abandonna à Charles II la 
moitié appartenant à la France, pour le dé- 
dommager d'avoir donné les comtés d'An- 
jou et du Maine à Charles de Valois, avec 
la main de Marguerite, sa fille ainée. 

Alors le comtat appartenait aux papes, et 
la capitale aux comtes de Provence. En 1348, 
Jeanne, reine de Naples et comtesse de Pro- 
Yence, vendit au pape Clément VI la sei- 
gneurie de la ville a Avignon, moyennant 
80,000 florins. Depuis cette époque , la cour 
de Rome a joui de cette province jusqu'en 
1791- 

Avant d*ètre entièrement maîtres d'Avi- 
gnon, plusieurs papes avaient demeuré dans 
cette ville et y avaient frappé monnaie en 

Sualité de comtes du Venaissin. Ce fut, sans 
oute, par le consentement formel ou tacite 
<le l'empereur et de ^bert, roi de Sicile et 
comte dePro vence» auë' Clément V commença 
là monnaie papale aAvignon , où il fixa sa 
résidence en 1309, époque où il couronna 
dans cette ville le roi Robert. 

Fauris de Saint-Vincent a donné l'em- 
preinte des monnaies ainsi frappées par tous 
les papes français qui ont résidé à Avignon, 
savoir : Clément V, Jean XXII, Reuoît XII, 
Clément VI, Innocent VI, Urbain V, Gré- 
goire XI , Clément VII , et Benoit XIII, de 
1305 à l&lO-l&âi^. 

Le schisme commença lorsque, Gré- 
goire XI étant mort à Rome au moment où 
il allait revenir à Avignon, seize cardinaux 
qui étaient à Rome lui donnèrent pour suc- 
cesseur Barthélémy Prignano, Napolitain, 
qui prit le nom d'Urbain VI. Ces cardinaux, 
presque tous français, voulaient élire un 
pape (i0 leur nation, mais le peuple de Rome 
5'était mutiné et les avait forcés d'élire un 
Italien (8 avril 1378) , ce qui autorisa une 
grande partie d*entre eux à protester contre 
cette élection, qu*ils déclarèrent nulle le 
9 août ; et le 20 septembre, d*accord avec les 
cardinaux qui, restés à Avignon, n'avaient 
pas concouru à Télection d'Urbain, ils élu- 
rent Clément VIL Celui-ci fixa sa résidence 
à Avignon, Tautre resta à Rome. 

En 1389, à la mort d*Urbain VI , les cardi- 
naux de son obédience élurent Pierre Toma- 
ceili, connu sous le nom de Boniface IX, qui 
régna jusqu'en 14.04^. Ses quatre successeurs 
immédiats. Innocent VII, Grégoire XII, 
Alexandre V et Jean XXIII, successivement 
élus par les cardinaux de Rome ,« moururent 
avec Benoît XIII. Enfin Martin V, élu en 
1417, vit la fin du schisme. Benoit, retiré en 
Espagne, n'avait pas renoncé à son vain titre 
de pape, et à sa mort, deux seuls cardinaux, 
qui lui étaient restés fidèles, élurent un 
autre pape espagnol, qui prit le nom de Clé- 
ment VlII , mais il ne fut reconnu par per- 
sonne, et en 1429, il abdiqua ce simulacre de 
papauté. 

D1CT10X5. DE NuitfISIlATIQCB* 



Il n'y a donc , dans ce siècle , de résidant 
h Avignon, que Boniface IX à qui notre 
monnaie puisse se rapporter, mais il ne fut 
que pape italien; et il nous reste à rechercher 
comment son nom parait ici au lieu de cejui 
de Benoit XIII. 

Ce dernier pontife s*était solennellement 
soumis, avant son élection, à tout faire pour 
éteindre le schisme, jusqu'à sacrifier le pon-* 
tificat, si cela était nécessaire. Il l'avait pro- 
mis par serment, de môme que tous les car- 
dinaux du conclave aviguonais. Il n'en fut 
point ainsi, et, malgré les efforts de la cour 
de France , on ne put obtenir son désis- 
tement. Lassée de tant d'obstination, la 
France se retira de son obédience en 1398 : 
on envahit le comtat , le peuple d'Avignon 
lui-même livra la ville au maréchal Bouci- 
caut» qui assiégea le pape dans le château, 
qui était très-fort. On ne voulait pas pour- 
tant en venir aux extrémités ; le siège fut 
changé en blocus, et Benoît, abandonné de 
presque tous ses cardinaux et des Avigno- 
nais , resta pour ainsi dire prisonnier jus- 
qu'au commencement de 1403, qu'il parvint 
à s'enfuir, déguisé. 

On revint bientôt à lui, mais ayant encore 
donné des motifs de mécontentement au roi, 
le maréchal Boucicaut eut ordre de Tarréter. 
Il réussit à se sauver en Catalogne, où il 
ouvrit une espèce de concile qui n'amena 
aucun résultat. Les cardinaux d'Avignon 
eux-mêmes, voyant que leur pape les avait 
abandonnés , se joignirent aux cardinaux 
romains, ce qui amena la fin du schisme et 
termina le s^our des papes à Avignon. 
Cette ville resta cependant sous la dépen- 
dance de Benoit XIII , qui, n'ayant jamais 
voulu y entrer, y entretenait une garnison 
de soldats aragonais. En 1414, le peuple 
d'Avignon chassa ces étrangers et reconnut 
l'autorité de Jean XXIII. 

Ce fut, sans doute, pendant la durée de 
l'eipédition du maréchal Boucicaut, de 1396 
à 1&03, que fut frappée la monnaie au nom 
de Boniface. Le pontife d'Avignon, renfermé 
dans le château , n'avait plus d'autorité sur 
«e comtat, qui ne lui appartenait qu'en qua- 
lité de cape, dignité que la France ne lui 
reconnaissait plus. Il est vrai qu'on n'avait 
pas formellement reconnu Boniface auquel 
on demandait aussi un désistement pour 
amener une nouvelle élection. Il s'y refusait 
avec la même obstination que son antago- 
niste; mais comme il fallait effrayer Benoît, 
payer les troupes qui avaient envahi le com- 
tat, remplacer les monnaies qu'il y faisait 
frapper, et lever les impAts au nom du 
pape, il n'est pas étonnant que le maréchal 
ait usé de ce moyen pour remplir la mission 
qui lui était confiée. 

Cette fabrication de monnaie était d'au- 
tant plus facile que le roi de France, par 
lettres patentes du 5 décembre 1367, avait 
établi un atelier monétaire à Villeneuve- 
Saint-André , qui n'est séparé d'Avignon 
que par le Rhône et qui dépendait du gou- 
vernement du Languedoc. Interrompue 
pendant Quelque temps , cette monnaie fut 

5 



îZê 



nM 



DICTIONNAIRE DE 



organiséa de nouveau par lettres patentes 
<lu 11 mars 1391 , au lieu où autrefois elle a 
4té ou ailleurs. Le 11 mars suivant, Philippe 
Baroncel en fut nommé maître particulier, 
»el, le 7 avril, commission fut donnée à Jehan 
Hazart, général-maître des monnaies, d'aller 
établir cet atelier monétaire. Boucicaut trou- 
vait donc, en 1398, tout ce qui était néces- 
saire pour ce monnayage accidentel. 

On voit encore aans les manuscrits de 
l'Hôtel des Monnaies de Paris, d'où j'ai lire 
ces détails , que le maréchal Boucicaut eut 
longtemps action sur la monnaie de Ville- 
neuve-lès-Avignon, ou Saint -André. Le 
22 septembre 1^21, il acauit dans cette ville» 
pour le roi, une maison destiiée à l'augmen- 
tation des bâtiments de cet atelier monétaire, 
moyennant 110 moutons d'or On , et le 
6 mai 1422, on pava à l'abbé du monastère 
de Saint-André, 9 moutons d'or pour sa 
part des lots et ventes, oui lui revenaient à 
cause de Tacquisition de cette partie des 
b&tiraents qui composent THôlel de la Mon- 
naie de VilIeneuve-Saint-André-lès-Avignon. 

Il faut remarquer, à l'appui de mon Hypo- 
thèse, que les légendes de notre pièce s'éloi- 
gnent des usages des papes. Il devait y avoir, 
comme sur toutes les monnaies papales : 
BONiFACivs ou BO. PAPA Noifvs, et au revers 
coMBS VEXAissi7«i. L'omissiou du numéro 
d'ordre semble éloigner l'iJée de la recon- 
naissance du pontife romain, et il ne s'agit 
ici que de la monnaie du comtat et non de 
celle du comte. Si les initiales bo. pouvaient 
paraître douteuses et si l'on devait lire bb . , 
il n'y aurait aucune difficulté sur l'attribu- 
tion de cette pièce à Benoit XIII ; mais il y 
a certainement les initiales de Boniface, et 
il me parait impossible de l'expliquer, sinon 
par le concours de circonstances que je viens 
d'exposer. Peut-être la lettre B' qui can- 
tonne la croix , est-elle l'initiale de Bou- 
xicaut. 

Celte monnaie est donc curieuse , parce 
•qu'elle se rapporte à des événements histo- 
riques dont elle reçoit une date assez pré- 
cise. Son attribution est certaine, puisque 
aucun autre pape du nom de Boniface ne 
peut être désigné sur une monnaie d'Avi- 

f;non. Peut-être dans les mémoires particu- 
iers concernant cette époque trouvera-t-on 
des renseignements sur fa âibricalion moné- 
taire que je suppose avoir été faite vers 1398, 
en opposition contre Benoit XIII ? 

Depuis la fin du schisme de Benoît XIII, 
^ucun pape n'a fait sa résidence habituelle 
k Avignon , et la monnaie que la cour de 
Rome y faisait frapper portait avec le nom 
du souverain pontiie, celui du cardinal légat 
ou du vice-légat, chargés de l'administration 
du pays. Elles suivaient la monnaie de Pro- 
vence et de France. Les premières pièces 
connues dans ce genre ont été frappées sous 
le pontificat de Jules II, par le cardinal d'Am- 
boise. Son écu d'or et son grand blanc sont 
dans le recueil d'Anvers et dansDuby, Sup- 
piém., pi. V, n°- 9 et 10 (1). 

(1) Vou. aussi noire Dicliê,,m^utr€ de Numismatique^ 
au mol Monnaies des Papss. 



NUMISMATIQUB. DOB |40 

BONTÉ INTERIEURE de l'or et de l'ai, 
gent. L'on exprime par ces mots le titre, le 
fin, la loi, et la honte intérieure dès métaux 
précieux. Ces mots sont synonymes, (A.) 

BORAX, sel ou substance fossile, assez 
ressemblante à l'alun, propre à faeiiitprla 
fonte des métaux. Il est blanc, transparent, 
composé de cristaux à six côtés, tronqua 
par les deux bouts, qui ne sont ni si longs, 
ni si réguliers que ceux du nitre, ni si stt- 
rés que ceux des autres sels% Le^ goût en est 
d'abord assez doux, mais il devient acre, sa- 
lin etnitreux. L'odeur que donne le borax 
est assez suave au commencement, mais elle 
devient ensuite alcaline et urineuse; c'est 
ce qui a donné lieu de le ranger au nombre 
des sels alcalis : il ne se dissout aue dans 
de l'eau très-chaude. La propriété princi- 
pale du borax est de faciliter la fonte de 
tous les métaux : cependant, avant ^ de s'en 
servir pour cet usage, il est inoportant de 
commencer par le faire fondre è part dans 
un creuset, dont il n'occupe tout au plus que 
le quart, parce qu'il s'élève fort haut ; il faut 
aussi ne faire qu'un feu modéré tout autoar, 
et le retirer aussitôt qu'on n'entend plus 
de bouillonnement, car si on poussait trop 
le feu, il se vitrifierait et serait ixioins propre 
aux différents usages auxquels on l'emploie. 
Lorsque les métaux sont divisés en particu- 
les déliées, séparées et éloignées les unes 
des autres, le borax est un véhicule très-pro- 
pre pour les réunir, les rapprocher et les 
rassembler, pour ne former qu'une même 
masse ou régule : la moindre quantité de 
matières hétérogènes est capable d'empAcher 
cet eflet. Pour remédier donc à cet inconvé- 
nient, on emploie le borax : ce sel facilite la 
réunion des parties métalliques, les fait tom- 
ber au fond du creuset, et vitrifie les sco- 
ries et les saletés qui s'y trouvent, en les 
poussant vers la surlace. Un autre avantage 
que les métaux en fonte retirent du borai, 
c'est qu'il les environne d'une es|)èce do 
verre mince et délié, qui les défend contre 
les impressions de l'air et du feu : il dispense 
de plus de faire beaucoup de feu, et il ne se 
môle point aux métaux : c'est pour celle rai- 
son qu'il est d'un si grand usage pour bras- 
ser et souder tous les métaux, tels que Tor, 
l'argent, le cuivre et le fer. Il est nécessairn 
d'enduire de borax les creusets et vaisseaux 
destinés à fondre les métaux précieuXi 
comme l'or et l'argent, parce qu'au moi'on 
de cette précaution, on les en relire plus ai- 
sément et avec moins de perte, après la fonte. 
Le borax a la propriété de pâlir l'or : ccsi 
pourquoi, lorsqu'on s'en sert pour la fpolo 
de ce métal, il faut y joindre ou du nitre, 
ou du sel ammoniac : ces sels maintiennent 
l'or dans sa couleur naturelle; mais il f»ul 
prendre garde de ne les point mettre tous 
deux , parce qu'il arriverait détonation. (A.) 

BORDEAUX {Des archevêques de). Noliw 

i )ar Dubv, Afonnaics des barons tt des pré- 
ats, t. il, p. 225 

Bordeaux, Burdegala, Burdigala^ capit&jo 
de la province de Guyenne, située sur la 



lit 



BOU 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



fitlA 



i4î 



Garonne, h 35 lieues sud de la Rochelle, et 
à cent trente sud-ouest de Paris. 

On prétend que saint Gilbert en a été le 
premier évêque dans le premier siècle; 
mais le premier dont on soit certain est 
Orientait qui souscrivit, en3U, au premier 
concile d* A ries. 

Les archevêques de Bordeaux prenaient, 
dès le ixT siècle, la qualité de métropoli- 
tain. 

Les archevêques de cette ville prennent 
aussi le titre de primat d'Aquitaine, qui leur 
a été longtemps disputé paries archevêques 
de Bourges. 

Richard, duc d'Aouitaine et comte de Poi- 
tiers, conûrma à l'église de S/tint-André 
de Bordeaux, par un diplAme de Tan 1186, 
tout ee que ses prédécesseurs lui avaient ac- 
cordé, particulièrement le tiers de la monnaie 
de Bordeaux. 

Cette église 'était gouvernée alors par Guil- 
laume le Templier. 

Eiéonore, reine d'Angleterre et duchesse 
de ISormandie, confirma de nouveau aux 
archevêques de Bordeaux, sous Tépisco- 
pat de Uéli I", toutes les concessions qui 
Jour avaient été faites v^v les ducs de Gas- 
cogne, et nommément le tiers de la mon- 
naie. 

Voy. te Galtia ChrUtiana. 

Selon Ducange, il est parlé de la monnaie 
de Bordeaux dans la chronique de celte 
ville par Arnaud ; mais il y a apparence que 
cette monnaie n'était frappée que par les 
ducs d'Aquitaine, et que c'est la même dont 
ils accordèrent la troisième partie à Tarche- 
vêque de cette ville. 

Les papes, et surtout Clément V (Ber- 
nard de Gouth), qui avait été archevê- 
que de Bordeaux, accordèrent à l'église 
métropolitaine de Saint-André des privi- 
lèges Cfmsidérables ; mais on ne voit pas 
que le droit de battre monnaie y ait été com- 
pris. 

BOUER, terme de monnayage au marteau; 
c'est la façon que Ton donne aux flans, en 
les frappant plusieurs ensemble, placés les 
uns sur les autres, avec le marteau nommé 
bouer^ afin de les joindre, coupler et toucher 
d'assiette, pour les faire couler plus aisé- 
ment au compte et à la main. L'ordonnance 
enjoint de nouer trois fois les flans ; les 
deux premières, après les avoir fait recuire 
et réchautfer, et la troisième, avant de les 
avoir fait recuire. Lorsque les flans ont été 
boues, on les met entre les mains de celui 
préposé pour les blanchir. (A.) 

BODILLITOIHB. C'est proprement ce qu'on 
appelle blanchiment des flans. Ainsi don- 
ner le bouillitoire, c'est donner la couleur 
à l'or et blanchir l'argent. On l'appelle bouil- 
li toire, du mot de bouilloir, qui est un grand 
vaisseau ou poêle de cuivre, djns lequel se 
£iit lé blanchiment.(A.) 

BOURG-DIED {Du droit de monnaie des ab- 
hh de). Notice par Dubj, Monnaieê des pré- 
lats et des barons^ t. II, pag. 239. 

BouBG-DiF.i},ou Bourg-Déols, Dolense mo- 



nasterium, petite ville de Berri, située sur 
rindre, à dix lieues de Bourges, avec une 
abbaye de Tordre de Saint-Benoit , fondée 
dans le x* siècle par Ebbes, prince de Déols. 
Saint Bernon, mort en 927, fut son premier 
abbé. Henri de Bourbon^ prince de Condé, 
obtint, en 1623, du pape Grégoire XV, la 
suppression de ce monastère, et l'on y subs 
titua des chanoines. 

(juillaume 1" de Chauvigny, baron de 
Ch&teau-Raoul, prince de la terre Déoloise 
et seigneur d'issoudun, confirma le droit 
au'avait l'abbaye de Déols de prendre, pour 
1 entretien du luminaire de son église, deux 
sous sur chaque millier de monnaie qui se 
fabriquait à uhÂteau-Raoul ; l'acte de cette 
conflrmatiou est de l'an 1213. Jean de Roc- 
cha était alO'S abbé de Bourg-Dieu. Voy. la 
ïhaumassière, Histoire de Berri^ page 517. 

BOURGES {Monnaies ou méreaux du cha- 
pitre de) Notice par Duby, Monnaies des 
oarons et prélats, t. 1, p. 68. 

Bourges, Avaricunij Biturigœ^ Bituricœ, 
Avaricum , Biturigum. Capitale du Bi*rri , 
avec un archevêché dont l'archevêque prend 
les titresde patriarche,deprimatd'Aquit:iino 
et de métropolitain. 

Saint Ursin , qui vivait vers l'an 252, est 
reconnu pour le premier chef de cette église. 
Bourges est située sur la rivière d'Eure, à 
dix lieues nord-ouest de Nevers, vingt-deux 
lieues sud-est d'Orléans, trente aussi sud- 
est de Tours, trente-sept nord-est de Limo- 
ges, et soixante-onze lieues sud de Paris. 

Le chapitre de l'église cathédrale est 
exempt de la juridiction de l'archevêque. 

Je ne connais qu'une monnaie de ce ctia- 

Eitre : elle porte le buste d'un saint, et au 
as BiTuniGJs (Bourges). Dans le champ du 
revers, le chilfre XV pour dénoter la valeur 
de quinze deniers, cuivre. (Cabinet de M. 
l'abbé de Tersan.) 

BOUTONS D'ESSAI. C'est cette petite par- 
tie des métaux d'or et d'argent sur lesquels 
on en fait l'essai. Chaque bouton d'essai pèse 
ordinairement dix-huit grains, et est de la 
grosseur et de la forme à peu près d'un mé- 
diocre bouton, dont il a pris son nom. Il 
s'entend aussi d'un morceau d'or ou d'ar- 

S;ent de la grosseur d'un petit pois, qui se 
orme au fond des coupelles, et qui y reste 
fixe, dès qu'il ne s'y trouve plus de cuivre 
et que l'argent est ^ son plus haut degré de 
finesse. Ce bouton est d'une grande blan- 
cheur dessus et dessous : on se sert de la 
gratte-boesse pour ôter ce qui peut être resté 
de cendre. (A.) 

BRACTÉATËS (Mon!«aies). On appelle 
ainsi des monnaies frappées d'un seul côté, 
sur un flaon de métal creux et ordinaire- 
ment très-mince. 

Voyez sur ce sujot une dissertation de 
Schœpflin, dans les Mémoires de l'Académie 
des Inscriptions^ lom. XXllI, p. 212. 

On connaît des monnaies bractéates de 
Pascal II et des évêques de SraASBOURO. Voy. 
ces mots. 

BRASSAGE) appolé dans les vieux titres 



145 



BRE 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



BUL 



m 



brazeagiumf est le pouTo'r accordé par le 
souverain, aux mahres des monnaies, de 
prendre sur chaque marc d*or, d'argent ou 
de billon ourré en espèces, une certaine 
somme modiqup, de laquelle le mettre de 
cbaque monnaie retient environ la moitié 
pour le déchet de la fonte, pour le charbon 
et-autres frais ordinaires; Tautre moitié est 
distribuée aux officiers des monnaies et aux 
ouvriers qui ont aidé et contribué de leur 
ministère à la fabrication des espèces. 

Ce droit n'a commencé à se payer en 
France que sous la troisième race. La mon* 
naie se îabriquait auparavant aux dépens du 
public, moyennant une légère taille, qui .se 
levait sur te peuple ; ce qui rendait la monnaie 
d*un même prix en œuvre et hors d*ŒUvre. 

Il a été d une somme plus petite ou plus 
grande, suivant les temps. En 1676 (1), il 
était de trois livres par marc d'or, et dix- 
huit sous par marc d'argent. Parla décla- 
ration du 28 mars de cette même année, il 
fut entièrement supprimé: le roi se chargea 
des frais de la fabrication de la monnaie, à 
la décharge de son peuple : il fut rétabli par 
édit du mois de décembre 1689, registre le 
15 du même mois. 

Pour le lever, il faut que le juste prix de 
la monnaie soit augmenté de la valeur de 
ce droit ; ce qui a été toujours fort exacte- 
ment observé lorsqu'on a fait l'évaluation 
de la monnaie. 

Les raisons qui ont obligé à lever les 
droits de brassage et de seigneuriage sur la 
monnaie, sont : V la nécessité d'empêcher 
que les espèces d'or et d'argent fabriquées 
(fans le royaume ne soient transportées dans 
un autre ; 2° le danger d'exposer les orfèvres 
ou autres ouvriers en or et en argent, de 
fondre les espèces, s'ils pouvaient le faire 
sans aucune perte, etc. (A). 

BRASSER l'or, l'argent, le billon et le 
CUIVRE. C'est remuer ces métaux, lorsqu'ils' 
5ont en bain dans lecreuset, à l'instant qu'on 
«e préparée les jeter dans les moules, pour; 
les réduire en lames. Cette façon se donne! 
avec des instruments qu'on appeWe brassoirs^ 
qui sont des cannes de terre pour l'or, 
xrainte deJ'aigrir, et de fer pour les autres 
métaux. — Brasser signifie encore remuer 
dans des sacs ou cribles l'or, l'argent ou le 
billon, lorsqu'on les a réduits en grenailles, 
afin de les mêler avant de les mettre à la 
fonte. (A). 

BRÉSIL {Monnaies de). Voy. l'article géné- 
ral Monnaies. 

BRÈVE. On entend par ce mot le poids 
des flaons que le maître donne au prévôt 
des ajusteurs, pour les ajuster, ou au pré- 
vôt des monnayeurs, pour les monnayer. Ce 
nom a été donné du bref état que le mettre 
et le prévôt doivent faire, suivant l'ordon- 
nance de 1577, sur leur registre, l'un, des 
poids des flaons qu'il donne, l'autre de celui 
qu'il reçoit, le prévôt étant obligé de les 
rendre poids pour poids, lant ceux qui ont 
la pesanteur requise, que ceux qui ont été 

(I) Déclaration du 28 mars 1676. 



rebutés comme faibles, avec les limailles, ce 

3ui s'appelle rendre la brive^ ainsi que Ton 
it donner la brève^ quand le directeur met 
les flaons entre les mains du prévôt. Le di- 
recteur paye dans la suite au prévôt deai 
sous par marc d'or, et un sou par marc 
d'argent, sur le pied de ce qui est passé de 
net en délivrance, pour être distribué à ceux 
qui ont ajusté la brève, c'est-à-dire lesilaons, 
à proportion de leur travail. On entend en- 
core par brève la quantité de marcs ou d'es- 
nèces délivrées provenant d*une seule foote. 
supposé ouede trente marcs il doive en re- 
venir neui cents louis, la délivrance dd neuf 
cents louis est une brève. (A.) 

BRUNIR l'or ou l'argent. C'est le polir 
pour le rendre brillant et éclatant. Les do- 
reurs brunissent l'or ou l'argent avec la dent 
de loup, la dent de chien ou la pierre san- 
guine, qu'ils appuient fortement sur les 
endroits des pièces à brunir. Lorsqu'on bru- 
nit l'or sur les autres métaux, on mouille la 
sanguine dans du vinaigre ; mais lorsqu'on 
brunit l'or en feuille sur les couches a dé- 
trempe, il faut bien prendre garde de ne 
point mouillerlapierreoula dent de loup. (A.) 

BRUNISSOIR, outil à l'usage de presque 
tous les ouvriers qui emploient les métaux. 
Ils s'en servent pour donner de l'éclat à leurs 
ouvrages, après qu'ils sont achevés. Le bru- 
nissoir, passé fortement jsur les endroits de 
la surface de l'ouvrage qu'on veut rendre 
plus brillant que les autres, produit cet effet, 
en achevant cTenlever l^s petites inégalités 
qui restent du travail précédent ; d'où l'on 
voit que, de quelque matière que Ton fasse 
le brunissoir, cet outil n'emporte rien de la 
pièce, et doit être plus dur qu'elle. Le bru- 
nissoir de Targenteur est un morceau d'a- 
cier fin, trempé et fort poli, monté sur un 
manche de bois: celui des doreurs est fait 
ordinairement d'une dent de loup, de chien 
uu de la pierre sanguine. (A.) 

BULLES. Avant de désigner presque ex- 
clusivement certains actes de la chancellerie 
des papes, l'expression de bulle a désigné 
les sceaux de métal dont on authentiquait 
autrefois les documents publics. Indépen- 
damment des papes, la plupart des princes 
latins d'Orient, les ordres militaires, beau- 
coup d'évèques d'Italie et plusieurs seigneurs 
laïques ou ecclésiastiques du midi de la 
France, ont scellé leurs chartes avec des 
bulles de plomb. Nous renvoyons à ce qui a 
été dit à cet égard dans le dictionnaire de 
Diplomatique et la première partie du dic- 
tionnaire de Statistique religieuse. Nous 
croyons cependant devoir donner ici un 
extrait d'une notice de M. Deloye sur um 
bulle de Bertrand de Baux y prince iO- 
range, où se trouvent quelques observations 
générales sur l'usage des nulles de plomb 
complétant ce qui en a été dit précédem- 
ment dans les autres dictionnaires de t'Encj- 
clopédie. La dissertation de M. Deloye se 
trouve dans la Revue archéologique du 13 
février 1849. 

« \}n auteur anglais, cité par Ducange, dit 
M. Deloye, avait avancé que l'usage descel- 



1«5 



BLL 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



BIL 



iM 



1er en pIoMb D*avait i)ns eu cours chez les 
prélats en deçà des Alpes (1). L'erreur était 
manifeste : elle fut relevée par Polycarpe 
Leyser (2), pais par les Bénédictins (3) ; ce 
qui n*a pas empêché Lemoine de la repro- 
duire ensuite dans sa DiplonuUique pra- 
tique {h), 

«Les 'savants auteurs àxi Nouveau Traite 
de Z>tp/oma/i9ue observent, à cette occasion, 
que les sceaux de plomb ont été eitrôme- 
meut rares dans le nord delà France ; mais 
que, « aux xiii* et xiv* siècles, dans la France 
méridionale, les seigneurs particuliers fai- 
saient sceller en plomb leurs contrats (S). » 
Ce fait, énoncé d'une manière trop générale, 
a besoin d*ètre expliqué et précisé. 

« Et d'abord les exemples cités dans les 
ouvrages, et les empreintes conservées dans 
les dépôts d'archivés ou.dans les collections, 
attestent que les prélats se sont servis de 
plomb plus souvent et dans plus de pays que 
les seigneurs laïques (6). D'autre part, la cire 
n^«a jamais cessé d'ôtre employée de préfé- 
rence sur la rive droite du Rhône, tandis que 
5ur la rive gauche les empreintes métaili- 
ques dominaient. 11 faut donc dire, pour plus 
d'exactitude, que l'emploi des sceaux de 

f)Iomb n'a été ordinaire en France que dans 
es provinces du sud-est, situées entre le 
Rhône et les Alpes, et qui faisaient partie de 
Tempire ; ce qui montre bien que la cou- 
tume venait cie rjtalic, où elle avait été em- 
pruntée à la chancellerie romaine. Voilà 
pourquoi elle a persisté si longtempsdans le 
contât Venaissin, qui fut soumis à la domi- 
nation pontificale depuis le xiii* siècle jus- 
qu'en 1702. L'usage de la cire, au contraire, 
prévalut peu à peu dans le Dauphiné, réuni 
de bonne heure à la France, et dans la Pro- 
vence, à cause de l'influence étrangère de la 
maison d'Anjou. 

c Les anciennes chartes des seigneurs 
Adhémar, acquises depuis peu par la Bi- 
bliothèque nationale, u'oiïrenl qu'un seul 

(1) Seribit Bromplonus, p. 1458, non solere cisal- 
pinos pnvsules vel primates scriptls suis aulhcnticis 
oullas plumtteas apponere, sed cereas. (Voy. Du- 
cange, GlMt, verbo BuUa plumbea.) 

(2) Polycarpi Leyser^Commentalio de eontra$igiUi$ 
medii œvi, Helinstadii, 1726, iti-4«, p. 15.— Les Bé- 
nédictins donnent par erreur à Leyser le prénom de 
Christophe. 

(3) Plouv. Tr. de Dîplom., 1750, t. IV, p. 26. 

(4) Dipl. prat. ou Traité de rarranitetnent des Ar- 
dûtes, etc., 1765, in-4», p. 73. 

(5) Nottv. Tr, de Dt>/om., t. IV, p. 26, 29 et 30. 

(6) Les Bénédictins rapportent un passage des actes 
du second concile de ChAlons-sur-Saône, tenu en 
813, qui ordonne de sceller en plomb les lettres ca- 
noniques des évéques ; ils mentionnent ensuite les 
bulles des évéques de Nîmes et des archevêques de 
Lyon des xiu* et xiv* siècles (/6td., p. 26 et 27). Je 
peux y joindre, pour les avoir vues moi-même, celles 
des évéques de Montpellier, de Viviers , de Saint- 
Paul-trois-Chàteaux, d*Orange, d'Avignon, etc. On 
connaît aussi plusieurs bulles de plomb d*abbés <lc 
monastères (Mabillon, de Re Diplom,, p. 133), et j\ù 
publié dans ce n*rneil celle du prieuré de Samt-Mar- 
tin de BDUènc, I. Il, p. 659 cl suiv. 



sceau en cire, et il est vuspendu h un acte 
passé è Montpellier (7) ; les autres sont en 
plomb (8). On sait que la famille Adhémar 
était originaire du bas Dauphiné, où elle 
avait ses principaux fiefs. Les comtes de 
Toulouse scellaient aussi en plomb les actes 
qui concernaientleur marquisat de Provence, 
et en cire dans leurs autres domaines oui 
s'étendaient de l'autre côté du Khône (9). De 
môme les rois de France de la troisième 
race, dont les Bénédictins n'ont connu, di- 
sent-41s, aucun sceau de plomb (10), se sont 
servis de ce métal par exception, pour scel- 
ler des actes relatifs à la villed'Avignon, lors- 
qu'ils la possédaient en partage avec les 
comtes de Provence. J'en ai pourpreuveune 
bulle originale de plomb, entièrement iné- 
dite, portant d'un côté le nom de Philippe, 
roi de France, et de l'autre celui de Charles, 
comte d'Anjou, de Provence et de Forcal- 
quier 

«On voit que l'axiome juridique Locusregit 
acium a reçu plus d'une fois son application 
enmatière de sceaux. Je pourrais multiplier 
les exemples ; mais ceux-là suffisent pour 
justifier la distinction que j'ai établie ci-des- 
sus, touchant les provinces de la France mé- 
ridionale, oi!i les sceaux de plomb ont été 
d'un fréquent usage. 

a Après avoir discuté aussi brièvement que 
possible ce point de doctrine, qui n'est pas 



(7) Cest une transaction qui eut lieu vers 1500» 
entre les consuls de Montpellier et Géraud Âdhéuiar,, 
seigneur de Hontélimart. L'acte était scellé de deux 
sceaux ; mais il ne reste plus qu'un fragment en cire 
de l'un d'eux, peut-être celui des consuls de Mont- 
pellier, lequel est annoncé en ces terme»-: c Pré- 
sentes iitleras predicto nobiii Iradimus sigillo no- 
stro pendenti cereo comniunitas. i Les archives de la 
maison de Grignan contiennent, il est vrai, d'autres 
sceaux de cire, mais ils sont attachés à des actes où 
les Adhémar n'interviennent pas comme parties 
agissantes, par exemple, à des chartes émanées des 
comtes de Provence de la maison d'Anjou. 

(8) Plusieurs de ces bulles tiennent encore au parche- 
min ; d'autres en ont été détachées, mais on en trouve 
la mention expresse dans les formules finales. Un acte, 
entre autres, de Tan 1495, se termine ainsi : c BuU 
laque plombea ipsius magniflci domini more solita 
bullarl feci in (idem, etc. > Les Adhémar ont con-^ 
tinué à sceller en plomb, au moins jusqu'en 15^8 (Ar- 
chives de la maison de Grignan), et il parait qu'lN 
avaient commencé dès la un du xi* siècle. Sày. Pi- 
thon-Curt , Hist. de La Pfoblesse du comtat Venais- 
sin, t. IV, p. 19 et 20, et la très-ancienne bulle de 
Géraud Adhémar, publiée dans la Revue Archéolo- 
gique, 1. 11, p. 650 et sniv. 

(9) Dom Vaisséte, Hist. de Languedoc, t. III, p. 
605 et pr. coi. 142. — Les Bénédictins ont rapporté 
l'observation de dom Vaisséte ; mais, loin d'en tirer 
la conséquence naturelle, ils disent qu'en Languedoc 
les plus anciens sceaux pendants au bas des diplômes 
furent en plomb. Ils en donnent pour preuve celui 
de Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse, at- 
taché à une charte de 1088, en faveur de l'abbaye 
de Saint-André d'Avignon. L'exemple ne pouvait 
être plus mal choisi ; car ce monastère dépendait du 
comtat Venaissin, comme le remarque l'historien de 
Languedoc, t. V, p. 680. 

(10) Soia\ Traite de Diplom,, t. iV, p. 29. 



U7 



CAD 



DICTIONNAIRE D£ NUMISMATIQIJE. 



CAR 



m 



tans importance en diplomatique, j'arrive à 
Tobjet principal de cet article. 
« Les princes d'Orange, suivant Tusage des 

{)ays qui entouraient leur petit Etat, ont tou* 
ours scellé en plomb, et leurs bulles sont 
fort connues. Deux ont été publiées par dom 
Vaissète dans son Histoire de Languedoc : 
Tune est de Guillaume IV de Baux, et Tautre 
probablement de Guillaume VI (1). Valbon- 
nais, historien de Dauphiné, en a fait graver 
une troisième de Raymond I" ou Raymond 
il (2). Enfin M. Nogent-Saint-Laurens, avo- 
cat à Orange, on possède dans sa collection 
1)1usieurs autres, que je ne m'arrêterai pas 
i décrire, parce qu'elles n'ont rien de parti- 
culier; une seule fait exception et mérite 
un examen attentif, à cause d'une formule 
que les princes d'Orange n'ont employée que 
cette fois peut-être, et qu'on chercherait sans 
doute inutilement sur les sceaux des autres 
provinces de la France. 

d Le flan de cette bul!e est assez mince re- 
lativement à son diamètre, oui approche de 
cinqcentimètres. Le champ du côté droit est 
occupé par un grand cornet, lié, enguiché, vi- 
role et orné dedeuxflocs pendants. On lit au- 
tour, entre grènetis ^ s : b' domini: brevis : 
jàVRASiCE : c'est-à-dire Sigillum Bertrandi 
dominiy etc. Au revers : princeps avrasice. 
Dans le champ parait un cavalier armé, la 
tète enfermée dans un heaume de forme qua- 
drangulaire, tenant d'une main son bouclier 
qui lui couvre la partie supérieure du corps, 
et de l'autre main, rejetée en arrière, bran- 
dissant une longue épée, qui traverse le 
premier grènetis. Il est assis sur un cheval 
lancé au galop et dont les pieds de derrière 
pénètrent le mot Prtnceps, en séparant l'Eda 
p. Sur le bouclier, ainsi que sur la housse 
qui recouvre la croupe du cheval, on dis- 



tingue un cornet pareil À celui qu on voit au 
côté droit. 

a Cecornet n'entrait pas dans les armes par- 
ticulières de la maison de Baux, dont 1 léca 
était de gueules, à l'étoile à seize rayons 
d'argent. Toutefois, en prenant possession 
d'Orange, elle avait à peu près abandonné sa 
marque distinclive pour prendre le cornet, 
en mémoire de l'illustre paladin de Charle- 
magne, Guillaume au Cornet, qui pas<^ait 
pour le fondateur de la principauté. De roê- 
roe, suivant la remarque de Valbonnais (3), 
la seconde race des dauphins avait quitté ses 
armes de Bourgogne pour prendre celles des 
anciens dauphins, comtes d'Albon. Le cor- 
net est répandu à profusion sur tous les 
sceaux et les monnaies (4) des princes des 
ditTérentes familles qui se sont succédé à 
Orange, et il foit encore partie aujourd'hui 
des armoiries de la ville, avec des oranees 
pour armes parlantes. C'est h peine si les 
seigneurs de Baux ont parfois fait fleurer à 
côté du cornet l'étoile qui rappelait leur fa- 
buleuse origine (5).» 

Revenant ensuite à la légende Sigillum 
Bertrandi domini brevis Aurasice^ M. Deloye 
prouve que c'était en quelque sorte «ne 
protestation d'indépendance contre la supré- 
matie que Raymond IV, prince d'Orange, 
voulait appesantir sur Bertrand de Baux, son 
parent. 

BURBAS, petite monnaie qui se frappait à 
Alger. Elle portail des deux côtés le cnilîre 
du dey. Les douze valaient une aspro. Oa 
en frappait aussi à Tunis. 

BDVEÏIER de la cour des monnaies, créé 
en titre d'office formé et héréditaire, sous la 
dénomination de concierge buvetier, par 
édit du mois de mai 170&, registre en la cour 
des monnaies le 25 juin suivant, (A.) 



c 



CABALETTO , ancienne monnaie de 
Gênes, qui valait environ quatre sous tour- 
nois. 

(1) En voici une courte description d*après les des- 
sins gravés dans YHisl. de Lang.^ t. V, pl.VI, n» 65, 
et pi. V, n» 68. 

* : S. W. DE. BACIO. PRINCIPIS. AVRASÎCE. 
Dans le champ un cornei lié et tainbrequiné. 
Un chevalier armé. La visière du heaume est levée. 
Le cheval D*a (>as de housse. Le pouriour est s;;iis 

léffende 

* W. DE. BAVCIO. PRiriciPIS. AVRASICE. 

Au milieu un cornet accompagné d*une étoile à 
huit rayons. 

Le revers, s'il y avait un, n'a pas été gravé, non 
plus que la bulle de Raymond, annoncée sous le n« 
67 et qui est omise dans les planches (ibid., p. 686). 
La date de Tannée 1255 mise à côié de Guillaume de 
Baux se rapportait sans doute à Raymond , car il 
n'y avait alors aucun prince d*Orang*e du nom de 
Guillaume. 

(2) Uni. du Dauphiné^ 1. 1, p. 385, et dernière 
planche n« 18 : 

lî. S. R. DE. BAVCIO. PRINCIPIC. AURASIE. 
Un cornet dans le champ. — i). sans légende. Au 
milieu, un cavalier armé de toutes pièces. 



CAHORS [Monnaies des évéques de). Notice 
par Duby, t. i'% pag. 8 (6). 

Cahors, Cadurcumy Devona^ ou Divona 
Cadurcorum^ capitale du Quercy sur le Loi, 
dans la Guyenne, avec évèché. 

L'évèque est suffragant d'Alby; il prend 
le titre de baron et comte de Cahors. Saint 
Genou (Genulphus ou Genulus) passe pour 
avoir été le premier évoque de Cahors, Taa 
206. 

Choppin (Domaine de France) nomtne ré- 
voque de Cahors le vingt-huitième des trenie- 

(3) T. I, p. 385. 

(4) Voy. dom Vaissète et Valbonnais , loc. cit.; La 
Pise. Hist. d'Orange, in-fol., p. 71; et le mcmoire 
de M. Duchalais sur les Monnaies de$ princes du- 
range dans h Revue Numismatique^ année 1814, p* 
41 63 et 97-113. 

(5) Les Baux avaient la prétention de descendre <|« 
l'un des rois Mages qui, guidés par une étoile, allc- 
rcnt adorer Tenlant Jésus à Cethléem. 

(6) IJ faut voir en outre les observations sur c«» 
article, 1. 1" de Duby, p. xli ; et ci-après, dans te 
Dictionnaire, Tarticle France, | 80. 



149 



CAff 



DICTiON^ÂIllE DE MMISMATIQUË. 



CAH 



150 



un seigneurs, à qui le roi Louis le Hutin a 
donné le privilège de faire battre monnaie. 
Voy aussi Alteser. 

Géraud, éyèque de Cahors, céda, en 1090» 
la moitié de la monnaie aux cbanoines ré* 
guliers de sa cathédrale. 

L^évêque Guillaume lY fit, en 1212, un 
accord avec les habitants de la ville de 
Cahors, au sujet du droit de frapper de la 
monnaie d'argent. 

En 19â^, il alloua ce droit aui consuls et 
è la ville, pour six ans, et moyennant la 
somme de six cents sons. 

Barthélémy II, l'un àes successeurs de 
Guillaume iV, eut, en 1265, un démêlé avec 
les consuls de Cahors, h l'occasion de la 
monnaie, dont il leur interdit Tusage et la 
fabrication : il y substitua une autre mon- 
naie semblable à celle que Géraud, son pré- 
décesseur, avait eu som de faire frapper. 
(Gallia Ckristiana,) 

En 1125, il y avait au marc 35 sous de 
CahArs. Voy. le traité de M. de Saint-Vin- 
cent. 

Un arrêt donné à la PentecAte, en 1280, 
rar le parlement séant à Paris, attribue à 
j'évôque de Cahors le droit de' battre mon- 
naie, et même de la changer. Registre Olim, 
vol. 1-, fol. 80, vers l'année 1281 (IJ. 

Par Tordonnance faite, en 1315, par Louis 
ie Hutin à Lagny-sur-Marne (2), les deniers 
devaient être à trois deniers seize grains 
argent le roi ; deux cent soixante deniers 
un tiers au marc ; les vingt deniers pour 
douze petits tournois. (Le Blanc.) 

Voici le peu de monnaies que Ton con- 
naît de ces évêques : 

N* 1. EPISCOPVS. 

H. C4TVHCE?rsis (évêque de Cahors). Dans 
Je champ, la lettre H: c'est vraisemblablement 
le monogramme de Hugues Geraldi, évêque 
de Cahors en 1312. Pièce de bilion, tirée des 
traités de MM. de Boze et de Saint-Vincent. 

N* â. ctviTAS. Dans le champ, la lettre A. 

^. CATVRCEifsis (ville de Cahors), denier 
de bilion. (Cabinets de M. deBoullongne et 
de M. Haumont.) 

N* 3. EPiscopvs. 

^. cATVHCE?isis. Dans le champ, la lettre 
A ou V, denier de bilion. (Cabinet de M. de 
Boullongne. ) Cette lettre n'est peut-être 
qu'un V renversé ou mal gravé, et ce pour- 
rait être le monogramme de Guillaume IV 
(Viielmus)f dont on a parlé ci-dessus; ce 
prélat occupa le siège de Cahors depuis 1208 
jusgu'en 1234. (Fin de la notice de Duby.) 

M. le baron deCrazannes a publié, dans la 
Revue de Numismatiaue de 1839, page 352, 
une notice qui complète celle de Duby. Nous 
regrettons de ne pouvoir donner que de 
courts fragments de cette dissertation, en les 
abrégeant. 

«•M. Cartier, dans ses lettres sur l'histoire 
monétaire de France, dit M. de Crazannes» 

(I) M. le comte Beugnot a récemment publié les 
registres des Olim^ dans h collection des Documenté 
inédits sur FHiittmre de France, 

(î) Voy, iarlicle Framx. 



fait l'observation qu*à la fln du x* siècle et 
dans le suivant, plusieurs évêques oui 
avaient contribué à 1 élévation de la nouv^le 
dynastie obtinrent ou usurpèrent le droit 
de monnayer; mais il semblerait présumabie 
que ceux de Cahors ne se l'arrogèrent qu'a- 

Çrës avoir succédé aux droits des comtes de 
bulouse, comme comtes de Cahors. Ce 
changement eut lieu sous le rèsne du comte 
Raymond VII. L'évêque Guillaume V do 
Cardaiilac, fit hommage, en 122^, du comté' 
de Cahors è Louis VIII, qui promit, en retour^, 
de ne jamais Taliéner de la couronne. Ce-^ 
pendant les auteurs de VHistoire du Lan» 
guedoe disent que, dès 1090, les évêques de 
Cahors avaient obtenu des comtes de Tou- 
louse le droit de faire battre monnaie (t. Il» 
p. 627). Saint- Vincent note une émission de 
ces monnaies en 1125, sans en apporter de 
preuves. Dub^ est disposé à attribuer les 
premières émissions à Guillaume V, dont 
nous venons de parler, et qui fut évêque da 
Cahors de 1207 à 1235. 

« Les historiens du Quercy laissent ignorer 
si ce prélat et son successeur usèrent posi- 
tivement du droit de monnaie ; mais nous 
savons que Géraud V de Barsac, second 
successeur de Guillaume V, en fit usage. 
L'évêque Barthélémy, successeur de Gé- 
raud V, un des plus grands prélats du siège 
de Cahors, a frappé, en différentes occasions^ 
un grand nombre de monnaies, mais il fit 

f)lusieurs émissions è un titre plus bas que 
e titre des monnaies de ses prédécesseurs.. 
Le peuple murmura, et à la requête des 
comtes de Cahors, Barthélémy rétablit sa 
monnaie sur Tancien pied. Le droit absolu 
des évêques de Cahors sur leurs monnaies 
fut ainsi limité, et une charte de 1267 con- 
stata les conditions dans lesquelles il dut è 
l'avenir s'exercer. 

«£n 1305, révêque Raymond Pauchel, troi- 
sième successeur de Barthélémy, fit frapper 
monnaie conformément aux conventions de 
1267, et il en jeta au peuple assemblé dans- 
sa cathédrale. 

« En 1315, Louis le Hutin détermina Te 
titre et le poids que devait avoir la monnaie 
épiscopale de Cahors (3). C'est une preuve 
que les évêques de Cahors jouissaient , au 
moins titulairement, du droit de monnayage, 
mais on ne trouva pas de monnaies de ces 
prélats postérieures à cette époque. » 

Cahors (Droit de monnaie du chapitre de 
la cathédrale de). On lit dans Duby, tem. II, 
p. 261 : 

« Le chapitre de Cahors est composé d'un 
grand archidiacre, d'un archidiacre de Tour- 
nus, d'un chantre, d'un chancelier et de 
neuf simples chanoines. 

« Géraud de Gourdon, évêque de Cahors, 
voulant affermir l'établissement des cha- 
noines réguliers dans sa cathédrale, leur 
donna, en 1090,. la moitié du revenu de la 
monnaie qu'il faisait battre. Une bulle du 
pnpe Urbain II, de l'année 1096, reconnaît 
et confirme cette cession. 

(5) Voy, rArtide Frakcb, rÀgns da Louis le HnGn. 



151 



CAM 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



CAM 



isi 



«Guillaume 11, qui occupa le siège de 
Gahors depuis 1113 jusque vers ilU, vou- 
lant se réconcilier avec les chanoines de son 
église et leur prieur nommé Bernard, leur 
permit de battre monnaie dans toute l'é- 
tendue de leurs possessions (m terra ipso^ 
rum)f en tel lieu qu'ils jugeraient à propos. 
[Gatlia Chriêtiana.) » 

CALAMINE, minéral ou pierre fossile c[ue 
les fondeurs de métaux emploient pour tem- 
dre le cuivre rouge en jaune, après ravoir fait 
recuire. Il en augmente le poids, et le rend 
plus solide et plus compacte. Boisart, pag. 
274. 

CALIXTË III, de la famille Borgia, pape 
en 1455 {Monnaies et médailles de }. 

1. Médailles. 

NM. CALISTVS III PONTifex MAXivvs 
(Calixte III ^ souverain pontife). Buste à 
gauche de Calixte 111, coiffé de la mitre, et 
revêtu des ornements pontiGcaux. 

^. HOC VOVl DEO {T ai fait ce vœu à Dieu). 

Exergue : VT FIDEI HOSTES PERDEREM 
ELEXIT ME. /{ m'a choisi pour que je dé- 
truisisse les ennemis de la foi. Départ de la 
flotte destinée à porter la guerre en Orient. 

Trésor de Numism. 

N* 2. Même tète que ci-dessus. 

ij. Exergue : NE MVLTORVM SVBRVA- 
TVR SEC VRITAS ( De peur que la sécurité 
d*un peuple nombreux ne sott troublée^. La 
ville de Rome, entourée de fortifications. 
Sur les remparts un écusson où figure le 
bœuf, armes des Borgia. 

Trésor de Ifiunism. 

IL Monnaies. 

N-^l,or. CALISTDS PP.TERTIDS. Dans 
le champ, les armes des Borgia surmontées 
des clefs et de la tiare. 

^. s.PETRUs. Âlma. bona. Floravauti, qui 
publie cette pièce comme les suivantes, An- 
tiqut Denarii^ pag. 121, lit ces derniers 
mots, Aima Èoma. Peut-être faut-il y voir, 
si la gravure est exacte, l'abréviation d'il/ma 
Bononia^ la mère des études. 

N* 2, argent. Au droit comme ci-dessus. 

^. -(- MODICA FIDEI, QtJARB DUBITATIS. AU 

centre, Jésus-Christ sur la barque avec la 
croix. 
N- 3, argent. Droit, comme ci-dessus. 

i^. s. PETRUS PADLUS. ALMA BOMA. DaUS le 

champ, les deuxapAtres debout. 

CAMBRAI ( Monnaies des évéques et arche- 
vêques de). Notice par Duby, t.l, p. 12 (1). 

Cambrai, Cameracum, Cameraeum Nervio- 
rum, et Vrbs Cameracensisj ville forte sur 
l'Escaut, dans les Pays-Bas, capitale du Cam- 
brésis ; on prétend que Cambre, roi des Si- 
iMmbres, en a été le fondateur. Elle a sou- 
vent changé de maîtres, et est restée à la gn 
aux Français. 

I^oyis XIV la prit sur les Espagnols en 

(i) On trouve en outre d^intéressantes notions sur 
les monnaies des arcbevéques de Cambrai dans les 
Additions à Diibv, 1. 1*' de son ouvrage, p. xliii et 
suiv. Voij. aussi, ci-apn''$, rarlîcle F batice, § (>i. 



Saint Vaast fut le premier évèque de Cam- 
brai, au commencement du vi* siècle. Le 
siéçe fut érigé en archevêché en 1559. Les 
archevèçiues prennent le titre de ducs dé 
Cambrai , de comtes du Cambrésis et de 
princes de l'empire. 

L*arcbevèque est seigneur utile de la ville 
et de tout le comté du Cambrésis, mais la 
souveraineté est réservée au roi. 

Les empereurs Otton 1", Otton III et Con- 
rad III, accordèrent aux évéques de Cam- 
brai plusieurs privilèges, entre autres celui 
de frapper monnaie. Voy. le Gallia Ckri- 
sltana,Engelheim, les privilèges des archevê- 
ques de Cambrai, le diplôme de Maximi- 
lien I", Ducange. 

Les seules monnaies que je connaisse des 
évéques et archevêques de Cambrai soat les 
suivantes : 

N* 1. FLOREIICS EPISCOPI CAHBEàCEXSIS (flo- 
rin de Tévêque de Cambrai ). 

à. SANCTUS J0H4NNES-BAPT1STA (2), Saint 

Jean-Baptiste est le patron de la cathédrale 
de Cambrai. Cette pièce se trouve dans le 
cabinet de M. de Boullongne. 

L*église de Cambrai a eu trois évéques du 
nom de Nicolas : 1* Nicolas de Chievres, de- 
puis 1137 jusqu'en- 1166 ; 2* Nicolas de Reui, 
évèque en 1197; 3* Nicolas de Fontaines, 
depuis 1243 jusqu'en 1273. 

L'empereur Conrad UI conGrma, en 11(6, 
à Nicolas de Chievres, tous les privilèges 
qui avaient été accordés par les rois et «les 
empereurs à l'église de Cambrai, et parmi 
lesquels le droit de battre monnaie est com- 
pris. 

Je ne crois cependant pas pouvoir lui at- 
tribuer les trois monnaies suivantes : 

N" 2. MICHOLAVS EPISCHOPVS. 

1^. AVE MARIA. GRATiA PLBNA.DansIc champ, 
CAMERAGVM, dcuicr d'argcut tiré du même 
cabinet. 

N' 3. Un denier aussi d*argent porte les 
mêmes légendes, et il est du même prélat. 
(Même cabinet. ) 

N* fc, autre dénier d'argent du même évè- 
que, avec quelques différences. ( Tiré du 
même cabinet.) 

N** 5. iNGERRANNvs EPiscopvs, même revers 
qu'aux précédents. (Cabinet de M. de Boul- 
longne.) 

Il y a eu deux évéques de Cambrai, du 
nom d'Enguerrand : !• Enguerrand I**, de- 
puis 956 jusqu'en 960 ; ^ Enguerrand de 
Créqui, depuis 1273 jusqu'en 1292 : la res- 
semblance de cette pièce avec les trois pré- 
cédentes, la conformité des lettres, du cos- 
tume et de la légende du revers, me portent 
à croire qu'elles sont à peu près du* même 
temps, et qu'en conséquence les premières 
sont de Nicolas de Fontaines, et celle-ci d'En- 
ffuerrand de Créqui, qui lui succéda en 1873; 
la pièce suivante me parait être de Guillaume 
(1" du nom) de Hainaut, qui occupa le sié^e 
de Cambrai depuis la mort d'Enguerrand de 
Créqui jusqu'en 1296. 

Cet archevêque était parent de Guillaume 

(:î) Planche IV, n- 1. 



ISS 



CAM 



DICTIONNAIRE DE 



de Hollande, qui fut empereur en iWly à 
la mort de Henri Vl, et qui n'aura pas man- 
qué de lui accorder, entre autres privilèges, 
celui de frapper monnaie. 

N^ 6. GTILLELMUS EPISGOPVS. 

H. GAMEHACENS», deuier d'argent. (Tiré de 
M. de Boze. ) 

W 7. PETRVS EPiscoPvs. Premier revers : 
▲TB MARIA GRATiA PLENA ; douiièmo légende 
GAjfBRACVM. (Même ouvrage. ) 

N' 8. PETHVS COMES G AMER AGI. 

l). MORETA NOVA CASTELLI. M... A. DaHS le 

champ, siGNVM. crvgis.: denier aussi d'ar*- 
gent, et tiré du même ouvrage. 

Ces lettres initiales m et a sont sans 
doute celles d*un cb&teau qui appartenait 
aux évôaues de Cambrai, et où ils avaient 
droit de battre monnaie. 

On trouve cinq évèques de Cambrai du 
nom de Pierro : 1® Pierre d'Alsace eu 1167; 
2- Pierre de Corbeilen 1199; 3" Pierre de 
Levis en 1310 ; 4** Pierre d'André en 1350 ; 
5- Pierre d'Ailly en 1398. 

}e ne sais 'auquel des trois derniers rap- 
porter ces deux pièces ; on peut attribuer la 
suivante à Robert de Genève, évèque de 
Cambrai, en 1368, ou, plus sûrement encore, 
à Robert de Croi, à qui son frère Guillaume, 
archevêque de Tolède en Espagne , et outre 
cela évêque de Cambrai, avait cédé cette 
dernière église en 1519. ^. 

N* 9. BOBERTVS DEI GRATIA EPISGOPVS et GO" 
MES CAMERAGI. 

i^. X. F. G. (Christus)\uiCïT x. p. g. régnât. 
X. p. G. iMPERAT, monnaie d'or. ( Cab. de 
H. de Boullongne. } 

N* 10. JOBANNES EPISGOPVS et GOUES CAME- 
BACI. 

i|. SIT NOMEN DOMINI BENEDICTVM. Légende 

intérieure : Moneta facta in Cameraco. Cette 
pièce est d'argent; elle est de Jean Serclars, 
évéque de Cambrai en 1378, ou de Jean de 
Caure, en 1411. (Même cabinet. ) 

Henri de Rerghes fut, eu lil^, élevé sur 
le siège de Cambrai, par le pape Sixte lY, 
qui s'était réservé, pour cette fois, la no- 
mination de cet évêclié, dans le dessein de 
favoriser Henri, qui était notaire apostoli- 
que. Les deux pièces suivantes sont de ce 
prélat. 

N* 11. HENRIGUS DE BERGI8 EPISGOPUS ET 
COMES CAMERACENSIS (1). 

^. NICBIL 1?ITVS QUAM AMARE PEGVNIAM (il 

n'y a rien en dedans que l'amour de l'ar- 
gent ). Cette pièce est d'argent, et se trouve 
dans le recueil d'Anvers. 

La légende niehil tn/u«, etc., fait proba- 
blement allusion aux troubles qui rava- 
geaient alors la France, et en particulier, le 
Cambrésis ; et l'évêque donne à entendre 
que le mobile de toutes ces divisions et de 
ces troubles, c'est la cupidité, la fureur de 
l'argent. 

N* 12. HBTIRICUS DE BERGIS EPISGOPUS ET 
COMBS CAMERAGENSIS (2). 

t^. AVEBTB PRELIA CIVILIA ( détOUmeZ IcS 



ilUMlSIlATlQUE. CAM 11^ 

guerres civiles ). L'esprit sa^e et pacifique 
de Henri de Rerghes lui inspirait ce vœu, 
digne d'un prince de l'Eglise ; cette pièce 
est de la même matière que la précédente, 
et se trouve dans le même recueil. 

Maximilîen de Berghes fut nommé, en 
1556, k l'évêché de Cambrai par une bulle 
du 12 mai 1559. Paul IV érigea cette église 
en métropole ; mais Maximilien ne prit tou- 
jours, jusqu'aux dernières années de sa vie» 
que le titre d'évêque de Cambrai. Il mourut 
en 1S7Q; il a frappé les monnaies suivantes: 

N* 13. MAXIMILIANUS A BERGIS EPISGOPUS BT 
DUX CAMERAGI. 

^. noNBTA NOVA GA1IERAGENSI9, pièce de 
cuivre, cabinet de M. de Boullongne. 

N"" 14. HAXmrLIANUS a BERGIS DEI GRATIA 
EPISGOPUS ET DUX CAMERAGI SAGRI IMPERII. 

(Maximilien de Bérghes, par la grftce de 
Dieu, évêque et duc de Cambrai, [prince ] 
du Saint-Empire.) 

ï^. FERDINANDVS ROMANORVM IMPER ATOR 8EM- 

PER AVGusTVs, pièco d'argcut. ( Recueil d* An- 
ver s.) 

N* 15. Même légende , mais d'un type dif- 
férent. 

i^. sANGTvs MAxiMiLiANvs, argent. (Léonard 
TVilibald Hoffmann. ) 

N* 16. Même légende, type diiférent, re- 
vers comme au n" 1^, pièce d'argent. (Même 
auteur.) 

N* 17. MAXIMILIANUS A BERGIS DEI GRATIA 
EPISGOPUS ET DUX CAMERAGI SAGRI IMPERII 
PRINGEPS COMES GAMERAGENSIS. 

ï^. SANCTus MAXIMILIANVS, gros écu pcsant 
sept gros et demi. ( Cabinet de M. de Boul- 
longne. ) 

N" 18. Même légende, mais d*un type dif- 
férent. 

1^. FERDI^ANDVS ROMANORUM INPERATOR SRM- 

PER AVGvsTvs, moDuaie d'argent, tirée du re- 
cueil d'Anvers. 

N* 19. Même légende, mais le type est dif- 
férent. 

^. NEG GITO NEG TEMERE. ( II Ue faut ricU 

faire à la hâte, ni avec témérité ). Cette de- 
vise suppose à Maximilien de Berghes un 
esprit de prudence et de circonspection , et 
conûrme les éloges que les historiens font 
de ce prélat. ( Voy. VHistoire de Cambrai^ 
parle Carpentier.) 

Dans le champ se voient les lettres M B, 
monogramme de l'archevêque. (Argent. Re- 
cueil d'Anvers. ) 

N*" 20. Même légende, mais le revers est 
d'un coin différent. (Même recueil) (3). 

N' 21. MAXIMILIANUS A BERGIS ARGHIEPISGO- 
PUS ET DUX CAMERAGI SAGRI IMPERII PRINGEPS 

COMES GAMERAGENSIS. ( Maiiuiilicn de Ber- 
ghes, archevêc|ue et duc de Cambrai, prince 
du Saint-Empire, comte du Cambrésis.) 

1^. MAXIMILIANUS II ROMANORU» IMPERATOR 

SEMPER AVGVSTVS, 1569, gros écu (Recueil 
d'Anvers) (4). 

N* 22. MAXIMILIANUS A BERGIS DEI GRATIA 
ARGUIEPISCOPUS ET DUX GAMERACI. 



(l)Pbn€he V, n. 1. 
{•i) riaucbc V, wit. 



(5) Dans Duby, pinncho VI, ir 1. 
[i) Duby, pi. VI, ir i. 



1S5 



CAM 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



CAR 



m 



II. m Boc «OLO GLOBiA. ( La croix procure 
seule la gloire)* ducat pesant soixante-qua- 
tre grains. (Caninet de M. de Bouliongne. ) 

Mâximilien de Berghes eut pour succes- 
seur Louis de Berlamoat, qui mourut en 
1593 ; les pièces suivantes sont de lui. 

N' 23. LTOOTIGUS A BERLAMONT DEI GHATIA 
ABCHIEPISCOPL'S ET DUX CAMERAGI. ( LOUÎS dO 

BerlamoQtf (lar la ^râcede Dieu, archevêque 
et duc de Cambrai.) 

i^. MAXIMILIANUS II BOMAROBUX IMPEBATOB 

SKMPEB AVGusTVSy 1572, gros écu. ( Recueil 
d'Anvers. ) 

N' 2i. LVDOTICUS A BEBLAIIONT DEI GRATIA. 

Dans le champ II (pièce de deux liards de 
cuivre). 

i). ABCHiEPiscopus Dvx GAXBBACi. ( Cabinet 
de M. de Bouliongne.) 

N* 25. Même légende. -Bans le champ VI 
(pièce de six liards de cuivre). 

Au revers, dans le champ, lots ( nom de 
Tarchevéque ). Même cabinet. 

N* 26. NICHOLAVS EPISCOPVS (1). 

i|. AVE MABU GBATiA FLBNA. Légende inté- 
rieure : Cameracvm. Pièce d*argent pesant 
un demi-gros. ( Cabinet de M. de Boulion- 
gne.) 

N* 27. iNGEBRAN?ivs EPISCOPVS (2). Même 
revers qu'au n* précédent, pièce d'argent pe- 
sant quarante-huit grains. (Même cabinet.) 

N* 28. iNGEBBANNLS EPC. (3) ( EptSCOpu»), 

1^. iio?iETA cAMEBACENsis , moitié de la 
pièce précédente* mais d'un coin différent : 
elle pèse vingt-quatre grains, et se trouve 
dans le même cabinet. 

N* 29. GVILLEMUS EPISCOPVS (4). 

H. CAMERACENsis, pièce d*argent pesant 2% 
grains. (Même cabinet. ) 

Voyez ce que je pense des auteurs de ces 
quatre dernières pièces, aux n«" 2, 3, 4, 5 et 
6. (Fin de la notice de Duby.) 

Dubv a publié en outre, dans le supplé- 
ment de son ouvrage, tome Il,pag. 217, une 
autre monnaie d'argent de Tarchcvêque 
Louis de Berlemont, qui porte au droit lud, 

A BERLAMO.^T ARCHZ (arcfliepisCOpUS ], DCX. 

CA. [Cameraci). Dans le champ, Técu des ar- 
mes, et au-Klessus Je chiffre 72 indiquant 
que celle monnaie valait 72 liards. 

Au revers : m. ii. ro. im. se. av. ( Maxi- 
milianus secundus Romanorum imperator aU" 
gustus. ) 

Cambrai ( Monnaies ou méreaux du chu- 
oitre de). Notice par Duby, Monnaies des 
oarons et prêtais, t. I, p. 68. 

Le chapitrede Cambrai jouissait, ainsi que 
Tarchevêque, du droit de frapper monnaie, 
comme on peul voir par les suivantes : les 
quatre dernières paraissent n'être que des 
méreaux. 

N* 1. Mo^ETA CAPiTVLi ( mounaîc du cha- 
pitre). Tête d'un évéque de Cambrai. 

i). AVE MARIA GRATIA pLE!f A , légende inté- 
rieure, CAMERAcvM. Cette pièce est d'argent, 

(i) Dobv, planche Yl, n* 7. 

(2) PI. Vl, n- 8. 

(3) Dabjr, pi. VI, n* 9. 
(À) Plancha ^1, n* tO. 



et pèse quarante-quatre grains* (Cabinet da 
H. Haumont [5].) 

Elle est du xiii* siècle, et semblable, à la 
première légende près, aux monnaies de Ni- 
colas de Fontaines et d*£nguerrand de Cré- 
quy, archevêque de Cambrai. 

N* 2. MONETA CAPITVU. 

^. cAMEBACENsis, dcuier de billon. (Recueil 
de M. de Boze.) 

Cette monnaie est dans le goût de celle 
des archevêaues de Cambrai, qui porte le 
nom de Guillaume, et aue l'on croit pouvoir 
attribuer à Guillaume de Hainaut, qui fut à 
la têle de cette église depuis 1292 jusqu'en 
1296. 

M* 3. CAPITVLCH GAMERACENSE. 

^. MARIA viRGo. Pièce de cuivre marquée lU. 

N"* k. CAPITVLLM CAMERACE^^SE. 

l). SALVE REGINA MISERICOBDUB, 15tô, plèCO 

de cuivre marquée VI. 

N" 5. CAPITVLUM CAMERACE?rSB. 

^. MARIA VIRGO, 1560, pièce aussi de cui- 
vre marquée lUL Ces trois dernières pièces 
m'ont élé communiquées par M. de Steen- 
bourg, député des Etats de Lille. 

N* 6. CAPITVLUM CAMERAGENSE, 1562. 

ï^. SALVE REGiNA MEsii^icoRs, pièce de même 
matière, marquée YL ( Cabinet de M. de 
Bouliongne.) 

Voy. les monnaies des archevêques de 
Cambrai. 

CAHPNER-DALHER, pièce d'argent de 
Hollande, où elle vaut vingt-huit stuyvers, 
et environ cinquante-sept sous monnaie de 
France. 

CARAGROnCH, monnaie d'argent au titre 
de dix deniers H en usage dans TEmpire 
turc . elle a cours à Conslantinople pour 
cent seize aspres et vaut près de 3 francs de 
France. 

CARBEQDI, monnaie de cuivre, fabriquée 
à Tifflis, capitale de* Géorgie, qui vaut uu 
demi-chaoury, ou trois sous quatre deniers 
d'argent de France. 

CARCASSONNE {Monnaies des évéques de), 
Notice par Dubj, Monnaies des barons et des 
prélats, 1. 1, p. 63. 

Cargassoxne, Carcasone, Carcasso, Car- 
cassum, Volcarum, Tectosagum, ville du bas 
Languedoc, capitale d'un petit pays dit le 
Carcassez, avec titre de comté et un évôché : 
saint Hilaire, saint Genier et saint Valère 
sont les premiers qui en ont occupé le siège. 

Le premier évéque de Carcassonne dont 
on puisse sûrement dater est Sergius, qui 
assista aux conciles de Tolède et de Nar 
bonne, tenus en 589. 
* La cathédrale est dédiée à saint Nazaire. 

J'ai dans mon cabinet un denier d'argent, 
portant d'un côté petrus episcopds, au re- 
vers cargassona, et dans le champ les deux 
lettres L (qui n'est peut-être qu'un C usé) 
et V, qui pourraient faire partie du mot ex- 
vitas (6). 

(5) Duby, planche IV, ii* f . 

(6) Voy. les observaiioiis de Lclewell sor efA\$ 
monnaie dans notre Diciioniiaire, au mol Fmî'Ck» 

. J 78. 



tr,7 



CAR 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



CAR 



I9S 



Je la crois du xiy* siècle, et de Pierre 
Rodier, d*abord chanoine de Reims et de 
Saint - Martial de Limoges» chancelier de 
Charles comte de la Marche, et ensuite du 
roi de France; nommé en 1323 à Tévèché 
de Carcassonne, qu'il garda jusqu'à sa mort, 
arrivée en 1330. 

€e denier pèse 23 grains. 

Voy.]e MarcaHispanica; Graverol, LoQ- 
guerue, Piganiol de la Force, et la Marti-* 
ni ère 

CARDINAUX {Sceaux des). F. Sceaux n' 7. 

Cardinaux IMonnaies det)i Yoy. Monnaies 
DES Papes, S 6 et 7. 

CARLIN, petite monnaie d'argent, qui a 
cours dans ie royaume de Naples et de Sicile. 
Le carlin fait dix grains, et vaut environ huit 
sous tournois. Il y a aussi le carlin de Maltei 
qui fait douze grains r il faut trois de ces 
carlins pour un sou de France. (A.)— Le car- 
lin des Deux-Siciles vaut aujourd'hui il»>2 cen- 
times enviion. 

CAROLINE, monnaie d'argent de Suède, 
sans effigie, ni cordon, ni marque sur tran- 
che; ayant pour légende : Si Deus pro nobiSf 
guis contra? Elle vciut environ dix*neuf sous 
deux deniers tournois. 

CAROLUS, ancienne monnaie de billon, 
tenant un peu d'argent, frappée sous Char- 
les VIII, qui régnait en ltô3. Cette monnaie 
f sortait un K couronné : c'était en ce temps 
a première lettre du mot Karolus^ d'où elle 
a tiré son nom. Les karolus eurent cours 
pour dix deniers tournois, lorsque le dernier 
tournoiscessa de les valoir. Celte petite mon- 
naie avait été d*une valeur plus naute, sui- 
vant qu'elle tenait plus ou moins de fin. 
On fabriçiua des carolus, particulièrement 
en Lorraine, au titre, depuis cinq deniers 
vingt grains jusqu'à trois deniers un grain. 
Ceux de France et de Bourgogne ne tenaient 
de fin au plus que deux deniers dix-huit 
grains, excepté ceux frappés sous le règne 
de François l'% qui étaient au titre de cinq 
deniers quatre grains. Ceux qui se mettent 
encore dans le commerce en Lorraine pas- 
sent sur le pied des sous de France de douze 
deniers. Les demi-carolus ont eu pareille- 
ment différentes valeurs et différents titres 
h proportion de ceux des carolus ; ceux à 
trois fleurs de lis en barre, qu'on appelait 
demi-carolus vieux, tenaient trois deniers 
Quinze grains de fin, et les neufs seulement 
deux deniers six grains. Quoique cette mon- 
naie n*ait pas passé le règne de Charles VllI, 
et que Louis XI Tait décriée, elle s'est con- 
vertie, pour ainsi dire, en monnaie de 
compte, dont on s'est servi longtemps parmi 
le peuple, qui, sans avoir d'espèce qui valût 
précisément dix deniers, ses'ervait du terme 
de carolus pour spécifier cette valeur (1). On 
fit de ces espèces en Dauçhiné, qui, au lieu 
des fleurs de lis qui se voient à côté du K, 
avaient des dauphins : ceux que l'on fabri- 
qua en Bretagne portaient des hermines. 

Il y a eu beaucoup de différents carolus 
dans plusieiirs Etats de TEurope : prf.'sque 

(1) Le Blanc, p. 265. 



tous ont été de billon tenant argent, au plus 
haut titre de cinq deniers deux grains, et au 
plus bas de deux deniers, excepté le carolus 
d'Angleterre, pièce d'or assez lorte, frappée 
en Angleterre, sous Charles T', dont elle 
porte le nom et l'empreinte : elle a eu cours 
pour vingt-trois schellings; quoiqu'on pré- 
tende qu au temps où elle a été fabriquée 
elle ne valut que vingt schellings. (A.) 

CARREAUX, terme dont on se sert dans 
la fabrication des monnaies au marteau, pour 
exprimer les lames ou morceaux de métal, 
particulièrement d'or ou d'argent, que l'on 
coupe, qu'on arrondit, et qu'on prépare pour 
en laire les flans, dont ensuite on fabrique 
les espèces : en ce sens, on dit tailler car* 
reaux, réduire, ajuster, approcher, rabaisser, 
réchauffer, flattir, esiezer, etboesser carreaux. 

Tailler carreaux , c'est couper les lames 
avec les cisoires, et les réduire en petites 
pièces carrées. 

Battre ou frapper carreaux^ c'est les apla- 
tir sur l'enclume, à coups de marteau, pour 
donner de l'épaisseur aux flaons. 

Réduire carreaux^ c'est les mettre au feu, 

i>our en rendre le métal plus doux et plus 
acile à ajuster. 

Ajuster f approcher ^ rabaisser carreaux^ 
c'est, en les battant, les regijant ei les limant, 
les mettre à leur véritable poids. 

Réchauffer i flattir j esiezer et boesser ca^-- 
reauxt c'est les mettre une seconde fois au 
feu, les arrondir avecleflattoir, et les adou- 
cir avec la gratte-boesse. (A.J 

CARRÉS. C'est, en terme de monnaie, la 
matrice ou coin d'acier gravé en creux, avec 
lequel on imprime en relief sur les mon- 
naies les différentes figures qu'elles doivent 
avoir, pour être reçues et avoir cours dans 
le public : on appelle de môme carré ce oui 
sert au môme usage , dans la fabrique des 
médailles et des jetons. La cour des mon- 
naies, par arrôt du 10 mai 17^5, a ordonné 
que, « toutes les fois qu'il arrivera quelque 
changement sur les espèces, qui obligera de 
changer les poinçons originaux, tant de tète 
ou d^eilQgie que de pile ou de revers , en- 
semble les matrices faites par le graveur 
général des monnaies, qui seront entre les 
mains des graveurs particulieis de chacune 
monnaie, seront, en exécution des ordon- 
nances, et conformément à icell^s, biffies et 
difformées en présence des juges-gardes et 
du substitut du procureur général du roi, en 
chacune des monnaies du ressort de la cour, 
après que vérification aura été faite de leur 
nombre sur le registre qui doit être tenu 
des envois qui en ont été faits, dont sera 
dressé procès-verbal. Que dorénavant tops 
les carrés de chacune année seront repré- 
sentés par les juges-gardes ou autres dépo- 
sitaires, après que le travail de ladite année 
aura été jugé, pour ôtre pareillement biffés 
et difformes en présence des substituts du 
procureur général , vérification préalable- 
ment faite de la qpiantité d'iceux sur les 
états des livraisons qui en auront été fai- 
tes, pue les directeurs , entrenreneurs ou 
ouvriers, seront tenus de déclarer aux juges- 



159 



CAV 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



CHA 



m 



gardes la quantité qu'ils feront faire des 
coussinets sur lesquels sont gravés les grè- 
netis et légendes, au fur et à mesure, pour 
être, à la nn de chaque année, pareille vé- 
rification faite du nombre et qualité d'iceux, 
et être ceux qui ne pourront plus servir, 
pareillement biffés et difformes, dont du tout 
sera dressé procès-verbal. » (A.) 

CARROLIN ou CAROUN , monnaie d'or 
d'Allemagne, fixée à Francfort, à neuf flo- 
rins quarante-deux creutsers , argent de 
change, pour le payement des lettres. Cette 
monnaie est à la taille de vingt-quatre au 
marc, poids de marc de Cologne, du poids 
de 183 grains, poids de marc de France, au 
titre de 18 carats et demi , et vaut 2ï livres 
6 sous 5 deniers argent de France. (A.) 

CASH, petite monnaie de cuivre, qui a 
cours au royaume de Tonquin. Sa valeur 
varie suivant la quantité oui s*en trouve 
dans le commerce. Mille casns font environ 
cinq livres tournois. (A.) 

CASSE. Ainsi s'appelle en monnaie un 
vaisseau fait de cendres de lessive et d'os 
de mouton, ou de toutes sortes d'os calci- 
nés, dont on se sert dans l'affinage de l'or et 
de l'argent, et lorsqu'on asseoit le cuivre en 
bain. (A.) 

Casse d'affinage, ou casse à affiner, que 
l'on appelle aussi coupelle 4*affinage, est 
une terrine de grès que l'on remplit de 
cendres, et dans laquelle, après qu'elle a 
été remise dans un grand feu, on met l'ar- 
gent que l'un veut aiiiner avec le plomb qui 
sert à l'affinage. (A.) 

CASTILLAN, monnaie d'or qui a cours en 
Espagne, et qui vaut ik réaux et 16 quartos, 
et environ 6 livres 10 sous de France. C'est 
aussi un poids dont on se sert en Espagne 

f^our peser 1 or: c'est la centième partie d'une 
ivre ; il en faut 50 pour le marc : ce poids 
est pareillement en usage dans toute l'Amé- 
rique espagnole ; le castillan répond ordi- 
nairement a ce que Ton appelle en Espagne 
un poids d'or. (A.) 

CAURIS ou CoRis , petites coauilles que 
l'on pèche aux tics Maldives : elles servent 
de menues monnaies dans les royaumes de 
Bengale et de Siam et dans la haute Guinée; 
à Bengale il faut 2,M0 coquilles pour faire 
une roupie, qui vaut environ trois Iivre:$ 
tournois. (A.) 

CAVALIER, monnaie d'argent qui se fa- 
briquait autrefois en Flandre au titre de 
neuf deniers 11 grains. 

CAVALLO , petite monnaie de billon , 
air)si nommée de l'empreinte d'un cheval 
qu'elle a d'un côté. Les premiers cavallos fu- 
rent frappés en Piémont en 1616 : ils tiennent 
un denier 21 grains de fin ; il y en a d'au- 
tres qu'on appelle cavallos à la petite croix? 
à cause d'une croix qui est entre les jambes 
du cheval ; ceux-ci ne tiennent de fin qu'un 
denier 12 grains : les uns et les autres sont 
des espèces de sous qui valent 1 den. 1/8. (A.) 

CAVALOT ou Cavallotto, monnaie d'ar- 
cent frappée sous le règne de Louis XII, en 
Italie, au titre de six deniers ; elle fut ainsi 
appelée de ce que saint Second y était repré- 



senté à cheval (1). Foy. aussi Moichaies du 
Papes, 

C AXA, petite monnaie des Indes fabriquée 
à Chincheu, ville de la Chine, depuis 1590. 

CAYAS, petite monnaie de cuivre quia 
cours dans les Indes. 

CEMENTATION, est l'opération chimique 

!)ar laquelle on applique a des métaux en- 
érmés dans un creuset un feu tel que ces 
métaux rougissent plus ou moins, mais sans 
entrer aucunement en fusion. Les ouvriers 
qui travaillent l'or et l'argent emploient la 
cémentation pour vérifier la pureté de ces 
métaux ou pour l'obtenir, et c'est là même 
le principal usage de cette opération ; mais 
des observations répétées ont appris Qu'elle 
était insuflisante pour l'un et pour rautre 
oBjet , c'est-à-dire que les céments ordinai- 
res n'enlevaient pas exactement à l'or et à 
Tardent les métaux étrangers qui consti- 
tuaient leur impureté , et qu'ils enlevaient 
une partie du un. On a observé que le sel 
commun, employé aux cémentations répétées 
de l'argent, se chargeait d'une quantité assez 
considérable de ce métal qu'on retirait faci- 
lement-par la fusion. (A.) 

CENDRÉE D'AFFINAGE, que l'on appelle 
aussi coupelle ou casse d'afùnage, est une 
terrine de grès remplie de cendres ordinai- 
rement d'ôs de bœuf ou autres animaux, 
dont on se sert pour faire l'affinage de l'ar- 
gent au plomb. (A.) 

CEPPEAU, en monnayage est le billot dans 
lequel est arrêtée la pile ou matrice d'é- 
cusson, sur laquelle se frappent les mon- 
naies lorsqu'on les fabrique au marteau. (A.| 

CÉSARÉE [Sceau des archevêques latins de) 
pendant les croisades. 

+ B. CESARlENSlS ARCHIEPISC0PU8. DaDS le 

champ l'archevêque debout mitre, tenant 
d'une main un rameau et de l'autre la crosse. 

I^. -f- PETRUS BAPTIZA^S CORNELIUHC. DanS 

le champ la cérémonie du baptême par im- 
mersion. Sceau de plomb, de forme ronde, 
dans Prali, Codice dtplomaticoy tom. I, plan- 
che r% n* 1. 

CHAISE, monnaie d'or que Philippe le 
Bel fit fabriquera vingt-deux carats, du poids 
de cinq deniers douze grains trébuchants, et 
qui eut cours pour trente sous. Cette espèce 
eut aussi le nom de masse et de royaux durs : 
elle fut appelée chaise, parce que le roi j 
paraissait assis dans uuq chaise ; et masHt 
de ce qu'il tenait une masse de la main 
droite. Les successeurs de Philippe le Bel 
firent aussi faire des chaises d'or ; celles de 
Philippe de Valois étaient d'or fin et pesaient 
trois deniers seize grains. Les premières que 
Charles VI fit faire pesaient quatre deniers 
dix-huit grains, et étaient pareillement d'or 
fin. Il en fit frapper d'autres qui n'étaient 
qu'à vingt-deux carats un quart. Sous Char- 
les VII, elles furent d'un moindre ï)oids et 
d'un moindre titre; elles n'étaient qu'à seize 
carats, et du poids de deux deniers vingt- 
neuf grains un quart. Voyez au mot Franck 



(I) Le Blanc, p. '2GI. 



161 



CUÂ 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



CHA 



t62 



ce qui est dit de cette espèce sous les règnes 
de ces nrincos* fA») 

CHALONS^DR-M ARNE (Monnaies des évi- 
aues de). Notice par Duby, Monnaies des pré- 
lats et des barons^ t. I, p. 26. 

Chalons-sur-Mahne , Catalaunum y belle 
ville en Champagne» a eu ses propres comtes» 
qui ont cédé leurs droits aux évèques qui 
sont aujourd'hui comtes et pairs de France. 

Le siège épiscopal a été établi dans le ly* 
siècle» et saint Mémie est le premier évèque 
qui Tait occupé. 

L'évècbé de CbÂlons est suffragant de 
Reims. 

N* 1. PBILIPPYS REX (I). 

i). EOGBRCS BPC (episcopus) ^ denier de bil- 
Ion à cinq ou six deniers de loi» qui pèse 
dix-huit grains; il a été fabriqué par Ro- 

{;er II» guarante-qualrième évéoue de ChA* 
ons» qui avait assisté au sacre de Philippe V\ 
Tan 1060. Il avait obtenu du roi le droit ou 
la couGrmation du droit de battre monnaie 
sur laquelle il faisait mettre d'un côté la tête 
du roi, ou par reconnaissance» ou peut- être 
parce qu'il y était obligé par la concession; 
de Tautre côté de ce denier est la tête de l'é- 
Téque couverte d'une mitre ouverte par le 
devant et non par les côtés » comme a pré- 
sent. 

La couronne que le roi porte est un cercle 
ou diadème chargé de trois croix; Louis le 
Gros en porta une semblable. 

Voy. Leblanc, pag. 158; Ducange» Martène» 
Durand, Marlot. (Cabinet de M. de Boullon- 
gne.) 

Le P. du Molinct en donne une semblable 
tirée du cabinet de Sainte-Geneviève. 

N* 2. GAVFRiDVs EPiscopus« Daus le champ 

PAX. 

q. cATALAVNi GiviTAS (ville de Châlons), de- 
nier de billon. (Même cabinet et M. de Boze.) 

Je ne sais à quel Gaufriii cette pièce a^j- 
partienl ; il y a eu trois évoques de Châlons- 
sur-Marne de ce nom : Gaufiid 1"» depuis 
1131 jusqu'en 1142; Gaufrid de Grand-Pré» 
depuis 1237 jusou'en i2Vl; et Gaufrid Flo- 
reau, depuis H5à jusqu'en 1503. 

Yoy. le Gallia Ckrisliana* 

CHANGE, est le prix ou le droit que l'on 
donne eu changeant des monnaies contre 
d*autres monnaies. Cette sorte de change se 
nomme communément change menu^ et quel- 
quefois change pur^ change naturel^ change 
commun ou change manuel : c'est le dernier 
qui a été le premier en usage. Ceux qui 
exercent ce négoce sont appelés changeurs. 
Le change est une flxation de la valeur ac- 
tuelle et momentanée des monnaies. C'est 
l'abondance et la rareté relative des mon- 
naies des divers nays qui forment ce que 
l'on appelle le change. L'argent » comme 
métal, a une valeur couime toutes les autres 
marchandises ; il a encore une valeur qui 
vient de ce qu'il est capable de devenir le 
signe des autres marchandises; et s'il n'était 

au'une simple marchandise, il ne faut pas 
outer qu'il ne perdit beaucoup de soa prix. 

(1) Duby, planche VlIl.nM. 



L'argent, comme monnaie» a une valeur que 
le prince peut fixer dans quelques rapports» 
et qu'il ne saurait fixer dans d'autres. l"Le 
prince établit une proportion entre une quan- 
tité d'argent comme métal, et la même-quan- 
tité comme monnaie; 2* il fixe celle qui est 
entre divers métaux employés à la monnaie; 
3* il établit le poids et le titre de chaque 
pièce de monnaie ; 4' enfm, il donne à cha- 
que pièce une valeur idéale. 

Pour bien entendre ceci » il faut se rap- 
peler qu'il y a des monnaies réelles et des 
monnaies idéales. Les peuples policés qui se 
servent presque tous des monnaies idéales» 
ne le font que parce qu'ils ont converti leurs 
monnaies réelles en idéales. D abord leurs 
monnaies réelles sont un certain poids et un 
certain titre de quelque métal ; mais bientôt 
la mauvaise foi ou le besoin font qu'on re- 
tranche une partie du métal de chaaue pièce 
de monnaie à laquelle ou laisse le même 
nom : par exemple» d'une pièce dû poids 
d'une livre d'argent on retranche la moitié 
de l'argent et on continue de l'appeler livre; 
la pièce qui était une vingtième partie de la 
livre d'arêent» on continue de l'appeler sou» 

Suûiqu'elle ne soit plus la vingtième partie 
e cette livre. Pour lors la livre est une livre 
idéale» et le sou un sou idéal ; ainsi des au- 
tres subdivisions : et cela peut aller au point 
que ce qu'on appellera livre ne sera plus 
qu'une très-petite portion de la livre, ce qui 
la rendra encore plus idéale ; il peut même 
arriver que Ton ne fera plus de pièce de 
monnaie qui vaille précisément une livre» 
et qu'on ne fera pas de pièce qui va Ile un 
sou ; pour lors la livre et le sou seront des 
monnaies purement idéales. On donnera à 
chaque pièce de monnaie la dénomination 
d'autant de livres et d'autant de sous que 
Ton voudra : la variation pourra être conti- 
nuelle» parce qu'il est aussi aisé de donner 
un autre nom à une chose, qu*il est difTicile 
de changer la chose même. J'appelle » dit 
Montesquieu» la valeur de la monnaie dans 
ces quatre rapports valeur positive y parce 
qu'elle peut être fixée par une loi. Les mon- 
naies de chaque Ktat ont de plus une valeur 
relative dans le sens qu'on les compare avee 
les monnaies des autres pays ; c est cette 
valeur relative que le change établit ; elle 
dépend beaucoup de la valeur positive. Elle 
est fixée par l'estime la plus générale des 
négociants , et ne peut 1 être par l'ordon- 
nance du prince, parce qu'elle varie sans 
cesse et dépend dH mille circonstances. Pour 
fixer la valeur relative, les diverses nations 
se régleront beaucoup sur celle qui a le plus 
d'argent : si elle a autant d'argent que toutes 
les autres ensemble, il faudra bien que cha- 
* cun aille se mesurer avec elle, ce qui fera 
qu'elles se régleront à peu près entre elles, 
comme eiles se sont mesurées avec la nation 
principale. Dans l'état actuel de l'univers 
c'est la Hollande qui est cette nation dont 
nous parlons. Examinons le change par rap- 
port à elle. 

Il y a en Hollande une monnaie qu'on ap- 
pelle un florin; ce florin vaut vingt sous, ou 



tes 



CHA 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



CIIA 



lei 



quarante demi-sous ou gros. Pour simplifier 
Ivs idées, imaginons qu'il n'y ait point do 
florins en Hollande et qu'il n'y ait gue des 
gros ; un bomme qui aura mille florins aura 
quarante mille gros : ainsi du reste. Or le 
change arec la Hollande consiste à savoir 
combien vaudra de gros chaque pièce de 
monnaie des autres pays; et comme Ton 
compte ordinairement en France par écu de 
trois livres, le change demandera combien 
un écu de trois livres vaudra de gros. Si le 
change est à cinquante-quatre, l'écude trois 
livres vaudra cinquante-quatre gros ; s*il est 
à soixante, il vaudra soixante gros ; si l'ar- 
gent est rare en France, l'écu de trois livres 
vaudra plus de gros ; s*il est en abondance 
il vaudra moins do gros. Cette rareté ou 
cette abondance, d'où résulte la mutation 
du changp, n'est pas la rareté ou l'abon- 
dance réelle : c'est une rareté ou une abon- 
dance relative. Par exemple, quand la France 
a plus besoin d'avoir des fonds en Hollande 
que les Hollandais n'ont besoin d*en avoir 
en France, l'argent est appelé commun en 
France et rare en Hollande, et vice vcrsâ. 
Supposons que le change avec la Hollande 
soit à cinquanle-qualre : si la France et la 
Hollande ne composaient qu'une ville, on 
ferait comme l'on fait quand on donne la 
monnaie d'un écu : le Français tirerait de 
sa poche trois livres, et le Hollandais tire- 
rait delà sienne cinquante-quatre gros; mais 
comme il y a de la distance entre Paris et 
Amsterdam, il faut que celui qui me donne 
pour mon écu de trois livres cinquante-qua- 
tre gros qu'il a en Hollande, me donne une 
lettre de change de cinquante-quatre gros 
sur la Hollande : il n'est plus ici question 
de cinquante-quatre gros, mais d'une lettre 
de change decinquante-quaire gros : ainsi, 
pour juger de la rareté ou de l'abondance 
de l'argent, il faut savoir s'il y a en Franco 
plus de lettres de cinquante-quatre gros 
destinées pour la France, qu'il n'y a d'écus 
destinés pour la Hollande. S'il y a beau- 
coup de lettres offertes par les Hollandais 
et peu d'écus offerts par les Français, l'ar- 
gent est rare en France, et commun en 
Hollandô, et il faut que le change hausse, et 
que pour mon écu on me donne plus de cin- 
quante-quatre gros ; autrement je ne le don- 
nerai pas, et vice versa. 

On voit que les diverses opérations do 
change forment un compte de recelte et do 
dépense qu'il faut toujours solder, et qu'un 
particulier qui doit ne s'acquitte pas plus 
avec les autres par le change, qu'un particu- 
lier ne paie une dette en changeant de l'ar- 
Sent. Je suppose qu'il n'y ait que troi^ Etats 
ans le monde, la France, l'Espagne et la 
Hollande ; que divers particuliers d'Espagne 
dussent en France la valeur de cent mille 
marcs d'argent, et que divers particuliers de 
France dussent en Espagne cent dix mille 
marcs, et que qiielquc circonstance fit que 
chacun en Espagne et en France voulût tout 
à coup retirer son argent : que feraient les 
opérations du change ? Elles acquitteraient 
réciproquement ces deux nations de la 



somme de cent mille marcs, mais la Franco 
devrait toujours dix mille marcs en Espagne 
et les Espagnols auraient toujours des lettres 
sur la France pour dix mille marcs; ia 
France n'en aurait point du tout sur Tes- 
pagne. Que si la Hollande était dans un cas 
contraire avec la France, et que pour solde 
elle lui dût dix mille marcs, la France pour- 
rait payer l'Espagne de deux manières, 
ou en donnant à ses créanciers en Espagne 
des lettres sur les débiteurs de Hollande 
pour dix mille marcs« ou bien en envoyant 
en Espagne dix mille marcs d'argent en 
espèces. 

Il suit de là que quand un État a besoin de 
remettre une somme d'argent dans un autre 
pays, il est indifférent par la nature de la 
chose que l'on y voiture de l'argent , ou que 
l'on prenne des lettres de change : Tavantage 
decesdeux manièresdepayerdépend unique- 
ment des circonstances actuelles. Il faudra 
voir ce oui dans ce moment donnera plus de 
gros en Hollande, ou l'argent porté en espè- 
ces, ou une lettre sur la Hollande de pareille 
somme, les fraisdeia voiture etde l'assurance 
déduits. Lorsque même titre et même poids 
d'argent en France rendent même poids et 
môme titre d'argent en Hollande, on dit 
que le change est au pair. Dans l'état ac- 
tuel des monnaies, le pair est assez ordinaire- 
ment h peu près à cinquaule-qualre gros 
par écu. Lorsque le change sera au-des- 
sus de cinquante-quatre gros, on dira qu'il 
est haut; lorsqu'il sera au-dessous, on dira 
qu'il est bas. Pour savoir si, dans une cer- 
taine situation du change, l'Etat gagne ou 
perd, il faut le considérer comme débiteur, 
comme créancier; comme vendeur, comme 
acheteur. Lorsque le change est plus basque 
le pair, il perd comme débiteur, il gagne 
comme créancier, il perd comme acheteur, 
et il gagne comme vendeur. On sent bien 
qu'il perd comme débiteur : par exemple, 
la France devant à la Hollande un certain 
nombre de gros, moins son écu vaudra de 
gros, plus il y faudra d'écus pour payer; au 
contraire, si la France est créancière d'un 
certain nombre de gros, moins chaque écu 
vaudra de gros, plus elle recevra d'écus: 
l'Etat perd encore comme acheteur, car il faut 
toujours le même nombre de gros pour ache- 
ter la même quantité de marchandises, et 
lorsque le change baisse, chaque écu de 
France donne moins de gros ; par la même 
raison l'Etat gagne coramo vendeur : je vends 
ma marchandise en Hollande le môme nom- 
bre de gros que je la vendais; j'aurai donc 
plus d'écus en France, lorsuu'avec cinquante 
gros je me procurerai un écu, que lorsqu'il 
m'en faudra cinquante-quatre pour avoir ce 
même écu : le contraire de tout ceci arrivera 
h l'autre Etat, si la Hollande doit un certain 
nombre d'écus, elle gagnera, et si on les lui 
doit, elle perdra ; si elle vend, elle perdra ; 
si elle achète, elle gagnera. 

Lorsque le change est au-dessous du pair» 
par exemple, s'il est à cinquante au lieti 
d'être à cinquante-quatre, il devrait arriyt^r 
que la France, envoyant par le change cin- 



les 



cnA 



DlCTICfNNAlRE DE NUMIS5UTIQUS. 



CHA 



ICG 



quante-quatre mille écusen Hollande, n'achè- 
terait de marchandise que pour cinquante 
mille écus;etque d'un autre côté la Hollande, 
envoyant la valeur de cinquante mille écus 
en France, en achèterait pour cinquaute- 
quatre mille, ce qui ferait une différence de 
nuit cinquante-quatrièmes , c'est-à-dire de 
plus d'un septième de perte pour la France, 
de sorte qu'il faudrait envoyer en Hollande 
on septième de plus en argent ou en mar- 
chandises qu'on ne faisait lorsque le change 
était au pair, et le mal augmentant toujours, 
parce qu une pareille dette ferait encore di- 
minuer le change, la France serait à la (in 
ruinée. 11 semble que cela devrait être, et 
cela n'est pas, parce que les Etats tendent 
toujours à se mettre dans la balance, et à se 
procurer leur libération; ainsi ils n'emprun- 
tent qu'à proportion de ce qu'ils peuvent 
pa.yer, et n'achètent qu'à mesure qu'ils ven- 
dent; et en prenant l'exemple ci- dessus, si 
le change tombe en France de cinquante- 
quatre à cinquaute, le Hollandais qui ache- 
tait des marchandises de France pour mille 
écos, et qui les payait cinquaute-quatre 
mille gros, ne les payerait plus que cin- 
quaute mille si le Français voulait y consen- 
tir ; mais la marchandise de France haussera 
insensiblement, le profit se partagera entre 
le Français et le Hollandais : car lorsqu'un 
négociant peut gagner, il partage aisément 
son profit; il se fera donc une communica- 
tion de profit entre le Français et le Hollan- 
dais ; de la même manière, le Français qui 
achetait d^s marchandises de Uollantie pour 
cinquante-quatre mille gros et qui les pavait 
avec miLle écus lorsque le chang^^ était 
è cinquante-quatre, serait obli|<;é d'ajouter 
un septième do plus en écus de France pour 
acheter les mêmes marchandises : mais le 
niarcliand , qui sentira la perte qu'il ferait , 
voudra donner moins de la marchandise de 
Hollande; il se fera donc une communica- 
tion de perte entre le marchand français et 
le marchand boUandais : l'Ftat se mettra in- 
sensiblement dans la balance, et l'abaisse- 
ment du change n'aura pas tous les inconvé- 
nients qu'on devait craindre. 

Lorsque le change est plus bas que le pair, 
un négociant peut, sans diminuer sa fortune, 
remettre ses fonds dans les pays étrangers, 
parce qu'en les faisant revenir, il regagne ce 
qu'il y a perdu ; mais un prince qui n'en- 
voie dans les pays étrangers qu'un argent 
qui ne doit jamais revenir, perd toujours. 
Lorsque les négociants font beaucoup d'af- 
faires dans un pays, le change y hausse in- 
failliblement ; cela vient de ce qu'on y prend 
beaucoup d'engagements, et qu'on y achète 
beaucoup de marchandises, et l'on tire sur 
Je pavs étranger pour les payer. Si un prince 
iait cfe grands amas d'argent dans son Etat, 
l'argent y pourra être rare réellement et 
commun relativement : par exemple, si dans 
le même temps cet Etat avait à payer beau- 
coup de marcnandises d^ns le pays étranger, 
le change baisserait , quoique l'argent fût 
rare. 

Le change de toutes les placer tend tou- 



jours à se mettre à une certaine proportion, 
et cela est dans la nature de la chose même. 
Si le change de l'Irlande à l'Angleterre est 

Elus bas que le pair , celui de l'Irlande à la 
iollande sera encore plus bas, c'est-à-dire, 
en raison composée de celui de l'Irlande à 
l'Angleterre, et de celui de l'Angleterre à la 
Hollande ; car un Hollandais, qui peut faire 
venir ses fonds indirectement d'Irlande par 
l'Angleterre, ne voudra pas payer plus cuer 
pour les faire venir directement. Quoique 
cela dût être ainsi, cela n'est pourtant pas 
exactement : il y a toujours des circonstan- 
ces qui font varier ces choses, et la différence 
du profit qu'il y a à tirer par une place, ou 
à tirer par une autre, fait l'habileté particu- 
lière des banquiers. Lorsqu'un Etat hausse 
sa monnaie, par exemple lorsqu'il appelle 
six livres, oudeux écus, ce qu'il n appelait que 
troislivresouunécu, cet tedénomination nou- 
velle, qui n'ajoute rien de réel à Técu, ne doit 
pas procurer un seul gros de plus par le 
change ; on ne devrait avoir pour les deux 
écus nouveaux que la même quantité de gros 
que Ton recevait pour l'ancien ; et si cela 
n'est pas, ce n^est point W ffet de la fixation 
en elle-même , mais de celui qu'elle produit 
comme nouvelle, et de celui qu'elle a comme 
subite. Le change tient à des affaires com- 
mencées, et ne se met en règle qu'après un 
certain temps. Lorsqu'un £(at, au lieu do 
hausser simplement sa monnaie par une loi, 
fait une nouvelle refonte, aiiudc faire d'unu 
forte une monnaie plus faible, il arrive que, 
pendant le temps de l'opération, il y a doux 
sortes de monnaie, la forte qui est la vieille, 
et la faible qui est la nouvelle ; et comme la 
monnaieforteestdécriéeetuesereçoitqu'àla 
monnaie, et que par conséquent les lettres 
de change doivent se payer en espèces 
nouvelles, il semble que le change devrait 
se régler sur l'espèce nouvelle : si , par 
exemple, l'affaiblissement eu France était de 
moitié, et que l'ancien écu de trois livres 
donnât soixante gros en Hollande, le nouvel 
écu ne devrait donner que trente gros : 
o'un autre côté, il semble que le change de- 
vrait se régler sur la valeur de l'espèce réelle, 
parce que le ban(]uier qui a de l'argent ec 
qui prend des lettres tsi obligé d'aller por- 
ter à la monnaie des espèces vieilles pour en 
avoir de nouvelles , sur lesquelles il perd. 
Le change se mettra donc entre la valeur de 
l'espèce nouvelle et celle de l'espèce vieille : 
la valeur de l'espèce vieille tombe , pour 
ainsi dire, et parce qu'il y a déjà dans le 
commerce de l'espèce nouvelle, et parce que 
le banquier ne peut pas tenir rigueur, ayant 
intérêt de faire sortir promptement l'argent 
vieux de sa caisse pour le faire travailler, et 
y étant même forcé pour faire ses payements. 
D'un autre côté, la valeur de respèce nou- 
velle s'élève, pour ainsi dire, parce que le 
banquier avec de l'espèce nouvelle se trouve 
dans une circonstance où il peut avec un 
grand avantage s'en procurer de la vieille : 
le change se mettra donc entre l'espèce nou- 
velle et l'espèce vieille ; pour lors les ban- 
quiers ont du profit à faire sortir l'esjièce 



167 



CIIA 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



GHA 



403 



vieille de TEtat , parce qu'ils se procurent 
par là le même arantage que donnerait un 
change réglé sur Tespèce vieille, c'est-à- 
dire beaucoup de çros en Hollande, et qu'ils 
ont un retour en change réglé, entre l'espèce 
nouvelle et l'espèce vieille, c'est-à-dire plus 
bas : ce qui procure beaucoup d'écus en 
France. 

Je suppose que trois livres d'espèces 
vîeillesrendeatparle change actuel quarante- 
cinq gros, et qu en transportant ce môme écu 
en Hollande, on en ait soixante; mais avec 
une leître de quaranle-cinq gros, on se pro- 
curera un écu de trois livres en France, le- 
quel, transporté en espèces vieilles en Hol- 
lande, donnera encore soixante gros; toute 
espèce vieille sortira donc de l'État qui fait 
la refonte, cl le profit en sera pour les ban- 
auiers. Pour remédier à cela, on sera forcé 
ne faire une opération nouvelle. L'Etat qui 
fait la refonte enverra lui-même une grande 
quantité d'espèces vieilles chez la nation qui 
règle le change, et s'y procurant un crédit, il 
fera monter le change au point qu'on aura, 
à peu de choses |)rès, autant de gros par le 
change d'un écu de trois livres qu'on en au- 
rait en faisant sortir un écu de trois livres 
en espèces vieilles hors du pays : je dis à peu 
de chose près, parce que, lorsque le profit 
sera modique; on ne sera point tenté de faire 
sortir l'espèce à cause des frais de la voiture 
et des risques de la confiscation. 

Un exemple donnera une idée plus claire 
de ceci. Le sieur Bernard propose ses lettres 
sur la Hollande, et les donne à un, deux, 
trois gros plus haut que le change actuel; il 
a fait une provision dans les pays étrangers 
par le moyen des espèces vieilles qu'il a fait 
continuellement voiturer; il a donc fait haus- 
ser le change au point que l'on vient de dire : 
cependant, à force de donner de ses lettres, 
il se saisit de toutes les espèces nouvelles, 
et force les autres banquiers, qui ont des 
payements à faire, à porter leurs espèces 
vieilles à la monnaie; et de plus, comme il 
a eu insensiblement tout l'argent, il con- 
traint à leur tour les autres banquiers à lui 
donner des lettres à un change très-haut; le 
profit de la fin l'indemnise en grande partie 
de la perte du commencement. On sent que, 
pendant toute cette opération, l'Etat doit 
souffrir une violente crise : l'argent y devien- 
dra très-rare, 1* parce qu'il faut en décrier la 
plus grande partie; 2* parce qu'il en faudra 
transporter une partie dans les pays étran- 
gers; 3* parce que tout le monde le resser- 
rera, personne ne voulant laisser au prince 
un profit qu'on espère avoir soi-même. 11 est 
dangereux de la faire avec lenteur, il est dan- 
gereux de la faire avec promptitude. Si le gain 
qu'on suppose est immodéré, les inconvé- 
nients augmentent la mesure. 

On a vu ci-dessus que quand le change est 

{>lus bas que ('espèce, il y avait du profit à 
aire sortir l'argent : par la même raison , 
lorsqu'il est plus haut que l'espèce, il y a du 
profit à le faire revenir. Mais il y a un cas 
où l'on trouve du profit à faire sortir Tespèce, 
quoique le change soit au pair, c'est lors- 



qu'on l'envoie dans les pays étrangers, pour 
la faire remarquer ou la fondre. Quand elle 
est revenue, on sait, soit qu'on l'emploie 
dans le pays, soit qu'on prenne des lettres 
pour l'étranger, le profit de la monnaie. S'il 
arrivait c]ue dans un état on fit une compa- 
gnie qui eût un nombre très-considérable 
d'actions, et qu'on eût fait dans quelques 
mois de temps hausser ces actions vingt oa 
vingt-cinq fois au delà de la valeur du pre- 
mier rachat, et que ce même Etat eût établi 
une banque dont les billets dussent faire la 
fonction de monnaie, et que la valeur numé- 
raire de ces billets fût prodigieuse pour ré- 
fondre à la valeur numéraire des actions 
c'est le système de Law), il suivrait de la 
nature de la chose que ses actions et billets 
s'anéantiraient de la même manière qu'ils se 
seraient établis : on n'aurait pu faire roonier 
tout à coup les actions vingt ou vingt-cinq 
fois plus haut que leur première valeur, sans 
donner à beaucoup de gens le moyen de sh 
procurer d'immenses richesses eh papier: 
chacun chercherait à assurer sa fortune, el 
comme le change donne la voie la plus fa- 
cile pour la dénaturer, ou pour la transpor- 
ter ou l'on veut, on remettrait sans cesse une 
partie de ces effets chez la nation qui règle 
le change. Un projet continuel de. remettre 
dans les pays étrangers ferait baisser le 
change. 

Supposons que, du temps du système dans 
le rapport du titre et du poids de la monnaie 
d'argent, le taux du change fût de quarante 

!;ros par écu ; lorsqu'un papier innombrable 
ùt devenu monnaie, on n*aura plus voulu 
donner que trente-neuf gros par écu, en- 
suite que trente-huit, que trente-sept, etc. 
Cela alla si loin que l'on ne donna plus que 
huit gros, et qu enfin il n'y eut plus de 
change ; c'était le change qui devait en ce 
cas régler en France la proportion de l'ar- 
gent avec le papier. Je supnose que par le 
poids et le titre de l'argent Vécu de trois li- 
vres d'argent valût quarante gros, et que, le 
change se faisant en papier, l'écu de trois 
livres en paftier ne vafût que huit gros, la 
différence était de quatre cinquièmes : Técu 
do trois livres en papier valait donc auatre 
cinquièmes de moins que Técu de trois livres 
en argent. (A.) 

CHANGEURS, officiers établis par le roi ou 
autorisés par la cour des moRiiaies, pour re- 
cevoir dans les différentes villes du royaume 
les monnaies anciennes, défectueuses, étran- 

f;ères, hors de cours; en donner à ceui qui 
es leur portent une valeur prescrite en es- 
pèces courantes; envover aux hôtels des 
monnaies les espèces décriées, vaisselles et 
matières d'or et d'argent qu'ils ont reçues; 
s'informer s'il n'y a point de particuHers qui 
en retiennent, les faire saisir sur ces particu- 
liers, veiller dans les endroits où ils sont 
établis à l'état des monnaies circulantes, et 
envoyer aux oflTiciers des monnaies, chacun 
dans leur ressort, les observations qu'ils ont 
occasion de faire sur ces objets : d'oii l'on 
voit que l'état de changeur, pour être bicû 
rempli, demande de la probité, de la vigi- 



169 



CHA 



DICTIONN.URE DE NUMISMATIQUE. 



CHA 



170 



les demi-ceints , et dont on voit encore 
quelques-unes qui ont pour ornement par 
eo bas, une espèce de fleur de trèfle d'argent» 
ou de laiton, suivant la matière du demi- 
ceint. En 1739, la cour des monnaies , 
par arrêt contradictoirement rendu le 29 
avril , entre les maîtres chalnetiers , les 
maîtres et gardes du corps des orfèvres et 
les tireurs a*or, « a fait défenses aux maîtres 
chalnetiers, etc., de faire aucuns ouvrages 
en or et en argent, ni de s'immiscer à faire 
aucuns ouvrages d'orfèvrerie, avec pareilles 
défenses de tirer, ni faire tirer aucun or ni 
argent, tant fin que faux, ni de s'immiscer 
du métier de tireur d'or, le tout à peine de 
confiscation et d'amen<te. » Ce qui occasionna 
ces défenses de la part de la cour des mon- 
naies fut une instance pendante en cette cour 
entre les maîtres chalneiiers, etc., de la ville 
de Paris, les maîtres el gardes du corps des 
orfèvres, et les jurés gardes de la commu- 
nauté des maîtres tireurs d'or de la même 
ville. Les maîtres chalnetiers présentèrent 
reauète à la cour des monnaies le 26 janvier 
1739, tendant à ce qu'il fût ordonne qu'ils 
auraient des poinçons pour marquer les 
prétendus ouvrages d'or et d'argent de leurs 
professions, lesquels poinçons seraient mar- 
qués d^un S pour les distinguer des autres 
corps et communautés qui fabriquent des 

ouvragesd'oretd'argent,etseraientinsculpés 
ainsi que les noms des demandeurs gravés sur 
une planche de cuivre à ce destinée, qui serait 
déposée au greffe de la cour dont serait dressé 
procès-verbal en la manière accoutumée. 

Les maîtres el gardes du corps de l'orfè- 
vrerie demandèrent, par requête des 26 et 3i 
janvier de la même année, et 3 février sui- 
vant, l'exécution des arrêts et règlements 
Goncernani l'orfèvrerie ; en conséquence , 
qu'ils fussent maintenus dans le droit et 
possession de travailler et faire seuls toutes 
sortes d'ouvrages d'or et d'argent ; qu'il fût 
fait défenses aux maîtres chalnetiers, hau- 
bergeoniers, tréfliers, demi-ceintiers, d'en- 
treprendre sur leur profession, et en consé- 
quence de faire aucune chaîne, cachet de 
montre,niautresouvrages,5oitenor, soit en 
argent, à peine de contiscation des ouvrages 
et de telle amende qu'il plairait à la cour, 
et de tous dépens, dommages et intérêts 
sans préjudice à eux de faire leurs ouvrages 
en cuivre, laiton, fer, acier et autres métaux; 
que les maîtres chalnetiers fussent déclarés 
non recevables en leur demande, ou en tous 
cas déboutés, et que les conclusions prises 
parles gardesorfévres leur fussent adjugées. 

Les jurés gardes de la communauté des 
maîtres tireurs, fileurs et batteurs d'or et 
d'argent, tant fin que faux, demandèrent, par 
reauète du 11 avril suivant (1739), à ce 
qu ils fussent reçus partie intervenante dans 
la contestation pendante en la cour entre les 
maîtres et gardes du corps de l'orfèvrerie 
et les maîtres chalnetiers; qu'il leur fût 
donnéactede ceque pour moyen d'interven- 
tion ils emploient le contenu en leur requête ; 
faisant droit sur icelle qu'il fût fait déienses 
aux maîtres chalnetiers et à tous autres 

DiCTiONif. DE Numismatique. 



qu'aux maîtres tireurs d'or à PariSi de faire 
tirer chez eux or et argent, tant fin que faux, 
à peine do contiscation des outils et mar- 
chandises, 500 livres d'amende et de tous 
dépens, dommages et intérêts. Ce fut sur 
cette contestation qu'intervint l'arrêt de la 
cour des monnaies, qui fit les défenses que 
nous avons rapportées ci-dessus; condamna 
les maîtres chalnetiers aux dépens envers 
toutes les parties, et ordonna que l'arrêt 
serait imprimé, lu, publié, affiché et registre 
sur les registres du bureau de l'orfèvrerie, 
et sur ceux des maîtres chalnetiers, etc. (A.) 
CHANGEURS, officiers établis par le roi ou 
autorisés par la cour des monnaies, pour re- 
cevoir dans les différentes villes du royaume 
les monnaies anciennes, défectueuses, étran- 

f;ères, hors de cours , en donner à ceux qui 
es leur portent une valeur prescrite en es-< 
pèces courantes; envoyer aux hôtels des 
monnaies les espèces décriées, vaisselles et 
matières d'or et d^argent qu'ils ont reçues ; 
s'informer s'il n'y a point de particuliers qui 
en retiennent, les faire saisir sur ces particu- 
liers, veiller dans les endroits où ils sont 
établis à l'état des monnaies circulantes, et 
envoyer aux officiers des monnaies, chacun 
dans leur ressort, les observations qu'ils ont 
occasion de faire sur ces objets : aoii l'on 
voit que Tétat de changeur, pour être bien 
rempli, demande de la probité, de la vigi- 
lance, et quelque connaissance des mon- 
naies. Il y a deux sortes de changeurs : les 
uns sont en titre d'office et exercent en vertu 
des provisions qu'ils obtiennent du roi, re- 
gistrées en la cour des monnaies ; les autres 
sont commis par cette cour pour exercer les 
fonctions de changeurs dans les villes où 
elle les juge nécessaires. Les changeurs orit 
de tout temps été soumis à la juridiction 
des conseillers généraux des monnaies, qui 
seuls ont eu le pouvoir de donner lettres et 
permission de faire le change à ceux qu'ils 
trouvaient suffisants et capables pour l'exer- 
cer, connaissant par prévention à tous autres 
juges, soit de leurs apprentissages, maîtrises, 
réceptions, baillies, confréries, débats et con- 
testations qu'ils pouvaient avoir envers les 
maîtres orfèvres de la ville de Patis et autres , 
soit des fautes, malversations et contraven- 
tions aux ordonnances sur le fait des mon- 
naies. 

Cette autorité des généraux des monnaies 
sur les changeurs était anciennement si bien 
établie que personne n'eût osé s'entremettre 
de faire fait de change sans leur permission ; 
cela est prouvé par les articles 2^^ et 25 do 
cette vieille ordonnance en règlement, que 
Ton trouve dans les chartes du Trésor à 
Paris, où il est dit :« Défendons expressé- 
ment à tous changeurs, merciers et mar- 
chands, de tenir et garder dans leur hôtel ou 
ailleurs aucune monnaie des barons, ou 
étrangères, décriées ou défendues, faites ou 
contrefaites, sans être coupées, ni de tenir et 
garder billon d'or et d'argent plus de quinze 
jours, aussitôt qu'ils auront dix marcs d*or, 
ou dix marcs d'argent, de les porter en la 
plus prochaine monnaie, ou les vendre k 



171 



CHÂ 



DICTlOiNNAlRE DE NUMISMATIQUE. 



CIIA 



I7i 



autros pour les v porter, et que nuU quel 
qu'il fût, ne fit fait de change s*il n'avait 
congé et licence des généraux^maitres des 
monnaies, et qu'il ne fût applégié es lieux et 
places accoutumées. » En 1439, Charles Vil, 
par ordonnance donnée au Puy le ik mai, 
portant règlement pour les changeurs, les 
soumet à la juridiction des généraux-maîtres 
des monnaies et des gardes des monnaies, 
c'est-À-dire des gardes en première instance, 
et des géiiéraux-roattres des monnaies en 
dernier ressort. Le troisième article de l'or- 
donnance donnée à Saumur le 19 novembre 
1443, porte que nul ne se doit entremettre 
de faire fait de change sans lettres vérifiées 
par les sénéraux-maltres des monnaies, par^ 
devant lesquels ou leurs commissaires, les 
<;hangeurs étaient obligés de livrer aux mon- 
naies du roi une certaine quantité d*or et 
d'argent par chacun an. En la même année 
HW, révoque de Paris avant fait citer par- 
devant lui les changeurs de cette ville, parce 
qu'ils avaient mis avant, c'est-à-dire étalé et 
<ibangé, à jour defètes, le roi Charles VII^ par 
lettres patentes données à Paris, le 9 mars de 
la môme année, fit défense à l'évéquo et à tous 
autres de prendre aucune cour, juridiction, 
ni connaissance sur les changeurs, etTattri- 
bue à la chambre des monnaies seulement (1). 
Cette juridiction des officiers des mon- 
naies sur les changeurs se prouve encore par 
une quantité de lettres et commissions qui 
se trouvent dans les registres de la cour, et 
notamment par le mandement que ie roi 
Charles V envoya au gouverneur de la Ro- 
cliclle et au baifli de Xaintonge et Angou- 
mois, pour faire publier les ordonnances des 
monnaies; par lettres patentes du 10 août 
1374, par lesquelles ce prince leur manda de 
faire défenses à toute personne de faire fait 
de change sans avoir lettres du roi vérifiées 
par les généraux des monnaies , qu'ils se^ 
raient obligés de prendre, et sans avoir été 
par eux certifiés suflisants et capables; ce 
prince étendit les mêmes défenses et les 
mêmes conditions à ceux des changeurs qui 
demeuraient dans les villes nouvellement 
conquises, de façon qu'il ne suffisait pas à 
ceux qui voulaient exercer ces offices d'avoir 
lettres du roi, il fallait encore que ces lettres 
fussent vérifiées par les généra ux-mattres 
des monnaies, qu*ils fussent e\aminés sur fe 
fait de leur métier par ces oOTicicrs, et qu'ils 
donnassent les cautions portées par leurs 
lettres. Pareilles défenses leur furent renou- 
velées par autres lettres des 11 mars 13S4 et 
3 mai 1385, etc. (2). 

Xe pouvoir d'établir des changeurs dans les 
proTinces et villes du royaume a souvent été 
donoé aux commissaires députés de la cham- 
bre des monnaies; les commissions données 
les 10 août et 17 septembre 1374 à deux gé- 
néraux des monnaies en sont la preuve. Ces 
Commissions leur donnent un plein pouvoir 
rétablir des changeurs, d'en donner leurs 
lettres avec l'autorité de destituer ceux qu'ils 
trouveraient n'éire pas profitables au roi et à 

(1) Registre de la cour, fol. 55. 
(î) Reg. velu, fol. 5i>. 



la chose publique de son royaume f promHtnnt 
Sa Majesté de confirmer les lettres qui se- 
raient baillées parles commissaires des mon- 
naies, toutes les fois qu'il en serait néces- 
saire. Charles VI donna pareille commission 
aux généraux-maîtres des monnaies, ou h 
celui d'entre eux qu'ils députeraient dans les 
provinces V et nommément dans le duché de 
Normandie, par lettres expresses données à 
Paris le 25 novembre 138&, par lesquelles le 
roi leur donne plein pouvoir de défendre 
tout fait de change à tous ceux qui se se- 
raient entremis de changer sans avoir leurs 
lettres, leur donnant en outre tout pouvoir 
de faire leur procès et de les punir suivant 
que le cas le requerrait (1]. Charles VII, par 
lettres patentes données a Naples le 10 mai 
1H5, envoya commission aux généraux des 
monnaies pour députer d'entre eux h la lia 
de se transporter dans tout le royaume pour 
informer contre tous changeurs qui auraient 
fait fait de cliange sans lettres au roi véri- 
fiées par la chambre des monnaies. Louis XU 
manda pareillement aux généraux des' mon- 
naies, par lettres données à filois le 23 jan- 
vier 1505, de députer quelqu'un d*entre eut 
en Guyenne, pour faire le procès aux chan- 
geurs et officiers des monnaies qui auraient 
maiversé dans leurs charges (2). Mêmes let- 
tres, en date du 17 août 1504, leur furent en- 
Tovées^ tant pour les changeurs de Paris 
qu autres du royaume. François I", par let- 
tres patentes données à Lyon le 1" juin 1522, 
leur envoya pareille commission (3). En 
U21, Charles VI , par lettres patentes du U 
novembre, commit les généraux-mattres des 
monnaies pour recevoir changeurs en la ville 
et cité de Paris» tous ceux qui, en consé- 
quence d'une bonne et valable information, 
se trouveraient avoir été apprentis sur le 
Pont-au-Change, l'espace de trois ans, ainsi 
qu'il se pratiquait anciennement, et qui se- 
raient par eux trouvés habiles et sudisanls 
pour faire et exercer le fait de change; les 
généraux devaient prendre le serment de ces 
apprentiS) recevoir les cautions, et leur faire 
payer les redevances accoutumées : le roi 
promet par les mêmes lettres d'agréer et de 
confirmer tout ce que les généraux feraient 
en exécution de ces lettres et mantlements, 
en conséquLMice desquels, le 12 septembre 
1422, les changeurs firent leur élection, et 
ceux qui y furent élus maîtres prêtèrent ser- 
ment en la chambre des monnaies. 

Lorsqu'il y avait quelque augmentation 
ou dimmution du prix du marc d or et d'ar- 
gent, ou quelque pied nouveau de monnaie, 
les changeurs de Paris étaient mandés ordi- 
nairement en la chambre des monnaies. Ils 
le furent ainsi le 26 octobre lîll. £n ce jour, 
les généraux des monnaies leur firent part 
de T'ordonnance pour la monnaie trente- 
deuxième, et du prix qu'ils devaient avoir 
du marc d'argent qu'ils apporteraient eo 1a 
monnaie de Paris : cela se pratiquait i)ar 

(1) Rcg. velu, fol. 59. 

(^) Reg. F. fui. 1G5 el 1G9. 

(3) Uey. Il, fol. 19J. 



175 



GHA 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



CHA 



174 



généraux des monnaies, h chaque routaliony 
augmentation ou 'diminution du marc d*or 
el aargenl,.qui se faisait dans les monnaies ; 
la môme chose était en usage dans les pro- 
▼ioces el Tilles où résidaient des changours, 
par-deTant les eommissaires députés de la 
chambre des monnaies, par les gardes des 
monnaies, ou autreé officiers subdélégués par 
lesgénéraux pour y procé<\eren leur absence. 

& ik39f deux généraux-maîtres des mon- 
naies, qui étaient députés en la viUe de Tou* 
louse, y firent un règlement (lour le fait de 
change, en conséquence de rordonnance 
rendue par Charles Vil le h mai de la même 
année; ils mandèrent les changeurs de cette 
\ille dans le bureau de la monnaie le 20 no« 
vembie, et le règlement leur fut prononcé 
par ces conseillers généraux. Cette même 
juridiction privative fut confirmée à la cour 
des monnaies par lettres patentes données à 
Fontainebleau le 3 mars 1551; parédit'du 
mois de mars suivant ; par arrêt du conseil 
en forme de déclaration en date du 5 sep- 
tembre 1555; par autre édit coofirmatif de la 
souTevinelé, ^ùùné à Paris au mois de sep- 
tembre 1570; par édit de Louis Xlll, donné 
à Château-Thierry au mois de juin 1635; par 
autre édit portant confirmation de tous les 
précédents, et attribution des pouvoirs et ju- 
ridiction accordés par Sa Majesté aux- ofli* 
ciers de la cour des monnaies, donné h Saint- 
Gcrmtiin en décembre 1638. 

Les changeurs ont été créés en titre d'of- 
fice par Tarticle 1*' de Tédit du moisd*août 
155o, qui porte : « Par l'avis de notre con- 
seil, avons les étals de changeurs créés et 
érigés, créons et érigeons par ces présentes 
en titre d'office formé pour y être par nous 
pourvu ci-après de personnes capables et 
qualifiées, en telles villes de notre royaume, 
pays, terres et seigneuries, et en tel nombre 
limité par chacune ville (excepté Lyon), que 
par nous sera ordonné, après avoir sur ce 
préalablement eul'avisde notre courdes mon- 
naies, en laquelle voulons toutes les provi- 
sions desdits oilicei que nous en ferons 
expédier ci-après être vérifiées et enregis- 
trées, et les impétrans d'icelles être reçus 
esdits offices s'ils en sont trouvés dignes et 
capables, en faisant par eux le serment poul* 
ce dû et accoutumé par-devant ladite cour 
des monnaies (1). » Cet édit n'ayant point 
eu d'exécution, le roi Charles IX, par édit 
en forme de déclaration, donné à Monceaux 
le 10 juillet 1571, ordonna que Tédit rapporté 
ci-dessus du mois d'août 1555, pour la créa- 
tion des changeurs en titre d'office, serait 
incessamment exécuté; en conséquence du- 

Siel, le roi, par lettres patentes données à 
ois le 10 septembre 1571, et registrées eu 
la cour le 16 octobre suivant, ordonna sur 
la réduction des changeurs (2). Henri III , 
par autre édit donné à Paris au mois de 
mai 1580, confirma les précédents édits, et 
ordonna que le nombre des changeurs se- 

Sl) Reg. Ue la cour marqué M, fol. 56, conf. fol. 
(i) Ordonnaoce de Fontanon, fol. 554 el 555. 



rait fixé et limité en chacune ville de son 
royaume (1) : « Savoir est, en notre bonne ville 
de Paris jusques au nombre de vingt-ofuatre, 
qui seront chargés de fait fort chacun vieeux 
pour qutftre marcs d'or et quarante marcs 
d'argent par chacun an. En nos villes de 
Rouen, Toulouse, Lyon, pour chacune ville 
douze changeurs, chargé aussi chacun d'iceux 
pour le fait fort, de quatre marcs d'or et 
de trente marcs d'argent. En nos villes de 
Troyes, Dijon, Reims, Amiens, Caen, Or- 
léans, Tours, Angers, Rennes, Nantes, la 
Rochelle, Bordeaux, Limoges, Montpellier, 
Marseille, Aix, Grenoble, et le Puy en Velay, 
sera rois en chacune d'icelles Je nombre de 
six changeurs, chargés chacun d'iceux pour 
le fait fort de trois marcs d'or et de vingt 
marcs d'argent, et es autres bonnes villes oh 
il V a sièges de nos baillifs, sénéchaux ou 
sièges présidiaux, siège d'archevêque ou 
évêque, sera mis en chacune d'icelles quatre 
changeurs, chargés chacun d'iceux pour le 
fait fort de deux marcs d'or et vingt d'argent, 
et en chacune des autres villes closes et gros 
boui^ esquelsil v a marchés fameux et ordi- 
naires, sera mis neux changeurs, au fait fort 
pour chacun de deux marcs d'or et dix marcs 
d'argent. » (A.) 

CHAODRY, monnaie d*arçent qu'on nomme 
aussi «atn, et que Ton fabrique a TefÔis, ca- 
pitale de Géorgie. Le chaourv revient envi- 
ron à 5 sous 6 deniers de France : quatre 
chaourys valent un abagy ; deux chaourys 
sont de la même valeur qu'un nsalton ; dix 
carbequis ou aspres de cuivre font un 
chaoury, et dix chaourys et demi valent 
autant que la piastre. (A.) 

CHAPITRES (Sceaux des). Yoy. Sceaux, 
n* 13. 

CHARTRES (Monnaie des évéques de). 
Nous aurions voulu faire connaître ici au 
long les recherches de M. Cartier, sur le type 
chartrain; mais l'étendue que prendraient 
nécessairement des extraits de ce travail 
nous force à renvoyer à l'analyse que Le- 
lewell en a donnée, en confirmant de sa 
propre expérience les observations du savant 
numismatiste français. Voy. dans le Dic- 
tionnaire l'article France, n"*^ 72 et 83. 

CHAT. On appelle de ce nom , dans les 
hôtels des monnaies, tout accident qui fait 
couler le métal fondu hors du creuset, ce qui 
arrive le plus souvent par le bris du creuset. 

CHATEAC-LANDON (Du droit de mon- 
naie des abbés de). Notice par Duby, Monnaies 
des Barons^ t. II, p. ikO. 

Chateau-Lahdon, Casirum Landonis ou 
Nandonis, petite ville dans le Gâtinais fran- 
çais, au diocèse de Sens, avec une ancienne 
église bAtie dans le vi' siècle sur le tombeau de 
saint Séverin,etdontles prêtres embrassèrent, 
dans le xn' siècle, la règle de saint Augustin. 
Bernard fut leur premier abbé vers l'an 11^. 

Le Blanc a fait graver, dans son Traité des 
Monnaies de France, à l'article de Louis VI 
et Loois VII, une monnaie frappée à Châ- 
teau-Landon, et sur laquelle on remarque 

(t) Edit de 1580, an. I. 



173 



CHE 



DlCTlOiNNAlRË DE NUMISMATIQUE. 



CHE 



i76 



uae crosse. Je présume qu*elle est de quel- 
que abbé, et qu'elle aura élé frappée du COQ- 
sentemeat du roi, et squs la condition d'y 
mettre son nom, comme on en voit plusieurs 
exemples. Cela est d'autant plus vraisem- 
blable que Louis le Jeune, ainsi aue Philippe* 
Auguste et les papes, ont fait beaucoup de 
largesses à l'abbaye de Chftteau-Landou. 
You. le GalliaChristiana, 

CHAUDE, terme de monnayage : on dit 
battre la chaude pour dire battre les lingots 
d'or sur l'enclume à coups de marteau ajprès 
qu'on les a tirés du moule, avant d'en laire 
Id délivrance aux ajusteurs et monnayeurs. 
En terme d'orfèvrerie, on dit donner une 
chaude à la besogne, pour dire, mettre le 
métal au feu chaque lois qu'on veut le tra- 
vailler sur l'enclume. (A.) 

CHAUDEKET, terme de batteur d'or. C'est 
un livre fait de boyaux de Ixcuf, contenant 
850 feuilles, non comprisua cent d'emplures. 
Le chaudcret, ainsi que le caucher et la 
moule, est parta;:é en deux; chaque partie 
a cinquante emplures, vingt-cinq dessus et 
vingt-cinq dessous. Les deux premières^ de 
()uclque côté qu'elles se trouvent, sont tou- 
jours plus fortes que les autres. Cette divi- 
sion en deux parties égales se fait afin que, 
quand on a battu d'un côté, on puisse re- 
tourner l'instrument de Tautre. Le chauderet 
commence à donner la perfection, et la moule 
achève. (A.) 

CHAYE, ScHAi^ ou CuAY, monnaie d'argent 
qui se fabrique et qui acoursenl^erse : cest 
la plus petite monnaie de ce royaume. 
Quelques-uns prétendent que c'est le bisty, 

Îui vaut, selon eux, 1 sou 6 deniers de 
rancc^ quoiqu'il soit presque certain que 
le bisty irest qu'une monnaie de compte et 
non une espèce réelle. Le chayé vaut k sous 
7 deniers une maille, monnaie de France; il 
faut deux chayés pour un mamoudi, quatre 
pour un abassy, et deux cents pour le toman, 
monnaie de compte qui vaut cinquante 
abassis. Le chayé a pour empreinte d'un 
côté la profession de loi mahoméiane et le 
nom des douze imans, ou saints de la secte 
d'Ali : de l'autre côté sent les noms du prince 
régnant, de la ville et de la monnaie où 
l'espèce a été fabriquée. (A.) 

CHËDA, monnaie d'étain. Cette monnaie 
86 fabrique et a cours dans le royaume de 
même nom, situé dans les Indes orientales, 
dans le voisinage des Etats du grand Mogol. 
11 y a deux sortes de cheda, Tuu de figure 
octogone, l'autre de Qgure ronde. L'octogone 
pèse une once et demie, et a cours dans le 
pays pour 2 sous| deniers tournois, monnaie 
de France; le cneda rond vaut 7 deniers. 
On donne quatre-vingts coris ou coquilles 
des Maldives pour un de ces chedas; les uns 
et les autres sont aussi reçus dans le 
royaume de Péra, où le roi de Lheda est pa-^ 
reillement souverain. (A.) 

CHEF-D'ŒUVRE, est un ouvrage ou ex- 
périence particulière que ceux qui aspirent 
a la maîtrise de certains états ou professions, 
sont obligés de faire en présence des maîtres 
et gardes des corps des marchands ou des 



jurés des communautés, dans lesquelles ils 
veulent se faire recevoir en qualité de mar- 
chands ou de maîtres, ou des autres officiers 
préposés à cet effet. 

Dans le corps de l'orfèvrerie, la nécessité 
du chef-d'œuvre est tirée des ordonnances et 
règlements: l'édit de 1355 et l'ordonnance 
de 1378 ordonnent qu'un aspirant ne puisse 
lever forge qu'il ne soit préalablement ap- 
prouvé et témoigné suffisant par les gardes; 
c'était principalement par cette épreuve 
qu'ils se mettaient en état de le certifier 
capable. L'arrêt de 1439 veut que les aspi- 
rants sathent faire un chef-d*muvre, François 
V% dans l'édit du mois de septembre 15i3, 
parle aussi de cette expérience comme de 
l'épreuve nécessaire pour juger de la suffi- 
sance des sujets oui aspirent à la maîtrise 
dans le corps de l'orfèvrerie. Henri II, en 
1555, ordonne que les no? gardes feront faire 
chef-d'œuvre aux aspirants. Le règlement 
général du 30 décembre 1679 porte que le 
chef-d^ctuvre sera donné par les gardes aua 
aspirants^ et quHls le feront en leur présence. 
Ce chef-d*œuvre consiste à fajre un ouvrage 
d'or ou d'argent «n la forme, manière et 
disposition prescrite par les maîtres et gar- 
des en charge, non-seulement en leur pré- 
sence, mais encore dans la maison commuae 
où de tous temps il y a eu une chambre ap- 
pelée la chambre du chef-d'œuvre, unique- 
ment destinée à cet usage et garnie des outils 
nécessaires. Les fils de maîtres ainsi que les 
autres aspirants sonl obligés à faire chef- 
d'œuvre. L'arrêt du conseil d'Etat du roi, du 
31 janvier 1669, défend d'admettre et recevoir 
les fils de maîtres orfèvres À la maîtrise, 
qu'anrès avoir fait le chef-d'œuvre accou- 
tumé, à peine de nullité de It^ur réception. 
L'article 2 du règlement général du 30 dé- 
cembre 1^79 ordonne de même que « les 
fUs de maîtres, aussi bien que les apprentis, 
seront tenus de faire le chef^l'auvre qui 
leur sera donné, en présence des gardes. » 
Les fils de maîtres et les apprentis des ga- 
leries du Louvre, et ceux de la manufacture 
royale des Gobelins, sont dispensés de faire 
chef-d'œuvre. Cette dispense est un effet 
des privilèges dont ils jouissent , et fondée 
sftr ce que de tels élèves sont censés avoir 
été formés sous d'excellents maîtres dans 
ces manufactures, et qu'ils n'ont pas besoin 
de faire preuve de leur capacité par l'expé- 
rience du chef-d'œuvre. Les deux enfants 
qui font apprentissage d'orfèvrerie dans 
1 hôpiial de la Trinité ne jouissent pas de la 
même dispense, pâr.ce qu'il n'y a pas eu la 
môme raison de la luur accorder; et quoique, 
par les privilèges de cette maison, il soit 
dit que tes deux ouvriers sous lesquels ils 
font leur apprentissage, ne seront tenus dt 
faire chef-d'œuvre pour être reçus maîtres 
après les huit années d'instruction, c'est 
moins une dispense de le faire qu*uniB pré- 
caution prise pourempêcher qu'ilsne fussent 
obligés de le faire deux fois: car avant aue 
ces ouvriers soient admis pour instruire les 
enfants dont on les charge. Us doivent préa- 
lablement faire expérience par-devant les mai- 



*17 



CIIT 



tret tl gardes de l'àrférrerie, à l'effet d'itre 
par leiaitê gardti certifié» luf/itanti et capa- 
oiei povr enieigner le» enfant»: ce qui ett 
réetUment un thef-d'auvre, mai» anticipé de 
huit ont. (A.) 

CUËLlS&iDudroitdemonnaitde» abbetie» 
dé). Notice pat Duby, Monnaie» du» Baron» 
et de» Prélat», l. Il, p. SU). 

Cbblles, Kata ou Cellœ, bourg dans l'ilg 
de France, près de la Marne et de la IbrAt 
de Bondy, avec une abbaye de S\ies de l'or- 
dre de Soint'Beuott, fonitéo l'an 060 par 
sainte Bnthilde, qui. y mit pour premiëro 
abbesse sainte Bertille ou Bertille. 

Le Blase « faitgraver un denier d'argent 
qu'il attribue à Charles le Chauve, et sur 
lequel on lit: kila uorist. Celte lésende 
ne porte à croire quelcs abbesses de Cnellcs 
jouissaient du droit de battre monnaie, et 
que celte-ci doit leur être aitribuée, à moins 
que la palais que Charles le Chauve avait 
& Chcljes ne fdt attaché au monaslère com- 
me celui de Saint- Denis. 

CBQBIF, monnaie d'or qui se fabrique et 
qui a cours en Egypte : le cberif vaut 6 liv. 
17 sousSden. tournois. (A.) 

CHIMISTES. Les chimistes sont soumis 6 
la juridiction de la cour des monnaies, à 
cause des fourneaux dont ils se servent pour 
leurs distillations. Le roi Charles V, ayant 
fait très-expresses inhibitions et défenses i 
toutes personnes, de quelque état et condi- 
tion qu'elles fussent, de se mêler du fait de 
chimie, et sous prétexte de ce, d'avoir ni 
tenir aucune sorte de fourneaux dans leurs 
chambres et maisons particulières, commit 
pour la punition des contraventions les gé- 
néraux-maîtres des monnaies, qui firent 
publier ces défenses en l'année 1380: ce 
droit a été confirmé depuis h. la cour des 
nonnaies par les rois successeurs. (A.) 

CHINE {Montiaie» de la]. Yoy. l'article 
général Mo^ïiaies. 

CHOUSTAKS, monnaie d'argent de l'an- 
i;ien royaume de Pologne, qui valait environ 
8 sotis tournois. 

CHRISTINE, monnaie d'argent de Suéde, 
qui vaut environ 1 franc 25 centimes. 

CHYPBE (Monnaie» et teeaux de» roi» 8e) 
de la maison de Lusignan. Nous donnerons 
sur ce sujet, l'un des plus intéressants de la 
nun)ismati<pie des. croisailes, deux mémoi- 
res qui se complètent réciproquement. Le 
premier en date, par M. de Mas Latrie, a 
été publié dans le Bibliolhimte de l'école de» 
Charte» :]ii second, par M. E. de Rozière, a 
été inséré dans la numismatique des Croi- 
gadet, de M. de Saulcy. 

Monnaie du roi Hu^ue» de Lu»ignan, 
décrite ci-aprê». 



DICTIONNAIRE DE HUyiSUATIQUE. . CHY 178 

Monnaie du roi Pierre de Lu»tgnan, déeritt 
d'après. 





»R8MliaE PARTIB. 



La numismatique du royaume de Chypre, 
sous le règne des princes de la moîson do 
Lusignan, est encore fort peu avancée, et 
cela tient surtout au petit nombre de mou- 
naies connues, que 1 on peut attribuer avec 
certitude à ces princes. Faut-il croire, ainsi 
qu'on l'a dit (1), que cette rareté est la con- 
séquence d'un système de destruction que 
les Vénitiens auraient adopté en Chypre 
pour àter aux habitants le souvenir de leur 
gouveniemenl indépendant; c'eût été un 
moyen peu elHcace assurément, et mieux 
eût valu, pour arriver k ce résultat, décréter 
la surpression de l'ancienne législation na- 
tionale qui consacrait les intérêts civils et 
politiques des sujets des Lusignan; or la 
république de Venise, tout en se prémunis- 
sant contre les tentatives possibles des Chy- 
priotes pour recouvrer leur liberté, laissa 
subsister les Assises de Jérusalem comme 
lois du pays. 

Il est plus probable que la rareté des mon- 
naies des rois francs de l'tle de Chypre dans 
les collections numismaliques, vient de la 
dilliculté d'en reconnaître les types. La mon- 
naie du moyen âge, était une monnaie 
d'imitation; les deniers de Provins ont été 
copiés b Borne; les Arabes ont représenté 
Jésus-Christ et la sainte Vierge sur leurs 
pièces ; les chrétiens y ont inscrit des légen- 
des arabes; Mahomet II mettait son nom en 
grec après la conquête de Constantinopic (2). 
Il est donc possible que les Lusignan, maî- 
tres d'un pays où le fond de la population 
était grecque, syrienne et arabe, adoptèrent, 
dons le commencement de leur règne, et 
surtout dans les espèces inférieures, le type 



(1) M. Mûnler, rragmenuiraitiiiu parH. UucIhmi, 
dan« Bqn ouvrage inl ilulë AccAfretwt (( mal^Wmx (wur 
urtÎT à l'hiiloire de la domiiMlion françaiêe enOrieiti, 
Paris, 1840, in-4*, i" iiartic, p. 390. J'aurai souvent 
l'occasion de cilvr dans la notice suivante c«l ou- 
vrage de H. Buciion, dont je n'ai |iii toujours ad- 
mettre IcB jugements. Si j'insisie quciquclois, c'est 

3 lie le nom et Jcs Iravaiii de l'auteur des Heeherche* 
emandeiU qu'on. s'y arrête, et j'ci^re (|ue H. Ou- 
cbpn liii'DidDie ne verra dans mes observations nou- 
velles que le dùsir d'ajouter quelques notions cer- 
taines a riiLsioire il'unc époque où il a pan£ lespre 
niiéres lumières. 

(2) Un exemplaire de celle monnaie se trouve i 
Paris, au caliiticl des miklaillcs de la Bibliolbèqu* 
royale. 



m 



GUY 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



CHY 



180 



et les légendes grecques ou arabes ; et Ton 
peut espérer, grAce aux progrès que de sa- 
vantes publications ont fait faire denos jours 
à la numismatique, que*de nouvelles mon- 
naies chypriotes du moyen ftge seront tôt 
ou tard signalées dans les collections. Un 
fait récent autorise à le croire : les monnaies 
françaises du x' siècle passaient autrefois 
pour être très-rares; aujourd'hui que leur 
type a été mieux étudié, elles sont connues 
pour la plupart, et quelques-unes même sont 
devenues communes. 

Lorsque Guy de Lusignan prit possession 
de l'île de Chypre, les monnaies qui circu- 
laient dans le pays étaient, comme en Syrie 
au temps des premières croisades, des mcm- 
naies grecques et des monnaies arabes, dont 
les systèmes avaient réciproquement influé 
Tun sur l'autre et avaient confondu souvent 
le nom, le poids et quelquefois môme le type 
des espèces, avec a'autant plus de facilité 
que le système arabe s'était, en grande par- 
tie, formé en adoptant les règles et les ha- 
bitudes suivies dans les ateliers byjsantius. 
Ces monnaies continuèrent d'avoir cours en 
Chypre, après la conquôtedes croisés, comme 
il était arrivé en Terre-Sainte, non-seule- 
ment pour Tusage des indigènes, mais môme 
pour les Latins, soit dans leurs rapports 
avec les Grecs et les Musulmans, soit dans 
les affaires qui intéressaient seulement leurs 
compatriotes,ainsi que le montrent les Assises 
de Jérusalem, où 1 on voit souvent des cau- 
ses renfermées entre parties latines, termi- 
nées cependant par des amendes stipulées 
en monnaies araties. Les Francs des deux 
royaumes de Chypre et de Syrie admirent 
encore les espèces d'Occident ; mais ces mon- 
naies durent leur servir principalement dans 
leurs rapports avec les Européens qui ve- 
naient en Asie; elles ne devaient guère 
avoir cours que dans les ports de mer, sans 
arriver jusqu'à la population des campa- 
gnes. 

Les espèces usuelles de Tile de Chypre 
far les cotes et dans l'intérieur du pays, pen- 
dant le règne des Lusignan, furent le besant 
dVjr ou besant sarrasinois, qui parait être la 
foéme monnaie de l'hvperpère, le besant 
d^argent dit besant de Chypre, le rabouin, le 
gro^ de Chypre^ le demi-çros, le sou, la ka- 
TOuM^f le drahan ou denier, et la maille. 

Avant de décrire les pièces au type des 
Lntignan qui nous sont connues jusqu'ici, 
fUfii% dirons uo mot de chacune de ces espè- 

%Ji bejwit d'or ou dynar arabe était une 
ffftïM'urtM de Vaureuê byzantin, et prenait de 
m fom^erimeaf ele m>m denummusscyphaius. 
i'/^i Ah ee b^rMTil qu'il est toujours question 
Aht9% 1^ k%%\%k% de Syrie et de Chypre pour 
U%^ Sh M^/rifanl d^r^ amendes (1) et des oc* 
WnK '^,f h ff^iin% qu'il ne soit expressément 
/;»i /|rii^ \H 4ro$i à4t payerait en besants de 

n, 444*4^4 édiJéfuêéém^ éàiu de M, le comte Beu- 



Chypre (1). Le besant d'or se répandit, après 
les premières croisades, dans toute l'Europe, 
surtout en France, sous le nom de beamt 
iarrasinoû ou livre $arra$inoise (2), et sa 
valeur fut diversement calculée. Il résulte 
d'un titre cité par M. Pouqueviile, qu'en 
1248 il était pris, en France, pour sept sous 
bons deniers tournois (3); cependant le par- 
lement l'évalua, en 1282, à huit sous de la 
môme monnaie (4); et, dans un compte de 
bailliage de 1297, il est porté jusqu'à neuf 
sous (5). Au commencement du xiv* siè- 
cle , Sanuto le vieux estimait trois bessnis 
sarrazinois à peu près à trois florins et demi 
d'or (6) ; un besant valait donc un florin plus 
un sixième. C'est ce que disait encore le 
Florentin Pêeolotti, qiji voyageait en Cby- 

fre sous le règne de Hugues IV, de 132^ à 
327 : Ubisanie d'oro (peto) fiorinounoeui^ 
sesio d'oro (1); de môme, d'après Uzzano, 
écrivain du xv* siècle, le besant d'AlexaD» 
drie valait communément 1 ducat; mais, 
suivant la rareté du numéraire, il s'éle- 
vait à t ducat et li8, quelquefois 1 ducat 
et 1/3 (8); le ducat étant d'ailleurs de même 
valeur que le florin. Les rois de Chypre ont 
aussi frappé des besants d'or, à l'imitalion 
des empereurs de Byzance; nous décrirons 
plus loin ceux qui existent à notre connais- 
sance. 

L'hyperpère d'or des empereurs de Cons- 
tantinoplo avait, à ce ou'il parait, la même 
valeur que le besant (9). Ces espèces ont dû 
avoir cours en Chvpre sous le règne des Lu- 
signan , puisqu'il existait dans l'Ile une 
classe d'affranchis nommés les Perpiriari, 
du nom de la monnaie avec laquelle ils ac- 
quittaient leurs tributs (10), et que Balducci 
Peçolotti parle de perperi latint d'oro (11), 
qui devaient se frapper, suivant toute appa- 
rence, en Morée, en Chypre, et dans les Iles 
de l'archipel appartenant aux Latins. 11 y 
eut aussi au xv' siècle, ou dès la fin du 
XIV*, des perperi d'argent ; il perpero^ dit 
Uzzano, en 1442, e una moneta d'argim' 
to (12); ces perperi, très-communs en Crète, 

(I) Cr. Abrégé des A$$iHè Bourg.^ f partie, chap. 
St9. Assises, 1. 1, p. 258. Paoli, Codice diplom. del ta- 
ero ordine Geros. Lucca, 2 vol în-f«, 1735-1738, I. ï, 
p. 467. 

(St^Goniinuation de Guillaume de Tyr, Bibl. roy., 
ms. 8316, fol. 352 v, 2« col. 

(3) Pouqueviile. Mémoire sur le commerce des 
Français au levant. Acad. des inscripu, nouv. série, 
t. X, p. 538. 

U) O/fta., t. Il, p. 137, 1. 

(5) Leblanc, Traité des monnaies., pM71. 

(6) Sécréta jidelium crucis, 1. i, p. 1, cap. 6. Bon- 
gars, Gesta ùeit t. 0, p. 25, 

(7) Délia mercatura, dans le recueil de Pagnini, 
Deila décima di Fireme, 4 vol. in-4«. Lisbona e Lucca, 
1765-4766,1. 111, p. 58. 

(8) Giovanni di Antonio da Uizano, Pratica délia 
mercatura, dans Pagnini, t. lY, p. 111, Cf. Pegolotti, 
p. 86. 

(9) Cf. Pegoloui, p. 23, et du Gange, Glomr. 

latin» 

(10) Voy. Etat des personnes, 

(II) Pegoloui, p. 291. 
(12) Uzzano, p. 135. 



131 



CDY 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



CHY 



182 



étaieDt sans «doute de même poids et de 
luérae valeur que les basants blancs. 

Les besants Manc9 ou livres blanches (1) 
«étaient des espèces en argent (2), propres à 
nie de Chypre, d'où elles furent appelées 
généralement besants blancs de Chypre^ be^ 
sants de Chypre (3), et besants de Nicosie (4). 
PegoloUi évalue un besant sarrasinois à 3 
besants blancs 1/2, ce qui met la valeur 
relative du besant blanc à 2/7 de besant 
d'or (5). Cependant Pegolotti compte luî- 
inérae le besant blanc pour le ijk du florin et 
du ducat d'or, dont la valeur moyenne était 
celle du besant d*or; et les Génois, dans 
les contributions qu'ils imposèrent aux 
Lusignan , prirent toujours pour 1 florin k 
de leurs bons besants d'argent de juste 

f>oids, comme nous le remarquerons plus 
oin. On frappait sans doute des monnaies 
d'argent en Chypre avant la cooquète de Tlle 

Ear les Latins, car il est question de livres 
lanches dans la cbroniaue d'outre-mer dès 
le temps des premiers Lusignan. L*auteur 
évalue en besants blancs le revenu des Gefs 
concédés par Guy à ses chevaliers lors de la 
prise de possession ;.et ailleurs il nous ap-* 
prend que les terres du domaine royal rap- 
portaient, è In mort d'Amaurv, successeur de 
Guy, deus cens mille lipres blanches (6). Les 
monnaies d'argent des rois Henri II, Hu- 
gues III, Hugues IV, Pierre V" ou Pierre II, 
que possède le Cabinet du roi, la monnaie 
fie Henri II qui se trouve au Musée britan- 
nique, enfin celles de Hugues III, de Henri II 
et de Pierre I" qu'ont publiées Reinhard, 
M. Miinler et U. Buchon, monnaiesque nous 
décrivons plus loin, nous paraissent être les 
véritables oesanis blancs, espèces d*ai^ent les 
plus communes du royaume de Chypre, 
dont il est toujours quei»tion dans les accords 
intervenus entre la république de Gênes, et 
les successeurs du roi Pierre IL M. Miinter, 
CQ décrivant une monnaie de Hugues IV , 
semblable à celles du Cabinet du roi, y re- 
connaît aussi le besant blanc (7). 

Le rabouin était une monnaie d'origine 
arabe, et probablement en argent, qui avait 
cours dans les royaumes de Jérusalem et de 
Chypre. D'après l'étymolog e de son nom,, 
cette pièce devait être le quart d'une mon- 
naie plus forte Le passage suivant du Con- 
cile de Syrie de l'an 125^», montre qu'elle 

(1) Conan.4eGuUlanmede Tyr, ms.83(6, fol. 553 
v», 2* cd; 

(2) In Cipri si spendono bisanti bianchi ttariento, 
PegolQtli, p. 68. Il dette bisante ( en Chypre ) e utM 
monela d^argiento, Uzzano, p. 13a. 

(3) L. Bysanliorum de Cypto, Constitut. Nicosiens. 
13^, Mws\,CoHeci. cQneil., t. XXVI, col. 370. Cf. 
col. 339. Labbe, Conàl, t. XI, col. 2430, art. 7. Cf. 
2402, etc. Paoli , Codiçê diplom., t. I, p 467. 

(i) Dans les traîl^ des Génois et des rois de 
Chypre. Voy. Carlo Sperone, Real grandezxa délia 
rmmbb. di.Genova^ un vol. iinfol. Genova, 4769, p. 
152, 15^, et Preuves inédHes de notre mémoire, 7 
juillet 1403, § 7. 

(5) Pegolotti, p. 86. 

(6) Voy. Etat des terres. 

(7) Exir. de M. Mûnter, traduits par M. Buchon, 
Rifherches, p* 403. 



avait une valeur supérieure au besant blanc» 
et qu*elle valait à peu près le tiers du be- 
sant d*or, puisqu'on Tégale à trois sous : 
Item pro sponsalibus contrahenéUs exigun- 
tur a prœlatis très solidi^ aut rçbuinum 
unum (f). 
Le gros^ monnaie que l'on trouve en Ciiy- 

Cre dès le xiv* siècle, était un detni-besant 
lanc (2); kS formaient le marc d'argent. 
Le petit gros était un 1/3 gros , et par 
conséquent le 1{4 du besant blanc, la 96r 
partie du marc: All'altra maniera di grossi 
piccioliche n'enirano 96 ta uno mar, dijbipri^ 
de' qtiali.k de' detti grossi piccioli si contano 
per uno bisante bianco (3), ce qui r^^pontî, 
sauf une légère frQçlion de djff(^rence, à la 
valeurassi2nee.au marc d'urgent par Tau*- 
leur de VAoréaé des. Assises bourgeoises du 
royaume de Chypre^ qui écrivait vers le mi- 
lieu du iiv' siècle. Un marc d^argent^ dit 
cet auteur, a esté esclerzi et prisé et uxé^ 
c'est assaver xxv bezans en Chypre (k). Le 
' marc était, comme en Europe, uno mon- 
naie «de compte et non une monnaie 
réelle. 

11 y avait aussi des petits sous qui avaient 
la même valeur que les demi-gros, puis!]uo 
k égalaient un besant blanc : e il bisante 
bianco f dit Pegolotti, vale soldi k di piccioli; 
et peu après, ogni soldi 4 delta detta monetta 
piccola si contano per uno bisante bianco. 
Quant aux gros sous ou aux sous, Pegolotti 
n'en parle pas, à moins qu'il ne fasse allusion 
è ces espèces quand il dit : e contasi /' uno 
dé* deiti grossi grandi uno bisante bianco^ 
cioe soldi &, sans ajouter piccioli: ce qui 
semble désigner des çros sous ; mais dans 
ce cas, il faudrait corriger, non-seulement le 
premier membre de la phrase, comme nous 

(1) Cr. Paoli, Codice diplom., t. I, p. 545, 547. 
Guillaume de Tyr, 1. xxii, c 23, Assises de Jérus. , 
t. il, p. 175. 

(2) Le texte de Pegolotti porte que le gros ou grand 
gros ciait égal au besant blanc, E coMasi Vuno dé* 
detti groisi grandi uno bisante biançp, p. 69; mais il 
y. a peut-être en cet eiulroii une erreur d*impression. 
On voit en effet, en suivant lejs détails de Taulear, 
que qusttre peiits gros égalent un besant blanc ; ces 
petits gros ou demi-gros ne valaient donc que le 
quart du besant, et par conséquent le gros entier 
valait un demi-besant. Une autre observation nous 
amène encore à ce résultat. On voit par le témoi- 
gnage de Tauteur des Assises bourgeoises, que le 
marc d*argent de Chypre renfermait vingt-cinq be- 
sants blancs; or Peigolotti dit, toujours dans le 
même passage, p. 69, quil fallait quatre-vingt-seize 
petits gros ou quarante-huit gros pou^ faire un marc 
d^argent. Un calcid fort simple montre,, d'après ces 
données, que le demi-gros ne valait que le quart, et 
le gros que la moitié du Lésant blanc, plus un qua- 
rante-huitième, il est vrai. — Le P. Lusignan dit que 
ta monnoue de Cypre qu*on appelle Gros vaut deux . 
réattes. Histoire de Cypre, fol. 170 v». Paris, iii4*. 
Il 8*agit prolKiblement de réaux d*Espagne ; mais la , 
valeur de ces monnaies variant de i fr. à i5 c, on 
ne peut établir aucmi rapport certain sur Tindication . 
insuffisante de Lusignan. 

(3) Pegolotti, p. 69. 

(4) Abrégé des Assises bourgeoises, etc. Assins, 
t. Il, p. 258. Cf. Florio Bustron, llistoria di Cipro, 
nis. B. Roy., fol. 426. 



185 



CHY 



DICTIONNAIRE DE NOIflSllÂTIQUE. 



CHT 



4M 



le proposons, mais encore la fin, et lire cioê 
solai 2 ; il est certain, en effet, que si le be* 
sant comptait pour ^petits sous, il ne devait 
Taloir que 2.gros sous. 

La karoubcy le xcpffrcov des Grecs, la sUiqua 
des Romains, dont il est parlé dans les As^ 
sises de la Haute Cour et de la Cour infé- 
rieure, était une petite monnaie d'argent : 
ilperpero ê una moneta d'argierUo^ dit Uzza- 
no, e cosi lo carato (1), et ce dernier mot, 
contracté (|uelquefois en celui de crato^ dé- 
signe toujours la karoube, dans les auteurs 
italiens, comme le mot karatum dans les 
teites latins (â). M. le comte Beugnot, e»con« 
férant différentes leçons des Assises bour*- 
geoises dans le matiuscrît de Venise et 
le manuscrit de Munich, a constaté ce ré- 
sultat: que la karoube devait valoir la vingt- 
quatrième partie du besant (3). Nous trou- 
vons différents témoignages qui confirment 
cette observation. 

Ainsi PeKolotti dit, en parlant des mon- 
naies de Chypre : il bisante bianco è earaii 
ih (4), etUzzano, après la phrase que nous 
avens citée précédemment, igoute ces mots : 
€ carati ^ fanno un perpero jp). On voit par 
ces teites que hi karoube d'Orient avait la 
même valeur que le carat, monnaie italienne, 
et que l'hyperpère d'argent, monnaie de 
Crète, était égal au besant de Chypre. 

Remarquons maintenant que les manus- 
crits des Assises bourgeoises n'indiquant pas 
expressément de quelle espèce de besant il 
s'agit dans le chapitre des péages auquel 
s'appliquent les faits reconnus par M. Beu- 
gnot, on peut croire qu'il y eut dans les 
Etats chrétiens d'Orient, ou au moins dans 
le royaume de Chypre, des karoubes d'ar- 
gent et des karoubes d'or, comme il en exis- 
tait chez les Musulmans (6) ; mais peut-être 
la karoube d'or, n'était-elle, comme le m^rc, 
qu'une monrvaie fictive et non une espèce 
monnayée. Le mithkal arabe est un poids qui 
derait être égal au poids du besant d'or, car 
on lit dans les extraits de Djelaleddin Alo- 
soyoati, que M. de Sacy a donnés à la suite 
de sa traduction du traité des monnaies mu- 
sulmanes de llatirizi : le mithkal est de 2% 
Uiarouboi (7], 

Alosoyouti rappeMe en même temps Tori- 
sinedu'nom du karouba et son poids : Le 
kharouba^ dit-il, c^est-^-dire le grain de cor 
roubier^ est de trois grains de blé. Le carou- 
bier dont parle l'écrivain arabe est un arbre 
très-commun en Syrie, en Egypte, et surtout 

!1} Pratica delta mercatitray p.^ 134. 
2) Dequantitate 33 miUiuni bispnciorum et karato- 
rum 2i. Traité du 16 février 13âî>. Archives royales 
«le Turin, Liber jurium de la république de Gènes, 
fol. 463. Voy. Preuve inéd., 1329, § 3, La Crazia tos- 
cane n'est probablement qu'un dérivé du K(/»dcriov. 
Zannetti, Nuova raccoUa dé* moneii d'Italia^ in-4«. 
Botogna, 1775, 1. 1, p. 70. 

(3) AêsiseSf t. li,p. 173. 

U) Pegolotti, p. ^9.] 

(5) Uxiano, p. 134. 

(6) Trailé des monnaies musulmaneif traduit de 
Taralie de Makrizi, par Silvestre de Sa<7. Paris, an. 
T, 1797, n. 82. 

(7) MaLrizi, ibul.f [». 78. 



en Chypre (1), où ses fruits acquièrent une 
qualité supérieure (â) ; sa fève avait été prise 

e3ur type de poids par les Romains, les 
recs et les Arabes, comme le grain de blé 
et le grain d'orge (3). 

Le mot karoube ne désigne pas seulement 
dans la langue des Francs d'Orient un sous- 
multiple fixe du besant blanc ; M. le comte 
Beugnot signale un passage où il est em- 
ployé évidemment avec la signification indé- 
terminée de carats j dans le sens moderne de 
ce mot. Un ban de la Cour des bourgeois de 
Nicosie, publié par le vicomte, en 1296, dé- 
fend aux orfèvres chypriotes d'employer de 
l'or mains de x karoublesj c'est-à-dire deTor 
inférieur à 10 carats, ou de l'or dans lequel 
se trouveraient plus de 10/2^ d'alliage, puis- 
que le titre deSV est Fe plus haut que puisse 
avoir ce métal {k). Les auteurs italiens, en 
traduisant karoube par earaio^ nous ont 
montré en effet que ces deux mots étaient 
indistinctement employés l'un f)our l'autre 
comme exprimant k même fraction de Tu- 
nité. 

Les lisiniay monnaies de bronze, queroa 
frappa sous le règne de Janus valaient 6 ka- 
roubes, comme le petit sou (5). 

La drachme^ drakan ou aragan^ dont le 
nom grec ^peixi^i se changea en dirhem chez 
les Arabes (6), paraît avoir eu dans les royao- 
mes de Jérusalem et de Ch;^pre, la valeur de 
sept deniers de France. « Li benoiez rois, dit 
« Joinville, fesoit donner à aucun cent de- 
c niers de la monuoie du païs, qui sont B\h 
« pelés dragans, dont chascun dragan valoit 
« septpetiztornois (7). » 

Il semble qu'il y eut aussi en Orient des 
petits dragans ou petits deniers. Cette mon- 
naie devait être en bronze et valait la moitié 
d'une karouble, si ces deniers répondeut 
bien aux denari piccioli de Chypre, dont 
parle Pegolotti, sans faire mention de l'es- 
pèce de gros deniers désignée par Joinville: 
e i denari 2 piccioli si contano uno carato di 
carati ^ per uno bisante bianco (8). 

La maille, qui avait cours en Chypre dès 



M) Cf. PegoloUi, p. 67. Sperone, Real grandem, 
p. n3. brummond*s travels^ in-fol., Londoo, 1754, 
p. 456. Mariti, yiaggi per Visola di Cipro, etc. Fi- 
reoze»^ in-8% 1769<f776, t. h P« 1^. 289. 

(2) Rich. Pococke, Descriottan o( ihe East, ?ol. II, 
part, i, p. 230. London, 1745. 

(3) Voy. le mémoire de M. Mongcz sur les graines 
de végétaux qui ont été prisés pour étalons de poiis 
par les anciens. Uém. de fAc. des inscr., t. V, p. 77, 
n. série. 

(i) Assises de Jérusalem f U II, p. 358. 

(5) Voy. ci-après, Règne de Janus, 

(6) Makrizi , Traité des monnaies, p. 7, i4. M. de 
Longpérier a reconnu que ledirbeni arabe provenait 
de la drachme attique. Essai sur les mon, Sastan.t 
p. 8. 

(7) Joinville, édiu Duc, p. 349. Le vicomte de 
Nicosie publia un ban en- 1296 pour fixer le prix dn 
pain,^ qui est évalué en drahans et mailles <laos le 
nis. de Venise, et en deniers et m;iilles, avec les 
mêmes sommes, dans le ms. de Munich. Ais., U lli 
1). 359. 

(8) PcgoIoUi, p. 60. 



Ift5 



CHY 



le 4(111* siècle, était la moilié-du denier (1). 
Le chalque, ancienne monnaie grecque» 
formant le huitième de Tobole, était encore 



employé en Chypre, lorsque les Latins de- 
vinrent maîtres du pays (2). 

Telles furent les monnaies ordinaires de 
nie au temps des Lusignan. Quant à Testi* 
mation intrinsèque de ces espèces en valeurs 
modernes, il est difiicile d'arriver à des ré- 
sultats positifs. Tout dépend de l'apprécia- 
tion du besant d'or, et le prix de cette mon- 
naie a été très-diversement calculé. Gibbon 
le fixe à 13 livres 6 sous 8 deniers tournois 
(3) ; mais la moyenne la plus satisfaisante de 
sa valeur (au xiir siècle), parait être celle 
de 9 fr. SO c, adoptée par les savants 
continuateurs du ReetMil du Historiens de 
France {h). En prenant pour base de nos cal- 
culs cette estimation, nous allons résumer 
dans un tableau les valeurs approximatives 
des monnaies chypriotes sous le règne des 
Lusignan. 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. CHY 486 

frappée pour célébrer sa victoire (if. Cette 
pièce de bronze se trouve aujourd'hui au 
cabinet du roi ; elle porte dans le champ, 
et entourée d'un grènetis, cette légende 
grecque : 

KE 



ROMS. MÉTAL . .If*'^^*^ 


OaSÊRVATlONS.. 


lolrmaètine 


k 


f. c. 




Besanl. , , or. S 50 




Rabouîa . argent. 3 16866 . 


Comp.p.li3dii 
bes. d*or. 


Besant de Chypre. • 9 375 


Comp.p.li4du 




bès. d'or et 


• 


du floiin. 


Gros ... 1 1 1875 




Demi-gros . . argent? 59375 




Soa . . . argent. 1 1875 


Comp.p.li^da 




bes. blanc. 


Pelil sou . .1 59575 


Con]p.p.li4du 




bes. blanc. 


Lisinia . bronze 59370 




Karoube • . or. 39583 




Drahan ou denier argeni? 34629? 


Comp. p. 7 pe- 
tits den. 




Karoube . . argent. 09895 


Un peu moins 




de 10 cent. 


Petit drahan . bronze 04947 


Un peu moins 




de 5 cent. 


Maille . . i 02473 


Un peu moins 




de 2 cent. 


Chalque . . i 193 (5) 


Un peu moins 




de 2 cent. 


Marc de Chypre, 




monnaie de 




compte seule- 




ment mais non 




frappée. • argent. 59 375 





n. 

I L Monnaie attribuée au roi Richard (1191). 

M. Cousinery, en publiant une monnaie 
grecaueau nom de Richard, Ta attribuée au 
roi d Angleterre, qui fit la conquôle de Tllc 
de Chypre, et a supposé qu'elle avait puCtre. 

(1) Ban du vicomte de Nicosie de 1296. Assises^ 
U II, p. 359, n« 6. 

Î2) Voy. le précis historique. 
3i Décline and fait, etc., cap. xvii, not. 180. 
(i) Rec. des hi$t. de France^ t. XX, p. 243. 
(5) Tabieau comparatif dei monnaies y poidi et me- 
»nre8, par M. Gucrin de Thionville, à la suite de la 
Oéogriipbie de Balbi, 5« édil., p. 1266. 



BOHe 
PIKAP 

(Kûpiff poq9f c P(xa^9u ; Soigueur sois secou- 
ranle à Richard.) 
Au i) une croix enhendée et pometée. 

Si'Jauna avait eu connaissance de cette 
monnaie, il est probable qu*il en eût fait 
usage et qu*il y aurait vu un nouveau témoi- 
gnage de la création imaginaire du royaume de 
Chypre par le roi Richard, dont il a parlé (â). 
Nous n'ajouterons qu'un mot à ce que nous 
avons dit dans le Précis historique au sujet 
de cette assertion, trop facilement admise 

[>arM. Buchon (3) et par M. Eogel {h). Que 
'on consulte les actes authentiaues des rois 
d'Angleterre dans la collection de Rymer, les 
recueils de leurs sceaux et de leurs monnaies 
dans l'ouvrage de Ruding (5) ; qu'on parcoure 
le Trésor de numismatique, on y verra que 
ces princes ne manquent pas de prendre les 
titres de toutes les seigneuries plus ou moins 
réelles qu'ils se sont attribuées en divers 
temps ; qu'ils s'appellent rois d'Angleterre, 
d'Ecosse, de France, duc d'Aquitaine et de 
Normandie, comtes d'Anjou, etc., jamais rois 
de Chypre, non plus que rois de Jérusalem, 
quoique Jauna prétende que Guy de Lusi- 
gnan obtint seulement Tile de Chypre, en ce 
dant au roi Richard ses droits et son titre de 
roi de Jérusalem. 

Au reste, la monnaie publiée par M. Con^i* 
nerv a été restituée, par M. Lelewel (6), à 
Richard, père de Roger d'Antioche, et ia 
preuve que l'attribution de ce savant numis- 
matiste est exacte, c'estque la même légeiide 
se retrouve ainsi sur les monnaies de Roger 
et de Taocrède d'Anlioche, que possède le 
cabinet du roi. 



+ 




KEBO 


KEBOH 


ne.... Tu 


en TO AV 


Cû* AOVA 


AO COVT 


toPOTIE 


ANVP, 


P : 





Seigneur y ayez pitié de votre serviteur Jlo- 
ger (ou Tancrêde). Au droit la figure de la 
sainte Vierge. ^ La tête de saint Pierre. 

(1) Catalogue raisonné des médailles de M. Cou- 
sinery, ancien consul de France en Turquie, qui ont 
été frappées en Orient par les princes croises. Dans 
le t. Y de VHiêtoire des Croisades de M. Michaud, 
1" édition. Paris 1822. 

(!) Hisi, gén. des roy, de Chypre^ de Jérusalem, 
d'Arménie et d'Eyyple, par M. le cbev. Jauna, i vol. 
in-4«. Leide, 1747, 1. 1, p. G3. 

(3) Recherches et matériaux, p. 386, 387 

(4) Kupros, eine monographie^ von W. EngeL Bcr- 
lin, 1841, in-8s t. !•% p. 726. 

(5) Ruding, Annals of the coinaae ofGreat Britmn, 
vol. in-4«, 3* édiiion. London, 1840. 

(6) Numismatique du moyen âge, Paris, 1855, t. IV, 
p. 26. Vo;/., daus le présent Dictionnaire de Numis* 
nialique, rarliclc Marasch à la suite é'Edesse. 



' 3 



187. 



€HY 



DICTIONNAIRE DE MUlHSMATIQUfi. 



CUY 



18S 



Arrivons maintenant aux monnaies qui 
appartieiftient ou qui peuvent appartenir au 
royaume de Chypre. 

S II. Gtiy de Lusignan, mai 1192 — avril 

11» (1). 

Bien que Guy de Lusignan n'ait jamais 
porté le titre de roi de Chypre (2), il a 
pu faire frapper monnaie dans sa seigneurie 
a l'imitation des grands vassaux de la cou- 
ronne de Jérusalem, tels que les princes 
d'Antioche qui en avaient le droit; mais au- 
cune de ses monnaies ni aucun de ses sceaux 
ne sont aujourd'hui connus en original. II est 
utile de savoir quels étaient les légendes et 
les emblèmes du sceau de ce prince, comme 
roi de Jérusalem, et l'expédition faite sur le 
diplôme accordé par lui aux commerçants 
génois Tan 1189, pour confirmer leurs pri- 
vilèges dans la ville de Tyr, nous l'apprend 
en ces termes : Ideoque^ dit le notaire, prout 
inveni in originali munito sigillo plumbeo 
pendenti, in quo ab uno latere erat imprexa 
guedam civitas eircumdata his literis : + ci- 
viTAS REGIS REOVM OMNIUM, tt ab cUUro crot 
imprexa guedam imago cujusdam régis coro* 
nati scdentîs in regah sede et lenentis inmanu 
dexira quamdam crucem et in sinistra quam- 
dam paÙam rotundam cum cruce parva^ cir- 
cumaata his literis ;+ guido dei gra re jer v- 
sâLem, etc. (3). Le sceau de Guy, dans le 
royaume de Syrie, était donc semblable à 
ceux d'Amaury I et de Baudouin IV, ses 
prédécesseurs, qu'a fait graverle P. Paoli (4). 

Rcinhard a donné, d'après Texemplaire du 
cabinet de Vienne, une monnaie que l'on a 
voulu attribuer à Geoffroy à la grand'dent, 
frère du roi Guy (5) ; elle représente au droit 
une tête casquée avec la légende : godefrid* 
DE lvzinem; au revers une tète de dragon, 
qui est celle de Mélusine, suivant l'auteur du 
Promptwiire des médailles (6). Cette pièce, de 
style et de fabrication italienne, fut frappée 
au plus tôt dans le xv* siècle, après que 
les romans do Mélusine eurent rendu 
célèbre le nom de Geoffroy do Lusignan, et 
ce fait, incontesté aujourd hui, nous dispense 
de nous arrêter aux conjectures que laisait 
le correspondant de Reinhard sur la mésin- 
telligence et les prétentions rivales de Geof- 
frc»y et de Gui deLusienan au titre de roi de 
Jérusalem, pour établir l'ancienneté et la 
valeur historique de la pièce à reffigie de 
Geoffroy. 

(i) Ma clironologie des souverains latins de File 
de Chypre n*est pas toul à fait la même que celle 
des auteurs de VArl de vérifier lei </afef , mais je 
m'écarterais, sans utiliié, de 1 objet de cette notice, 
ea reproduisant ici les preuves qui m*ont semblé 
justiOer quelques changements et qui m*ont servi, 
dans le récit historique, à préciser quelques dates de 
Touvrase des Bénédictins, restées incertaines. 

(2) Voy. le Précis historique. 

(3) Ce diplôme du roi Gui a été publié par Mura- 
lori, ArJi^uUates haliœ medii œvi, t. Il, col. 913. 

(4) Codice diplomatico, t. I, p. 49 et pi. m, n^ 26; 
p. 50, 7l,etpl. II, n« 17. 

(.S) Reinhard, Gesch. des Konig, Cypern, Erlnnc<*n, 
f 7W), 2 vol. in4«, t. I. p. 1 10. Cf. i:>0 et 151. 
\ii) Lyon, 1555, p. 151. 



S III imaury, avril 1194 — 1" avril 1205. 

Aiuaury, comme nous Tavons rappelé ail- 
jOurs, fut le second seigneur et le premier roi 
latin de Chypre (l). 

Il ne prit.le titre et la couronne de roi de 
Chypre au*à la fin de Tannée 1196, et devint 
roi ae Jérusalem en 1197. Il s'intitule dans 
un diplôme de Tan 1201, dont le texte se 
trouve parmi les preuves inédites de notre 
mémoire : Aimericus Dei gratia Latinorum 
Bietusalem rex nonus et rex Cypri. L'acte 
était scellé, suivant la coutume ues anciens 
rois de Jérusalem, d*une bulle de plomb, 
cqnime l'indique la formule de confirmation: 
Sigillo meo plumbeo muniri prœeepi. 

L'usage de sceller en plomb était aussi 
commun dans les Etats chrétiens d'Orient 
que remploi dos sceaux de cire, et il n^élait 
pas réservé aux rois. On voit par les Assises 
que les seigneucs, les cours de justice elles 
bourgeois môme des royaumes de- Syrie et 
de Chypre,, scellaient indistinctement m 
plomb ou en cire {2). Les Latins d'Europe, au 
contraire, scellèrent très-rarement sur qc 
métal, h l'exception, comme l'on sait, des 
souverains pontifes et des seigneurs ou évo- 
ques de l'Italie et du midi de la France qui 
les imitèrent quelquefois. La chancellerie 
des rois de Chypre conserva longlenaps les 
habitudes importées du royaume dç Jérusa- 
lem; mais, des le milieu, du xiv' siècle, elle 
parait n'avoir plus scellé que sur la ciro les 
lettres et les diplômes des Lusignans. 

Le cabinet du roi possède une monnaie 
d'Amaury. Elle est en billon, du poids de 16 
grains, et représente : dans 1q champ une 
croix à branches égales, cantonnée de deui 
besants, Tun au second, l'autre au troisième 
canton. Autour, entre grènetis, on lit ces 
mots gravés en lettres capitales : iMALii- 

CVS RE. 

Au i^. -f DE iBRVflL.. Ev, de Jérusalem, entre 
grènetis ; dans le champ, un édifice, percépar 
trois arcades à plein cintre et couvert d un 
toit, qui représente, non la porte de Jérusa- 
lem, comme le pense l'auteur des Recher- 
ches (3), mais le Saint-Sépulcre, figuré d'une 
manière identique sur le sceau du chapitre de 
cette église atiguste, publié par Paoli (h). Le 
tombeau du Sauveur étant le monument le 
plus remarquable et le plus, vénéré de Jéru- 
salem, les rois de Syrie le plaçaient sur leurs 
monnaies, comme fa ville de Trêves meUait 
la porte romaine sur ses espèces, Besançon sa 
porte Noire, Mantoue l'image de Virgile, etc., 
usage touchant et glorieux des temps de foi, 
de patriotisme et de liberté municipale, dont 
on reconnaît encore des vestiges dans les 
usages de la vie privée en Italie (5j. 

La monnaie du roi Amaury, pièce entièro- 
ment de caractère latin, ne nous parait p^s 
avoir toute l'importance que lui donne M. Bu- 



(\) Voy. le Précis historique. 



^ , Asmei de Jérusalem, 1. 1,. p. 608, 609 t. U. 
(3) Bucliun, Recherches et matériaux, p. 391. 
(i) Piioli, Codice diplomalico, t. I, pi. V, ii- 55. 
hi) Voy. Valéry^ I oyngc en Italie, i' cdit-» l- h 
p. 500. 



189 



CHY 



DlCTlONiNàlRE DE NUMISMATIQUE. 



CIIT 



190 



choDi en la considérant comme une monnaie 
fra.i>pée en Chypre. Sans doute il serait très- 
curieux de Toir, à l'origine de la royauté des 
Lusignan. le tyçe d'Occident employé dans 
leur nouvelle seigneurie, où il aurait été peu 
après abandonné pour revenir au type grec 
des monnaies indigènes; mais rien ne prouve 
que cette pièce ait été fabriquée dans Tlle ; 
J absence du nom du royaume de Chypre 
nous fait penser, au contraire, qu'elle a été 
frappée en Syrie et pour la Syrie, où le type 
latin avait prévalu depuis longtemps, et où il 
était familier à la population, tandis qu'en 
Chypre les premières monnaies connues sont, 
comme onie verra plus loin, dansle styleby- 
zantin. Quant à la légende en langue fran- 
çaise que l'on veut lire sur la pièce, il est 
difQcile de l'y reconnaître; un seul mot 
pourrait la faire soupçonner, c'est le titre de 
roi écrit hei, comme M. Buchon, mais Ti fi- 
nal n'est pas sur l'original de la monnaie ; et 
HE, à la suite d'AMALRicus, est plutôt RExque 
toute autre forme du mot. 

Une monnaie de billon au nom de Bau- 
douin, et par conséquent antérieure à l'oc- 
cupation ae rUe de Chypre par les Francs, 
récemment reconnue par M. de Longpérier 
parmi un certain nombre de pièces ancien- 
nes que M. le comte d'Erceville a rapportées 
de Beyrouth, semble donner un nouveau 
caractère de certitude à notre conjecture; 
cette monnaie, qui paraît appartenir à Bau- 
douin II (1118—1131) ou h Baudouin III 
(11&4— 1162), porte en effet ces mots pour 
légende : BALèviNvs rex de isavsALEM. 

Les personnes qui s'occupent de l'histoire 
des Etats formés en Orient par les Latins au 
moyen flse, n'apprendront pas sans intérêt 
la nouvelle découverte de M. de Lonspérier, 
car la monnaie d'Amaury était la seule mon- 
naie royale, propre au royaume de Jérusa- 
lem, qui eût été publiée, et que l'on connût 
même jusqu'ici (1). 

i IV. Hugues J", 1*' avril 1305 — février ou 

mars 1218. 

H. Hiinter et M. Buchon ont publié un 
besant d'or de l'espèce des numnw scyphntij 
qu'ils attribuent à ce prince (2); nous 
croyons qu'il appartient» si ce n'est à Hu- 
gues II qui, étant mort dansTâge do la mino- 
rité, n'a pas eu peut-être de monnaie frappée 
en son'nom,du moins à Hugues III, son suc- 
cesseur immédiat. Nous en parlerons plus 
loin. 

Le cabinet des médailles possède un sceau 
de plomb, au nom de Hugues^ qui appartient 
certainement à Hugues !'% comme on peut 
s'en assurer en le comparant avec celui qu'a 
publié Paoli, d'après l'original appendu à un 

(t) Je manquerais aax devoirs de ramitië et de la 
ja«lice, si je ne remerciais à ceUe occasioo M. Du'ba- 
lâls et If. de Longpérier, attachés au cabinet des mé- 
dailles, de rextréme complaisance qu'ils ont mise à 
faciliter mes travaux sur les monnaies des Lnsignan, 
et à me laisser interroger sans réserve leur savoir 
et leur expérience en numismatique. 

(2) Cest la pièce représentée au commencement de 
cet article. 



diplôme de ce prince de l'an 1217 (1). Le 
dessin de Paoli, quoique très-négligemment 
exécuté, nous sert k compléter la description 
du sceau du cabinet, fortement altéré par Té- 
rosion. Au droit, sur les deux sceaux, on 
voit : le roi imberbe et d'une Ggure juvénile 
(Hugues I*' n'avait pas vingt -quatre ans 

auand il mourut), assis sur son trône, tenant 
e la main gauche le globe surmonté d'une 
croix pâtée, et appuyé de la main droite sur 
une haste dont 1 extrémité est terminée en 
croix. Ce prince est vêtu d'une robe longue, 
retenue par une ceinture qui se croise sur la 
poitrine et qui entoure le buste. La couronne, 
dans l'exemplaire du cabinet, est surmontée 
de deux boules et d'un fleuron trilobé au 
milieu, fleuron qui a été représenté Fur le 
dessin de Paoli à un seul lobe, et semblable 
aux boules. Autour, entre deux grènetis, 
est la légende en lettres capitales mêlées 
d'onciales : + hvvo dsi vKk sex cipri ; le 
tout semblable sur les deux sceaux. 

Au revers : la porte d'un château forl, 
surmontée d'une tour crénelée et flanquée 
de deux tours de moindres dimensions, re« 
liées à la tour centrale par un mur qui n'est 
pas représenté sur le dessin de Paoli. Au- 
tour, la légende entre grènetis: + GASTeuLTM 

N1G0SSI6 

§ V. Henri /•', février ou mars 1218 — 

8 janvier 12M. 

Henri I" prend dans ses actes le titre de 
Henricus Dei gratia rex Cypri (2). 

On ne connatt pas de monnaies de ce 
prince qui, sans nul doute, en a frappé pen- 
d.mt un règne de trente-cinq ans. lions 
avons vu aux archives de l'hôtel de ville de 
Marseille un de ses sceaux de plomb. Il est 
suspendu par des lacs de soie rouge au di- 
plôme (fue le roi accorda dans le mois de 
mars 1236 aux habitants de Marseille, de 
Montpellier et de tous les pays compris 
alors sous le nom de Provence, qui faisaient 
un commerce important avec l'Ile de Chy- 
pre (3). Le sceau représente au droit : le roi 
assis sur un pliant, ou trône sans dossier, 
portant une couronne à trois fleurons fleur- 
delisés et vêtu d'une robe longue. De sa 
main gauche il tient le globe crucigère ; de 
la droite, un sceptre terminé par une fleur 
de lis. On lit autour, entre grènetis : bcnri- 
Gvs : H(x : cypRi. 

4. Dans le champ, une porte fortifiée, 
surmontée et flanquée de tours crénelées; 
autour : + civiTAS : Nicossie. 

Un autre sceau de plomb de Henri I " se 

(I) Paoli, Codice diplom., t. I, p. 112, planche Y, 
n«47.— M. Buchon a publié le sceau du cabinet du 
roi. Recherchei, plane. VU, n» I. 

(%) Voy, les documents rapportés dans les Preuves 
inédites de notre mémoire, ann. 4232 etsuiv. 

(5) M. Louis Méry, archiviste de Thôtel de ville do 
Marseille, a publié récemment le texte de ce diplôme 
(Uiêtoire des acte$ et délibéralions de la muniapalité 
de Marteille, Marseille, 184i , in-8«, t. i , p. ISb). 
que ^uQI avait signalé sans en donner la date. Ifis- 
(oire de Maneilie, Mars. 1696, in-iol., !• L p. 96. 



t»l 



DICI10\511BE DE MlKMâlIQCE. 



OIT 



\n 



trouve 9ê%. archire» 4ia rojaume, fixé par des 
lacs de fcoie rooge à Taiie de ee^sâon que 
fit ee prînee* Tao 121^7, en laTeur de soq ne- 
▼eo, Jecn de Bneone, des droits qu'il pré- 
tendaîl sur les comtés de Chaoïftaçoe et de 
Ikie^ da elief de sa mère Alix 1 . Ce sceau 
est cntièremeot semblable à Tempreiote des 
archires de Marseille, el doos ehercbons 
i^aioemeot, soit sur roriginal que nous aTous 
sous les yeux, soit sur le dessio qu*eo a 
douné M. Bucboo (2), Vespêee de maire au 
batmei Umgà lapermtu^ reeouvraot la tAle 
du roi dont parle M. Buchon dans son 
texte (3). Quaot à la porte crteelée qui se 
▼oit sur le sceau^ ce ne peut être, comme le 
pense Fauteur des Bediêrckee 9ur ladomûmm- 
iiau froM^aise em OriaU, une allusion aux 
fortifications que Henri l" fit construire à 
Nicosie (i}, attendu que Nicosie a été fiorti- 
ûée longtemps apr^ ce prince (5), et que 
cette porte se retrouve sur le sceau de soo 
prédécesseur, comme sur le sceau de la 
reine, sa mère, que nous allons décrire. Ces 
portes et ces tours, très-communes sur les 
sceaux des seigneurs du ax>jen âge, sont 
toujours la représentation sjmbolique du 
dilleau ou d^ la ville dont le nom est ins- 
crit sur Tempreinte. 

Le i^and sceau de rire rouge d*Alix de 
Champagne, Teure de Buçnes 1" de Lusi- 
gnao, pend par des lacs de soie rouge et 
▼erle au bas de Tacte original de renoncia- 
tion que fit la reine, en 123<^, au roi saint 
Louis de ses droits sur les terres dp Blois, 
de Cbartres et de Cbâteauduo (6;. H offre 
d'un e6té la k^gende : +. aauz : dei : €&▲- 
OA : BCcuiA ^cirmi: et dans le champ» en- 
TiroDoée d*un grènetis, la reine portant une 
eouronne fleuronnée. Têtue d*une robe 
longue, assise sur un tr6nesans dossier, 
tenant de la main gauche sur son sein un 
dotie surmonté d*une fleur de lis, et élevant 
de la droite le globe crucigère. A gauche de 
la reine est une étoile, et non une rosette 
comme Ta indiqué le dessinateur de M. Bur 
eiion (7). 

Au q. la légende : + cirrris : nicossib : 
dans le champ, entourée d'un grènetis, une 

Eorte crénelée, surmontée d'une étoile sem« 
lable à celle qui se trouve à la gauche de la 
reine. 

Divers auteurs voient dans ces étoiles» 
qu'ils croient être des violettes ou des pen- 
sées, un symbole employé dans la sphragis- 
tique du moyen flge, comme l'indice d un 
sceau de femme ; mais on ne peut faire une 
règle générale de quelques circonstances 
particmières; et si Ton connaît quelques 
sceaux de femme où figurent des étoiles 
semblables, assurément il y en a un nombre 



i) Arch. da rov. J. 433, n« 5. 

PUncbe Vif, n« 3.' 

Reekerekesy p. 397. 
i) IM. 

5} Soos le n^e de Pierre I*'. Florio Bustron, 
Bloria di Cipro, nos. ^ i6. 
0) Areb. on rov. J. 455, n* 4. 
7) riaochc VU, n- % texte, p. 597. 



î 



bien p9us considérable qui ne p rient f^ 
cet omemeoL Les fe mts sont représentées 
quelquefois teoaot des fleurs à la oiaiD, sou- 
Tent une fleur de lis, eoaune Alix elle-fD^me 
dans le sceau oui Boas occupe, arec cette 
difréreoce que la fleur de lis sunuonteidan 
globe; mais Fétoile qui se trourei la gniche 
de la reine et au-dessus de la porle da re- 
vers n'a aucun rapport arec ses fleurs. C'est 
probablemeot une imilalioo traditionnelle 
de Tantiquité, rers laquelle on retenait 
toujours, et peut-éire un sourenîr de la 
monnaie romaine des FtaTieus, sur laquelle 
oo veut le solefl ou une étoile au-dessus de 
la porte prétorienne. Cn astre semblable se 
remarque sur les monnaies des évéques de 
Trieste, des TÎcomtes de lli las, de Charles V, 
comte de Proreiiee, publiées par Mnratori et 
Argelati; sur celles d*Alfred; roi des Saxons, 
publiées par Ruding ; sur les sceaux des 
éTÔques de Tripoli et de Saint-Jean-d*Acre, 
du patrîarcbe de Jérusalem et du roi Bao- 
douin, dans Paoli, c'est-à-dire sur les mon* 
naies et les sceaux de tous les temps et des 
personnes de toute condition. 

A côté du grand sceau d^Alix se trGurer 
pendant aussi à des lacs de soie rerte et 
rouge, un sceau plus p^it en cire rouge et 
sans revers, qui formait le contre-sceau ou 
sceau particulier de la princesse. II est 
for% enaommagé, mais on rétablit la légende 
et le champ en entier, au mojen d'une 
empreinte pareille, qui se trouve au n*â du 
même carton J. U3 des archives. La légende, 
entourée d*un double grènetis est ainsi cod- 
çne : + sioiLLni : aauz : HE^f^E : cd'RL 
Dans le champ, une aigje éployée. Cet em- 
blème n'appartenant ni aux armes de la 
maisondeCnampagne, ni à celles de Lusi- 
gnan, on ne doit r voir qu*un ornement de 
fantaisie, comme les seigneurs en faisaient 

Eaver souvent sur leurs contre-sceaux et 
urs sceaux secrets. 

Nous disions précédemment oueles seit 
gneurs d'Orient avaient aussi Tbabitude de 
sceller en plomb comme les rois. Nous pou- 
vons en citer un exemple. L'expédition ori- 
ginale du privilège que Jean d'ibelin, oncle 
d'Alix de Champagne et régent du royaume 
de Chypre sous la minorité de Henri 1", ac- 
corda aux commerçants génois, dans son 
port de Baruth ou Beyrouth, au mois do 
novembre 1221, se termine ainsi : Atto Pw- 
cenliitua, noîarius sacri palatii^ hoc exem- 
plum ab autefUico et onginali instrup^^p 
aomini Johannis de IbMno, Beriti domint^ 
ejus plumbei sigilli impressione munifOj m 
quo eral ab una parte forma quasi milUis ar- 
mati tenentiê in tnanu ensem eva^inatam tl 
sedentis in equo ; et erani circwnscrtptœ lUtera 
taies : jobahes d^ibblino dus BEsm ; ob 
alia vero parte trot forma catiri seulpto, 
cujus circumseriptio talis erat : s. castkl- 
LVM. civrràTis. berity. (i). 

La législation d'Orient non moins sévère 

(!) Votf. Preuves inédites de notre mémoire, an- 
née mi. 



ll'S 



CHY 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



CHY 



19i 



quro celle d'Europe, punissait de morl le 
justiciable des cours inférieures; qui con- 
trefaisait un sceau ou qui fabriquait de la 
fausse monnaie (1) ; si le coupable était che- 
yalier, la haute cour prononçait seulement 
la confiscation de son Gef (2), car la peine 
capitale ne parait avoir été ordonnée car les 
assises contre les nobles que dans le cas 
d*ane défaite en champ clos. 

S VI. Hugues II, 8 janvier 1^4 — 
novembre 1267. 

Hugues II mourut en tutelle, à l'âge de 
1^ ans, sans avoir exercé l'autorité royale, et 
Ton peut douter que ce prince ait jamais 
frappé monnaie en son nom. 

Dans les idées de la fi^odalité primitive, 
dont l'influence se conserva longtemps en 
Chypre, le seigneur n'était en possession de 
son fief et ne devenait le chef de ses vassaux, 
que lorsqu'il pouvait lui-môme, eu arri- 
vant à rage do la majorité, s'engager vala- 
blement et exécuter les obligations que le 
contrat féodal lui imposait. Jusque-là ses 
vassaux n'étaient pas tenus de lui faire hom- 
mage; leur serment les eût liés et le jeune 
souverain eût été libre de ses engagements: 
les homes screint tenus au seignor de fei, et 
le seignor qui sercit merme ne sereit rien te- 
nus à eux, comme les habiles jurisconsultes 
des cours de Nicosie et de Saint- Jean-d'A- 
cre en font la remarque (3). 

L'autorité dont l'héritier n était pas en- 
core investi reposait toute entière sur le 
régent ou le bail, qui jouissait aussi des 
prérogatives et des revenus de la royauté. 
En France, le bail frappait môme monnaie 
en son nom, et le roi ou seigneur mineur 
n'exerçait pas ce droit. Ainsi un prince do 
la famille de Clermont, époux en secondes 
noces de la veuve de Jean de Nesle, quoi- 
qu'il n'eût sur la seigneurie de Soissons, 
appartenant aux enfants de cette veuve, 
d^utre pouvoir que celui de bail ou main- 
bourg, a frappé une monnaie où on lit ces 
mots : -f- I. DE cLAROMOîfTE, ct au re- 
vers : -H MON. 8VESSI0NIS, avoc le monastère 
de Saint*Médard de Soissons ; ainsi Philippe- 
Auguste, étant mainbourg de son fils, sei- 
gneur de diverses villes du Nord de la 
France, et entre autres de Saint-Omer, a 
frappé monnaie avec la légende : philipvs 

FRA 
03N 

MX. 8EINT0MBR, bicu que Saint - Omer ne 
lui ait jamais appartenu; de môme lorsqu'il 
fut mainbourç de la fille d'Arthur de Breta- 

S ne, assassiné par le roi Jean, il frappa à 
ennes, dans le système tournois, une mon- 
naie où on lit : philipvs rex, et au revers : 
REDONis civis., autour du châtel. 

Cette fidélité aux coutumes do l'ancienne 
féodalité dégénérait, dans ces cas, en abus 
Téritable, car elle tendait à perpétuer l'au- 
torité directe du bail sur le fief qu'il ré- 
gissait, et les Francs chypriotes surent se 

(1) Assises des, bourgeois. Assises, 1. Il, p. S20. 

(2) Assises de là haute cour, Assiscs.l.ly p. 540, GI 7. 
(5) Assises de Jérus,, t. Il, p. 5^)8. 



préserver de ce danger. On ne peut croire 
en effet que les principes rapportés d'Europe 
aient jamais eu de semblables résultats dans 
le rovaume do Chypre, où la haute cour eut 
dès 1 origine, et conserva jusqu'à la fin du 
règne des Lusignan , une prépondérance 
peut-être excessive dans l'administration 
du royaume, dans un Etat où le bail ne 
fut en réalité que le ministre provisoire 
de la royauté, et dont le gouvernement fut 
toujours subordonné à la surveillance et au 
contrôle de ses pairs. D'ailleurs quels que 
lussent les richesses et le pouvoir individuel 
du seigneur, élevé par le privilège de sa 
naissance à la dignité de régent, il ne pou- 
vait frapper monnaie en son nom dans le 
royaume de Chypre, où ce droit appartenait 
au roi seul, à la différence de ce qui exis- 
tait dans le royaume de Jérusalem, dont les 
grands vassaux avaient leur monnaie, leur 
cour, leurs tribunaux indépendants. Nous 
ne trouvons pas dans les Livres des Assises 
de texte législatif qui prouve positivement 
ce fait, mais il nous parait résulter nécessai- 
rement des conditions premières dans les- 
quelles la société latine s'établit en Chypre, 
et de l'esprit monarchique delà constitution 
de ce royaume, qui ne permit point, comme 
en Syrie, l'établissement de grands fiefs ni 
de justices seigneuriales (l).Il y a plus : 
voici un témoignage positif et formel oui 
prouve l'unité des poids, des mesures et des 
monnaies dans le rovaume des Lusignans 
au XIV' siècle : Tutta Visola di Cipri, dit Ral- 
ducci Pegolotti, si ha pure uno peso^ e una 
misura^ e una moneta (2). 

Ainsi, en admettant qu'on ne frappait pas 
monnaie en Chypre pendant la minorité du 
roi, ce qui expliquerait l'absence des mon- 
naies de Hugues II de toutes les collections, 
nous croyons que les régents n'ont jamais 
pu s'arroger ce droit» On verra môme quo 
dansce royaume, leroi, soumis àla puissance 
d'un tuteur, avait son scel particulier. 

Nous devons revenir sur ce que nous 
disions tout à l'heure du privilège qu'eurent 
en Syrie les trois grands vassaux du royaume 
d'émettre des monnaies en leur nom, pour 
prévenir une objection qu'on pourrait éle- 
ver sur ce fait en opposant un texte qui 
semble le contredire formellement. On lit en 
effet dans les Assises de Jérusalem : « La sisle 
raison (de la confiscation des fiefs) si est, se 
aucun home lige, qui que il fust ou terrier ou 
autre, faiset faire et labourer, et battre mo- 
née en sa terre, si juge la raison qu'il det 
estre désérités à tousjours mais, porce que 
nul homme ne doit aver... euvreneour ne 
monée labourant, fors li roi (3). » Mais le 

(1) Noas avons ea roccasion de revenir avec plus 
de détail sur ces faits dans une autre partie de notre 
mémoire. . 

(i) Delta mercatura^p. 64. 

(3) Assises de Jérusalem^ L. I, p. 617. On pourrait 
penser que le chapitre du livre de Jean d'Ibelin, inti- 
tulé : Ce sont les leus qui ont court et coins et justice 
oit retourne de Jérusalem, renferme une dérogation à 
ce principe, si on ne remarquait qui! s'agii seule- 
ment, pour les scig leurs dont le comte de Jafl'a donne 



19: 



GUY 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



GUY 



m 



Livre au roi où co passage est écrit, fut com- 
posé pour le royaume propre de Jérusalem, 
c*est-a^ire, pour la souveraineté immédiate 
du roi de Jérusalem, comme la plupart des 
ouvrages de jurisprudence qui forment les 
Assises; les principes qu'il renferme ne pu- 
rent recevoir force de loi dans les trois 
autres principautés, dont la réunion, sous la 
suzeraineté du roi de Jérusalem, avait con- 
stitué, dès le onzième siècle, le royaume 
chrétien de Syrie, qu'après avoir été adoptés 
séparément et de nouveau par les cours 
féodales d'Ëdesse, d*Antiocbe et de Tripoli, 
où le seigneur suzerain avait la même puis- 
sance et les mômes prérogatives que le roi 
de Jérusalem. Une haute critique a dégagé 
ces faits de Tobscurité et des incertitudes 
aue n'avaient pas dissipées les historiens 
des croisades môme les plus récents, et mon- 
tré ainsi dans la condition politiauedelaSyrie 
chrétienne, une situation semblable, à beau- 
cuupd*égards,àce)ledelaFranceauten)psdes 
ordonnances de Louis VI, de Philippe-Au- 
guste et des établissements de saint Louis (1). 
Nous avons eu Toccasion de citer précé- 
demment les monnaies de Richard, de Roger 
et de Tancrède d'Anlioche; le cabinet du roi 

Eossède encore des pièces aux noms de Ro- 
ert et de Boémond, seigneurs de la même 
principauté ; de Raymond, comte de Tripoli ; 
etd*un Baudouin, qu'on peut attribuer à la 
famille des comtes d'Eclesse. Il paraîtrait 
môme qu'en Syrie les seigneurs Faisant 
rhommage4ige au roi, parmi lesquels étaient 
les sires de Sidon, de Baruth, ae Cayphas, 
de Césarée, de Montréal, d'Arsur, dibelio, 
les comtes de Jaffa et d'Ascalon, et le prince 
de Galilée (S), eurent le privilège de frapper 
monnaie : c'est du moins ce que l'on pour- 
rait induire d'une monnaie du cabinet, por« 
tant pour légende, au droit:. -H ReNALovs, 
et au revers : 4- sidonis. 



S VII. Huguc$ III j novembre 1267 — 
26 mars 128^. 

N* 1. Reinhard a publié un basant d'or 
scyphal au nom d'un roi Hugues, d'après 
l'original du cabinet de Golha; M. Mûuter 
et Al. Buchon l'ont donné d'après Reinhard; 
mais dans ces dernières copies, la figure a 
souffert quelques changements. Nous la dé- 
crivons d'après la planche de Reinhard, 
quoique le dessin ait été fait évidemment 
avec peu de soin (3). 

Au droit, dans le champ : le roi debout, 
ayant la physionomie d'un homme âgé, porte 
une couronne royale à trois pointes ou fleu- 
rons simples. 11 est revêtu de la dalmatique 
byzantine, ornée de pierreries, et s'appuie à 
droite sur une haste terminée par une croix. 
De sa main gauche il élève le globe cruci- 
gère, dont la croix a été placée avec inten- 

rënuroératîon, da droit de rendre la jnsllce et de 
sceller les actes publics. Cf. Assises, 1. 1, p. .419, 654. 
(i) Voy. rintroduction de M. le comte Beugnot 
aux Assises de Jérusalem, Jl. 1, p. xxv. 

(2) Maria Sanuto, Secreia fideiium crucis, I. m, p. 
VII, c. \. Bongars, t. Il, p. 175. 

(3) Geschichte des konig, Ctjp,, t. F, p. 292. 



tion au commencement de la légende, en 
lettres capitales et onciales : hvoo. r(x. cy 
PRi. Un double grènetis environne le tout 

1^. Jésus - Christ , la tête environnée dil 
nimbe croisé, assis sur un trône, et bénis- 
sant de la main droite. A gauche de la tète 
se voient les lettres XC., formant la dernière 
partie du nom de 'i«coGc Jipiuxéç en caractères 
grecs, dont la première partie "II!, devait se 
trouver à droite. Cette image, d'origine et 
de style byzantin, fut empruntée par divers 
princes chrétiens d'Orient et d'Occident aux 
monnaies des empereurs de Constantinople. 
On la voit sur des monnaies des doges do 
Venise et des rois d'Arménie. Elle occupe 
la face convexe de la coupe des besants grecs 
ou chypriotes, ce qui explique son altération 
habituelle. 

N« 2. Le cabinet du roi possède un besanl 

d'or scyphat, où on lit : h : r€i : d e«€ 

d'hip. if. rei de Jérusalem et de Chipre, en- 
touré intérieurement d'un simple grènelis. 
Dans le champ, le roi, couv< rt d'une dalma- 
tique ornée de pierreries, dans le goût by- 
zantin , tenant de sa main droite la croix 
à long pied, pareille à celle de la mon- 
naie, u'' 1, et de la main gauche le globe 
crucigère, dont la croix arrive au commen- 
cement de la légende. Sur la tète du sou- 
verain parait une couronne en forme de 
Stéphane antique, qui n'est peut-^tre que ia 
couronne des autres princes, dont les fleu- 
rons sont cachés par la légende. Dans le 
champ, a gauche du roi, est une rosette. 

Le type du revers est très-fruste; on y 
distingue cependant quelques vestige.s do 
l'image de Jésus-Christ, assis et entouré d un 
doubiv) grènetis, comme au n** 1. 

Cette monnaie a été publiée d'abord par 
Pellerin, à qui elle appartenait, avant de 
passer au cminet du roi, à Paris. Ce savanl 
numismatiste l'avait attribuée à Henri, em- 
pereur de Constantinople. M. Bacbon a 
prouvé incontestablement qu'elle devait 
appartenir à un roi de Chypre, du nom de 
Henri ou de Hugues, et quelle devait être 
plutôt de Huguos III que de Henri IL Nous 
ne reviendrons pas sur cette discussion (ij; 
mais nous sommes forcé de faire quelques 
observations sur l'inexactitude du dessin de 
Pellerin, reproduit par M. Buchon, car nous 
ne pouvons croire que l'artiste employé par 
ce savant ait eu le soin de recourir à l'origi- 
nal même de la pièce (2). Le roi porte uoe 
couronne ou bonnet sans fleurons sur la 
monnaie, et le dessin lui donne une cou- 
ronne fleuronnée. Ce que le prince tient h la 
main, quoique très-fruste, se reconnaît évi* 
demment pour la croix & haste; Pellerin et 
M. Buchon y mettent un petit drapeau. De 
plus, on a représenté au revers Jésus-Cbrist 
avec le nimbe perlé, ce qui serait un coDt^^ 
sens très-grand, principalement sur une 
monnaie de cette époque, ^X sur un monu- 
ment d'Orient, {mys ou les premières tradi- 

{\) Voy. rexlrait de Touvragc dé Mûnter, tradtiii 
par M. Bi\c\um, Recherches, p. 401, note L 
(2) Recherches^ page 599, planche \1, ii» 3, 



i97 



Cil Y 



DICTIONNAIRE DE NUMISSIÂ TIQUE. 



Cil Y 



i08 



tiODS de Tart chrélien étant plus fidèlement 
conservées quVn Europe, Jésus-Christ n'ap- 
paraît jamais qu'avec le nimbe croisé; et, 
en effet, il est pres.|ue possible d'apercevoir 
encore sur le côié droit de la pièce quelques 
traces de la croix du nimbe. Le trône, Je 
globe et la légen.le IC. ÎS^T. *i«9ovç Xpiçrôç 
du dessin, sont absolument invisibles sur 
Toriginal. 

Nous remarquerons que ce besant est percé 
de deux trous; circonstance qu'il eût été 
nécessaire d'indiquer sur la planche, comme 
le dessinateur de M. Bucbon l'a marqué sur 
le besant d'argent de Henri II, dont nous 

f>jrlerons plus loin. Ces trous rappellent 
'usage fort commun de tout temps en Orient, 
de porter les monnaies comme ornements. 
Ces observations préliminaires exposées, 
venons à l'attribution des pièces que nous 
avons décrites. M. Mùnter et M. Bucbon 
donnent la monnaie n* 1 à Hugues r% et la 
monnaie n* 2 à Hugues III; nous croyons 
que l'une et Tautre appartienneut à ce der* 
nier prince. 

Bans les deux pièces, c'est le type et le cos- 
tume byzantin qui dominetit; le roi alaméme 
position et les mômes attributs, sauf la cou- 
ronne, et la barbe, gui disparait et gui re- 
vient, comme l'on sait, sur les monnaies des 
nnômes princes. £n outre le double grènetis 
et les vestiges du nimbe existant sur le n* 2, 
prouvent encore que les revers devaient 
être semblables; et si les lettres de la lé- 
gende du n* 1 paraissent avoir un c-aractère 
archaïque gui les éloignerait de l'âge de cel- 
les du n* z, il est dû, nous le croyons, à 
l'exécution extrêmement négligée de la 
planche de Reinhard, sur laquelle le double 
grènetis n'est représenté que par deux lignes 
ondulées. Dailleurs ces lettres diffèrent 
tout autant de celles qui forment la légende 
du sceau de Hugues I'% dont nous avons 
parlé, et, de plus, dans ce sceau, le jeune 
|>rince, auquel il est difficile d'appliquer 
la ligure austère et vieillie de la gravure de 
llcinhard , quelque exagération qu'il y ait 
dans l'expression, est assis; il porte une 
robe longue, et non la dalmatique (1). 

La considération Vraiment importante 
qui a déterminé M. Munter et M. Buchon à 
attribuer à Hugues 1" la monnaie n" 1, en 
laissant le n* 2 à Hugues III, c'est la diffé- 
rence des légendes, dont la première qualifie 
le prince de rot de Chypre seulement, et la 
seconde, de rot de Jérusalem et de Chypre, 
La réunion définitive des deux couronnes 
n'ayant eu lieu qu'en 1269, après la mort 
de Conradin, sous le règne de Hugues III, 
la monuaie que nous désignons sous le n* 1 
ne peut être de Hugues UI, disent MM. Mun- 
ter et Buchon, puisque cette réunion s'opéra 
sous son règne (2). Mais remarquons que 

(1) Le dessliiateur de M. Buchon a beaucoup ra- 
jeuni la figure do roi Hugues, tonl en lui conservant 
la barbe que parait avoir ce prince sur la monnaie de 
Gotha. En Tabsence de Toriginal, c'est au premier 
dessin donné par Reinhard que nous devons nous en 
tenir. 

(i) \K Buchon^ Recherchesy p. 396. 



Hugues lil parvint au trône de Chypre on 
1267, qu'il ne fut roi de Jérusalem qu'en 
1269, et qu'il prit alors seulement les deux 
titres. Nous avons, en effet, des actes de la 
haute cour de Saint-Jean-d'Acre de l'an 1263, 
qui le nomment Hugues de Lesaignan, par 
fa grâce de Dieu, roy de Chipre (1), tandis 
qu'en 1269 il est appelé Hugues^ par la 
grâce de Dieu, roy de Jérusalem latin et roy 
de Chypre (2). Observons de plus que ce 
prince montait sur le trône après un règne 
sous lequel on n'avait peut-être pas fabri- 
qué do nouvelles espèces; qu'il se trouvait 
en Chypre, et qu'il était déjà régent du 
royaume, quand son cousin Hugues II lui 
laissa la couronne, et qu'il put, par consé- 
quent, faire frapper en son nom, dès les 
premiers temps de son règne, des monnaies 
comme celle du n* 1. Reconnu deux ans 
après roi légitime de Jérusalem, il dut 
changer le type de ses monnaies et de ses 
sceaux, et émettre des pièces semblables h 
celles du n* 2. 

Marie d'Antioche, tante du roi Hugues UI, 
revendiqua le trône de Jérusalem contre ce 

E rince, comme on l'a vu dans le précis 
istoriaue; mais n'ayant pu faire recon- 
naître les droits qu'elle alléguait, la prin- 
cesse se désista de ses pr^'têntions Tan 1277, 
en faveur de Charles I", roi de Sicile. De- 
puis cette époque, les rois de Sicile et les 
rois de Naples, successeurs de Charles d*An- 
jou, ont toujours pris, comme les rois do 
Chypre, sur leurs monnaies et dans leurs 
actes, le titre de rot de Jérusalem^ que les 
rois des Deux-Siciles portent encore, con- 
curremment aux rois de Sardaigne, héritiers 
réels et légitimes des Lusignan (3). 

i YIU Jean /'% 26 mars 128^ — 20 mai 12KS. 

Le savant auteur des Recherches attribue 
au roi Janus,ou Jean II, une monnaie ayant 
pour légende : Johannes, gracia Dei, rex 
Jerusal.y qui pourrait appartenir à Jean I"; 
nous croyons cependant devoir la reculer 
jusqu'au règne de Jean, pelit-flls de Jac- 
ques I", dit Jean IlL On verra qu'elle no 
peut être de Janus. 

S IX. Henri II, 20 mai 1285- 31 mars 132i^. 

Le cabinet du roi possède trois monnaies 
de ce prince; ce sont deux besants d'argent 
et une pièce de petit module qui nous pa- 
rait être, d'après son poids, le gros ou demi- 
besant de dhypre. La première monnaie 
représente dans le champ : le roi assis sur 
un trône sans dossier, en forme de pliant, 
et dont les côtés sont terminés par des tètes 
de loups, ou plutôt de lions. Le prince porte 
une couronne ornée de trois fleurons fleur- 
delisés; il est revêtu d'un manteau relevé 
sur l'épaule droite. De la main gauche il 
soutient le globe surmonté de la petite croix 
pâtée, qui vient figurer au commencement 

i\\ Assiiei de Jérusalem, t. II, p. 416. 
2) Paoli, Codice diplomatico, 1. 1, p. 188. 
3) On connail des monnaies du règne même de 
Charles d*Anjou, où figurent le liire t*t la croix de 
Jérusalem, qu^onl conservés ses successeurs. Mura* 
lori, Antiquitatei Udlœ medii trw, 1. 11, p. 657. 



199 



CHY 



DICTIONNAIRE DE NUM SMATIQUE. 



cm 



W 



de la légende comme dans les monnaies de 
Hugues 111. La main droite repose sur les 
genoux du souverain, el relient un sceptre 
fleurdelisé. A la droite, dans le champ, une 
croisette pâtée, semblable à la croii du globe. 
Légende : henai : aei ne. Un grenetis envi- 
ronné le tout. 
Au revers : •+- i€rusal'w6d'chipbc, entre 

S rendis. Dans le champ, la croix polencée 
e Jérusalem, cantonnée de quatre croiselles 
pâtées, Poids, 86 grains (1). 

N» 2. Variété, sans croisette. Poids, 
85 grains. 

N* 3. Petit module, sans croisette. Poids : 
ko grains. 

N** 4. Nous n'hésitons pas à donner aussi 
à Henri H la monnaie de la collection Nor- 
blin, qu*a publiée Lelewell, en demeurant 
indécis, pour son attribution, entre Henri I" 
et Henri 11 (2). Sans parler du type et du 
costume royal, qui sont absolument sem- 
blables à ceux des n*' 1 et 2, le titre de raî 
de Jérusalem et de Chypre inscrit sur la 
monnaie de M. Norblin prouve que cette 
pièce ne peut être de Henri 1", qui n'a 
jamais pris le titre de roi de Jérusalem. 
C'est une variété du besant d'argent de 
Henri 11, avec une étoile à six pointes à la 
môme place que la croisette du u* 1. 

Les monnaies de Henri 11 ne sont pas 
aussi rares que les précédentes; le Musée 
britannique en possède une semblable à 
celle du n* 1 du cabinet du roi, et M. Mùn- 
ter en a fait graver quatre qui ne diffèrent 
qu'en de légères circonstances. Les obser- 
vations que ces monnaies ont suggérées au 
savant Danois, et que M. Buchon a rappe- 
lées (3), ne nous paraissent pas toutes éga- 
lement justes. 11 suffit d'examiner les mon- 
naies de Henri U et celles de ces prédé- 
cesseurs, pour voir combien elles ditlèrent, 
et pour reconnaître combien la fabrication 
chybriote s'était écarlée, dès le règne de ca 

Ennce, du type byzantin. Le manlcau des 
csants de Henri U. est le manteau royal, 
imitation de la chiamyde romaine, tel qu'on 
le voit sur les sceaux de Henri r% de Phi* 
lippe r% de Louis VI, de Louis Vil et de 
Louis VIU, rois de France; ce n'est plus la 
dalmatique byzantine. 11 diffère même des 
manteaux portés par les empereurs de Gons- 
tantinople, et qui s'en rapprocheraient 
davantage, en ce qu'il ne présente aucune 
de ces pierreries prodiguées sur les autres. 
Le coussin byzantin dont parle M. Mùnter 
ne nous parait être, d'après les originaux, 
que le marchepied ordinaire du trône des 
princes d'Orient. La manière latine l'empor- 
tait donc dès lors dans le style des monnaies 
chrypriotes, et les successeurs de Henri U 
ne sont jamais revenus au type byzantin de 
ses prédécesseurs. 

(1) M. Buchon a publié celle monnaie, pi. VI, n«4, 
Le trou qui ira verse la pièce originale, n*esi pas 
bien représenté sur celte planche, où il semble éire 
on point secret. 

(t) Lelewell, Numinn» du moyen âfjie, p. 30, plan- 
die XVI, n« Î7. 

(5) Recherehest p, 403. 



Quant à la couronne, qui est de même 
forme, il est vrai, sur ces monnaies et sur 
les monnaies grecques, c'est une couronne 
royale ordinaire du moyen âge. On en voit 
de semblables, non-seulement sur les mon- 
naies du Bas-Empire et sur le besant scy- 
phate de Hugues 111, imitation byzantine, 
mais sur les monnaies et les sceaux des 
rois de France et d'Angleterre; et si M. Mùn- 
ter signale une différence entre la couronne 
de Henri U et celle de la monnaie qu*il 
attribue à Hugues l*\ et que nous croyons 
appartenir à Hugues 111, cette différence 
n est due peut^tre qu'à l'imperfection du 
dessin de Heinhard» Bien aue les rois de 
Chypre, h partir du règne de Henri II, se 
soient fait couronner deux fois, la première 
comme rois de Chypre, à Nicosie, la seconde 
comme rois de Jérusalem, à Famagouste, 
jusqu'au règne de Pierre II, oh cette viJIe 
fut occupée par les Génois, ce n'est pas une 
raison de croire que les couronnes employées 
dans les deux cérémonies différaient né- 
cessairement entre elles, malgré les eiem- 
ples qu'on pourrait citer en Europe ; une 
preuve, c'est que la couronne des monnaies 
de Henri 11, roi deJériisalem et de Chypre, 
est entièrement semblable à celle de Henri I", 
roi de Chypre, que nous avons décrite plus 
haut. 

Henri U scellait sur plomb comnoe ses 
prédécesseurs (1). Les rois d'Arménie, qui 
suivaient plus tidèlemeut les habitudes de 
la cour de byzance que leurs voisins, signaient 
quelquefois leurs diplômes en cinabre, et 
les authentiquaient d une bulle d'or (2). Les 
Lusignans ont pu sceller aussi sur ce uiélal, 
comme plusieurs empereurs d'Allemagne, 
plusieurs rois de France, de Castille, d*An- 
gleterre, de Danemark et autres princes 
d'Occident; mais il ne paraît pas qu'ils aient 
jamais signé en cinabre, non plus que les 
anciens rois de Jérusalem. 

S X. Hugueê lY^ 31 mars 132& -- 10 octobre 

1359. 

Le Cabinet des médailles possède trois 
monnaies d'argent de Hugues IV ; elles 
diffèrent peu des monnaies de son oncle 
Henri U. 

N* 1. Besant d'argent. Légende : hv^TB 
REi DE. Type h peu près semblable aui 
précédents; seulement, les animaux qui sont 
aux deux côtés du trône sont ici très-re- 
connaissables pour des lions; le manteau 
royal, au lieu d'être attaché sur l'épaule 
droite par une fibule et de couvrir le prince 
jusqu'aux pieds, est relevé au milieu du 
corps sur les bras, de manière à laisser 
apercevoir la robe que relient une ceinture 

(1) \oy, les privilèges commerciaux des Pisans 
et des CaUlans en Chypre, publiés par Dal Borgo, 
Seelli diplomi Piiani. Pisa. 4765, in-l-, p. 146; Jl 
par Capmany , Coleccion diplomatica. Rarcelona, 1*79, 
in-4", p. 57. 

(2) Paoli a publié le fac-similc d*une slgnatare ^ 
cinabre, mise par Livon !•' . au bas d'un aclc » 
1210, auquel pendait un sceau d'or. Codice diplo»* 
I. I.,p. 101. 



9M 



CHY 



DICTiONNAIEE DE NUMISMATIQUE. 



CHY 



«M 



ornée de pierreries. Le haut du manteau 
est ramené sur la poitrine par des cordons 
et non par une fibule en forme de croix (1). 
Les attributs que porte le prince sont du 
reste les. mêmes que ceux ae Henri II, et 
la croix pâtée sert à la fois de croix ini- 
tiale de la légende et d'ornement au globe 
rojal. 

i). : + eiBRUsAL'tveD'chiPR, entre grenetis. 
Type semblable aux précédents. — Poids : 
87 grains. 

N* 2. + Même module, même i^pe, même 
légende. Dans le champ, à la droite du roi, 
un B surmonté d'un annelet. 

^. Même type et même légende. — Poids : 
86 grains. 

N** 3. Demi-module. Même type et même 
légende. Dans le champ, à la droite du roi, 
un C surmonté d'une croisette ou d'un qua- 
t refeuille. 

i^. Semblable aux précédents. — Poids. 
kl gr. ifè. 

Nous remarquons un B et un C sur ces 
monnaies; nous avions vu précédemment 
une rosette sur le besant scyphate de Hu- 
gues ni, une croisette pâtée sur le besant 
blanc de Henri U. Ces signes ne sont pas 
indifférents; bien qu'aucun acte ne nous en 
fasse connaître la signification, ils doivent 
être signalés avec soin, parce qu'ils indiquent 
en général les différentes émissions de mon- 
naies, et peut-être distinguaient -ils les 
fabrications des ateliers monétaires de Nicosie 
et de Famagouste. Des marques semblables 
se trouvent sur toutes les monnaies de l'Eu- 
rope. On en a observé sur les monnaies 
carlovingiennes^ sur les premières capé- 
tiennes, et sur celles de Richard en Poitou ; 
devenues très-fréquentes après le règne de 
saint Louis, elles produisirent les points 
secrets habituels, et enfin les lettres moné- 
taires introduites par François 1*% pour 
distinguer les différents hôtels de mon- 
naies. 

Des documents originaux de 1383 et années 
suivantes, que nous citerons seulement à 
leur date pour éviter les répétitions, cons- 
tatent que la monnaie de Hugues IV, comme 
C(.'lle de Pierre I" son fils, étaient d'une 
ixcellçnte matière et d'un juste poids; cir- 
constance qui coïncide d'une manière re- 
marquable avecTétat florissant de l'industrie 
et du commerce de Tlle de Chypre sous 
Vadministration de ces deux princes. Aussi, 
après les malheurs du règne de Pierre II, 
les Génois stipulèrent toujours dans leurs 
traités, que les tributs imposés aux Chry- 
priotes seraient payés en vieux besants de 
Chypre, tels qu'on les frappait du temps du 
rui Hugues et de son fils Pierre. 

En prenant donc le poids des besants de 
Hugues IV pour base de notre estimation, 
nous devons avoir le jpoids approximatif 
du bon besant blanc de Chypre, sauf la dif- 
férence provenant de l'usure des pièces. Le 
calcul donne en movenne : 



(I) /îccherches, Planche VI, n» 5. 

Diction:^, de NtutiSMATiQUE. 



Pour le besant 85 grains. 

Pour le demi-besant ou le gros. 42 1/2. 

On voit dans Balducci Pegolotti qu'il y 
avait en Chypre, sous le règne de ce prince, 
un hêtel des monnaies à Famagouste, où 
les marchands vendaient, suivant un tarif 
déterminé, des métaux et surtout de l'argent 
qu'ils apportaient des pays étrangers (1). 
Il existait certainement un autre atelier à 
Nicosie, comme l'indique la dénomination 
de beêonts de Nicoêie^ donnée dans les traités 
du quinzième siècle aux bonnes espèces 
frappées sous Hugues IV et Pierre I" (2)9 
mais il ne parait pas que les Lusignans 
aient établi des fabriques monétaires en 
d'autres villes de leur rojaume. 

Le plus souvent les rois, par leurs prépo- 
sés, achetaient les métaux et faisaient frap- 
per les pièces pour leur compte, quelquefois 
ils affermaient la monnaie (3) à l'exemple 
de ce qui se pratiquait à Gènes. (4;), et géné- 
ralement dans toute l'Europe. Cet usage, 
malgré ses inconvénients et ses dansers 
pour le crédit public, existe encore ofans 
plusieurs Etats de l'Allemagne, où un ban- 
quier, manquant de certaines espèces, peut 
i»rendre la monnaie à sa charge et battre 
es pièces qui lui sont te plus nécessaires 
pour ses opérations. 

i XL Pierre /•'. 10 octobre 1359 — 16 jan- 
vier 1369. 

Trois monnaies en argent au nom de 
Pierre se trouvent dans le cabinet du roi. 
NM . La première» qui est un besant d'ar- 

Î;ent comme ceux de Hugues IV, a pour 
égende : -+- pierb pahlaghacedeoibroi, 
entre grenetis, et représente dans le chamji 
le roi assis sur un trône orné de différentes 
moulures gothiques où ne paraissent pas les 
tètes de bon du siège de Hugues IV. Le 

S rince porte une couronne à trois fleurons 
eurdelisés, semblable à celle de son père ; 
il tient de la main droite le sceptre repo- 
sant sur ses genoux, de la gauche il élevé 
le globe crucigère, dont la croix ne figure 
plus au commencement de la légende comme 
sur les monnaies de ses prédécesseurs ; son 
manteau, pareil au précédent, est retenu 
sur la poitrine par une fibule en forme de 
croix. A sa gauche, au bas du trône, se 
trouve un écusson à pointe ogivale, chargé 
d'un lion, tel qu'il est représenté sur les 

li) Délia mereaiura, p. 68> 69. 

\t) Voy. ci-après, règnes de Pierre II, de Jacques 
I«^, ae Janus. 

(5) Dans ce cas le tarif pour Tachât des métaux, 
n'cuit plus obligatoire, et les adjudicataires de la 
monnaie traitaient à leur guise avec les vendeurs : 
Questo s^ntende quando la Zecca $ia in mano del Re, 
che non $ia in appalto, etc., Pegolotti, p. 68. 

(i) MS. du P. Semini, Memorie iopra il commercio 
dé* Genoveii, compilale per ordine dd Diretlorio ete- 
cttlivo délia Ligure repubblica, Meraor. IH^, S i, ann. 
4255. (Ce travail de Semini, sur lequel M. de Sacy a 
donné une notice dans les Mémoires de FAcadémie 
des Inscriptions, nouv, iérie, t. IIT, p. 87, a été de- 
posé depuis aux arcliives royales de Turin, où il est 
conservé aujourd'hui.) 

7 



GBT 



DiC110NNAIR£ DE NUIOSMATIQUC. 



CHT 



M 



des Losignans de France et de Chy- 



4. la croii potencée et reeroisettée de 
qyatfi ctoisettes ; l^nde, en lettres capitales, 

■léiéeS d*QBCialeS :+BSIBRT. ALBWBDBCHIPECy 

ée JéntMdem H de Ckgprt^ entre grenetis. 
^ Pdids, 8i grains. 

!>t* S. Besant d'argent, même module : + 
maB FAM LA GEACB i>*n>KB. Dans le champ» 
le roi assis sur an CrAne figuré de la même 
manière qn^au n* 1, si ce n'est ou'à la place 
du sceptre le prince porte une epée, que le 
irôoe est orné d'un quatrrfeuille éyide dans 
le socle, et d*an oiseau qui paraît être une 
canette sur le dossier. 

i. + D^naTSALB^ B n'cHiPBB, entre grene- 
tis, croix potencée dont Fintérieur est e vidé, 
cantonnée de quatre croisettes. — Poids, 

86 grains et demi. 

N* 3. Besant d*arsent, même module. + 
nEBB PAB LA GEACB D DiBT BEI, entre grcnctis. 
Dans le champ, type yarié du n* précédent. 

%. + .••• BBTSALB** Z BB CHIPEE, CUtrO Çre- 

netis, croix potencée, k intérieur évidé, 
cantonnée de quatre croisettes. — Poids, 

87 grains. 

Deox princes du nom de Pierre ont occupé 
successiTement le trAne de Chypre; l'un de 
1359 à 1369, Tautre de 1369 k 1382. Le pre- 
mier est appelé en français Pierre, le second 
est souvent appelé Piarrin, traduction du 
nom de Pierino^ sous lequel il fut désiré, 
k cause de son jeune âge, par les historiens 
italiens du xir* siècle, qui ont parlé de la 
funeste intasion des Génois en Chypre, 
événement le plus marquant de son règne; 
mais œs deux princes, dans les actes oBt^ 
ôels, prennent et reçoivent toujours sans 
exception le nom de Pierre. Ainsi, pour 
nous iMrner k un petit nombre d'exemples 
relatifs à Pierrin et choisis parmi les docu- 
ments qui se rapportent k ses plus jeunes 
années, fioos le trouTons nommé Ptere de 
Ejeàeifmmm dans la déclaration que la haute 
cour de Nicosie fit rédiger et inscrire en 
têfe du livre des Assises de Jean dlbelin, 
«■x premiers mois de son règne (1). En 1370, 
Offtain ¥ engage les Vénitiens et les Génois 
k rester unis avec le roi de Chypre, qu'il 
appelle ckÊuissimus fiiius nosier Petrus (2) ; 
en 1374, dans le traité de paix de Nicosie 
qui suivit la prise de Famagouste par les 
Génois, Pierrin prend comme son f^re (3) 
le titre de Petrus^ Dei gratta rex Hierusalem 
ti Cypri (k), etc. On ne peut donc recon- 
naître d'une manière inoontestable auquel 
des deux princes apnartionnent les monnaies 
du cabinet du roi. Nous croyons cependant 
devoir les attribuer k Pierre I*% par cette 
raison que les Génois, en imposant des 
tributs et d*au(res contributions de guerre 

(f ) lAttstt de Jéruêelem, L 1, p. 3. 
de lUes rapportées par Raynaldi, 1370, 6 15, t. 
lUVI. p. 136. a 1371, S 9, p. soi; 137f, § 31, 



» '* 



*• **< 



T«f. Preaveakiédiles de notre mémoire, année 



dans Sperone, htai grandeuê 
,p.lOO. 



au royaume de Chypre, par le traité de 
Gènes de 1383, déclarent ne vouloir accepter 
que des florins ou des besants de Pierre 1" 
et de Hugues IV, k raison de k besants pour 
chaque florin, ou bien des besants (nouvelle 
monnaie) k raison de neuf pièces par florin. 
Ad raiionem bieantiomm novem pro quolibet 

?loreno (1).... et plus loin, quod rex dedeht 
isantioe qttaiuor pro quolwet floreno, vête- 
re$ et bonoe^ taies quaiee expenddfantur m 
regno Cypri tempore sereniêsimorum regum 
Ugonisy vel Pétri eju$ fUii (9). Puisçiue les 
Génois refusaient les monnaies de Pierre II, 
ou ne les prenaient qu'en diminuant leur 
valeur légale de plus de moitié, elles de- 
vaient être bien inférieures k celles de son 
père et de son çrand-père; or, lesbesanls 
du cabinet du roi au nom de Pierre, ont le 
même poids que ceui de Hugues lY. 

II se pourrait toutefois que ces besants 
eussent été frappés dans les premières an- 
nées du règne de Pierre II, avant les mal- 
heurs que la catastrophe de 1374 amena 
sur le royaume. En efiet, dans le premier 
traité de Nicosie de 137%, les Génois stipu- 
lent pour indemnité de guerre une somme 
de 90,000 florins, et ne font pas la réserve, 
comme en 1383, que cette somme serait 
payée en florins ou en vieux besaots. Dans 
cette hypothèse, les monnaies de Pierre 11, 
rejetées par les Génois en 1383, ou prises 
pour une valeur infiniment moindre que 
celle des besants de Hugues IV et de Pierre r, 
auraient été fabriquées après roccupation 
de Famagouste, au milieu de la détresse 
publique et précisément pour payer les 
contributions imposées par la republique. 
Mais dans ce cas on ne voit pas comment 
les Génois n'acceptaient pas, en 1383, les 
besants de Pierre 1! antérieurs k Tan 1371, 
si ce prince en a fra{)pé réellement. 

N* \. Une monnaie au nom de Pierrei 

Êubliée par M. Munter, et reproduite par 
.[. Buchon sous le n* 10 de sa planche n» 
tendrait bien k faire assigner a Pierre II 
les monnaies précédemment décrites, en ce 
que celle-ci, bien qu'égale aux autres de 
type, de frappe, de légende et d'attributs, 
représente un roi Agé et k ce qu'il semble » 
barbu (3) , dont la tigure convient mieux à 
Pierre v\ uarvenu au trône âgé de plus de 
30 ans, au a celle de Pierre II, mort seule- 
ment k l'Age de M ans, d'autant plus que 
les monnaies du cabinet donnent au princo 
une figui'e imberbe. Mais cette circonstance, 
qui est toujours un indice insuffisant et peu 
certain, a encore ici moins d'importance, 
d'abord, parce que la barbe a pu être ajoutée 
par les dessinateurs, attendu qu'il n'est pas 
sûr qu'elle existe sur Toriginal; en second 
lieu, |>arce que M. M iinter, penchant à attri- 

(1) Sperone, Beet gremdeum, f. It7. 611 ne M 
paa lire biêemiormm qietwer, ii t*4^l éTiteuMai « 
besaoïs nouveUemeui frappés, puisque dans les a^ 
tides suivants le florio eu évalué k quatre beaaaU 
anciens. 

(i) Sperone, p. IdO. 

(3) Bl. Buchon dii lui^iiâBie, p. 406, que le roi pf^ 
rolliiailNi. 



i05 



CHT 



DICTIONNAIRE DE MUMISIIATIQOE. 



GBf 



aee 



buer cette monnaie au jeune Pierre, cela 
nous prouve qu'elle se rapproche en réalité 
bien plus de nos basants n* 1, n* 2 et n' 3, 
qu'on ne le croirait d'après la planche de 
M. Buchon; enfin, parce que sur nos trois 
monnaies, la figure du prince, quoique 
imberbe et assez jeune, est loin d'être en- 
fantine; cette figure se rapporterait donc 
aux derniers temps du règne de Pierre II, 
à l'époque des besants de bas aioi, ce que 
repousse la comparaison avec les pièces du 
cabinet, toutes d'un excellent poids. 

Nous croyons donc, par suite de ces 
observations, pouvoir laisser jusqu'à nou- 
velles preuves les monnaies du cabinet des 
médailles, comme celle de M. Mtinter, au 
roi Pierre P'. 

Au temps où ce valeureux prince, n'étant 
encore que comte de Tripoli, s'efforçait de 
changer la politique pacifique que le roi son 
père avait adoptée dans les dernières années 
de son règne, il organisa une association 
de chevaliers dont Te but était de recom- 
mencer, à la première occasion, la guerre 
contre les inndèles (1). Guillaume de Ma- 
chaut, qui avait voyagé en Orient et qui pa- 
raît avoir eu des relations avec quelques 
stHgneurs de la cour de Nicosie, nous fait 
ainsi connaître la devise et les emblèmes de 
cotte corporation militaire : 

Et vesci Tordre et la devise : 
Il porloit entre toute geol 
Une espëe de fin argent 
Qui a voit le porameldessenre 
En signe de crois qu'on aeure, 
Assise en un champ asuré. 
De toutes couleurs espuré. 
El s'avoit lettres d'or entour, 
Uui estoient faites à tour, 
Disans, bien m'en doit souvenir : 
Ceslpouf loiauté maintenir, 
Car le Tay mille fois vea 
Sas les chevaliers et lea (2). 

La confrérie devint un véritable ordre de 
chevalerie lors de l'avènement de Pierre 1*% 
et les successeurs de ce prince le conservè- 
rent toujours en l'accordant en des occa- 
sions importantes aux personnes qu'ils vou- 
laient honorer. Pierre I" ayant occupé du- 
rant son séjour à Venise, en 1863 et 136i, 
le palais Cornaro , remit à Frédéric , son 
hôle, les insignes de son ordre que la fa- 
mille Cornaro, où devait naître, un siècle 

(1) ¥oy. le Précis historklue, règne de Hugues IV. 

(i) Poésies de Machaut. Bibl. roy., ms. n« 7669-2, 
I' 511. Voilà ia création de Tordre de TËpée bien dé- 
lerjuiaée par np auteur contemporain. Cette origine 
a paru sans doute trop récente aux historiens des 
ordres militaires, et ils l'ont fait remonter à réta- 
bllsseineul des Francs dans File de Chypre. î^our eux 
les hommes d^armes auxquels Guy de Lusignan dis- 
tribue des terres dans sa seigneurie, deviennent 
lous chevaliers de TEpée (Hélyot, Histoire de$ ordres 
msnastiquesy etc., Jusiimani, et les auteurs quHI 
eiie, 1. 1, p. i77). Ces auteursont voulu donner aussi 
une siguîlication mystérieuse à la banderole sur la- 
({iielle la devise était écrite, et qui entourait l'épée 
en forme d'S, comme on le voit dans Técu gravé sur 
b 4-arle de Chypre de Jauna ; les uns ont dit que cette 
lellre signifiait Secretum socieiatis, d'aulres, avec 
autaiii de raison, Securitasregni, elc. 



î 



plus tard, la trop célèbre Catherine, poirta de- 
puis dans ses armes. Frédéric, pour perpé- 
tuer le souvenir de Thonnenr aue Im avait 
fait Lusignan, fit dessiner sur la façade de 
son palais, dn côté du grand canal, le roi et 
la reine assis sur leurs trônes, et aux côtés, 
reçu de Tordre de TEpée, tel que Machaut l'a 
décrit, avec les armes des rois de Chypre, qui 
étaient, d'après les peintures du palais Cor- 
naro (seul monument original auquel nous 
puissions nous référer pour cette éroque), 
au premier et au quatrième canton a aident 
k la croix d'or potencée et cantonnée de 

Suatre croisettes du même, armesdu royaume 
e Jérusalem; au deuxième et au troisième 
canton : burelé d'argent et d'azur au lion 
de gueules, insignes de la souche française 
des Lusignans; sans que le lion de gueules 
sur champ d'argent, qui fut, après la réunion 
fictive de la couronne d'Arménie k la royauté 
des Lusignans, le quartier distinetif du 
royaume de Chypre, parût encore dans les 
armes des successeurs du roi Amaury. La 
devise, Cest pour loyauté maintenir, ét9,\i fi- 
gurée dans reçu de Tordre sur une iMinde- 
role qui passait par dessus l'épée (1). 

Jacques I" envoya l'ordre royal de Chvpre 
à Simon de Sarrebruck, seigneur d'Angfure, 
qui voyageait en Chypre l'an 1395(2) ; Janusle 
remit lui-même à Barthélémy de Campe Fre- 

Îoso, capitaine de Famagouste, après la paix de 
Hk^ (3); la reine Charlotte le conféra k Mar- 
tin Yillain, seigneur de Resseghen en Flan- 
dre, au retour de son voyage en terre sainte, 
comme on le voit par ses lettres expédiées 
au palais de la citadelle de Nicosie, le S3 
juillet iW9 (k). 

Pierrel", afin dedonner plusd'éclatkl'inati- 
tution qu'il avait créée, plaça ses emblèmes et 
sadevisedanslesceau qu'il employait ordinai- 
rement. C'est ce que Ton apprend de l'attesta- 
tion sui van te, i nscrite par le chancelier de la ré- 
publique de Gênes, dans le Liber jurium^ après 
la copie du renouvellement des privilèges 
commerciaux des Génois en Chypre, accordé 
par ce prince le 5 mars 1963 : « Antonius 

de Credenlia confinnationem privilegii 

ut supra exscripsi et exemplavi et in banc 
publicam formam redegi, de ({uibusdam pa- 
tentibus regalibus lilteris in pergameno 
scriptis et sigilli regalis secreti bullati in se* 
rica cordela rubea et cerarubeaimpressione 
munitis, nrout in eis vidi et legi, nichil ad- 
dito Cujusquidem sigilli coherentie taies 

(i) Ces peintures se voyaient encore au temps de 
Corooelli, qui en donne une représentation détaillée 
dans sa carte de l'Ile de Chypre, avec cette notice : 
f Queste insesne sono quelle che furono poste neM.a 
faciata a San Luca del palazzo Corner, sopra Canal 
Grande, da Pietro Lusîgnano, rc di Cipro, che alloffîo 
in esse, quando venne a Venetia Tanno 1365, do- 
nandole a Frederico Cornaro in perpétue, e che di 
présente si vedoiio. > 

(i) Journal du voyage d^Anglure. Troyes, 463i, in- 
12, f» 65 v». 

(5) Cf. Johan. Slolhiî, Annal. Genuenses, ap. Mu- 
raiori, Script, rer. liai. y t. XVII, col. 1407. 

(4) Hist. de Guines., preuv., p. Oit. 1)iican|;e, 
Hist, manuscr. des priucipunuKs d*ontrc-mer, règne de 
Charlotte. 



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CHY 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



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208 



sunt : Nam primo habet in medio cimerium 
regale, cum scuto sive clipeo supposito ad 
arma sive insignia regalia et cum eose eva- 
gioato dependente a dicto cimerio, oui etiam 
est connexauna linea litterarum in hec verba : 
Pour Vanore mantenir (1), etdicti sigillicir- 
cumscriptio talis est : D. fS?) Pétri Dei gratta 
Jérusalem etCipri régis (2). » 

On doit remarquer que ces armes étaient 
seulement sur le sceau particulier du prince 
et non sur le çrand sceau royal. Ce dernier 
type ne pouvait être semblable, sous le règne 
de Pierre 1'% aux sceaux que nous connais- 
sons des rois Husues 1*' et Henri II ; il n'of- 
frait plus sans doute la porte crénelée du 
château de Nicosie, qui dut ôtre remplacée 
dès le règne de Hugues III par la croix d'or 
et le lion de gueules, auxquels Philippe de 
Mézières, chancelier du roi jPierrc I", fait 
allusion dansTOra/to tragœdica (3). 

§ Xn. Pierre IL 16 janvier 1369 — 17 octo- 
bre 1382. 

Nous ne connaissons pas de monnaie que 
Ton puisse attribuer avec certitude à ce 
prince {h). Nous avons dit les motifs qui nous 
portent à donner à Pierre V les besants d'ar- 
gent que possède le cabinet du roi ; il nous 
reste a faire quelques observations sur une 
monnaie de même métal, publiée par M. Bu- 
chon sous le n** 7 de sa planche vi, commô 
appartenant au roi Pierrin. 

La planche représente, au droit de la pièce, 
le roi assis sur un trône orné de moulures 
gothiques, revêtu du manteau que retient 

(i) Le copiste ilaliea aura peui-étre mal lu la de- 
vise du sceau et mis Ponore^ qui n'était pas français, 
pour lovoté» 

(2) Voy, Preuves inédites de notre mémoire. 

(3) Hic nempe peregrinus tenebat quoddam sigiUum 
magnum in quo crux aurea et leo rubens erant sculplOf 
etc. Nouv. Recherches sur le véritable auteur du 
sonffe de Vergier, par M. P. Paris, 1843, p. 58. 

(4) J'imprime cette notice telle qu'elle est dans le 
mémoire que j'ai soumis à l'Académie des inscrip- 
tions; mais je dois prévenir que j'aurai à modifier ce 
que je dis ici sur les monnaies des rois Pierre, con- 
servées au cabinet des médailles, d'après l'observa- 
tion bienveillante de l'un des membres de la com- 
mission du concours, dont l'opinion est une autorité 
décisive. Je reconnais avec M. Lenormani que les 
monnaies du cabinet du roi au nom de Pierre appar- 
tiènnenl plutôt, d'après leur style, à Pierre 11 qu'à 
Pierre I«' ; mais, quant à l'époque où ces pièces ont 
dû être frappées, je crois aue mes arguments sub- 
sistent. Il est constant que dés la mort du roi Pierre 
11, les Génois refusèrent les espèces portant Tefûgic 
de ce prince et demandèrent des monnaies de son 
grand^re dans les traités qui réglaient les condl- 
liens du retour de Jacques 1"^ en Chypre pour le 
replacer sur le trône. La monnaie royale avait 
donc émis sous le règne du souverain défunt des piè- 
ces de bas aloi, et cet expédient fatal dut être adopté 
par les conseillers du jeune roi, alors âgé de dix- 
huit ans, après l'invasion de 1374, qui vint tout à 
coup enlever au royaume des Lusignans son port le 
plus beau et le plus sûr, anéantir sa marine, engager 
indéfiniment l'avenir de ses finances. Les mon mues 
du cabinet, pesant 87 et 85 grains, comme les i>c- 

^ sants d'Hugues IV, doivent, à mon avis, èlre aiiu*- 
rieures à la prise de Fania^^ouble el appaiieiiir uux 
nnii i«ros années du règne do Picno 11. 



sur la poitrine une fibule en forme de croii. 
Le prince porte une couronne à trois fleu- 
rons fleurdelisés ; il tient le globe crucigère 
de la main gauche, et le sceptre de la main 
droite qui repose sur les genoux. A sa ^u- 
che, au nas du trône, est un écusson ogival, 
chargé du lion à dextre. Un grenetis envi- 
ronne le champ. Autour on lit : +PUSRiNPiA 

LA GRACE DE OIE EOI. 

^. Dans le champ, autour d'un grenetis, la 
croix potencée dont Tintérieum'estpasévidé, 
recroisettée de quatre croisettes, avec la lé- 
gende : + DE IERy8ALE<<0EDBGHIPRB. 

Le savant auteur des Recherches annonce 
que cette monnaie est tirée du cabinet du 
roi (1*); et effectivement son dessinateur 
semble avoir copié la pièce n"" 2 des hesant^s 
de Pierre I" ; mais la copie a été faite d'unf 
manière très-inexacte. Nous certifions aue 
l'original porte le nom de Piere et non celui 
de PiERiN ; c'est une erreur de lecture dont 
tout le monde peut se convaincre. Il est, du 
reste, bien évident que le dessinateur a 
voulu . représenter la pièce n* 2, quoiou'il 
ait mis un sceptre au heu d'une épèe dans 
la main du roi, et qu'il n'ait pas éyidé Tinlé- 
rieur de la croix de Jérusalem, car nous re- 
trouvons dans sou dessin la canette ^ui sur- 
monte le trône et le quatrefeuille qui en dé- 
core le socle, ornements qui n'existent ni 
sur le n** 1, ni sur le n* 3, M. Buchon ajoute 
que les autres monnaies du cabinet sont de 
simples variétés de celles qu'il publie ; en 
cela, il a raison, mais toutes portent PiVrf, 
et non Pierin. 



§ XIII. Jacques I* 

bre 



. 1382 — 20 septem- 
1398.^ 



M. Mûnter signale deux monnaies de ce 
prince, représentant d'un côté le liou de.> 
armes des Lusignans et du royaume de Chy- 
pre avec la légende : Jacobus Dei fera) — ; et 
au revers, la croix de Jérusalem, autour de la- 
(juelle paraît être la légende : Rex Jherusakm 
Ùip. Les mots Jacobus Dei sont les seuls bien 
lisibfes; mais ils suffisent pour qu'on doive 
avec M. Miinter attribuer ces monnaies nu 
roi Jacques I*% et nous nevoyons pas quels 
motifs ont porté M. Buchon à contester l'o- 
pinion du savant danois en donnant ces 
monnaies à un roi du nom de Jean. Si le ti- 
tre royal n'indique effectivement que les 
deux couronnes de Jérusalem et de Chypre, 
ces monnaies ne doivent pas être postérieu- 
res à l'an 1393, data de la mort de Livon VI 
lie Lusignan, dernier roi chrétien d'Arménie, 
après lequel son titre et ses droits éventuels 
de roi (T Arménie passèrent aux Lusignaus 
de Chypre. 

Jauna a pensé que le premier souverain 
do ce royaume , qualifié de roi d'Armé- 
nie, était Janus f2). On acte conservé en 
expédition originale aux archives du royau- 
me h Paris constate que Jacques l'S son 
(MO, ajouta ce titre à celui de roi de Jérusa- 
eni et de Chypre dès l'année 1395, et sans 

(1) lieclierclies et matériaux, 1'^ partie, p. W8 

(2) Jauna « llh\oirc de Chypre, t. Il, p. 9Ut 



f. 



209 



CH\ 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



CHY 



310 



doute dès la mort de Livon VI de Lusignan 
dont il • héritait. Ce document esl la procu- 
ration donnée à Nicosie, le 16 août 1395, 
par le roi Jacques à Jean de Lusignan, sei- 
gneur de Baruth , son neveu, pour traiter 
d'une alliance en son nom. Le roi s'intitule 
ainsi : Nos Jacobus^ Dei gracia^ rex Jeroso- 
tymUaniu decimus seplimus et rex Cipri et 
Arménie (1). Le sceau du roi était en cire 
rouge et suspendu à des lacs de soie rouge, 
comme le sceau de Pierre I" sur le privilège 
des Génois, circonstance qui montre que la 
cliancellerie des rois de Chypre avait dès 
lors abandonné Tancienne coutume des xu' 
et XIII* siècles, de sceller sur plomb. Les sei- 
gneurs chypriotes suivaient les mêmes usa- 
ges; le sceau deJeau de Lusignan, dont il 
reste quelques fragments au bas du traité 
d'alliance qu'il conclut avec le roi de France 
le 7 janvier 1397, est aussi en cire rouge (2). 

Les monnaies frappées par Jacques I" ne 
durent nas être d'un meilleur poids que 'cel- 
les de Pierre II, car les Génois stipulèrent 
de nouveau dans les traités intervenus sous 
le règne de ce prince pour régler les tributs 
et les indemnités dus a la république et à la 
mahone, que les payements se feraient en 
bons et vieux besants de Hugues IV et de 
Pierre I" : Quod solutio... debcit fieriadra- 
tionem bisantiorum quatuor bonorum et ve- 
terum de Nicosia et talium ^uales expendi 
solebant temporibus serenissimorum regum 
Lgonis et Pétri [pro quolibet fioreno) (3). 

En prenant le litre de roi d'Arménie, Jac- 
ques f" réunit sans doute les armes de ce 
royaume aux armes du royaume de Chypre, 
qui durent être dès lors, comme on les voit 
sous les derniers Lusignans [W] : 

Au !•' quartier : d'argent, à la croix d'or 

Sotencée et cantonnée 
e quatre croiscttes de 
même, armeê du royaume 
de Jérusalem. 

Au 2* — — : burelé d'argent et d'azur, 

au lion de gueules, armé 
et couronné d'or, armes 
de Lusignan. 

Au 3* — — : d'or, au lion de gueu- 
les , armé et couronné 
d'or, armes du royaume 
d Arménie. 

Au V — — : d'argent , au lion de 

gueules, armé et cou- 
ronné d'or, armes du 
royaume de Chypre. 

5 XIV. Janus. 20 septembre 1398. — 28 juin 

U32. 

Le fils aîné du roi Jacques I", qui le 
remplaça sur le trône, s'appelait non pas 
Jean^ comme on le nomme ordinairement, 

(i) Archives du royaume, J. 433, n« 7. 

1%) Arcbivea du royaume, J. 453, ii« 9. 

(5) Traité du 3 mai 1391. Voy. Preuves inédites. 
Cf. traité du 8 avril i44i. Sperone, Real grandezza, 
p. 152, 454. 

(4) Et. Lusignan, Hisloire de Cypre. Paris, f« 209 
T*. Voy. d-aprês la description du sceau de la reine 
Charlotte. 



mais Jnnus; ot ces noms souvenl con- 
fondus doivent être cependant distingués. 
Il suffit de citer parmi les personnages 
qui ont porté le dernier, soit en Italie, 
où il était fort commun ,' soit dans le 
royaume de Chypre, où il fut aussi en usage, 
Janus deCampo Fregoso, doge de. Gênes (1), 
Janus de Montolif, maréchal de Chypre (2), 
et de rappeler que des trois entants natu- 
rels de Jacques le Bâtard l'un s'appelait Jean 
et l'autre Janus (3), prénom que l'on écrivit 
aussi Gen, des deux formes du nom de la 
villede Gênes /anua et Cenuad'où il dérive (i^). 
L'enfant de Jacques de Lusignan reçut le 
nom (le Janus, parce qu'il était né à Gênes, 
où son père, ayant alors le titre de conné- 
table de Jérusalem, était retenu comme otage 
du traité de Nicosie de 1374, et le prince ne 
porta et ne reçut jamais d'autre nom de son 
vivant. Ainsi il s'appelle Janus^ Dei gracia 
Uierusalemy Cypri et Arménie rex , dans la 
lettre qu'il écrit à son ami le maréchal de 
Boucicaut, au mois d'octobre lM)t3, dans le 
traité de paix négocié en la même année par 
l'ermite de la Faye (5), et il est nommé Ja- 
nus, avec le titre de roi de Chypre, ou roi 
de Jérnsalem-de-Chypre-et-d'Arménie, dans 
tous les documents contemporains, rédigés 
soit en latin, soit en français (6), comme dans 
les historiens arabes (7), et ce n'est que par 
une confusion des auteurs postérieurs, qu'il 
est appelé aujourd'hui Jean IL II est donc 
positii que les monnaies de ce prince ne doi- 
vent porter d'autre nom que celui de Janus, 
et l'on ne peut lui attribuer en aucune ma- 
nière la pièce de cuivre, au nom de Johan-- 
nesy qu'on lui donne (8), bien qu'il soit cer- 
tain d'ailleurs que ce prince ait fait frapper 
des monnaies de bronze dans les premières 
années de son règne. Lorédano a consigné 
ainsi ce fait dans sou histoire : Fece battere 

;! (1) Voy. le Précis historique, ann. 1416, et d'A- 
chery, SpicHeg,^ édit. in-fob, t. III, coi. 763. 

(2) Guichenon, Histoire de Savoie^ t. I, p. 542, 
etc. 

(3) Vo0. Georg. Stella, Annale$ genuens.t ap. Mu- 
rat, t. XVII, col. 957-958 . 

(4) Cf. Navagiero, Storia veneàana, ap. Muratori, 
Script. .ter. Ital. y X, XXIII, col. 1457; Ducange, 
Histoire v^anuscr. des principautés d^outre-mer, règne 
de Jacques II. 

5) Voy. Preuves inédites du. mémoire. 

Archives royales de Turin, Documents, de 






4431, 145â.Voy. les Preuves inédites du mém. 
Cf. Document de 4414, dans Sperone, Èeal grandez- 
xa délia rep. di Genova, p. 442; Raynaldi, Annales 
eccUs., t. XX\m, p. 446; Reinhard, G«sc^. des Ko- 
nig. Cyp.<, i. I, Preuv., p. 400, etc. Les chroniqueurs 
italiens le nomment ordmairementGiaito.Geno, Zeno, 
quelques uns, par erreur, Joanno; mais Sanuto le 
jeune, bien qu il ail également écrit son histoire en 
dialecte vulgaire, rappelle il re Janus, nom qu'il dis- 
lingue de Giovanni sous lequel il désigne son fils et 
successeur. Storia de* duchi di Venesia. Ap. Mur. t. 
XXII, col. 994. 

(7) Khalyl Dbahéri , visir de Barsébaî, contempo- 
rain de Janus, Abrégé géographique et politique de 
fempire des Mameloucs, traduct. française, par Ven- 
lure, conservée aux mss. de la Bibliothèque royale, 
f- 359. 

(8) Recherches et matériaux, p. 440, oL VI, n« 6. 



Hf 



car 



MCTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



GHT 



m 



certa mumeta grande di ranu^ chianuUa List- 
hm, dt tiduie di sei craii^ eu ajoutant ces 
(>aroles : ohligando a sfrerxMsime pêne tutti 
colora che ardissero di rictuarla '1), d'après 
lesqueUes on pourrait penser que les mon- 
naies des Lusignaos, à cette époque mal- 
heureuse, étaient altérées, même dans les 
espèces inférieures; ou plutôt que le roi Ja« 
nus avait, de son autorité propre , attribué 
aui monnaies de bronze, de sa création, une 
valeur exorbitante et qui devait les égaler 
au petit sou d'argent. Le noru de Xûtnta, 
donné à ces pièces, n'est certainement qu'un 
dérivé du nom de Lusignan, prononcé à la 
manière des Grecs. 

Les besants d'argent du nouveau règne 
ne furent pas mieux accueillis par les étran- 
gers que ceux de Pierre II et de Jacques 1", 
et les Génois demandèrent toujours , dans 
leurs traités, des vieux besants a raison de 
quatre pièces pour un florin ou pour un du- 
cat : Viginti duo millia quingcntoi ducatosy 
seu bisantios veteres de Cypro nonaginta mt'/* 
/l'a, ad rationem bisantiorum quatuor pro 
singulo ducato (2). 

M. Miinter rappelle que les besants blancs 
frappés par Janus furent appelés de son 
nom Gianeti (3) ; mais cette assertion, du 
reste bien admissible et confirmée même 
par un passage des statuts de l'ordre de Rho- 
des de Tan 1555 ((^), ne parait pas établie 
sur des témoignages originaux. 

§ XY. Jean //. 28 juin 1432 — 26 juillet lii^58. 

N^ I. Le cabinet des médailles conserve 
une monnaie de ce prince ; elle est en ar- 
gent, et rentre dans les esnèces des besants^ 
blancs dont nous avons parlé Elle représente 
au droit : Le roi assis sur un trône à tètes 
de lion, vêtu du manteau fermé et retenu au 
haut de la poitrine par une petite Gbule. Le 
prince porte une couronne ornée de trois 
fleurons fleurdelisés; de la oiain droite il 
tient le sceptre fleurdelisé; de la gauche, il 
soutient le globe, que surmonte une petite 
croix latine. Autour on lit : iohain'es dei gaa ; 
Je tout renfermé dans un grcnetis. 

^. La croix potencée, cantonnée de quatre 
croisettes, avec la légende : ^ ihrlm : et : 
ciPRi : REx, entre deux srenetis. 

Celte pièce, comme le fait observer M. Bu- 
cbon (5), ne doit appartenir qu'au roi Jean, 
fils de Janus, bien qu'elle porte seulement le 
titre de roi de Jérusalem et de Chypre. Les 
légendes sont en effet en capitales romaines, 
dont la forme ne peut remonter k Jean I", 
qui avait nécessairement ses légendes écrites 
en lettres onciales. Elle doit être , par la 
même raison, postérieure à la pièce du nM, 

(I) HiUone de" re Lusigtmm, publicaie da Bearico 
GtMc<, eatMUier. Bologna, in-4% 4647, p. 538. 

(â) Traité de 141i dans Sfperone, Real gnmdezM^ 
p. lU. Cf. irailé de 4403, § 7, Preuves inédiie». 

(3) Extraits iraduils par M. Bucbon. Recherches, 

(A) Fay. Diego Rodriffuez, Statuia ordinit domui 
UoêfnlaUê HientêoUm, Romae. 4556, in-f% p. 74. 

(h) Recherchée, p. 4li. Voy. le u" i) de lapL VI 
qtH représente irès-adèleineiil roriginal de la pièce. 



2ue nous attribuons à lean II. Quant à la 
gure , notre monnaie est très-loin de rap- 
peler la pbj'sionomie d*un rifillardy et elle 
pourrait, sous ce rapport, être attribuée avec 
autant de raison à Jean, fils de Jaous, mort 
âgé de hS ans, qu*à Jean T', qui ne mourut 
pas enfant^ mais bien à Tdge de 83 ans. 

Les négligences et les incorrections des 
deux pièces de Jean II, que nous Tenons de 
décrire, s'expliquent facilement, quand od 
songe dans quel état se trouvait le royaume 
de Chypre sous le règne de ce prince. Les 
Lusignans étaient tributaires du sultan 
d'Eg)'pte; ils étaient débiteurs des Génois 
poui des sommes considérables, et ceui-ci, 
maîtres dans Famagouste, parcouraient libre- 
ment le royaume jpour prélever les douanes 
et les octrois que les rois, dans Tépaisement 
de leur trésor, avaient été obligés de leur 
abandonner. A chaque instant, on craignait 
une attaque nouvelle de la part des ^yp- 
tiens, que les Génois ne cessaient d^exciier 
contre les Chypriotes, et pour comble de mal- 
heur, le trouble et la désunion étaient dans 
le gouvernement et dans la famille rojale. 
Nous nous étonnons qu*on n'ait pas si- 
gnalé avant nous une particularité très-re- 
marquable de la monnaie n* 2 ; c'est que, 
pour son type, elle est semblable, au traTail 
près, aux besants de Henri II et de Hugues IV. 
On a négligé les trônes gothiques; on est 
revenu aux trônes à télés de lion; on a co- 
pié la couronne; on n'a mis qu'un grenetis 
au bord du droit; on a entouré la légende 
du revers de deux grenetis ; enfin, on sem- 
ble avoir voulu se rapprocher encore davan- 
tage des monnaies de Hugues IV, en indi- 
quant seulement le titre de roi de Jérusalem 
et de Chypre. L'explication de cette élraii- 
gcté nous est donnée par les traités passés 
entre la république de Gènes et les rois de 
Chypre, où les payements étaient toujours 
stipulés en vieux et bons besants, bien qu ils 
ne se fissent pas toujours Gdèlement a?ec ces 
espèces. Il était tout naturel , puisque les 
anciennes monnaies étaient si fort appré- 
ciées , qu'on récopiât leurs types et les em- 
blèmes auxquels on reconnaissait le plus 
usuellement les espèces. Mais cette imita- 
tion couvrait une véritable fraude, car le ba- 
sant dont nous nous occu{)ons, quoiqu'il ne 
soit pas plus altéré que ceux.de Hugues IV 
et de Pierre 1*% est d'un faible poids, et ne 
dut pas être mieux apprécié que ceuv (:e 
Pierre II. II pèse 69 grains, tandis que ceux 
de Hugues iV sont en moyenne de 85 grains 
Aussi les Génois, dans le nouveau Irailé 
qu'ils conclurent avec les Chypriotes, le 8 
avril liii.41, demandèrent encore les vieilles 
monnaies de Chypre ou des dootts d'or pour 
le payement des indemnités, dont le règle- 
ment se prolongeait depuis près d'un siècle. 
11 y a plus, la valeur du florin ou du <iii- 
cat, seules espèces dont il fut queatiM dans 
les premiers traités de 1374, étant augmen- 
i6e depuis cette époque, les Génois voulaient 
qu'on leur donnât 6 vieux besants pour cha- 
que ducat : Bisantios sex^veterts ae Kicosia 
bonos tune curr entes pro quolibet diclorum 



SIS 



cm 



DICTIONNAIRE «S NUIIKIIATIOIIE. 



GHT 



«i 



dueaiorum (1). L'ambassadeur du roi Jean, 
négociant è Géoes le traité de Ib&l, répon- 
dait aux commissaires de la republique que 
les traités ayant estimé le ducat de Venise à 
4 basants de Chypre, on devait calculer les 
indemnités sur cette base, auelque change* 
ment qu*il fût survenu dans la valeur du du- 
cat, attendu, disait-il, que la matière des be- 
san ts était toi^ours la même : Ex adverso dicen- 
If. . . fuad qualuor bisantii constittMnt ducatum 
unum^ eêto quoavalor dmiatisUauctuspertem- 
jpoTtt, tumnoH êU^nechAerit mutcUa substantia 
ipsorum bismUiorum (2). Mais les Génois répli- 
quaient,et avec raison, comme nous pouvons 
nous en convaincre encore aujourd*nui, que 
la qualité des besants avait été altérée, et que, 
malgré les traités, une partie des tributs et des 
contrtbulions avait été payée en mauvaises 
espèces : Quod solutiones kactenuê faciœ de 
frtMMUtta, non fuerint faciœ in biMfUiii 
qualitaêiê ei bimitaiis quibu» debtterufU êolvi^ 
quœ MohUianes nihuominui fuerunt corn- 
puiatœ ad rationem de bi$€mtii$ quaiw>r 
pro %mo flormo^ que fieri non debuU (3). 
On a vu que la république de Gènes et 
l'ambassadeur du roi Jean II, pour terminer 
ces débals, annulèrent les obligations précé- 
dentes du foi de Chypre , et les remplacé- 
renl par un tribut annuel de 6,750 ducats 
d'or, espèces de Venise » sauf les pensions 
ou indenuiités annuelles du capitaine de Fa- 
magouste et des employés de la banque de 
Saint-Georges , résidant en Chypre , que le 
prince dut toujours payer en vieux besants (&). 

Nous ne connaissons pas de sceau appar* 
tenant au roi Jean 11, mais nous remarquons^ 
dans un acte , dont une copie existe a Flo- 
rence, dans les manuscrits Strozzi, une 
mention d'après laquelle ou voit que le sceau 
royal fut » dès les premiers temps de son 
règne, au nom du prince, quoiqu'il se trou- 
vât sous la tutelle de sa mère. Le 8 juillet 
Itôâ, neuf jours af>rès la mort du roi Janus, 
Jean II charge le cardinal Hugues de Lusi- 
gnan , son oncle , de se rendre en son nom 
au concile de BAle, et scelle la procuration 
du seeau de son père, n'ayant pu encore 
faire graver son propre sceau, ce que le chan- 
celierannonce ainsi à la fln de l'acte : lUadque 
sigillo reeolende memorie serenissimi Domini 
cofutUuentis genitoris.^ a novem cura diebuê 
viia funciij cum ncmdum idem Dominus consti" 
iuens novum componi facere potueritf etc, (S). 

N* St. Nous avons pensé d'abord gu'une 
monnaie de bronze du cabinet du roi, dont 
les bords sont altérés, et sur laquelle nous 
avons lu, comme M. Buchon (6), iohancs.... 
Di.EX , devait être attribué au roi Jean II, 
que Ton appelle souvent Jean lU (Foy. ci- 
dessus, S vlll); Boais un examen plus atten- 
tif nous a fait reconnaître d'une manière 
certaine, depuis la première partie de cette 

il) Traitédeiéil. Sperone, Beal grandexia, p.l55. 
2) Sperooe, p. i54. 
s) Sperone, p. 161. 
i) Voy. Mém. sur le Commerce» rc^ne de Jean II. 
5) Preuves iiiédiles de notre incmolre. Biblioth, 
Laurent., ann. i45i. 
(6) Recherchée et matériaux^ p. 416, pi. Yl, n« 8. 



notice, qu'il fallait lire des deux côtés de la 
pièce , offrant d'une part le lion des Lusi- 
gnaos, et de l'autre la croix de Jérusalem 
cantonnée de quatre croisettes, entre grene- 
tis, ces lettres seules : icrusalem rx. Cette 
monnaie anonyme, étant de cuivre pur, et 
non de billon, comme les moiviaies aes au- 
tres Etats de l'Europe è celte époque, pour- 
rait bien appartenir au règne de Janus, et ré- 
f)ondreà la moneta di ramede Loredano ; mais 
'absence du nom du souverain nous la fait 
re()orter plus volontiers au temps des troubles 
qui suivirent la mort de Jacques, oùFon sait, 
par le témoignage d'un auteur contemporain, 
qu'un parti puissant fut un moment maître du 
pays, et frappa monnaie à Nicosie, sans qu'il 
eût encore positivement proclamé aucun 
prince comme roi de Chypre. Voy. S XVIII. 

iWLCharloUedeLuêignanet Louis deSavoie. 
aejuillet ii^— juillet 11^82. 16 j uillet 1^7. 

Charlotte, et}eroiLouisdeSavoie,sonmariy 

f>erdirent leurs dernières possessions 'dans 
'îledeChypre, en 1M4, par la reddition de Ce- 
rines; mais ils furent toujours souverains 
légitimes du royaume; ifs eu prirent le 
titre (1) ; ils conservèrent mémo plusieurs de 
leurs grands officiers (2) : ils purent donc 
émettre des monnaies où devaient paraître 
leurs noms réunis , car le trône appartenait 
héréditairement à Charlotte, jusqu'à l'année 
ik8% , date de la mort de Louis. Il est peu 
probable, cependant, que ces princes aient 
lait frapper des espèces en leur nom. La 
guerre aulls soutenaient en Chj^re, contre 
Jacques te Mtard et ses auxihaires musul- 
mans, avait épuisé les ressources que leur 
avaient longtemps fournies le duc et les 
grands de Savoie, les souverains pontifes, le 
roi de France» le duc de Bouiîgogne; ils 
avaient été obligés , pour nourrir leur gar^ 
nison de Cérines , et depuis pour suffire à 
l'entretien de leurmodestemaison^d'emprun- 
ter aux Dominicains de Nicosie, auxeneva- 
liers de Rhodes et aux Génois. 

Charlotte, après de vaines tentatives pour 
remonter sur le trône de Chypre» fit cession 
de tous ses droits à Charles r', duc de Sa- 
voie, son neveu, le 25 février 1U5 (3). Elle 
continua cependant à porter le titre de reine 
de Chypre et à se servir du sceau royal après 
la cession , comme on le voit par un acte du 
7 mars ItSS, déposé aux archives royales, à 
Turin (4). Le sceau parfaitement conservé 
qui est apposé sur cet acte^ est en cire rouge 
et recouvert d'une feuille de papier, usage 
qui n'était pas encore très«répandu (5). 11 of- 

(1) Voyez en 1465, décbarffe que donne Lo^ par 
la grâce de DieUf roi de Jhérusalem, de Chippre et 
d'Arméfée, au trésorier de Dauphiné, d'une certaine 

Ïuanlilé de blé à lui assignée par le roi de France. 
^ocumeiUs hiêtoriquei^ publiés sous la direcUon de M. 
GhampollioEi-Figeac. Paris, 4843, iQ-4o, i. Il, paff.507. 
(i) Cr.Guichenon,lf»(oire</e&ivote, t.l,p. 538,542. 



(3) Voy, le Précis historique. 



(4) ArcfUvio di Carte, Regno di Ctpro, Mazzo, il*. 
Vove% Preuves inédites. 

(5) Voy. à ce sig'et les observations de M. de 
Wailly sur Topinion des Bénédictins, Elémentê de 
paléographie f t. XI, p. 51. 



SiuiUum Kfiflottm IM yrfUta JhtrnMitUm^ 
i'ipri êi Arménie r^fiin^., 

MM' (UUfHho H rffpmi% ont pnr*i:/f e<^tte 
firriffr^'int^ ^^fi* l^nf befl^ CAU^rtjon 4#t 

|^#5^ .MranU MiU^tn ont dor/n^ ai^î fj, 

ri* A rirw? rl^ Lu.^igMn, flile da roi i^oair Tii 
fui #Jfj/^^h#;%M dé fbroie, et mère de LÔuis^ 
rf>l dfî Chypre* Ce ^eeao e^l en tirt rooi^e, 
«•t r^î^:ourert, cMùtae le pricédenty d'un pa- 
piff r .«lur >er|i]el le tjpe a été appliqué. La lé- 
^tf-rirJr; f'At illisible; mais le ciiamp présente 
ai«iiinctement y et ta milieu de trou demi- 
cercles, OD éea-parti, ajant i gaiiehe la moi- 
tié de la eroii de SoToie; i droite^ dans le 
haut, la croix poteocée, eantomée de giiatre 
croij^ettes de lémsalem; dans le quartier in- 
férieur, le lion des Lnsimans. 

La croix qui parait dans les armes des 
princes de Saroie , dès le treizième siècle, 
est nne croix latine pleine, telle que la por- 
tent encore les rois ae Sardaigne, et n*a au- 
cun rapport arec la croix de lériisalem. Le 
comte nerre, qui moamt en 1968, Tillnstre 
aïeul de PbilîMrt-Emmannel et des soare- 
rains de la monarchie sarde, mit le premier 
cet emblème sur Técu de sa maison, sans 
doute dans un esprit de piété, mais non 
comme SDurenir aes guerres saintes, aux- 

3uelles il ne prit point de part, malgré Tar- 
eur cheraleresque dont il fit preuve en Al- 
lemagne et en Suisse (k). 

Ce n*est pas sans surprise et sans quelque 
émotion qu'en parcourant les documents re- 
latifs aux alliances des princes de la maison 
de Lusignao et de la maison de Savoie, con- 
serrés aux Archives royales de Turin, ,on 
voit, dans la liasse des actes de Charlotte de 
Lusignan et de Louis de Savoie, une figure 
de femme recouverte d'une riche élofle de 
soie, et que Ton reconnaît bientôt, k la cou- 
ronne et au costume, pour une copie du por- 
trait que fit faire à Rome le pape Sixte IV, 
de la princesse Charlotte, de cette princesse 
étonnante, bien autrement digne de l'atten- 
tion et de Testime de l'histoire que l'indo- 
lente et coupable Catherine Cornaro; de cette 
princesse qui réunissait en elle l'éloquence 

(4) Foy. ci-dessus, règne de Jacques 4•^ 

(2) SiaiUide' principi di Savaia, raccoUied Uluêtraii 
per ordtne del te Carlo Alberto > Torino, 1834, in-4*, 
p. 488, pl.XX, nMil. 

(3) Siqiili, p. 487, pi. XX, n« 440. 

(4) On a pensé que Pierre avait placé dans ses 
armes ce symbole religieux lorsqu'il devint protec- 
teur du monastère de Sainl-Maurice ; mais mM. Gi- 
brario et Promis observent que si l*adoplion de la 
croix avait été déterminée par celte circonstance, le 
comte Pierre eût pris sans doute pour emblème la 

"oix trifoliée de Saint-Maurice, et non la croix or- 
laîre. Voy. Sigillu p. 39-44 . 



cm 



2H 



H isk ç^^^nt'jm des Grecs, héritage de sa 
nfiêre H-.-f.*f^ Wéologne, aax mâles quaù- 
léft d^ pen-^-» tf'OKvient; de cette femine 
ÎA^iji^ et deiieale en apyepce, nais douée 
des sentimenCs les plos énet^siqnes et les 
plu* nobles; oui, seole, sans trésor, n'sytni 
plos qm'ime nrteresse et de rares partissos 
en Cûjpre, vient eu ftaiie, rassemble quel- 
ques secoavs ifhofniiies et de vivres, dèW- 
que hariiiMiit à Pwphos , dont elle se reod 
maîtresse; traverse le pajs, couvert de ban- ^ ^ 
4es de Manekwks et de Catalans ; nviuille 
le prince I/mîs dans Gérines; ouvre des né- 
gociatiOQS avec les Hospitaliers de Khodes, 
avec les Génois, avec le sultan de Constanti- 
nople; tente de mettre dans son parti Vami- 
rai et la flotte de Venise, envoyés pour sou- 
tenir son adversaire ; et qui, se voyant tra- 
bie,dâaissée, appauvrie, quand ses partisans 
sont battus et dispersés , la Savoie fatiguée 
de fimmir aux dépenses de la guerre, les 
prînees d'Europe sourds à ses prières, elle- 
même souffrante, sans ressources, privée de 
Tunique enfant à qui elle pût laisser la cou- 
ronne, vaincue mais non abattue, trouve une 
nouvdle énergie dans son infortune, adopte 
nn fils du roi de Naples, se rend an Caire 
avec lui , comptant sur son ascendant pour 
changer la politique du sultan ; et quand le 
destin lait échouer toutes ses généreuses 
tentatives, accablée de langueur et de soucis, 
vient mourir à Rome, à l'âge de 49 ans, au- 
près du Vatican, où avaient tçwgours été ses 
Ïlus fidèles amis, et de la basilique de Saint- 
ierre, où elle repose aujourd'hui. Le portrait 
représente une princesse portant la couronne 
royale, dont le diadème retient un long voile 
retombant sur les épaules. Son front est 
élevé ; ses jeux noirs et brillants ; sa bou- 
che un peu serrée, son teint pAle et fatigué, 
offrent les caractères frappants de la dignité 
et du malheur ; son port, modeste et nobk a 
la fois, justifie bien ce que disait d'elle, en 
1460, le pape Pie II : MÎUier qumtuor et vi- 

ÎfifUi annos tuUa videbaiuff statura mediocri, 
œtis oculis , fade inier fiucam et pallidam^ 
sermone blanao et Grœcorum mort torrenlt li- 
mt7t; veitituGallico f maribus qui regio son- 
guini convenirent (1). 

Quelque temps avant sa mort, Charlotte 
avait donné au pape Innocent VIII un riche 
manuscrit, renfermant le texte grec des Actes 
des apôtres, écrit en lettres d'or, qui est con- 
serve à la Bibliothèque du Vatican , sous )c 
n"* 1908. II offre les armes du pontife et de la 
reine. Ces dernières sont écartelées de lém- 
salem, de Lusignan , d'Arménie et de Chy- 
pre, et au centre, portant sur les c{uatre 
Îuartiers, est placé en cœur l'écu. de Savoie, 
e gueules à la croii d'argent. 

i XVII. Jaequeê //, septembre 1460 — 

6 juin iW3. 

JacQues le BAtard, débarqué en Chypre au 
.nois de septembre 1(^60, était maître de tout 

(i) Commenlarii Pu II papœ, Ub. vu, p. 5^, lu- 
4« ; Hornse, 1584. 



«17 



CHY 



niCTIONNAIRR DE NUMISMATIQUE. 



CHT 



ti8 



le pays, k Vexception de la forteresse de Ce- 
rineSy avant la tin de TaDiiée. Ayant besoin 
de se créer un trésor , pour payer les auxi- 
liaires qu'il avait amenés d Egypte, il leva 
de fortes impositions sur les partisans de sa 
sœur Charlotte , ou conQsqua leurs proprié- 
tés. Il enleva aussi les chaudières des bains 
publics, établissements qui appartenaient 
peut-être au domaine de la couronne (1), et 
fit frapper monnaie avec le métal. Depuis le 
roi Jacques^ dit le P. Lusignan, se irouvant 
en grande nécessité d'argent , print tous les 
ehauderons d^airain qui estoient aux baings 
publics f et fit battre d'iceux plusieurs sortes 
de monnoye (S). 

Les deux pièces au nom de Jacx[ues, pu- 
bliées par M. Miinter, et attribuées par ce 
savant au prince deuxikne du nom , sans 
doute à cause du type, dont nous ne f)ou- 
vons juçer, sont peut-être de cette fabrica- 
tion. Elles représentent : 

^* 1. -f^ lAc(oBvs) 9ei... X. Jacobus Dei 
gratia^ avec le lion passant, comme sur les 
monnaies de Jacques I" et de Jean IL 

^. ( -f iBE.... ) la croix potencée de- Jéru- 
salem. 

N*2. -f iago(bvs) Sbi g.... eex; dans le 
champ, le lion passant. 

^. (4 —.GIF.... KRMBifB); /ffUM/ffii, Cipri 
et Ermenie; la croix de Jérusalem. 

« J'ai prouvé, dit l'auteur des Recherches (3), 
que Mûnter se trompe, et çue cette monnaie 
est de Pierre. » Ceci renvoie à la page 406 de 
la Notice sur les Lusignans de Chypre , où 
M. Buchon cite un passage de M. Mûnter, 
relatif è une monnaie au nom de Pierre (k)^ 
sur laquelle le numismatiste danois oropo- 
sait de lire hebm, ou arm, ou erm, lettres 
initiales du nom d'Arménie ; lettres qu'on ne 
|)eut lire ainsi, et mii font certainement par- 
tie de la légende du revers, par la arâce de 
Di^Uf ainsi que l'a prouvé inconteslaolement 
M. Bucbon. Hais il ne s'agit , au fond de 
cette discussion, à nart l'incident relatif à la 
lecture de la légende du revers, que de sa- 
voir auquel des deux Pierre cette monnaie 
appartient : soit à Pierre II, comme il serait 
très-possible; soit à Pierre T', comme le 
pense M. Bucbon. Les légendes du droit 
portent lisiblement le nom de Pibrrb; il 
n'est nullement question des rois Jacques, 
et les deux monnaies que nous venons de 
décrire plus haut, d'après M. Mûnter, por- 
tant les lettres iac et iago, l'un des deux 
princes du nom de Jacques, s'y trouve suffi- 
samnoent désigné pour qu'on n'ait pas à s'oc- 
cuper de les attribuer aux Pierre. 

Quelques lettres grecques, employées dans 
les légendes des monnaies du roi Jacques le 
Bâtard, attestent Tinfliience chaque jour plus 
sensible que les habitudes et la langue des 
Grecs prenaient dans la société latine de l'île 

(1) fl est parlé quelquefois dans les historiens de 
Tile de Chypre de bains apparlenanl aux rois. Vov. 
Pbil. de Navarre, jUsuet de Jérusalem, 1. 1, p. 54o. 

i,^ Y v^^ B • ww * j * ^ â^ Ah a *T a 



(i) Et. Lusignan, Hiêtoire de Cypre^ (^471. 

(5) Page 413. 

(4) C'est la monnaie dont nous parlons plus haut, 



rè^ne de Pierre P', n» 4. 



de Chypre, depuis le règne de Jean II et la 
domination d'Hélène Paléologue, sa femme. 
Les Grecs, contrairement aux usases et aux 
lois établis en Chypre, à la suite de la con- 
quête franque , avaient été admis dans les 
rangs de la noblesse ; ils avaient été appelés 
aux hautes dignités de la cour et du gouver- 
nement , et leur race , se renouvelant sans 
cesse avec les mêmes idées, les mêmes 
mœurs, le même langage, dans les popula- 
tions des campagnes de l'île, tendait partout 
à supplanter la bourgeoisie et même la no- 
blesse latine, que n'entretenaient plus depuis 
longtemps les immigrations d'Europe, et 
dont l'esprit s'altérait de plus en plus. Déjà 
beaucoup de familles , françaises d'origine, 
avaient abandonné l'usage de la langue de 
leurs pères, et avaient adopté l'idiome grec, 
dans lequel est écrite la cnronique la plus 
importante du règne de Jacques II. 

§ XVIIl. Jacques III et Catherine' Comaro. 

1W3 — 1W9. 

Les Ara^onais , les Napolitains et les an- 
ciens partisans chypriotes de Jacques le Bâ- 
tard firent frapper monnaie en Chypre, lors 
de leur soulèvement contre les Vénitiens, 
peu après la naissance de Jacques III. Et 
màoniam in erario nichil pecuniarum erat, 
dit Coriolan Cepio, qui naviguait alors avec 
la flotte de Mocenigo, dans les mers d'Orient, 
tyranni multa vasa reqis araentea confiant^ 
satellitibus suis stipenaium aaturi^ nummum 
percutiunt (1). Il est à regretter que l'histo- 
rien dal ma te ne dise pas sous quel nom le 
parti napolitain émit ces monnaies. Ce fui 
peut-être sous celui de Jacques le Bâtard, 
qu'il avait soutenu, ou de don Alonzo d'Ara- 
gon , fils du roi de Naples, et enfant adoptif 
de Charlotte de Lusignan , dont il voulait 
faire un roi de Chypre ; peut-être ne mit-il 
sur ses espèces que des emblèmes et des 
titres généraux, qu'on pût rapporter cepen- 
dant au royaume revendiqué par les princes 
de Naples , conjecture qui nous fait attri- 
buer à ces circonstances là fabrication de la 
pièce de bronze anonyme sur laquelle on lit 
leausALEM Rx {Vov. ci-dessus, § XV, n* 2); 
dans tous les cas, ii est peu probable qu'il y 
ait inscrit le nom du fils de Catherine Cor- 
naro, retenus, lui et sa mère, sous l'entière 
dépendance des Vénitiens (2). 

Ceux-ci frappaient monnaie au nom de la 
reine et de son fils, dont ils convoitaient la 
succession. M. de Saulcv possède une pièce 
de bronze de ce règne éphémère, sur laquelle 

il lit : -f lAcoBvs et cata Dans le champ, 

se trouve un lion à dextre , et au revers, la 
croix potencée de Jérusalem , cantonnée de 
quatre croisettes , type ordinaire des mon- 
naies chypriotes , depuis le règne de Jac- 
ques I". 

Cette pièce est de l'année iV13 ou iVJh, 
dates de la naissance et de la mort de Jac- 
ques III. On ne sait si les Vénitiens, déli- 
vrés du fils de Jacques II, laissèrent paraître 

(1) Goriolani Cepionis, de Pelri Mocenici gesli$, 
libri tre$, Basilca;, 1544, in-12,p. 77. 

(2) Voy. le Précis hisloriq^ue, ann. 1475. 



919 



CHY 



DICTIONNAIRE DE 



encore le nora de sa mère sur les espèces 
monétaires de Tîle qu'ils gouvernaient en 
maîtres, ou si dès lors ils commencèrent h 
frapper des besants chypriotes avec le lion 
de Saint-Marc (1). Ils l'auraient pu libre- 
ment, et $ans qu'on dût s'en étonner; car, 
dès raiinée 1473, seize ans avant l'abdication 
de Calherioe Cornaro , ils se glorifiaient de 
la conquête de Chypre, en inscrivant cet in- 
sultant, mais trop véridique témoignage, sur 
le tombeau du doge Nicolas Throno : Quo 



NUiaSlIATlQUE. CHT ^ 

ftlicUsimo duce^ flormtissima Venelorum fe^ 
publica Cyprum imperio adscivit (1). 

SECONDE PARTIE. 
Notic€ de M. de RoaHre. 

Nous allons d'abord présenter le tableau 
chronologique des rois latins de Chypre, en 
faisant précéder d'un astérisque les noms 
des princes dont on connaît des monnaies. 
Nous donnerons ensuite la description des 
monnaies elles-mêmes. 



LUSIGNANS DIRECTS. 



BOIS. 



RÉGB9T8* 



i. Guy, seigneur de Chypre, 1192-1194. 

(seigneur de Chypre, 1194 
roi de Chypre, 1196 
roi de Jérusalem, 1198 
*5. Hlgces I'', roi de Chypre, 1205-1218 

*4, Henri I", roi de Chypre, 1218-1253. 
5. HueuEsMl, roi de Chypre, 1253-1267 



-1205. 



Gautier de HofrTBELLiARD, régent, I205-12H. 
' jx, Philipps dImlin, jBi 

ment régents, 1218-1252» 

AISANCE, régcnle, 1253-12 
HoGOEs d^Antioche, régent, 1261-1267. 



( Alix, Philipps dIbblin, Jban »1iblin, siiccesm> 
I ment régents, 1218-1252» 
• Plaisance, régcnle, 1253-12^1. 



BRANCHE DSS IVSIGNANS D*ANTIOCflE. 

7. Jban 1", roi de Chypre et de Jérusadero, 1284* 
1285. 

^8. Henri U, roi de Chypre et de iérusalen. 1285- > j. . 

1324. ( Amavet, PftiNC8 PI TvB, 9ouY«nieur, 1504^M0. 

^9. Hdgues IV, roi de Chypre et de Jérusalem, 1324- 

1358. 
*10. Pierre !•', roi de Chypre et de Jérusalem, 

1358-1369. 
*11. Pierre H, roi de Chypre et de Jérasaiem, . , 

1369^1382. I «AN» PWNCB d'Antioche, régent, 1569-13T2. 

troi de Chypre et de Jérusalem, i 
*382. » i»Ao I , 

roi d'Arménie, 1593. |-*598. ' Jean de Bries, lientenant, 1382^138K. 

^13. Janus, Toi de Chypre, de Jérusalem et d'Ar- 
ménie, 139M432. 

* 14. Jean U, roi de Chypre, de Jérusalem el d'Ar- 

ménie, 1432-145S. 

* 15. Charlotte et Loois de Savoie, rois de Chy- 

pre, de Jérusalem et d'Arménie, 1458-1464. 

* 16. Jacques H, roi de Chypre, de Jérusalem et 

d'Arménie, 1464-1473. 

"•^TrméSe;ÏÏ7èl4^^^^^^ ''" '^''"'*''"' ''! C^^h^hine Cobnabo, régen le, 1473-1475. 
48. Catherine Cornaro, reine de Chypre, de Jéra- 
saiem et d'Arménie, 1475-1489. 



11 n'y a pas longtemps que la numismati- 
que du moyen âge, el surtout celle des Etals 
cnrétiens aOrient, est devenue pour les sa- 
vants un sujet favori d'études, et pour les 
cabinets de médailles une source de riches- 
ses nouvelles. La suite numismatique des 
rois latins de Chypre en particulier n'avait 
été l'objet d'aucun travail important avant 
l'ouvrage publié par un savant danois, M. F. 
Mûnler, sur les monnaies françaises d'O- 
rient (2). On ne connaissait jusque-lh que 
deux monnaies des rois de Chypre, l'une 
appartenant au cabinet de Gotha et publiée 

(1) Voy.\e double besant de 1570, publié par M. 
Buchon, qni était en même temps une médaille cora- 
mémorative de la victoire de Lépante. Recherches, 
pi. Vni, nM. 

(2) Om Frankernes Mynter i Orienten ; Kiôbenha- 
ven, 1806, iD-4». 



nar Reinhard (2)» l'autre tirée du cabinet de 
Paris et publiée par Pèlerin (3) ; encore cette 
dernière avait-elle été mal interprétée, et 
faussement attribuée à l'un des empereurs 
latins de Constantinople. M. Miinter lui- 
même, malgré ses laborieuses recherches, 
n'avait réussi à donner au public que qua- 
tre monnaies chypriotes inédites. Mais son 
exemple, quelques réflexions judicieuses 
dont il accompagnait sa publication, et peut- 
être aussi l'attrait presque universel qu'in- 
spirait l'étude du moyen âge, encouragèrent 

(1) Marin Sanulo le jeune, Vite de" ducki di Ve- 
«eaifl, ap. Muratori, Scripi, rer. itaiic, t. XXII, col. 
1198. 

(2) Yolistândige Geschîcht von Crpem ; Eriaoten, 
1766, iD-4°. ^*^ ^ 

(3) Lettre de Tauteur du RecueH deê médmUet, 
4770, iiH4«. 



m 



CRY 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



CHT 



222 



les Jsavants à rechercher ces monuments , 
qui avaient certainement existé, qui ne 
pouvaient être tous détruits, et dont plu- 
sieurs gisaient peut-être ignorés dans des 
coilectioiis, où Ton n'avait pas su les recon- 
naître. Aussi le cabinet de Paris, celui du 
Muséum Britannique à Londres, celui des 
Gemme à Florence, et quelcjues cabinets 
d'amateurs, se sont-ils successivement enri- 
chis de monnaies chypriotes. 11 y a quelques 
années, M. Buchon a publié toutes celles 
qui étaient alors connues (1). Plus récem- 
ment, M. de Mas-Latrie a cherché à complé- 
ter et à rectifier sur quelques points le tra- 
vail de M. Buchon (2). Je viens à mon tour 
essayer d'wouter une pierre à Tédifice; mais, 



bien que j aie cru devoir quelquefois com- 
battre les opinions de mes devanciers, je 
veux reconnaître d'abord que leurs recher- 
ches m'ont servi de guide, et que leurs tra- 
vaux ont rendu le mien facile. 

Monnaiêê fauêsement attribuées aux roiê la- 
tins de Chypre. 

Je dois, en commençant, dire quelques 
mots de deux monnaies classées à tort dans 
)a suite numismatique des rois latins de 
Chypre, mais qui se trouveraient les deux 
plus anciennes, si elles appartenaient réel- 
lement à ces princes. 

La première est celle que M. Cousinery 
a publiée, en l'attribuant à Richard Cœur- 
de-Lion (3). Cette pièce, qui appartient au 
cabinet ae Paris, et dont un second exem- 
plaire se trouvait dans la collection de 
M. Dassy, porte au droit la légende : ke 
soHe Pi&AP Aa {Kxtpu ^nOci *Pcxff/}$&)), et au 
revers une croix enhendrée et pommelée. 
M. Cousinery pensait que Richard avait dû 
la faire frapper pendant son séjour dans l'Ile 
de Chvpre, et M. le baron Marchant avait 
complètement adopté cette opinion. Mais on 
sait que Richard ne songea point à se faire 
un royaume de sa conquête, encore moins à 
y exercer le droit de battre monnaie. L'er- 
reur de M. Cousinery avait déjà été recon- 
nue par M. Lelewel (^l, qui avait -attribué 
la pièce en question à Richard, sénéchal de 
Pouilleet père de Roger d'Antioche, par cette 
seule raison que le type en est antérieur à 
l'expédition du roi d Angleterre, et contem- 
porain des types adoptes par les princes 
d'Antioche. On comprendrait difficilement 
en vertu de quel droit ce prince aurait 
frappé monnaie dans un pays où il ne fut 
jamais revêtu d'aucune dignité. Aussi l'in- 
terprétation de M. Lelewel a-t-elle été 
rectifiée à son tour par M. de Saulcy, qui 
a restitué la pièce qui nous occupe à Ri- 



(i) Rêckêrckes et matériaux pour servir à une hit- 
toire de la dimination françaite dans les provinces dé- 
membrées de l'empire grec, 1S40, ia-S". 

{%) Bibliothèque de l'Ecole des chartes^ t. V. 

(5) Catalogue raisonné des médailles qui ont été 
frappées en Orient par les princes croisés (dans le 
tome T de V Histoire des Croisades, de Michaud, édit. 
lie 1822). 

(4> Numismatique du motfen âge, 1835, in 8^. 



chard, seigneur de Ja ville de Marach ou 
Marésie (1). 

La seconde est une monnaie d'argent as- 
sez grande , et fait partie du cabinet de 
Vienne. On y voit au droit une tète d'homme 
casquée, avec la légende GODEFRIDUS I)E 
LIJ2!lNËM, et au revers une tête de dragon 
ou plutôt de mélusine. Reinhard, en pu- 
bliant cette pièce, l'avait attribuée à Geoffroy 
cfeLusignan, frère de Guy, roi de Jérusalem, 
et premier souverain de Chypre; et il s'était 
livré à cette occasion à beaucoup de con- 
jectures sur la mésintelligence des deux frè- 
res, et leurs prétentions rivales à la cou- 
ronne. Mais M. Mûnter a fort bien démon- 
tré que la pièce en question est de fabrica- 
tion italienne, et remonte au plus tôt au 
XV* siècle; seulement il ajoute qu'elle fut 
alors frappée en l'honneur d'un Godefioy de 
Lusignan qui quitta Tile de Chypre pour ve- 
nir se fixer en Europe. Je préfère l'explica- 
tion de M. de Mas-Latrie, qui rapporte la 
pièce en question au temps où le nom de 
Geoffroy de Lusignan fut rendu célèbre par 
les roiîians de Mélusine. 

GUY. 

Il existe deux exemplaires d'une monnaie 
de cuivre incontestablement frappée par 
Guy de Lusignan, mais à l'époque où il 
était encore roi de Jérusalem , et qui dès 
lors ne doivent pas être classés dans la suite 
monétaire des rois de Chypre. On ne con- 
naît aucune pièce émise par ce prince de- 
puis le temps où il échangea le tfope de Jé- 
rusalem contre la possession héréditaire de 
Chypre. Eut-il le droit d'^ battre monnaie, 
bien que l'île n'eût point été érigée en 
royaume? Il n'est guère permis d'en douter, 
quand on voit ce droit exercé par les sim- 
ples barons du royaume de Jérusalem. Mais 
ce fut à peine si, pendant une domination 
de deux années, Guy eut le temps d'organi- 
ser son gouvernement ; et d'ailleurs il dut 
trouver a son arrivée un srand nombre de 
monnaies grecques en circulation, et peut-être 
aussi des monnaies latines apportées par les 
Templiers. On peut donc conjecturer qu'il 
n'y eut point d'espèces nouvelles émises 
pendant la vie de ce prince. S'il en avait fait 
rrapuer, il aurait probablement porté dans 
la légende le titre de rot, qu'il conserva tou- 
jours, et y aurait été désigné, comme il l'est 
dans les chroniqueurs, par ces mots : REX 
GUIDO, DOMINUS CYPRI. 

AMAURY. 

M. Buchon a publié (PI. VI, flg. 1) une 
pièce qu'il attribue à ce prince. En suppo- 
sant que cette attribution soit exacte, la 
pièce dont il s'agit ne devrait point figurer 
parmi les monnaies chypriotes, car la lé^ 
gende AMALRICUS RE[X] DE lERUS [AL] 

(1) Nous avons dit ailleurs les raisons qui nous font 
considérer Tauribution de Lelewell comme la meil- 
leure explication que Ton ail encore donnée de eeile 
monnaie. Voyez dans ce dictionnaire Farticle Marasch, 
à la suite de Edesse» (Noie de l'auteur du Dictifinnàtre,) 



9» 



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DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



CHY 



m 



EM prouve suffisamment qu*elle ne fut point 
firappée en Chypre. Faut-il croire, avec M. de 
Mas-Latrie, qu'Amaury la fit frapper depuis 
son avènement au trône de Jérusalem, et 
seulement pour l'usage de son nouveau 
royaume? Je concevrais difficilement pour- 
quoi ce prince aurait omis dans la légende 
son titre de roi de Chypre, titre héréditaire 
auquel il devait tenir plus qu'au titre viager 
de roi de Jérusalem. On ne trouve pas 
d'exemple d'une semblable omission sur les 
monnaies de ceux des successeurs d'Amaury 
qui réunirent comme lui les deux couron- 
nes. J'aime donc mieux attribuer la pièce 
en question à Amaury I*', frère et successeur 
de Baudouin III. 

Il me parait cependant probable ou' Amaury 
fit battre monnaie comme roi de Chypre; et 
cette probabilité serait changée en certitude, 
si l'on croyait devoir attribuer è ce prince , 
comme je le fais ici, la monnaie suivante : 

+ ..M? I Edifice surmonté de trois 

fours, analogue au portail qui parait sur les 
monnaies de Gènes. 

^. REX CIPRI D'. Légende coupée en 
quatre parties par les branches d'une croix 
pattée. 

fiillon. Cabinet de M. Borrell, à Smyrne. 

PI. X,fig. 1. Inédite. 

On voit par le dessin de cette monnaie que 
la portion de la légende qui devait contenir 
le nom du roi, est presque entièrement illi- 
sible. Si j'ai bien déchiffré les deux lettres 
M et I, il ûie parait difficile de ne pas l'attri- 
buer à Amaury, le seul des rois de Chypre 
dans le nom duquel se trouve un M ; mais 
la lecture de cette lettre est trop douteuse 
pour que j'ose faire autre chose que propo- 
ser une conjecture. 

Quoi qu'il en soit, cette monnaie, et les 

Ïuatre pièces de billon et de cuivre de 
[enri I", que je décrirai plus bas, peuvent 
servir à rectifier l'opinion émise par M. de 
Mas-Latrie, que les premiers rois dé Chy- 
pre adoptèrent le type byzantin des mon- 
naies indigènes. La remarque de M. de Mas- 
Latrie doit être limitée aux espèces d'or , 
puisque nous trouvons ici, et que nous re- 
trouvons encore sous Henri V% l'imitation , 
je dirai presque la copie du type d'Occi- 
dent. 

HUGUES 1". 

HUGO REX CYPRI. Le roi debout , re- 
vêtu d'une dalmatique byzantine ornée de 
pierreries et qui retombe sur le bras gau- 
che, la tête couverte d'une couronne à trois 
perles et à trois fleurons simples, soutenant 
de la main gauche un globe crucigère, et 
s'appuyant de la droite sur un long sceptre 
surmonté d'une croix. Le tout environné 
d'un double grenetis. 

i). IC XC. Le Christ assis sur un trône, la 
tête environnée d'un nimbe croisé, et bénis- 
sant de la main droite. Le tout également 
environné d'un double grenetis. 

Or. Cabinet ducal de Gotha. 

PL X, fig. 2. 

Le type de cette monnaie est évidemment 



byzantin ; la forme en est concave, comme 
celle des nummi scyphali; le costume du 
roi et l'image du Christ sont empruntés aux 
monnaies des empereurs de Constantinople. 

MM. Reinhard, Miinter et Buchon, qui 
l'ont publiée ou reproduite, l'attribuenl à 
Hugues I", et je partage complètement leur 
aris. M. de Mas-Latrie seul la donne à Hu- 
gues IIL 11 a été conduit à ce résultat par la 
similitude qu'il a cru reconnaître entre les 
monnaies de ce prince que je décrirai plus 
bas, et celle dont il s'agit ici. L'opinion de 
M. de Mas-Latrie peut être combattue par 
les arguments mêmes qu il a employés pour 
Tétayer. En effet, si l'on compare le dessiû 
de la monnaie, que j'attribue a Hugues \\ 
avec ceux des monnaies de Hugues III, on 
reconnaîtra des différences marquées entre 
la dalmatique dont le roi est revêtu dans 
l'une, et la robe longue qu'il porte dans les 
autres; entre la couronne à fleurons simples 
de l'une, et la couronne à fleurons fleuroeli- 
sés des autres, ou du moins de celle des 
monnaies dé Hugues III, qui est le mieui 
conservée ; enQn Aitire la manière dont le 
roi s'appuie sur le sceptre crucigère dans 
l'une, et la manière dont il le porte dans les 
autres. Ces observations de détail, si minu- 
tieuses qu'elles soient, ont leur importance, 
quand il s'agit de préciser une attribution; 
et M. de Jtf as-Latrie lui-même me parait y 
avoir prêté attention, puisqu'il reconnaît, 
quoique sans s'y arrêter, que la légende do 
la pièce en question a un caractère archaï- 
que, qui tendrait è l'éloigner des pièces de 
Hugues m. 

Une autre considération est plus détermi- 
nante encore à mes yeux. La légende de la 
pièce que je discute est en langue latine, 
tandis que celles des pièces de Hugues 111 
sont en langue française. Le latin et le fran- 
çais ont tour à tour apparu dans les légendes 
des monnaies chypriotes, mais à des époques 
différentes. Ainsi la monnaie de Hugues 1" 
(si l'on adopte ma classification) et celles de 
Henri I" ont des légendes latines; au con- 
traire, les monnaies de Hugues HI et de ses 
successeurs Henri II , Hugues IV, Pierre 1*' 
et Pierre II ont des légendes françaises; en- 
fin, sous les derniers Lusignans, on revint 
au latin. Mais on ne trouverait pas, dans 
toute la suite monétaire des rois de Chypre, 
un autre exemple de deux pièces apparte- 
nant au même prince, et dont les légendes 
fussent en langues différentes. 

On doit aussi se rappeler que Hugues Dl 
réunit au titre de roi de Chypre le titre de 
roi de Jérusalem, que Hugues I" ne possé- 
dait pas, et qui en effet ne se trouve pas 
dans la légende de la pièce eu question. 
Cette observation a paru conduante à 
MM. Munter et Buchon; et j'avoue qu'elle 
aurait rendu superflue la discussion qui pré- 
cède, si elle avait été complètement exacte. 
Mais, comme le fait très-bien remarquer 
M. de Mas-Latrie, Hugues III ne réunit les 
deux couronnes qu'en 1269; or il était roi 
de Chypre depuis 1267, et Ton pourrait à Ja 
rigueur penser qu'une monnaie, où il esl 



S35 



CHY 



DICTIONNAIRE Dfi NUMISMATIQUE. 



CHY 



^36 



seulement qualifié rot de Chypre, appartient 
à Tune des deux premières années de son 
règne. On conviendra cependant que la né- 
cessité où Ton serait alors de limiter dans 
un si court espace de temps rémission de la 
monnaie qui nous occupe, établit une grande 
probabilité en faveur de Topinion que je 
soutiens. 

On ne peut , du reste, hésiter qu'entre 
Hugues I" et Hugues'UI. Deux autres rois 
de Chypre portèrent, il est vrai, le nom de 
Hugues ; mais d'une part Hugues U mourut 
en minorité, et j'espère prouver plus loin 
qu'on ne frappait point monnaie au nom 
des rois mineurs ; d'autre part Hugues IV fut 
revêtu, dès le jour de son avènement à la 
couronne, des deux titres de roi de Chypre 
et de roi de Jérusalem. 

HENRI I". 

1...ENRICDS Le roi debout, re- 
vêtu d'une dalmatique byzantine ornée de 
]>erles et retombant sur^^e bras gauche, la 
lête couverte d'une couronne à cinq perles 
et à trois fleurons simples, s*appuyant de la 
main droite sur un sceptre surmonté d'une 
croix, et tenant de la main gauche un globe 
crucigère. Le tout environné d'un double 
grenetis. 

^. La légende et le dessin du revers sont 
presque enacés ; on y voit les vestiges de 
rimage du Christ assis sur un trône. 

Or pâle. 

PI. X, fîg. 3. 

Publiée par M. de Longpérier dans le ca- 
talogue du cabinet de M. de Magnoncourt (1). 
M. Buchon en a donné la description sous 
forme d'appendice à la fin de son ouvrage ; 
M. de Mas-Latrie ne parait pas en avoir eu 
connaissance. 

L'attribution de cette monnaie à Henri I^' 
ne saurait être douteuse. Il est vrai qu'on ne 
lit plus aujourd'hui que le mot ËNRICUS ; 
mais on peut s'assurer, en considérant le 
dessin, que la partie effacée de la légende 
ne présentait de place que pour les deux 
mots : J^EX CYPRL Cette remarque seule 
exclut Henri 11, qui était à la fois roi de 
Chypre et de Jérusalem. Je renouvellerai 
d'ailleurs l'observation, que j'ai déjà faite, 
que les monnaies do ce prince portaient des 
légendes en langue française. La ressem- 
blance de cette monnaie avec celle de Hu- 
gues l" est frappante : c'est le même type 
byzantin, et la même forme concave des 
nummi scyphati. 

2. + HENRICUS. Croix. 

I*.. + REX CYPRJ. Portail semblable à 
celui qui parait sur les monnaies de Gênes. 

Billon. Collection du prince de Furstem- 
berg. 

PI. X, fig. k, inédite. 

3. 4- HENRICD8. Croix. 

^. REX. Porte entourée de murailles, et 
surmontée de trois tours crénelées ; le mot 
REX est écrit au milieu de l'édifice. Cette 
[K)rte est probablement celle de Nicosie, car 

(i) Paris, 1840, iQ-8% 



elle ressemble beaucoup à la ()orte figurée 
sur un sceau de Hugues I", autour duquel 
on lit : CASTELLDM NICOSSIE. 

Billon. Collection de H. Borrell, à Smyrne. 

PI. X, fig. 5, inédite. 

4. -H HENRICUS. Croix. 

4. REX. Édifice.à peude chose près sem- 
blable à celui qui ngure au revers de la 
monnaie précédente. 

Cuivre. Collection du prince de Furstem- 
berg. 
PL X, fig. 6, inédite. 

5. Même légende, même type et même 
module que la monnaie précédente. 

Cuivre. Collection de H. Reichell, à Saint- 
Pétersbourg. 

PL X, fig. 7, inédite. 

L'examen des n^"* 2, 3, &> et 5 confirme ce 
que j'ai dit plus haut sur l'adoption du type 
latin par les premiers rois de Chypre pour 
les monnaies autres que les monnaies a or. 

HUGUES IL 

• On ne connaît aucune monnaie de ce 
prince. Celles qui furent frappées sous son 
règne, s'il y en eut, devaient porter le nom 
du régent, puisque le roi mourut avant d'a- 
voir atteint sa majorité. 

9f . de Mas-Latrie ne croit pas que dans le 
royaume de Chypre les régents aient eu le 
droit, qui leur était attribué dans la plupart 
des États soumis au régime féodal, ae raire 
battre monnaie en leur nom pendant la mi- 
norité du souverain. M. de Mas-Latrie re- 
connaît cependant que les principes de la 
féodalité donnaient aux régents une autorité 
très-étendue, et que ceux-ci jouissaient des 
revenus et des prérogatives de la royauté ; 
il prouve lui-môme par plusieurs exemples 
qu en France le droit de battre monnaie était 
au nombre de ces prérogatives. Mais il re- 
fuse ce droit aux régents de Chypre, parce 
que dans ce royaume le roi seul avait le 
droit de frapper monnaie à l'exclusion des 
grands vassaux, et parce qu'on y trouve 
établie l'unité des monnaies, poids et me- 
sures. Ces deux raisons ne me paraissent pas 
solides. On comprend en effet qu'un sei- 
gneur chypriote, élevé à la régence, pût ac- 
quérir, en vertu de ses fonrlious, un droit 
qu'il ne possédait pas en vertu de son fief. En 
frappant monnaie pendant la minorité du 
roi, il n'empiétait pas sur l'autorité royale : 
il agissait au contraire au nom de la roj^auté 
dont il était dépositaire, et lui conservait, en 
l'exerçant, une de ses prérogatives. Il est 
aussi facile de répondre a la seconde objec- 
tion de M. de Mas-Latrie. En effet, par unité 
des monnaies il ne faut pas entenclre qu'on 
ne connût que des pièces frappées à une 
seule et même effigie ; autrement on devrait 
dire que le droit de battre monnaie se trouva 
paralysé entre les mains de tous les succes- 
seurs du prince, qui avait le premier émis 
des espèces. Il ne faut même pas entendre 

3ue toutes les monnaies chypriotes fussent 
u même métal et frappées au même type ; 
la seule inspection des planches que nous 
publions démontrerait l'erreur d'une sem< 



227 



(an 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



CHY 



ZZO 



blable assertion. Il faut donc entendre par 
ces mots unité des monnaies un système uni- 
forme de monnayage ; et, sans examiner ici 
si cette unité fut réellement observée, on 
peut dire qu'elle n'était point un obstacle à 
ce que les régents frappassent monnaie en 
leur nom ; elle leur imposait seulement To- 
bligation de se conformer au système établi, 
/^ajouterai que Tusage suivi en France 
avait été adopté dans le royaume de Jérusa- 
lem. L'histoire numismatique de la princi- 
pauté d'Antioche nous en fournit plusieurs 
preuves, et les coutumes chypriotes avaient 
une telle analogie avec celles des États chré- 
tiens de Syrie, qu'on peut tirer de ces exem- 
ples une lorte présomption en faveur de mon 
opinion. Mais Toici un fait plus concluant 
tiré de l'histoire même du royaume de Chy- 

Ere. On sait que Henri II, victime de Fam- 
ilion d'un de ses frères, fut pendant quel- 
ques années privé de l'autorité royale ; le 
prince de Tyr -n'avait pas osé aller jusqu'à 
le dépouiller complètement, et s'était con- 
tenté d'exercer le pouvoir sous son nom, 
avec le litre de gouverneur. Certes rien ne 
ressemblait plus à une régence qu'un pareil 
état de choses. Eh bien ! nous possédons de 
cette époque une monnaie, ou le nom du 
gouverneur figure dans la légende à cdté de 
celui du roi. 

HUGUES UI. 

1. H : REI : D EM ED' HIP. Le roi 

debout, revêtu d'une robe longue ornée de 
perles ; de la main gauche il tient un globe, 
crucigère, et de la main droite un sceptre, 
qu'on dirait surmonté d'un petit drapeau ; 
mais je crois qu'au lieu d'un drapeau, il faut 
plutôt voir les restes d'une croix en partie 
détruite par le temps. La tête est ornée d'une 
couronne è trois fleurons fleurdelisés. A gau- 
che, dans le champ, on voit une rosette. Le 
tout est entouré d'un grenetis simple. 
' i). Le Christ assis, la tête environnée d'une 
auréole perlée; il tient sur ses genoux un 
globe surmonté d'une croix. Dans le champ, 
à droite de latète du Christ, on lit : IC, et à 
gauche XC. Le tout est environné d'un dou- 
ble grenetis. 

Or. Autrefois cabinet de M. Dassy. 

Pi. X,fig.8. 

2. Môme légende et môme Qgure, à cette 
seule exception près, que la tète du roi est 

* couverte d'une couronne à quatre perles, 
sans fleurons. Le revers est presque entier 
rement elfacé ; mais on croit qu'il ne difl'érait 
en rien de celui duo* 1. 

Or. Cabinet du roi. 

PI. X, fig. 9. 

Un troisième exemplaire se trouve au ca- 
binet des Gemme à Florence. 

Publiée par Pèlerin, Miinter, Buchon et 
Mas-Latrie. 

La monnaie dont nous venons de décrire 
deux exemplaires, est, comme celle de Hu- 
gues I*', de la nature des nummi scyphati; 
c'est la dernière qui nous présentera l'imi- 
tation du typo byzantin. Trompé par ce type 
et par le bas aloide l'or, qui se trouve mêlé 



d'argent, Pèlerin, qui l'a publiée le premier, 
l'avait attribuée à Henri, empereur latin de 
Constantinople ; il avouait cependant qu*il 
ne pouvait expliquer complètement la lè- 
genae, qu'il lisait de la manière suivante : 
H. REI D DH ED'HIP. Mûnter fut judi- 
cieusement amené par l'ensemble des carac- 
tères de cette pièce, et par sa comparaison 
avec d'autres monnaies cnypriotes, a la clas- 
ser dans la suite des rois de Chypre; mais 
comme il n'avait pas tu l'original et qu'il 
en était réduit à former des conjectures, il 

Î>roposa de rectifier ainsi la lecture de Pé- 
erin : H. REI D IH ED' HIP; Mûnter 

substituait donc aux lettres inexplicables 
DN, que Pèlerin avait lues, les lettres IH, qui 
pouvaient être considérées comme les deux 

Sremières du nom de Jherusalem* L'examen 
es deux exemplaires originaux, que M. Bu- 
chon a eus sous les yeux, est venu lui prou- 
ver qu'au lieu de IH, c'est EM qu'il faut lire; 
mais cette nouvelle rectification confirme, 
au lieu de l'ébranler, l'opinion de Miinter, 
et rend plus certaine encore l'attribution de 
la pièce discutée à la dynastie des Lusignans. 
La seule difficulté qui subsiste est de 
savoir quel est le roi désigné dans la légende 
par la lettre H. Ce ne peut être ni Hugues r% 
ni Henri I", ni Hugues II, puisque ces trois 
princes régnèrent antérieurement à la réu- 
nion des couronnes de Chypre et de Jéru- 
salem; mais l'hésitation est permise entre 
Hugues III, Henri H et Hugues IV, dont les 
règnes sont postérieurs à cette réunion. 
MM. Mûnter, Buchon et Mas-Latrie ont una- 
nimement adopté Hugues III, par cette rai- 
son que le type des monnaies de Henri II 
et de Hugues IV diffère beaucoup du type 
de la monnaie qui nous occupe. Il serait 
rigoureux de tirer un argument bien décisif 
de la comparaison de ces diverses pièces, 
attendu que Tune est d'or, que les autres 
sont d'argent, et qu'on a pu voir, à l'article 
de Henri 1", l'exemple d'un roi qui avait 
adopté un type dili'érent selon le métal de 
ses espèces. On ne peut nier cependant qu'il 
n'y ait une diversité très-grande entre les 
pièces de Henri II ou de Hugues IV, et celle 
que nous discutons ; et si l'on remarque eu 
outre les rapports qui existent entre cette 
dernière et les deux monnaies de Hugues l" 
et de Henri I" précédemment décrites, on 
sera naturellement port.é à la rapprocher de 
celles-ci autant que possible, et à suivre la 
classification proposée par MM. Mûnter, 
Buchon et Mas-Latrie. 

Il est bien clair, du reste, que l'émission 
de cette monnaie ne saurait être antérieure 
à l'année 1269, pendant laquelle Hugues III 
recueillit la couronne de Jérusalem. 

JEAN I". 

Nous ne connaissons pas de monnaie 
qu'on doive attribuer à ce prince. Il est vrai 
que le cabinet de Paris en possède une d'ar- 
gent, dont la légende porte : Johanes Dei 



229 



CHY DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. CHY 

HENRI II. ' HUGUES IV. 



230 



1. HENRI REI m. Le roi assis sur un 
trône sans dossier, et dont les deux côtés 
sont terminés par des têtes d^animaux ; il a 
sur la tête une couronne h trois fleurons 
fleurdelisés, tient un sceptre de la main 
droite, et soutient de la gauche un glèbe 
crucigère. Le manteau royal, relevé sur l'é- 
paule droite, est retenu par une agrafe. Dans 
le champ, à la droite du roi, on remarque une 
croiseite. Le tout environné d'un grenetis. 

4. — lERUSAL'M ED' CHIPRE. La croix 
potencée de Jérusalem, cantonnée de quatre 
croisillons. La légende est entre grenetis. 

Argent. Cabinet du roi. 

PI. X, Og. 10. 

Publiée par HM. Hiinter, Buchon et de 
Mas-Latrie. 

2, 3, 4. Variétés appartenant au prince de 
Furstemberg. Dans le n** 4, le manteau royal 
s^écarte pour laisser voir la robe serrée 
autour des reins par une ceinture ornée de 
pierreries. 

PJ. X, fig. 11, 12 et 13. 

5. Variété d*un module plus petit, apparte- 
nant au prince de Furstemberg. 

PI. X, fig. 14. 

Les monnaies de ce règne sont communes ; 
outre les cinq exemplaires que nous avons 
fait graver, nous pouvons en indiquer deux 
qui appartiennent au cabinet du roi, un qui 
est au Muséum Britannique, un qui faisait 

Eartie de la collection Norblin et qu'a pu- 
lié Lelevel,etc Tous ces exemplaires 

ne présentent entre eux que de très-légères 
différences. La plus importante est celle que 
l'on remarque dans les traits du roi, qui pa- 
Tdîi d'abord fort jeu ne et sans barbe, comme 
dans les n»* 10, 13 et 14 de nôtre planche ; 
puis arec une barbe longue et les traits flétris 
d un vieillard, comme dans les n»» 11 et 12. 
On ne saurait élever aucun doute sur l'at- 
tribution de ces pièces à Henri II, puisque 
ce prince est le seul Lusignan du nom de 
Henri, qui ait réuni sur sa tète les deux cou- 
ronnes de Chypre et de Jérusalem. 

6. AMAL....UUB'NATOR CIPRI. Un lion 
debout, entouré d'un grenetis. 

â. HENRI... IRL'M E CIPRI R... La croix 
potencée de Jérusalem, cantonnée de quatre 
croisillons. 

Argent. Cabinet de M. Borrell, à Smyrne. 

PI. XI, fig. It inédite. 

Cette pièce appartient incontestablement 
au prince de Tjrr, Amaury, qui usurpa sur 
son frère Henn II l'exercice de l'autorité 
royale, et porta de 1304 à 1310 le titre de 
Gouverneur. Elle remplit une lacune dans 
l'histoire numismatique du royaume de Chy« 
pre, et mérite de fixer l'attention, soit parce 
quelle prouve qu'Amaury n'osa jamais com* 
pléter son usurpation et dépouiller du titre 
de roi le prince, qu'il avait dépouillé du 
poavoir ; soit parce qu'elle vient coufirmer 
Vopinion émise par nous, que dans le royau- 
me de Chypre les régents jouissaient du 
il oit de battre monnaie. 



1. HUGUE REI DE.. Le roi assis sur un 
trône sans dossier, et dont les deux côtés 
sont terminés par des tètes de lions; il a sur 
la tète une couronne à trois fleurons fleur- 
delisés, tient un sceptre dans la main droite, 
et soutient de la gauche un globe crucigère. 
Le manteau royal, jeté sur les épaules et 
ramené sur les genoux, laisse voir la robe 
serrée autour des reins par une ceinture 
ornée de pierreries. Le tout environné d'un 
grenetis. 

^. — lERUSAL'M ED' CHIPR.. La croix 
potencée de Jérusalem, cantonnée de quatre 
croisillons. La légende est entre grenetis. 

Argent. Cabinet du roi. 

PI. XI, fig. 2. 

Publiée par MM. Miinter, Buchon et de 
Mas-Latrie. 

2, 3. Variétés appartenant l'une au cabinet 
du roi, et l'autre au prince de Furstemberg. 
Dans le n*" 2, on remarque dans le champ, à 
la droite du roi, un B surmonté d'un an- 
nelet. 

PI. XI, fig. 3 et 4. 

4, 5. Variétés d'un module plus petit, ap- 
partenant l'une au cabinet du roi, et l'autre 
au prince de Furstemberg. Dans le n* 4, on 
remarque dans le champ, à la droite du roi, 
un C surmonté d'une croisette. 

PI. XI, fig. 5 et 6. 

Les pièces de Hugues IV sont, comme 
celles de Henri II, assez communes dans les 
collections. Leur classification ne saurait 
soulever de difficultés sérieuses. Il est vrai 
qu'à la rigueur on pourrait les attribuer à 
Hugues III, qui réunit en 1269 la couronne 
de Jérusalem à celle de Chypre ; mais si on 
compare leur type à celui de la monnaie de 
Hugues III décrite plus haut, et si on le 
rapproche de celui des monnaies de Henri II 
qui précèdent et des deux Pierre qui suivent, 
on adoptera sans hésitation, comme nous 
l'avons fait, l'opinion émise par MM. Miinter, 
Buchon et de Mas-Latrie. 

PIERRE 1" ET PIERRE II. 

1. -hPlERE PAR LA GRACE DE DIE ROI. 

Le roi assis sur un trône gothique , la téfe 
couverte d'une couronne à trois fleurons 
fleurdelisés. Il tient un sceptre de la main 
droite, et de la main gauche un globe cruci- 
gère. Le manteau royal est attaché au cou 
par une petite croix. Au bas du trône, à gau- 
che, est un écusson où figure le lion des 
Lusignans. Le tout entre grenetis. 

^. -^ DE lERUSALEM E DE CHIPRE. La 
croix potencée de Jérusalem » cantonnée de 
quatre croisillons. La légende est entre gre- 
netis. 

Argent. Cabinet du roi. 

PI. XI, fig. 7. 

Publiée par HM. Munter, Buchon et de 
Mas-Latrie. 

Je ne reproduirai pas. au sujet de cette 
monnaie, la discussion à laquelle M. Buchon 
s'est livré (p. 406). Cette discussion avait 
pour point de départ l'exemplaire de M. Miiu* 



351 



CHY 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



CHY 



ter, et M. Bucbon a montré beaucoup de 
sagacité en rectifiant la lecture proposée par 
le savant danois. Mais rexemplaire que je 
viens de décrire y beaucoup mieux conservé 
que celui de H. Hiioter, ne laisse plus ma- 
tière à aucune incertitude. 

2, 3, iy 5. Variétés appartenant au cabinet 
du roi et au prince de rurstemberg. 

PI. XI, fig. 8, 9, 10 et il. 

Ces divers exemplaires sont presque entiè- 
rement semblables au n* 1. Les légendes 
seules présentent quelque différence ; ainsi 
le n« 3 porte au droit PIËRE PAR LA GRACE 
D' D' RE ; le n» 4^, PIERE PAR LA GRACE 
D DI. Les graveurs ajoutaient ou suppri- 
maient auelques lettres , selon leur plus ou 
moins d^abiJeté. Dans le n° ky on remarque 
un P dans le champ, à la droite du roi; 
dans les n^" S, 3 et 5, le roi tient de la main 
droite une épée, au lieu d'un sceptre. 

II est bien difficile, pour ne pas dire 
impossible, de .décider auquel des deux rois 
chypriotes, du nom de Pierre, appartiennent 
ces monnaies. L'incertitude cesserait, si Ton 

Souvait lire sur Tune d'elles, comme Ta fait 
[. Buchon, PIËRIN, au lieu de PIERE. 
Mais, outre que Pierre II a toujours porté 
dans les actes officiels le nom de Pierre , et 
n'a reçu celui de Pierin que dans les histo- 
riens italiens, il est incontestable que sur la 
monnaie examinée par M. Buchon , et qui 
figure dans notre planche sous le n** 9, c'est 
PIERE et non PIËRIN qu'il faut lire. M. de 
Mas-Latrie a examiné les raisons opposées, 
tirées de l'histoire ou du type de ces mon- 
naies, sans pouvoir arriver a une attribution 
précise. Je pense comme lui qu'on peut 
hésiter entre le règne de Pierre I" et les 
premières années de Pierre II ^ et je doute 
qu'on obtienne jamais une classification plus 
exacte. 

JACQUES I". 

M. Miinter attribue à ce prince deux mon- 
naies représentant au droit un lion avec la 

légende LACOBUS DEI , et au revers la 

croix de Jérusalem avec la légende REX 
IHERUSALEM CIP... M. Buchon a préféré 
donner ces deux monnaies au roi Jean II; 
j'avoue ne pas comprendre cette rectifica- 
tion, dès qu on peut lire distinctement dans 
la légende le mot lACOBUS. M. de Mas-La- 
trie a suivi M. Mûnter, par ce motif que les 
deux monnaies en question donnent seule- 
ment à Jacques les titres de roi de Jérusa- 
lem et de Chypre. 11 en conclut qu'elles doi- 
vent être antérieures à l'année 1393, pendant 
.e cours de laquelle le titre de roi d'Arménie 
vint se réunir aux deux précédents. Cette 
raison ne me parait pas décisive ; nous trou- 
verons en effet plus loin une monnaie que 
M. de Mas -Latrie lui-même attribue à 
Jean II, et sur laquelle il n'est point fait 
mention du titre de roi d'Arménie. S'il était 
permis de hasarder une conjecture sans 
avoir vu les originaux, je proposerais de 
reculer le classement des deux pièces qui 
nous occupent, jusqu'au règne de Jacques II; 
elles me paraissent en effet, d'après la des- 



cription de M. Miinter, avoir la plus grande 
analogie avec les monnaies de ce prince. 

JANUS. 

lAN... PA. Le roi assis sur un trône, la tête 
couverte d'une couronne à trois fleuroos 
fleurdelisés. Il tient de la main droite un 
sceptre surmonté d'une fleur«de lis, et de la 
mam gauche un globe cilicigère. Le tout 
environné d'un grenetis. 

4. -^ R LA GRACE DE DIE ROI. La croix 
potencée de Jérusalem, cantonnée de quatre 
croisillons. 

Argent. Cabinet de M. BorreU, à Smyrne. 

PI. Xn, fig. 1, inédite. 

M. Buchon attribue à ce prince une mon- 
naie de cuivre appartenant au Cabinet du 
roi, [sur laquelle il lit : lOHAN. GRAG. DI 
REX. En supposant que cette lecture soit 
exacte, ce que je ne crois pas, la pièce ne 
saurait appartenir à Janus. Le mot lOHAN. 
ne peut être que l'abréviation de Johannes , 
et j ai suffisamment démontré plus haut que 
les deux noms de Janus et de Jean n'au- 
raient jamais dû être confondus. 

JEAN II. 

lOHANES DEI GRA. Le roi assis sur un 
trône sans dossier, et dont les deux côtés 
sont terminés par des têtes d'animaux ; il a 
sur la tête une couronne à fleurons, tient 
dans la main droite un sceptre fleurdelisé, 
et porte de la main gauche un globe cruci- 
gère. Le tout environné d'un grenetis. 

^. -h IHRLM. ET. CIPRI. REX. La croix 
potencée de Jérusalem, cantonnée de quatre 
croisillons. La légende est entre grenetis. 

Argent. Cabinet du roi. 

PI. XII, fig. 2. 

Publiée par Mm. Buction et de Mas-Latrie. 

Le travail de cette monnaie et le caractère 
des lettres de la légende ne laissent aucun 
doute sur son attribution, quoique au pre- 
mier abord l'omission du titre de rot dT Ar- 
ménie puisse faire hésiter entre Jean T' et 
Jean II. Mais on doit remarquer que le type 
de cette pièce s'éloigne sensiblement du 
type adopté par Pierre l",PierreII et Janus, 
pour se rapprocher des monnaies de Henri 11 
et de Hugues lY. M. de Mas-Latrie a donné 
de celte bizarrerie une explication très-ingé- 
nieuse, et je ]ie puis mieux faire que de la 
reproduire. Le royaume de Chypre avait 
contracté envers les Génois des dettes con- 
sidérables ; et la république, dans la crainte 
que les rois n'altérassent leur monnaie, sti- 
pulait toujours que les payements auraient 
lieu en vieilles espèces, c'est-à-dire en espè- 
ces du temps de Henri II ou de Hugues IV 
On se mit alors, pour essayer de tromper les 
Génois, à copier le type des anciennes mon- 
naies et à fabriquer des espèces extérieure- 
ment semblables, bien que leurvaleur intrin* 
sèque fût très-iirférieure. 

C'est à Jean II qu'il faudrait .attribuer la 
monnaie de cuivre du cabinet de Paris, que 
M. Buchon a faussement donnée à Janus, si 
la légende portait en réalité les mots lOHAN. 
GRAC. DI. REX, lus par M. Buchon. Mai:^ 



233 



GHY 



DlGTiONNAlRË D£ NUMiSMATIQUfi. 



CUT 



234 



déjà M. de Mas-Latrie avait révoqué en 
doute cette lecture, et déclaré qu'il ne voyait 
autre chose sur les deux côtés de la pièce 
que les deux mots : lERUSALËM R[E]X ; il 
proposait en conséquence de reporter rémis- 
sion de cette monnaie anonyme au temps 
des troubles qui suivirent la mort de Jac- 
ques II 9 époque où le parti napolitain, un 
moment maître de Nicosie, fit battre mon- 
naie sans avoir encore proclamé aucun prince 
comme roi de Chypre. On examen attentif 
de la pièce discutée m'a conduit à rectifier 
à la fois la lecture de M. Buchon et celle de 
M. de Mas-Latrie ; voici celle que je pro- 
pose : 
KBS RX. Lion. 

4. IERUSAL.. Croix de Jérusalem. 

Les quatre premières lettres ICBS me pa- 
raissent être 1 abréviation de Jacobus, 

Le tvpe a la plus grande analogie avec 
celui des monnaies de Jacques II, et ces 
deux raisons me portent à attribuer la pièce 
en question à ce dernior souverain. 

CHARLOTTE et LOUIS DE SAVOIE. 

On ne connaît aucune monnaie frappée 
pendant ce règne. Celles qui furent émises , 
s'il y en eut, devaient porter les noms réunis 
des deux époux. 

JACQUES II. 

1. + lAGOBUS DEI GRATIA R. Lion. 

^. EX DE IE..SALE. CIPR. Croix poten- 
cée de Jérusalem, cantonnée de quatre croi- 
sillons. 

PI. XII, fig. 3, inédite. 

2. H- lACOBUS DEI GRATA RX. Lign. 

I) IHERUSAL.. M. Croix potcncéc de 

Jérusalem, cantonnée de quatre croisillons. 

PI. XII, fig. h, inédite. 

3 US D..I GRA... Lion. 

i^. IH.... LM C... Croix potencée de Jéru- 
salem, cantonnée de quatre croisillons. 

PL XII, fig. 5, inédite. 

h. -H IACOBUS de GRAIA. Lion. 

t^. H-X.[RE]X lERUSAL. 8. Croix poten- 
cée de Jérusalem, cantonnée de quatre croi- 
sillons. 

PL XII, fig. 6, inédite. 

Je ne sais comment expliquer la lettre X 
et la lettre S, dont Tune commence et dont 
Vautre termine la légende du revers. Ce sont 
probablement des marques de fabrication. 

5. -H UCOBUS DEI GRAIA EXR. Lion. 
î|. H- .-.• IHËRUSALEM CIPRl E. Croix 

potencée de Jérusalem, cantonnée de quatre 
croisillons. 

PI. XII, fig. 7, inédite. 

Cette pièce présente une singularité digne 
de reoiarque : les trois lettres qui compo- 
sent le mot REX ont été renversées par le 
caprice ou Tinadvertance du graveur; 1 E qui 
termine la légende du revers est probable- 
ment la première lettre du mot Ermenie pour 
Arménie. 

6. -i- IACOBUS DEI GAA. REX. Lion. 
^.•-HlE ARME. Croix potencée de 

Jérusalem, cantonnée de quatre croisillons. 
PI. Xll, fig. 8, inédile. 
Cette pièce est la seule, dans toute la suite 

.DiGTiONN. DE Numismatique. 



monétaire des rois de Chypre, où Ton puisse 
lire distinctement le titre roi d* Arménie. 

7. Le droit en tout semblable aux précé- 
dentes. 

i^ LEM : CIPRl... Croix potencée 

de Jérusalem , cantonnée de quatre croisil- 
lons. 

PI. XIL fig. 9, inédite. 

8. -hIACORUS 1: Lion. 

^ RU... LE. Croix pattée« cantonnée 

de quatre croisillons. 
Pi. XIl,Gg. 10, inédite. 

9. 10, 11, 12. Le type de toutes ces pièces 
est parfaitement semblable à celui des pré- 
cédentes ; mais il est impossible de déchif- 
frer les légendes, qu'on est réduit à deviner. 

PI. XII, fig. 11^ 12, 13, H. 

Toutes les pièces que je viens de décrire 
sont de cuivre , et appartiennent au prince 
de Furstemberg. Il en existe dans plusieurs 
collections un grand nombre du même règne, 
que je n*ai pas cru devoir faire graver, parce 
qu*on y voit toujours la répétition du même 
type et des mêmes légendes. Au reste, lu 
multiplicité des monnaies de Jacques 11 n'a 
rien qui doive étonner, quand on se rappelle 
celte phrase d'un historien chypriote , lo 
P. Lusij^nan : Le roi Jacques ^ sê trouvani en 
grande nécessité d'argent^ print tous tes chau- 
aérons d^airain qui estoient aux baings pu- 
blics ^ et fit battre dHceux plusieurs sortes de 
monnoye, 

JACQUES III et CATHERINE CORNARO. 

M. de Mas-Latrie attribue au règne de 
Jacques 111 la monnaie suivante, qui, après 
avoir appartenu à M. de Saulcy, est aujour- 
d'hui dans le cabinet du prince de Furs- 
temberg : 

-h lACORVS.... GATA. Lion. 

ij. -h .... ERX IHERUSAL.. Croix potencée 
de Jérusalem , cantonnée de quatre croisil- 
lons. 

PI.XII, fig. 15. 

Au lieu de GATA , M. de Mas-Latrie lit 
CATA, dont il fait l'abréviation de Catarina. 
Je ne comprends pas comment M. de Mas- 
Latrie concilie l'attribution de cette pièce à 
la régence de Catherine Cornaro, avec l'opi- 
nion précédemment émise par lui, qu en 
Chypre les régents n'avaient pas le droit de 
battre monnaie au nom des rois mineurs (1). 
Cette objection ne m'arrêterait pas, puisque 

i'ai adopté une opinion contraire à celle de 
if . de Mas-L^trie , mais je crois plus simple 
de lire GATA pour GRATIA , et d'attribuer 
la pièce en question à Jacques IL Ce qui me 
confirme dans cette conjecture , c'est le mot 
REX, dont les lettres, comme sur une des 
monnaies précédentes, ont été renversées, 

(1) Les institutions et les usages se modifient 
avec le temps. Les régents pouvaient très-bien au xv« 
siècle exercer eu Chypre un droit que n*aTaienl pas 
eu les bailes au xiii* siècle. Catherine Cornaro était 
d'ailleurs bien plus qu'une régente. Toutefois M. de 
Saulcy, qui seul a vu la pièce décrite ici , lisant au- 
jourdliui sur cette monnaie, GATA au lieu de GATA, 
le nom de Catherine doit ôlre évidemment écarté. 

(Note de Tauteur du DictiovnaÎH,) 

8 



955 



eu: 



DICnOMAIRE DE NUHISHATIQDB. 



CLE 



S56 



el qui ne saurait convenir b la fois & Jacques 
et k Catherine. Il est d'ailleurs probable que 
pendant les minorités on avait l'usage, suiïi 
par Amaury, prince de Tyr, de mettre d'an 
cOté le nom du roi mineur, et de l'autre celui 
du régent, 

CISAILLES, coupfir avec les cisailles ou 
gros cisenut, les pièces de monnaies défec- 
tueuses, légères de poids ou mal frappées, 
afin qu'elles n'aient pas cours dans le com- 
merci*. 

CLÈ>f ENT V, pape.de l'an 1305 à Tan 1314, 
premier pape qui ait siégé à Avignon. 

Floravanti a publié, page KT, une belle 
méilaille d'argent de ce pontife. D'un côté 
elle représente le sainl-pèreà mi-corps, por- 
tant la mitre, tenant la croix de la main 
gauche, bénissant de la drnile. autour la lé- 
gende : CLEMENS PAPA OLINTUS. Au re- 
vers, la crois elunedoublelégunde circulairi': 
-I- AGIM. TIBI. GRA. OMNIPOTENS. DE. 
Agimus tibigratias, omnipotens Deus. Seconde 
té^etidi! : les deuï clefs, au lieu de la crois, 
COMIT.VRNASlNl,com(Io(w«Kenmsini.Voy. 
aussi Duby, Monnaie» de» baTons et prélats 
de France, 1. 11, p. 112 , et Revue de h/uinis- 
matique, 1839, p. 961. 

M. Carlier-publie une autre monnaie de ce 
pane sur laquelieoriIit:CLES. PAPA. QVINT. 

iCtemens papa gaînlui). Dans le chauip, le 
)uste du pape. Au revers : COM. VENASINI. 
( Comilalus Venaiini ). Dans le clianiji line 
croix. IHevue de îfumismatique, 1639, p. 261). 

CLÉMENT VI , pape à Avignon , de l'an 
1312 h 1332. {Monnaies de ). 

N* 1, argent. D,ins le champ, le pape bénis- 
sant et portant la tiare. Légende :,(deui clefs) 
CLEMS. PP. SEST. {Clemcns papa texlu»}. 

Tout autour un cordon d'étoiles ou de 
roses. 

H. Une crois. Deux légendes : -h AGIMVS. 
■HBI. GRAS. OMNIPOTENS. DEV3. + (Le» 
deus clefs et une rose.) COMES. VENESI. 
[Comeê vtnaisinus). 

N* 2, argent. Le pape assis bénissant. Lé' 
gende : CLÉMENS, PP. SEXTUS. 

^. Les deux croii en sautoir : SANTVS 
PE TRVS. E. PAL. {Sanctus Petrus et Pau- 
lu») (1). 

N° 3, aivent. Le pape assis bénissant. 
Légende : CLEMS. PP. SEXTS. 

i^. Une crois, cantonnée du quatre petites 
crois. Léjçende : SANTS. PETRVs. 

Monnaie» décrites par Floravanti, p. &b ; et 
par Duby, t. Il, p. 113. 

N° 4. CLEMES. PP. SEXTVS. Dans le 
champ le buste du pape entre deux rosaces. 

^. COMES. VENASINI. Croix cantonnée de 
deux petites crois doubles en sautoir. (Car- 
tier, Revue de Numismatique, 1839, p. 262.) 

Cléhert VI {Sceaux du pape). Yoy. l'arti- 
cle général Sceaux des papbs, n° 5. 

CUUIËNX VU, ou Robert de Genève, 

(l) Si ratie pièce esi avignonaise, elle prouve que 
Clémcnl VL en devenant propriétaire de la ville d A- 
vlgnon, crut devoir renoncer au tilre de comie de 
Vcnaissin. You.Reeuede Sumitmatiqtte,i^T9, p.^Si, 
et ci-dessus, uriicle d'Avienoii. 



Kpe à Aviron, de l'an 1378 h l'an 1394. 
'S deus pièces suivantes sont décrites par 
Floravanti, Anliqui Denarii, page 81. 

N" 1, or. 4- CLEMENS. PP. SEPTMS. (C/e- 
mens papaseptimus). Dans le champ, la tiare 
à trois couronnes, accostée de ciels en sau- 
toir. 

H. -f- SANCTVS. PETRVS, SCT.PA.VLVS. 
Dans le champ, les clefs en sautoir. C'est le 
plus ancien écu d'or potititical que l'on con- 
naisse; mais dès le siV siècle, au moins, les 
papes avaient eu des espèces d'or. (Foy, Jeaîi 

N° 2, or. S. PETRVS APOSTOLVS. Saint- 
Pierre Dimbé, portant la tiare, les clefs et uu 
livre. 

H. CLEMENS. PP, SETIMS. Dans le champ, 
une tiare et l'écussou des armes au-dessous. 
C'est le plus ancien exemple d'emblèmes hé- 
raldiques, sur les monnaies des papes signa- 
lé par Scilla (Monfie, pag. 309.) 

N" 3. B lion. CLEMENS. PAPA SEPTIVS. 
Dans le cbamp, le buste du pape eatre deux 
doubles clefs en sautoir. 

H. SANTVS PETRVS. Dans le champ, uoe 
longue croix coupant la légende, entre les 
brauches, une mitre el deus clffs en sautoir. 
Voy. Revue de Numismatique, 1839, p. 265, 
où sonl publiéf^s quelques autres monnaies 
de Clément Vil, analogues fax précé- 
dentes. 

CLEMENT VU, Joles de Mèoicu, pape, 
de lo23 à 1534 (Monnaie» et médailles de). 
I. Médailles. 

N- 1. CLEMENS VU. PONtifex. MAXihcs. 
[Clément VII, souverain pontife ), et à l'exer- 
gue : MDXXV. ANNO 11 {ponliâcatus], 1M5: 
ïteuxième année de son pontificat. Buste k 
droite de Clément VU, tète nue, et revêtu 
des ornements prjuliljcaux. 

H. GLORIA ET HONORE CORONASTI 
EUM. ( Vous l'avex couronné de gloire d 
d'honneur). Et à l'exergue : ROMA. Rome j 
Armes de la maisondeMèdicis, déjà décrites. 

Très, de Numism., M. de» P. 

N" 2. Même lôte qu'à la médailla précé- 

lÎESERAVIT. ET. CLAVSIT. ANNo. IV- 
BiLfi. (// l'ouvrit et le ferma Van. du jubiU.) 
Le pape, suivi de son clergé, ouvrant la 
porte sainte. Exergue : MDXXV, i5a^ 
Très, de Numitm. 




N" 3. HODIE SALVS FACTA EStBVNW). 

[AujourtThui, le monde a été »auvé). La nais- 
sance du Christ, dans la crèche. Exergue : 
CLEMENS VlI,ANN0JVBIUEI.(C/(rm«i(T7/, 
VandujMtf, 1*525.]) 



ÎS7 



CLE 



DIGTIONKURE »E MIIHSHATIQUE. 



CLE 



APERT* -SONT . ET - PORTiE- COELI. 

[Les portes du ciel onl aussi éîé ouioert^s). 
Cérémonies de Touverturede la porte sainte. 
Âu^essus de latôte du pape, saint Pierre ou- 
vre la porte du ciel. 

Trésor de Numism.f M. des F. 

N- h. CLEMENS VU PONTifex MAXiHtâu 
{Clément YIl, souverain pontife ). Buste à 
droite de Clément VII, tète nue, et revêtu 
des ornements pontificaux. 

«. EGO SVM JOSEPH FRATER VESTER. 
{Je suis Joseph votre frère). Joseph, assis sur 
un trône, est reconnu par ses frères qui l'en- 
tourent, dans des attitudes diverses. 

Très, de Numism. 

N- 5. CLEMENS VII. PONTifex MAXiim 
ANNO V. ( Clément Yll, souverain pontife. 
Lan Y de son pontificat.) Buste à gauche de 
Clément VII, semblable aut précédents. 

î^. SCDEA COMEURLU IGNI [sic), pour : 
SCVTA COMBVRET IGNI. (Elle brûlera les 
houcKers.) La Paix , tenant a*une main une 
branche a'olîvier, et de Tautre une torche 
allumée, qu'elle approche d'un faisceau d'ar- 
mes. 

Très, de Numism., p. 8., M. des P. 

N- 6. CLEMENS VII. PONTifex MAXimvs 
ANsfo (pontificatus) XI. MDXXXIIII. ( Clé- 
ment Vlif souverain pontife, la onzième on- 
née de son pontificat, [153^];. Buste à gauche 
de Clément VII, la tôle nue; il est revêtu des 
habits pontificaux. 

CLAVDVNTVR-BELLI- PORTiE. {Les 
portes de la guerre sont fermées ). La Paix, 
tenant d'une main une corne d'abondance, 
et de l'autre une torche avec laquelle elle 
brûle un amas d'armes. Dans le fond, le tem- 
ple auquel est eucbainé le génie de la guerre. 
Sur le temple, à droite, on lit : BENVENV- 
TVS. FECiT. (Ouvrage de Benvtnuto tellini). 

Très, de Numism.y p. 8. Yoy. aus^i les ad- 
ditions. 

N- 7. CLEMENS VII-PONTipex MAXimvs 
Aî^so.XI. 1AD\X\UU (Clément VII, souve- 
rcsin pontife, l'an XI*, 153%). Buste à gauche 
de Clément VU, la tète nue, revêtu de la 
chape. 

«. VT BIBAT POPVLVS [Pour que le peu- 

Île boive). Moïse, entouré des Israélites, et 
usant jaillir Teau du rocher. 
Trésor de Numism., p. 8, AT. des P. 
N* 8. CLEMENS VII. PONTifex MAXimvs 
( Clément VU, souverain pontife). Buste à 
droite de Clément VII, représenté comme 
les précédents. 

iç. POST MVLTA PLVRIMA RESTANT 

{Après beaucoup de souffrances^ il en reste 
plus encore). Le Christ, attachée la colonne. 

Trésor de Numism. ^ p. 8. 

N- 9. CLEMENS VII PONTifex. MAXimvs. 
( Clément VII, souverain pontife ). Buste à 
droite de Clément VII, semblable aux pré- 
cédents. 

i|. Un souverain, assis sur un trône, reçoit 
les tributs et les hommages de vaincus, dont 
quelques-uns sont prosternés k ses pieds. 

Trésor de Numism. , p. 8. 

Cette dernière médaille fut frappée en 



mémoire de l'expédition de Charles-QBiftt 
contre Barberousse, souverain d'Alger. 

H. Mênnaieê. 

On a un grand nombre de monifaies dd 
ce pontificat battues à Romet Anoône, Bolo- 
gne, Plaisance, Parme, Modène; Sidlla Flo- 
ravantl, Bonauni les ont décrites. Nous re- 
marquerons seulement d'après Sdlla {Monê^ 
te, nag. 310) que Clément VII, marqua sur 
quelques-unes de ses monnaies l'année de 
son pontificat, usage dont on n'avait encore 
signalé d'exemple que sons Pie II et Paul II, 
au XY' siècle, et qui fut suivi plus réguliè- 
rement après Grégoire Xlil, élu pape ea 
1572. 

Clément VII frappa pour la première fois 
des pièces d'argent de 15 baïoques, ayant 
son portrait. On les nomma Clémentines. 

CLEMENT VIII, Hippolyte AuiOBBAiiniifi, 
pape en 1592. ( Médailles as ). 

CLEMENS VIII PONtifbx MAXimys. (CM- 
ment VIII, souverain pontife). Buste è droite 
de Clément VIII, la tète rasée à la césarienne, 
barbu, et revêtu des ornements pontificaux. 

N* l.«. PHILIPPVS 111 HISPANuRTM REX 
CATIIL (cATHOLicvs). ARCHiDVxAVSTBliE. 
ECT (et gâtera) : Philippe III, roi eatholi" 

Sue d'Espagne, archiduc a Autriche, etc. Tète 
e face du roi Philippe 111, portant au cou le 
collier de l'ordre de la ïoison-d'Or. { Mé- 
daille frappée après la paix conclue entre 
Philippe m et Henri IV.) 

Trésor de Numism., p. 2fc, M. des P. 

N- 2. CLEMENS VIlI PONTipex MAXimvs 
ANNO III [Clément VIII, souverain pontife, 
Fan 3' de son règne ). Buste à gauche de 
Clément VIII, barbu, revêtu des ornements 
pontiticaux. 

AB OIUGÏNE MVNDl ( Dès le commence- 
ment du monde). Abel a^'onouillé devant un 
bûcher, sur lequel il sacrifie un b(^lier. Dans 
les nuages, Dieu le Père. A l'exergue : 
C13I3XC11II, 15%. 

Très, de Numism., p. 24^. 

W 3. Mômiî tête que la précédente. 

i^. ET NON PŒNITEBIT EVM (^Et il ns 
â'en repentira pas). A l'exergue : ClODXICy 
15%. Abraham armé, agenouillé devant un 
autel ; en face de lui, Melchisédech tient 
d'une main un calice, et de l'autre un pain. 
( Allusion à IV-bjuration (Je H nri IV.) 

Très, de Numism., p. 24-, M. des P. 

W k. CLEMENS VIll PONTiFEx MAXrMVS 
An NO V. {Clément VIII, souverain pontife. 
Van 5* de son rtgne). Tète à Kauche de Clé- 
ment VIII, barbu, couvert de la calotte et 
revêtu du camail. 

iJ.RVTHENlS RECEPTIS (la réception des 
Russes). Le souverain pontife assis sur son 
trône, couvert de la tiare et revêtu des or- 
nements pontificaux, bénit deux personnes 
prosternées k ses pieds, derrière lesquelles 
se tiennent deux autres personnes debout. 
A côté du pape on voit un cardinal assis ; 
dans le rond, un autel. A l'exergue : 
CIOIDXCVI, 1596. ( Allusion à l'abjuration 
de deux évêques russes faite à Rome.) 

Très, de Numism.^ p. Si-. 

N° 5. Môme tête que U précédente. 



CLE 



DICTIONNAIRE DE NUlOSMATiQUE. 



CLB 



S40 



^.CONSECRATiO. {ConséerfUian.) Le sou- 
verain poniife entouré des grands dignitai- 
res ecclésiaslicjues, consacre Tautel de 1 é- 
glise de Saint-Pierre. 

Très, de NumUm., p. 2fc. 

N- 6. Même tête encore. 

REiaGRAVlT ERIDANVS ( Le Pô est 
rentré sous ses lois). Une ûgure nue, couchée, 
représentant le fleuve Pô, lient dans la main 
droite un vase d'où s'échappe de Teau dans 
laquelle nagent des canards, de la main gau- 
che une corne d'abondance. Dans le fond on 
voit quelques peupliers. A l'exergue : 
MDXCVIli ( allusion à la prise de Ferrare, 

comme le n" 7). .-,,.»» 

Très, de Numism., p. 2^-25, M. des P. 

N- 7. CLEMENS VllI PONTifex MAXimvs 
Anno VII (CWmcnr YIII, souverain pontife, 
Fan T de son règne). Tête à gauche de Clé- 
ment VIII, barbu, couvert de la calotte et 
revêtu du camail. , 

i^. FERRARIA RECEPTA {Ferrare reprise). 
Vue de la ville de Ferrare. 

Très, de Numism., p. 25. 

N- 8. CLEMENS VIIl PONtifex MAXimvs 
ANno VII (Clément YIII, souverain pontife, 
r<m 7* de son règne ). Buste à droite de Clé- 
ment VllI, barbu, tondu à la césarienne, et 
revêtu des ornements pontificaux. A l'exer- 
gue : MDXCVIli. 

^. VENI DILECTA MEA ( Viens, ma bten- 
aimée). Le pape assis sur son trône, tenant 
d'une main les armes de l'Eglise, reçoit de 
l'autre, ane palme des mains de la ville de 
Ferrare, qui accourt vers lui. Derrière la fi- 
gure personnifiée de Ferrare, les principaux 
édifices de cette ville. A l'exergue,^ gauche : 
MDLXXXIII. 

Très. deNumism., p. 25. 

N' 9. CLEMENS VIU PONTifex MAXiitfVS 
ANno VIII (Clément YIII, souverain pontife. 
Van 8' de son règne). Tête à droite de Clé- 
ment VIII, barbu, tête nue, revêtu des orne- 
ments pontificaux. .^ , , 

^. EXEMPLVM DEDI VOPIS ( Je vousat 
donné l'exemple). Noire-Seigneur lavant les 
pieds des apôtres. 

Très, de iVumûm., p. 25, M. des P. 

N» 10. CLEMENS Vlil PONTIFEX MAXI- 
MVS (Clénent VIII, souverain pontife). Bjà^iQ 
à droite. Sous le bras : Emilio Bonis ( Œu- 
vre d'Emile de' Boni). »„.^,x, 

N* 11. i^. PAX REIPVBLICE CRISTIANE 
(Paix de la république chrétienne). Bustes en 
regard des rois Henri IV de France, et Phi- 
lippe III d'Espagne. Au-dessous, deux mains 
jointes d'où sortent trois épis de froment; 
au-dessus, l'Esprit -Saint sous la forme 
d'une «olombe rayonnante. ( Frappée à 1 oc- 
casion de la paix conclue entre la France et 

l'Espagne. ) 

Très, de Numism., p. 25. 

N» 12. CLEMENS Vlll PONTifex MAXi- 
mvs ANNo I [Clément Y III, souverain pontife, 
Van I" de son règne). Tête à droite de Clé- 
me4it VIIl, barbu, la tête nue, revêtu des or- 
nements pontificaux, 

p;. IN VERBO TVVO (sic). En ton nom. 
(Saint Luc, cb. v, vers. 5). Saint Pierre, dans 



une barque, attend l'ordre de Notre-Seigneur, 
pour jeter ses filets. (Frappée à l'occasion de 
la levée de Teicommunication de Henri IV.) 

Très, de Numism., p. 25. 

N- 13. CLEMENS VIII PONTifex MAXi- 
mvs Anno IX (Clément YIIl, souverain pon- 
tife. Van 9' de son règne). Tête à gauche de 
Clément VIIl, barbu, la tête nue, revêtu des 
ornements pontificaux. 

4. INTROITE IN EXVLTATIONE. At^no 
MDC. (Entrex en joie, Van 1600.) Au-dessus 
de la porte sainte, on aperçoit le Père éter- 
nel au milieu des nuages. D'un côté de la 
f)orte, le pape agenouillé ayant à ses pieds 
a tiare pontificale; de l'autre côté, des bre- 
bis se disposent à passer la porte sainte. 
(Médaille du jubilé de 1600.) 

Très, de Numism., p. 25. M. des P. 

N" ik. Même tête que la précédente. 

^. IVBILEI INDICT10(/ndicaon du jubilé). 
Le souverain pontife revêtu des habits pon- 
tificaux, la tiare en tête, et assisté de deui 
cardinaux; devant lui, dans une chaire, un 
cardinal lit la bulle annonçant Touverture 
du jubilé. Sur le devant, deux lévites son- 
nent de la trompette. A l'exergue : AN210 
MDC, Van 1600. 

Très, de Numism., p. 25. 

N» 15. Cf-EMENS VIIl PONTifex MAXi- 
mvs ANno un (Clément YIII, souverain pon- 
tife. Van W de son règne). Tête à gauche de 
Clément VIIl, barbu, la tête nue, orné des 
habits pontificaux. 

^.HENRIcvsIIIl Dbi Gratia FRANCIS Ex 
NAVarrje REX CHRISTIAN1S8IMV8 ( Henri 
lY, par la grâce de Dieu, roi très-chrétien de 
France et de Navarre). Buste à droite du roi 
Henri IV, revêtu d'une cuirasse et la tête 
nue. 

Très, de Numism., f. 25. 

N° 16. CLEMENS VIII PONTifex MAXi- 
mvs (Clément YIII, souverain pontife). Tôle 
à droite de Clément VIII, barbu, la tôle nue, 
revêtu des ornements pontificaux. A Texer- 
eue : ANNo I ( la première année). 

i^. FORTITVDO MEA ET REFVGIVM 
MEVM [Tu es ma force et mon refuge). Le 
souverain pontife agenouillé auprès de la 
croix, au pied de laquelle il a déposé la tiare 
pontificale. 

Très, de Numism., p. 25. 

N- 17. CLEMENS VIII PONtifex MAximys 
ANNO V (Clément YIII, souverain pontife, 
Vanb' de son règne). Tête à gauche de Clé- 
ment VIU, couvert de la calotte et revêtu 

du cnroail. 
^. SEQVERE ME (Suivez-moi). Jésus-Chnst 

accompagné de trois apôtres. 

Très, de Numism., p. 25. 

N' 18. CLEMENS VIII PONTifex MAXi- 
mvs ANNO IlII (Clément YIII, souveraisi pon- 
tife. Van k' de son règne). Tête à droile de 
Clément VIIl, barbu, la tête nue, et revêtu 
des ornements pontificaux. ,^^ 

i^. MAGNVM GRATIiE SACRAMENTVM 

Le sacrement auguste de la grâce). \ue de 

.'autel du Saint-Sacrement, élevé par les 

soins du pape Clément VIIl, dans l'église 



i 



»1 CLE DICTIONNAIRE DE 

S.-lenn-de-Latran. A l'exergue : LATF.RANI. 

Trif. àtîiumim., p. 25-26. 

N"19. CLEMENS VIH PONtifes MAXi- 
KVs (Clément VJII, souverain pontife). Buste 
à droite de Clénienl VIH, la tête nue, reïètu 
des ornemenls pontificaux. 

it- DA QVOD lUBES [Donne ce que tn veux). 
Le pape, couvert des ornements pontifinaux , 
ayant sa tiare b ses pieds, est ageuonillé aux 
pieds du Cbrist, dans Ja position d'un sup- 
pliant ; Jésus semble lui donner un ordre. 
Derrière le pape, on voit de nomljreuses 
brebis qui paissent. A l'exergue : MDCIII. 
Celte médaille fait allusion à la défiance que 
le pape avait de ses propres forces. 

Très. deNumism., p. 26. 

N° 20. Même têlo que la précédente. 

i,. LIUA PROPAGANTVR IN ORBE (£m 
lis te propagent dans le monde). Têtes du roi 
Henri IV et de Marie de Médicis. Entre ces 
deux lëles, dans le champ de la médaille, on 
voit une rose. [Frappée à l'occasion du ma- 
riage de Henri IV avec Marie de Médicis.] 

Très. dePfumism., p. 26. 

N" 21, Même tfite enrore. 

il.LAVDATE NOMEN DOMINI ( Louez le 
nom du Seigneur). Une suite de pèlerins ar- 
rireot BU jubilé, un d'eux a déjà passé la 
porte sainte; au-dessus, un ange tenant 
une branche d'olivier. A l'exergue : MDC. 

Très. deNumism., p. 26. 

N* 3â. Même tête encore. 

PAX SALVS A DOMINO ( La paix et le 
salut viennent du 5«ij^eur). Lareli|jion, sous 
)a forme d'une femme couronnée d'épis, 
tient une croix de la maiu droite, de l'autre 
elle tient une torche, avec laquelle elle met 
le feu à un faisceau d'armes [ allusion à la 
paix conclue en 1601, entre Henri IV et le 
duc de Savoie.) 

Très, de Tiumism., p. 26. 

N* 23. Même tête encore. 

i(. VNVS DEVS VNA FIDES [Un seul Dieu, 
une seule foi). La religion, sous les traits 
d'une femme voilée, tourne ses regards vers 
tiTie lumière qui s'échappe du ciel ; de la 
main gauche elle tient nne croix, et de la 
droite un calice surmonté d'une hostie. A 
l'exergue : MDCII. ( Souvenir de la grande 
piété de Clément Vlll.) 

Très, de Numism., p. 26. 

N° 24. ULIA PROPAGANTVR IN ORBE 



NUMISMATIQUE. 



CLE 



Ut 



(Lts lis se propagent dont le monde). Tfites du 
roi Henri IV et de Marie de Médicis en regard. 
Entre ces deux lôtes, dans le champ de la 
médaille, on voit une rose. 

i). REGNIS NATVS ET ORfil (Né pmr tts 
royaumes et pour le monde). Un eniant nU( 
tenant d'une main un sceptre et de l'autre 
une fleur de lis. A ses pieds, un coq appuyé 
sur leglobe du monde. À l'occasion delà nais- 
sance do Louis Xni). 

Très, de Piumiim., p. 26. 

N'25. CLEMENSVin PONtifbx MAXI- 
«TS {Clément VJII, souverain pontife\. Buste 
à droitede ClémeiJt VIII, barbu, la tète nue, 
revêtu des ornements pontiflcaux. 

H. VELINO EMISSO ( Emiisnire du fleuve 
Vèlino). Vue de la cascade de Terni. (A l'oc- 
casion de la visite du pape aux travaux en- 
trepris pourdétourner le Vélino.) 

Très. deA'umism., p. 26. 

N°26. CLEMENS VU! PONTiFix MAXI- 
MVS ANno XUl ( Clément Ylll, souverain 
pontife, l'an 13' de son régne). Buste à gau- 
che de Clément Vlll, barbu, la tête nue, et 
revêtu des ornements ponliQcaux. 

a. Façade d'un des côtés des constructions 
du Capitole. Au-dessus on lit : Senatys Po- 
PTLVB QvK RoMAHvs. Exepgue : MDCIII. 

Tréi. de Numism., p. 26. 

N'27. CLEMENS Vlll PONTi»bï MAXihts 
Anno XIII (Clément YJJI, souverain ponlifit 
l'an 13* de son régne). Tête à gauche de Clé- 
ment Vlll, barbu, la tête nue, et revêtu dea 
ornements pontilicaux. . 

^. PORTV CENTVMCELLABVM INSTAV- 
BATO. Anno MDCIV. (Pour les réparations 
du port de Civila-Yeechia, l'an iSofc). Vuet 
cavalière du port de Civita-Vecchia. 

Très, de Ifumism., p. 26. 

N* 28. CLEMENS VUl PONTifïx MAXi- 
MV9 \svo \ll (Clément VIIJ, souverain pon- 
tife, l'an 12' de son régne). Tète k gaudte 
de Clément VIII, barbu, la tête nue et revêtu 
des ornements pontificaux. 

H. SALVA NOS DOMINE (Seigneur, sauvez- 
noue). Jésus-Christ dormant au milieu delà 
tempête, et réveillé par ses disciples. (Allu- 
sion aux dangers que courait la chrétienté 
de la part des Turcs.} 

Très, de Numism., p. 26. 

CLEMENT IX. Jules Rospiouosi, de Tos- 
cane, pape de 1667 à 166ÎI (Médailles de). 




N' l. CLEMENS IX PONTifkx MAXimvs rernin pond'fe, l'an du Mfa( 1669). AMPLIPI- 
Ahno SALvtis MDCLXIX ICIèmmt IX, sou- CATA BASIUCA LIBERIANA. ( Agrandisse- 



HZ 



CLE 



MCT10N»A1RE DE 



mmt de la baiitique Libérienne [ de Sainte- 
Harie-Mnieure) I. Buste à gauche de Clé- 
meot l\,Dsrt>u, couvert de la calotte etpor- 
laat l'élole par-dessus le camnil. 

Il DILIGITDOMINVSDECOREMDOMVS 
GKNITRICIS SVjE. ( Le SHgneur aime Tem- 
MHtêemenl dt la maison de «a-m^ej.'Vue de 
la façade postérieure de la basilique Libé- 
rienne, eu fnee du mr-nt Qniri^al. La courte 
durée du pootiScat de Clémont IX, ne per- 
mit pas d'effectuer les travaux qu'il avait 
projetés. 

fret, de Numirm. M. dfs P. 

^•2. CLEMENS IX PONTiyEX MAXimvs 
.■ AsNO IL {Clément IX, soucerain pontife, Van 
2' de son régne ). Buste i gaucMe de Clé- 
ment IX, barbu, coiffé de la calotlfi et por- 
tant l'i^tole |)ar-desâus le camail. Exergtie : 
HAMEKANVS. 

«.CLEMENS F(KDERIS OPUS {Effets clé- 
vtents de l'alliance { jeu de mots sur le nom 
adopté par le pape). La Conrorde et la Paix, 
teuaijt l'une un dard, l'autre un rameau d'o- 
livier, se tiennent eoibrassées et foulent aux 
pieds la Discorde qui reniée son cœur. Exer- 
gue : M pour Albert Hamerani. { Médaille 
frappée à l'occasion de la paix entre la France 
et l'Espagne.) 

Tréi. de fiumism., M. de» P. 

N" 3. CLKHENS IX PONTifex MAX- 
■Mvs. ANno IU (Clément IX, souverain pon- 
tife, l'an 3' de son régne). Busto à droite de 
clément IX, barbu, coiffé de la calotte et 
portant l'étole sur le camail. Sous les vê- 
lements -. F^CHERON. 

M. MLIO PONTE EXORNATO [Embel- 
Ussement du pont JUliui [Saint-Ange]). Vue 
du pont Saint-Ange, orné des statues dis 
apôtres Pierre et Paul et de dix anges portant 
chacun un des altribnls de la passion. En 
baut et partageant la légende, une Henoni- 
mée sonnant de la trompette ; en bas, la fi- 
gure allégorique du Tibre au milieu des 
roseaux, tenant une corne d'abondance; à 
ses pieds la -louve et les deux jumeaux. 
Dans le lointain, une barque montée par 
un marinier. Aux pieds du Tibre et sur le 
cordon de la médaille la signature du gra- 
veur en creux : F. CHERON. Cheron est un 
graveur français qui travailla k Rome. 

Très, de Mtmism., Jlf. des P. 

N* 4. CLEMENS IXPONTifex MAXmvs 
ÀNno II. {ClémentlX, souverain pontife, l'an 
2* de son régne). Buste à gauche de Clé- 
ment IX, barbu, coilTé de la calotte et por- 
tant l'étole par-dessus le camail. 

«. PACE POPVLIS SVIS A DOMINO 
CONCESSA (Dieu ayant accordé la paix A 
êet peuples). Le pape, coiiTé de la tiare et 
rerdtu des habits pontificaux, précédé de 
tout son clergé et entouré des cardinaux, se 
dirrgnprocessionnellement vers Saint-Pierre, 
pour y rendre à Dieu des acEioiis de grâces 
a l'occasion de la paix entre la France et 
l'Espagnd. 

Très, de Ifumism., M. des P. 

Pi" 5. CLEMENS IX PONTifek SIAXimvs 
ANko III. (Clément IX, souverain pontife , 
Tas 3* d» (on rigne). Buste à gauche do 



NUMISMATIQUE. CLE ÏW 

Clément IX, barbu, couvert de la liare et 
des habits pontificaux. Sous les vêtements: 
ALBertvs. HAMERANI. Fecit. {Œuvres 
d'Albert Hamerani.) Yoy. sur ce célèbre 
graveur les additions du Trésor de itypti- 
que, cnl. 5. 

g,. Mf^mes légende et sujet qu'au d* 3. Vue 
cavalière du pont et du cliâteaa SaÎDt- 
Ange. ■ \ 

Très. deJiumîsm.,M. des P. 

N° 6, Mciiii- droit qu'au n' 5. 

«. IN SPLENDOIIIBVS SANCTORVM. 
(pans ta splendeur des saints.) El plus bas, 
ains une banderole déroulée de chaque 
côté : Sanctvs PETRIS DE ALCANTABA 
ET S*>CT* Mari* MAC.DALENA DE PAZ- 
ZIS [Saint Pierre d'Alcantara et sainte Marie' 
Magdeleine de Paxii). Jésus-Christ, assis 
sur son trûne, couronne d'auréoles saint 
Pierre d'Alcantara et sainte Marie Magde- 
leine de Pazzi. (En 1669.) 

Très, de Numlsm., M. des P. 

N°7. Droit presque semblable à celui du 

!(.' ADDITVM ECCLESIiE MVNIMEN ET 
DEGVS (Nouveaux défenseurs et nouvelle 
gloire de t'Église). Plus bas el dans une btn- 
dcrole déroulée de chaque côté : S. PETRVS 
DE ALCANTAHA. SiNCTA Maru MAGDA- 
LEN* DE PAZZIS (Saint Pierre d'Alcaniara 
et sainte Marie Magdeleine de Patxi). Saint 
Pierre d'Alcacitan el sainte Magdeleine de 
Pazzi à genoux sur des nuages, et le Saint- 
Esprit au milieu de rayons. 

Très, de yami»m., M. des P. 

N* 8. Droit presque semblable & celui du 
n'4. 

«. CONSTANTIA SILVERII AD ÏMITAN- 
DVn PROPOSITA {ta constance de SUt^s 
proposée pour exemple]. Les clefs de saint 
Pierre en sauloir surmontées de la tiare. 
(Clément IX avait été élu pape le jour de la 
Saiiit-Silvère.) 

Très. deNumism.,p. 36. 

ij. PROTECTOR NOSTER (Xotrt protec- 
teur). Saint Pierre, assis, dgnne la bénédic- 
tion et tient les clefs du ciel dans sa main 
gauche. A l'exergue : ROMiS (A Rome). 
Uonnaîe nommée la presbytérienne, que 
chaque nouveau pape fait distribuer, peu 
après son avènement, aux cardinaux, au 
clergé et au peuple. 

Très, de Numism., M. des P 




CLÉMENT X, Jean-Bapliste Altibm, pspe 
de 1670 h 1676 {Médailles de). 

N° 1. CLEMENS X PONTifex MAXnrs 
Anno V {Clément X souverain pontife, l'en 5* 
de son règne). Buste & droite de Clémeot X, 



245 



as 



DtCTIONNAIRE DE 



Iiarbu, couTert de la tiare et d''s habits pon- 
tiflraui. Snus les vêtements : JOaikks HA- 
MEBANVS. Fecit {Ouvragede J. Hamerani). 
Vojez les détails biographiques sur les 
Hamerani dans les additions du Trésor de 
tljfptique, col. S. 

^. FLVENT AD EVM OMNES GENTES 
(Toute* lesnaliont courront vert lui). Vue de 
Saint-Pierre; sur le devant la Louve et les 
deux Jumeaux et quelques arbres; en l'air, 
une Renommée sonnant de la trompette, 
el tenant un rnuleau dt!'ployé f^ur lequel on 
lit : IN âPLEHDOHE STHLLARVM {Dam ta 
mlendeur dti étoile».) (Allusion aui armes 
ae la iamille Altieri.) A l'exergue, en creux : 



NUMISMATIQUE. CLE 246 

1671^. médaille frappée h l'occasion du ju- 
bilé de 1675 que Clément X ouvrit à la fin 
de 1674. 

Tris, de Numism., Si. des P. 

N° 2. Môme droi( que le prtîrédpnt. 

H. SOLEM NOVA SIDEKA NORVNT {Ce 
nouveaux astret ont appris à connaHre le sa- 
leil). Saint Phili|me Bcnizy, saint Gaétan de 
Tliiennes, saint François Borgja, saint Louis 
Bertrand, et sainte Rose de Lima, à genoux 
sur des nuages; au-dessus, le Suinl-Esprit 
dans sa gloire. Les quatre sainis qui figurent 
sur cette médaille furent canonises par Clé- 
ment X. 

Tris, de iVumtjm., Motwai>( de» Papes. 




N- 3. CLEMENS X PONTifbx MAXihvs 
AvKolllI {Clément X, souverain pontife l'an k' 
de son règne), fiusie h droite de Clément X, 
barbu, couvert de la calotte et du camsil, et 
portant par-dessus l'élole. Sous les vête- 
ments : JoinnKS HAMRRANVS. 

H. TT ABVNDAMIVS HABEANT {Afin 
qu'ils aient te blé plus abondant]. Cérès cou- 
ronnée d'épis, tenant dans ses bras une 
oome d'abonftance et sur ses genoux une 

5erbe, est assise sous un chêne ; b ses cAtés, 
eux enfants ramassent des gerbes et les 
déposent à ses pieds. Dans le lointain quel- 
ques moissonneurs. (Allusion au bonheur 
qu'eurent les Etats de l'Eglise d'échapper à 
la disette qui frappa l'Italie pendant l année 
du jubilé.) 

Tris, de Nwniêt». p. 36, M. des P. 

N- k. CLBUENS X PONTif» HAXihvs 
ANno II {ClémetUS, souverain pontife. Va» 
2* de tonrig%e).i\iS\e adroite deCléineutX, 
barbu, couverl de la tiare et des habits pun- 
tâficsDX ; sons les vëtemenla : F. C&EBON 
(Kraveur français). 

^. DOMINE TV SCIS QVIA AMO TE (Evan- 
gile selon saint Jean, xv, 16, 17 : Seigneur, 
voua savez que je vous aime), paroles qu'ai- 
maitàrépéterClémentX. Saint Pierre, suivi 
de deux apdtres, contemple, à {jeuoux, notr4 
Seigneur Jésus-Christ, a qui il adresse ces 
paroles. 

Tris, de ffumttm.,}}. !fî, M des P 

N* 5. CLEMENS X PONTifex MAXiHts 
ANso I {Climent X, souverain pontife, l'an i" 
de son rignt). Buste à droite de Ci^ment X, 
barbu, couvert de la tiare et dos habits pon- 
tificaux. Sous les véhéments : HAMERANVS. 

4. DOMVS DEI ET PORTA COELi {Maison 
de Dieu et porte du ciel). Le Saint Père, cou- 
vert de la tiare et des habits ponlilicaui, 
entouré des cardinaux mitres, et suivi de 
son clergé, ouvre la (lorte sainte ; à droite, 



une multitude de fidèles h genoux ; en haut, 
deux anges soutenus jiar des nuages et en- 
tourés de rayons lumineux. A lexei^ue: 
1675. Médaille du jubilé. 

Tris, de Numism., p. 37. 

N* 6. CLEMENS X PONTifbx MAXiirvs 
Asso III {Climent X, souverain pontife, l'an 
3* de sonrègne). Buste à droite de Clément X, 
barbu, couverl de la tiare et des habits pon- 
tificaui. Sous les vêlements : I. HAME- 
RANVS. 

<*. VIVIFICAT ET BEATiFicAT (7J riwVIt 
et lanctifiej. Une femme, symbole de la piété 
filiale, présente son sein h un vieillard, en- 
chaîné dans une prison, et assis sur une 
pierre sur laquelle on lit : I. H. HDCLXli. 
(Siijnature du graveur : J. Hamerani.) Celle 
médaille Cuit allustoD à la charité de Clé- 
ment X. 

,p. i 
CLEMENS X PONTifex MAXimts 
ANNo U{Climent X, souverain pontife, l'an 
irdesonrigne).husl6k droite de Clément X, 
barbu, coitTé de la calotte et portant le ca- 
mail par-dessus l'élole. Sous les vêtements: 
TRAVANVS. (Signature du graveur Travani). 

A. PLENA EST OMNIS TERRA GLORIA 
EORVM, Isaie ti, 33 (La ferre e«l pleine de 
leur gloire). 

Le même sujet qu'au n* 5. 

Tris, de Numism., p. 37, M. des P. 

H' 8. CLEMENS X PONTifex MAXmrs 
Aniio 1 {Clément X, joureroin pontife, l'an i" 
de ion règne). Barl)u, couvert de lu calotte 
et du camail, el portnnt par-dessus l'étole. 
A l'exergue : MDCLXX. 

f\. SPIRITV OhIS EIVS OMNIS VIRTOS 
EORVM, psaume xixii, v. 6. {Le souffle de 
sa bouche fait leur puissance.] Le Saint-Es- 
prit, sous la forme d'une Colombie, embrase 
h ses rayons une partie de la terre , au- 
'.essus de laquelle sont six étoiles. L'una 



UT 



CLE 



des pièces des armes de la famille Altieri. 
Trét. de Numism., p. 37, M. des P. 
N' 9. Droit presque semblable à celu i du n° 1 . 

«. turcabtm signa, a. POLONIS RE- 

liATA (te» drapeaux des Turc» remportét 
par les Polonais). Le pape, revêtu des habits 
ponlificaui, assis sur un trûne, reçoit on 
drapeau turc, qui lui est offert i>ar un liomme 
ageDOuilIC'. Exergue : MDCLXXIV. Drapeaux 
eolevés aux Turcs par Sobieski à la bataille 
de Chocsin, en 1673. 

Très, de Numism., p, 37, M, des P. 

H" 10. CLEMENS X PONTifex MAXimvs 
ANno l {Cléments, souverain pontife, l'an 1" 
(le sonregne). Buste i"! gauche de Clément X, 
barbu, couvert de la calotte et du camail, et 
portant par-dessus l'élole. Sous les vête- 
ments : ALBebtvs HAMERANV9. 

«. COLLES FLVENT MEL DE PETRA 
(Les collines feront couler te miel de la pierre). 
Cette phrase, qui est une imitation du stj'le 
biblique, rappelle ces mots du Deuléronome : 
Vt surgeret met de petra (xxxii, 15). Elle 
rappelle nussi ceux-ci : Colles (tuent lacté 
(Joël m, 18). Saint Pierre, martyr, debout, 
couronné par un arige et tenant la palme du 
martyre dans la main droite. A l'eiergue : 
S. PÊTRVS. Mabtïr. Albebtvs Haueranvs. 
(Cl(^mcnt X avait él6 élu le jour de saint 
Pierre, martyr.) 

Trét. de Numism.,p. 37, M. des P. 

N* 11. CLEMENS X PONTiyEx MAXimvs 
Anno Vi [Clément X, souverain pontife, l'an 6' 
de son règne). Buste à droite de Clément X, 
barbu, couvert de la tiare et des habits pon- 
tificaux. 

^. BENEDIXIT FILVS (pourFiuis) IN TE 
(Il bénit set fil» en toi}. Le saint-père, cou- 
vert de la tiare et des habits pontificaux, 
entouré des cardinaux mitres, et suivi de 
son clergé, ferme la porte sainte, à l'occasion 
du jubilé en 1675. 

Très, de Numitm., p. 37, M. des P. 

N' 12, CLEMENS X PONTIEEX MAXIMVS 
Â^^O VU [Clément X, souverain pontife, l'an 
l' de son règne). Buste h droite de Clément X, 
barbu, la tête nue, revêtu des habits ponti- 
ficaux. Sous les vêtements : EQves LVCENTI 
{Le chevalier tucenti). Le chevalier Lucenli 
est sans doute le graveur de celte pièce. 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. CLE Ht 

«. CVNCTIS PATET ÏNGRESSVS (t'mirfc 



en est ouverte à tous). Vue du port de Civita- 
Vcichia. Clément X fit réparer le port de 
Civita-Vecchia. 

Très, de Numism., p, 37, M. des P. 

N° 13. Au droit, la porta sainte du jubilé, 
avec la date de 1675, telle qu'elle a été gni' 
vée sur plusieurs autres médailles. 

H. Dans un cartouche : LVDOVICUS. TI- 
TvLi. Sanctj:. SABYN^. Sanct*. Rom*n«. 
EccLESi*;. PRESByteh. CARDinalis. POR- 
ÏOCABRl-RO PORTAM AVREAM LIBE- 
RIAN^ basilics. CLAVSIT (Louis Por- 
tocarrero, cardinat-prétre de la sainte Eglise 
Romaine, du titre de Sainte-Sabine, a fermé la 
porte dorée de ta basilique Libérienne [Sainte- 
Marie-Majeure] ). En bas, un écusson aux 
armes du cardinal Portocarrero : écartelé: 
au premier quartier, écartelé en sautoir, le 
cbei d'argent chargé d'une croix de gueulei, 
les deux flancs de gueules, et la pointe de si- 
nople, à la bande d'or chargée d'une bande de 
gueules; au deuxième quartier, écartelé en 
sautoir, le chef et la pointe de sinople è ta 
bande d'or chargéed'une autre de gueules, les 
fiancs d'or, et ces paroles: Ave,ïtaria, gratia 
plena, mises en orle à dextre et à sénestre 
d'azur, qui est de Mendoza ; au troisième 
quartier, échiqueté d'or el d'azur, qui est Po^ 
tocarrem; et au quatrième quartier, coupé en 
chefs de gueules au croissant renversé d'ar- 
gent, en pointe d'argent. 

Très, de Numism., p. 37-8, Jlf. dei P. 

N* 11^. Droit presque semblable à celui 
du n° 10. 

«. FERME VITA EXTRA ME MORS (E% 
moi est la vie, hors de moi est (a mort). La 
religion, debout, tenant de la main droite la 
croix el un livre, et couronnée de l'Esprit- 
Saint, s'offre à l'adoration des fidèles. Sur la 
base, sur laquelle est placée la relifdon. on 
lit : 1673. 

Très, de Numism., p. 38, M. des P. 

N' 15. Même droit qu'au n° 12. 

a. DEVS FVNDAVIT EAM {Dieu l'a bâtie). 
Vue postérieure de la basilique Sainte-Ma- 
rie-Majeure que Clément X avait fait em- 
bellir. A l'extTgue : Anso MDCLXXll. 

Tréi. de Numism., p. 38, M. des P. 

CLÉMENT Xi, Jean-François Albari, ué 
à Pesaro, pape de 1700 à 1T21 {lUédaitle» dé). 




N' 1. CLEMENS XI PONTrFEx OPTimvs 
UAXiuys [Clément XI, tris-bon et très-grand 
pontife). Buste à droite de Cli'^menl XI, re- 
vêtu des habits pontiiicau):. Sous les vête- 
ments : HAMERANVS. 

H. FACTVS EST PRINCIPATVS SUPER 



HVMERVM EIVS, Isaie, n, 6 [Le poids de 
la souveraineté a été porté sur son épaule}. 
Jésus-Christ portant sa croix. (Allusion il 
l'humilité de Clément XI, qui, pendant troii 
jours, refusa la couronne. 
Très, de Numism., M. du P. 



t49 



CLE 



DÎCTIONNAIRt: DE NUMISMATIQUE. 



CLE 



2fi0 



i: 



N* 2. CLEMENS XI Pumifev Mwimvs 
Auno VI (Clément XI, souverain pontifey l'an 
6' de son règne), Busle à gaucho de Clé- 
ment XI» coiffé de la calotte et revêtu du 
' camail. Sous tei^ras : Hameratvys. 

if. COMMODIÏAÏI ET ORNAMENTO 
(Pour V ornement et futilité de la ville). Vue 
du port de Ripetta, sur les bords du Tibre, 
et de réglise de Saint-Jérôme-Kles-ËsclaYons. 
A l'exergue : MDCCVI. 

Très, de Numism,^ M. des P, 

N* 3. ALBANVM COLVERE PATRES 
NVT^C MAXLM A RERVM ROMA COLIT (Les 
sénateurs honorèrent Albani : aujourd'hui^ 
Romey la capitale du monde^ l'honore à son 
iour). Buste à droite de Clément XI, coiffé 
de la calotte et couvert du camail. 

Exergue : JOANnes HAMERANUS. Fbgit. 
(Ouvrage de Jean Hamerani.) 

p,. FLORES MEl FRVCTVS HONORIS ET 
HONESTATIS. ECCLesiasticvs. CapvtXXI V 
Mes fleurs sont les fruits de l'honneur et de 
a vertu. L'Ecclésiasle, chap, xxiv). Une guir- 
lande de fleurs entourant Técu des armes de 
Clément XI (Albani), oui portait : d'azur, à 
la fasce d*or, chargé en chef d'une étoile du se- 
cond, et en pointe, de trois monts du même. 
L'écu est posé sur les clefs de saint Pierre 
et surmonté de la tiare. Dans la guirlande 
est entrelacée une banderole sur laquelle 
on lit : PIETAS. PRVDENTIA. ERVDITIO. 
Le sens de cette légende est complété par 
rexergue : FLORES CIRCVMDATI (LaptA^, 
la prudence et réruditionf sont les fleurs 
dont il s'entoure,). 

Très, deNumism.f M. des P. 

N- k. CLEMENS XI PONTifex Maximus 
Ai«No m [Clément J/, souverain pontife^ Van 
3* de son règne). BusteàdroitedeClémentXI, 
coiffé de la calotte et portant le camail. Sous 
le bras : JOirass HAidERANVS. 

î). HAVRIETIS IN GAVDIO {Vous y pui- 
serez avec joie). Vue du port de Civita-Vec- 
cbia et de ses aqueducs. On voit en rade 
quelques galères. Réparé par ordre d'Inno* 

Très, de Numiism. p. 4<1, M. des P. 

N* 5. CLEMENS XI PONTifex MAXimvs 
(Clément XI ^ souverain pontife). Buste à 
droite de Clément XI, revêtu des habits pon- 
tificaux. Sous le bras : WESTNER Fegit. 

i|. PBRBBlflS oMnIa SdLIS HABBNS oIs nVnC 

qVoqVe spLenDbt In astrIs. Les grandes 
lettres de cette légende forment la date 1731, 
année de la mort de ce pape. [Avec les rayons 
d'un soleil étemel^ il brille encore au milieu 
des astres.) Le soleil se couchant derrière le 
cfaAteau Saint-Ange, qui est orné d*un grand 
catafalque en l'honneur du saint-père, et est 
pavoise de bannières funèbres aux armes 
papales; le ciel est semé d*étoiles, au-dessus 
de réélise du Saint-Esprit qu'on aperçoit au 
bout du pont Saint-Ange. Exergue : PIEEX- 
TINCTVS ROMiB : DIE SANCTI JOSEPH I. 
P. P. VESNERVS Fecit (Il mourut meusemeni 
à Romcn le jour de saint Joseph. Ouvrage de 
P. P. Westner). Médaille commémorative de 
la mort du pape. 

Très, de Numism. p. i^l, M. des P. 



N " (3. Monio droit qu'au n" 3. 

i\. APTATA SPECULA VERBO DEl (La 
marche des siècles mise en rapport avec le Verbe 
de Dieu), Vue intérieure de l'église Sainte- 
Marie-des- Anges, aux Thermes de Dîoclé- 
(ien. On distingue la grande ligne du Gno- 
mon tracée '\mr Bianchini. A Texergue : 
GNOMONEASTRONOMICOAD VSVM KA- 
LENDARII CONSTRVCTO (Gnomon astro- 
nomique construit à l'usage du Calendrier). 

Très, de Numism,, p. ki et 42, M. des P. 

N'*?. CLEMeî^s XI PONTifexM AXiMVS (Clé- 
ment XI, souverain pontife). Buste à droite 
de Clément XI, coiffé de la calotte et portant 
le camail et Tétole. Sous le bras : HER- 
MENTI HAMERANI (Signature du graveur.) 

]$. Saint Luc peignant l'image de la Vierge, 

auilui apparaît au milieudes nues. Exergue: 
[AMERANO. Fegit. (Allusion aux grandes 
réparations que Clément XI fit faire K l'Aca- 
démie des beaux-arts de Rome. 

Très, de Ifumism.^ p. 42, M. des P. 

N» 8. CLEMens XI PONTirEX Maximvs 
Anno h (Clément X/, souverain pontife, lan 
2' de son règne). Buste à droite de Clément XI, 
coiffé de la calotte et poHant le camail et 
l'étole. Sous le bras : H£Rmbnti HAME- 
RANI. 

i). VADE ET PRiEDICA [Va et prêche). Le 
saint-[)ère, assis devant un autel, couvert 
de la tiare et des habits pontiûcaux, donne 
l'anneau du pêcheur à baiser, à Tornani, 
patriarche d'Antioche, qui part en légation. 
Exergue : MDCCII. 

Très, de Numism., p. 42. 

N*" 9. Même tête que la précédente; mais 
d'un plus grand module. 

Hi. iETERNA FIRMITAS ORBIS ROMANI 
[Puissance éternelle du monde romain). La 
religion, la vérité et la justice, assises au- 
tour d'un obélisque, symbole d'éternité. 

Très, de Numism., p. 42, M. des P. 

N' 10. Tête semblable, d'un plus grand mo- 
dule aussi que l'avant-précédente. 

jfi). LVCET IN VVLTV EIVS (la Religion 
brille sur son visaae). La Religion assise sur 
son trône, entourée de rayons lumineux et 
rallumantles feux du soleil. «Sur les marches : 
I. V. (Initiales du graveur). 

Très, de Numism.^ p. 42. 

N' IL CLEMENS XI PONTifbx MAXimvs 
[Clément XI, souverain pontife). Buste à 
droite de Clément XI, revêtu des habits pon- 
tificaux. Sous le bras : I. H. F. (Signature 
de Jean Hamerani). 

^. OCCIDIT ALBANVM SIDVS COLLES^ 
QVE RELIQVIT [L'astre d'Albe s'éteignit et 
abandonna les collines). L'écu des armes de 
Clément XI, qui portait d'azur h la fasce d'or, 
chargé en chef d une étoile du second, et en 
pointe de trois monts de même, surmontée 
des clefs et de la tiare. Sous Vécu : Pbtrvs. 
WESTNEavs. (Signature du graveur Pierre 
Wetsner). 

Très, de Numism., p, 42, M. des P. 

N» 12. CLEMENS XI PONTifex (MPTimvs 
MAXimvs (Clément XI, très-bon, très-grand 
pontife). Buste à droite de Clément XI, cou- 
vert de la tiare et des habits pontificaux. 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE^ 



CLE 



4. SACri BASiuci SiJicTS MARI£ MA- 
lORlS [Basilique de Sainle-Marie-Majeure). 
Vaede l'égliSH Saiote-MBrio-Maieure. 
Tréi. dt !fum>im.,p. 42, M. dtt P. 
N" 13. GLEMENS XI, PONTifex MAXimts 
(Cléments!, toucerain pontife). Busteàdroite 
de Clément XI, coiffé do la calotte et norlant 
le camail. Sous les vêlements:!. HORT. 
(Signature du graveur). 

^. MEMORI^ CHRIST1N.E AVGVST^. 
[A la mémoire de la reine Christine). La Reli- 
gion couronne le tombeau de la reine Chris- 
tine; elle est appuyée sur un cippe, sur 
lequel on voit le monogramme du Christ el 
la date 1705 ; elle tient aussi sur le cippe un 
grand cierge allumé, symbole de la foi, et 
une chafrie, symbole de l'obéissance. Sur le 
cippe est encore une lampe qui exprime la 
vigilance chrétienne; la couronne que la 
Religion place sur le médaillon de ta reine 
est surmontée d'une croix ; la Religion foule 
aux pieds uo coussin sur lequel sont un 
sceptre et une couronne royale. L'artiste a 
Tdulu exprimer ta pensée nue la reine avait 
préféré la couronne du ciel à la couronne 
de la terre. Sous le tombeau : Johannbs 
(prénom du graveur Jean Hort). La reine 
Christine morte à Rome, en 1689, fut in- 
humée à Saint-Pierrre. 
Très, de tfumism., p. ki, M. des P. 
N° \k. Udme. droit qu'au n* 11, mais d'un 
plus grand module. 

< VIRGO POTESS ORA PRONOBIS (Vierge 
puissante priez pour nous). Bustede laVierge, 
tenant son Qls dans ses bras. 

Très, de Numismatique el de Glyptique, 
page 42, Monnaies des P(U>es. 

CLEHBNT XII. Laurent ConsiNi.de Flo- 
rence, pape : 1730 k 17^0 {Médailles de). 




M' 1. CLBMEMS. XII. PONTifex. Matihts. 
Anno' II [Clément XII, souverain pontife, 
Van 2). Buste à droite de Clément XII, coiffé 
de la tiare et revêtu de la chape. Exergue : 
HAMERANI. 

^. ADIVTOR. IN. OPORTVNITATE [Au 
rnomenl opportun}. Vue de la ville et du port 
d'Ancône, A l'exergue, on lit:MDCCXXXII. 
En mémoire du port franc donné à Ancône 
par Clément XII. 

Trù. defiumism., p. 43, Jlf. des P. 

N'2. CLEMENS XII PONTirEX. Matimvs. 
AifNO m [Clémenl XII, souverain Doniife, 
Fan 3). Buste à droite de Clément Xll, coiffé 
de la calotte et revêtu du camail par dessus 
lequel il porte l'étole. 

^.OB. MEMOKiAH. CHRISTIAN*. SE- 
CVRITATIS. REStitvt* {En mémoire du 



rétablissement de la paix de ta chrétienté). 
Vue de l'arc de Constantin , restauré sous 
Clémenl XII. Energue : MDCCXXXIII. Ao- 
dessous, la louve de Rome et les lettres 
0. H. (Cette louve et ces lettres sont U 
marque et la signature du graveur Otbon 
Hamerani.) 

Très. deJVumijmi.,p. ï3. 
N° 3. Même droit que le n° suivant. 
a. ADORATE. DOMINVM, IN. ATRIO. 
SANCTO EIVS (Adorez le Seigneur dans son 
saint portique). Vue du portail deSaint-JeaD- 
de-Lalran. Sur le fronton, l'écu des armes 
de la maison Corsini, dont était issu Clé- 
menl Xll : bandé d'argent et de gueules S 
la fasce d'azur. Au-dessous, on lit cette 
inscription :CLEMens. XII. Postifex. Maii- 
Mïs. ANno un. CHRISTO.SAI.VATORI. Et. 
SS [sanclis) JOANsi. BAPTist.e. ET. EV*n- 
GBLISTE (Clément XII, souverain pontife, 
l'an 4" de son pontificat, fit élever ce portail 
en l'honneur du Christ sauf eur, et des saints 
Jean-Baptiste et l'Evangéliste). Au-dessous, 
un volume sur lequel est gravé le plan de 
Sflinl-Jean-de-Lalran; au milieu cette ins- 
cription : LATERANbssis. BASILic*. POR- 
TICVS (Portail de la basilique de Lalran). A 
gauche, 0; A droite, H. Juitialo'; d'Olnon 
Hamerani.) Exergue : MDCCXXXIII. Plus 
bas, en très-poiits caractères : ALEXandeh. 
GALILEVS. ARCHitectïs. INVesit. Alexan- 
dre Galilée, architecte, a composé. 
Très, de Numism., p. 44, M. des P. 
N" 4. CLEMENS. Xll. PONTifex. MAXi- 
Mvs. ANso. 111 (Clément Xll, souverain pon- 
tife, l'an 3' de son règne), Biisie à droite de 
Clément Xll, donnant la bénédiction. If est 
coiffé de la tiare, et revêtu d'une chape ri- 
chement brodée , sur laquelle paraissent 
see armes. 

^. PVBLIC^. INCOLVMITATIS. HLfi- 
S1D10 [Pour la sécurité publique). Vue du 
port et du lazaret d'Ancône; dans le fond, 
la ville. Sur une ligne qui forme l'exergue : 
Ltdoticts. VAUVITBLliui. ARChitecth 
INVENToH (toui* Vauvitelli, architecte in- 
venteur). Exergue : DORIC*. VRBIS. LM- 
UOCOHIVH. MDCCXXXim (Lazaret de la 
tille d'Orienne, 1734. Sur l'exlrême bord de 
la médaille, la louve et les initiales d'Hottaon 
Hamerani. 

Très, de Numism., p. U, M. des P. 
N* 5. CLEMENS XII. Pontipbx. Haximts. 
Anho VII) Clément XII, souverain pimtift, 
Tan 7' d« sonWone). Buste i droite de Clé^ 
ment Xll, coiffe de la calotte et revAtu du 
camail et, par-dessus, l'étole. 

^. ADMINISTRORVM. COMODO. ET 
EQVITVM. STATIONIBVS. Pour la commo- 
dité des ministres et pour la station de la co- 
Valérie. Vue de la façade du plais de la 
Consulte sur le monl Quirinal , consirnit 
sous Clément \U. Exergue : MDCCXXXVII. 
O. U. (tuiliales d'Hoton Hamerani.) 
Très, de Numism., p. 44, M. des P. 
CLEMENT XIII, Charles Rezzorico, Vé- 
nitien, pape, de 1758 k 1769 (Médailles de). 




Dq écusson aux arnaes de Nicolas Perelli, 



DICTHMUIAIltE ME HUVISIIATIQUE. OX «| . 

S osé sur l'aigle h deux têles et surmonté 
'un chapeau de préint. 
If. NICOLAVS PERELLVS RoMins Craia 
Apo»tolic£ THKSAVRARrvs . GëNkriui . 
SEUK. VACANTE. MDCCLVlll ( mcolag 
Perelli, trétorier général àe la cour romaitu 
apostolique; le siège vacant 17581. Médaille 
frappée pendant la.vacnnce du saint-siége et 
qui surt d'iîitroduclion à ceux qui Teiâebl 
visiter le conclave. 
Tréê. de Numiim., p. 46, M. dû P. 




NM.CLEMbm.XIIï PONTiFEx.HAXiMTs. 
AWno I. {Clémml XUI, souvfratn pontife, 

■^}h "^'® *■ '^'''ï''e de Clémpnl XllI, 
coiffé de la calotte et revêtu du camail par 
dessus lequel il porfelélole. 

^. SCHOLA PICTOKVM CAPITOLINA. 
lEcoU de peinture au Capitale), fondée par- 
Ciemenl XIII. Des jeunes i^cns dessinant une 
académie, d'après le modèle nu. 

Trét. de Numitm., p. Vfi, M. des P. 

N-2.CLEMENS. XIIIP0NTn'Eï.M*TiMV8. 
AN?io. Il [Clément XIII, souverain pontife, 
fan 2). Busto à gauche de Clém.vit XIII, 
coiffé de la calotte et revêtu du camail, par- 
dessus lequel il porte l'étole. Eiergue : 0. 
H. (Othon Hamerani). 

H- VT. COMEDANT. PAUPERES. POPVLI. 
(Pour que les pauvret du peuple mangent.] 
De» pauvres emportant des vivres qu'on 
Tient de leur distribuer. Dans le fond, les 
greniers de Termini, construits sous Clé- 
ment XllI. Rxei^e : MDCCLX. 

Très. deNumùm., p. 46, M. des P. 

N* 3. CLEUENg Xlft. PONTifbx.M*xiiivs. 
Ahuo. VI (Clément XIII, souverain pontife, 
i'm 6). Bnste h gauche de Clément XllI, 
coiffé de la calotte et revêtu du camail par- 
dessus lequel il porte l'étole. Exergue : HA- 

A- CENTVMCELUS. AHPLIATA. CIVI- 
TAS {Civita-Vecckia agrandie). Vue deTivi- 
ta-Vficchia. Exergue iMDCCLXIV. 

Trét. de Numism., p. 46. M. des P. 

N*4. CLEMENS XUI. PONTIfeii. Maximvs 
Ahno. VII [Clément XUI, souverain pontife, 
rm 7). Buste à droite de Clémenl XIII, coifré 
de la tiare et revêtu do la chape. Eiersue : 
HAHERANi. 

«. CVRA. PRfNCiPIS. AVCTO. MVPEO. 
CAPITOHNO. (L'esfrgue complète le sens 
de cette légende). Vue du musée Capitolin. 
Bevaat, k droite et à gauche, les deui sta- 
tues de Centaures de la villa Adriani. Exer- 
gue : CELEBEBRIMIS. ADRIAN.E. VILL^. 
ORNAUENTIS. {Le mutée Capitolin, par tes 



soins du prince, enrichi des célèbres vmementi 
de la villa Adriani). 

Très, de Kumitm., p. 36, M. des P. 

N-5.CLKMENS. XIII.PONTifex.Maximvs. 
ANso. Vlll (Clément XIII, souverain pon- 
tife, Vnn S). Le pape est ctiffé de la calotte 
et revêtu du camail, et le buste est tourné k 
droite. EierRue : MDCCCLXVI. 

«. PAl.ATIVM. OVIRINALE. NOVO. LA- 
TERE. AMPLIATVM. (te palais Quirinat, 
augmenté d'une atle nouvelle). Vue du palais 
Quirinal, du càté de l'aile construite par 
Clément XIII. 

Très, de Ifumtsm., p. 46, M. des P. 

CLEMENT XIV, Jean - Vincent - Antoine 
Gansanelli, pape do 1769 k 1774 {Médailles 
de). 

N" 1. CLEMENS XIV PONtipkx. Haximvs. 
Ab»o I (Clément XIV, souverain pontife, 
l'an i). Buste k droite deClément XIV, 
coiffé de la calotte et revêtu du camail par- 
dessus lequel il porte l'étole. 

>t. DEDIT. GLORIAM. IN. LOCO. ISTO 
(Il a fait éclater ta gloire en ee lieu). Vue 
de la basilinne des douze apAtres. Exergue: 
ANno MDCCLXIV. Cette médaille fait al- 
lusion è l'ordre des Mineurs auquel appar- 
tenait Clément XIV. 

Trét. de Numism., p. 47, M. des P. 

N'a. Même droit qae la précédente, mais 
arec la date Anno II [l'an Sj. 

H. REFUI.SIT. SOL (Le soleil a brillé de 
nouvenu ). Le pape foulant aux pieds la 
Discorde, reçoit dans sps bras un guerrier 
portant une croix qui personnifie le Portu- 
gal. Aux pieds de ce guerrier, un dragon 
soutenant un écusson sur lequel paraissent 
les armes du Portugal surmontées de la 
couronne royale. Le royaume de Portugal 
porte : d'argent à cinq écussons d'ajnr mis 
en croix, cnacun chargé de cinq besans 
d'argftnt en sautoir, un point de sable au 
mil eu di^ clmcun. h la bordure chargée de 
sept chflleaui d'or. Exergue : CONCORDIA, 
AsNO. MDCCLXX. Concorde, l'an 1770. 
(Itéconciliatioa avec le Portugal.} 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



CLU 



Trét. (U Numiim., p. \T, M. des P. 

N" 3. CLEMENS. XlV. PONtifex. M*xi- 
MT8. AkkoVI. (Clément XJr,âouverain pon- 
tife, l'im 6}. Buste à droite de Clément XlV, 
coitré de la calotte et revêtu du camail par- 
dessus lequel il porte l'étole. Exergue : 
F. CHAPONESE. INCisiT (Graté par F. Cha- 
ponêse). 

H. FRUCTVM. ATTVLIT. IN. PATIENTIA 
(// a porté dtg fruits avec le temps). Un pal- 
mier. A i 'eiergue, oo lit : Anso MDCCLXXIV 
(('On 1774,1. 

Très, de iVwmùm., p. 47, M. des P. 

N' i. CLEMENS XIV POstipex. OPTImvs. 
MAXIMVS iClément XlV, pontife très-bon, 
tris-grand). Un mausolée, surmonté du buste 
de Clément XIV. A gauche, un ange tenant 
la tiare ; à droite un autre ange tenant une 
église. Sur le mausolée : GANIIANELLI. 
Natvs. DieV.OCTobbis.MDCCV.CREATVS. 
PONtifex. MAXihvs. Die. XIX MAY (pour 
UAii). MDCCLXIX. DENATVS. Die. XXII. 
SEPTembris. MDCCLXXIV. Ganganelli, né 
le S octobre 1705, créé souverain pontife te 
19 mai 1769, mort te 22 septembre 177i. Sur 
les marches du mausolée, quatre statues 
assises. 

H. REPELLITEXAVDlT(/irepo«Me«iM:- 
ci et écoute ceux-là). Le pape, revêtu des 
habits pontificaui, debout sur un tribunal, 
chasse trois furies du bout de sa croii pa- 
triarcale. Près de lui, ud ange appuyé sur 
un cippe, tenant une croix et des balances; 
au-dessus, le triangle radieux, symbole de 
la Trinité. Sur la base du tribunal : PR^i- 
CLARVM CERTAMEN ORBl CHRISTIANO 
STRENVE CERTAT {Il soutient courageu- 
sement un illustre combat pour te monde 
chrétien). A droite du tribunal, les rois de 
France, d'Espagne et de Portugal, revêtus 
des habits royaux, tendent des papiers au 
saint-père ; ils sont reconnaissables aux 
écussons de leurs armes qui sont à leurs 
pieds. Exergue : I. C. REICH. F. [OEuvre de 
J. C. Reich), médaille frapgiéc en Allemagne 
et faisant allusion à la suppression de la com- 
pagnie de Jésus que Clément XlV, trompé 
dans sa religion, décréta en 1773. 

Très, de Numism., p. 47, M. des P. 

CLERMONT (Monnaies des évéauei de). 
Notice par Duby, Monnaies des prêtais et des 
6ar0R«,'t. I, p. 21. 

Clerhont, Ciaromons, Nemosus, Augusto- 
nemetum, Augusta Xemetum, Arverni urbs, 
Civitas Arvemorum, Oppidum Arvemum, ca- 
jùtiile de la province d Auvergne, avec un 
évëché suCTragant de Bourges. 

Le diocèse de Clermont est borné, au nord, 

Ëar les diocèses d'Autun, de Nevc-rs et de 
ourges ; au suil, par celui de Saint-Flourj & 
.'est, par celui de Lyon, et à l'ouest par ceux 
d6 Tulle et de Limoges. 

On fait remonter l'origine de ce siège épis- 
copal au III' siècle , et on assure qu'il fut 
occupé en premier lieu par saint Austre- 
moine. 

Une haute et grosse tour, qu'on appelait 
la tour de la Monnaie, étant tombée eu par- 
.Ue , sa chute écrasa, le 15 septembre 1727, 



plusieurs maisons des environs, et tua cinq 
ou six personnes qui passaient auprès , sans 
compter ceux qui furent ensevelis sous les 
ruines de leurs maisons. 

Cette tour était un très-ancieo édifice ft 
menaçait ruine depuis quelque temps. Kle 
appartenait au chapitre de la cathédrale, au- 
quel Guillaume V, comte d'Auvergne, et 
Philippie, sa femme, avaient cédé, par une 
charte de l'an 1030, le droit de faire battre 
monnaie, avec les monnayers et tout ce qui 
en dépendait. 

On conserve encore, dans les archives du 
chapitre, les coins des monnaies qu'il faisait 
battre. 

L'évèque de Clermont avait droit de forger 
monnaie blanche le 28 novembre 1315. (T.v 
ble alphabétique des matières des regisln-s 
du Parlement). 



vêqi 



des 



Choppia [Domaine de France) nomme l'é- 

Ique de Clermont le vingt-quatrième d 
Irenle-un seigneurs à qui le roi a donné-. 
privilège défaire battre monnaie. Les deniers 
de l'évèque et du chapitre de Clermont de- 
vaient être il trois deniers seize grains de loi 
argent le roi, et de dix-neuf sous de poids 
au marc de Paris, de sorte que les treize de- 
niers de la monnaie susdite ne valaient que 
douze petits tournois. 

Je ne connais que trois monnaies des évë- 
ques de Clermont. 

N° 1. vaBS ARVERNA ( lo villc de Cler- 
mont) (1). 

H, siNCTA MARIA ( la Sainte Vierge), Denier 
de billon (M. de Boze). 

N° 2. Même monnaie, avec la même lé- 
gende, mais d'un coin dîtîérent ; même ou- 
vrage. 

Ir 3. Autre monnaie d'un coin différent, 
mais avec les mêmes légendes. (M. de Boze, 
cahinet de M. de BouIIongne). 

Ces pièces paraissent avoir été frappées 
dans le xi" siècle , sous le règne de Philippe 1" 
Foy.Du Can^e; Baluze, Histoire d'Auvergne: 
Savaron, Origine de Clermont, et le Journal 
de Verdun, novembre 1727. 

L'ordonnance de 1315 [Voy. ci-après l'arti- 
cle France, appendice au règne de Louis X) 
ordonnait que les monnaies des évoques de 
Clermont fussent à 3 deniers seize grains. 

Voici une monnaie de ces prélats : 




On lit au droit : b. a. b. maria. Au revers : 

VRBS. A R VERRA. 

CLtINV fdu droi'f de monnaie des abbés de). 
Notice par Duby, Monnaies des barons et des 
prélats, t. II, p. 241 (2). 

Cluni, Cluniacum, ville dans le Hâconais, 
en Bourgogne, avec une abbaye de l'ordre 

(I) Planche Vil. n- 1. 

(% Voyez eii outre tes additioDS à Duby. ealM«il* 
l'cdîiioii, loine 1", page livi. 



251 



CLU 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



GLU 



25S 



de Saint-Benoit, chef de la congrégation de 
son nom, soumise immédiatement au saint- 
siège, et fondée, l'an 910 par Guillaume!", 
duc d'Aquitaine et comte d* Auvergne. Elle 
est située sur la rivière de Grosne, à quatre 
lieues ouest-nord-ouest de Mâcon. Bernon, 
abbé de Gignac, fut le premier abbé de 
Cluny vers Pan 930. Saint Odon, son succes- 
seur, j institua la réforme célèbre de Tordre 
de Samt-Benolt. 

Le roi Raoul accorda à cette abbaye le 
droit de battre monûaie, sous Tabbé saint 
Odon ; et le pape Jean XI conûrma cette 
concession en 931, en faveur du môme abbé. 
Voy. VHistoire des Papes de Duchène, édi- 
tion de 1653, tome 1", page 5il^0 ; et celle de 
Ciaconius, édition de 1677, tomel, col. 706, 
Il est parlé des sous et des livres de Cluny 
dans plusieurs chartes du xiir siècle. 

L'an 1213, sous l'abbé Guillaume II, Béa- 
trix, comtesse de Châlons, voulant donner 
à l'église de Clunv une maraue de sa piélé 
et de sa libéralité, autorisa à perpétuité le 
cours de la monnaie de cette abbaye dans 
toute l'étendue de ses terres, excepté seule- 
ment dans sa prévôté de Châlons, à l'exclu- 
sion de toute autre monuaie ; mais à condi- 
tion que si la monnaie de Cluny venait à 
être affaiblie au point que le marc d'argent 
valût seulement deux deniers de moins que 
datas le temps de cette concession, les sue-- 
cesseurs de la comtesse de Châlons ne se- 
raient plus tenus d'observer ce traité. La 
loi de fa monnaie de Cluny était telle alors, 

3ue Ton devait trouver au poids des douze 
eniers, cinq deniers et une obole d'argent 
mêlés avec six deniers et une obole de cui- 
vre. 

La monnaie de Cluny était d'un quart 
plus forte que la monnaie parisis, comme 
on le voit par des chartes de l'an 13^. Il 
fallait seize sous parisis pour faire un franc ; 
et il n'en fallait que douze de la monnaie 
de Cluny. 

Voy, Du Gange; les Opuscules de Columbi ; 
la Bioliothique de Cluny ^ et le Cartulaire de 

ùluny. 

Nous sommes heureux de trouver pour 
compléter la trop courte notice que Duby a 
consacrée à la monnaie de cette illustre ab- 
baye, un savant mémoire de la Revue de 
Numismatiaue de l^ii^2 (1). Cette dissertation 
est due à M. Anatole Barthélémy, l'un des 
rédacteurs habituels de la Revue, et a pour 

litre : 

Essai sur l'histoire monétaire de f abbaye 
de Cluny {Saône-et-Loire), Les dimensions 
dans lesquelles M. Barthélémy , a renfermé 
sa substantielle notice, nous permettent de 
la reproduire en entier : 

« Âu commencement du ix* siècle, quel- 
ques maisons f(7rmant une bourgade sans 
importance, et situées sur les bor^s de la ri- 
vière de Grosne, dans un vallon étroit, por- 
taient le nom de Cluniacum. Dans ce lieu, 
alors obscur, et qui, plus tard, devait voir 
s'élever les murs d'une des nremières ab- 

(i) Page 432. 



bayes de la chrétienté, il n'y avait qu'une 
chapelle qui, d'abord consacrée à saint Thi- 
baud, fut depuis mise sous le vocable de 
saint Mayeul. Léduard (1), qui, tout en rem- 
plissant les fonctions d archichancelier de 
France, à la cour de Charlemagne, était en 
môme temps évéaue de Mâcon, obtint du 
roi, vers 802, le bourg de Cluny pour son 
église de Saint-Vincent. La propriété eo 
resta à cette cathédrale sous ses successeurs 
Guichard, Gondulfe et Alderan; mais Hil- 
debolde, dix-se()tième évéque de Mftcon, 
voulant posséder le village de Gentiliaca (â), 
(Genouilli) et quelques autres terres, échan- 
gea Cluny contre ces biens avec (iuérin 
ou Warin, comte de Mâcon. Warin mourut 
sans héritiers, de sorte que ses biens revin- 
rent à son beau-frère Guillaume, comte 
d'Auvergne et duc d'Aquitaine : c'est ainsi 
que Cluny tomba dans la dépendance des 
comtes d'Auvergne (3). En 910, Guillaume, 

3ui fut surnommé le Pieux, à l'instigation 
e Bernon, abbé de Gigni, et de Hugon, 
abbé de Saint-Martin d'Autun, fonda un 
monastère dans le lieu appelé Cluniaeum: 
la charte de fondation est datée du 11 sep- 
tembre (&>}. 

« Cette abbaye, dans le principe, obéissait 
à celle de Beaume et de Gigni ; ce ne fut 
que sous son second abbé, Odon, qu'elle fût 
reconnue comme chef d'Ordre. U est inutile 
de rappeler ici tous les privilèges et les im- 
munités sans nombre que le pieux Odon 
obtint pour son abbaye (5), ce serait m'é- 
carter tout à fait démon sujet. Qu'il suffise 
donc de savoir que vers 930, le roi Raoul, 
conféra à ce monastère le droit de monnayer. 
C'est une particularité qu'il ne faut pas 
laisser inaperçue, que cette faveur qui était 
accordée aux abbayes de Bourgogne par les 
rois de France. Dans deux localités, à Tour- 
nus et à Cluny, peu éloignées l'une de l'au- 
tre, nous voyons le droit de frapper monnaie 
accordé par titre authentique. JLe privilège 
donné par Raoul fut confirmé expressément 
par la cour de Rome; Jean XI, vers la même 
époque, et ensuite Etienne IX (1057), ren- 
dirent des bulles à cet effet; ces papes y 
énonçaient qu'ils permettaient aux abbés de 
Cluny de frapper monnaie: Sicut filius 
noster Radulfus, rex Francorum jam per^ 
miserat (6;. Dans les cartulaires, j'ai été h 
même de parcourir plusieurs bulles qui 
avaient été rendues dans le même sens. 
Quelques numismatistes avaient pensé 

(1) Notice chronolog. sur les églises d*Autun^ Ghâ* 
ion-su r-Saône et Màcon. 

(â) L'acie de cet échange, daté de la douzième 
année du règne de Louis ie Débonnaire , se trouve 
dans le Cartulaire manuscrit de Téglise de Saint- 
Vincent de Hàcon. 

(5) Il avait épousé Âlbane, sœur du duc de Guil- 
laume d'Aquitaine ; cette comtesse testa en faveur 
de ce dernier, et, dans son testament, était comprise 
la localité, cujus vocabulum est Cluniaeum, aïi la 
charte. 

(4) Dom Clément, Art de vérifier les dates. 

(5) Manuscrit in-4", de Jotralbus, son disciple, 
conservé à Cluny, 

(0) Siatuta et iura monasterii Clun 



tSft 



CLti 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



au 



MO 



que les moines de Cluny tenaient le droit de 
monnayage de la libéralité des ducs d'A- 
quitaine; mais il faut renoncera celle con- 
jecture erronée. Jamais Guillaume ne donna 
de chartes qui pût le faire supposer, pas 
même celle de fondation; seulement il leur 
accorda certains droits qui peuvent avoir 
donné naissance à cette conjecture. Une 
charte que je crois devoir citer en grande 
partie, donne des détails assez curieux à ce 
sujet : 

ti In notn%n€f etc, etc. Ego Wilhelmus^ 
gratia Dei aux Aquitanorum y confirma et 
tiabilio monetam Éngeriacensem et rfiorten- 
sem, ac perpetualiter Cluniacensi ecclesiœ 
quœ est constructa in honore beatorum Pétri 
tt Pauli, stdbiliendo contrado, ut semper eo 
modo y eoque ténor ey atque eodem pondère 
in titpradictis locis feriatur quo et Pictavis. 
Ita omnino absque ulla exceptione; ut si 
quandù Pictavis mutet, et ihi mutet ; absque 
ullius prêta suffragationey si quando vero ibi 
denarit ^unt, et ibi; si quando vero media^ 
eulcdy et ibi. Si quis nostrum statutùm violare 
vet muiare prœsumpseverity etc, etc... (1) 

c( Cette charte est intéressante, non-seu- 
lement parce qu'elle nous donne des détails 
Sue je crois inédits sur la monnaie de Saint- 
ean-d'Angely et de Niort (2), et sur leur 
rapport avf'C celle de Poitiers; mais encore 

g'ir te règlement imposé aux moines de 
liray, qui ne devaient pas se contenter, 
comme dans une foule de localités, de pré- 
lever une certaine somme sur la fabrication, 
mais qui, en outre, étaient chargés eux- 
mêmes de tailler et de frapper les monnaies 
du duc. On conçoit que, en cela, les gains 
étaient beaucoup plus faciles et plus consi- 
dérables. C'élaît Jà une espèce de forme^ 
dans laquelle le duc faisait un abandon de 
ses revenus. 

« Ce don fut encore augmenté sous un des 
successeurs de Guillaume le Pieux. Gui 
Geoffroy, duc de Gascogne, fils de Guillaume 
le Grand et d'Agnès dfe Bourgogne, et qui 
lui-même, après la mort de son père et de 
son frère aînér, leur succéda au duché d'A- 
quitaine, sous le nom de Guillaume VI (3), 
protégea beaucoup Tordre de Cluny. J*ai une 
charte dans laquelle la duchesse Agnès, 
conjointement atec ses fils et probablement 
pendant sa régence, ajoute encore de nou- 
velles preuves de libéralité à celles de ses 
ancêtres. Voici le passage de la cbarte:... 
Monetam totam quam habemus in villa quœ 
nominattur Engeliacusj €t in alia villa quœ 
vocatur Molgonus (4), et consuetudinesy etc. 

ii) Cariulaire de Tabbaye, 

(2) Ou remarquera que Sainl-Jean-d'Aogély est 
appelé indifféremment Engeriacum ou Engeliacum : 
la seconde dénominaiion n'est qu'une altération de 
la première, d'où est dérivé le nom moderne de cette 
ville. 

(3^ D. Clément, An de véri^r les dates. 

(i) Mes recherches pour retrouver la localité dont 
le nom latin est Molgonus ont été tout à fait vaines : 
cependant mil doute que ce ne soit un lieu situé en 
Aquitaine ou eu Poitou. Les archéologues de ces 
provinces seront probablement plus habites que moi, 
et je les prie de m'éclairer à ce sujet. 



La seule condition qui fut imposée était de 
prier pour elle et pour les jeunes ducs. Cette 
charte fut rendue très-probablement pendant 
la tutelle de Guillaume V. En 1078, Hugues 
de Sémur, qui peut être considéré comme 
celui qui, après Odon, éleva le plus haut la 

Euissance oe Tabbaye de Cluny, obtint de 
ui Geoffroy lui-même une confirmation de 
tout ce qui avait été fait à ce sujet sous ses 
prédécesseurs, et pendant ta régence de sa 
mère : Est autem moneta deNiorly ajoutait le 
duc dans sa charte, quam dono et de mea 
potestate in sancti Pétri ditionem ac mona- 
chorum cluniasensium transfundo ea coit- 
sciencia ut memoria mei in memorato loco^ ei 
in omnibus appenditiis ejus perpet%uiliter 
teneàtur (1). 

« Je me suis peut-êlre étendu trop lon- 
guement sur ce sulet, mais j'ai été bien aise 
d'établir, par des documents inédits, ou du 
moins peu connus, les différentes manières 

Sar lesquelles les grands vassaux du moyen 
ge pouvaient faire des libéralités sur la &• 
brication des monnaies ; tantôt ils donnaient 
une part dans leurs propres profits, tantôt 
ils les abandonnaient tout entiers; mais 
alors la fabrication en était confiée à ceux qui 
eu retiraient les émoluments. £u Bourgo- 
gne, et deux cent cinquante ans plus lard, 
on voit l'abbé Hugues a Arc-sur-Til, jouir de 
privilèges analogues, à Saiut-Benigne de 
Dijon. 

a Le pape Grégoire VII avait la plus 
grande confiance dans l'abbé Hugues de Sé- 
mur; c'est à cela que Ton doit attnibuer le 
degré de splendeur où était monté à celle 
époque le monastère de Cluny ; aussi il ne 
faut pas s'étonner si Hugues put obtenir le 
droit de monnayer de la manière la plus 
étendue : ... percussurum quoque proprii 
numismati vet monelœ y quandocunque vel 

Suandiu vobis placuerit (2). Elait-il possible 
'accorder un privilège avec moins de res- 
triction? Cahxte H donna une bulle qui 
contenait des termes analogues à l'abbé 
Pontius de Melgueil (3;; enfin, en 1077, 
Grégoire VII, après avoir énoncé tous les 
piivilèges dont jouissait l'abbaye de Cluny, 
tes confirmait encore et les rendait inviola- 
bles, en menaçant des foudres de l'Eglise 
toute personne qui serait assez hardie pour 
oser y porter ati ointe : 5t quis vero regum^ 
sacerdotumy clericorumy judicorumy aut sœ- 
cularium personarum hanc constitutionis no* 
strœ pagxnam agnoscensy venire contra eam 
tentaverity potestutisy honorisque sui digni^ 
tate careaty dumque se divino judice existera 
de perpetrata iniquitateagnoscal (&'), elc.| eic* 
Au reste, les privilèges nombreux que les 
papes accordèrent se conçoivent facilement. 
Ayant de s'asseoir sur la chaire de saiol 
Pierre, plusieurs pontifes avaient été moi- 
nes"^ à Cluny, et dans tout ce qu'ils votilaient 
faire en faveur de cette abbaye, les princes 

M} Cartulaîre de l'abbaye de Cluny. Luc d^Acbéry, 
Svtctlége, VI, p. 469, 1" édition. 
(^^•Kecueil de bulles des papes. 

(3) Ibid. 

(4) Ibid 



Ml 



GLU 



ncnONMAIRE DE N0MISHAT1QUB. 



«LC 



et les seigneurs s'empressaient de les se- 
conder. Co ne fut principalement que dans 
le courant du xin* siècle que Ton vit quel- 

3ues seigneurs des environs, tels que les sires 
e Brancion» de Burnand, de Bcrze, etc., 
disputer, les armes à la main, leurs droits 
contre ceux des abbés ; mais on n*a pas 
d*exemple que ces contestations aient jamais 
eu d'autres motifs que des empiétements 
mutuels de territoire. 

« L'abbé de Cluny ne frappait pas seule- 
ment monnaie dans sa propre ville; tout 
donne lieu de penser que Saint-Gengoux-le- 
Royal avait aussi un atelier. Cette petite 
ville, la quatrième du Mâconais, devait en 
grande partie son existence à Tabbaye. Quel- 
ques personnes prétendent que sa fondatioa 
B'est due qu'aux abbés de Cfunjr. Tout porte 
à croire, cependant, que depuis très-long- 
temps c'était une bourgade, qui ne commença 
à devenir plus importante et à mériter le 
Dom de ville, gue lorsqu'elle fut sous une 
protection aussi puissante que celle qu'elle 
eut plus tard. Jusqu'à la moitié du xu* siè- 
cle, l'abbé était seul seigneur de Saint*Gea- 
{{oux; mais vers 116^, les Brabançons, sans 
e secours qu'api orta le roi Louis le Jeune, 
auraient ruiné l'abbaye de Cluny; les ban- 
nières royales dispersèrent leurs bandes. A 
cette époque, Etienne de Boulogne tenait la 
crosse abbatiale, et les Brabançons étaient 
commandés par Guillaume, tils du comte de 
Gbâlons-sur-Saône. Mais il ne fiut pas croire 
que la simple intention desecourirCluny, te 
plus noble membre de son royaume , fût le 
seul but qui amena Louis VU en Bourgo- 
gne. Non-seulement il s'entendit avec le 
comte de Nevers pour partai^er avec lui les 
domaines de Guillaume, mais encore il se fit 
donner par l'abbé Etienne la ville de Saint- 
Gengoux, qui prit alors le surnom de Royal. 
A ce prix, il confirma tous les privilèges de 
Cluny, et lui reconnut même des droits sur 
la moitié de la seigneurie des monnaies 
royales, à Saint-Gengoux. J'ignore complète- 
ment si on a jamais recueilli de ces espèces, 
et malgré toutes les recherches que j'ai faites 
dans le pays, je n'ai pu retrouver les deniers 
de cette localité frappés par Louis le Jeune. 
Du reste, la monnaie de l'abbaye continuait 
ày avoir cours ainsi que celle du roi, du con- 
sentement môme de ce dernier, qui ordonnait : 
Moneta cluniacensis eademcurret inBurgoque 
eurrii in Cluniaco (1). Ce passage fait partie 
d*une charte donnée en 1166. Les habitants de 
Saint-Gengoux, plus disposés à obéir au roi 
qu'à l'abbé, faisaient difficulté de recevoir 
les deniers de celui-ci, et leur refus était 
motivé sur ce qu'ils préféraient se servir de 
la monnaie royale, puisqu'elle était fabriquée 
chez eux. Les lettres patentes de 1166 fn*ent 
cesser cette contestation, mais elle s'éleva 
de nouveau en 1280. Yves II de Chazan imi- 
tait alors la conduite de son prédécesseur , 
Yves II de Vergy, et continuait les amélio- 
rations qui devaient réparer les pertes que 
Cluny avait faites par deux incendies suc- 

(1) CaHulaire de Tabbaye de Gluay. 



cessifs, et par d'autrea malheorÉ encore.; 
peutrètre émit-il un trop grand nombre dé 
deniers ; mais ce qu'il y a de positif, c'esl 

Ïue l'opposition des nabitants de Saint-* 
engoux, qui ne voulaient pas les recevoir, 
souleva de nouvelles difficultés. Le bailli 
de Mâcon fut chaîné d'entendre les plaintes 
des deux parties réclamantes, et le parlement 
rendit une décision tout à l'avantage de 
l'abbé, puisqu*elle supprimait l'atelier royal 
de Sdint-Gengoux. La sentence, datée dti 
jour de la Pentecôte 1280, porte ; Dicta mo- 
neia non amplius cudetur e^ud Sancium-Gan' 
duiphum (1). 

« J'avoue que je ne puis comprendre ce 
qui s'opposait à ce que les habitants de Saint- 
Gengoux reçussent la monnaie abbatiale, 
car elle était d'un meilleur alol que celle 
fabriquée par le roi : elle était taillée de telle 
sorte, que les sous clunisois valaient cintf 
sous parisis : il en résultait que la livre clu- 
nisoise avait treize sous quatre deniers de 
valeur au-dessus de la livre parisis. D'aprèr 
cela, on conçoit que le roi, en permettant 

Sue l'abbé de Cluny flt courir ces monnaie!^ 
ans les domaines royaux, tout en lui accor- 
dant un privilège, ne se faisait aucun tort à 
lui-même, puisque par la refonte il pouvait 
profiter dans une proportion assez élevée. 

« Soixante-huit ans avant le procès dont 
je parlais ci-dessus, une autorisation, analo- 
gue à celle accordée par le roi de France 
plus tard, avait été donnée aux abbés de 
Cluny, par la mère du dernier comte de Châ- 
lons-sur-Saône, Béatrix de Châlons. Cette 
donation fut faite sous l'abbé Hugues d'An- 
jou, qui, tout en établissant une sévère ré- 
forme dans les mœurs de l'abbaye, alors 
fort relâchées, n'usait pas moins de tout son 
crédit pour en augmenter les privilèges (2J, 
et faire conHrmer ceux qui avaient été déjà 
obtenus. Au reste, ce qui prouve assez que 
le titre auquel était la monnaie de Cluny 
avait aussi influé sur la décision prise par fa 
comtesse de Châlons, c^est qu'elle avait posé 
pour condition que, du moment qu elle se- 
rait affaiblie de deux deniers, le traité serait 
rompu (3); le cours des monnaies devait 
avoir Heu dans tous les domaines de la com- 
tesse, excepté toutefois dans la prévôté 
même de Châlons. Le type des monnaies de 
Clun V est uniforme ; les seules différences 
que l'on peut y remarquer ne sont que dans 
la fabrique, ce que Ton comprendra sans 
beaucoup de peine, quand on réfléchira que 
la fabrication de ces derniers embrasse plus 
de six siècles. D'un côté, on voit une croix 
h branches égalt^s, avec la légende peu com- 
mune de CENOBIO CLVNiACO. Je crois que 
c'est là un exemple à peu près unique du 
mot cenobium, employé dans une légende 
monétaire. Au revers, on voit une clef avec 
les mots : PETR VS. ET. PA VLVS. Cette secon- 
de légende se rapporte aux apôtres sous le vo- 
cable desquels était l'abbaye ; quant à la def 

(1) Ibid. 

(â) Archives de Cluny. 

(5) Cariulatre manuscrit de Tabbayede Ciooy. 



203 



CΠ



MGTiONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



CON 



iSi 



i|ui est dans le champ, et qui se trouvait 
igalement dans les arraes du monastère et 
dans celles de la ville (1) n'est-ce pas une 
allusion au nom même ae Cluny ? Mais tout 
porte à croire que Tabbaye [)rit d*abord pour 
emblème la clef de saint Pierre, et que la 
ville elle-même mit le même signe sur ses 
bannières, en supposant que ce ne fût pas à 
l'instigation des anbés. 

« Jusqu'à présent, ie n'ai pas trouvé la 
date certaine à laquelle se rapporte la ces- 
sation du droit de monnayer pour l'abbaye 
de Cluny ; cependant, en récapitulant quel- 
ques actes , nous pourrons la fixer ap- 
proximativement. Je crois pouvoir affirmer 
que, pendant tout le xiv* siècle, les abbés 
exercèrent leur droit sans discontinuer, et 
je citerai à l'appui des lettres-patentes adres- 
sées au bailli de Mâcon, etc., etc., par le roi 
Charles Y, en 1371, par lesquelles il ordonne 
que les cens soient payés par les sujets de 
I abbaye de Cluny, en deniers clunisois, sans 

Su'il puisse se faire aucune diminution. En 
377, on a un acte du bailli de M&con, en 
date du 10 novembre, dans lequel il ordonne 
aussi que l'on reçoive des monnaies abba- 
tiales, et même il motive assez naïvement 
son ordre, sur ce que les deniers en étaient 
plus forts que ceux de la monnaie pari-* 
sis (2). A cette dernière époque cependant, il 
est probable que les abbés ne devaient plus 
fabriquer beaucoup d'espèces, pour les mo- 
tifs même qui les faisaient rechercher par 
les gens du roi : or, du moment que les 
monnaies de Cluny auraient diminue de ti- 
tre, il est certain qu'on aurait saisi ce pré- 
texte pour les faire cesser. Je crois donc que 
si Raimond de Caldoëns fit confirmer parmi 
les privilèges que lui reconnurent les con- 
ciles de BÂle et de Constance, le droit de 
monnayer, il voulut seulement le constater, 
mais n'en fit plus usage. Du reste, nous 
voyons l'atelier de Mâcon cesser en 1413 , 
celui de ChâIons-£ur-Saône en 1400, celui 
d'Autun en 1330; ie crois que Tournus cessa 
vers 1390 ; c'est donc vers cette époque que 
l'on peut induire que Cluny suspendit son 
monnayage, vraisemblablement sous l'abbé 
Simon de la Brosse, l'un des conseillers de 
Charles VI. Les prédécesseurs de ce dernier 
avaient été fort peu célèbres ; rarement ils 
étaient dans leur abbaye, et leur négligence 
n'avait pas peu contribué à enlever à Cluny 
non-seulement quelques privilèges, mais 
aussi presque tout l'éclat dont cette célèbre 
abbaye avait brillé dans les siècles précé- 
dents. » Anatole Barthéleuy. 

COCKIEN, monnaie du Japon, que l'on 
évaluait autrefois, quand la France commer- 
çait avec ce pays, a huit livres tournois. 
COINS. On appelait ainsi autrefois dans le 

(1) La ville portail de gueules à la clef d'argent 
en pal, Tanneau en bas; Tabbé avaii pour blason ; 
de gueules à deux clefs d'argeni eu sauioir, traver- 
sées d*uDe épée en pal, de môme, à la poignée 
d'argent. 

(2) ie dois la communication de ces deux pièces à 
Tobligeance de M. Cartier. 



t 



monnayage les carrés ou matrices en acier 
fin sur lesquels sont gravées en creux |ps 
empreintes que doivent avoir les monnaies 
ou les médailles. Voy. Tarlicle MomiiTAai 
ancien et moderne. 

COMMASSË, petite monnaie de Moka, en 
Arabio 

CONCILES {Sceaux des). Voy. l'article gé- 
néral Sceaux, n® 7. 

CONODIS, petite monnaie de billon du 
Cochin. 

CONPAN, petite monnaie d'argent des 
Indfis orientales 

CONSTANTINOPLE {Monnaies frappée$ à) 
BT les empereurs français, à la suite de la 
.' croisade (3). M. de Saulcy s'exprime ainsi 
au sujet des espèces de Baudouin de Flandre, 
et de ses successeurs : « On ne connaît pas 
une seule monnaie nominale des différents 
empereurs que je viens d'énumérer, et il j 
a tout lieu de croire qu'ils n'en ont jamais 
frappé. Il y a maintenant à Constantinople 
même, un grand nombre de numismatistes 

3ui recherchent avec ardeur les monuments 
e l'empire byzantin ; et de ce que leurs in- 
vestigations sont restées sans le moindre 
succès eu ce qui concerne l'empire latin, 
tandis qu'elles ont fourni une suite non in- 
terrompue de monnaies des empereurs grecs 
qui se sont succédés sur le trône pendant 
une lonçue suite de siècles (4), il est permis 
de conclure que ces monnaies si désirées 
n'ont jamais existé, et que le temps ne les 
fera pas retrouver. » La conclusion au safanl 
auteur de la Numismatique des Croisades est 
peut-être trop rigoureuse, et nous ne pou- 
vons encore perdre tout à fait l'espoir de 
voir découvrir un jour quelques monnaies 
au nom et aux emblèmes formels de l'em- 
pereur Baudouin 1*% ou de ses successeurs. 
Cet espoir ne se réalisât-il pas, nous n'en 
persisterions pas moins à croire que ces 
princes ont, comme tous les princes croisés 
établis en Orient, frappé des monnaies en 
leur nom, et exercé ainsi un des plus im- 
portants attributs de l'empire aux yeux des 
peuples qu'ils gouvernaient. Si ces espèces 
ne nous sont pas parvenues, c'est que les 
empereurs grecs, rentrés à Constantinople, 
se sont probablement attachés à rechercher 
et h fondre ces monnaies qui leur rap- 
pelaient une époque d'humiliation et de 
malheurs. 

Quoi qu'il en soit, les seules pièces aujour- 
d'hui connues, que l'on puisse attribuer aui 
empereurs latins de Constantinople, sont des 
pièces anonymes, en bronze ou en cuivre. 
Elles représentent généralement le buste 
nimbé du Christ, tenant les Évangiles ; des 
deux côtés , les lettres IC. XC. iuxoyx 
XPIZT02 (Jésus-Christ) ; au revers, une croix 
à double croisillon, au pied fleuronné, 
avec légende en grec. On comprend QU6 
les empereurs byzantins n'aient point lait 
aiiéantir ces monnaies qui, parmi la popu' 

i\) Voy. Tarticle général Croisades. 
(ij Voir le savant ouvragedeM.de Saulcy sur les 
monnaies byzantines, 2 vol. in-S*. 



265 



CON 



MCTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



CON 



366 



latioii de Gonstantinople, passaient comme 
des monnaies véritablement grecques. 

CONTRE-GARDE ou 'Contrôleur, officier 
des hôtels des monnaies qui a la surinten- 
dance et Tinspection de tout le travail et 
des acquisitions de métaux. Les contre- 
gardes ont été créés en titre d'office par édit 
de.Philippe-Auguste, du mois de juillet 1214. 
CONTRE-MARQUE , contrôle ou seconde 
marque. Il se tient à Paris, en la maison 
commune des orfèvres, un bureau où les 
maîtres orfèvres sont obligés d'envoyer tous 
leurs ouvrages, tant d'or que d'argent, mar- 
qués de leur poinçon, pour y être essayés 
et ensuite contre-marqués du poinçon com- 
mun, par les gardes, en toutes les pièces des 
ouvrages qui peuvent bonnement et facile* 
meni porter les marques et contre-marques 
sans difformité. Ce poinçon commun ou de 
contre-marque, lequel ne s'appose qu'après 
un rigoureux examen du titre des matières, 
est une double attestation de leur bonté. Les 
orfèvres ont toujours été tenus de faire 
ainsi contre-marquer leurs ouvrages depuis 
l'origine de ce poinçon, ce que prouvent les 
a Qtorités suivantes. 

Ordonnance de Philippe le Hardi, rendue 
è Paris au mois de décembre 1275, art. 10 : 
« Voltimui fMod... quœlïbet villa habeat ri- 
gnum suum proprium pro signandis operibus 
aureis vel argenteis quœ operabunturj et qui" 
cunque contra hoc fecerit, atnittetargentum (1). 
Ordonnance de Philippe le Bel à Pontoise 
du mois de juin 1313, art. 10 : « Voulons 
et ordonnons gu'en chaque ville où il y 
aura orfèvres, ait un seing propre pour sein- 
gner les ouvrages qui y seront faits... et oui 
sera trouvé faisant le contraire, il perdra 
l'argent, et sera puni de corps et d'avoir. » 
Ordonnance de Louis XII à Blois le 22 no- 
vembre 1506. Ce prince ayant ordonné par 
l'art. 10 le renouvellement des poinçons de 
maître, ajoute, art. 11, « qu'il y ait un autre 
contre-poinçon es mains des maîtres et gardes 
du métier d'orfèvrerie dont ils marqueront les 
ouvrages desdits orfèvres.... après qu'ils en 
auront fait essai, et qu'ils auront été poin- 
çonnés de l'orfèvre particulier.» Edit de 
François r% donné à Saiote-Ménehould le 
21 septembre 1543, art. 18 : « Lesquels ou- 
Trages d'argent les orfèvres seront tenus 
signer et marquer de leur poinçon, et de 
leur contre-poinçon, baillé aux jurés gar- 
des... avant qu'iceux exposer en vente. » 
Edit de Henri III à Poitiers au mois de sep- 
tembre 1577 : « Les orfèvres ne feront et 
achèveront en perfection des besognes d'or 
et d'argent avant que de les faire contre- 
marquer : ainsi seront tenus, dès qu'il les 
auront forgés, les porter tout bruts à la mar- 
que. » (A.) Les èdils et ordonnances des 
rognes suivants, rapportés au long par Abot, 
eurent pour objet d assurer encore davantage, 
dans rintèrèt(uipublic,la vérification des ma- 
tières précieuses et l'apposition du contrôle. 
CONTRE - SCEAUX des laïques et des 

(I) Ordonnances des rois de la première race^t.l'S 
p. 8l4et5i9. 

Diction >'• de NuMfsuATiQDE. 



ecclésiastiques. Nous avons dit, à l'article 
des Sg£4ux, les motifs qui nous engageaient 
à compléter les notions générales données 
sur les sceaux dans le Dictionnaire de Di- 
plomatique par quelques extraits du traité 
des Bénédictins. L'extrait suivant, bien que 
placé avant celui qui concerne les sceaux, 
par suite de la classification alphabétique, 
n'est que la suite et le complément de 1 au- 
tre. Nous laissons parler les Bénédictins (1) : 
La matière importante des contre-sceaux 
ou contre-scels n'a été traitée qu'en passant 
dans les articles précédents. Elle exige d'au- 
tant plus une discussion particulière» qu'elle 
est moins connue parmi nous. Nous ne con- 
naissons rien de mieux sur ce sujet que le 
traité du docteur Poljrcarpe Le^ser, intitulé : 
Commentatio de controêigilltê medii eevi; 
Helmstadt , 1796. Ce savant diplomatiste 
laisse peu de chose à dire touchant les 
contre-scels d'Allemagne ; mais il ne dit 
rien de ceux d'Italie, de France et d'An- 
gleterre. Nous allons nous efforcer de réunir 
tout ce quMl importe de savoir sur ce si^et 
et sur les armoiries qui en sont Inséparables, 
le tout relativement à la vérification des 
actes antérieurs au xvi* siècle. 

PREMIÀBE PARTIE. 

Des contre • sceaux. 

L Origiite du eontre-scei : jf en a-t-il de même gran- 
deur que le sceau f MeUait-on des contresceU aux 
revers des sceaux en placard? 

On entend par contre-scel la figure im- 

Erimée au revers du sceau principal. L'une est 
eaucoup plus rare que l'autre. A peine 
sur un grand nombre de sceaux antiques 
trouvera-t-on un ou deux contre-scels. Le 
premier côté du sceau est appelé faciès ad-- 
versa par D. Mabillon, et le second faciès 
aversa , quand les deux empreintes sont 
d'égale grandeur. Mais si celle du revers est 
plus petite, il lui donne le nom de contra- 
sigillum. Il ne veut pas qu'on prenne pour 
contre-scel l'imaKe représentée au dos du 
sceau de Louis le Jeune. Ce prince paraît 
d'un côté comme roi de France, et de loutre 
comme duc d'Aquitaine. Ce sont donc, con- 
clut D. Mabillon, deux sceaux d'égale gran- 
deur imprimés sur la même cire, et qui 
regardent deux états différents. Mais Tes 
sceaux du roi saint Edouard et des princes 
lombards n'ont-ils pas de chaque côté des 
empreintes de même grandeur ? Cependant 
ils n'étaient pas souverains de plusieurs 
états à la fois. Laissons donc cette distinc- 
tion, plus subtile que nécessaire, et appelons 
contre-scels toute empreinte faite sur le dos 
du sceau, pour assurer davantage la foi des 
actes. Nous ne mettrons pas néanmoins dans 
la classe des contre-scels les revers des 
bulles de métal, parce que cette espèce de 
sceaux est ordinairement figurée des deux 
côtés. L'empreinte de l'un ne se fait point 
séparément de celle de l'autre; mais les 
contre-scels en cire ont été principalement 
inventés à l'effet d'arrêter les coups de 

(1) Nouveu»^ iraité de Difthmatique, l. IV. p. 362. 

9 



167 



GON 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



CON 



^% 



main des faussaires assez habiles poar en- 
lever la cire du revers du sceau, le délacber, 
et le transporter à un acte supposé. 

Les sceaux de cire de nos rois de la pre- 
mière ei de la seconde race ne portent point 
de contre-scels ; au lieu que ceux des princes 
lombards en eurent dès lex* siècle. D. Eras- 
me Gattola en a publié un nombre à la fin de 
sesAddiiiong à rHistoirederabbageduMorU- 
Coisin. Ils sont appliqués au bas des chartes 
et non suspendus. G*est donc sans nul fon- 
dement que le docte Heineccius a prétendu 
qu'on ne pouvait mettre de contre-scels aux 
sceaux des anciens temps, parce qu'ils étaient 
en placard et non pendants. L'expérience et 
la raison prouvent le contraire. Le dos de la 
charte scellée en placard n'offre-t-il pas or- 
dinairement une assez grande quantité de 
cire pour recevoir une seconde empreinte 7 

Tous les contre-scels des princes lombards 
sont de la même grandeur que les sceaux, 
liais il y en a quelques-uns qui portent la 
même légende, ou qui n'ont point de con- 
nexion nécessaire avec les sceaux. Saint 
Edouard, roi d'Angleterre, en avait un sem- 
blable vers le milieu du xi' siècle; mais 
l'inscription du premier côté s'y trouve ré- 
pétée au second. Ce contre-scel n'avait point 
fmr conséquent de liaison essentielle avec 
e sceau, et l'on pouvait se servir de l'un sans 
Tautre.Ce's caractères constituent la première 
et la plus ancienne espèce de conlre-scels. 

Ceux de la seconde sont empreints au 
revers des sceaux pendants, et leurs images 
sont pareillement de la même grandeur ; 
maié leurs légendes sont liées avec celles 
des sceaux, ou en sont la suite. En voici des 
exemnles. Le contre-scel de Guillaume II, 
duc ae Normandie, ajoute le titre de roi 
d'Angleterre à celui de patron ou protecteur 
des Normands. Celui de Louis te Jeune lui 
donne le titre de duc d'Aquitaine, qui n'est 

Zue la suite de l'inscripUon du premier côté, 
e grand sceau de Ferdinand I", roi d'Es- 
pagne, a pour légende : Ferdinandus. Dei. 
araiia. Rex. Aragonum. utriusque. Sicilie^ 
Jrem. {Jérusalem)^ Valenciœ, Le contre-scel, 
de grandeur égale, achève ainsi la légende : 
âtajoricarum. Sardine. Corsice. Cornes. Bar- 
chinone. Dux. Athenarum, etc. Le sceau de 
HuKues le Brun, comte de la Marche et d'An- 
goulême, de l'an 1301, porte : S. Hugonis. 
Brun. Comitis. Marchie : le contre-scel de 
même grandeur ajoute : Et. Éngolisme : et : 
Domini : Leiniaci : 

11. Coutre-ueU plu$ petits ifue le sceau principal. 

La troisième espèce de contre-scel offre 
des images ou des symboles do moindre 
grandeur que le sceau ; mais on n'y voit 
point d'inscription. Tels sont les contre-scels 
de Philippe-Auguste et des rois de France 
ses successeurs, de Hugues d'Amiens, arche- 
vêque de Rouen, et de plusieurs autres pré- 
lats, princes et seigneurs des xn' et xni* siè- 
cles. Ces sortes de contre-scels ne le sont 
que par l'usage qu'on en a fait en les impri- 
mant au dos des sceaux pendants. Ce sont 
de simples cachets ou signets^ dont on pou- 



vait se servir indépendamment du sceau. 
Il y a un grand nombre de contre-scels 
plus petits que le sceau principal, et qui 
néanmoins en sont inséparables, çarcequ ils 
n'en sont que la continuation. El ils forment 
la quatrième espèce, dont les exemples sont 
communs dans le recueil des sceaux dq Flan- 
dre. Celui de Philippe d'Alsace en 116V a 
pour légende : Sigttlum Philippi Comitis 
Flandrie , le contre-scel poursuit , Ei Viro- 
mandie. Le sceau de Baudouin, ^n 1191, 

f»orte : Balduinus Cornes Flandrîe et Hanoie^ 
e contre-scel ajoute : Marchio Ifamuci. Ou 
lit sur le sceau de Marguerite son épouse : 
Margareta Comitissa Flandrie et JÈTanotf, et 
au contre-scel, Marchionissa Namuci. Tous 
ces petits sceaux ou contre-scels expriment 
leur union avec le grand sceau; en sorte 
qu'il n'aurait guère été possible de les em- 
ployer séparément. Nous mettons dans la 
même classe tous ceux qui ont des inscrip- 
tions vagues , et qu^on ne peut appliquer à 
personne en particulier sans le secours du 

(;rand sceau. Tels sont les contre-scels sur 
esquels on lit : Secretum Comitis : secreium 
meum ou secretum meum michi : testimonium 
vert : Clavis si^li : Dewn Urne : secretum 
colas : Ave Maria gratia plenà : Deus in adju- 
toriummeum intende^etc.f secretum est : secre- 
tum serva : secreti custos : sectetum veri : 
sigillum veritatis : secjretum : annulare secre- 
tum f etc. 

On ne manaue pas de contre-scels singu- 
liers, qui constituent une cinquième espèce. 
Ce sont ceux qui n'ont nulle côunexité avec 
le grand sceau, et qui cependant ne peuvent 
servir sans lui. Tel est le contre-sel de l'em- 
pereur Charles IV, qui porte une aigle 
ëployée avec ce verset du psaume lvii : 
Juste, judicàte. fUii. hominumJ^él est encore 
le contre-scel sans inscription de Henri, duc 
de Brunswik , dont l'empreinte n'est nulle- 
ment relative au grand sceau. On range dans 
la même classe les trois contre-scels ornés 
chacun d'une fleur de lis et imprimés sans 
légende au dos du sceau de Volrade, évéque 
cl'Halberstadt, en 1257. 

La sixième espèce de contre-scels com- 
prend ceux qui s'annoncent eux-mêmes pour 
tels par le mot contrasiaillum qu'ils portent 
à la tète de leurs légendes. Les exemples en 
sont très-nombreux dans les recueils des 
sceaux de Bourgogne et de Flandre. On lit 
sur le grand sceau d'Othon, comte de Bour- 
gogne, de l'an 1279 : Sigillum. Othonis. Co- 
mitis. Palatini. Burgundie, Domini. Saline. 
et au Qontre-scel, Contras. Othonis. Comiiis. 
Palatini. Burgum. Le sceau de Gui, comte de 
Flandre, de Tan 1264^, représente un cavalier 
avec cette épigraphe : Sigillum Guidonie Co- 
mitis FlandricBy et son contre-scel porte l'écu 
de Flandre avec ces mots : Contrasigillum 
Guidonis. Le contre-scel de la cour du duc 
de Bourgogne avait pour légehde au xv* siè- 
cle : Contrasigillum. curie. Dueis. Burgush- 
die. Vers l'an 1485, la cour souveraine de 
Brabant se servait d'un contre-scel dont vuici 
la légende : Contra, sigillum. ordinatum. in. 
Brabancia. Tous les contre-scels où eonira^ 



26d 



CON 



MCHOMNAIRB M NUliflSIfilTlQUe. 



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sigillum est écrit en abrégé, et dont les légen- 
des offrent ce mot écrit tout au long , sans 
ajouter le nom de celui à qui le contre-scel 
appartient» se rapportent à cette sixième 
espèce. 

La septième renferme tous les contre-scels 
qui portent dans leurs légendes la dénomi- 
nation de sigillum minus. Ce sont de petits 
sceaux, dont on pouvait faire un autre usage 
que celui de contrc-scelleir. Tel est celui 
<iont Albert, archiduc d'Autricbe, et Isabelle, 
infante d*Ëspagne, son épouse, se servaient 
pour le duché de Gueldres. La légende était : 
S, minus. Ducat, Gueldrie, et, Comitatus. 
Zuiphaniae, La môme inscription parait au 
contre- scel ou petit sceau de Philippe IV, 
roi d'Espagne et souverain des Pays-Bas. 

Les petits sceaux qui servaient à contre- 
sceller» et qui cependant étaient appelés su- 
gillum dans leurs légendes , constituent la 
huitième espèce de coutre-scels. Celui d'A- 
médée, comte de Savoie, de Tan 1307, porte 
la croix de Savoie cantonnée de trois soleils 
avec cette inscription : Sigillum. Amedei. 
Comitis. Sabaudie. Celui de Louis, comte 
d'Evreui, fils du roi de France, de Tan 1307, 
porte Vécn écartelé des armeg de France et 
d'Evreux, avec ces mots : Sigillum. Comitis. 
Ebroicensis, Enfin le contre-scel d'Eudes, 
duc de Bourgogne, de Tan 1337, porte Técu 
\1qs armes de Bourgogne avec cette inscrip- 
tion : Sigillum. Ducis. Burgundie. Contani. 
Ces petits sceaux servaient non-seulement 
de contre-scels, mais on les employait sépa- 
rément pour sceller les expéditions ordinai- 
res et les actes moins importants. 

La neuvième espèce de contre-scels se 
distingue par l'identité ou la ressemblance 
presque entière de ses figures et de ses 
inscriptions avec celles du grand sceau. 
Celui dont Thierri , comte de Flandre , se 
servait en 1159, représente ce prince à che- 
val, avec cette légende ; Theodericus Di gra- 
lia Flandrensium Cornes f et son contre-scel 
fait voir la tête du comte avec la même épi- 
graphe. Le sceau dont ttodolnhe, évéque 
d'Halbersladt, scellait en IIM, le représente 
assis tenant un livre à la main. Au contre- 
scel on voit le même prélat représenté un 
peu plus qu'à demi-corps , vêtu d'un autre 
habit ; mais l'inscription est la même aue 
celle du sceau. Il y a dans celui d'Adolphe, 
comie de Dasle, de l'an 1290, un écu chargé 
de six besants ou tourteaux au milieu de 
deux cornes de cerf à trois andouillcttes, le 
tout environné de rinceaux , avec cette lé- 
gende : H- Sigillum. Adolfi.'Comitu» d£. 
Daslb. Au contre-scel en forme d'écusson on 
retrouve les cornes de cerf et Tiilscription. 
Ces petits sceaux, servant de contre-scels, 
prirent insensiblement la place des grands, 
parée qu'ils parurent plus commodes. 

La dixième espèce renferme les contre- 
soete qui n'ap|)artiennent point au sceau 
principal, mais à cetui de quelque personne 
doiit il n'est pas même fait mention dans 
l'acte scellé. Le docteur Leyser donne deux 
extMuples de ces sortes de contre-scels étran- 
gers et empruntés. 1" Le sceau triangulaire 



d'un seigneur allemand de l'an IfiOl est en 
forme d'écu représentant dans sa partie su- 
périeure un léopard au chef rampaot, et 
dans sa partie inférieure une aigle éployée. 
On lit autour : -f- Si. Rodolfui itobius. db. 
Depholte. Le contre-scel est un petit sceau 
oblong et en ogive, chargé seulement d'une 
aigle éployée avec cette inscription : -i- S. 
Henrigi. Past. hcgb. BmiEiisToap. C'est-à- 
dire : Sigillum Benrici Pastoriê ecclesiœ Be^ 
renstorp. 3" Le sceau rond , dont un gentil- 
homme allemand se servait en tifèS pré- 
sente dans un champ en échiquier Un ecus- 
son oblong> rempli d'un autre de forme or- 
dinaire, qui est surmonté et entouré de plu- 
mages ou de feuillages , avec cette inscrip- 
tion : -i-S.' CoifaADi DB Wbrbergb. Au con- 
tre-scel on voit un homme nu, la tôle 
rasée, assis sur une chaise, écrivant dans 
un livre posé sur un pupitre, avec cette lé« 
gende : S.' Jouis. Plbb/ in Vbstbaddbl. Le 
titre de Plebani ajouté au mot de Johmnis 
montre que c'est encore ici le sceau d'un 
curé. Les nobles se servaient souvent des 
sceaux ecclésiastiques pour contre-seeller, 
atin de donner plus d'autorité à leurs pro- 
pres sceaux , ou parce que les clercs ores- 
saient les actes, quoique leurs noms n'x 
parussent pas. 

On a encore découvert des oontre-scels 
plus singuliers, dont on peut faire une on- 
zième espèce. Ce sont des contre-scels de 
contre-scel, c'est-à-dire, qu'un oontre«scei 
est devenu un sceau principal, au dos du- 
quel on a mis un autre contre-scel. Tel est 
le sceau rond de la cour ecclésiastique d'Hal- 
berstadt du ^m" siècle. On volt au premier 
côté le buste d'un évéque portant une mitre 
basse et ornée d'un cercle de perles, au-des- 
sus duquel il v a deux croix. On lit autour : 
-f- S.' CuRiB. Halbbrstd. ëpisgop. Le contre- 
scel est pareillement orbiculaire, mais beau- 
coup plus petit. Une crosse entre deux bran- 
ches d'arbrisseau et deux pommes occupent 
Tb champ. t>û lit autour : -i- â.' Fm. ano. 
Di. M. ce. XGi : c'est-à-dire : Sigillum faetum 
anno Domini 1291. Le docteur Christophe 
Leyser atteste qu'il a vu souvent le même 
sceau principal de l'oiBcialité d'Halberatadt 
servir de contre-scel aux diplômes des évo- 
ques de cette vilie^ » 

m. Contre-$cel$ appelés sceaux secrets: auand les 
princes et leï prélats ont-ils commencé à en faire 
usage ? Contre-scels suspendus aux chartes sépa- 
rément. 

La douzième et dernière espèce de contre- 
scels est la plus célèbre. Elle se caractérise 
par les mots secretum et sigillum secreti^ qui 
paraissent dans ses légendes. On s'en servait 
pour les ex4)éditions et les lettres particuliè- 
res. De là le nom de sceaux secrets ou de 
secret qu'on leur a donné. Les diplômes 
munis du sceau public ou du grand seeavi 
coujointemeut avec celui du secret eont 
d'autant plus dignes de foi, qu'ils annoncent 
que les empreintes ont été faites par le prince 
lui-même, par l'évêquc, par le garde du 
sceau secret, etc.; au lieu que les grandi 



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DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



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272 



sceaux ordinaires n'étaient quelquefois ap- 
posés que par des officiers subalternes. 

Les petits sceaux ou contre-scels dont les 
légendes commencent par secretum sont en 
très-grand nombre. Contentons-nous de queU 

aues exemples tirés des recueils de sceaux 
e Bourgogne » de Flandre , d'Angleterre et 
^'Allemagne. Le contre-scel de Guillaume de 
Grancey, de Tan ISfTO, a pour légende : + Sb- 
CRETUM. GuiLLi. DB Gràngbt. Ou lit au revcps 
du sceau de Béatrix, duchesse de Bourgogne, 
oe l'an 19f76 : + Segrbtdm. Beatrigis. filie. 
Régis. Nayar. Un des contre-scels de Gui » 
comte de Flandre, porte : + Secretum Gui- 
don is CoMiTis Flamdrib , et celui de Robert 
son fils : -h Secretum. Roberti. Flandren. 
On lit sur un autre contre-scel du môme prin- 
ce : Secretum : Roberti : de : Flandria. Par 
oùTonyoit que les princes avaient plusieurs 
sceaux secrets pour contre-sceller. Celui de 
Jean de Lascy, connétable de Chester, sous 
le règne de Henri III, roi d'Angleterre, 

Eorte cette légende : + Segretu. Johis. de 
ASGT. CoM. LiNG. ET. CosTAB. Cest; c'est- 
à-dire, Secretum Johannis de Lascy Comitii 
Lincolniensis et Constubularii Cestriensis. On 
trouve ce contre-scel dans la première plan« 
che que Madox a placée après la préface de 
son Tormulaire anglican. Les contre-scels 
d'Allemagne se donnent souvent à eux-mê- 
mes le même nom. On lit sur celui de 
Gérard, archevêque de Mayence en 1299: 
Segretu. G. arcçiepi. Moon., et sur celui de 
Conon, archevêque de Trêves , de Tan 1381 : 
Secretum : Cunonis : Arghiep : Trever : 

Les petits sceaux ou contre-scels qui ajou- 
tent stgillum devant secretum ou secreli ne 
sont pas moins nombreux que ceux qui le 
suppriment. En voici des exemples tirés du 
recueil d'Olivier de Vrèe. Le contre-scel du 
grand sceau de Guillaume de Dam pierre, 
héritier du comté de Flandre, n*a point d'au- 
tre légende que celle-ci : Sigillum secreti. 
On lit sur le petit sceau de Philippe le Hardi, 
duc de Bourgogne : S. êecreti. Philippi. fiUL 
Régie. Francor. Ducis. Burgundie. L'inscrip- 
tion du petit sceau de Charles-Quint pour le 
royaume de Naples omet le nom de cet em- 
pereur : S. Secreti. Regni. Sicilie, citra. Fo- 
rum. On trouve dans le même recueil : Sigil- 
lum. secretum. Maximiliani. et. Marie. Vu-- 
cum. Austrie. Burgundie. Brabantie. etc. 
Comitum Flandrie. Tirolis^ etc. Le plus sou- 
vent sigillum n'est exprimé ({ue par sa pre- 
mière lettre : S. secretum. Phi. et Joane. Dei. 
gra. Régis, et Régine. Ctutelle. Archiducum. 
Austrie. Principum. Araaanum. 

On a donné le nom de sceau secret aux 
signets, cachets et autres petits sceaux sans 
légendes ou avec des légendes qui n'expri- 
ment point le mot secretum. L'usage des uns 
et des autres plus ou moins fréquent remonte 
fort haut. On a vu aue les contre-scels de 
même grandeur que le sceau principal com- 
mencèrent en Italie dès le x* siècle. Ceux à 
qui leur moindre volume a fait donner le 
nom de petits sceaux ou cachets ne furent 

BIS inconnus au xi% puisque l'empereur 
enri III, qui vécut jusqu'en 1056, scella de 



son sceau secret, et cela par prédilection, le 
diplôme qu'il accorda aux rebgieuses de Ni- 
velle. 

Le roi Louis le Jeune introduisit Tusage 
du petit sceau ou cachet pour contre-sceller. 
La mode s'en établit à la cour des comtes de 
Flandre vers le milieu du xu* siècle. On ne 
trouve point de contre-scels imprimés au 
revers des sceaux des grands seigneurs infé- 
rieurs aux princes souverains avant ce temns- 
là (1). On cite Dugdale pour prouver que les 
contre-scels ne vinrent à la mode chez les 
Anglais que vers l'an 1218 ; mais cet histo- 
rien ne parle , ce me semble , que de l'écu 
armoriai des seiçneurs. Cirea annum 1218, 
dit-il, domini qui in sigillis more solito ha- 
bebant équités armatos cum gladiis^ nunc in 
dorso sigillorum arma sua vosuerunt de novo 
in scutis. 11 est difficile ae croire que la 
haute noblesse d'Angleterre n'ait point eu 
de cachets ou petits sceaux dès lexii* siècle. 
Alexandre I'% roi d'Ecosse, introduisit dans 
sa cour l'usage du contre-scel d'égale gran- 
deur avec le sceau principal ; maia ni lui ni 
les rois d'Angleterre du même temps ne se 
servirent jamais du petit sceau secret con- 
jointement avec le grand , comme firent les 
rois de France et les comtes de Flandre. 

Les cachets ou contre-scels des évèques 
paraissent plus anciens que ceux des sei- 

fneurs laïques. Hugues d Amiens, qui fut 
levé sur le [siège archiépiscopal de Rouen 
l'an 1138, enavait'(2]deux différents. Christo- 
phe Leyser a publié celui que Rodolphe, évé- 
que d'nalberstadt , imprimait au dos de son 
sceau en 114^6. Il y a dans les archives du 
célèbre monastère de Xumiége, en Norman- 
die, plusieurs chartes de Rotrou, archevêque 
de Rouen. Deux de l'an 1182 sont munies 
de sceaux sans contre-scels, quoique bon 
prédécesseur eh fit usage. Une troisième du 
même Rotrou est scellée de son sceau avec un 
contre-scel. Nous avons oarlé ailleurs de celui 
de Hugues V\ abbé de Corbie en 1173 ; nous 
avons aussi fait connaître les contre-scels 
de Guillaume, archevèoue de Reims des 
aimées 1180, 1188, et de Nivelon, évêque de 
Soissons, de l'an 1180. En faut-il davantage 
pour constater l'existence des contre-scels 
ecclésiastiques au xu* siècle ? 11 est surpre- 
nant qu'un aussi habile scrutateur des archi- 
ves que Michel Heineccius n'en ait point 
rencontré déplus ancien que celui de Gérard, 
archevêque de Mayence de l'an 1299. Episco- 
pale sigillum, dit le docte allemand, contra- 
sigillo munitum non ridi antiquius illo Ger- 
hardi^rchiepiscopi Moguntini litteris anno 
MCGXGix appenso. 

Gudenus rapporte une charte du même 
prélat de l'an 1294, qui fait mention du 

(i)Les sceaux des plus grands seigneurs posté- 
rieurs au milieu du xip siècle manquent souvenl de 
contre-scels. Nous avons vu dans les archive» de 
Tabbaye de Jumi^ le sceau de Tbibaui, comte de 
Blois, de Tau II80. Il est en cire blanche et pend à 
des lacs de soie vcrie. Le comte est à cheval, répée 
à la main; mais on ne voit point de contre-scel au 
revers. 

(i) Voy. ScEAtx, n*» 10. 



273 



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DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



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contre-scel en ces termes : Sigiltum nostrum 
eum appensiane nostri secreti sigilli a tergo 
huic paginœ est appensum. Cette formule 
prouve que les contre-scels n'étaient pas 
toujours imprimés au dos des sceaux, mais 
qu*on les suspendait séparément aux char- 
tes. En eflfet, neineccius» et Ducange obser- 
vent que le contre-scel ou scel secret pen- 
dait quelquefois au grand sceau. Alors il 
était appelé it^rigillum. 

jy Usage des petits sceaux ou sceaux secrets seuls : en 
quel temps demnrent'ils authentiques et quelles fu- 
rent leurs images? Les employait-on 0n ta place du 
grand sceau f 

Quelques noms qu'on ait donnés aux petits 
sceaux, ils servirent non-seulement à con- 
tre-sceller, mais ils tinrent encore lieu des 
grands sceaux authentiques absents oujugés 
noh nécessaires, surtout quand il ne s'agissait 
que d'ajffaires particulières ou d'expéditions 
peu importantes. 11 y a plus : on s'est quel- 
quefois servi du sceau secret par préférence : 
témoin l'empereur Henri III, qui en scella 
un diplôme, pour donner aux religieuses de 
îiireUe une marque de son affection particu- 
culière. Le sceau secret de ce prince était 
donc regardé comme authentique en Alle- 
magne vers le milieu du xr siècle. De pa- 
reils sceaux ne passaient pas encore pour 
tels aux xiir et xiv* dans quelques provin- 
ces de France ; ou, pour mieux dire, on va- 
riait sur leur autorité. On voit Henri de Ver- 
gi, sénéchal de Bourgogne en 1246, déclarer 
qu*il a scellé une charte de son contre- 
scel seulement, parce qu'il n'avait point alors 
d'autre sceau, et s'engager par serment de la 
sceller d'un sceau authentiaue, dès qu'il en 
aura un. Charles, prince de Saleme, n'ayant 
point encore fait faire de sceau après être sorti 
de prison, scella une obligation de son an- 
neau à trois faces, et écrivit de sa propre 
main : Credatis, 

Le recueil des ordonnaces de nos rois de 
la troisième race fournit un très-grand 
nombre de lettres royales scellées seule- 
ment du sceau secret. Philippe de Valois 
f)ortait un cachet ou petit signet pour scel- 
er, surtout dans l'absence du grand sceau. 
Le chancelier ne devait apposer celui-ci 
qu'aux lettres patentes auxquelles le . petit 
sceau du secret avait été mis auparavant. 
D.Vaissette a publié une charte de Jehan atné^ 
fils et lieutenant du roi de France^ duc de Nor- 
mandte, donnée à Carcassonne le 11 août, l'an 
grâce 1344, sous le sceau du secret, en l'ab- 
sence du grand. Les provisions de roffice de 
gardien des Juifs dans le Langliedoc, don- 
nées l'an 1359, par Jean, comte de Poitiers, Gis 
du roi et son lieutenant dans cette province, 
furent scellées de son contre-scel seulement. 
D. Martenne a publié des lettres patentes 
de Charles, fUs atné du roi de France^ duc 
de Normandie et dauphin de Vienne y scel- 
lées d'un petit sceau de cire rouge sur sim- 
ple queue. 

L'ordonnance faite à Compiégne, le 14 
mai 1358, en conséquence de l'assemblée des 



trois états du royaume, régla, par Tartide 
12, que les lettres patentes ne seraient point 
scellées du sceau secret, à peine de nullité , 
si ce n'étaient dans le cas oe nécessité, ou 
lorsqu'il s'agirait du gouvernement de rhâ* 
tel du roi. La môme ordonnance ne permet 
desceller du sceau secret que les lettres 
closes, qui sont devenues si célèbres depuis 
un siècle sous le nom de lettres de cachet. 
On a cependant des patentes du 18 mai 1370, 
scellées du signet et du scel secret du roi 
auauel il veut être obéi comme à son grand 
scetf lequel est afr^enl. Le procureur du roi du 
Châtelet prétendit que ces lettres royales 
ne devaient pas avoir d'exécution, parce 
qu'elles n'avaient point été passées par 
1 examen du grand sceau et de la chancel- 
lerie de France et en la manière accoutu- 
mée. Mais le roi Charles Y les confirma. 
Charles VI déclara que*des lettres patentes 
et un acte fait et signé de.sa main et scellé 
de son sceau secret auraient autant d'auto- 
rité que s'ils étaient scellés de son çrand 
sceau. Charles de Recours ayant été insti- 
tué amiral de France, ses provisions ne fu- 
rent scellées que du sceaa secret du roi, 
Î)arce que l'on n'avait pas en main celui ' de 
a chancellerie. Il fut néanmoins reçu au 
parlement le 6 juin 1418. Enfin la Thaumas- 
sière cite des lettres patentes de Charles VU 
de Tan 1439, scellées du scel ordinaire en 
l'absence du grand. On a montré ailleurs (1) 
que celui-ci a été souvent remplacé par le 
sceau du Chfltelet de Paris. 

En diverses occasions, les autres princes se 
servaient aussi de leurs sceaux secrets à la 
place du çrand. Magnus, roi de Suède, fit 
une donation l'an 1351, par un diplôme, 
dont voici la conclusion : In cujus eviaentiam 
firmiorem secretum nosirum^ sigillo non pros^ 
sentCf prœsentibus est appensum. Il est à 
présumer que dans les bas temps les rois 
d'Angleterre auront quelquefois substitué 'à 
leur grand sceau leur cacnet appelé griffon. 

Outre les sceaux éauestres, réservés aux 
actes les plus solennels, la plupart des ducs, 
des anciens comtes et des cnevaliers de la 
haute noblesse eurent, surtout aux xiii* et 
XIV' siècles, de petits sceaux pour les expé- 
ditions ordinaires. Ces sceaux secrets» ainsi 
que ceux des évèques, devinrent authenti- 
ques à mesure que les uns et les autres 
cessèrent de faire représenter leurs images 
sur leurs grands sceaux. Ce changement pa- 
raît avoir commencé dès le xiii' siècle, 
Siuoiqu'il n'ait été consommé qu'au xv*. Ce 
ut alors qu'on ne vit plus guère sur les 
sceaux que des armoiries. Quand ces mar- 
ques d'honneur s'introduisirent-elles sur les 
sceaux et les contre-scels, et quel en fut le 
progrès ? C'est ce qu'il faut examiner avec 
d*autant plus de soin, que, sans une cer- 
taine connaissance générale des armoiries, 
le discernement des sceaux n'est pas pos- 
sible. 

(1) Voy. Sceaux, n- M 



\ 



tafS CON DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 

DEUXJÈIIB PARTIS. 

Ih$ mrmoiries dans leurs rapports avec les 



GON 



S7€ 



sceaux, et contre-sceaux, 

Y. Origine des armoiries : ont-ellei commencé dont 
U$ ipumois ou ù la première croisade f 

Il est certain que les Roiaains et les Grecs 
se servaient de boucliers ornés au dehors de 
Plusieurs figures, et qu'ils avaient dans leurs 
enseignes n^Uitaires des images symboli- 
que^. Leurs casses étaient einbellis d*ani- 
uiaux, de lions, de léopards, de griffons, 
d'oiseaux, de poissons, etc. L.es nations ger- 
maniques ^venaient aussi pour {%) symbole 
quelque anima), dont elles portaient l'image 
sur leurs enseignes. Il est impossible de 
méconnaître dans ces emblèmes des pre- 
miers teiaj»s, Torisine des armoiries du 
moyen âge. N'ont-eUes pas en effet commencé 
par les casques et les boucliers ? 11 n'en 
laut pourtant pas conclure que les Romains, 
les Grecs et les Germains aient eu des armoi- 
ries, comme en porte à présent la noblesse en 
Europe. S'il y a eu de tout temps des figu- 
res sur les boucliers et sur les drapeaux, ce 
n'étaient que des emblèmes et des hiérogly- 
phes de fantaisie, qui ne servaient pas à uis^ 
linguer les familles les unes des autres, ni 
à en marquer la noblesse. Le père et les 
enfants n'avaient pas les mêmes symboles. 
Les armoiries au contraire sont des mar- 
quas héréditaires d^extraction et de dignité. 

Les savants sont fort partagés (2) sur leur 
antiquité. Avant le régime de la bonne criti- 
que, les auteurs donnaient des armoiries à 

(1) Ce not isi^^oitf, dit le P. de Montfaiicon, dans 
Je sens 1^ plusjéoéral veut dire uiie marque de quel- 
que cbose, diflerente de TûBage même de la chose ; 
comme 1 ai^le est le sy'mbole de Jupiter ; le coq, de 
Mercure ; Fegide, de Mmerve ; le bonnet, de là liberté, 
etc. GetH? sorte de symboles était Tort fréquente dans 
rantiquiié. On en donnait anx dieui., aux villes, aux 
parties du monde, aux rivières, etc. Une méneebose 
avail souvent plusieurs syi^bolea. 

(%) On ne sait pas encore avec certitude en quel 
temps ni en quel pays Tari qui règle et qui explique 
les symboles nércilqiieft ou m;jrque8 d^honneur a pris 
naissanee* Mais il est constant que la science de 
tout ce oui concerne Técu armoriai est des derniers 
siècles. Le P. Menestrier donne aux Allemands la 
gloire d'avoir inventé les armoiries, et aux Français 
celle du blason : c'esl-à-dire, que les armoiries sont 
plusanciennes^chcz les Allemands qu'en aucune autre 
natloii du monde, et que les Français sont les pre- 
miers qui ont nais en régie ces marques d'honneur 
et qai en ont fait on art, à qui l'on a donné le nom 
d'an héraldique, M «ratori en (ail aussi honneur à la 
nation friiaçaise. Le premicf héraut d'arnies d'An- 
gleterre, qu'où appelle Galer, fut iuslilué par le roi 
Henri V,q"î i\e commença à régner qu'en U!3, i Les 
symboles iiéroiques oui commencé par les boucliers, 
sur lesquels on représentait quelque action de celui 
qiii les portail ou de sesancélres, ou (juelque figure 
hiéroglyphique, qui mar((uait ses belles qualités, 
^ns la suite on a ajouté quelque iascriptidn, qui 
servait de cri de guerre. Ensuite on a employé pour 
les sceaux et pour les armoiries des familles des ti- 
gur*3 et des devises qui étaient sur les t)ouciiers. 
Outre ces devises de familles, chaque seigneur vou- 
lut en avoir ane qui lui fûl particulière : Paul Jove 
se distinmia par celles qu'il fit pour diOérents prin- 
ces d'Italie au comnienceineot du xyv siècle. 11 ré- 



nos rois de la première et de la seconde (1) 
race. Casseneiive n'en faisait remouler Vo- 
rigine que jusqu'à Hugues Capet. Aujour- 
d'hui les uns en placent le commencement 
aux tournois, et les autres à la première 
croisade, en 1095. Nous sommes persuadés 
que leur première institution doit être rap- 
portée aux tournois célébrés vers la fin clii 
X' siècle, leur accroissement aux croisades, 
et leur perfection aux joutes et aux pas 
d'armes. 

Foncemagne a prouvé solidement que l'o- 
rigine des armoiries remanie jusqu'aux 
tournois. Henri \'\ surnommé l'Oiseleur, les 
institua, dit-on, en 93V, à Gôttingen, pour 
entretenir la noblesse dans l'exercice des ar- 
mes en temps de paix. Ces jeux militaires 
furent en vogue et se perfectionnèrent sous 
les Othons. Ceci supposé, on a moins de 

f>einc à en croire Spelman, qui prétend que 
es Saxons, les Danois et les Normauds voi- 
sins de rÂllemagne ont apporté les armoi- 
ries en Angleterre et de U en France. On en 
trouve des vestiges bien p^arqués sur la 
pierre du tombeau du jeune Robert, ûls de 
Richard 1", duc de Normandie, mort en 996. 
On y voit en effet la figure d'un lion léopardé 
au champ de gueules. Dans la célèbre tapis- 
serie où la conquête de l'Angleterre (>dr 
Guillaume II, duc de Normandie, est dé- 
peinte, il y a des cavaliers avec des écus char- 
gés de quelques figures, deux de monstres, 
un d'une croix, et un autre de quelques 
feuillages. Si ce ne sont pas des armoiries, 
ce sont au moins des marques particuUères 
pour chaque seigneur, surtout en temps de 
guerre. N'est-ce pas des anciens blasons per- 
sonnels que sont venus ensuite les blasons 
héréditaires et communs à tous ceux qui 
étaient d'une même famille? 

Quant à l'époque de rétablissement des 
taurnois en France, ou lit dans la chronique 
de Lambert d'Ardres, citée dans la Disserta- 
tion de Ducange sur Joinville, que Raoul, 
comte de Guines, étant vepu en France pour 
se distinguer dans les tournois, y regut un 

duislt en art la manière de faire des devises, et il 
prescrivit sur ce sujet quelques règles. Celles qu*j 
ajoutèrent d*autres savants ont conduit cet art à ï»a 
perfection, selon le cbevalicr Thesauro. {Journ, det 
savants, septembre 1715.) » Le P. Alphonse Cos- 
tâdau parle fort savamment des devises et des em- 
blèmes, de leur nature el de leurs progrès, dans !»on 
Traité des signes de nos pensées, tome 11, ch. iS, 
p. 307. 

(1) Ceux qui font remonter si haut les armoiries 
se fondent sur des sceaux supposés et sur des fables. 
Par exemple, est-il rien de plus fabuleux que Tori- 
gine des ani^s du comlc de Catalogne? Wifred, 
comte de Barcelone, dit-on, se distingua beaucoup 
en France dans les guerres cruelles que Tenipereur 
Charles le Gros eut a soutenir contre les Normands. 
Le (tomic, < ayant été blessé dans une sanglaBie ba- 
taille proche fa Loire, fut visité par Feniperear, qui 
touché de son état, baigna sa niain droite dans son 
saug et imprima ensuite sur Técu doré du comte 
quatre doigis» avec lesquels il (il quaire barres en 
disant : Ce& quatre glorieuses barres seront à l^arenir 
vos armes et celles de vos descendants. > (Herinîlly, 
JSot. sur rHist. d'Espagne, t. il, p. 656.) 



fn 



GOM 



MGTiONNAlRe » NUBnSMATIQOE. 



Gcm 



Î18 



eottç mortel. Or, suitaDt M. Ihicange, Raeul 
Tivait après les oomoieiiGeiBeiits du ii* siè* 
de. Mai», k ne 9*en leoir qu'à la chronique 
de Tours, les tournois furent institués peu 
de temps après par Geoffroy de Preuilly : 
Hic 6<mfriduê de JVuftoc» iarneamenêa (1) 
invenit{ehronie. Ttiron.,apud Marlen., Am- 
pli8$. CoUect, tom. V, col. 1006.) Ce seigneur 
tué l'an 1006. 

Le rapport des armoiries aux tournois est 
sensible. « Les cAet^rofu, les pai$^ les Ju' 
meikê ftiisaiefnt partie de la barrière gui ror- 
mait le cieimp du tournoi. Les figures d'astres 
et d^iHÎHiaux viennent des nofiQS que se don- 
naient les tenants et les assaillants, oui dans 
des vues (afférentes se faisaient appeler che- 
Taliers du s<^il, derétoile,du croissant, du 
lion, du dragon, de Taigle, du eigne. » (Le- 
gendre, MK$t. deFranee^ t. III, p. 9k.) On ne 
pouTall entrer en lice sans avoir auparavant 

Êrouvé sa noblesse par Téeu de ses armes. 
>es eombattants, aprto avoir remporté des 
épées ou d'autres armes, avaient droit d'en 
décorer leurs éeua et de les y placer comme 
des monuments de leur valeur. Le nom seul 
de bhiâom suffirait pour prouver que les ar- 
moiries tirent immédiatement leur ori^^ine 
des tournoi^. Les seigneurs gui s'y rendaient 
iofmai€H$ éU cor pour avertir les hérauts de 
venir reconnaître leurs armes. Or blazen en 
allemand signifie sonner du cor. 

VI. Pnuvu(iuele$ amolùes sontvluê anciennes que 

la première croisade. 

Nous ne prétendons pas cependant faire 
remonter les armoiries jusqu'aux tournois 
du règne d'Othon 1". Ducange ringarde avec 
raison comme suspecte (9) une charte de cet 
empereur^ qui donne son nom et sçs armes 

(1) I On dit communément que Geoffroy de 
Preuiliy inventa les tournois Tan lOS6 ; mais il ne 
faut M croîve q«e éehii-ei fîu Tiovanleur des tour- 
nois, il lit tenlement des règlemeiits qu*en y et)serva 
dans la snîte. On volt des teumois ioBf tsmpa avant 
lui dans noire Mstette ; il y en eut uae espèce eo 
84^, à rentrevue de Charles le Cliauve et de Louis 
sou frère à gtrafkourg. » {Acad. du Inecript., t. 
XXIU,p.M4.) 

(%) Selon cette dMrte, Otbon voulut que Louis et 
Pierre Delponte, Italiens, perlassent au chef de leurs 
armes Faigle de rfimprt et prisseat le nota d'O- 
thoni. Èx no9iro proftm nomtitf , cogneimne Otkom 
eorum famUiam nomnare el ituigmiê aq¥Âiam super- 
addere liberatiiate augura concedinm» ainsi que 
portent les patentas de cet empereur du mote 4&dé- 
cemlïre de ran 905, rapportées par Sausovico,, si 
loutefo^ allés sont véritables, parée qu'on peut 
mettre en dente si H y avait dès ce te«ips-l^ des 
arnofffk^ stables et affectées aui familles. » ( Du- 
canse, sut la Vu de Samt-lAmU, p. 505.) L^ pièce 
sur laquelle Doeange senUe hésiter a tout l>ir dV 
voir été fabr^uée au xiv* ou xv« siècle. Qeurl VOise- 
lenr, OlhoH le Grand et son sueoesseur por^m dans 
ItHirs sceam desécus bariolés de diverses couleurs; 
mais on y volt ni aigle, ni images ni aucun vestige 
d'aniMlries. Les boucliers des «hefs des Brelous 
vaincus par le comte Gui, sous le règne de Charle- 
iiiagne, ponaieot leurs noms seulement. Carolo Ma- 
^0 AqwêaranMtti teverso Wido come^ et prœfectus 
limiêiê tMtammci mntiavU se cum coviilibus subjectts 
Hrkofmm regionem occupasse alque in deditionem ac- 
lepisse^ siynum expeditionis prosperœ scuta ducum 



à deux seigneurs italiens, qui portaient le 
surnom de Delponte. Contentons-nous de 
.prouver que les armoiries soQt plus an- 
ciennes que la première croisade publiée 
en 1095. 

1* Reffinbold, issu d'une grande maison et 
prévôt de Tabbaye de Mouri en Suisse, avait 
des armes de Camille. GenÉililio ipsiue tn- 
êiffnia... tu area ccerulea mortarium flavum 
exhibent. (Gallia Cftm(., t. V, p. 1036.) Or 
il gouverna ce monastère dès ran 1027» et 
mourut en 1055. 

3r On *a dans Olivier de Vrée )e sceau de 
Robert I", comte de Flandre, appliqué à une 
charte de Tan 1072. On y voit l'écu de ses 
armesy qui sont le lion. Celles des comtes de 
Toulouse ne sont suère moins anciennes. Le 
sceau de Raymond de Saint-Gilles pendant à 
un diplôme de Tan 1088, présente la croix de 
Toulouse cléchée, vidée et pommetée. Elle 
« est semblable h celle que le grand Constan- 
tin éleva dans le marché de Constai\tinople 
et à eeUe au'il avait vue au ciel, lorsqu'il 
combattit mxence. » {Dticange sur Saini- 
Louis, p. 252.) 

3** Alphonse deGoulaine, seigneur breton, 
ayant fait la paix en 1091, entre Philippe I", 
roi de France, et Guillaume le Roux, roi 
d'Angleterre, ces deux monarques lui donnè- 
rent, diV-on (Gallia Christ,, t. VIi,«o/. 595), 
leurs armes ou leurs devises. Ce fut à cette 
occasion, si Ton en croit quelques auteurs, 
que le fameux Àbailard composa le distique 
suivant : 

Arbiter kie ambos reges eoniutmt mnere^ 
Et ienei illustris stemma ah utroque domus. 

Si cette concession d'armes était certaine, il 
faudrait avouey que Philippe I" et Guillaume 
le Roux en avaient, quoiqu'il n'en paraisse 
point dans leurs sceaux. Mais, indépendam- 
ment de ce fait, il est constant que les ar^ 
moiries sont (1) antérieures à la croisade 
de 1095. 

Cette prepiière expédition que les chré- 
tiens firent dans la terre sainte les multiplia. 
Les seigneurs et les chevaliers, rassemblés 
de presque toutes les parties de l'Europe, ne 
pouvant se reconnaître entre eux, ne se con- 
tentèrent pas de prendre des drapeaux et des 

quos subegerat aUulàt siNSVLoauM hominibus niscaiPTA. 
(Eckart, comment, de reb. Fr. orient., t. I, p. 798.) 
(1) Ce n'est cependant qu'au commencement du 
xu* siècle qu'elles ont paru, al Ton en croit Ménage 
(Bisl. de Sablé, p. 28). Le P. Hergott n*eii connaît 
point de plus anciennes que celles qu'on voit sur le 
ijceau du comte Albert, père de Rodophe d*Hab&- 
bourg, élu empereur l'an 1275. D. Bernard de Mont- 
faucon recule l'époque des armoiries jusqu'à la fin 
du XII* siècle. Si le tombeau d'Elie, comte ou Maine, 

au'ou voit dans Téglise abbatiale de la Couture du 
[ans, représente ce prince en habit de guerre maillé 
jusqu'à la plante des pieds, avec son écu chargé 
d'une croix fleurdelisée, noire savant aatiquaire 
veut que ce blason ait été ajouté longtemps après la 
mort du comte, arrivée en 4109. (Monum. de la 
monarch. franc, t. i, p. 549.) Mais il n'en donne 
nulle preuve. Elte fut le dernier comte du Maine, 
n'ayant point laissé d'enfants mâles. Quelle appa- 
rence qu*on lui ait aUribué dans la suite un.blasoB 
qui n'était pas le sien propre? 



1 



«79 



CON 



DICnONNAfitE DE NUMISMATIQUE. 



CON 



«0 



boucliers de diverses couleurs pour se dis- 
tinguer; ils y mirent diverses figures et va- 
rièrent leurs cottes d'armes. De là ces ani- 
maux de toute espèce dans les écus, aigle» 
léopard, griffon, serpents, etc.; de là cette 
diversité étonnante de croix sur les armes 
des anciennes maisons, croix losangée, croix 

Eotencée, croix alésée, croix «pattée, croix 
ordée, croix florencée, croix bretessée, 
croix bourdonnée, etc. 

Les joutes, les pas d'armes, Témulàtion, et 
les exercices de ta noblesse joutèrent une 
multitude d'autres marques de distinction. 
Les uns prirent la couleur de leurs manteaux 
ou de leur doublure, selon que ces étoffes 
étaient échiquetées, variées, papelonées, 
pallées, fascées, ondées, etc. Les autres choi- 
sirent certaines marques, qui avaient trait à 
leurs noms, à leurs emplois, à la situation de 
leurs terres, à la forme de leurs châteaux, à 
leurs faits d'armes ou à ceux de leurs ancê- 
tres. Vinrent ensuite les devises, les cris- 
d'armes , les supports et les pièces d'armoi- 
ries. Tels ont été successivement leur origine 
et leurs progrès. 

VU. Poini d'armomeê iur Ut ieeaux awuU le xi« 
siècle : armes des rois et des princes souverains : 
l'origine en est quelquefois fafmleusem 

Quoique les armoiries aient commencé 
vers la fin du x' siècle, un sceau qui s'en 
trouverait chargé avant le xi* porterait un 
caractère de fausseté; c'est une règle cons- 
tante chez nos plus habiles diplomatistes, 
tels que Andersson , Heineccius, le P. Her- 
gott, etc. On 'ne connaît point de sceaux de 
soigneurs qui remontent jusqu'à l'an 1050; 
ceux des princes souverains n'ont porté des 
armoiries qu'après ce terme. La règle paraît 
donc certaine. 

Les écus blasonnés ne devinrent un peu 
communs que depuis environ le milieu du 
XII' siècle. On met au nombre des plus an- 
ciennes armoiries du même siècle celles de 
Geoffroy; comte d'Anjou et du Maine, mort 
en IISO. On les voit dans Téglise cathédrale 
du Mans représentées sur un écu ou bouclier 
(le figure singulière. Le champ est d'azur à 

Juatre lionceaux rampants d'or et lampassés 
e gueules. Le P. Rivet (1) n'a pas manqué 
de faire connaître ce monument dans Vais- 

(4) c Les coonaissears, dit ce savant homme, re- 
gardent ce morceau de blason comme un des plus 
anciens monuments en ce genre qui subsistent au- 
jourd'hui en original. 11 n*y a aucun doute qu*il ne 
soit du temps de ce comte, comme en fait foi la table 
d'airain émaillé sur laquelle il est représenté tenant 
son bouclier de la main gauche et son épée nue de 
Tautre : table qui est appliquée à un des pilliers de 
la nef de régiise cathédrale du Mans, du côté du 
nord, tout auprès de la chapelle du Crucifix, qui 
sert d*église paroissiale. Que le lecteur intelligent 
juge hil-méme si Topinion de Legendre (et de plu- 
sieurs autres modernes) peut tenir contre cet ancien 
monument. Cet écrivain, assez exact d'ailleurs, sou- 
tient {Mceurs des Français^ p. 128) comme un fait 
incontestable qu'avant Tannée 1150 il n'y avait 
point de véritables armoiries, sans en excepter au- 
cunes, non pas même celles de France, i (Rivet, 
Uist.Unér. de k France, t. IX, p. 165. 



taire littéraire de la France. Au m6me siècle 
les comtes de Toulouse avaient pour armes 
dans leurs sceaux la croix, dont noos avons 
parlé plus haut. 
Louis le Jeune est le premier de nos rois 

Sui s'est servi des fleurs de lis au contre-scel 
e ses chartes. Toutes celles de la première 
et de la seconde race et des premiers rois de 
la troisième qu'on suppose avoir été scellées 
de cachets ou de sceaux parsemés de fleurs 
de lis, sont évidemment [l) fausses. Pierre 
de Dreux, prince du sang de la maison de 
France, est aussi le premier duc de. Bretagne 
qui ait fait mettre des armoiries sur son écu. 
EUes consistaient dans un échiqueté tel que 
le portait Robert de Dreux, son irère aîné, et 
dans un quartier d'hermines pour brisure. Le 
duc Jean le Roux quitta les armes de Dreux 
sur la fin de son règne et prit les hermines, 
telles çue les ont portées ses successeurs. 
Nos rois ont communiqué leurs armes à plu- 
sieurs grandes maisons dans les bas temps. 
Charles YI, étant à Toulouse en 1389, donna 
à Charles d'Albret, son cousin, « pour cause 
d'augmentation deux quartiers des armes 
des fleurs de lis de France : car au devant 
les seigneurs de Labreth portaient et ont 
porté toujours en armoiries de gueules tout 
plein sans nulle brisure. » (Froissard, t. IV, 
ch. 6.) Ce fut Louis XI qiû nonora les armoi- 
ries ae Médicis de l'écu de France. 

Hickes fait commencer les armoiries en 
France un peu après l'arrivée des Nbrmands 
en Angleterre, et conjecture que le blason ne 
fut introduit dans cette île que vers le règne 
de Henri II. C'est Edouard lll qui le premier 
a pris les armes de France, a cause de ses 

{^rétentions à la couronne de ce royaume par 
sabelle de France sa mère et comme petit- 
ûls de Philippe le Bel. Edouard fit mettre au- 

(I) Telle est celle que losse Coccius, jésuite, a pu- 
bliée sous le nom du roi Thierrî, et qu^il assure 
avoir été scellée d'un sceau semé de fleurs de lys. 
Telle est celle de Dagobert, rapportée par Pierre de 
Miraumont et par Jean Ferrant, et dont le sceau est 
plein de fleurs de lis, habens insculptum seuium plé- 
num lUiis. Telles sont les chartes publiées par Fran- 
çois Rosière et munies de prétendus sceaux semés 
de fleur de lis. De ce nombre sont les diplémes don- 
nés par Dagobert et par Siaebert son fils, en faveur 
de Modoal, archevêque de Trêves, et de Revolde, 
abbé de Meteboch, et celui de Charles le Simple en 
faveur de Roger, archevêque de Trêves. Les cbartes 
de Pépin, de Charlemagne, de Louis le Débonnaire, 
de Lothaire I*', de Charles le Chauve, d*AmoQl, etc., 
que le même Rosière et d^autres écrivains de celle 
trempe supposent avoir été scellées avec des cachets 
sem& de fleurs de lis ou ornés de Taîrie double ou à 
deux têtes, sont autant d^impostures. Nous ne ferons 
pas plus de grâce à la prétendue charte de Charle- 
magne, dont Ferrant s'est autorisé pour établir le 
blason des fleurs de lis antérieur aux rois de France 
de la troisième race. Si l'on en croit cet auteur, e^est une 
charte par laquelle le monarque a fondé Tabbaye de 
Savigny dans le Lyonnais ; elle est scellée d^m sceau 
pendant à un cordon de soie bleue entrelacée de fils 
d*or, et ce sceau représente Cbaiiemagne revêtu d^oa 
manteau parsemé de fleurs de lis. Les écrivains qui 
nous vantent ces monuments n*en ont jamais pro- 
duit ni vu les originaux, parce qu'ils n'ont jamais 
existé. 



181 



CON 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



CON 



tour de soa éca le collier de Tordre de la 
Jarretière, avec cette devise : Hanny $oit qu% 
mal y pense. Richard I" avait déjà pris celie- 
ci : Dieu et fnon droite pour faire entendre gu*il 
était soDTerain indépendant. Mais ni 1 une 
ni Tautre devise n*eut lieu snr le grand sceau 
d*AngIeterre . avant le temps de Henri VIU. 
Richard II passe pour l'inventeur des sup- 
ports ajoutes aux armes de sa maison. Les 
rois d'Angleterre ont tougours ou presque 
toujoura mis au premier rang les armes de 
France dans leur écusson» jusau'aux der 
nieras révolutions, oui ont changé cet ordre. 
Selon M. Bames, ce lut à la bataille de Crécy, 
gagnée parles Anglais en 1346, que le prince 
de Galles se rendit maître des armes du roi 
de Bohème , qui étaient des plumes d*au- 
truche, avec le cri leh dien^ c est-à-dire, Je 
sers. Depuis ce temps-là elles ont été portées 
par tous les princes de Galles, héritiers pré- 
somptifs de fa couronne d'Angleterre. On a 
vu plus haut que vers l'an 1218 les seigneurs 
anglais suivirent la mode d'imprimer leurs 
armes au revers de leurs sceaux. Ceux-ci, 
depuis Van 1366, n'offlrent plus que des écus- 
sons armoriés. 

Guillaume le Lion, qui monta sur le trône 
d'Ecosse l'an 1165, avait à son contre-scel un 
lion en pied, environné de deux rançs de 
fleurs de lis. L'écu d'Alexandre II portait les 
mêmes armes, si ce n'est que les fleurs de 
lis étaient supprimées. En Allemagne, les 
sceaux réduits a Técu armoria] ne sont pas 
plus anciens que le xiu* siècle. 

Les croix qiron appelle de Lorraine ne sont 
entrées dans l'auguste maison de ce nom 

2u'après que René d'Anjou, duc de Bar, eut 
pousé Isabelle,fille et héritière de Cbarlesl", 
duc de Lorraine. « René d'Anjou^se portait 
alors pour roi de Naples, de Sicile et de Jé- 
rusalem. Avant cette alliance, les ducs de 
Lorraine n'avaient pour armes que d'or à la 
bande de gueules , chargée de trois alérions 
de sable, sans croix potencée. » (Barre, Hist. 
d'Allem., t. V, p. T73.) D. Calmet était per- 
suadé que les princes de la maison de Lor- 
raine n ont eu aes armes fixes que depuis la 
fin du XII* ou le commencement du xin* siècle. 
L'origine de la croix de Savoie est moins 
ancienne d'environ quarante ans. Pierre de 
Savoie avant été choisi pour avoué et défen- 
seur de la célèbre abbaye de Saint-Maurice 
en Cbablais, fut investi de cette dignité par 
Tabbé, qui lui mit au doigt l'anneau de 
saint-Maurice, marqué d'une croix, en mé- 
moire de la légion Thébaine, à qui l'on ne 
donne point d'autre enseigne, et ce prince en 
composa ses armes. Etant venu depuis à la 
succession du comté de Savoie, il préféra 
cette croix à l'aigle de ses prédécesseurs, 
qu'il aurait dû prendre. Ses successeurs con- 
tinuèrent encore quelque temps à mettre 
l'aigle dans leurs sceaux secrets ou signets 
et dans leur contre-scel; mais ils en revin- 
rent à la croix. La maison d'Est prit l'aigle 
blanche» qu'on voit sur son sceau dès 1 an 

1989. 

On a quelquefois inventé des fables pour 
faire remonter à des temps fort reculés l'ori- 



gine des armes des grandes maisons. Si l'on 
en croit quelques modernes peu versés dans 
la critique, les expéditions de Guillaume , 
duc d'Aquitaine, contre un Thibaut, roi des 
Sarrasins, ont donné naissance aux armes des 
seigneurs ou princes d'Orange. Ils ont pris 
un cornet de cnasse, dit-on, par allusion au 
surnom de CourtneXf que les romanciers don- 
nent à Guillaume, duc d'Aquitaine. 

Les cinq écussons qu'on voit dans les 
armes de Portugal représentent les cinq éten- 
dards gagnés sur les Maures à la bataille 
d'Obrique, en 1135, par Alphonse Henriquez, 

f)remier roi de Portugal, uette origine parait 
brt plausible. Mais si l'on en croit les histo- 
riens portugais, avant la bataille Notre- 
Seigneur Jésus-Christ apparut en croix à Al- 
phonse, lui promit la victoire et lui ordonna 
de mettre dans son écusson, en mémoire des 
cinq plaies, les cinq dés que l'on y voit au- 
jourd hui. Ne serait-ce pas plutôt cinq be- 
sants d'argent posés en sautoir? Quoi qu'il 
en soit, Maurique, historien iudicieux, rap- 
porte sous l'année 1U2 [Annal. Cisterc. , c. 3, 
n. 2) une charte d'Alphonse, datée de l'an 
1152, où ce fait est assuré avec serment en 
présence des évèques et des grands de la 
cour. Cette pièce, trouvée l'an 1596, a paru 
fort suspecte à Jean de Ferreras (Hist. d'Èsp.t 
t. III, p. ^1^) pour plusieurs (1) raisons, que 
nous rapportons au bas de la page. 

Yin. Aneienneê conceuions iVarmês : antiquité de 

celtes deê viUet. 

Les princes souverains ont souvent donné 
leurs armes aux seigneurs qu'ils affection- 
naient particulièrement. On met au nombre 
des plus anciennes concessions d'armoiries 
celle que fit Richard I*% roi d'Angleterre, en 
faveur de Geoffroy de Troulard, sire de Join- 
ville. La Curne de Saintes-Palaye croit que ce 
seigneur avait mérité d'ô'tre fait chevaher de 
la main de Richard, qui en même temps lui 
avait donné ses armes, et que le sire de Join- 
ville en avait parti son écu en les joignant à 
celles de sa famille. « C'est par un semblable 
motif de reconnaissance et de respect, ajoute 
le savant académicien, que le- prince d'Antio- 
che, Agé de seize ans, suivant Joinville, p. 98, 
écartela ses armes de celles de saint Louis, 
qui le fit chevalier, et que plusieurs villes de 
France portent en chef les armes du roi, 
comme les cardinaux portent aussi celles du 
pape, dont ils sont créatures. » {Acad. des 
BeUeS'Lettres, t. XX, p. 789.) Celles que Phi- 

(1) I I» Evite est le premier qui Ta mise au jour, 
disant qu^elle était dans le monastère d*Âlcobaza : 
or tous les savants d'Espagne et les Portugais les 
plus versés dans la critique connaissent parraitement 
qu'il a donné dans bien des fictions, en attribuant à 
d'autres auteurs ce qu'il n'ont pas dit, et en sup- 
posant des titres qui n'ont jamais existé, i* Il y a 
dans cette pièce de mauvaises phrases, quoiquHl s en 
trouve d'autres très-bonnes. 3* Elle est datée par 
Tannée de la naissance de Jésus-Christ, époque qui 
n'était point encore en usa(||e. 4« Jean, evéque de 
Coimbre, parait y avoir souscnt avant Jean, métropo- 
litain de Brague, ee qui n'est ni croyable, ni vraisem- 
blable. Si la première raison est forte, les autres 
aunt très-peu concluantes. 



185 



G0M 



DICTiOMNAlRE DE NUmSIlÂTiQVE. 



GON 



884 



lippe-Auguste donna à }a capitale de son 
royaume, en 1190, étaient de gueules, au na- 
vire d'argent , au chef d'azur, et semées de 
fleurs de lis d'or. 

Les villes ont souvent donné à leurs ar- 
moiries des origines inventées à plaisir. 
« C'est une^tradition populaire de la ville de 
Tarraçooe ea Aragon, qu'elle a été originai- 
rement bÂtie par Thubal, cinauième fils de 
Japhet, et reMtie par Hercule. Cette tradition 
s'est conservée dans les armes de la môme 
ville, dans lesquelles on voit une vigne, \m 
château, deux éeussons d'Aragon et cette lé- 
gende autour de l'écu : T%êbal me œdificavitj 
Hereukê me remdUkavH. » (Journ. des Sav. 
de 1709, p. 9S4.) L'origine des armes de la 
ville du Puy, pour être moins apocryphe, n'en 
est pas plus véritable. La contradiction que 
D. Vaissette a remarquée entre les deux his- 
toriens qui en ont parlé, sulFit pour démon- 
trer la fausseté de leur récit, a Selon le pre- 
mier, ce fut Geoffroy Grisegonelie , comte 
d'Anjou, gui avec Guy, (évoque du Puy^ son 
frère, obtint du roi Lotnaire ses armoiries» 
qui étaient, dit-il, un aigle d'argent armé de 
gueules au champ d'azur semé de fleurs de 
lis d'or. L'autre prétend au contraire que ce 
fut à la demande de Foulques, comte d'An- 
jou et neveu de Guy, évèque du Puy, que le 
roi HugueaCapet donna pour armes à la ville 
du Puv une aigle éployée d'argent sur l'écu 
plein de France alors §emé de fleurs de lis 
sans nombre. Mais c'est trop s'arrêter sur des 
fables.» [ffiit.du Lang,uedoç,i.ll^p. 131^1^.) 

11. ilffmuMftM deê eeelésiaiiiqueB ei des kourgeaiê re^ 
tetv«ne«l è Uun ^çeam ei conire-iceU. 

Anciennement les prélats ont eu deux 
sortes d'armes. Les upes sont des symbole? 
de leurs dignités et de leurs fonctions ; \e$ 
autres sont personnelles et d'extraction. Ces 
deux sortes d'armoiries furent-elles intro- 
duites sur les petits sceaux ou contre-scels 
ecclésiastiQues ayant le milieu du xnV siècle? 
Question d autant plus importante que D. Ma- 
billon, dont l'autorité est d'un si grand poids, 
ne donne des armoiries aux évoques que de- 
puis cette époque. 

On a vu (Voy, Sceaux, n'IO) le sceau de 
Hugues d'Amiens , qui fut archevêque de 
Rouen dès Tan 1128. Son contre-scel porte 
la figure d'un bœuf naissant. Or rien de plus 
pfr>pre qae ce symbole pour marquer les 
Iraraux inséparables de répiscopat. On ne 
Mit f»ourquoi D. Mabillon ne veut pas re- 
c^innaltre dans ce symbole de véritables ar- 
in^.^s relatives aux fonctions épiscopales, 
dont Huc5ues, tiré du cloilre, s'acquitta tou- 
joui-s avec un zèle infatigable. Selon quel- 
<jue« auteurs (la Morlière. Antiq. d'Amiens, 
fi»-/o/., p. 19, 54), ce prélat était allié aux 
rois d'Angleterre et descendait des comtes 
d'Amiens. On sait d'ailleurs que ce comté a 
été dans la maison de Boves. Elle aura pris 
d'alxird pour armes un bœuf, symbole par- 
lant et représentant son nom. Hugues d'A- 
miens, issu de la même famille, n'a-t-il pas 
|Kj prendre les mômes armes? Rotrou, de 
raii«ieane Camille des comtes deBeaumout Qt 



de Meulant, succéda à Hugues en 1165, dans 
le siège de Rouen, et porta pour armes une 
espèce de sauterelle étendue. C'est Tem- 

Sreinte de son contre-scel que l'on voit 
ans les archives de Jumiége. En 1181, le 
contre-scel de Philippe de Dreux, 6vA<)ue de 
Beauvais, représentait une femme assi^ sur 
un animai (1) passant. Peut-être est-ce une al- 
lusion au voyage d'outre-mer entrepris plus 
d'une fois par le prélat. On conserve dans 
les archives de Saint-Vincent du Mans les 
débris d'un sceau de Henri, évèque de 
Bayeux, depuis 11S6 jusqu'en 1905. Le con- 
tre-scel est chargé de six pièces posées trois, 
deux et une. Sontrce des étoiles, des ro- 
settes ou des fleurs de lis ? C'est ce que 
nous n'oserions décider, à cause du mauvais 
état où se trouve le sceau. Henri de Bayeux 
était étranger et engagé dans des néjgocia- 
tions importantes. Il n'est pas difficile de 
croire que son cachet ou contre-scel ait 
porté des fleurs de lis, pendant qu'où ea 
trouve sur ceux des évéqucs d'Allemagne et 
sur les sceaux des comtes d'Habsbourg, dans 
le même siècle où mourut Henri , évèque 
de Bayeux. Nous avons actuellement sous 
les yeux un acte original de Guillaume, 
évéaue de Châlons et comte du Perche. Il 
est daté du mois de décembre 1224, et scellé 
d'un sceau en cire verte. Au premier côté le 
prélat parait en habits pontificaux avec la 
crosse et la mitre. Au revers ou contre-scel on 
voit une grande fleur de lis avec cette légende: 
-h Secretum Villermi de Fertico. Qu'on ne 
donne donc plus désormais poiur règle que 
les évèques ont commencé vers le milieu 
du xiir siècle à faire apposer des armoiries 
au dos de leurs sceaux, et que Thibaut, évé- 
que de Beauvais, est le premier qui a mis les 
aMnes de sa famille au contre-scel d'une 
charte de l'an 1289. 

Quelques abbés suivirent bientôt l'exem- 
ple de plusieurs évoques du xii' siècle. Ou 
a vu dans le chapitre précédent {Voy. Sceaux, 
n*« 15 et 16) le sceau de Hugues de Péronne, 
abbé de Corbie en 1173^. Son cachet ou con- 
tre-scel imprimé au revers ofl're les armes 
de cette abbaye dans un champ semé d'é- 
toiles. On les retrouve au xin' siècle sur 
les ^eaux des abbés et de roiBcial du même 
monastère. Ces armes sont du même genre 

Îue celles du contre-scel de Wermoad de la 
oissière, évèque de Noyon en 1250, sur le- 
quel il y a deux crosses avec deux fleurs de 
lis. Les évoques et les abbés des grandes 
maisons d'Allemagne commmencèrent vers 
l'an 1320 à mettre sur leurs sceaux mêmes, 
conjointement avec leurs images, Vécu des 
armes de leur église et celui de leur famille, 
plaçant le premier au côté droit et le second 
au côté gauche* Les auteurs du nouveau 

(1) Le temps ayant détruit une partie de rem- 
preinle, qui peut-être dans rorigine n'était pas sans 
défaut, on ne sait si c'est un cheval, an taureau oa 
quelque autre quadrupède de celle espèce. L*abbé 
Danse conjecture que c'est reulèveneot d'Cun^c, 
ou un symbole des voyages de Philippe de Dreiui oa 
Orient. Il est certain que ce prélat guerrier fut plu- 
sieurs ibis du nombre des crqvȎs. 



iss 



GON 



DlCTIONHAliiE AE NUIfiSliATiQI3B. 



GOM 



286 



Gallia Chrisiiana décrivent tes armes de Re- 
giobold, prévôt de Tabbaye de Mouri en 
Suisse» qui mourut en 105S, cû(ume nous 
Tavcos remaraué plus haut. 
Dans la cérémonie de l'intronisation des 

f)apps, an leur donnait deux clés. Tune de 
'église de Saint*Jcan de Latran, et Tautre du 
palais pontiGcal. De là, selon quelques écri- 
vains, Vorigine des armes du pape, qui sont 
deux clefs en sautoir. On les voit sur des 
sceaux du commencement du xiv' siècle. Un 
écrivain (1} moderne donne, d*après Ciaco- 
nius, des armoiries et des mitres aux cardi- 
naux dès le pontiûcat de Léon IX en 1048; 
mais il y a grande apparence que ces armoi- 
ries sont de Tinveution de fauteur italien. 
Quant à la mitre, 1rs cardinaux la portaient 
dans leurs sceaux au xiii* siècle, même lors- 
qu'ils n'étaient ni prêtres ni évoques. D. Ha- 
billon en trouve la preuve dans le sceau de 
G ui, carijinal-diacredu titre de Saint-Nicolas tu 
careere tulliano^ en 12U, et dans celui de 
Benoit r cardinal-diacre du même titre en 
1290. V^i^^^ur de Y Origine des cardi- 
naux , déjà cité, veut que le pape Inno- 
cent IV leur ait donné le cnapeau rouge, mais 
iln*en fournit point de preuves valables. 
L'usage du chapeau, pour tous les prélats 
vient d'Espagne, où il parut Pan It^OO. Tris- 
tan de Salasar, espagnol de nation et archo- 
vô(^ue de Sens, passe pour le premier qui 
Ta introduit chez les arcnevêques de France. 
Ce n'est que depuis environ cent quatre- 
vingts ans que les évéques oui soyut comtes 
ont mis des couronnes sur leurs armoiries. 

D. Mabillon n'a point connu de sceaux 
de communauté monastique ornés d'ar- 
moiries avant le milieu du xiu* siècle 
Mais nous avons prouvé que le^ abbés 
(le Corbie oontre-scellaient avec les armes 
de leur mQuastère en 1173 et 1221. Ce n'est 
pourtant que depuis Tan 1250 que l'usâga 
des armoiries devint fréquent dans les com- 
munautés régulières. 

Personne n'ignore que le roi Charles V 
acc<^tJa, Tan 1371, aux bourgeois de Paris 
le droit de porter des armoiries timbrées. 
Depuis ce temps-là, presque toutes les per- 
sonnes de quelque distinction^ même parmi 
la simple bourgeoisie, ont des armes parti- 
culières. 

1. Quand kt armet ont-eUeê été héréditaires f Leurs 
fmriaiiûui et leun changemenU. 

Les savants sont fort partagés sur le temps 
où los armes de la noblesse ont commencé 
à devenir héréditaires. Les uns prononcent 
en général qu'elles le devinrent depuis les 
croisades; les autres soutiennent qu'elles 
passèrent aux successeurs après le milieu 
du xu* siècle. Si l'on s'en rapporte à d'au- 
tres écrivains, les armoiries n'étaient pas 
encore Gxes dans une même famille à la lin 
du xiu*. Nous croyons qu'el es ne devinrent 
héréditaires que successivement, c'est-à-dire 
que les nobles selixèrent à certaines armo^ 

(i) Vorigine des Cardiruiuj^ dn Saint-Siège. Co- 
logni', 1670, p. W, 



ries les uns plus tôt et les autres plus tard. 
Celles des comtes de Toulouse, plus ancien- 
nes que la première croisade, se retrouvent 
sur leurs sceaux dans les siècles suivants. 
Si l'écu de Flandre chargé d'un lion en 1079 
ne reparaît qu'en 1163 sur le sceau de Phi- 
lippe d'Alsace, c'est que les successeurs de 
Robert le Frison ne montrent sur leurs 
sceaux que le dos de leurs écus. Voilà donc 
des armoiries héréditaires aux xi' et xii* siè- 
cles. Mais alors combien n'y en avait-il pas 
de variables et d'arbitraires? 

)1 y a toute apparence que le roi Louis le 
Jeune prit les lis pour ses armes, quand il 
se croisa avec les grands de son royaume 
l'an 1U7. L'usage des armoiries devint plus 
commun dans la noblesse. Elles passèrent 
plus souvent des pères aux enfants d'une 
même famille. Nous vojrons Baudouin, frère 
de Raymond VIi comte de Toulouse, poriei 
les mômes armes que ce prince, l'an 1211. 
Mais en général les armoiries ne furent un 
peu stables que sous le règne de saint Louis, 
vers le milieu du xiu« siècle. Sur son déclin, 
elles n'étaient pas encoire fixées partout 
dans une môme famille. Le sceau dont 
Isarn, vicomte de Lautrec , se servait l'an 
12Ci9, portait pour armes une croix vidée 
et pommetée comme celle de Toulouse, au 
lieu que Pierre de Lautrec» son frère, avait 
une croix de Toulouse , et ui;^ chef chargé 
d'un lion passant et au cimier une tète d'ai- 
gle. On voit dans les Monuments de la mo- 
narchie française que Dreux, sire de Trainel 
eu Champagne, et Anseau de Trainel, sire 
de Voisines, connétable de Champagne, qui 
vivaient eu 1259 et en 1262, n'étaient pas 
conformes dans leurs armoiries. 

André du Chesne, dans son discours sur 
les armes de la maison de Châlillon, nous 
apprend que les anciens chevaliers appo- 
saient souvent d'autres armes que les leurs 
aux contre-scels. A la fin du xiu' siècle, ou 
tout au commencement d\4 xiv*, la maison 
de Simiane quitta h 6^'ûr, qui était ses an- 
ciennes armes, pour prendre celles qu'elle 
porte aujourd'hui. Jean d'Avesnes, reconnu 
en 1253 légitime héritier du comté de Bai- 
naut, quitta les armes d'Avesnes pour pren- 
dre celles de Flandre, qui étaient celles de 
s(\ mère. Ses successeurs dans le comté de 
Hainaut écartelèrent de celles de Hollande, 
quand ils furent en possession de ce dernier 
comté. £mles U, Seigneur de Ham, fit en 
1210 un échange avec l'abbaye de Corbie. 
Dans le sceau dont l'acte est scellé, Eudes 
est à cheval^ tenant Tépée haute d'une main 
et de l'autre l'écu de se$ armes à trois crois« 
sants. Mais dans son sceau de Tan 1182, qui 
est nareil, il p'a au'un croissant. D. Bernard 
de Montfaucon, à l'occasion des armes de 
Fohèmo, différentes dans les monuments, 
dit que ces variations se rencontrent si sou- 
vent dans les armoiries que cela ne doit pas 
arrêter. 

Si elles variaient si fréquemment, les mê 
mes étaient aussi quelquefois communes à^ 
-plusieurs maisons difi'érenles, surtout dans 
es commencements, où il n'y avait point de 



r. 



S87 



CON 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



CON 



règles pour distinguer les couleurs du bla- 
son : Una eadem imago in scutum assumpta 
pluribuê et diversisstmis familiis qwmdoque 
communis fuit (Hergott., gmealog. Habs- 
burg.f Prœiat., p. vu). Comment aurait-on 
distingué le lion d'une famille de celui d'une 
autre? Les associations et les alliances des 
familles furent aussi cause que les mêmes 
armoiries devinrent communes à des mai- 
sons différentes. Si les comtes de Forcal- 
Îuier portèrent les armes de Toulouse en 
168, 117^ et 1180, il n'en faut point cher- 
cher d'autre motif oue l'association mutuelle 
faite entre eux et tes comtes de Toulouse, 
pour se succéder les uns aux autres par le dé- 
faut de mflles. On voit Hugues III, duc de 
Bourgogne depuis son second mariage avec 
Béatnx, dauphine de Viennois et comtesse 
d'Albou en 1182, prendre les armes de ce 
comté dans son contre-scel, qu'on peut voir 
dans la lettre du P. Chifflet touchant Biatrixy 
comtesge de Chàlom (pag. 136). Les contre- 
scels des princes portent non-seulement les ar- 
mes des provinces et des terres qui leur appar- 
tiennent, mais encore celles de leurs mères. 

Selon l'auteur d'une dissertation qui pa- 
rut en 1718, touchant le changement des ar- 
moiries et des sceaux des Etats de l'empire» 
entre les armes des seigneurs d'Allemagne, 
« les unes sont des marques de dignités ec- 
clésiastiques ou séculières, les autres sont 
des marques de seigneuries, les autres 
viennent aes familles dont les seigneurs par- 
ticuliers tirent leur origine. Autrefois les 
seigneurs allemands changeaient souvent 
d'armoiries. On fit par la suite défense de 
prendre celles que les empereurs avaient 
accordées à un prince ou à un des Etats 
germaniques. De là on en vint presque à ne 
pouvoir changer les armoiries, sans un 
consentement de l'empereur. A présent, 
les nouvelles dignités ou les nouveaux 
offices de l'empire, que l'empereur donne 
à un prince, sont une cause légitime de 
faire un changement dans les armoiries. 
Quand les dignités sont indivisibles, comme 
les électorats, il n'y a que l'atné électeur 
qui porte dans ses armoiries celles de l'é- 
lectorat. Si les seigneurs se divisent dans la 
famille, chacun prend les armoiries des terres 
qui tombent dans son partage. A l'égard des 
armoiries de la famille, les Allemands n'ad- 
mettent aucune brisure, pour distinguer les 
branches cadettes des branches aînées, tou- 
tes portent les armoiries pleines. Les élec- 
lecteurs ecclésiastiques joignent les armoi- 
ries de leur famille a celles de leur électorat. 
La réunion de différentes seigneuries à un 
môme Etat produit encore de la différence 
aux armoiries de l'Etat ou du prince. L'aigle 
impériale dans les armoiries des villes n'es^ 
point une marque qu'elles doivent être mi- 
ses au rang des villes libres, car il y a en- 
core plusieurs villes libres qui n'ont point 
d'aiçles dans leurs armoiries, et il y en a 

Plusieurs autres qui portent des aigles sans 
tre au nombre des villes libres. » (Journ. 
de* 5at)., juillet 1719.) 
On changeait de sceau lorsqu'on était fait 



s 



chevalier ; on en changeait aussi assez sou- 
vent quant on acquérait de nouveaux do- 
maines. Dans le second cartulaire de Cbam- 
agne, appelé Liber nibetM, et conservé à la 
ibliothèque du roi, on trouve, soos Tan 
1258, une charte de Henri, fils de Thibaut, 
roi de Navarre «t comte de Champagne, dans 
laquelle ce prince déclare qu'il s'est servi 
du sceau de son père, parce que, n'étant pas 
encore chevalier ou majeur, il n'avait pas 
encore de sceau qui lui fût propre. Que s'il 
arrive, «youte-t-il, que je change de sceau, 
soit en recevant l'ordre de chevalerie, soit par 
l'acquisition de quelque nouveau domaine, 
cum si postea vel in nova militia vel in requi- 
rendo aominio sigillum mutare eontingat^ je 
promets d'apposer à la présente charte le 
sceau que j'aurai alors. « Ce passage, dit le 
célèbre D. Calmet (Hist. généatog. de la Mai- 
son du Chàteletf préf. p. xxui), est digne 
d'une grande attention. En effet, il démontre 
clairement combien «les changements d'ar- 
moiries étaient fréquents, même dans les 
maisons souveraines jusque vers la fin du 
XIII* siècle, puisque la nouvelle chevalerie 
et l'acquisition de quelques terres considé- 
rables étaient des motifs ordinaires et sufS- 
sants pour en changer. » 

XI. Divers mages observés dans les armoiries; origine 
des principales pièces et des cris de guerre qu^on 
y a fait entrer. 

Le savantauteur que nous venons decopier 
prétend qu'on ne prenait point les armes 
d'une maison dont on n'était pas. Nous en 
voyons pourtant qui n'ont nul rapport à la 
famille aont on est issu. Au trésor. royal des 
chartes il y en a une de Robert, comte de 
Dreux, de l'an 120â, à laquelle pend son 
sceau {Layette Dreux^ n* 1). On voit au pre- 
mier côté un cavalier et les armes de Dreux. 
Les mêmes armes sont au contre-scel avec 
cette belle légende : Confirma hoc Decs. Il 
est certain que ce prince était fils de Robert 
de France, cinquième fils de Louis le Gros. 
Cependant les armes de son sceau et de son 
contre-scel ne portent aucune marque de 
consanguinité avec la maison de France. 

Autrefois les cadets portaient rarement les 
mêmes armes que leurs aînés. Par la cou- 
tume générale de France, l'atné seul a droit 
de porter les armes pleines, et les putnés 
sont obligés de se différencier par des bri- 
sures, comme il fut jugé par arrêt de la cour 
du parlement de Grenoble le 9 mai 14M. Dès 
les XII* et XIII* siècles, on mettait un lambel 
dansl'écu des cadets. On prouve par là que 
Gui de Lévis, seigneur de Mirepoix, maré- 
chal de France, était cadet de sa maison. En 
effet, il mettait, en 1223, un lambel au-des- 
sus de trois chevrons et un lion rampant à 
son contre-scel. Mais celui de son fils avait 
les mêmes armes sans lambel. Les dames 
portèrent d'abord celles de leurs maris, en- 
suite les leurs avec celles de leurs maris 
dans des écus écartelés. Au xiii' siècle, c'é- 
tait la coutume ordinaire parmi les grands 
d'orner le revers de leurs sceaux des anoes 



2S9 



CON 



DICTIOMNAIRE DE NUMISMATIQUE 



CON 



200 



maternelles ou de celles des principales 
terres, dont ils étaient héritiers. 

Les armes diffamées ou déchargées sont 
une maniue de nonte et de punition. Telles 
furent celles de Jean d'AvesneSy qui, en pré- 
sence de saint Louis, avait injurié sa mère 
Marguerite, comtesse de Flandre. 11 fut con- 
damné è porter le lion de ses armes mornes 
c'est-à-dire sans ongles et sans langue. Se- 
<oa le P. Ménétrier, les dignités séculières 
n'avaient aucune marque de distinction dans 
les armoiries il y a deux cent trente ans, et 
les Italiens sont les premiers qui ont intro* 
duit^dans les généalogies les marques de ces 
dignités. Cependant on trouve un sceau de 
Robert d'Artois au bas d'un contrat de vente 
de Tan 1276, leauel représente un écu semé 
delleursdelis, aunlambel de trois pièces, 
chaque pièce chargée de trois châteaux, Té- 
cu accosté de deux épées avec cette légende : 
^ S. Roberii Comitis Artesiœ.,. Au contre- 
scel une tète de lion. Les deux épées dési- 
gnent la dignité de connétable dont Robert 
d'A'rlois avait fait la fonction au sacre de 
Philippe le Hardi en 1271. {Hist. généalog. 
de la maiêon de Fr., 3' édit., t. VI, p. 89.) 

Le payillon dans les armoiries ne désigne 
l>oint un souverain qui ne dépende que de 
Dieu. Les ducs de Bretagne, qui relevaient 
de la couronne de France, et môme quelques 
seigneurs particuliers, avaient le pavillon 
entier dans leurs sceaux au xv' siècle. Selon 
Baluze (Hiit. d'Auverg.^ 1 1, p. 327), la cor- 
delière qui environne Técusson des veuves 
doit son origine à Louise de la Tour, dame 
de Coulches en Bourgogne. 11^ a en effet au- 
tour de ses armes, qu'on voit en broderie 
sur de riches ornements, donnés à Téglise 
des Carmes de Châlons après la mort de son 
mari, une cordelière à nœuds déliés et rom- 

f^us avec ces mots: J'ai le corps DEui; d'oill 
'on a fait, dit le même auteur, le mot cor-' 
deliêre. Louise de la Tour mourut en 1W2 : 
ce qui prouve que ceux-là se sont trompés 
aui ont fait honneur à Anne de Bretagne de 
i in vention des cordelUreSfpmsqa^e] les étaient 
inventées avant qu'elle vint au monde. Le 
cimier qui se met sur le haut du casque est 
beaucoup plus ancien : on le voit dans le 
sceau de Philippe, comte de Flandre, de Tan 
116^, et dans le nouveau sceau que Robert 
de Béthune fit faire Tan 1295. Guillaume le 
Breton parle ainsi du cimier élevé sur le cas- 
que de Gautier, comte de Boulogne : 

Cujut equumy eujuê clypeum galeamque nitetUem 
Balenwque fuboê ceu comua orna gereniemy 
Tum jam mcloret post pugnam in castra redUtent^ 
Vidit eê agnovH rex aiqm eoDcrcilus omnit, 

JLes supports des armoiries et les timbres 
n'ont été en usage qu'assez tard. Le premier 
que Baluze trouve s'en être servi dans la 
branche aînée de la maison d'Auver^e est 
Jean I'% qui vivait en 1345 : « II avait deux 
lions pour support, et un cygne h ailes dé- 
ployées pour timbre. Dans le môme temps, 
Godefroy, seigneur de Montgascon, son frère, 
avait deux sauvages pour support, et pour 
timbre laMète d'un jeune homme issaut jus- 



qu'à l'estomac. » (Préface eur VHiet. d'Au- 
vergne.) 

Les devises furent en vogue auxxiv* et xv* 
siècles, surtout i)armi les gens de qualité. 
Chacun s'en faisait à sa mode. Le nom propre 
de la famille, ou seul, ou avec quelque ad- 
dition, un exploit glorieux, une aventure 
singulière, le titre d'unËtat, d'une église cé- 
lèbre, d'une ville ou d'une forteresse prin- 
cipale, faisaient communément le sujet de 
ces cris d'armes. Celui des rois de France 
était Montjoye Saint-Denii^ ce qui signifie. 
Mon Dieu de Saini-DeniSf ou, selon Mathieu 
Paris, Dieu aide. Celui de Bourbon était, 
Bourbon Notre-Dame ou Espérance. Les ducs 
de Lorraine prirent pour cri de çuerre Prtny, 
parce que c était le nom de Ta forteresse 
qu'ils avaient sur les frontières du pays Mes- 
sin. Ce fut vers l'an IStO quele roi Edouard 
III mit au bas de son écu, sous les armes de 
France et d'Angleterre écartelées, ce cri que 
Ton y voit encore: Dieu et mon Droite pour 
exprimer sa confiance en Dieu et dans la Jus- 
tice de sa cause. Louis XII prit pour devise 
un porc-épic avec ces mots : Cominue et 
eminus. 

Les colliers les plus considérables qui or- 
nent les écus des chevaliers en France sont 
ceux de saint Michel, établi par le roi Louis 
XI, en 1469, et du Saint-Esprit, institué par 
Henri III, en 1578. L'usage de mettre le 
manteau derrière l'écu, tant en peinture que 
sur les sceaux, n'est que depuis le milieu du 
dernier siècle. 

N'oublions pas l'usage qu'on a fait des 
armes dans certains actes publics des bas 
siècles. Celles de France étaient peintes dans 
les lettres de sauvegarde, et celles d'Espagne 
dans les privilèges des rois catholiques du 
XIV* siècle. On voit peintes les armes de 
plusieurs souverains a la tête du décret d'u- 
nion fait entre les Grecs et les Latins au con- 
cile de Florence dans l'exemplaire de la bi- 
bliothèque du roi. 

En voilà assez sur les armoiries, pour sa- 
voir discerner l'Age des sceaux et des contre- 
scels chargés de ces marques d'honneur. 
Nous abandonnons* aux maîtres dans Tart 
héraldique l'interprétation des termes qu'on 

Jr emploie pour designer les pièces, les cou<« 
eurs et les métaux du blason (1). 

CONTROLEUR GÉNÉRAL des monnaies 
DE Frange, officier créé.par édit du mois do 
juin 1696. — Art. 6. « Avons créé et érigé, 
créons et érigeons en titre d'office formé et 
héréditaire un notre conseiller contrôleur 

f;énéral des monnaies de France, lequel veil- 
era sur tout le travail desdites monnaies, vi- 
sera et contrôlera toutes les quittances, res- 
criptions et lettres de change qui seront ti- 
rées par Je directeur et trésorier général sur 
les directeurs et trésoriers particuliers de 

(1) Nouveau Traitéde Diplomatique, t. IV, p. 594 
et saiv. Nous-mêmes nous devons renvoyer les lec- 
teurs curieux de plus amples détails sur cet intéres- 
sant sujet au Dictionnaire héraldiiiue ou de blason, 
par M. Grandmaisou, ouvrage qui fait partie de la 
collection de M. Tabbé Migne. 



in 



CON 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



CON 



idt 



toutes les monnaies du royaume, dont il 
tiendra registre ; visera et contrôlera pareil- 
lement les comptes qui seront rendus par les 
directeurs particuliers de chacune desdites 
monnaies, et se fera rendre compte par les 
contrôleurs particuliers de tout ce qui 
s'y passera : à Teffet de quoi ils lui enver- 
ront, au moins de mois en mois, un borde- 
reau des matières, qui auront été portées au 
change et mises à la fonte, des espèces qui 
auront été passées en délivrance, et de touto 
la dépense. » — Art. 6. « Notredit conseil- 
ler contrôleur général jouira de trois mille 
livres de gages pour trois quartiers de quatre 
mille livres, et des mêmes honneurs, fran- 
chises, immunités, prééminences, exemp- 
tions, droits de commiuimus^ franc-salé, et 
de tous autres droits et prérogatives attri- 
bués au directeur général des monnaies. » 
Par édit du mois de novembre 1707, il a 
été créé deux oiïices de Contrôleurs généraux 
des trésoriers généraux des monnaies, 1*uq 
ancien et mi-triennal, et l'autre alternatif et 
mi-triennal. Par édit du mois de janvier 
1708, rofïice de contrôleur général des mon- 
naies, créé par édit du mois de juin 1696, a 
été supprimé, et les fonctions en ont été at- 
tribuées aux contrôleurs des trésoriers gé- 
néraux desdites monnaies. Par autre édit du 
mois de février 1717, Sa Majesté a éteint et 
supprimé les deux offices de contrôleurs gé- 
néraux des monnaies, créés par édit du mois 
de novembre 1707, et a créé et érigé en titre 
d'office formé et à titre de survivance un 
contrôleur général des monnaies, ainsi qu'il 
suit. — Art. 15. « Nous avons créé et érigé, 
créons et ériçeons en titre d'office formé et à 
titre de survivance, un notre conseiller con- 
trôleur général de nos monnaies^ dont nous 
avons Bxé la finance à' la somme de cent 
vingt mille livres, qui sera payée par le pour- 
vu audit office ès-mains du trésorier de nos 
revenus casuels: lequel contrôleur généra} 
tiendra re^stre* de tous les fonds qui seront 
tirés desdites monnaies par le trésorier gé- 
néral, et fera mention de l'enregistrement au 
dos des rescriptions, récépissés ou autres ac- 
quis que ledit trésorier général expédiera à 
la décharge des directeurs particuliers ; il 
tiendra pareillement registre de tous les 
payements qui seront faits par ledit tréso- 
rier général pour notre compte, dont il vi- 
sera lés pièces justificatives ; il sera tenu de 
fournir tous les mois, au directeur général 
de nos monnaies, un état de lui certifié des 
recettes et dépenses du trésorier général 
suivant les registres ; visera les comptes de 
caisse qui seront arrêtés entre le trésorier gé- 
néral, et les directeurs particuliers denos mon- 
naies, après avoir vérifié si toutes les parties 
y contenues sont conformes à sohait re- 
gistt'e ; auquel contrôleur général de nosdiles 
nionnaies nous avons attribué et attribuons 
six mille livres dégages actuels et effectifs 
par chacun an, qui lui seront payés par le 
payeur des gaffes des officiers de nos mon- 
naies, dont le fonds sera fait dans les états 
desdils gages qui seront arri^tés en notre 
conseil: et pourindctnniser ledit contrôleur 



général de nos monnaies des frais de bureau 
et autres qu'il pourra faire pour notre ser- 
vice, nous lui avons en outre accordé et ac- 
cordons la somme de cin^ mille liv. par 
chacun an, pour lui tenir lieu de cahier de 
frais, laquelle nous voulons lui être payée 
sursa simple quittance par le trésorier geoérai 
de nos monnaies, et qui ne sera passéeoaDs les 
comptes dudit trésorier général qu'eo rap- 

Sortant avec ladite quittance un certificat 
udit directeur général, contenant que ledit 
contrôleur lui a exactement fourni fcoas les 
mois Us états de son contrôle ; voulons que 
ledit contrôleur général ait un logementcon- 
venable dans l'hôtel de notre monnaie de Pa^ 
ris , qui sera choisi par nos ordres, et (]u*il 
jouisse des mêmes lumneurs, franchises, 
immunités,prééminences,exemptioDS,drûits 
de eommittimus^ franc-salé, et de tous au- 
tres droits et prérogatives attribués au di- 
recteur général. »-— Art. 20. «Le pourvu de 
l'office de contrôleur général de nos mon- 
naies créé par le présent édit prêtera ser- 
inent, et sera reçu en notre cour des mou- 
naies seulement, n (À.) 

Contrôleur et garde des hébailles et 
JETONS, officier créé par édit du mois de 

Iuin 1696, registre en la cour des monuaies 
e 30 du même mois. — Art. 24 dudit édil : 
« Avons créé et érigé, créons et érigeous eu 
titre d'office formé et héréditaire, un noire 
conseiller contrôleuret gardedelafabricalion 
des médailles et jetons, qui tiendra registre 
des fontes et de la quantité de marcs des- 
dites médailles et jetons qui seront fabri- 
qués, et gardera la clef des nalanciers après 
le travail fini. » — Art. 26,« OrdonnoDsque 
les poinçons, matières et carrés, servant à 
la fabrication desdites médailles et ietous, 
seront mis dans une armoire fermant à deui 
clefs, dont l'une restera ès-maius du direc- 
teur, et l'autre en celles du contrôleur ei 
garde, qui en tiendra pareillement registre.» 
Cet office a été uni à celui du directeur 
de la monnaie des médailles, par arrêt du 
conseil du 3 novembre 1696. (A.) 

CONVERSION D'ESPÈCES d'or ou d'ar- 
gent, s'entend d'un changement d'espèces 
en d'autres espèces, ou d'une nouvelle fa- 
brication d'espèces. Il y a plusieurs choses 
à observer dans une conversion d'espèces 
d'or ou d'argent ; savoir : la taille des nou- 
velles espèces; le titre de ces espèces ;' le 
prix du marc d*or ou d'argent fin, sur le pied 
de la dernière évaluation ; le prix auquel 
elles doivent être exposées ; le titre des es- 
pèces décriées et destinées à convertir en 
nouvelles espèces ; les remèdes ëe poidsetde 
loijle seigneuriage; le brassage, et leste 
d'affinage des espèces décriées sur^ le* 
pied de la quantité que l'on peut être 
obligé d'en affiner pour mettre le sur- 
plus au titre par l'alliage que Ton en fait. 
On peut compter les frais de l'aflinage sur Ip 
pied de six livres par marc d'orel dix sous 
pour ïnarc d'argent, et ce en cas ouc les nou- 
velles espèces soient ordoniaées a plus haut 
titre que celles qui sont décriées. Mais co 
qui est particulièrement à c onsidérer dans 



£93 



CON 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



CON 



idi 



les différetils changements qui peuvent ar- 
river dans les monnaies, c'est la proportion 
qui doit être observée entre les espèces 
dont on fait la Conversion et celles des pays 
▼oisins. 

Quant à la conversion des espèces de bil- 
Ion, on eiamine aussi les circonstances sui- 
vantes» savoir : la taille des nouvelles es- 
pèces de billon; la quantité du fin qiii y doit 
être employé par marc ; le prix duaenier de 
fin sur le pied de la dernière évaluation : le 
cuivre qui doit être employé par mat-c et sa 
valeur; les remèdes de poids et de loi ; le 
droit de seigneuriage à proportion des es- 
pèces émargent ; le brassage, et le prix liu- 
quel les espèces de billon doivent être ex- 
posées. (A.) 

COPfiC, monnaie d'or et d'argent qui se 
fabrique en Moscovie. Le copec d'or pèse 
quatorze grains au titre de vingt et un cn- 
rats, dix-huit trente-deuxièmes; et vaut une 
livre dix-neuf sous huit deniers argent de 
France. Le copec est extrêmement petit. Son 
empreinte est, d'un côté, une partie des 
armes du prince régnant, et de l'autre la 
lettre initiale de son nom. Le copec d'argent 
est ovaf. 11 pèse huit grains au titre do dix 
deoim?! douze grains, et vaut argent de 
France seize deniers. Son empreinte est la 
même que celle du copec d'or. 

Nom observerons au'il n'y a que quatre 
villes en Moscovie où Von bat monnaie, qui 
sont Moscou, Nowogorod, Zwere et Pies- 
cow. On peut présentement aiouter Péters- 
bourg, cette ville célèbre de I Ingrie, que le 
fameux ezar Pierre Alexiowitz a faitbûtiren 
iTU3, gour y établir le centre du commerce 
de ses Etats, et en faire la capitale de son 
vaste empire. (A.) 

COQDILLON, terme de monnaie. C'est l'ar- 
gent ûo que l'on retire du creuset en forme 
de coquille lorsque ce métal est à un certain 
degré de fusion. 

lOUBIE [Sceau dé Vùbbaye d$. ) Voy, Sceaux, 
n- 15 et 16. 

CoRBiB [Monnaies des abbés de). Notice 
par Doby, Monnaies des barons et des prélais 
1. 1, p. M (1). 

Corme, Corb$ia, ville et chef-lieu du Cor- 
biais, avec une célèbre abbaye d'hommes 
de l'ordre de Sèiinl-Benoit, sur la petite ri- 
vière d'Ancre, à trois lieues d'Amiens* 

Cette abbaye fut fondée, en 660, ()ar la 
reineHethilde et son fils Clotaire IIL Didier, 
roi d'Italie, finit saintement ses jours dans 
ce monastère. 

Thëodefroi, religieux de Luxeuii, en fut 
le premier abbé^ cette maison a été illustrée 
par un grand nombre de savants, par de 
saints prélats, et par des abbés respectables 
qui l'ont gouvernée. 

L'abbé de Corbie avait le droit de battre 
monnaie ; mais on ignore l'époque où ce 
droit lui fut accordé. 

Philippe le Bel ordonna en;]lt85, à Josque» 
abbé de Corbie, de laisser un libre cours à 



la monnaie de Paris dans la ville de Corbie, 
et lui promit en même temps de ne pas em- 
pêcher la sienne dans la même ville de 
Corbie. 

On trouve, dans M. de Boze, un denier de 
billon qui porte pour légendes : Johannes ; 
et au revers: Abbas Corbeie {\). Dans le 
champ une crosse entre les deux lettres A 
et M, qui peuvent signifier Abbatii mo- 
neta. 

Corbie a eu un grand nombre d'abbés du 
nom de Jean, et dont je ne ferai que donner 
la suite, incertain auquel d'entre eut attri- 
buer cette monnaie. 

Jean de Buzencourt, depuis 1158 jusqu'en 
1172. — Jean de Brustin ou Bustin, depuis 
119ê jusqu'en 1198. —Jean de Cortiillons, 
depuis 1209jt]squ'en 1221. —Jean des Fon- 
taines, depuis 1251 jusqu'en 12fi0. — Jenn 
d'Arsy, depuis 1362 jusqu'en 1363. — Jean 
de la Goue, depuis 1363 jusqu'en 18M. — 
Jean de Léon, depuis lbl8 jusqu'en 1439.— 
Jean deBersée» depuis U39 jusqu'en lU3ët 
d'autres plus récents, auxquels notre pièce 
ne saurait s'attribuer. 

Voy. \es Annales Bénédictines de Mablllon; 
le GalHa chrisiiana, et Ducange. 

CORDON, ferme de monnaie. C'est ce 
qu'on nomme aussi filet, c'est-à-dire relief 
qui règne sur la circonférence des pièces de 
monnaie. 

CORNETS D*BSSAiB d'oh, petits morceaux 
d'or appelés ensuite boutons, que l'on étend 
plus minces que faire se peut en les tour- 
nant sur UB arbre de fer en forme de cornet, 
pour ensuite en faire l'essai par le moyen 
du leu et de l'eau forte. 

COUPANT, pièce d'or ou d'argent du Ja- 
pon d'une forme ovale, servant en même 
temps de poids. Le coupant d'or pèse une 
oDce six grains un denier ; celui d'at^ent 
deux onces. Il y a des demi-coupants des 
tiers etdes quarts. 

COUPELLE, sorte de vaisseau dont on 
se sert pour purifier l'or et l'argent des dif- 
férents métaux avec lesquels ils peuvent être 
alliés. On entend encore par ce mot l'essai 
que l'on fait de l'or et de l'argent pour en 
connaître le véritable titre, en les séparant 
de tout autre métal ou alliage. 

Coupelle d'essai, est une espèce de vais« 
seau peu profond, composé de cendres de 
sarment et d'os de pied de mouton cal- 
cinés et bien lessivés , pour en séparer les 
sels aut feraient pétiller la matière de l'es-, 
sai. Quelques-uns les composent de crâne 
de veau, de cornichons de bœuf, qui est le 
dedans de la corne du bœuf; d autres de 
toutes sortes d'os calcinés. Au fond de la 
coupelle est un petit creux que l'on imbibe 
d'une sorte de liqueur qui est une espèce 
de vernis blanc compose Ue cornes de cerf, 
ou de mâchoires de brochet, calcinées et 
délayées dans do l'eau. Ce vernis se met 
afin que l'or ou l'argent dont on fait l'essai 
y soit plus proprement, et que ee qu'on ap- 



(l)yoyex en outre la page 50 de ce !«' vol. de Duby, 
et ci-après Tartiele Frai«cb, ii« 81. • 



(I) aoliy, planebe XV. 



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CON 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



CON 



M6 



Ï^elie bouton d'essai s'en détache plus faci- 
ement. (A.) 

Coupelle d'affinage. C'est une espèce de 
grand vaisseau de grès en forme de terrine, 
au-dedans duquel on fait comme un enduit 
de cendres bien lessivées , dessalées, se- 
chées, battues et tamisées. C'est dans cette 
sorte de coupelle qu'on fait ce qu'on appelle 
les affinages au plomb. On leur donne aussi 
le nom de casses et de cendrées : celui 
de casse est le plus en usage dans les mon- 
naies. (A.) 

Coupelle sèche, est une coupelle feûte 
de terre de creuset, qu'on appelle sè- 
che, parce qu'elle ne s'imbibe pas à cause 
de la matière dont elle est composée ; les 
affineurs s'en servent pour adoucir, avec le 
salpêtre et le borai, l'or qu'ils ont affiné 
avec l'antimoine. (A.) 

Coupelle {Or^ argent de). On appelle or 
de coupelle^ et plus communément or d'essai^ 
l'or très-un, et qui approche davantage de 
vingt-quatre carats, qui est le plus haut 
titre de l'or. L'argent de coupelle est l'ar- 
gent k onze deniers vingt-trois grains. (A). 

COUPELLER, faire l'essai de l'or et de 
l'argent, les mettre à la coupelle pour en 
connaître le véritable titre. Quoiqu'on puisse 
éprouver ces métaux autrement au'en les 
coupellant, et que la pierre de touche, aussi 
bien que la coupe du burin, serve aux 
monnayeurs et aux orfèvres à en connaître 
la bonté jusqu'à un certain point, il est ce- 
pendant certain qu'à moins de les coupeller, 
il est difficile, même impossible, de juger 
parfaitement de leur titre. (A.) 

COUPER CARREAUX, c'est couper et par- 
tager en plusieurs morceaux carrés, à peu 
[»rès du diamètre des pièces à fabriquer, les 
âmes d'or, d'arçent et de cuivre, après 
qu'elles ont été réduites à l'épaisseur con- 
venable. 

Couper l'oa, en termes de batteurs d'or, 
c'est partager une feuille en quatre. Cha- 
cun des morceaux devant ensuite être battu 
et amené à la première grandeur de la feuille 
avant qu'elle ne fût séi)arée. 

COUPOIR en monnaies, c'est proprement 
cet instrument de fer bien acéré, fait en 
forme d'emporte-pièce, qui sert à couper les 
lames d'or, d'argent et de cuivre en flaons ; 
c'est-à-dire, en morceaux de la grandeur et 
de la rondeur des espèces , médailles ou je- 
tons à fabriquer. On appelle néanmoms 
coupoir toute la machine où est enfermé 
cet emporte-pièce, et qui sert à le presser 
sur les lames. Cette machine est composée 
du coupoir même, d'un arbre de fer dont le 
haut est à vis, et au bas duquel est attaché 
le coupoir ; d'une manivelle pour faire tour- 
ner l'arbre; d'un écrou, où s'engrène la 
partie de l'arbre qui est à vis ; de deux pla- 
tines à travers desquelles l'arbre passe per- 
pendiculairement, et du dessous du cou- 
poir, qui est une troisième platine taillée 
en creux par le milieu du diamètre du flaon 
qu'on veut couper. C'est sur cette pièce 
qu'on met les lames, aiin que lorsqu'on fait 
bnisser l'arbre par le moyen delà manivelle, 



le coupoir les coupe à l'endroit qu'elles 
portent à faux. 

Nous observerons, l' qu'il doit y avoir au- 
tant de coupoirs qu'il y a de pièces ou de mé- 
dailles de différent diamètre à cou|>er; 
2^ aue les médailles d'un volume considé • 
rable, ou dont les empreintes doivent avoir 
un grand relief, ne se taillent 'pas au cou- 
poir, mais se fondent et se coulent ensable, 
comme onl€ dit ailleurs. (A.) 

COUR DES MONNAIES. La cour des mon- 
naies est la cour souveraine qui connaît en 
dernier ressort et souverainement du fait et 
de la fabrication des monnaies , comme 
aussi de l'emploi des matières d'or et d'ar- 
gent, et de tout ce qui y a rapport tant au ci- 
vil qu'au criminel, ainsi que de tous les dé- 
lits qui se commettent par ceux qui em- 
ploient ces matières, soit en première ins- 
tance, soit par appel des premiers juges de 
leur ressort. 

Chez les Romains, le nom et la qualité des 
officiers qui devaient veiller sur l'ouvrage 
des monnaies nous sont inconnus : il est 
vraisemblable que ce soin fut confié aux tré- 
soriers appelés quœstoreSf qui avaient en dé- 
pôt le trésor public, nommé œrarium de ce 
que la monnaie n'était alors que de cuivre. Ce 

aui donne lieu de le croire, c'est que ces of- 
ciers, appelés quœstoresj conservèrent tou- 
jours le droit de faire fabriç[uer de la mon- 
naie, et le privilège de faire graver leurs 
noms et leurs qualités sur les espèces, quoi- 
qu'il y eût d'autres officiers pour la fabrica- 
tion. Cent ans après le siège de Rome, en- 
viron l'an M3 de sa fondation, en même 
temps que l'on créa les triumvirs capitaux 
pour avoir la garde des prisons, et faire exé- 
cuter ceux qui étaient condamnés à des 
peines afflictives, on créa des magistrats 
pour veiller sur la fabrication dos mon- 
naies (1). Ces officiers Jurent nommés, 
à cause de leur nombre et de leurs fonc- 
tions, triumviri monetaleis^ iBre^ fiandOy fe- 
riundo^ qu'ils expriuiaient en cette sorte : 
IllVlRI M. F. F. 

Les Romains commencèrent à fiiire fabri- 
quer de la monnaie d'argent environ l'an 
kSk; alors les triumvirs monétaires iijou- 
tèrent à leurs qualités le mot argenio , eo 
cette forme , IIlVlRI. JE. A. F. F. , et si 
quelque autre officier avait fait faire la fa- 
brication, il faisait cgouter à sa qualité, cur^ 
den. fab. curavit denarium fadendum. Les 
Romains ayant aussi commencé à faire fabri- 
quer de la monnaie d'or l'an 5M, les triumvirs 
monétaires joutèrent à leurs qualités le mot 
auro, et les exprimaient par ces lettres: 
lIIVlRl M. A. A. F. F. lUumvirieere, ar- 
gentOj auro^ flando , feriundo. Ces officiers 
étaient fort considérés. Ils faisaient partie 
des centumvirSf et étaient tirés du corps des 
chevaliers : il semble, par les inscriptioos 
qui nous restent, que cet office de triumvir 
monétaire était un degré nécessaire pour 
passer aux plus hautes dignités de la ré- 
publique. Gruter et autres rapportent |>lu- 

(1) Pompoiyusylcg. % de Orig* Jum* 



297 



COU 



DIGTIONNAIIIE DE NUMISMATIQUE. 



COU 



M8 



sieurs inscriptions gravées sous Tempire 
des premiers Césars , sous celui de Com- 
mode et eu son honneur par les ouvriers 
et monnayeurs : ces inscri|)tions contien- 
nent leur nom et leur emploi. Les lieux où 
Ton fabriquait les monnaies d'or» d*argent et 
de cuivre étaient séparés : on le juge ainsi 

!>ar.les oflSciers différents qu'avait cbague 
àbrique. Tous ces officiers et ouvriers 
étaient compris sous le nom de o/JicivuUores 
monetœ : ils étaient soumis à la juridiction 
des triumvirs monétaires : chaque mon- 
naie avait les siens, c'est ce que prouve 
Tinscription qui commence en ces termes : 
iiiviE. MONET. TRivBRicjs. Il cst k présumer 
que les officiers établis à Rome pour la fa- 
brication de la monnaie qui se faisait en 
cette ville, avaient juridiction sur les officiers 
des autres monnaies, comme depuis la cour 
des monnaies sur les généraux, provinciaux 
et les juges-gardes des monnaies qui lui 
sont subordonnées. Ces officiers, nommés 
iriumvirif subsistaient encore sous Garacalla, 
Van 212 de Jésus-Chriêt : Quelques inscrip- 
tions dénotent que cet emploi était joint as- 
sez souvent avec les charges les plus consi- 
dérables de l'Etat. 

La ville de Constantinople ayant été bâtie 
sur les ruines de Byzance, et dédiée le 11 
mai 331 de Jésus-Christ, Constantin y trans- 
féra le siège de l'empire : il le divisa en 
deux parties, changea Tordre des gouverne- 
ments, créa de nouvelles dignités , entre 
autres celle de cornes sacrarum /ar^tïtonum, 
qui était comme l'intendant des finances 
auquel on attribua aussi l'intendance des 
monnaies, après avoir supprimé les tHum- 
virs monétaires. Sous la juridiction de cet 




naies, dont la fonction répondait à celle de 
nos juges-gardes : ils étaient au nombre de 
six dans l'empire d'Occident, savoir : à 
Rome, Aquilée, Trêves, Lyon, Arles, et 
Scisciaf aujourd'hui Sciceik. On voit par 
la loi 9, au code Suseeptoff que ce même 
cornes sacrarum largUionumj en qualité d'in- 
tendant de la monnaie, était le dépositaire 
des poids à peser Tor et Targent, et que 
c'était par son ordre qu'on envoyait dans les 
provinces des poids étalonnés sur l'original. 
Vou. les HÊontuiies des Romains. 

Première race. — Pour faire observer les 
règlements de la fabrication et obliger les 
ouvriers à travailler dans l'ordre, il y avait 
dans chaque monnaie un officier nommé 
monetarius^ dont la fonction répondait à 
celle des juges-gardes et des maîtres ou 
directeurs des monnaies : elle avait aussi 
quelque rapport avec celle des officiers que 
les Romains du Bas-Empire nommaient |>ro- 
curatores et magistros monetarium : ces of- 
(iciers étaient sous la direction des comtes 
des villes ; l'un et l'autre faisaient mettre 
leur nom sur la monnaie , avec cette diffé- 
rence, que le monétaire y mettait toujours 
sa qualité, et le comte son nom seulement. 
Il y avait encore un officier général qui avait 

DiGTio?!.'^. DE Numismatique. 



juridiction sur tous les bas officiers : il était 
commensal de la maison du roi, et le dépo- 
sitaire des poids originaux • conservés dans 
le palais : il tenait en quelque façon, à cet 
épard, la place du cornes sacrarum largi-^ 
iionum des Romains. Environ Tan 621, il y 
avait une monnaie royale à Limoges qui 
était gouvernée par Abbon, orfèvre très-ha- 
bile. On prétend que c'est chez cet Abbon 
oue saint Eloi fut mis en apprentissage. 
Tradidiê eumad imbuendum honorabili viro, 
Abboni vocabulo^ fabroaurifici probatissimo^ 
qui eo tempore in urbe Lemovictna (Limoges) 

«ublieam fiseatis monetœ officinam gereoat. 
bus observons que ce texte ne lui donne 
point la qualité de monétaire, d'où nous 
inférons que cette Qualité était quelquefois 
indifférente de celle de maître de mon- 
naie. On trouve sur quelques monnaies du 
roi Dagobert , pour nom du monétaire , 
Eligius : on croit que c'est ce même saint 
Eloi qui avait réuni les deux emplois do 
maître de monnaie et de monétaire à celui 
d'orfèvre, à l'exemple d'Abbon, chez lequel 
il avait été apprenti : il était alors garde ou 
intendant de la monnaie royale de Limo- 
ges, et logeait dans le palais du roi Dago- 
bert. Surius, en la Vie de ce saint, remarque 
3u'il fut en même temps garde des trésors 
u roi ; ce qui fait juger que les Français 
suivaient encore la police des Romains 

f)our les monnaies, et que celui qui avait 
a direction des finances, avait aussi celle 
des monnaies. Vers la fin de la première 
race, les capitales des provinces et les villes 
les plus considérables avaient des monnaies 

3ui étaient sous la direction des ducs ou 
es comtes des villes. Il y avait aussi une 
monnaie dans le palais où le roi faisait sa 
principale résidence ; les espèces qui y 
étaient fabriquées avaient pour légende : 
MoNBTA Palatina. Lc mouétaireou intendant 
de cette monnaie était en même temps in- 
tendant de la ville capitale où était situé h 
palais ; c'est ce que l'on voit sur les espèces 
fabriquées sous le règne de Dagobert : 
quelques-unes ont pour légende : Môneta 
Palatina, et pour nom du monétaire EtiGius; 
d'autres ont pour légende Pamsinacivitate, 
et pour nom du monétaire le même Eligius. 
Cette monnaie suivait le roi dans tous ses 
voyages : lorsqu'il résidait en quelque 
lieu où l'on avait la commodité de fabri- 
quer les espèces, elles n'avaient plus pour 
légende, Moneta PalcUina^ mais le nom du 
palais ou de la maison que le roi habitait 
alors; et comme ces palais ou maisons 
royales étaient des demeures ordinaires, les 
monnayeurs portaient avec eux des coins 
tout préparés auxquels il ne fallait ajouter 
que la légende : la tête et le revers y étaient 
déjà gravés. Les officiers de cette monnaie 
étaient réputés commensaux de la maison 
royale, et la cour des monnaies a conservé 
ce privilège. 

Seconde race. — On trouve encore des mo- 
nétaires sous la seconde race ; mais on ob- 
serva une nouvelle police pour la fabrica- 
tion des monnaies: les monétaires ne mirent 

10 



cou 



DfCnONNAlBE M KUMISMATIQUE. 



GOC 



^00 



Cas leur nom sur les espèces, et sa lieu de 
tAte du roi, on j mit presque toujours le 
mooogramioe de sbo nom. Ce monogramme 
était la marque dont nos rois signaient leurs 
lettres patentes et autres actes ; c'est-i-dire, 
une espèce du ebiffrequ'ils faisaient mettre à 
la fin de ces actes , et qui était composé 
de tontes les lettres de leur nom entrela- 
cées. Il est parlé des monétaires dans Tédit 
de Piste, du mois de juillet 8M, donné pour 
le rè^ement des monnaies : cet édit porte 
que dans le premier jour de Juillet tous les 
comtes dans le ressort desquels les mon- 
naies se fibriqneronty eiiTerroat leur vi- 
comte à Senlis arec leur monétaire et deux 
hommes solrabies qui aient des biens dans 
leur ressort, pour recevoir chacun cinq li- 
vres d'argent, etc. 

Troiiiime race. — On ne trouve aucune 
mention des monétaires sous les rois de la 
troisième race, mais seulement des généraux- 
maîtres des monnaies, qui vraisemblable- 
ment prirent la place des monétaires ; Ton 
imore Je temps de la création et de réta- 
blissement de ces offiders. Constant rap- 
porte les termes d'une ordonnanci; de Phi- 
lippe-Auguste, de Tan 1211, où il est parlé 
de ces généraux-maîtres des monnaies. 
Nous lisons dans un manuscrit oui com- 
mence Tan 1180 , et finit en 154o , qu'en 
1216 les habitants de Toulouse, ayant été 
soumis par Simon de Beaufort, leur comte, 
ils furent obligés de lui donner trois mille 
marcs d'argent pour son indemnité; ce 
comte voulant les faire fabriquer en mon- 
naies usuelles, il prit du même roi Philippe- 
Auguste, et de ses généraux-maîtres des 
monnaies de France, un état par écrit des 
ordonnances sur le fait des monnaies, et 
jura solennellement de les suivre en tout 
point. Il est encore fait mention, dans ce 
manuscrit, d'un règlement du môme roi 
Philippe-Auçuste, de Tan 1225, qui porte 
(jue les ou vners des monnaies seront tenus 
jurer es mains des j)f^n^auâP-mattre«de«mon- 
naiu^ etc. Quoique Constant rapporte dans 
les preuves de son Traité des monnaies 
plusieurs mandements de nos rois, et au- 
tres actes dans lesquels il est fait mention 
des généraux-mattres des monnaies, on ne 
trouve que deux règlements qui en marquent 

f)récisémeot le nombre, savoir : le règlement 
ait en 1315 par trois généraux-mattres des 
monnaies pour le poids, Taloi et le coin des 
monnaies des prélats et des barons du 
royaume, etc. Ces généraux y sont nommés. 
Et le règlement de Charles le Bel, du 13 dé- 
cembre 1322, pour la fabrication et le cours 
de ces monnaies dont l'adresse est à quatre 
générattXrmaltres des monnaies, oui y sont 
aussi dénommés. Suivant ce règlement de 
1815, il n'y avait dans ces premiers temps 
que trois g;énéraux-maitres des monnaies, 
et en 1322 il y en avait uuatre. Il paraît par 
des lettres clauses de Philippe de Valois, du 
8 février 1328, qu'il n'y avait de même avant 
ce temps que trois maîtres des comptes : on 
lit dans ces lettres que le roi mande au 
chancelier « de faire faire dorénavant une 



bourse pour diacan de ses cinq dercs mai> 
très de la chambre Aeh comptes, combieo 
qu'au temps passé, elles n'eussent été biles 

2 ne pour trois qui étaient d'andeaneté. i 
es lettres sont énoncées au registre $ de |j 
chambre des comptes, UA. 155. Ces géoé- 
ranx-mattres des monnaies qui ai| coauneo- 
cemeni étaient ambulatoires, ainsi gue les 
maîtres des comptes et les trésoriers de 
France, furent rendus sédentaires, pour ré- 
sider et tenir leurs séances ensemble dao$ 
l'ancien bureau de la chambre à^ comptes 
à Paris. Ces généraux, ainsi que les maîtres 
des comptes et le-s trésoriers des finances. 
étaient, comme nous «'avons dit ci-dessus, 
an nombre de trois, à l'imitation des trois 
officiers qui furent andennement institués i 
Rome pour présider à la fabrication des 
monnaies, et empêcher leur falsification et 
leur altération. Ces officiers étaient appelés 
triumviri mensarii seu monetarii^ qui auro^ 
argenio^ œre flando^ feriundo prœweAt: cwn 
esset de 'Origine iuriêf eratque horumnwnus 
numismaia prooi auri et argenti , justiqw 

Sonderis exontînar^ , ut ju$U militibut diiiri- 
uerentur. Ces trois compagnies, qui eoin- 
posaient anciennement une seule chambre, 
connaissaient, coqjointement et séparément, 
suivant l'exigence des cas, du maoiemeût 
et distribution des finances, des revenus da 
domaine qu'on appelait trésor, d'où soDt 
sortis les trésoriers généraux de France; 
enfin des monnaies d'où a été tirée la cham- 
bre des généraux des monnaies : ce qui se 
justifie par diverses commisspns et mande- 
ments, dont l'adresse leur était faite en 
commun par les rois. Quoique ces trois 
compagnies travaillassent conjointement en 
certaine nature d'affaires mixtes, cepeudanti 
de toute ancienneté et dès leur première 
institution, les généraux-maîtres des mon- 
naies ont eu la juridiction privative et sou- 
veraine du fait des monnaies et de leur fa- 
brication, bail à ferme et réception de cau- 
tion sur les maîtres, officiers, ouvriers, 
monnayeurs, soit pour leurs poids, aloi» re- 
mèdes, pour le cours et prix, tant des mon- 
naies de France que des étrangèj:6^; comme 
aussi pour régler le prix du m^rc d'or et 
d'argent, faire observer les édills et règle- 
ments sur le fait des monnaies par les maî- 
tres et officiers d'icelles, changeurs, orfè- 
vres-joailliers, affineurs, départeurs, or- 
batteurs, tireurs et écacheurs d'or et d'ar- 
gent, lapidaires, merciers, fondeurs, alchi- 
mistes, officiers des mines, graveurs, do- 
reurs, horlogers, et généralement par toute 
sorte de personnes travailla|it ou trafiquant 
les matières d'or et d'argent dans tout© l'é- 
tendue du royaume. 

Ces généraux-maîtres des monnaies, et 
les trésoriers des finances, unis et incorpo- 
rés, comme il est dit ci-dessus, aux maitres 
des comptes, avaient leur chambre séparée 
de celle des pialtres des comptes pour dé- 
libérer des a()faire3 de leur compétence : ils 
s'assemblaient avec les maîtres des comptes 
quand les affaires le requéraient. Ces olB- 
ciers demeurèrent ainsi unis et incorporés 



301 



GOU 



MCTIONNAmE IHS NUMISMATIQUE. 



COU 



50S 



jusqu'à rétablissement de la chambre des 
monnaies en laquelle les généraux des 
monnaies devaient connaître seuls privati- 
vement à tous autres juges du fait et police 
des monnaies. 

Erution de la chambre des motmaies. 
La séparation des généraux-maitres des 
monnaies d'avec les maîtres des comptes et 
les trésoriers des flnances, et leur érection 
en chambre, fut faite en Tan ISBS, pendant 
la prison du roi Jean, par Charles son fils 
aîné, qui était régent du royaume. Ce prince 
augmenta et donna des règlements aux gé- 
néraux et autres officiers des monnaies, et 
les sépara du corps de la chambre des comp- 
tes, pour en faire une compaknie particu- 
lière, qui porta le nom de chambre des mon- 
naies. Cette chambre fut alors établie au- 
dessus de la chambre des comptes, où elle 
continua de rendre la justice, même depuis 
son érection en cour souveraine, jusqu'au 
mois de septeaibre 1686, temps où elle fut 
ir«'^nsférée par lettres patentes du 7 septem- 
bre (le la même année, au grand pavillon 
neuf du palais qu'elle occupe aujourd'hui. 
Cette translation n'eut lieu que dans le mois 
d^octobre suivant, et le 16 dudit mois elle y 
tint pour la première fois sa séance. Nous 
jugeons que cette érection se fit en 1358, de 
ce que les lettres clauses des généraux- 
Diattres envoyées aux officiers des mon- 
naies, en conséquence du mandement de 
Charles, dauphin de France, régent du 
royaume, en date du 7 mai de la même an- 
née 1358, sont datées simplement en ces 
term^ r tcrit 4 Paris le neuf mai 1358, qui 
était le style ordinaire avant cette érection; 
et les lettres clauses des mêmes généraux- 
roaitres, en conséquence du mandement du 
5 août de la même année, sont datées en ces 
termes : Ecrit à Paris en la chambre des mon- 
naie$ le huit août 1358 : ce qui a toujours 
été le style des lettres qu'ils ont envoyées 
depuis, en conséquence des mandements de 
nos rois (1). Avant cet établissement, ces 
généraux-maîtres des monnaies, qui, comme 
on l'a dit ci-dessus, n'étaient originairement 
que trois, se trouvèrent par la ifUite au nom- 
bre de quatre, ainsi Qu'il appert par la vé- 
rification que firent Âma>dry de ôrey, Jac- 
ques Fermant 9 Josse Simon et Edouard Char 
aelin, généraux-maîtres des monnaies, des 
lettres que Philippe de Valois donna au 
bois de Vincennes le ^ janvier 1346, por- 
tant augmentation de dix sous par marc 
d'argent. A ces quatre généraux-maîtres des 
monnaies pn fut ajouté un cinquième, par 
ordonnance du seigneur régent, donné au 
Louvre lezTParis le 28 novembre 1358. Par 
autre ordonnance donnée à Paris en date du 
27 janvier 1359, les généraux furent aug- 
mentés de trois, ce qui fit alors huit géné- 
raux-maîtres des monnaies : cette ordon- 
nance portait : ^ ^ l'pffice 4&s monnayages 
seront de présent et doréMf ant huit gêné- 
raux-maltr0$ dçs monnaies tant $eulement ; 
itemf un clerc pour tout l'office des mon- 

(1) fioisard, 341. 



naies. » Ce clerc faisait les fonctions de 
greffier, et prenait le titre de clêrc des mon- 
naies dès 1296. C'est à ce temps que l'on 
peut rapporter l'origine de greffier en la 
cour des monnaies. De ces huit géûéraui, 
maîtres des monnaies, six étaient destinés 
pour la langue d'Ot/, et deux pour la langue 
d'Oc : ceux de la langue d'Oit résidaient à 
Paris ; ceux de la langue d'Oc rendaient la 

Iustice dans les provinces de Guyenne, 
^anguedoc, Provence, et tout ce qui est au 
delè de la rivière de Loire, en qualité de 
commissaires : ces généraux avaient la qua- 
lité de généraux-maîtres des monnaies du 
royaume de France, analité qui prouvait 
l'étendue et la généralité de leur juridiction 
privative sur le iait des monnaies! 

Quelque temps après, le roi lean, par 
ordonnance donnée à Paris le 27 septem- 
bre 1361 , approuva l'augmentation faite par 
le dauphin régent, des trois généraux- maî- 
tres des monnaies, et régla les fonctions et 
l'exercice des charges des six qui réaidaient 
k Paris. Dans la suite, Charles VI, jpar 
ordonnance du 7 janvier 1400, suppnma 
deux des six généraux résidant à Paris, 
sans faire aucune mention des deux com- 
missaires du Languedoc , qui tacitement 
étaient confirmés dans leur exercice, n'en 
étant aucunement parlé dans cette ordon- 
nance (1). Ce même nombre de quatre géné- 
raux-maîtres de$ monnaies (2) fut encore con- 
firmé en 1M3, dans l'assemblée convoquée 
Ear le roi, pour entendre et pourvoir au 
ien public du royaume. Ht qtMtuor soli et in 
solidum ordinati et stabiliti générales magis- 
tri monetarum régis ad vadia ordinaria et 
antigua duniaxat, amotis abinde quibtislibet 
et aliis ultra supradictum de quatuor, non- 
obstantibus oppositionibus et appetlationi^ 
bus , per littems régis datas vi&esima sexta 
Juin, sic signatum; par le roi, a la relation 
du conseil, étant en la chambre des géné- 
raux-conseillers et commissaires., etc. Qtio- 
rum litterarum virtute prœfati ^tatuer re- 
cepti fueruntj ac solitum prœstiterunt in ca-- 
mera compotonum juramentum, die secttnda 
Augustif annojquo supra; d'où l'on voit que 
ces quatre généraux furent choisis dans le 
nombre ancien, et confirmés dans leurs 
charges nonobstant les op{k)sitions de leurs 
confrères. 

Le désordre des guerres civiles et l'in- 
vasion faite par les Anglais de la plupart 
des villes de France, et notamment dd la 
ville de Paris, où la chambre des monnaies 
avait été établie,, avaient fait abandonner à 
la plupart des généraux des monnaies leur 
demeure : ils transférèrent cette chambre 
dans la ville de Bourges le 27 avril 1418 ; 
ils y travaillèrent et jugèrent les boîtes de 
monnaies c[ue le roi Charles VII, alors dau- 
phin, faisait fabriquer dans les villes qu il 
avait soumises à son obéissance, comme 
légitime successeur de France, jusqu'au 



(1) Invent, du Trésor des Chartes. 
Mémor. de la cba 
marquée H, fol. 9. 



(â) Mémor. de la chambre des (-(Mirples, année 
1412, '^ 



cou 



MGTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



COU 



304 



9 aoAt 1M6 (1). Ils ne furent rétablis à 
Paris qa'en ltô7, lorsque le roi d'Angle- 
terre et les ducs de Betfort et de Gloces- 
ter, régents alors en France pour le jeune 
roi Henri d'Angleterre, en furent chassés, 
et la ville de Paris délivrée de leur usurpa- 
tion. Alors le roi Charles VU, par lettres 
Eatentes données à Issoudun le 6 novem- 
re Ikd^, ordonna que la chambre des 
monnaies, transférée à Bourges depuis Tan 
1^18, serait rétablie en son ancien bureau 
du palais à Paris : ce qui fut ensuite exécuté 
par les connétable et chancelier de France. 
Pendant l'tfbsence de ces généraux , qui 
composaient la chambre des monnaies à 
Bourges, il n'en était resté que deux dans 
Paris pour régler et gouverner les mon- 
naies que le roi Charles VI et Henri d'An- 
fleterrOf usurpateur de la couronne de 
rance, faisaient fabriquer» tant dans la ville 
de Paris que dans les autres villes qui leur 
étaient soumises. Charles VI, informé que 
ces deux généraux ne suffisaient pas pour 
régler ses monnaies, commit par lettres pa- 
tentes données à Paris le 23 aécembre 1^19, 
Guillaume Forêt, «pour vaguer, entendre, 
conseiller et besogner audit fait, conjoin- 
tement avec les sires lean le Maréchal et 
Louis Culdre » qui étaient les seuls officiers 
restés en la chambre & Paris. Dans la suite, 
le roi Charles VU ayant reconnu le dom- 
mage que pouvait apporter au fait de ses 
monnaies la multiplicité d'ofQciers qui com- 
posaient alors le corps de la chambre des 
monnaies rétablie àParis, et qui était remplie 
tant par les anciens officiers dont avait été 
composée la chambre transférée à Bourges, 
que des généraux restés à Paris, et autres . 
auxquels avaient été donnés pareils offices 
de généraux-maîtres des monnaies de la lan- 
gue d'Oil et de la langue d'Oc, en limita et 
régla le nombre par lettres patentes en forme 
d'édit données à Poitiers le 39 janvier l^<h3, 
par lesquelles il déclare , veut et entend , 
ce qu'à l'avenir il n'rait pour tout que sept 
généraux-maîtres de ses monnaies, b Ces 

f;énéraux sont nommés et déclarés par les 
ettres patentes, savoir : Gilles de Victry, 
Bavent le Danois, Jean Gentian, Jean Cler- 
bourg, Pierre de Landes, Germain Braque, 
Gaucher de Vivien ; à la charge toutefois 
qu'après le décès dudit Gaucher Vivien, son 
office et lieu soient non impé trahi es ; les- 

Suels sept généraux SaMajesté veut et entend 
tre et oemeurer seuls généraux-maîtres de 
ses monnaies, pour jouir à l'avenir par eux 
seulement des gages anciens, franchises et li- 
bertés, droits et profits attribués à ces offi- 
ces et autres contenus en ces lettres, qui 
furent lues et publiées en la chambre des 
comptes à Pans, le 16 avril 1W3, après Pâ- 
ques. 

Le nombre des sept • généraux des mon- 
naies fut continué jusqu'en l'année li^, 
que le même roi Charles VU les réduisit au 
nombre de quatre, par ordonnance du 18 

(1) Fol. 86, 87. Registre eotre deux ais de la 



septembre 1^55 ; cet ancien nombre de qua- 
tre fut confirmé par Louis XI, par lettres 
patentes données à Vannes le SQ juillet 1461. 
Par autres lettres patentes données à Tab- 
baye de Notre-Dame de la Victoire-lez-Sen- 
lis, le â novembre 1475, le roi confirma le 
nombre ancien de quatre généraux maîtres 
des monnaies, qui sont nommés dans les 
lettres, savoir : Nicolas Potier, Germain de 
Marie, Denis le Breton, Simon Âniorran. A 
ces quatre généraux furent attribuées six 
cents livres par an pour, gages et chevau- 
chées, à prendre sur les dfeniers des finan- 
ces du roi , ainsi que les généraux des fi- 
nances qui étaient payés en ce temps par 
la môme assignation de leurs gages et che- 
vauchées. 

Charles VIII, k son avènement à la cou- 
ronne en 1483, augmenta le nombre des gé- 
néraux-maîtres des monnaies , et ajouta 
Jean de Cambray et Jean de Glerbourg pour 
composer le nombre de six ; et par lettres 
patentes données aux Mantil-lez-Tours le 
2k février 1483, Sa Megesté ordonna que, 
tant en sadite chambre des monnaies qu ail- 
leurs par tout son royaume , il n'y aurait 
à l'avenir que six généraux-maîtres de ses 
monnaies, auquel nombre de six Sa Majesté 
les aurait fixés, et ordonné qu'il ne pour- 
rait être excédé. Ces six généraux sont nom- 
més dans les lettres, savoir : Germain de 
Marie, Nicolas Potier, Arnoul Ruze, Denjs 
Anjorrant, Jean de Cambray, Jean de Gler- 
bourg ; ainsi Denis le Breton et Simon An- 
jorrant furent supprimés. 

Ils furent fixés a ce nombre de six par au- 
tres lettres en forme d'édit données au 
bois de Vincennes par le même Charles VIII 
en juin ikSk. Ce nombre de six généraux 
était d'autant plus nécessaire gu'en ce temps 
il y en avait toujours deux qui suivaient la 
cour alternativement par commission pendant 
six mois, pour, conformément &Ieur première 
institution , qui était d'être commensaux de 
la maison du roi , lorsqu'anciennement les 
monnaies se fabriquaient dans le palais et à 
la suite des rois, les conseiller et les avertir 
de ce qui était nécessaire d'ordonner, tant 

Sour le gouvernement et la police générale 
es monnaies gue pour l'exposition, appré- 
ciation ou décri des monnaies étrangères. Ces 
deux généraux étaient encore à la suite de 
la cour en 14^73, et prenaient leurs gages et 
pensions sur le changeur du trésor : ils 
avaient en outre de très-beaux privilèges et 
immunités qui leur étaient accordés en cette 
qualité de commensaux. X)n les trouve réu- 
nis dansun mémorial de Charles le Cocq, oui 
le premier fut président de la chambre des 
monnaies ; cette charge fut créée par édit 
du mois de mars 1522, par François !'% qui 
l'honora de cette charge , comme il est dit 
ci-après. 

Le nombre des six généraux-roattres des 
monnaies fut bientôt après augmenté de 
doux par lettres patentes de Charles Vlll, 
données à Rome le 13 janvier lfc9t>, par les- 

auelles Sa Majesté ordonna que le jugemeia 
es ouvrasses faits dans les monnaies de 



305 



CRE 



DICTIONNAIRE VR NUMISMATIQUE. 



CRO 



506 



Daupliiné, Bourgogne, Provence et Bretaf^ne, 
serait fait en sa chambre des monnaies à 
Paris, par les notables personnages en ce 
expérimentés et connus, dont la cfaambre 
des monnaies était composée en ce temps. 

La cour des monnaies ae Paris a été pendant 
longtemps seule dans le royaume ; en lS9b, 
Henri IV en créa trois autres, une à Lyon, 
une à Toulouse, et la troisième à Poitiers, 
lesquelles furent aussitôt supprimées. En 
1645, Louis XIV, par édit du mois de mars, 
créa deux autres cours des monnaies, une à 
Lyon et Tautre à Liboume. L'établissement 
de ces deux cours fut estimé tellement pré- 
judiciable au bien de l'Etat, qu'il fut révoqué 
et supprimé le même mois de mars de la 
mi>roe année. (A.) 

CRAZIA, petite monnaie du grand duché 
de Toscane. 

CRÉNELAGE, terme de monnayeur. Don- 
ner le crénelage à une monnaie, c'est faire 
un cordon, ou grènetis sur l'épaisseur d'une 
pièce de monnaie, ou y mettre l'empreinte 
de la légende prescrite par les ordonnances. 
Les pièces peu épaisses, comme les louis 
d*or, les demi*louis, les cinquièmes, dixiè- 
mes et vingtièmes d'écus n'ont pour créne- 
lage qu*un srènetis ; les pièces plus épais- 
ses, comme les écus et demi-écus, ont pour 
crénelage la légende : Domine, scUvum fae 
regem. Cette façon qu'on donne aux mon- 
naies, assez nouvelle en France, vient d'An- 
gleterre, où elle a été inventée pour empê- 
cher l'altération des espèces dans leur con- 
tour. Nous parlons de la manière de donner 
le crénelage et de la machine dont on se sert 
pour le donner dans les hôtels des monnaies, 
au mot Moifif ATAOB au moulin. 

Après la mort de César, Marc-Antoine fit 
fourrer la monnaie d'argent, et mêler du fer 
dans celle de cuivre, soit pour en profiter, 
ou par nécessité. Cette fausseté donna lieu 
à la fabrication des pièces crénelées, et cou- 
pées par les bords, afin de pouvoir plus fa- 
iûlement découvrir s'il y avait sous la su- 
perficie quelque autre métal. On les nom- 
mait serratos nummosj à cause que la créne- 
lurc 'était semblable aux dents d'une scie. 
(A.) 

CRÉNELER la monnaie, c'est lui donner 
le crénelage. Fauchet, premier président en 
la cour des monnaies, proposa, en 158^, de 
créneler les monnaies pour en empêcher la 
rosnure (1), mais on ne le fit pas, parce 
quon reconnut que, pour roçner les es- 
pèces, ou plutôt pour les dimmuer, on se 
servait d'une eau forte qui en pouvait tirer 
cinq grains eii un quart d'heure sans les 
déformer. (A.) 

CREUSET, vaisseau de terre ou de fer, 
dont les monnayeurs, les fondeurs, les chi- 
mistes et plusieurs autres artistes, ouvriers 
ou artisans, se servent pour mettre en fu- 
sion les différents métaux, et les diverses 
matières sur lesquelles ils travaillent. Les 
creusets de terre sont faits de terre glaise et 
de tessons de pots de grès, piles et tamisés. 

(1) Rcg, Y, fol. 45, 



Il y en a de différentes grandeurs, mais à 
peu près tous de la même forme, qui appro- 
che de celle d'une espèce de pyramide et de 
cône renversé. Les creusets de terre qui ser- 
vent au monnayage et dans lesquels seule- 
ment on peut mettre l'or en fusion, parce 
3u'il s'aigrirait dans ceux de fer, tiennent 
epuis cent jusqu'à quatre cents marcs, 
quoique cependant l'on ne se serve que de 
ceux de cent qu'on n'emplit pas même en- 
tièrement, tant pour la commodité du bras- 
sage que'pour celle du fondeur, auand il est 
obli|^e de les verser dans les moules, comme 
aussi pour éviter la perte de la matière, au 
cas que le creuset vint à se casser. Les creu- 
sets de fer sont faits en manière de petits 
seaux, sans anses, d'un fer bien forsé et bien 
battu : on*y fond l'argent, le billon et le 
cuivre dans les hôtels des .monnaies, et il 
n'y a guère que là où ils soient en usage. Il 
y en a qui contiennent jusqu'à quinze cents 
marcs de métal, et même quelquefois dix- 
sept cents. On ne déplace pas ces sortes de 
creusets de dessous les fourneaux, quand on 
veut déplacer les lames ; mais on y prend le 
métal avec de longues cuillers dont le cuil- 
leron est de fer, d'un demi-pied et plus de 
diamètre, et presque d'autant de profondeur, 
avec un manche de bois de six pieds de long 
du côté par où on le prend. A l'égard des 
creusets dont se servent les orfèvres et les 
fondeurs en sable, ils approchent beaucoup 
des creusets des monnayeurs. Ceux des chi- 
mistes et des autres ouvriers sont de toute 
Srandeur, suivant la quantité et la qualité 
es fontes qu'ils entreprennent. Les doreurs 
sur métal se servent aussi de creuset pour 
amalgamer l'or moulu avec le vif-argent. H 
n'est permis par les ordbnnances qu^ ceux 
qui ont droit d'employer les matières d'or 
et d'argent, d'avoir chez eux des creusets 
propres à fondre et de s'en servir. (A.) 

CROCBffi, ancienne monnaie de billon, 
frappée à Bâle et qui avait cours dans tous 
les cantons de la Suisse. Elle valait deux de- 
niers 1;8 tournois. 

CROHOL, ancienne monnaie de compte 
du canton de Berne, valant 35 bâches. 

CROISADES. «La Â^fURtMiuiltfue dès croisa" 
des^ dit un habile numismatiste, dans une 
notice savante dont nous avons eu l'oc- 
casion de citer plusieurs extraits (1), se 
divise en deux parties bien distinctes : 
Tune comprend l'histoire et la description 
des monnaies frappées en ^Palestine par les 
compagnons de Godefroi de Bouillon et 
leurs successeurs» jusqu'à la perte de la 
terre sainte ; l'autre, l'histoire et la descrip- 
tion des monnaies fra(>pées par les empe- 
reurs latins de Constantinople, les princes 
d'Achaïe et les ducs d'Athènes. 

«( Nous ignorons si Godefroi ou Baudouin, 
son frère, ont jamais battu monnaie à Jéru- 
salem ; cela est possible, probable même, 

(1) M. Duchalais, compte rendu de la Numimatiaue 
des croiiadei de M. de Saulcy, publié dans la Biblio- 
thèque de l'Ecole des Chartes , z« série, t. 11. Voyez 
dans ce Pictiopnairc les jnots Antiocbb, TaifOLi. 



307 



CKO 



DICTIONNAIRE DE NUMISMÂtlQUE. 



(:l\o 



S^iH 



mais aucah monument monétaire n'est en- 
core venu nous en donner la preuve. L'ini- 
tiative de cette mesure gouvernementale pa- 
raît appartenir aux comtes d'Edesse et aux 
princes d'Antioche, 

« Politiques habiles en même temps que 
chevaliers aventureux, les Boëmond et les 
Tancrède n'oublièrent pasqtte la plus grande 
partie de leurs sujets étaient habitues aux 
mœurs orientales ; aussi se transformèrent- 
ifs en despoleà byzantins, et leurs monnaies 
sont-elles des imitations ( imitations libres, 
il est vtai) des pièces circulant dans les pays 
soumîè à leurs armes. La politique pourtant 
ne les avait pas totalement brouillés avec les 
souvenirs de leur ancienne patrie ; de temps 
en temps, on les voit quitter l'alphabet grec 
pour se servir de caractères latins dans les 
légendes de leurs monnaies,* puis revenir à 
l'ancien type usité. Ce n'est qu'à la dernière 
époque de Ifeur domination, après avoir es- 
saya des allumes tout h fait asiatiques, qu'ils 
se décident à revenir aux modes européen- 
nes. Si d'Edesse et d'Antioche nbus nous 
transportons à Chypre, nous voyons Télé- 
ment latin et l'élément grec se disputer l'em* 
pire; et il en résulte un système mixte qui 
tient autant & l'Europe qu'à l'Asie. A Tri- 
poli et à Jérusalem, au contraire^ il n'en est 
Îas ainsi : les descendants des comtes de 
oulouse et les Francs de Godefroi nk)nt 
5arde d'dublier le vieux système monétaire 
e la mère pétrie. A Jérusalem, nous voyons 
circuler lin denier véritablement français, 
français par son type, son style, ses légen- 
des, son aspect. A Tripoli, l'agnel de Saint- 
Gilles et Iles symboles combinés du sdieil et 
de la lune nous rappellent le marquisat de 
Provence. 

« Dans la seconde période, le système est le 
même ; les empereurs de Constantinople se 
font Byzantins; mais les Villehardouin el 
les Brieni)e se souviennent de ces bons pe- 
tits tournois de saint Louié, que le peuplé 
de France réclamait toujours dans ses do^ 
léances ; ils les calquent fidèlement, et ne 
dérogent à cette loi monétaire que pour imi- 
ter Gènes, cette autre dominatrice de l'O- 
rient, qui, de concert avec Venise, devait 
supplanter l'influence française. A Dieu ne 
plaise cependant qu'en Morée, à Athènes et 
en Palestine, nous prétendions nier l'in- 
fluence locale. Parfois le monnayeur s'est 
inspiré des types du pays, et cette heureuse 
inspiration amètie à constater plus d'un fait 
intéressant, vt 

Voy, pour tes développements numisma- 
tiques se rattachant aux croisades, les arti- 
des suivants du présent Dictionnaire : 

Pour le royaume de Jérusalem et ses dé- 
pendances : Antioehe , Arménie, Beyrouth, 
Chypre jEdessé,Hébron, Hôpital, Jérusalem, 
Marach, Monl-Thabôr, Nazareth, Sitint-Jean 
d'Acre^ Saint-Sépulere, Sainte-Marie la La- 
tine, Sidon, Temple, Tibériade, Tripoli, Va- 
lenie. 

tour l'empire Gallo-Orec : Constantino- 
ple, Achaïe ou Morée, où sont réunies les 
d^criptions des monnaies des princes d*A-» 



(haïe, d'Athènes, de Corfou et dlthaqiip, 
avec des développements géographiques 
sur les autres baronnies dépendantes de ta 
principauté d' Achaïe. 

Malgré les savants travaux de M. de Saul- 
cy, la Numismatique des Croisades offre 
encore une foule d obscurités et de difficul- 
tés. Ce que l'on connaît le moins, ce sont 
les séries des seigneurs qui ont successive- 
ment occupé les petites naronnies fondées 
par les croisés en terre sainte et dans les 
pays adjacents, et surtout les monnaies que 
ces seigneurs ont pu frapper. La publication 
de V Histoire des principautés (Voutre-mer^ 
laissée en manuscrit par Ducange, et desti- 
née à l'impression par le ministère de l'ins- 
truction publique, fournira des éléments 
très-précieux pour cette étude. En atten- 
dant, nous devons attacher beaucoup de 
prix à toutes les notions que Ton peut re- 
cueillir sur les personnages qili ont pris 
part aux croisades; car c'est de lebr$ rangs 
que sont sortis les premiers possesseurs des 
seigneuries latines d'Orient et souvent ceux 
qui en sbnt devenus, ap^KS le xi' siècle, hs 
héritiers ou les acquéreurs. Ces motifs nous 
engagent à dtmner ici la notice sur les prin- 
cipaux seigneurs croisés, dressée par M.An- 
dré Borel d'Hauterive, d'après les inscrip- 
tions et armoiries commémoratives placées 
dans les galeries des croisades au musée de 
Versailles. Ce travail a été publié dans YAh- 
nuaire de la noblesse (1), sous le titre de No- 
tice sur les cinq salles des croisades et »ur les 
personnages dont les noms et les armes y figu- 
rent, M. Borel d'Hajaterive, en nous autori- 
sant à le reproduire, a bien voulu le revoir 
exprès pour notre publication, ce qui nous 
donne ainsi, en réalité, une seconde édition 
corrigée et augmentée de celte intéressante 
description. Nous joignons à ces renseigne- 
ments la classification de l'ouvrage de Du- 
cange sur l'Histoire des principautés fran- 
çaises d'outre-mer, dont nous parlions tout à 
l'heure. Cette simple nomenclature renferme 
des indications déjà très-Utiles, et qu'on ^h 
préciera, ndus l'espérons. 

L 

SEIGI^EURS GR'Chsis DONT LES ARMOIRtCS 01! 
LES NOMS FibURENT AU MUSÉE HfSTORIQLE 
t)E VERSAILLES. 

PREMIÈRE PARTIE. 

DBSCR1PTI0N PAR ORDRB DES CALER1BS. 



es 



Le musée de Versailles renfermait d 
galeries de tableaux consacrés à représenter 
les batailles, les sièges, les principaux évé- 
nements de rhisloirede France; à repro- 
duire les portraits dés princes, des grands 
officiers de lâ couronne , dés vaillants capi- 

(1) CeUe publication, dont huit volumes ont di^â 
paru sous w direction de Si. Borel d'Haulerive, 
ne sfe borne pas i donner des renseignements gê- 
nëiloçîqnes sdrles fafrtl Iles, elle renferme soiirenl 
des dissehsitiflit^s tiistoriquefs snr les qttesiions et 
les institutions qui intéressent Phistoire de la no- 
blesse et par conséquent Thisioire générale. 



309 



CRO 



dighommaire db numismatique. 



CRO 



310 



taineSy des magistrats et des prélats illus- 
tres. Les erotsadesy cette épopée la plus che- 
valeresque et la plus dramatique de notre 
histoire, méritaient aussi d'j occuper une 
plaee d'honneur par la gloire dont se cou- 
vrirent les chevaliers français dans les guerres 
saintes y et par les conséquences impor- 
tantes qu'elles eurent sur le commerce, Tin- 
dustrie, les sciences et la civilisation. 

Une grande salle située au rez-de-chaus- 
sée, à côté de la chapelle du château, fut 
donc réservée aux Croisades; une série de 
tableaux devait y représenter les combats et 
les principaux faits d*armes des guerres 
saintes. On voulut en même temps arra- 
cher à l'oubli les héros et les grands per- 
sonnages qui avaient pris part à ces expédi- 
tions glorieuses. Inscrire leurs noms sur des 
tables de marbre, c'était un moyen incom- 
plet de perpétuer leur souvenir, car il faut 
j)arler aux yeux pour agir plus fortement sur 
la mémoire. Donner leurs portraits était 
chose impossible; à peine possède-t-on 
ceux de quelques-uns des princes et des 
che6, et, presque toujours, ce sont bien plus 
des types de convention que la reproduction 
exacte de leurs traits. La seule enose qu'on 
pur joindre d'une manière authentique ou du 
moins presque certaine aux noms des sei- 
gneurs croisés, c'était leur blason ; car les fa- 
milles de race noble ont généralement con- 
servé avec soin, depuis les croisades, les si- 
gnes héraldiques dont leurs ancêtres avaient 
fait choix. Il fut donc décidé qu'on peindrait 
sur des écussons les armoiries des seigneurs 
croisés et que les noms seraient inscrits 
au-dessous. 

Dans l'exécution de ce plan, on limita les 
admissions aux personnages dont les noms 
se trouvaient rapportés soit par des écri- 
vains dignes de foi, soit p?r des titres ori- 
ginaux et des cartulaires anciens. Les chro- 
niqueurs contemporai[iS des guerres saintes, 
Albert d'Aix , Raymond d'Agiles , Robert le 
Moine, Guibert de Nogent, etc., pour la pre- 
mière croisade; Odon de Deuil, pour la se- 
conde; Guillaume de Tyr, pour l'une et 
l'autre ; Geoffroi de Villehardouin , pour là 
quatrième; Joinville, pour la croisade de 
i£W, etc., furent considérés comme des au- 
torités d'autant plus irréfragables qu'ils ne 
racontent que ce qu'ils ont vu ou ce qu'ils 
ent appris de témoins oculaires. On regarda 
aussi comme suffisants les témoignages des 
grands annalistes de nos provinces, tels que 
dom Yaissète, historien du Languedoc; Gui- 
chenon ^ de la Bresse ; dom Morice et dom 
Lobineau , de la Bretagne ; dom CaUnet, de 
la Lorraine; écrivains éclairés et conscien- 
cieux , dont les assertions reposent sur des 
titres authentiques; enhn l'on accrédita de 
même les preuves extraites des travaux de 
généalogistes graves ou officiels , comme 
André Duchesne, le P. Anselme, Chérin, etc. 

On rejeta au contraire, comme compila- 
tions trop récentes, le manuscrit de Bayeux, 
qui donne la liste et le blason des chevaliers 
français partis pour la première croisade; et 
l'Armorialdu P. de Goussencourt, dans lequel 



ce religieux de l'ordre des Célestins, a ras- 
semblé, d'après les chroniqueurs contempo- 
rains et les cartulaires des églises, les noms 
et les armes des principaux croisés. Ces deux 
recueils, composés sans indication précise 
des sources, plusieurs siècles après les guer- 
res saintes, n'offraient pas assez de garantie. 
Cependant, si l'on n'admit point leurs asser- 
tions comme preuves péremptoires de la 
présence d'un seigneur sous la bannière du 
Christ, du moins on les consulta pour le 
blason de ses armes, en leur donnant sur 
ce point la même autorité qu'aux armoriaun 
et aux nobiliaires antiques. 

Les signes héraldiques attribués à Técu 
de chaque seigneur n étaient que d'une im- 
portance accessoire. Cependant il y avait 
des précautions è prendre dans l'intérêt de 
la vérité historique du travail. Les armoiries, 
adoptées à l'occasion des guerres saintes, 
ne commencèrent à prendre un caractère de 
stabilité et d'hérédité que vers la fin du xir 
siècle. Il est même à présumer que jusqu'a- 
lors beaucoup de familles nobles n avaient 
point de blason. « Jusqu'environ l'an 1200, 
dit le P. Anselme en commençant la généa- 
logie de la maison de Joyeuse, les noms 
furent neu fixes et les armes peu en usage, 
particulièrement dans les provinces éloi- 
gnées. » 

On ne pouvait donc appuyer que sur des 
probabilités le choix des armoiries qu'on 
attribuait aux chevaliers pour les temps an- 
térieurs à la troisième croisade, c'est-à-dire 
pendant toute la première moitié de l'épisode 
des guerres de la Palestine. Pour l'autre 
moitié, les modifications ultérieures qu'ont 
subies les armes des familles laissaient en- 
core régner une grande incertitude. Les 
Montmorency, après la bataille de Bouvines, 
ajoutèrent douze alertons aux quatre qu'ils 
portaient dans leurs armes; les Rohan n'eu- 
rent longtemps que sepi macles d'or^ au lieu 
de neuf: ce fut Charles V qui réduisit k trois 
les (leurs de lis dont était semé l'écussoa 
rojral. D'après ces exemples tirés des plus 
puissantes maisons du royaume, il était na- 
turel de conclure que les armes des autres 
familles avaient dû subir aussi des variations 
importantes. C'est en effet ce que sont venus 
souvent contirmer les vieux sceaux et les 
armoriaux antiques, lorsqu'on a pu recourir 
à de pareilles sources. 

Pour remédier le plus possible à cette 
difficulté, il fut réglé en principe qu'on s'ea 
référerait au blason indiqué par le sceau le 
plus ancien ou par le document le plus con- 
temporain de la croisade. En outre, à défaut 
d'éléments antérieurs au xv' siècle pour 
établir et justifier quel était l'écu de tel ou 
tel seigneur des croisades, on eut recours 
aux armoiries portées plus récemment par 
les maisons nobles. 

On s'exposait , par cette méthode, à donner 
è d'anciens chevaliers le blason de familles 
nouvelles qui, après s'être emparées de leur 
nom, leur auraient en retour imposé leurs 
armoiries. On restreignit le droit d admission 
aux familles dont la noblesse, par titres at- 



su 



CRO 



MCTIONNAUœ DE NUMISMATIQUE. 



CRO 



m 



thentiquesy par jugement des intendants de 
province, par arrêt du conseil d'Etat, par les 
preuves de cour ou par la réformation de 
Bretagne de Hâ6, remontait au xiv' siè- 
cle. Cest ce qui a généralement fait croire 
que les preuves pour l'admission dans la 
salle des Croisades étaient les mêmes que 
celles exigées autrefois pour les honneurs 
de la cour. Rien cependant n*est plus erroné, 
car deux points seuls sont à'constater : l^'la 

Erésence du chevalier à la croisade ; ^ le 
lason que , suivant toute présomption , il 
avait dû porter. 

On divisa les écussons en deux séries. 
Ceux de la première furent rangés, comme à 
une place a'honneur, sur les piliers qui par- 
tagent la salle transversalement. On les ré- 
serva pour les noms et armes des princes 
souverains ou des seigneurs puissants et 
d'un grand renom. Cette série renferme 
soixante -quatorze écussons appartenant à 
une cinquantaine de maisons, dont quatre 
ou cinq seulement existent encore. 

L'autre série, placée sur les frises, contient 
deux cent quarante-deux écussons, dont une 
cinquantaine portent le nom et les armes de 
familles encore existantes. 

Enfin, des armoiries ont été peintes sur les 
boiseries du plafond. Ces écus, sans inscrip- 
tion, sont ceux des principaux chefs des 
Croisades, déjà représentés sur les piliers, 
et qui se trouvent répétés là sans classifica- 
tion, sans ordre, à titre de simple décora- 
tion. 

Peu de personnes avaient été instruites 
des travaux qui s'exécutaient dans la grande 
salle des Croisades. Lorsque ces travaux 
furent terminés, et que la galerie fut ouverte 
au public, beaucoup de familles dont les 
ancêtres avaient figuré dans les guerres 
saintes, s'empressèrent de faire valoir leurs 
droits à l'admission de leur nom et de leurs 
armes. Une découverte Tint encore augmen- 
ter le nombre des demandes. Dans un cabi- 
net de vieux titres on retrouva une collec- 
tion d'actes originaux relatifs aux Croisades, 
et qui constataient de la manière la plus 
irrécusable la présence des aïeux de nos 
vieilles maisons nobles sous la bannière du 
Christ. 

Ces actes étaient pour la plupart des em- 
prunts contractés par des seigneurs qui 
accompagnèrent les rois Philippe-Auguste 
et Richard CœuMe-Lion en Palestine, l'an 
1190, et oui, ruinés par la longueur du siège 
de Saint-Jean d'Acre, furent contraints d'em- 
prunter de l'argent aux marchands de Pise 
et de Gênes, soit pour continuer la guerre, 
soit pour regagner l'Occident. Quelques au- 
tres étaieut datés du camp devant Damiette» 
et avaient été passés l'an 1218, dans des cir- 
constances analogues. Un assez grand nom- 
bre appartenaient à la première croisade de 
saint Louis, et avaient été passés, soit à Li- 
misso, où la flotte avait été obligée de 
relâcher ; soit en Egypte, où les revers de la 
Massoure avaient jeté les seigneurs croisés 
dans la détresse ou dans les 1ers. 
* Les emprunteurs donnaient aux usuriers 



italiens, pour sûreté de leurs créances, la 
garantie d'un ou deux de leurs compagnons 
d'armes, ou celle du chef sous la bannièro 
duquel ils combattaient ; quelquefois aussi 
ils engageaient leurs joyaux, leurs armes, 
leurs étendards, leur butin futur, ou les 
biens qu'ils avaient en Europe. 

Ces titres d'emprunt provenaient , selon 
toute apparence, des archives de la compa- 




s'y trouvaient déposés parce que, lors de la 
création de cette compagnie, les principaux 
négociants qui en lurent les fondateu^ 
transportèrent au siège de la société leurs 
papiers et leurs anciens titres de créance. 

Pour faire droit aux réclamations, dont le 
nombre ne tarda pas à égaler celui des admis- 
sions déjà faites , il fallut disposer d'aulres 
emplacements pour recevoir une troisièoK; 
série d'écussons. On traverse deux pièces 
carrées avant d'arriver'à la grande salle, d'où 
l'on sort par deux autres pièces en retour 
adossées aux premières. Les frises et les pla- 
fonds de ces auatre petites salles, oui ne de- 
vaient d'abord contenir que des tableaux, fu- 
rent affectés aux inscriptions nouvelles. On 
ferma la galerie, et les travaux, recommencés 
en 18^1, ne furent terminés qu'au mois de 
juin 1843. 

Nous allons donner ici la description de 
ces cinq salles, contenant ensemble six cent 
soixante-trois écussons, et nous rapporterons, 
autant que possible , à quelles maisons ils 
appartiennent et quels titres ont été fournis 
pour leur admission 

GRANDE SALLE. 

§ i. Ecu$$on$ placéi sur Us pUien, 

Lt série des 7i éeosaom du la grande nlle commence 
M bas du pilastre ao^agé dans le mor à gauche eo eu- 
trant, monte vers la Toôia, convre les quatre bces des 
deux piliers da nlUeu, et se termine au piûsire oppo;»^* 

Première Croisade. 

1. GoDBFEOi DE BouuxoM, roi de Jérusa- 
lem, issu de la maison des comtes de Bou- 
logne et duc de Basse-Lorraine; il figure le 

{premier comme Tun des principaux chefs de 
a croisade de 1096 et comme ajant été élu 
f^ar ses compagnons d'armes roi de Jérusa- 
em après la prise de cette yille en 1099. Les 
armoiries qu on lui attribue ici ne sont point 
celles de sa maison {voy. n" 18) mais celles 
qui furent données au royaume de Jérusa- 
lem par le pape Pascal IL Elles se blason- 
nent : d'argent^ à la croix potences d^off axn- 
tonnée de qiMUre croisettes du même. (Voy. 
YAnnuaire de la Noblesse, 18tô, p 5 de la 
Préface). 

2. HueuES LB eRA!n>, comte de Verman- 
dois, frère de Philippe P% roi de France, de 
retour de la première croisade en HOif 
reprit le chemin de la terre sainte, et suc- 
comba aux blessures qu'il reçut au comW 
de Tarse en Cilicie. Sa postérité s'éleigtn] 
en son petit-fils Raoul IL On lui a donné 
pour armes , d'après Sainte-Marthe et 19 



315 



CRO 



DICTIONNAIRE DE NtMISMÂTIQUE. 



CRO 



314 



P. Anselme : échiqueté d'or et d'azur, au 
chef d'azur chargé ae trois fleurs de lis dor. 
Ce chef de France est un verilable anachro- 
nisme; car ce fut Charles VI qui réduisit 
à trois les fleurs de lis dont était semé Técu 
de France. 

3. Eudes I'% duc de Bourgogne, surnommé 
Borel, arrière-petit-fils du roi Robert, mou- 
rut à Tarse en 1103. C'était le troisième duc 
de la première maison de Bourgogne, éteinte 
en 1361. Armes : bandé d'or et d'azur , de six 
pièces^ à la bordure de gueules. 

k. Robert, duc de Normandie, fils aîné 
de Guillaume le Roux , roi d'Angleterre, 
prit un des premiers la croix et se signala 
dans les principaux faits d'armes de la croi- 
sade. Les ducs de Normandie portaient : de 
gueules^ à deux léopards d'or. 

5. Raixond de Saint-Gilles, comte de 
Toulouse, prit la croix au concile de Cler- 
mont et partit à la tête de ses plus puissants 
vassaux. Il mourut, en 1105, au siège de 
Tripoli. Armes : de gueules y à la croix clé^ 
chée^ vidée et pommelée dor, 

6. Robert 11, comte de Flandre, se signala 
devant Antioche, Jérusalem et Ascalon; il 
ri}\ini en 1100 dans ses Etats. Armes : dor^ 
au lion de sdble armé et lampassé de gueules. 

7. Gérard de Martigues, était recteur de 
l'hôpital de Saint Jean de Jérusalem, lorsque 
les croisés s'emparèrent de la ville sainte. 
Ce pieux établissement avait été fondé pour 
recueillir les chrétiens que la maladie sur- 
prenait dans leur pèlerinage. Gérard obtint 
en 1113, du pape. Pascal II, une bulle aui 
ciinlirma l'institution et en fit l'ordre reli- 
gieux et militaire des Hospitaliers de Saint- 
Jean de Jérusalem, aujourd'hui l'ordre de 
Malte. On a représenté sur son écu les armes 
que le pape accorda plus tard à Tordre, et 
qu'on appelle armes de la religion : de 
gueules, â la croix d'argent. 

8. Guillaume IX, duc de Guyenne et de 
Poitiers, après avoir refusé de prendre la 
croix en 1096, et avoir scandalisé l'Occident 
[a! SCS honteux désordres, résolut de les 
cvpier, et partît en 1101 pour la terre sainte. 
I.cs ducs de Guyenne portaient : de gueules, 
an léopard dor y armé et lampassé de gueules. 
La réunion de ces armes et de celles du 
duché de Normandie (Foy. n* k) composa 
l>lus tard l'écu des rois d'Angleterre : de 
gueules^ à trois léopardr*d'or, 

9. Alain IV, dit Fergent, duc de Bretagne, 
se croisa en 1096. Ses descendants, dont le 
dernier rejeton fut Anne de Bretagne, femme 
de Charles VIII et de Louis XII, ont toujours 
porté les armes qu'on lui donne ici : dhermine. 

10. BoHÉftiOND, prince d'Antioche, ména- 
gea par des intelligences secrètes la prise 
de cette ville, dont les croisés lui cédèrent 
la possession. Le P. Goussencourt lui donne 
pour armes : d'argent, à la branche de fou^ 
gère de sinople, nouée d'or et renversée en pal. 

11. Etienne, comte de Blois, fils de Thi- 
baud III, comte de Troyes, fil deux fois le 
voyage d'outre-mer, où il s'illustra par ses 
exploits et sa prudence. Armes de la maison 
de Champagne, dont il était un rejeton ; 



d'azur, à une bande d'argent accompagnée de 
deux doubles cotices potencées et contre-poten- 
cées d'or de treize pièces, 

12. Renaud et Etienne dit Téte-Hardie, 
comtes de Bourgogne, cités avec honneur 
par les historiens de la première croisade, 
où ils moururent l'un et l'autre, portaient : 
d'azur, semé de billettes d'or, au lion du même, 

13. Louis, fils de Thierri T', comte dé 
Bar, fit en 1096 le voyage de la terre sainte, 
où Albert d'Aix raconte qu'il se distingua 
par sa valeur. Armes : d'azur, semé de croix 
dor recroisettées et fichées^ à deux bars d'or 
adossés. 

14. Baudouin I", roi de Jérusalem, frère 
de'Godefroi de Bouillon, lui succéda en 
1100 et mourut en 1118. Armes : de Jéru- 
salem (Voy. p' 1). 

15. Baudouin II, comte de Hainaut, fils 
puîné de Baudouin VI, comte de Flandre, 
lut surnommé de Jérusalem, parce .qu'il 
mourut en terre sainte, après la bataille 
d'Antioche. Armes : chevronné d'or et de 
sable de six pièces. 

16. Henri I", comte d'Eu, d'une branche 
bâtarde des anciens ducs de Normandie, prit 
la croix en 1096. Le P. Anselme donne aux 
comtes d'Eu pour armes: d'azur, semé de bil- 
lettes d'or, au lion du même. 

17. Etienne, comte d'Aumale, revint de 
Palestine après la prise de Jérusalem, en 
1099, et y retourna vers l'an 1120. Il était 
de la maison de Champagne, et portait les 
mêmes armes que son parent Etienne, comte 
de Blois (n* 11). 

18. EusTACHB, comte de Boulogne, frère 
de Godefroi de Bouillon, l'accompagna h 
la croisade. Les armes de sa maison étaient : 
d'or, à trois tourteaux de gueules. 

19. Roger r% comte de Foix, mourut en 
Palestine en 1098. Raymond-Roger, un de 
ses successeurs, prit part à la troisième 
croisade. Les comtes de Foix portaient : 
d'or, à trois vais de gueules. 

20. GASrON IV, vicomte de Béarn, se si- 
gnala avec Tancrède de Uauteville à la prise 
de Jérusalem par un trait d'humanité. At- 
tendris par les prières et les cris des musul- 
mans qui s'étaient réfugiés dans le temple 
de Salomon, ils leur accordèrent la vie et 
les recueillirent à l'abri de leurs bannières. 
Armes : d'or, à deux vaches de gueules, acco- 
lées, accornées et clarinées d'azur, 

21. Hugues VI, dit le Diable, sire de Lu- 
signan, fut tué à la bataille de Ramia le 
26 mai 1102, selon Foulcher de Chartres. 
Armes primitives de la maison deLusignan: 
burelé d'argent et d'azur. 

22. GossELiN de Gourtenat passa en terre 
sainte Tan 1101 avec Etienne, comte de 
Blois, et reçut des rois de Jérusalem la 
seigneurie de Tibériade en 1115, le comté 
d'Edesseen 1120. Armes : d'or^ à trois tour- 
teaux de gueules. 

23. Adhémab de Monteil, évéque du Puy, 
légat apostolique, suivit la première croisade 
et mourut à Antioche en 1098. La maison de 
Monteil portait : d'or, à trois bandes d'azur. 

2^. Raymond Pelet, dit le Croisé) vicomtq 



315 



CRO 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



CRO 



5t6 



de Narbonne, accompagna le comte de Tou- 
louse k la croisade ae 1096, et s'empara de 
Tortose en Phénicie. Armes : de gueules. 

25. RArtibND !•% vicomte de Turenne, est 
cité par D. Vaissète au nombre des 60 che- 
valiers qui défendirent un pont contre une 
armée ae Sarrasins au siège d'Antioche. 
L'année suitaote, à la tète de 1^ chevaliers, 
a s'empara d'un troupeau qu'escortaient 
60 Sarrasins. Raymond II mourut au siège 
d'Acre en 1190; Raymond IV se trouva au 
siège de Jbamietle, et Raymond VI suivit 
saint Louis fen Egypte. Armes : coticé d'or 
H de gueules, 

26. Raymond du Pcy, gentilhomme dau- 
phinois, qui avait succédé à. Gérard de 
llartigues comme recteur de Thôpital de 
Saint^ean de Jérusalem IVoy. n" 7), fut 
le premier qui prit le titré de grand maître 
de l'ordre. 11 portail : écarteléy aux 1 f^ ^ de 
la religion, aux 2 et 3 d'or^ au lion de gueules^ 
qui est du Puy. 

27. HcGUBS DE Payens , premier grand 
maître de Tordre du Temple. Il avait fondé, 
avec huit autres chevaliers, une confrérie 
militaire pour la défense des saints lieux, 
et la protection des pèlerins. Ils prirent le 
nom de Templiers, au temple de Salomon, 
près duquel ils s'étaient établis. Honorius 
en Gt un ordre relier, dont le concile de 
Troyes conGrma l'institution en 1128. Les 
armes du Temple, qu'on donne ici à son 
fondateur, étaient : d'argent^ à la croix pallie 
et alézée de gueules. 

Deuxième Croisade, 

28. Lons LE Jeu\è , roi de France, prit 
la croix des mains de saint Bernard en 1H7, 
et conduis t la deuiièiHë croisade. Armes : 
d'azur 9 semé de fleurs de lis d* or. 

29. Am6dé£ II, comte de Maurienne et 
de Savoie , oncle maternel du roi Louis le 
leune, le suivit à la croisade, et mourut à 
Nicosie en Chypre. Armes : écartelé ^ aux 
\ et W Swr^ à T aigle de sable, qui est de 
Maurienne; aux 2 et S de gueules, à la croix 
d'argent^ qui est de Savoie. 

30. ConAD m, empereur d'Allemagne, 
se croiwi en 11 W, et se joioiit à Louis-le- 
leune p'iur feire le »iè,ze de Damas. Armes: 
d'ffT, à taigU éployéede sable, cerclée, bec- 
^«i^ ei numf/r/^ <fc gueules, qui est de l'em- 
f,.*-.: ek/Mrgé en reemr dum écu dor, à trois 
h^/tn l4^^p^rd/$ de %^JAe, couronnés de gueules, 
'j,f >i^ 'î^ u ::^.»^p'i de Souabe. 

Zi, lt/"FH*ikt Mt Fftàvce, comte de Dreux, 
<•*•'• r^.^.'A 1'; l»'Ji< le Jeune, prit la croix 
>n ii^. ^. |/*fni Vt premier pour la Pales- 
\- ' C • V* î échiquelé dor et dazur, à la 
^ v^ <*/^ 4^ gueules. 

^4t 0# ««J r% comte palatin de Champagne 
♦/ c.* •^♦.♦•f vt croisa avec Louis le Jeune 
é^ii^. Ârsj^^ de la maison de Champagne 
rvf. .'•- Il . 

it-S. Ai^Méut^tr» n, «^ri'^eur deBourbon, 

<4r ;*;•;, '-f,',«r ,v^'. -y.fl 'Ui ce nom, qui suivit 

tyr, t 4ri»r.'-'< i * '♦'/:*;)de de 11V7, por- 

-^ vr, V4I .^v* 4* ^jmeui^Sf à Vorle de huit 



3W. Thibaut de Montmorency, fils putné 
de Mathieu de Montmorency, accompagna 
son suzerain Louis le Jeune en Palestine. 
Armes primitives de la maison de Montmo- 
rency : dor, à la croix de gueules, cantonnit 
de quatre alérions d'atur. 

Troisième Croisades 

35. Philippe Auguste, roi de France, prit 
la croix en 1190, et fit avec Richard Cœur- 
de-Lion le siège de Ptolémaïs. Armes : dV 
xur, semé de fleurs de lis dor. 

36. Frédéric -Barberousse» empereur 
d'Allemagne, se croisa en 1189, et mourut 
en Cilicie, pour s*élre baigné dans les eaui 
du Salef. 11 portait les nîêmes armes que 
Conrad 111, son prédécesseur [Toy. n' 30 . 

37. Richard Coeur-db-Lion , roi d'Angle- 
terre, s'étant croisé en 1190, s'empara de 
l'île de Chypre ou'il donna à Guy de Lusi- 
gnan, rejoignit Philippe-Auguste au siège 
de Ptolémaïs. On connaît sa captivité et son 
aventureux retour en Occident. Armes d'An- 
gleterre : de gueules, à trois léopards dor. 

38. Hugues III , duc de Bourgogne , fit 
deui fois le voyage de la Palestine, d*abord 
en 1171, et 'ensuite, en 1191, avec Philippe- 
Auguste. 11 mourut à Tyr le 23 août 1192. 
11 portait les armes de Bourgogne comme 
son bisaïeul Eudes!" {Voy. n' 3). 

39. Henri l", comte de Brabant (tige), 
prit part à la crofisade de 1191, et retourna 
en Palestine en 1197. II adopta pour armes : 
de sable, au lion d'or. 

ko. Raoul I", comte de Glermont en Beaa- 
voisis , connétable de France . fut tué au siège 
d'Acre en 1191. Il portait : de gueules, j«m 
de trèfles d'or, à deux bars adossés du même. 

ki. Albéric Clément, seigneur du Mez, 
ma^échal de France, fût tué au siège d'Acre 
en escaladant une tour appelée la Tour-Mau- 
dite. Le P. Goussencourt lui donue pour 
armes : d'or, à la bande de gueules. 

k2. Jacques d'Avesnes se distingua à la 
tête des chevaliers de Flandre par des 
prodiges de valeur, et périt à la bataille 
d'Arsur. Armes : bandé d'or et de gueules. 

h2. Dreux de Mello, seigneur de Saint- 
Bris, accompaçna en Palestine Philippe- 
Auguste, qui lui donna la charge de conoé- 
table de France après la mort de Raoul de 
Clermont. Armes : d'or, à deux fasces ii 
gueules, à un orle de six merlettes au tném. 

kk. Marguerite de France, fille de Louis 
le Jeune, et veuve de Bêla III, roi de Hon- 
grie, vendit son douaire pour emmener en 
Palestine une troupe de Hongrois, en 1196. 
Elle mourut à Ptolémaïs Quelques jours après 
son arrivée. Armes : ecartelé aux 1 fl V 
fascé d'argent et de gi^eules de huit pièeest 
aux 2 et 3 de France. 

45. Henri de Walpot de Passeinheiffli 
premier grand maître de Tordre Teuioni- 
que. Des Allemands ayant fondé un hôpital 
pour les pèlerins de leur nation , Frédéric 
de Souabe, fils de Frédéric Barberousse, 
les appela h former un ordre de chevalerie, 
dont Henri Walpot fut élu grand maître en 
1190. Armes de Tordre : dargeiU, è la croix 



517 



CRO 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



GRO 



518 



pattée et ohzée de sable. Phi lippe- Auguste v 
ajouta une fletir de lis d'or à chaque extré- 
mité de la croix* 

4^6. Gvi DE LusiGN^N , roi de Chypre (1) 
et de Jérusalem, fut pris par Salâdin à la 
bataillede Tibériade, en 1187. A peine rendu 
à la liberté, il rint assiéger Acre, et reçut 
de Richard Cœur-de-Lion, après la prise de 
cette ville, le royaume de Ch}'pre en échange 
de son litre de roi de Jérusalem. Son frère 
Amaury lui succéda au trône de Chypre, 
que sa branche posséda jusqu'à son extinc- 
tion en 1265. Armes : écartelé aux i et k 
dyizur à la croix d'argent^ aux 2 et S burelé 
d^argent et d'axur à un lion degueules^ arméj 
couronné et lampassé d'or^ brochant sur le 
toui, qui esl de. Lusignan (Vov. V Annuaire 
de la noblesse, 18W; pi. 7, n'* 53). 

Quatrième Croisade. 

kl. La républiqcb de Venise, à la fois 
guerrière et n)archande, fournil les vaisseaux 
pour le transport des chevaliers de la qua- 
trième croisade, à laquelle elle prit une part 
active. Armes de la république : d'azur^ au 
iion léopardé d'or, aité et cerclé du même, 
passant sur une terrasse de gueutes, tenant de 
fa patte droite une épée d'argent garnie d'or, 
rt entre tes deux pattes un livre d'argent, avec 
ces motsiPATLTim, Mabgb, evangeusta meus. 

48. Gboffaoi de Villehardolin , maré- 
chal de )a cour de Thibaut, comte de Cham- 
pagne, fut un des chefs de la croisade de 
Constantinople, dont il écrivit l'histoire. Sa 
r-imille resta en Orient, où elle posséda les 
I rincipîluiés d'Achaïe et de Moree, et s*allia 
aux emnereiùrs de Constantinople. Armes : 
de gueules, à la croix ancrée d'or. 

k9. Siuo\ 111, comte de Montfort, fidèle à 
son voeu d'aller en terre sainte , laissa les 
croisés marcher contre Constantinoplo, et se 
rendit en Syrie. Il s'illustra plus tard contre 
les Albigeois. Armes : de gueules, au lion 
d'argent f la queue nouée, fourchée et passée 
en sautoir. 

50. ANmiÉ, roi de Hongrie, partit en 1217, 
à la tète des croisés allemands qui l'avaient 
choisi pour chef. Armes de Hongrie ; fascé 
d'argent et de gueules de huit pièces. 

Cinquième lOroisade. 

51. Jean de Brien^tb; s'étant sienalé h la 
croisade de Constantinople, fut élu roi de 
Jérusalem en 1308. Les barons français de 
Tempire latin l'appelèrent au trône d'Orient, 
pendant la minorité de Baudouin de Courte 
nay, en 1331. Armes : écartelé aux i et k 
d^àzur ; au lion d'or, l'écu semé de billettes du 

({)Noas rfoos conformons ici à Tinscription du 
musée de Versailles, et à ropniion générale des au- 
teurs; mais les.reclierches (le M. de Ma^trie, an- 
cien élève de TËcole royale des Charles, ont établi 
de la manière la plus irrécusable que Gui de Lusi- 
gn«'\n ne prît jamais le litre de roi de Chypre, et 
qo'il ne cédii point celni de roi de Jérusalem à Ri- 
chard Cœur-de^Llon. (totfez l'extraîl du Mémoire 
couronné par llnstitut, publié dans la deuxième 
Hvnfson du tome V de la Bibliothèque de FEcole des 
Cbart^â). 



même, qui est de Brienne ; aux 2 et 9 de Cham- 
pagne, et sur le tout de Jérusalem. 

52. Pierre de CouRTENATfut élu empereur 
de Constantinople en 1217. 11 était pelit-ûls 
du roi Louis le Gros, et fils de Pierre de 
France et d'Elisabeth de Courlenay, héritière 
de la ï»remière maison de ce n.om. Armes : 
de gueules, à la croix d'or, cantonnée de quor 
tre besants vidés du même, chargés dunn 
croix d'or potencée et accompagnés chacun de 
quatre croisettes poteHeées du même. 

53. Frédéric 11, empereur d^AIlemagnc, 
se rendit en terre sainte Tan 1228, etrecou- 
vfa, par un trailé avec le Soudan, la ville de 
Jérusalem, où il ceignit la couronne. Armes: 
d'or, à l'aigle éployée de sable^ cerclée, becqiAée 
et membrée de gueules, qui est de Tempiro ; 
chargé en cœur de Vécu écartelé au V de 
Naples, au^' de Sardaigue, au 3* de Jérusa- 
lem, au k' de Souabe. 

Sixième Croisade. 

6h. Saint Louis, roi de France, chef de la 
sixième croisade en 12M, et de la septième 
en 1270, mourut sous les murs de Tunis. 
Armes : d'azur, semé de fleurs de lis d'or. 

85. Robert de France, comte d*Artois, 
second frère de saint Louis, fut tué à la ba- 
taille de la Massoure le 9 fétrier 12S0. Il 
portait : de France, au lambet de gueules, 
à quatre pendants, chargés chacun de trois 
châteaux d'or. 

86. Alphonse, comte de Poitiers, cin- 
quième frère de saint Louis, régent de 
France avec sa mère, Blanche deCastille, en 
12i8, quitta la régence et rejoignit les croi- 
sés en Egypte. Il portait : de France, parti 
de gueules à êix châteaux d'or. 

57. Charles de FRAîtCE, comte d'Anjou, de- 
puis roi de Naples , de Sicile et de Jérusalem , 
sixième frère de saint Louis, raccompagna 
en Egypte en 1248, et n'arriva devant TuniS; 
en 1270, qu'après W irif^rt de ce prince. Il por- 
tait : de France , au lambel de trois pmdanH 
de gueules, parti de Jériis'alem. 

58. HthiJKs IV, duc de Bourgogne, qui ac- 
conipagua saint Louis en Egypte, portait : 
de Bourgogne. [Voy. n'S). 

59. Pierre de Courtenat mourut en 
Egypte après la bataille de la Massoure. 
Armes : d'or, à trois tourteaux de gueules, au 
lambel de cinq pendants d'azur. 

60 Thibaut VI, comte de Champagne et roi 
de Navarre, partit pour la croisade en 1249. 
Armes : écartelé, aux i et k de gueules aux 
chaînes d'or passées en or le, en croix et en sau- 
toir qui est de Navarre, aux 2 et 3 de Cham- 
pagne. 

61. Pierre de Drei>x, dit Jlfat«derc, duc de 
Bretagne, fut blessé à la Massoure. Armes: 
échiquelé d'or et d'azur, au franc quartier 
d'hermine, à la bordure de gueules. 

62. Jean , sire de Joinvillb , sénéchal de 
Champagne , suivit saint Louis à la sixième 
croisade. Plusieurs de ses ancêtres s^étaiont 
déjà illustrés en Palestine, et l'un d'eux# 
(ieoffroy IV , armé chevalier par Richard 
Gcaur-de-Lion au siège d'AcreL» reeul de ce 



519 



CRO 



BICTI0NNA1BE DE NUMISMATIQUE. 



CRO 



m 



prince le lion issant , dont il chargea les ar- 
mes de sa maison * d'axur^ à trois broyés 
éCory au chef d'argent ^ chargé d*iin lionissanU 
de gueules. 

Septième Croisade. 

63. Philippe le Hardi , roi de France , 
suivit saint Louis, son père, à la croisade de 
Tunis. Armes : de France. 

6(. Iban y dit Tristan , comte de Valois, 
fils puîné de saint Louis , né à Damiette en 
1250 , se trouvait au siège de Tunis. 11 por- 
tait : de France^ à la bordure de gueules. 

65. Pierre, comte d'Alençon, frère du pré* 
cèdent, portait les mêmes armes. 

66. Foulques de Villabet, élu grand maî- 
tre de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem en 
1307 , après l'expulsion des chrétiens de la 
Palestine , s'empara de Tile de Rhodes, qui 
devint le chef-lieu de l'ordre , et lui donna 
son nom. Armes : écarteU aux 1 et ^ de la 
religion, aux 2 et 3 d'or à trois monts de 
gueules , surmontés chacun d'une corneille de 
sable^ qui est de Viliaret. 

67. Philibert de Naillag , grand prieur 
d'Aquitaine et ensuite grand maître de l'or- 
dre de Saint-Jean de Jérusalem, combattit à 
la journée de Nicopolis , en 1396. Armes ; 
écartelé aux i etkÛQ la religion, aux 2 et 3 
d'azur, à deux léopards d'argent , qui est de 
Naillac. 

68. Jean Sans-Peur, comte de Nevers, }>uis 
duc de Bourgogne , était le chef des croisés 

Î[ui marchèrent au secours de la Hongrie, et 
urent vaincus sous les murs de Nicopolis 
par le sultan Bajazet. 11 portait : écartelé aux 
i et k semé de France ^ a la bordure compo'* 
née d'argent et de gueules de seize pièces^ qui 
est de Bourgogne moderne ; a%uo 2 et 3 de 
Bourgogne ancien ; sur le tout de Flandre. 

69. Jean de Vienne, amiral de France., 
commandait l'avant-garde à la journée de 
Nicopolis, où il fut tué. Armes : de gueules y 
à l'aigle d'or. 

70. Jean le Mein&hb , dit Boucicault^ ma- 
réchal de France, fut fait prisonnier à la ba- 
taiHe de Nicopolis. Armes : d'argent^ à t'at- 
gle éployéede gueules, becquée, languée elmem- 
orée d^axur. 

71. Pierre d'Aubusson, grand prieur d'Au- 
vergne, issu, dit-on , des anciens comtes de 
la Marche , fut élu en 11^76 grand maître de 
l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. II sou- 
tint dans Khodes un siège de trois mois con- 
tre les Turcs, et les força à se retirer. 11 por- 
tait : écartelé aux 1 et l de la religion,* aux 
2 et 3 d'or, à la croix ancrée de gueules, qui 
est d'Aubusson. 

72. Fabrice Carette , des marquis de Fi- 
nale en Italie , fut élu grand mattre de l'or- 
dre de Saint-Jean de Jérusalem en 1513. So- 
liman Il menaçait alors de tourner ses for- 
ces contre Rhodes ; Fabrice fit relever les 
fortifications ruinées par le siège qu'avait 
soutenu Pierre d'Aubusson en 1480. Les 
portes en bois de cèdre, richement sculp- 
tées, qu'on voit dans la grande salle, et qui 
proviennent de l'hôpital de Saint-Jean de 
Jérusalem , furent alors construites par Fa-^ 



brice Carette , comme le prouvent le miili. 
sime de 15H et les armoiries du ^nd mat- 
tre gravées sur ces portes. L'inscription pla- 
cée au-dessus nous apprend au'elles ont été 
données à la France par le smtan Mahmoud 
en 1836. On voit encore dans la même sallo. 
un mortier en fonte décoré des armes de 
Fabrice Carette , qui sont : écartelé aux 1 et 
k de la religion, aux % et 3 de gueules, à cinq 
cotices d'or. 

73. Philippe de Villiers de l'I8lb-ÀD4ii , 
élu grand maître de l'ordre de Saint-Jean 
de Jérusalem en 1521 , soutint un siège de 
plusieurs mois contre les armées de Soli- 
man, et ne se rendit qu'à la dernière extré- 
mité. Charles-Quint lui céda l'tle de Malle, 
qui devint le chef-lieu de l'ordre, et lui don- 
na son nom. Armes : écartelé aux 1 e^ 11^ de 
la religion, aux 2 et 3 d'or, au cheféTazurJ 
un dextro chère d'hermines brochant furU 
tout, qui est de Villiers de risle-Adam. 

Ik. Jeâm Parisot de La Valette , prieur 
de Saint'Gilles , élu grand mattre de l'ordre 
de Saint-Jean de Jérusalem en 1557, soutint 
dans Malte un siège de quatre mois contre 
Mustapha, le força de se rembarquer, et 
brûla dans l'arsenal et les chantiers du sal> 
tan la flotte que Soliman préparait pour une 
nouvelle expédition. Armes : écartelé aux i 
et k- de la religion , aux ^ et 9 de gueules , au 
coq d'argent, la patte droite levée , parti it 
gueules au lion d'or, qui est de La Valette. 

§ 2. Ecnssons placés sur les fritet. 

Celle série commence sur la frise, k droite dei portes 
de riiôpiul de Rhodes, fait le tour de la salle, et le replie 
ensaite sur elle-même pour courir sur toutes les (rïseï 
des poutres qui divisent les plafonds en comparUmeuti 

Première Croisade. 

75. TANCRiDB prit la croix avec son cou- 
sin Bohémond, prince de Tarente. Sa piété 
et ses vertus firent de lui le type le plus 
p«Lrfait de la chevalerie. Il mourut à An- 
tioche en 1112. Ses armoiries n'ayant pu 
être retrouvées, on les a remplacées, selon 
Tusage du blason, par un écu d'argent. 

76. EusTACHE d'Agrav, prince de Sidon, 
s'étant distingué h la croisade de 1096, re 
çut de Baudouin I*' la principauté de Sidou, 
et fut élu pendant la captivité de Baudouin U, 
eouverneur du royaume de Jérusalem, dont 
il était déjà connétable. Les chroniqueurs 
lui ont donné le glorieux surnom de /Soli- 
citer et d'Epée de la Palestine. Sa maison, 
originaire du Vivarais, s'est éteinte de nos 
jours ; elle portait : d'axurau chef â^ or, 

Tt. Baudouin du Bourg, fils aîné du comte 
de Réthel, accompagna son parent. Gode- 
froi de Bouillon, a la croisade, et fut élu 
roi de Jérusalem après la mort de Bau- 
douin r% en 1118. Il mourut en 1131. Ar- 
mes de Réthel : de gueules à trois râteaux 
d'or. 

78. Philippe le Grammairien, comte d'A- 
lençon, de la maison de Belesme, mourut 
au siège d'Antioche. Armes : d'argent, à 
trois chevrons de gueules. 

79. Geoffroi de Preuilly, comte de Ven- 

• dôme, fut tué en 1102, à la bataille 



321 



GRO 



DICTibNMAIRE DE NUUISMATIQUE. 



CRO 



522 



Ramla» selon la chronique de Guillaume de 
Tyr. Armes : d'argent^ au chef de gueules et 
au lion d'azur brochant sur le tout, 

80. RoTRouII, comte du Perche, cadet 
des comtes d'AlençoD, delà maison de Be- 
lesme, commandait un corps d'armée au 
siège d'Antioche. Les comtes du Perche 
portaient ; d'argent, à deux chevrons de 
gueules. 

81. Guillaume Taillbpbr, comte d'An- 
goulème, mourut au retour de la première 
croisade en traversant l'Allemagne. Armes : 
losange d'or et de gueides. 

82. Daogon , seigneur de Nesle , dont le fils 
Raoul épousa Théritière du comte de Sois- 
sons, suivît Hugues de France à la croisade, 
et partagea sa captivité. Ses descendants, 
Yves III, comte de Soissons en 11&7, Raoul 
de Nesle et Jean de Soissons, en 12&8, prirent 
aussi la croix. Armes: burelé d argent et 
d'azur, 

83. Raimbaud III, comte d'Orange, com- 
mandait un corps décroisés au siège d'An- 
lioche, et entra l'un des premiers dans Jé- 
rusalem. Il portait : d'or y au cor d'azur lié^ 
enguické et virole de gueules. 

84. Gaanier, comte de Gra^' en Franche- 
Comté, et cousin de Godefroi de Bouillon, 
mourut quelques jours après lui, à Jéru- 
salem. Le P. Goussencourt lui donne pour 
armes: de «a6/f, au chef d argent. 

85. Astanove VII, comte de Fézensac, 
partit en 1097 pour la Palestine, où il mou- 
rut. Sa fille, Azalire , porta son héritage 
dans la maison d'Armagnac. Armes : dar- 
gent^ au lion de gueules. 

86. ^.TIENNE et Pierre de Salviac se croi- 
^èreDt en 1096, moururent tous deux peu 
de temus après leur retour en France, et fu- 
rent inhumés dans un même tombeau, dont 
l'épitaphe, gravée au xv* siècle, leur donne 
le nom de Salviac et de Viel-Castel ; ce qui 
accrédita la tradition d'une communauté 
d'origine entre les deux maisons. Un juge- 
ment de maintenue au siècle dernier re- 
connut ce fait comme authentique. La mai- 
son de Viel-Castel en Quercv porte les ar- 
mes qu'on donne ici aux Salviac : de gueu- 
lesj au château d'or, sommé de trois tours du 
même, 

87. Thomas de Marle, sire de Coucy, se 
signala aux sièges de Nicée et.de Jérusa- 
lem. Son fils, £nguerrand, mourut à la se- 
conde (Toisade. Raoul de Coucy fut tué au 
siège d'Acre; un autre Raoul, àlaMassoure. 
Enguerrand VII, sire de Coucy, dernier 
mâle de sa maison, fait prisonnier à Nico- 
polis en 1396, mourut l'année suivante en 
Bithynie. Armes : fascé de vair et de gueu" 
les. 

88. Gilbert de Garlande, dit Payen^ 
nommé à tort Gauthier^ par Albert d'Aix et 
Guillaume de Tyr, se signala au siège de 
Nicce. Armes : d'ory à deux fasces de gueu^ 
les. 

89. Auanieu, sire d'Albrct, pénétra un 
des premiers dans la ville de Jérusalem. Il 
X>ortait : de gueules plein, 

90. Ituier II, seigneur de Xocy, mourut 



en Palestine en 1097. Plusieurs membres de 
sa famille figurèrent aussi aux croisades. 
Armes : de gueules^ à trois pals de voir, au 
chef d'or y chargé de quatre merletfes. 

91. Raymond-Bertrand, seigneur do l'isle- 
Jourdain, Tun des plus grands vassaux du 
comte de Toulouse, l'accompagna en terre 
saintOé D.Vaissète donne aux seigneurs de 

I Isle-Jourdain les mômes armes qu'aux 
comtes de Toulouse : de gueulesy à la croix 
cléchéCy vidée et pommelée d'or. 

92. Guillaume de Sabran était un des 
soixante chevaliers qui, au siège d'Antio- 
che , défendirent un pont contre toute 
une armée de Sarrasins. Sa maison, aiiyour- 
d'hui ducale , porte : de gueules , au lion 
d'or. 

93. Foulques de Maillé, d'une famille 
noble d'Anjou, fit le voyage d'outre-mer en 
1096. Jacquelin de Maillé, chevalier du 
Temple en 1187, se distingua au combat de 
Nazareth, soutenu par cmq cents croisés 
contre toute l'armée de Saladin. Le P. An- 
selme cite Uardouin, baron de Maillé, 
comme ayant suivi saint Louis en Égvpte. 
La maison, aujourd'hui ducale, de Maillé 
porte : d'or à trois fasces ondées de gueules, 

9k. Calo II, seigneur de Caumont, est 
cité par le P. Anselme comme s'étant croisé 
en 1096. La maison ducale de Caumont 
porte : d'azur à trois léopards d'or. 

95. Roger de Choiseul, en Bassigny, est 
également cité par fe P. Anselme comme 
ayant été en Palestine. La maison, aujour- 
dhui ducale, à laquelle il appartenait, 
porte : d'azury à la croix d'ory cantonnée de 
18 billettes du même. 

96. Guillaume V\ vicomte de Melun, dit 
le CharpentieTy à cause de sa force, parent 
par les femmes de Hugues de France, comte 
de Vermandois, l'accompagna en Palestine. 

II portait : d'azury à sept besants d*or posés 8y 
3 et i y au chef d'or. 

97. Gui de Thiern, comte de Châlons-sur- 
Saône, dont il avait hérité de sa mère, partit 

f)our la croisade en 1096. Son petit-fils, Guil- 
aume II, comte de ChAlons, suivit Philippe- 
Auguste en terre sainte. Armes : de gueu- 
lesy à la bande d'or. 

98. Gérard, siro de Créquy, prit la croix 
en 1096. Plusieurs autres membres de sa 
famille firent le voyage d'outrenner. La mai- 
son ducale de Créquy, éteinte depuis près 
d'un demi-siècle, avait pour armes parlan- 
tes : d'ory au créquier de gueules. 

99. HosT, seigneur du Roure, ancienne 
baronnie du Gévaudan, accompagna Rav- 
mond de Saint-Gilles, et fut tué à Ta bataille 
de Ramla en 1102 selon le récit d'Albert 
d'Aix. Armes : d'azury au chêne d'ory à 
trois racines et quatre branches passées en 
sautoir y et êglantées du même. 

100. Jean et Colard de Houdetot suivi-* 
rent Robert duc de Normandie, à la conquête 
de la terre sainte. Jean, seigneur de Hou- 
detot, avait déjà fait le- pèlerinage de Jé- 
rusalem en 103^, avec Robert le Magnifique. 
L'ancienne maison de Houdetot portait ; 
d ^r, à six porcs de sable* 



Si5 



CAO 



OICTiONMAItΠHE NUKISMiTIQUE. 



CftO 



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iOl. RoBBBT DE Nbvers dit le Bourguignon^ 
tige de la maison de Craon, mourut en Pa- 
lestine vers Tan lOdS. Robert de Craou, sûn 
Setit-fils , fut le second grand maître du 
emple. Plusieurs autres membres de la 
même maison figurèrent aux croisades. 
Armes : losange d'or et de gueules. 

lOâ. Raimbiud Creton , seigneur d*Es- 
tourmeU chevalier du Cambrésis, entra le 
premier dans Jérusalem, selon Orderic Vi- 
tal. Un morceau du bois de la vraie Croix 
s*est transmis héréditairement, depuis le 
xii' siècle jusqu'à nos jours, d'aîné en aîné, 
en souvenir de ce fait glorieux. Les descen- 
dants de Raimbaud-Creton ont porté indif- 
féremment les noms de Creton ou d'Ëstour- 
mel jusqu'au xvi' siècle : mais depuis lors ce 
dernier a prévalu. Armes : de gueules^ à la 
croix engrUée d'argent. 

103. Pons et Bernard de Montlaur sont 
cités par D. Vaissète comme s*étant croisés 
en 1096. Un ancien armoriai, manuscrit, de 
la Bibliothèque royale donne leurs armes : 
d'or, au lion devair. 

104>. Arnool II, baron d'Ardes, se signala 
à la prise de Jérusalem. Il portait : d' argent ^ 
à Vaiùle éployiê de sable. 

105. Guillaume III, comte de Lyonnais 
et de Forez, fut tué au siège de Nicée en 
1097. Sa sœur porta son comté dans la 
maison d'Albon. Armes : d'or, au lion de 
sable armé et lampassé de gueules. 

106. Hugues de Saint-Omer s'établit en 
terre sainte après la prise de Jérusalem, 
et eut en partage la seigneurie de Tibé- 
riade. Guillaume de ïyr raconte qu'il rem- 

f)orta en 1102 une victoire sur les Sarrasins, 
)ien supérieurs eu nombre ; mais il y reçut 
une blessure dont il mourut. Armes, selon 
le P. Goussencourt : d'azur, à la fasce d'or. 

107. Renaud de Pons et Pierre, son frère, 
tous deux seigneurs de grande noblesse, 
dit le chroniqueur Raymond d'Agiles, par- 
tirent pour la première croisade, et furent 
massacrés par les Grecs à Durazzo. On 
retrouve un Renaud de Pons, à la croisade 
de 11&7, et à celles de 1191 et de 12M. La 
maison des sires de Pons , qui s*est éteinte 
de nos jours, portait : d'argent, à la fasce 
bandée a or et de gueules. 

108. Hugues du Put, chevalier dauphinois, 
partit pour la conquête de la terre sainte 
avec ses trois fils. Rodolphe, Taîné, péril au 
combat de la vallée de Ran ; Romain mourut 
en possession des fiefs qu'il tenait de Gode- 
froi de Bouillon; Raymond du Puy fut le 
premier grand maître de Saint-Jean de Jé- 
rusalem. Armes : â^or, au lion de gueules 
armé et lampassé d'azur. 

109. GéRARD DE Bournonville, avec ses 
six enfants, partit pour la croisade Tan 1096. 
Il périt en 1101 dans un combat. Robert de 
Bournonville se croisa avec saint Louis en 
12iS. Armes: de «a6/e, à trois cuillers ou 
louches d'argent. 

La maison ducale de Bournonville, aujour- 
d'hui éteinte, adopta plus tard pour armes : 
de sable, au lion d'argent, la queue nouée, 
fourchée et passée en sautoir. 



110. HÉRAGLB, comte de Polignac, portait 

le grand étendard de l'Eglise à la première 
croisade, et fut tué devant Antioche en 1096. 
Armes : fascé d'argent et de gueules. 

111. AiMERT IV, vicomte de Rocbecbouarl, 
est cité par le P. Anselme, comme ayant 
fait le voyage de la terre sainte en 1098. 
La maison de Rochechouart, aujourd'hui 
ducale de Mortemart, porte: faici, 9ndé 
d'argent et de gueules» 

112. Adam de Béthuhb, après la prise de 
Jérusalem, eut en partage la ville et baronnie 
deBessan, dans la Galilée, dont le titre resta 
à ses descendants. Plusieurs autres membres 
de la même maison figurèrent aux croisades. 
Armes : d'azur, à trois bandes d'or. La mai- 
son de Béthune, l'une des plus illustres 
d'Artois, ducale de Sully et de Charost, prit 
plus tard pour armes : d'argent, à la fasce de 
giAeules. 

113. Gui III, sire de Laval, avec cinq de 
ses frères, suivit à la croisade Alain Fergent, 
duc de Bretagne. A son retour il passa par 
Rome, où le pape Pascal II ordonna que le 
nom de Guy, illustré par ses exploits, serait 
héréditairement transmis de mâle en mâle 
par ordre de priraogéniture. Philippe 1" 
roi de France, confirma ce privilège. Celte 
maison s'éteignit dans une branche de celle 
de Montmorency au xiii- siècle. Armes : de 
gueules, au léopard d'or. 

114. Pierre Raymond de Hactpodl se 
distingua au siège d'Antioche, où Raymond, 
comte de Toulouse, le mit à la tête de ravanl- 
garde avec le vicomte de Castillon. Il fut un 
iies soixante chevaliers qui défendirent un 
pont contre l'armée des Sarrazins, et il mou- 
rut de la peste en 1098. La maison d'Haut- 
poul porte encore: d'or, à deux fasces de 
gueules accompagnés de six coqs de sable, la 
patte droite levée, crétés et barbés de gueules. 

115. Gaucher 1" de Chatillon prit la 
croix au concile de Clermont en 1095. Gau- 
cher II, son petit-fils, périt dans les monta- 
gnes de Laodicée, à la croisade de Louis le 
Jeune. Plusieurs autres seigneurs de Châ- 
liUon firent le voyage de la Palestine. Armes: 
de gueules, à trot» pals de vair, au chef d'or. 

116. Raoul, seigneur d'EscoRAiLLES ou 
de ScoRAiLLE, et Guy, son frère, firent le 
voyage de Jérusalem en 1096; ce fait est 
consigné dans les preuves de cour de cette 
tamille, qui porte : d'azur à trois bandes d'or. 

117. GERARD, comte de Roussillon, se 
distingua au siège d'Antioche, et entra un 
des premiers dans la ville sainte. Son sceau, 
reproduit dans VHistoire du Languedoc, par 
D. Vaissète, représente deux fermaux posés 
en pal. 

118. Guillaume V, seigneur de Montpel- 
lier, donna tous ses biens à l'église de Ma- 
guelonne avant de partir pour la terre sainte. 
D. Vaissète raconte ses nombreux exploits 
contre les Sarrasins, et lui donne pour armes, 
d après d'anciens sceaux : d'argent, au tour-- 
teau de gueules. 

119. GÉRARD DE Chérizt sc distingua, 
suivant Guillaume de Tyr, à la bataille de 
Dorylée, et fut, au siège d'Antioche, envoyé 



GEO 



MCnOMUIRE DB NUiaSUATIQUE. 



CftO 



SM 



avec d'antres vaillants guerriers pour re- 
connaître l'approche de Kerbogha, prince 
de M ossoul. Albert d'Aix cite les mêmes faits 
et parle d'un autre Addon de Chérizy, tué à 
la oataiile de Ramla. Armes : d'or ^ à la fa$ce 
d'azur. 

120. PiSRBE , vicomte de Castillon, fut un 
des soixante chevaliers qui, au siège d*An- 
tioche, défendirent un pont contre toute 
l'armée des infidèles, et Tun des quatorze 
chevaliers qui enlevèrent un troupeau es* 
corté par soixante Sarrasins. La maison de 
Gastiilon, long-temps souveraine en Guyenne, 
conserva pour devise le cri de la guerre 
sainte JHeu lo voit, et pour armes : de gueu^ 
lesy au chevron d'araerU^ sommé de troiê tour$ 
donjownées ei crénelées du même. 

121. GuÉAiN DE RocHBifORB suivit Raymond 
de Saint-Gilles en Palestine, et fut tué au 
siège d'Archas, selon la chronique de Robert 
le moine. Armes : d'azur^ à trois rocs dV- 
ckimU$r (forgent. 

âa. ÈLàkZAR 0B HoiVTREooii est cité par 
D. Vaissète comme un des coqopagnons du 
comte de Toulouse. On lui attribue les ar- 
mes d'nne maison qui .fit ses preuves de 
maintonae en 1668: aazurf au tion d'or^ à 
la bordure composée d'argent et de gueules* 

133. PiBBAB et Poi«s DE Capdedil, cheva- 
liers du Vélay. D. Vaissète cite Pierre et 
Pons de Fay comme s'étant croisés en 1096 ; 
mais, d'après les preuves de cour de la 
maison de Fay-Latpur-Maubourg, son nom 
primitif étant celui de Capdeuil, on Ta rendu 
aux deux chevaliers mentionnés par Tbisto- 
rien du Languedoc. Pons de Capdt^uil, célè- 
bre troubadour, engagea par s^ (sbants les 
seigneurs du Midi à pr^ndre la croix avec 
Philippe-Auguste en 1190. Armes de Latour- 
Maoboui^ : de gueules, à la bomd^ d'or char-- 
gée d'une fouine passante d'azur. 

124. &AiJrm£ii et B»9Aiip, cprates de 
Saint-Valery, s'attachèrent à la fortune de 
Bobémand, prince d'Antiocbe, selon Ordéric 
Vital. Armes : d'azur, fretté d'or y semé de 
fleurs de /t'i d^ même. 

125. Ra0(;^, s^igneur de Beaugency, se 
signala au ^iége d'Antiocbe. Le P. Anselme 
parle aussi de Simon II de Beaugency, qui 
se c^ois^ en 12^1^. Armes : éphiqueté dor et 
d'azur, 4 h f(Hfe de gueules. 

126. Guillaume de Briqueville, .chevalier 
normand, accompagna le ducRol^ert an Pa- 
iesMnf», |i(*9près les preuves de cour de la 
famJHp de Pri^ueville. Armes : pallé d'or et 
de gupules. 

127. PaiLfFFB DE MONTaOVMERY, uous dit 

Orderic ViUih inourut à Antiocbe en 1098. 
La généalogie de cette famille mentionne 
que Guillaume et Guy de Montgommery se 
croisèireat avec Louis le Jeune en llilk7. Us 
portaj^4 : d'qz^rf au lion d'or, armé et lam^ 
passé d'argent. 

128. ttopwT DE ViBux-PomT, d'une famille 
normande des enyirons de Lisieux, s'attacha 
à la fortiine de Tancrède. Ses armes étaient, 
selon le P. /Sousscncourt , d'argent, semé 
d'anneleis de gueules, 

139. Hugues, comte deSaint>Pol,dit l'An- 



cien, et ^on fils Enguerrand se distinguèrent 
au siège d'Antioche. Enguerrand mourut de 
la peste au sié{$e de Marraseh. Us étaient de 
la première maison des comtes de SaintJ^ol, 
appelés Ghamps-d'Avesne , qui portaient: 
d'azur," à la gerbe d'avoine dor. 
IM. Anselme de Ribavmoht, seigneur 

Êicard, est cité avec éloge par Albert d'Aix, 
uibert de Nosent et Raoul de Caen. Il fut 
tué au siège drArchas. Armes, selon le P. 
Goussencourt : de aueules, frstté dor, au 
canton d'or chargé dun léopard de sable. 

131. GoLFiER DE Lastoues, seigneur d'Hau 
teforteo Limousin, fut uu des soixante che- 
valiers qui, au siège d'Antioche, défendirent 
un pont contre une armée d'infidèles. Or- 
deric Vital dit qu'il monta le premier à l'as- 
saut de la ville de Marraseh. La maison de 
Hautefort porte : d or, à trois fasces de sable. 

132. MAiTASsia, comte de Guines, prit la 
croix en 1096 avec Arnoul , baron d'Ardres 
Uv 104). Joinville dit qu'Arnould III, comte 
de Guines , rqjoi^it saint Louis à Jaffa en 
1252. Armes : vairé d'or et d'azur. 

133. Geoffroi, baron de Donzy et comte 
en partie de Chllons, vendit ce dernier fief à 
Savarie de Vergy, son oncle, pour subvenir 
aux frais de son voyage d'outre-mer en 1096. 
Armes, selon le P. Goussencourt : d'azur, à 
trois pommes de pin d'or. 

134. Gui, sire de La Trémoille, se croisa 
en 1096. Ce fait est consigné dan$ la généa- 
logie de cette famille dressée par le P. An- 
selme. Imbaud ou Imbert de La Trémoille 
suivit saint Louis en Egypte. Armes : d'or, 
au chevron de gueules, accompagné de trois 
aiglettes d'azur, becquées et membrées de 
gueules. 

135. Robert de Courct est inscrit sur le 
rôle des chevaliers bannerets de Normandie 
à la première croisade. Ce fait est confirmé 
par les preuves de cour de la famille de 
Courcv. Guillaume de Courcy se distingua 
au siège d'Acre et à la bataille d'Arsur. 
Armes : dazur, fretté d'or. 

136. Renaud de Reauvàis est cité par Al- 
bert d'Aix et Guillaume de Tyr comme un 
des plus vaillants guerriers de la première 
croisade. Il fut tué du siège d'Acre et fut 
enseveli sur le mont Thabor. Les anciens 
châtelains de Beauvais portaient, selon le P. 
Anselme : d'argent, à la croix de sable^ char- 
gée de cinq coquilles dor. 

137. Jean de Mathan, chevalier banneret 
de Normandie, se croisa en 1096. Les preu- 
ves de cour dé la maison de Mathan attestent 
ce fait. Armes : de gueules, à deux jumelles 
dor et au lion du même passant en chef. 

138. Guillaume-Ratmond, chevalier pro- 
vençal, se croisa avec Raymond de Saint- 
Gilles, et prit pour armes : dazur, au crois- 
sont renversé dargent. 

139. Guillaume de Pierre, seigneur de 
Ganges, s'établit en Palestine après la prise 
de Jérusaleo}. Au siège de tyr, il se laissa 
emporter par sou ardeur dans un assaut, 
entra presque seul dans la ville, et fut mis 
à mort par les Sarrasins. Armes : d'azur, à 



327 



GRO 



ACTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



CRO 



5!8 



la bande d'or^ accompagné en chef d*un lion 
léopardé du même. 

140. Clairambault de Vandeuil suivit 
Hugues de Vermandois à la première croi- 
sade. A. Duchesne, dans son Histoire de la 
maison de Béthune^ lui donne pour armes : 
d'azur^ au lion naissant d'or. 

14'1. Guillaume Carbonnel de Camizt est 

Eorté, dans le manuscrit de Bayeux, au nom- 
re des chevaliers normands qui se croisè- 
rent en 1096. Ce fait est aussi attesté dans 
les preuves de noblesse de cette famille, 
dressées par Clérembault en 1785, et d*où 
il résulte que trois autres personnages de ce 
nom, Richard, Hue et Jean, figurèrent aux 
croisades. Cette maison porte : coupé de 
de gueules et d'azur j à trots besants d'her- 
mine. 

142. Bertrand Porcelet ou des Porgel- 
LETs, chevalier provençal, se croisa en 1096. 
Guillaume des Porcellets, chambellan de 
Charles d'Anjou, roi de Naples, fut le seul 
Français à Palerme qui échappât aux Vôpres- 
Siciliennes en 1282. Armes : d'ôr^ au porce- 
let de sable. 

143. Claude de Momtghenu mourut en 
Palestine en 1122. Son tombeau existait en- 
core au siècle dernier dans Téglise deSaint- 
Jacques-le-Mineur, hors des murs de Jéru- 
salem. Ces faits sont consignés dans les 
preuves de cour de la maison de Mont- 
chenu , qui porte : de gueules , à la bande 
engrélée a or. 

iii. Jourdain IV , sire de Chabannais. 
Corlieu, dans son Histoire d'AngoulémCy ra- 
conte qu'il se croisa en 1096. Armes : d'or^ 
à deux lions léopardés de gueules. 

ik^. Robert de Sourdeval, originaire do 
Normandie, s'attacha à Bohémond, prince 
d'Antioche. D'après un sceau d'André de 
Sourdeval, chevalier des ordres du roi, la 
maison de ce nom portait : de... fretté de.. y 
au canton de... 

1/^6. Philippe, seigneur de Montbel, fut 
tué au siège d'Antioche. Guichenon et d'Ho- 
zier citent aussi comme croisés d'autres 
membres de cette famille. Armes : d'or^ 
au lion de sable^ armé et lampasséde gueules^ 
à la bande componée d'hermines et de gueules 
de six pièces^ trochante sur le tout. 

Wi. FoLKER ou Foulgher d'Orléans, l'uu 
des chefs de cette première armée de croisés 
que l'enthousiasme entraîna vers la terre 
sainte à la suite de Pierre l'Ermite, fut tué 
au siège de Nicée. 11 portait : d'argent^ à 
trois fasces de sinople^ accompagnées ae sept 
tourteaux de gueules^ posées 3 et 3 entre les 
fasces et 1 en pointe. 

ikS. Gauthier, seigneur de Breteuil en 
Beauvoisis, partit pour la croisade avec 
Pierre l'Ermite, Albert d'Aix raconte qu'il 
fut donné en otage à Nicétas, prince des 
Bulgares, afin d'obtenir des vivres. En IIW, 
Evrard de Breteuil , s'étant croisé avec 
Louis le Jeune , périt dans les montagnes 
de Laodicée. Armes : d'or^ à la croix 
d'azur. 

IM. Drogon ou Dbëux de Moughy com- 
mandait un corps d'armée à la bataille li- 



vrée sous les murs d'Antioche. Armes : de 
gueulesy à trois maillets d'or. 

150. Guillaume de Bures, seigneur de Ti- 
bériade, chevalier d'origine normande, suc- 
céda comme vice-roi de Jérusalem à Eusta- 
che d'Agrain, pendant la captivité de u- 
douin II, en 1123. Armes^ selon La Roque, 
historien de la maison d'Harcourt : dV,d 
six annelets de gueules. 

151. Baudouin DE Gand, seigneur d'Alost, 
suivit Robert de Flandre à la croisade en 
1096, et fut tué au siège de Nicéc, d'après 
les récits d'Albert d'Aix et de Guiliaamede 
Tyr. Armes : de sable, au chef d'argent. 

152. GÉRARD, seigneur de Gournay, cilé 
par Albert d'Aix comme s'étant trouvé au 
siège de Nicée, portait : d'argent, à la bandt 
de sable f accompagnée de six merltttet du 
même. 

153. Le seigneur de Gardaillac. L'abbé 
de Foulhiac, dans ses Chroniques du Qwrqii 
dit qu'un chevalier de CardaïUac combattit 
à la première croisade. Armes : de gueula, 
au lion d'argent ^ armé, lampassé et courom 
d'or. 

15&>. Le seigneur de Baruse est cité, com- 
me le précédent, par Tabbé de Foulhiac, 
Armes : coupé, au 1" d'azur, à un lion Uo- 
par dé d'argent ; au 2* d'or, à la vache pa$sanU 
de gueules. 

155. GÉRAUD, seigneur de Gourdon, se 
croisa en 1096, d*après l'abbé de Foulhiac. 
Il portait : parti, au 1*' d'azur , à trois éloh 
d'or en pal; au 2* de gueules^ à trois bandu 
d'or. 

156. Guillaume H, comte de Nevers,à 

{>eine sorti de tutelle, partit avec Robert, $oa 
rère, en 1100, pour aller rejoindre les hé- 
ros de la première croisade. Plusieurs au- 
tres membres de la famille des anciens com- 
tes de Nevers figurèrent dans les guerres 
saintes. Armes: d'azur, semé de billettet (tort 
au lion du même. 

157. Eudes Herpin, vicomte de Bourges, 
vendit au roi de France sa vicomte pour 
60,000 sous d'or, et suivit Guillaume de 
Poitiers en Palestine. Il fut prisa la bataille 
de Ramla en 1102, et, ayant recouvré sa li- 
berté, il revint en France achever ses jours 
au monastère de Cluny. Suivant le P.Gous- 
scncourt, il portait : de gueules, au mouion 
d'argent. 

158. Herbert II , vicomte de Thouars, 
accompagna le comte de Poitiers à la croi- 
sade, d'après une charte. Le P. Anselme 

Earle de Guy de Thouars, qui accompagna 
ouis VII en terre sainte. Armes : é^or^tm 
de fleurs de lis d'azur, au franc-quartier w 
gueules. 

159. Bernard Atton, vicomte de Béziers, 
rejoignit le comte de Toulouse en Palestine. 
Raymond Trencavel, dernier vicomte de 
Béziers, suivit saint Louis en Egypte. Da- 
près un ancien sceau donné par D. vaissèle, 
les vicomtes de Béziers portaient : fascéaor 
et d'hermines. 

160. Baudouin de Grand-Pré accompagna 
Etienne, comte de Blois, au delà des mers 
en 1101, et fut pris par les infidèles, qui '^ 



529 



GRO 



DICTIONNAIRE DE MJMISMATIQUE. 



CRO 



S30 



firent périr dans les tortures. Armes : fru- 
relé d'or et de gueules, 

161. HuouES, dit Bardoul, seigneur de 
Broyés en Champagne, et son frère Renaud, 
suivirent. Etienne de Blois à son second 
voyage en terre sainte. Tan 1101. Renaud 
fût tué sous • les murs de Nicée. Armes : 
fTaiiir, à trois broyés d'or. 

162. Guillaume VU, comte d'Aurergne, 
l'aa 1102, emmena en terre sainte Télite de 
la noblesse de sa province : le baron de La 
Tour, Jean de Hurat, Arnaud d'Apchon, etc. 
lis rejoignirent Raymond do Saint-Gilles et 
firent avec lui le siège de Tripoli. Armes ' 
d'or, au gonfalon de gueules frangé de si- 
nople. 

163. Le baron de La Tour d'Auvergne 
dont le prénom est resté inconnu, suivit 
Guillaume qui précède. La maison de La 
Tour d'Auvergne a porté jusqu'au xui* siè- 
cle : degûeulesy à la tour d'argent maçonnée 
de sable, 

i&^. Jean, vicomte de Murât, compagnon 
du comte d'Auvergne, portait : d'axur^ à 
trois Jasces d'argent maçonnées et crénelées 
de sable^ la première de cinq créneaux^ la se^ 
conde de çuatref et la troisième de trois, ou^ 
verte au milieu en porte, 

165. Arnaud dApchon, compagnon du 
comte d'Auvergne, portait : d'or^ semé de 
fleurs de lis d'azur. 

166. Guillaume de Castblnau, défenseur 
de l'église de Cahors, fit son testament 
avant de partir pour la terre sainte, l'an 
1103. Ce fait est rapporté par l'abbé de Fou- 
Ihiac. Armes : de gueules, au château d'ar^ 
gent, 

167. Robert Damas , chevalier bourgui 
gnon, partit en 1106 pour la terre sainte. Sa 
maison, aujourd'hui ducale, porte : d'or, à 
la croix ancrée de gueules. 

168. Robert, comte de Montfort-sur-Rille, 
maréchal héréditaire de Normandie, con- 
damné pour cause de félonie par la cour 
des barons normands, offrit de prendre la 
croix en expiation, et se rendit, en 1107, au 
siège de Durazzo, que Bohémond avait en^ 
trepris. De là il passa en Palestine. Un autre 
Robert de Montiort-sur-Rille était à la troi- 
sième croisade. Armes : de gueules au sau^ 
toir d^ar. 

169. Raymond II, comte de Maguelonne, 
alla rejoindre, en 1109, Raymond de Saint- 
Gilles au siège de Tripoli. Armes des anciens 
comtes de Melgueil : d'argent, au chef de 
sable. 

170. Pierre de Noailles, en Limousin, 
alla, dit-on, en terre sainte l'an 1111 , et 
Hugues de Noailles mourut à la croisade de 
1248. L.a maison ducale de Noailles porte : 
de gueules, à la bande d'or. 

171. GftRARD DE Briord, OU Bugoy. Gui- 
Dheuon dit qu*il partit pour la Palestine, ep 
1112, ayec Berlic de Montagnieu, et il lui 
"tloiine pour armes : d'or, à la bande de sa» 
hle. 

172. GâiTTHiER dbBbyvibrs, en Bresse, est 
^^\é par le même auteur comme étant allé àla 

^^roisade, en 1120, avecBérardde Chfltiilon, 

DicTioNN. DE Numismatique. 



évêque de Mâcon, et les trois seigneurs qui 
suivent. Armes ; écartelé d'or et a'axur. 

173. Argberig , seigneur de Corsant, en 
Bresse. A la môme mlaison appartenait An- 
dré de Corsant, qui, en 1147 , accompagna 
Amédée 111, comte de Savoie, en Palestine. 
Armes : d aryens, à la fasce de gueules, chargée 
de trois croisettes d'argent, 

17&.. Ulrig de Baugê, seigneur de Bresse, 
portait : d'azur, au lion d'hermines, 

175. Pernold de Saiist-Salpis, en Bresse, 
portait : de gueules, à la bande d'hermines, 

176. HuMBERT III, dit le Renforcé, sire de 
Salins, mourut en Palestine vers Tan 1133. 
Gaucher, sire de Salins, se distingua au 
siège d'Acre en llill. Armes : de gueules, 
à la bande d'or. 

Deuxième croisade. 

'• 177. Gui II , comte de Ponthieu, mourut 
à Ephèse en IIW, et fut enterré, dit Guil- 
laume de Tyr, devant le porche de l'église. 
Jean, son ûJs, mourut au siège de Ptolémaïs, 
en 1191 ; et son corps, rapporté en France, 
fut inhumé dans l'abbaye de Dompmartin. 
Armes : d'or, à trois bandes d'azur. 

178. Benaud, comte de Joignj, en 11 W; 
Guillaume , son fils, en 1190; Guillaume II, 
son arrière-petit-fils, en 1239, firent le voyage 
de la Palestine. Guillaume II étantretourne à 
la croisade, en 1211^8, avec saint Louis, ce prince 
lui donna une épine de la couronne de Notre- 
Seigneur, qui fut déposée dans la paroisse 
de Saint-Jean de Joign/. Armes : d'azur, 
à Vaigle d'or, au vol abaissé. 

179. Sébran-Chabot, seigneur do Vou- 
vants, se croisa en 11^7. La maison de Cha- 
bot, dont une branche s'est substituée à 
celle de Rohan, porte : d'or, à trois chabots 
de gueules. 

180. Rainaud y, vicomte d'Aubusson, ac- 
compagna Louis le Jeune en 1H7; Gui, son 
fils, était à la croisade de 1190. Armes : d'or, 
à la croix, ancrée de gueules. 

181. GuERRiE DE CoLiGNY, .seigneur bour- 

Î pignon, se croisa en 11&7. Humbert II, son 
lis, accompagna Hugues III, duc de Bour- 
gogne, en Palestine, fan 1171. La maison 
ducale de Coligny* portait : de gueules, à 
l'aigle d'argent becquée, membrée et couron- 
née d'azur» 

182. Guillaume VIII , comte et premier 
dauphin d'Auvergne, petit -fils de Guil- 
laume VII {voy. n' 154), suivit Louis le 
Jeune en terre sainte. Dépouillé de la plus 
grande partie de son comté par son oncle, 
Guillaume le Vieux, il prit le titre do dau- 
phin d'Auvergne, et pour armes : d'or, au 
dauphin d'azur. 

183. Richard d'Hargourt, chevalier du 
Temple , fonda, en 1150, la cômmanderie de 
Renneville. Armes : de gueules, à deum fae- 
ces d'or. 

i9k. GuiLLAUHB DE Trie sulvît Louis le 
Jeune en Palestine et y mourut. Armes : 
d'or, à la bande d'azur. 

185. Hugues II, seigneur de MoBtmoriii^ 

11 



327 GRO DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. CRO 

la bande d^or, accompagné en chef d'un lion vrée sous les murs d'Antioclr '^ 



léopardé du même. 

140. Clairambault de Vandecil suivit 
Hugues de Vermandois à la première croi- 
sade. A. Duchesne, dans son Histoire de la 
maison de Béthune^ lui donne pour armes : 
d^azur, au lion naissant d'or. 

141. Guillaume Carbonnbl de Catiiizy est 

Corté, dans ]e manuscrit de Bayeux, au nom- 
re des chevaliers normands qui se croisè- 
rent en 10%. Ce fait est aussi attesté dans 
les preuves de noblesse de cette famille, 
dressées par Clérembault en 1785, et d'où 
il résulte que trois autres personnages de ce 
nom, Richard, Hue et Jean, figurèrent aux 
croisades. Cette maison porte : coupé de 
de gueules et d'azur j à trots besants aher- 
mine. 

H2. Bertrand Porcelet ou des Porge^ 
lbts, chevalier provençal, se croisa en K 
Guillaume des Porceliets, chanibella' ^ *'- 
Charles d'Anjou, roi de Naples, fut V î'/ 
Français à Palerme qui échappât au 
Siciliennes en 1282. Armes : d'ôr^^ 
let de sable. 

ik3. Claude de Montchb^ 
Palestine en 1122. Son tomh 
Gore au siècle dernier dap 
Jacques-le-Mineur, hor*' 
salem. Ces faits sor 



.^ 



gueules^ à trois maillets d'art 
150. Guillaume de Burft "^ ^ 







S3I 

Je soit 

y^encourt 

/argent et 



<r' 



douin U, en li23^/>^r ^- 
historien de la y^^^/^, 
six annelets drr/.Y-^''. f f 
161. Baud* /^^^ A / 
suivit Rob> 
1096, et ^z-;.^ 
lesréc'// i;* ^ 
ïyr. 






^zignen, se 
déjà vu Hu- 
et Gui de Lu- 
nous retrou- 
.lîôre du Christ, 
Harenc, en 1163; 
en 1190. Armes : 



i: 



jâ 



h' 



^ ^ 






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d'ar-- 

■e en cœur 

., accosté et as» 

^ji^pattts du même. 

lifONT, en Dauphiné, 



preuves de cour de 
Î44 JoJi». ."fi^f:^^ la croisade, eu 



Norm 

d'A' 

Sr 



conte qu'il yy^/^^ le «-^uuc. ...u^oo . uo 
à deux II :'^f:fU f^'^aenh chargée de trot, 

/'^ p£ Trasignies vendu la terre 

Pf ûf^^te àe Hainaut, avant de partir 

' ^hS^f^ltiae^ où il mourut. On retrouve 

/< f^^^ère du Christ Othon de Trasi- 

/«;>^^^I190, et Gilles, connétable de 

*j5yt.5 '^?^i épousa la sœur de Joinville et 

//•^'i^^flint Louis en Egypte. Armes : bandé 

stii^^^^d^azur, à une ombre de /iott, et à la 

//K % engreslée de gueules. 

H^i. Geoffroy Waglip ou Guyclip, aïeul 

.DuGuesclin, de retour de la Palestine, 

^^nflrma, en 1180, une donation faite par sa 

û^ère, en 1150, aux moines de l'abbaye de 

ja Vieuville. Armes : d^argent , d l'aigle 

éployée de sable^ couronnée d'or. 

192. Hugues V, seigneur de Beaumont- 
sur-Vigenne, d'une illustre famille de Bour- 

foKne, alliée à celle de Vergy, se croisa en 
lS7. Armes : d'argent^ à trois tours de sino^ 
ple^ maçonnées et crénelées de gueules. 

193. Êrles UI, vicomte de Ventadour, au 
retour delà terre sainte, en 1153, tomba 
malade , et mourut dans l'abbaye du Mont- 
Cassin. Ebles VU suivit saint Louis à Tunis. 
Les anciens vicomtes de Ventadour por- 
taient : échiqueté d'or et de gueules. 

194. Ithier de Magnag , d'une des plus 
nobles fanûlles de la Marche, périt dans les 
déhlés des montages de Laodicée en 1U8, 
Un ancien sceau donne pour armes à cette 
maison : d^ gueules^ à deux pals de vair, au 
chef d'or. 



^NCOU ou DE Ra!<CCO- 

ebourg, commandait, 
oie , Tavant-garde, au 
et s'éloigna si impru- 
j in i l'armée, qu'il no put k 

\ , ' fut accablée par les infi- 

és des montagnes. Armes, 
Ip.,.. semé de losanges dt.., 
> liant sur le tout. 
. iV QE CoMBORN, vicomte de Li- 
, s'étant croisé en 1147, mourut a 
luoche, selon Geoffroy de Vigcois. Armes : 
de gueules^ à deux lions léopardés d'or. 

199. Hugues Tyrrel, sire de Poix, se 
croisa en 1147. II était fils , selon Orderic 
Vital, et petit-fils, selon le P. Anselme, fie 
Gauthier Tyrrel, qui avait tué, par méganlc, 
à la chasse, Guillaume le Roux, roi d'AUj^le- 
terre, et avait été expier en terre sainte cet 
homicide. Les sires de Poix, eu Picardie, 
portaient : de gueules , d la bande d'argent^ 
accompagnée ae six croisettes, recroisettées ti 
fichées d^or. 

200. Renaud, comte de Tonnerre, tué, ou, 
selon quelques historiens , fait prisonnier 
dans les déniés de Laodicée, portait, d'après 
le P. Goussencourt : de gtàeules , à la bande 
d'or. 

201. Bernard de Tramelat, grand maître 
de Tordre du Temple, d'une maison de 
Bourgogne, périt au siège d*AscaIon, où soa 
ardeur remporta, à la tôte d'une poignée de 
chevaliers, jusi|U*au milieu de la place. 
Armes : écartelé aux i et k d\x Tem^)le, aux 
i et 3 d'orj au chef de gueules , qui est de 
Tramelay. 

202. Roger des Moulin», grand maître do 
Tordre de Saint-Jean de Jérusalem , t Uit 
d*une aucienne maison de Normandie ; il 
périt au sanglant combat de Nazareth k* 30 
avril 1187. Armes : écartelé aux i et h de la 
religion, aux 2 et 3 d'argent^ à la croix an» 
crée de sable , chargée en cœur d'une coquille 
d'or^ 

Troisième croisade. 

203. Etienne de Champagne, comto oe 
Sancerre, mourut au siège d'Acre, avec soa 
frère Thibaut, comte de Blois, Guillaume, 
son fils, suivit , en 1217, Tempereur Pierre 
de Courtenay à Constantinople, et mourut 
nvec lui prisonnier de Théocfore Comnènc, 
empereur de Thessalonique. Cette branche 
cadette de la maison de Champagne bri&a il 
ses armes d*un lambel de 3 pendants de 
gueules. 

204. Gui IV de Srnlis, grand boutiller de 



CRO 



DICTIOinf AffiE DE MUHISIIATIQUE. 



CRO 



ssc* 






'{< 






X)isa9 ayec Philippe^Aaguste» en 

icore au siège de Bamiette dt 

fait prisonoier. Gui iV de 

*n)e, son frère, moururent 

^ 12^9 , rautre en 1250. 

\et de gueules. 

BArnuKs, comte de Ro- 

ç-Auçuste iMK) marcs 

» '>•. •: i té des pertes qu'il 

,^/ • ;, v^ ^péte, pendant la 

"> • */.. r des croisés en 

, < '^ ^ " Richard Cœur- 

Fec avantage 
•<f d'or ei ce 

.fit trois 
, ' Tut, en 

sur- 
,^ Ar- 

^ .lES- 

viU oncle, 

.»eque d'Auch, 

.4 croisade de 1190. 

.1 ducale de Moutesquiou s 

. jiirleauâ? de gueules en pa/. 

..LBaBHBACT, seigneur de Noyers, oui 

^oomt à son retour de ]a croisade, en 1190, 

portait : iazur^ à Vaigle d'or. * 

209. Jeéiv 1*% seigneur de Saint-Sitfon, 
d'une maison éteinte issue des anciens 
comtes de Vermandois, était au siège d'Acre 
en 1190, Armes : d'argent^ au chef emmanche 
de sable. 

310. Guulaume de la Rochefoucauld, vi* 
comte de Châtellerault , mourut au siège 
d'Acre. Un ancien sceau apprend qu'il por- 
tait : (Tor, au Kon de gueules , à la borauré 
de sable chargée de huit besants d'or. 

211. Laukbnt du Plfssis , seigneur poite- 
^n, se croisa en 1190 , et suivit en Ctiypre 
<jui de Lusignan, qui lui donna plusieurs 
fiefs, et le litre de chevalier au morf^ surnom 

ÎQC conservèrent ses descendants. Armes : 
argent, à trois chevrons de gueules. 
.^212. FLORB?iTDBHANGEST mourut au siège 
d*Acre, selon la Chronique de Roger Hoveden. 
Armes : d'argent, à la croix de gueules, char^ 
î^« de cinq coquilles d'or. 

213. Hugues de Verot, en Bourgogne, de 
la célèbre maison de ce nom , se croisa en 
1190. Armes : de gueules, à trois quinte^ 
ffuilks for. 

2U. Dreux de Cressonsart était à 2a 
croisade de 1190. On retrouve Dreux , son 
uls,àcelle de Constantinople ; Aobert de 
Cressonsart, évoque de Beauvais, h celle de 
I2W, oh il mourut. Armes : de vair, au lion 
d^ gueules armé, lampassé et couronné d'or. 

215. André de Brienne fut tué au siège 
a Acre, en 1191 ; Érard de Brienne se croisa 
▼ers 1210; Érard et Henri de Brienne mou- 
rurent en Egypte, oit ils avaient suivi saint 
Louis en mé. Armes : d'azur, semé de 
mettes d'or, au lion du même. 

216. Aleaume de Fontaines, majeur d'Ab- 
wtïlle, partit avec Philippe- Auguste, resta 



en terre sainte jus^'en lâO& , et rejoignit 
alors la croisade de Constantinople, où il 
mourut. II chargea son chapelain de porter 

S Insieurs reliques à sa femme, Laurette de 
ainl- Valéry. Armes : d'or, à trois écussons 
de vair. 

217. OsifoiiiD d'Estoutillc, chevalier nor- 
numd, dont la maison prétendait descendre 
des rois de Hongrie, est cité par le chroni- 
queur anglais Benoît de Péterborough comme 
s'étant distingué au siège d'Acre. Armes : 
burelé d'argent et de gueules, au lion de sable, 
armé, lampassé et couronné d*or. 

218. Raoul de Tillt , d'une ancienne 
maison de Normandie, est cité comme le 
précédent. Armes ; d'or, à la fleur de lis de 
gueules. 

219. Matthieu III , comte de Beaumont, 
chambrier de Philippe-Auguste, le suivit en 
Palestine. Armes : d'azur, au lion d'or. 

220. LÉON de Dienne, en Auvergne, d'après 
les preuves de noblesse de cette maison, se 
croisa en 1190. Armes : d'azur, au chevron 
d'argent, accompagné de trois croissants d'or. 

221. JuEL de Mayenne, dont la présence 
est rapportée par le P. Anselme, dans la gé- 
néalogie de sa maison , et attestée par une 
charte de Bréquignj, par plusieurs actes, 
d'emprunts contractés avec les Génois, et 
par les chroniqueurs, portait : de gueules , à 
six éeussons d'or. 

222. Hellin de Waurin, sénéchal de Flan- 
dre, et Roger, son frère, évêque de Cambrai, 
moururent au siège d'Acre. Le P. Anselme, 
dans la généalogie de cette maison, dit que 
Itobert, sire de Waurin, avoui de Lilliers, 
aUa aussi en terre sainte, et fonda, à son re- 
tour, un anniversaire dans l'abbaye de Ham. 
Armes : d'azur, à l'écusson d'argent. 

223. Robert de Sablé , grand maître du 
Temple. II commandait la flotte de Richard 
Cœu]>de-Lion, et se fit templier à son arrivée 
à Acre. Armes : écartelé aux 1 etkdn Tem- 
|»Ie; aux 2 et S losange d'or et de gueules^ qui 
est de Sablé. 

22iSh. Enguerrand de Crèvbcoeur se croisa 
en 1196 ; une donation signée de sa main, et 
rapportée par le P. Anselme dans la généa- 
logie de sa maison, prouve qu'il était de re- 
tour en 1202. Armes : de gueules, à trois 
chevrons d'or» 

Quatrième croisade. 

C'est nr I0 témoimte deGeoffroi de ViUebardoiiin,'' 
hitlérien de U qnilrtëme croisade, que repose l'admissioa 
de presque tous les chevaliers qui suivent Iusqu*au n« 244. 

225. Renaud de MoifTiifRATL,fVère d'Hervé, 
comte de Nevers, prit la croix en iW2, et 
périt h la bataille d'Andrinople. Armes : bu- 
relé dargent et de sable, ati lion de gueules. 

226. Richard, comte de Honthéuabd, et 
Gauthier, soa frère, s'embarquèrent dans uil 
port de CaMire pour la Palestioe, en 1209^ 
Atomes : de gueules, semé de croiœ recpoiset- 
tées et fichées der, à deux bars adossés du 
ntême. 

227. BiTSTAGHB DE SsAARBEÛGR , aprèS' i« 

prise d» GoastaBtinople, reçut la garde de la 



S85 



CHO 



DICTIONNAIRE DE NUMISMATIQUE. 



GRO 



S56 



▼iHe d'Andrioople en lâM. Armes : d'azur^ 
êtmé de croix recroisetties et fichéei d^or, au 
iion d'argent couronné d*or, 

928. Eudes el Guillaume db Champlitb se 
signalèreot à la prise de Gonstantinople. 
Guillaume s*enipara ensuite de rAchaïe et de 
la Horée, et prit le titre de prince de ces 
deux Etats, qui, à sa mort, échurent en par- 
tage à Geoffroi de Villehardouin. Les sei- 
gneurs de Cbamplite portaient : de guetUeSf 
au lion couronné d'or. 

229. EcsTAGHB, seigneur de Conflans, dé* 
livra, en 1206, vingt mille chrétiens faits 
prisonniers par les Bulgares, et mourut Tan- 
née suivante. Issu de la maison de Brienne ; 
il brisait ses armes d'un bâton de gueules. 

230. PiBHBB DE Bermund, barou d*Anduze, 
en Languedoc, laissa les croisés à Gonstanti- 
nople pour continuer son voyage en terre 
sainte. Armes : de gueules, à trois étoiles 
d'or. ^ 

231. Guillaume d*Aunot et Gilles, son pa- 
rant, se croisèrent en 1202. Armes : dor, au 
chef de gueules. 

232. GuiGUES III, comte de Forez, mourut 
en Palestine en 1203. On retrouve aux croi- 
sades suivantes plusieurs autres rejetons des 
comtes de Forez, qui descendaient des dau- 
phins du Viennois et portaient comme eux : 
de gueules, au dauphin parsemé d'or. 

233. Eudes, seigneur de Ham» issu, selon 
Villehardouin, des rois de la seconde race, 
porta à Gonstantinople la nouvelle de la ba- 
taille d'AndrinopIe, en 1205. Armes : d'or^ 
à trois croissants de gueules. 

23%. Nicolas db Maillt fut envoyé, en 
1205, par les seigneurs de Tempire latin de 
Gonstantinople, demander des secours en 
France. Eu 1219, Nicolas de Hailly, grand 
prieur d'Auvergne, fut tué au siège de Da- 
miette. Gilles 1" de Mailly, en 12^8, et 
Gilles II, en 1270, suivirent saint Louis à la 
croisade (voy. V Annuaire de la noblesse de 
1U3, p. 295j. Armes : d'or^ à trois maillets 
de sinople. 

235. Baudoui?! D'AcBiGinr revint en France 
après la bataille d'AndrinopIe, en 1205. Ar- 
mes ; d argent f à la fasce de gueules. 

236. Henri, seigneur de Montreuil-Bellay 
en Seamurois, cité par Villehardouin, por- 
tait: d'argent^ à la bemde fuselée de gueules, 
meeompagnée de six fleurs de lis dazur mises 
en orfe. 

237. Beenard DB MoRBUiL, en Picardie» fit 
le voyage de Palestine en 1202, et rejoignit 
les croisés sous les murs de Gonstantinople. 
Il rapporta une relique appelée la sainte 
larme^ qu'il donna h une abbaye du diocèse 
d^Amiena, voisine de son château. Armes : 
semé de France^ au lion naissant d'argent. 

S3B. Gaothier, seigneur de Bousies, prit 
)• eroix avec le comte de Flandre, en 1^. 
Armes : d^axur, à la croix d^argmi. 

2W. Otmoh db la Roche, sire de Ray, 
d*oM des plus illustres familles de la Haute- 
Boorgogne, s'empara d'Athènes et de Thè- 
bei, et prit le titre de duc de ces deux villes, 
dont il triosmit l'héritage à ses de9c«odant&. 




Armes : cinq points de gueules équ^polU$ à 
quatre points ahermine. 

2kO. Anselme et Eustachb db CiTEcx, 
d'une maison éteinte de Picardie, nommé 
deux fois régent de Tempire latin, épousa 
Eudoxie, fille de l'empereur Théodore Las- 
caris. Armes : d'or , à la croix ancrie de 
gueules. 

241. Enouerraud, seigneur de Fiennes, 
d'après le P. Anselme et la chronique de 
l'abbaye d'Andres, suivit avec son fils Tho- 
mas le comte de Flandre à la croisade, et 
disparut dans un combat en 1207. Armes : 
dargent, au lion de sable. 

242. Eustaghe de Cautelen, seigneur de 
Picardie, commandait un corps d'armée an 
siège de Gonstantinople, et mourut, en 12M, 
dans cette ville. Armes, d'après de Bayeax: 
losange d'or et de sable. 

243. Robert de Malvoisin suivit SimoD, 
comte de Montfort, auprès du roi de Hon- 
grie, eu 1203. Joinville dit que Guyon de 
Malvoisin combattait à -Massoure en liU. 
Armes, d'après le manuscrit de Bayeux: d'or^ 
à deux fasces de gueuies. 

244. GrUÉEIN DE MONTACU OU MOHTÀIGC, de 

la province d'Auvergne, élu grand mailrede 
l'ordre de Saint- Jean de Jérusalem eo 1308, 
se distingua au 'siège de Hamiette en 1218, 
et alla ensuite en Europe solliciter des s^ 
coui^ pour la terre sainte. Armes : éearttli 
^ux% et 4 de la religion, aux iet 3 de gm- 
les, à la tour d'or. 

Cinquième croisade. 

245. Henri, comte de Rodez, prit la croii 
à Clermont, des mains du légat , le cardioal 
Robert, en 1217, et fit son testament arant 
de partir pour la terre sainte. Armes: de 
gueules, au léopard lionne d'or. 

246. MiLON III, comte de Bar-sur-Seine, 
issu de la famille de Brienne, selon le moine 
Albéric et le chroniqueur